Le voici, le voilà ! Le 7ème chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Désolé d'avoir été aussi lente mais l'école en demandait beaucoup ces derniers temps ! Encore une fois bonne lecture ! Je sais qu'il est court mais les prochains chapitres auront plus de contenu je vous promets !

Des reviews seraient appréciés svp ! Bonnes ou mauvaises, cela m'encourage à continuer mon écriture.

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Nilemië était plus malheureuse que jamais. Elle sanglotait de désespoir depuis son dernier entretien avec son paternel…

Comment ?

Comment avait-elle pu être aussi cruelle envers ceux qu'elle aimait pour un seul homme ?

Tout ce qu'elle voulait en ce moment précis était de mettre fin à ses jours afin de ne plus jamais souffrir et de baigner dans le gigantesque océan noir qu'étaient l'angoisse et la peur. La jeune femme était rongée de toute part par le chagrin. « Tant d'erreurs en si peu de temps » se répétait-elle intérieurement.

Suite à d'interminables heures à pleurer sur son sort, seule dans ses appartements, Nilemië décida de prendre un peu l'air priant les dieux qu'elle ne rencontre pas Alomene. Elle revêtit une robe propre pourpre teintée de noir, noua ses cheveux d'un roux éclatant en un chignon bien serré, les couvrit d'un voile de la même couleur que ses vêtements puis se dirigea à l'extérieur de sa demeure, prison de chagrin qu'elle était devenue. Ses yeux autrefois si éclatants de beauté étaient gonflés et rougis par le manque de sommeil. Elle ne se reconnaissait même plus elle-même.

Comment cette simple rencontre lors d'un banquet typique du Gondor avait pu changer sa vie ainsi ?

Nilemië cherchait la réponse en vain.

Le soleil était à son crépuscule et le vent du Nord ne cessait de souffler violemment. Merindil allait rentrer d'une minute à l'autre, comme à l'habitude. Nilemië ferma les yeux un bref instant.

Le mariage allait être pour bientôt. Elle venait de le réaliser.

Ses paupières se rouvrirent.

Son monde n'allait devenir que poussière en un jour.

Malgré toute la tristesse qu'elle sentait vouloir exploser à l'intérieur d'elle-même, Nilemië se résigna, lasse, et fit le serment de ne plus pleurer et de rester forte peu importe ce qui pourrait arriver. Elle avait si courageuse jadis, pourquoi cette fois-ci elle ne le serait pas ? La jeune femme prit une grande inspiration qui la remplit d'air frais puis se dirigea vers ses appartements, le temps que Merindil aille la trouver…

Boromir n'avait aucune envie de fermer l'œil. Toutes ses pensées étaient dirigées vers Nilemië. Il ne savait pas pourquoi, ni comment, mais quelque chose lui ordonnait de partir pour Daranor, cette nuit même. La lune bien haute dans le ciel, il ne pouvait plus attendre. Le capitaine de la Tour Blanche enfila en un éclair des vêtements de voyage le moins voyant afin de ne pas se faire repérer, camoufla son visage avec son capuchon puis se dirigea à pas feutrés mais non sans rapidité vers l'écurie où dormait paisiblement son fidèle étalon. À la vue de son maître, en se réveillant, l'animal hennit de joie. Un doigt sur les lèvres, Boromir lui fit comprendre qu'il fallait être discret et la bête se calma docilement. Le guerrier fuyard monta son cheval et ne perdit pas de temps pour quitter l'enceinte de la Citadelle Blanche.

La date avait été choisie par Merindil, dans deux mois jour pour jour, Merindil et Nilemië allaient s'unir et être reconnus officiellement comme mari et femme. Cette nouvelle soulagea le cœur meurtri du Prince Alomene mais il restait perplexe quant à la sincérité de Nilemië envers son futur mari. Sa fille si pure et franche, il n'était toujours pas arrivé à croire les révélations de celle-ci. Il venait de constater qu'il l'avait peut-être laissée face à ses problèmes trop vite. Il décida d'aller la visiter dans ses appartements afin de s'expliquer clairement et de pouvoir enfin lui parler comme avant entre père et fille… De toute façon, il en avait parfaitement le droit, étant son père.

Faisant face à la porte communiquant vers la chambre de Nilemië, le Seigneur de Daranor cogna trois fois attendant une permission. Par un petit murmure nonchalant poussé par Nilemië entra. Se levant subitement du fauteuil où elle était installée, la jeune princesse s'inclina poliment et interrogea du regard son père sans prononcer aucune parole. Alomene se racla la gorge d'un air mal à l'aise.

- Je crois qu'il est temps de s'expliquer à présent que la date de ton mariage est officiellement choisie…par rapport…à…notre…dernier (il détourna son regard timidement) entretien, lâcha-t-il d'une voix faible et incertaine.

-Je le sais. Vous m'excuserez pour cette insolence, père, mais je n'ai rien à vous dire à ce propos. Aucune explication ne m'est venue en tête depuis… dit d'une voix blanche Nilemië

Alomene, s'attendant à ce genre de réponse de la part de sa fille, s'assit sur la couche de Nilemië puis ne la quitta plus du regard. La jeune femme secoua la tête de douleur intérieure. Elle ne se pardonnait pas de faire autant de mal à son paternel, lui qui l'avait tant aidée et consolée pendant les moments difficiles.

-Ce qui veut dire…que tes sentiments n'ont pas changé à l'égard de …Boromir ?

Nilemië resta figée sur place, son cœur sembla arrêter de battre, le sang ne fit qu'un tour dans tous ses membres.

-C…Comment ? Réussit à articuler Nilemië, la bouche sèche

-Je t'ai vue avec lui, tu es supposée le savoir. J'ai fait le lien, crois-moi.

Un moment de silence qui sembla durer une éternité s'abattit entre le père et la fille…

-Comment oses-tu éparpiller autant de malheurs autour de toi ? Lui demanda Alomene d'un air complètement dégoûté

-Je…Je ne voulais pas que cela arrive, père ! s'exclama Nilemië d'une voix tremblante

Et voilà, elle allait encore pleurer…

-Et pourtant c'est arrivé ! Je t'avais avertie ! J'avais tout fait pour que cela ne se produise pas ! Le déshonneur que tu causes à la famille est impardonnable…et tu brises le cœur de Merindil, s'écria Alomene en se levant d'un bond pour faire face au visage déformé par la culpabilité de Nilemië

Nilemië ne put placer un seul mot, son père quitta la salle en claquant la porte. Nilemië avait le cœur en morceaux…elle se laissa choir sur son lit, laissant libre cours à toute la tristesse au fond d'elle-même.

Une demi-heure venant de s'écouler, Merindil trouva Nilemië étendue sur le lit, qu'il partageait avec elle, le regard éteint et totalement dépourvu d'éclat. Les traits crispés d'inquiétude, l'homme au cœur d'or n'attendit pas une seconde pour s'élancer au chevet de la femme qui comptait le plus pour lui en ce bas monde. Nilemië n'avait aucune posé ses yeux sur son fiancé depuis qu'il avait mis le pied dans la pièce. La princesse restait immobile, fixant le plafond telle une femme vouée au repos éternel.

-Nilemië ! Ma tendre Nilemië, qu'est-ce qui se passe ? Tu es malade ? L'interrogea Merindil en prenant la main de celle-ci

Le jeune homme posa une main le plus délicatement possible sur le front d'un blanc laiteux de Nilemië et caressa le reste de son visage en tentant de la ramener à la réalité.

Nilemië finit par tressaillir, la respiration haletante.

-Merindil ! Je…Oh…Je ne sais pas…je…je…balbutia nerveusement Nilemië en se redressant brusquement

-Calme-toi, Nilemië. Après, tu m'expliqueras…Je veux avant tout que tu sois en état de parler correctement.

Les yeux apeurés de Nilemië balayèrent la salle tandis qu'elle prenait de grandes respirations afin de dissiper sa nervosité. Elle ravala sa salive puis finit par plonger son regard dans celui de Merindil. Elle semblait se noyer dans cet océan azuré qu'était son regard.

-J'ai simplement eu un malaise…Je ne sais pas ce qui est arrivé mais je devais simplement être épuisée, mentit d'une voix incertaine Nilemië

-Cela prendra combien de temps avant qu'on soit sincère l'un envers l'autre, Nilemië ? S'indigna Merindil d'un air désespéré

Nilemië se leva et se planta devant une des fenêtres de la chambre, les yeux mi-clos. Comment pouvait-elle annoncer que ses sentiments n'étaient plus les mêmes à quelques semaines de leur mariage ? Elle avait été capable en face de son père mais, cette fois-ci, c'était trop déchirant pour elle. Briser le cœur d'un homme aussi tendre et affectueux n'était pas dans sa nature : elle ne pouvait pas se le permettre. Nilemië sentait le regard de Merindil la transpercer par derrière. C'était comme si un poignard venait de s'être planté en plein dans son cœur. Une boule gigantesque venait de se former dans sa gorge. Il fallait qu'elle la ravale…il fallait qu'elle la ravale ! Enfin, Nilemië se retourna afin de faire face à Merindil.

-J'ai été sincère avec toi, Merindil. Seulement, ces temps-ci, j'ai de la difficulté à garder toutes mes idées en place…souffla Nilemië

-Je veux justement savoir pourquoi, répliqua d'un ton ferme et déterminé Merindil qui s'était maintenant relevé et lui faisait face.

-P…Parce que je vais bientôt me marier ! S'exclama Nilemië sous un coup de tête voulant absolument mettre fin à cette situation délicate

L'ombre d'un sourire apparut sur les lèvres de Merindil et il étreignit la femme dont il s'était épris depuis le premier jour. Nilemië soupira de soulagement et elle oublia tous ses soucis, la première fois depuis si longtemps…