Tu as le droit de perdre le contrôle – chapitre 7

(Alors bien entendu Vincent Jamain est le producteur de Profilage. Je précise que je ne me souvenais pas du tout du nom de l'ex-beau-frère de Thomas quand j'ai écrit le chapitre précédent. Donc j'ai choisi ce nom, pour ne pas sortir totalement de l'univers de la série. En prenant ça en compte… n'hésitez pas à m'abreuver de REVIEEEEEEWS;))

Adèle attendait avec impatience la visite de Jess et d'Ulysse. Elle en avait des fourmis dans les jambes. Rester enfermée, ce n'était vraiment pas son truc. Bon d'accord elle n'était réveillée que depuis quelques heures mais elle se sentait bien. A part des raideurs dans le bas du dos, pour cause évidente de blessure pas forcément bien soignée, elle se sentait bien. Elle savait bien qu'elle devrait se reposer plusieurs semaines avant de retourner à la DPJ et de reprendre le contrôle total de sa vie. Sa nouvelle vie. Sans pervers narcissique au-dessus d'elle pour lui dicter ses faits et gestes.

Mais elle voulait au moins retourner dans sa péniche, avec son fils, Jess et Sydney. Elle voulait être une épaule pour son amie et prendre soin d'elle pour l'arrivée de son petit bébé. On toqua à la porte. Jess entra tout doucement et avança à pas de loups, Ulysse dans les bras. Quand elle vit Adèle assise au bord de son lit d'hôpital, elle posa le petit garçon à terre. Et fondit en larmes.

Ulysse se mit à courir en criant "Maman!". Adèle, qui parvint à contenir son émotion devant son enfant, le fit monter sur le lit à côté d'elle et le prit dans ses bras. Elle tendit en même temps sa main vers Jess, sans dire un mot. Elle voulait juste la prendre dans ses bras aussi.

La jolie blonde, d'ordinaire guillerette, vint s'asseoir à côté d'elle et passer un bras autour de ses épaules.

"Tu m'as manqué Adèle… J'avais tellement peur qu'on ne te retrouve pas avant la naissance de la petite".

Adèle se mit à sourire et passa un index sous le menton de Jess pour la regarder dans les yeux.

"Tout va bien Jess. Je suis là. Je vous lâche plus. Plus jamais. (…) Alors comme ça tu vas nous faire une petite princesse?".

Jess se mit à rire, se rendant compte qu'elle venait de gaffer et de balancer le sexe de son bébé alors que personne, à part Hyppo et elle, ne le savait encore.

"Zut j'étais censée rien dire!"

Adèle mima d'un geste qu'elle scellait ses lèvres et jetait la clé pour garder le secret jusqu'à ce que son ami décide de le révéler. Alors qu'Ulysse était descendu du lit pour jouer par terre avec le sac de Jess, elle ressentit le besoin de parler. Parler vraiment.

"Tu sais Jess… je me suis jamais beaucoup confiée à toi à cause de tout… toute mon histoire, mon passé qui me pesait. Mais maintenant, il faut que je te le dise. Quand tu es venue habiter avec moi, tu es rentrée dans mon cœur pour toujours. Tu as allégé mes peines et ouvert une brèche plus légère dans ma vie. Je t'aime comme une sœur et ça ne changera jamais".

Extrêmement surprise, Jess ne put rien faire d'autre que serrer Adèle dans ses bras encore plus fort. Puis elle se recula et la regarda droit dans les yeux d'un air goguenard.

"Je suis flattée ma puce. Et tu sais que je pense exactement la même chose. Mais… Je suis vraiment la seule à avoir allégé ce poids?"

Adèle voyait très bien où elle voulait en venir.

"Tu n'as pas quelque-chose à m'avouer? Par exemple sur le fait que tu m'as menti quand tu m'as dit qu'il ne s'était jamais rien passé entre toi et Rocher, et qu'il ne se passerait rien?".

"JESS!" Tout commençait vraiment à redevenir comme avant. Son amie la taquinait toujours sur le même sujet. Mais elle n'avait plus aucune raison de lui faire des cachoteries désormais.

"Bon ok je n'ai pas été très honnête avec toi sur ce sujet. Tu l'as compris Thomas et moi on a toujours eu une relation… disons particulière. Il me détestait au début. Tu sais quand j'ai commencé à travailler avec eux et Chloé à la DPJ, on ne s'entendait vraiment pas bien. Mais moi je voulais… je le voulais… depuis le début. Alors même si j'étais complètement à côté de mes pompes à l'époque, que je n'avais retrouvé ni Camille, ni Argos, que je n'avais pas non plus Ulysse avec moi… J'ai tout fait pour qu'il me remarque et essayer qu'il m'ai… m'apprécie. Mais je suis peut-être allée un peu trop loin".

Comme si elle était au cinéma, sans le pop-corn, Jess était captivée par ce que lui racontait Adèle.

"Oh mon dieu qu'est-ce que tu as fait alors?"

"J'ai exploité son point faible. Il ne peut s'empêcher d'aider les gens en détresse. Alors j'ai fait en sorte qu'il m'héberge quelques jours. Puis j'ai fait un double de ses clés, et un soir je suis revenue chez lui. Lucas n'était pas là. Je m'en étais assurée avant. J'ai attendu Thomas sur son canapé, à moitié nue. J'avais juste enfilé une de ses chemises. Quand j'y repense… Je regrette et je ne regrette pas à la fois mais j'étais complètement psychotique à l'époque. La solitude me faisait faire n'importe quoi. Littéralement".

"A moitié nue?"

"Ouais alors c'est là que ça se gâte. Il est rentré. Il a pointé son arme sur moi en croyant qu'il s'agissait d'un cambrioleur, puis m'a demandé de me rhabiller et de partir".

"Oh non ça s'est pas terminé comme ça".

"Non parce que j'étais déterminée à… enfin tu vois quoi. Je l'ai embrassé. Il m'a repoussé. Je me suis mise à pleurer. Et puis… et puis il a cédé".

Choquée. Jess était choquée.

"Vous avez couché ensemble?"

"C'était il y a des années Jess. Je n'étais pas une bonne personne. Il n'avait pas non plus fait complètement le deuil de sa femme. Quand j'ai compris qu'il ne m'accorderait jamais de place dans sa vie… Il me l'avait clairement dit d'ailleurs, je suis partie".

"Mon dieu je suis sous le choc. Mais ça a bien changé depuis. Tu as réussi à t'en faire une de place".

"Comment ça?"

"De place dans sa vie. Non mais parce que ce n'est plus la peine de le nier tu sais. Tu es folle de lui, il est fou de toi. Il était complètement perdu sans toi. Il a remué ciel et terre pour te retrouver. Il s'effondrait en larmes à chaque piste qui n'aboutissait pas. J'ai jamais vu un homme aimer autant une femme".

Adèle baissa les yeux. Elle aurait tant aimé être aussi sûre de tout ça que Jess.

"On s'est blessés Jess. On s'est déchirés. Et maintenant, on n'a tellement souffert que je ne sais pas comment on va pouvoir s'en sortir et vraiment construire quelque-chose. J'imagine qu'on va avoir besoin de temps. Je ne sais même pas quelles sont ses intentions envers moi".

"Vous avez toute la vie… et puis, il était là à ton réveil. Il me l'a dit, il ne voulait surtout pas que tu te réveilles et te retrouve seule. Il m'a aussi confié qu'il ne pourrait pas continuer sans toi".

La criminologue sourit. C'était elle la première qui avait dit ces mots au commandant. Elle prit ça comme un signe. La vie commençait vraiment. Recommençait vraiment. Peu importe quel taré en avait encore après elle. Elle se savait bien entourée. Aimée. Et c'était tout ce qui comptait.