Je me suis réveillé aux sons des loups qui hurlent. J'étais en sueur et mon instinct primitif me pousser à les rejoindre. Angie dormait paisiblement dans son lit. Je me redressais dans mon lit. Cinq cœurs, plus Minou qui dort sur le lit de ma sœur. Paul est revenu. Avec lui, la plus récente odeur dans la forêt, semblable à celle de Jared, semblable à la première que j'ai sentie.
Il est l'un des leurs.
Jared a essayé de grogner quand je m'approchais de Kim mais s'est vite calmé quand je lui en ai renvoyé un. Après il s'est contenté de me regarder comme si j'étais une énigme. Mais n'a rien fait. Parce qu'il ne sait pas ce que je suis. Parce qu'il ne sait pas la marche à suivre. Parce qu'il n'est pas le chef.
Voyez-vous nous autres loups-garous, on a des…heu appelons ça des règles de conduite en ce qui concerne les territoires occupés et les autres créatures. Certains on les fait pas chier tant qu'ils nous laissent tranquille, les vampires on ne pose pas de questions, juste le plan d'attaque. On accepte généralement sans problème les nouveaux loups dans la meute sauf si l'individu à des remontrances avec la hiérarchie. On est des acharnés de la tradition donc la manière de régler ce différend est un peu…violente. Mais il n'y a rien sur les créatures non identifié pour la simple raison qu'il n'y a jamais eu un tel cas.
J'avoue que je voulais les tués. Je veux toujours le faire. Seb, mon ancien chef de meute me dirait de ne pas hésiter. Sauf que ce sont des personnes. J'en ai maintenant la certitude. Et qu'ils sont autres choses, ça aussi c'est une certitude. Je n'ai pas d'autre choix que d'utilisé mon instinct. Jusqu'ici il ne m'a jamais fait défaut. Mon espèce s'en est servi depuis notre création et nous sommes toujours là.
Je vérifie sur Angie. Elle n'a pas bougé, je la couvre mieux avec la couverture et je l'embrasse sur le front. Je sais ce que j'ai à faire. Je ferais tout pour elle. J'aime maman de tout mon cœur. Mais même elle je la sacrifierais pour Angie. Sans hésitait. C'est horrible à dire n'est-ce pas ? Maman le sait et ça ne la dérange pas. Au contraire.
Je frappe à sa porte. Il est encore réveillé, j'entends son cœur battre rapidement. Il ne répond pas. Il ne veut pas me parler. Je ne lui en veux pas. Autre chose ou non, personne n'aime entendre dire ce que j'ai dit. Je m'adosse à la porte et je m'assoie au sol. Nous somme des créatures de l'ombre vivant dans la même maison. Tôt ou tard nous aurions dû nous retrouver face à face. C'est inévitable. Au temps en finir tout de suite. Savoir exactement à quoi nous avons à faire.
Mais d'abord notre partit humaine.
- Tu ne veux pas me voir ? Je chuchote. Je comprends, j'ai dit des choses dégueulasses. Je peux l'entendre se redresser dans son lit. J'ai dit des choses horribles, impardonnable peu importe combien j'étais en colère. Quand tu as disparu j'ai eu tellement peur qui t'est arrivé quelque chose et qu'on te reverra plus jamais. Il s'est levé et s'est assis contre la porte. Je suis tellement désolé. Tant que tu vas bien, je m'en fiche que tu me pardonnes. Je ne t'aime pas non plus mais je n'avais pas le droit des choses fausses comme ça. Tu peux être en colère contre moi.
- Peut-être que j'étais en colère parce que c'est vrai, il chuchote encore plus bas que moi. Ce n'est pas difficile je vous l'ai dit je ne sais pas parler doucement.
- Non c'est faux ton père était mort d'inquiétude. Et ta mère aussi.
- Ouai c'est ça. Pourquoi t'es là la naine ?
Ca y est. On y est. Plus vite que ce que je pensais. Zut j'avais préparé tout un discours. Non je vous jure, je l'ai écrit, il est sur mon bureau. Je l'ai mémorisé et tout.
- T'es au courant trou du cul que tu es une des rares personnes à qui je présente des excuses. Connait au moins ton privilège.
Je l'entends ricaner, se lever, j'en fais de même et la porte s'ouvre. J'ai en face de moi un torse très nu et très musclé, d'un natif amérindien très grand. Putain. Quoiqu'ils sont, leurs transformations est radical. Je l'entends renifler. Et je sens son regard sur moi.
D'habitude je n'ai aucun problème pour regarder les autres créatures dans les yeux. Mais d'habitude je ne dis pas des monstruosités sur eux et leurs parents. J'ai une règle en matière d'insulte. La même que celle de mon père. On insulte ou ne mêle jamais la famille aux insultes. C'est humiliant tant pour la personne que tu insultes que pour toi. Déjà. C'est lâche et petit. En plus.
Quand vous êtes un monstre puisant comme moi, il y a peu de chose qui vous fait peur. Il y a très peu de chose qui vous surprenne en matière de surnaturel. Mais quand c'est le cas, vous avez de bonnes raisons de flipper. Surtout quand il y a la vie des personnes que vous aimez en danger. Je suis dans ce cas-là. Et toute mes raisons de vivre était dans cette maison, je ne pouvais pas me permettre de faire un faut pas.
Il est temps de passer aux choses sérieuses.
- Jared t'a dit ? Je demande.
- Ouai mais je l'ai pas cru. Maintenant si. Qu'est-ce que t'es ? Il gronde.
- Emmène-moi à ton chef. Je regarde obstinément sa poitrine.
- Il veut te poser des questions.
- Moi aussi. Allons-y.
- Demain matin. Je suis fatigué.
Et il me ferme la porte de sa chambre au nez. Tocard. Trou du cul.
C'est tout ? Rien d'autre ? Avec mon ancienne meute il y aurait eu plein de truc. Ils sont vraiment bizarres comme créature.
J'essaie vraiment de ne pas rire. Mais à ma place personne ne pourrait se retenir. Paul est dans ma voiture. Le mot est très vite dit. Julianne est petite et lui est très grand. Sa tête atteint le plafond et ses genoux son menton. Il a voulu prendre son break mais j'ai refusé tout net. J'ai eu du mal à me concentrai pendants tout le trajet. A chaque fois qu'il y avait un virage il se retrouvait encore plus serré contre moi ou la portière. Et il se cognait la tête à chaque bosse.
Agent K qui est devant la maison avec Jared a aussi du mal à rester sérieux. Je vois ses lèvres frémir. Moi j'en peux plus, je suis écroulé contre le volant. Il est tellement serré qu'il est resté bloqué. Il a dû rouler par terre pour sortir. Jared ne s'est pas retenu non plus.
N'empêche, il s'est pris un sacré savon par son père mais il a eu de la chance. Mark était tellement soulagé qu'il soit revenu qu'il a oublié de le punir. Ma mère n'a pas été aussi gentille. Je n'avais pas le droit de sortir jusqu'à ce que Paul revienne. Pas de téléphone. Pas de télé. J'ai dit que je ne plaindrais pas. Mais quand même. Ce n'est pas juste.
J'inspire profondément. Allons-y.
Pour détendre l'atmosphère, j'ai mis une tenue qui montre mon désir de paix.
Une robe manche longue rouge terre avec des motifs hippies, un gilet en fourrure et les bottes montantes aux genoux qui vont avec. J'ai détaché mes cheveux et mis un bandana qui va avec la robe. Tout ça agrémentait d'un collier peace and love.
Vu leurs expressions je ne sais pas si c'est bon ou pas.
Agent K me fait rentrait dans la maison sans un mot. J'ai l'impression d'être Hansel et Gretel. Leur odeur me frappe de plein fouet. C'est une vieille maison de la taille standard de toute celle de la Push. C'est un foutoir monstre à l'intérieur.
Ouaip maison d'homme.
Je m'assoieds sur un morceau de canapé propre. Ils se mettent tous les trois en face de moi, sauf qu'il n'y a que Paul qui ne me regarde pas. Lui et moi on ne s'est pas regardé dans les yeux depuis qu'il est revenu. Ils ne savent vraiment pas quoi faire avec moi, parce que je suis une fille de 16 ans ou autre chose je ne sais pas.
Agent K se met accroupi devant moi et me regarde dans les yeux avec une expression indéchiffrable.
- Est-ce que tu es humaine ? Il demande en inspirant.
Est-ce que je suis humaine ? Je me suis longtemps posé cette question. Je suis humain et je suis une louve. Mais j'ai passé le stade des questions existentielles. On passe tous à la casserole un jour.
- Au moins autant que vous.
Il semble frustré, mais ne fait rien d'irrespectueux.
- C'était toi dans la forêt depuis trois mois ?
Est-ce qu'il se fout de ma gueule ou quoi ? Pourquoi il pose des questions dont il connait les réponses ? Il a dû capter, parce qu'il se passe les mains dans ses cheveux en soufflant. Je sens la tension des autres hommes.
- Est-ce que tu es dangereuse pour les humains ?
- Oui, mais je ne les chasse pas. Et vous ?
- Qu'est-ce que tu chasses ? Il perd patience.
* Réponds-moi. Est-ce que vous êtes un danger pour ma famille ? Je veux des garantis pour eux.
- Non, qu'est que tu es ? Il grogne.
Il ose me grogner dessus ? Je peux jouer aussi à ces jeux. Et je lui sors mon plus beau grognement. Un truc qui vient des poumons et des tripes. Il pondit direct sur ses pieds. Moi aussi.
- Oh putain ! On est des loups garous et toi t'est quoi ? Siffle Agent K.
Des loups garous ? Haha haha là j'éclate de rire. Ils sont tous surpris. J'ai mal au ventre tellement c'est drôle.
