[POV Gustav

J'ai besoin de lui.
J'ai besoin de sa force tranquille, de son calme, de son sourire.
J'ai besoin de ses yeux.
J'ai besoin de sa peau, de ses caresses.
J'ai besoin de sa voix, de ses mots.
J'ai besoin de lui.

Mais lui, ne veut pas de moi.
Il est partit, dans tous les sens du terme. Me laissant me débattre seul avec..ça. J'ai l'impression de me noyer, de couler, de ne pas pouvoir remonter à la surface, d'étouffer, de me débattre avec des fantômes qui cherchent à m'étouffer.
Il reviendra, pour le groupe, pas pour moi. Il me l'a dit, me l'a ordonné, je ne dois plus l'approcher, ne plus le toucher, ne plus le regarder...
Il me hait

POV Georg

J'ai besoin de lui.
J'ai besoin de sa candeur,son regard, sa douceur.
J'ai besoin de sa chaleur.
J'ai besoin de son corps, de ses mains.
J'ai besoin de son souffle sur moi.
J'ai besoin de lui

Mais je ne peux pas.
Je n'y arrive pas, c'est plus fort que moi. Je ne parviens pas à aller à l'encontre ce sentiment. Il faudrait pourtant. Il me rend dingue. Dans tous les sens du terme. Je veux m'en débarasser autant que je souhaite le garder en moi. Il me dégoute autant qu'il me charme. Il me fascine autant qu'il me répugne.
Je lui fais mal. Je le veux, je ne le veux pas. Je lui ai dit que...pourquoi j'ai fait ça?
Je me hais.

oOoOoOoOoOoOoOoO

Les semaines passèrent, plus ou moins rapidement, plus ou moins facilement. Georg et Gustav ne s'adressaient la parole qu'en cas d'extrême nécessité. Les jumeaux étaient complètement désemparés. Leurs amis ne souriaient plus, ni rigolaient plus, maigrissaient... Le seul moment où ils semblaient à peu près biens, c'était en concert, en répétition, lorsqu'ils faisaient ce qu'ils savaient le mieux faire, de la musique. Mais les tensions commençaient à se faire ressentir dans le groupe. Ils n'arrivaient plus à fonctionner aussi bien qu'avant.

Gustav avait l'impression qu'il mourrait de l'intérieur, il avait si mal. La douleur était tant psychologique que physique. Il lui semblait parfois qu'il se noyait. Son coeur cognait littéralement contre sa poitrine, il n'arrivait plus à respirer, son ventre se tordait. Et ça, à chaque fois qu'il le voyait ou qu'il pensait à lui. C'est à dire tout le temps. Il pensait que ça passerait, mais rien ne changeait, c'était même chaque jours pire. Il l'aimait depuis si longtemps et si fort...Il aurait été capable de tout pour lui. Mais Georg l'avait rejeté, c'était même pire que ça... Il lui avait dit qu'il l'aimait, ils avaient fait l'amour, il a dit qu'il assumerait...Il lui avait donné de l'espoir. Une petite lumière dans cette trou bien sombre dans lequel il avait l'impression de se trouver depuis plusieurs années. Et maintenant, tout était bien sombre. C'était sans espoir, il fallait qu'il guérisse, vite...Mais en avait-il vraiment envie?

Georg se battait quotidiennement, à chaque seconde avec son désespoir et sa culpabilité. Il se maudissait, se haïssait. Il était en train de tout perdre, ou peut-être avait-il déjà tout perdu, son meilleur ami, son premier vrai amour, son goût pour la musique, pratiquement son envie de vivre. Parce qu'au delà de la douleur qu'il pouvait ressentir, il savait qu'il le faisait souffrir. Il lui avait fait croire que...puis l'avait jeté. Et ça c'était pire que tout. Il le voyait chaque jour. Gustav n'avait pas l'air mieux que lui. Il mangeait peu, parlait encore moins qu'avant, souriait par habitude...lorsqu'il savait qu'il devait le faire pour ne pas trop qu'on s'inquiète pour lui. Il semblait pour Georg, que le fait de voir souffrir celui qui avait été son amant durant cette nuit magnifique, le blessait encore plus que cet amour qu'il savait en lui désormais, bien qu'il soit sans doute là depuis longtemps...
Plus il réfléchissait, plus il regrettait, plus il se trouvait vraiment idiot. PUTAIN! Mais c'est pas croyable de gâcher sa vie pour ma putain de fierté, et de gâcher ma vie en même temps. Parce que, merde, mais sans lui...c'est pas possible. Je coule complètement.

Tout à ses pensées, Georg n'entendit pas que l'on rentrait dans sa chambre, il s'en rendit compte lorsque une main se posa sur son épaule, il se retourna vers son propriétaire.

« Tu n'es pas descendu dîner...encore » la voix de Bill, trahissait plus l'inquiétude que la réprobation.

« Pas faim... »répondit Georg d'une voix quasiment inaudible

« Faut que tu parles à quelqu'un, tu sais, tu peux pas supporter ça tout seul... »


« Mouais...Bein pas à Tom déjà »

« Pourquoi? » demanda l'androgyne

« Tu as vu comme il a réagit l'autre jour...il m'a hurlé dessus »lui répondit-il, les yeux toujours dans le vague.

« Hé mais tu le connais pas encore depuis le temps? C'est pas vraiment un modèle de retenue et de subtilité... Mais si tu veux, moi, je suis là... » ajouta-t-il doucement

Georg leva alors les yeux vers lui et lui adressa un pâle sourire.

« Je ne vois pas ce que je pourrais dire de plus...je suis un salaud, je ne vaux rien »commença le musicien.

« Au lieu de te poser en victime, commence par me dire pourquoi tu as fait ça. » l'interrompit Bill.

« Parce que tu as vu comment les gens ont réagi quand Gus (son coeur se serra) l'a annoncé? Tu as vu ce que les fans ont dit et fait? Tu as vu les blogs, les forums?? Et tu crois que les gens vont penser quoi? J'ai la trouille tout simplement.»

« Les gens tu les emmerdes, Georg. C'est ce qu'à fait Gus. Il a été fort. Courageux. Il a arrêté de mentir, il a arrêté de se mentir. Ceux qui n'acceptent pas, tu n'as pas besoin de les avoir dans ta vie. Les autres sont là pour toi. Nous on est là pour toi. On l'était hier et on le sera demain. »

« Nan, mais c'est trop facile. Tu ne vis pas ça. Tu crois que ma famille va réagir comment? Pis même, jsuis un mec, un mec ça se prend pas des bi... »

« Tu sais quoi Georg, ta gueule. Tu dis n'importe quoi. Tu ne penses pas le tiers des choses que tu racontes. Mais depuis quand t'as peur des autres toi?! »

Georg ne répondit rien.

« Tu ne crois pas qu'au lieu de te lamenter, tu ferais mieux d'essayer de réparer tes conneries. T'as tout foutu en l'air. Bouge toi maintenant, fait quelque chose!! »

Bill était volontairement dur dans ses propos, il voulait faire sortir son ami de son apathie, provoquer une réaction. Et elle ne se fit pas attendre. Georg se leva brusquement, ses yeux lançaient des éclairs, il sera les poings.

« Bill, franchement, ferme la. Tu ne sais vraiment mais alors vraiment pas de quoi tu parles. Tu n'as jamais vécu ça. Tu n'imagines pas le quart de la douleur que je peux ressentir. Je m'en veux à mort. Je ne peux plus rien faire. J'ai tout gâché, c'est fini, tout est fini. » acheva-t-il les larmes aux yeux.

Bill se leva, s'apprêta à quitter la pièce, se tourna vers Georg et dit doucement :

« Au point où vous en êtes...ça ne coûte rien d'essayer... »

Puis il sortit. Lorsqu'il entendit la porte claquer, Georg se laissa tomber dans un fauteuil et commença à pleurer. Comme il ne l'avait jamais fait. Il était submergé par les émotions contradictoires. Les larmes coulaient, coulaient, sans jamais se tarir... Lorsque enfin, ses yeux redevinrent sec. Il se leva, il avait pris sa décision. Il allait le faire pour Gustav, pour lui. Maintenant. De toute façon il n'avait plus rien à perdre...Il se rendit dans la salle de bain, il avait besoin de s'éclaircir les idées. Il se doucha longuement. Puis il s'assit au bureau installé dans sa chambre. Et commença à écrire.