Coucou tout le monde!!

Je voulais originellement poster hier soir, mais la fatigue m'ayant rattrapée, je n'ai pas eu le courage de relire le texte avant aujourd'hui. Néanmoins, voilà un tout nouveau chapitre!!

J'attaque Héritage dès demain, promis!!!


Disclaimer : ceci est une traduction de la fic 'Coping with hope' de Laurenke1. J'ai obtenu son autorisation pour la traduire et la publier.


Bonne lecture!!


Chapitre 7

En date du quatorze août de l'année dix-neuf cent quatre-vingt-dix-huit, en l'Ecole de Sorcellerie de Poudlard, ce document scellera un Lien d'Apprentissage entre l'étudiant de septième année Harry James Potter et Severus Tobias Snape, Maître des Potions de rang huit, sous la tutelle duquel il aspire à apprendre, ainsi qu'il est reconnu par la Guilde des Maîtres des Potions d'Europe depuis l'an neuf cent soixante-trois, avec le consentement de la directrice Minerva McGonagall, et pour la durée d'un an ou jusqu'à ce que les deux parties jugent nécessaire de rompre le Lien ou bien de le prolonger.

Durant cette période, l'apprenti ne pourra accepter aucune autre forme d'apprentissage ou d'engagement, tel que fiançailles ou mariage, sans le consentement de son maître. L'apprenti devra demeurer avec son maître afin d'apprendre son art et de lui obéir à la lettre, en acte ou pensée, ainsi que ce dernier l'aura jugé approprié. Aucune blessure ni dommage ne sera fait par l'apprenti à son maître, aux possessions et biens de celui-ci. L'apprenti ne dispose pas des biens de son maître et ne les prêtera ni ne les jettera sans son approbation. L'apprenti gardera les secrets appris de la main de son maître, qu'ils concernent son art, ses traditions, sa magie ou les mystères qui l'accompagne, et, en tout temps, accomplira les devoirs requis de sa personne par son maître.

Le Maître doit solennellement faire vœu d'enseigner, de montrer, d'instruire et d'informer son apprenti, au mieux de ses capacités, de tout ce qui compose son art, ses traditions, sa magie et les mystères qui l'accompagne, afin que l'apprenti puisse devenir lui-même un Maître des Potions. Le Maître n'exploitera jamais son apprenti et n'abusera ni de l'apprenti ni de ses pouvoirs sous peine de se voir considéré comme hors-la-loi par la Guilde et la réglementation applicable en vigueur. Le Maître prendra son apprenti sous son aile et le protégera, le gardera sous tous aspects. Il sera responsable de son hébergement, de sa sécurité, de sa santé physique et mentale, et prendra la responsabilité des actions de son apprenti jusqu'à ce que l'apprentissage prenne fin ou que les deux parties décident de rompre le Lien.

Le Maître accordera à son apprenti un badge d'apprentissage afin que tous puissent voir à qui l'apprenti appartient et répond. L'apprenti acceptera ce badge et le portera ainsi que son Maître le jugera convenable.

Ce contrat d'apprentissage est donc délivré, signé par le sang de l'apprenti et de son Maître, et scellé par l'échange d'un baiser, en présence et avec le consentement de Minerva McGonagall, directrice de l'Ecole de Sorcellerie de Poudlard.

« Attendez… Laissez-moi vérifier un ou deux points… Je dois signer avec mon sang, embrasser quelqu'un pour sceller le contrat et obéir à Snape en tant que Maître. » Harry leva les yeux du parchemin qu'il tenait à la main pour les fixer sur la directrice, assise en face de lui derrière le lourd bureau.

« Grosso modo, oui. » Le professeur McGonagall lui sourit et Harry reporta son attention sur le document. Il était arrivé le jour même en provenance de la Guilde des Maîtres des Potions, sise à Rome. Harry s'était attendu à ce que cela prenne plus de temps, mais il ne s'était écoulé qu'une semaine depuis que Snape avait expédié un hibou pour requérir les formulaires nécessaires.

« Je comprends les règles, en tout cas, je crois… Ils ne nous punirons pas si nous brisons l'un de ces règlements… »

McGonagall grogna et se versa une tasse de thé. « J'en doute fortement. Ces règles sont de la responsabilité de Severus et il honorera ce document, quels que soient ses sentiments personnels. Il se dédie entièrement à son art. J'attends le même de vous, Harry, car c'est un grand honneur d'obtenir un apprentissage auprès de Severus. »

Harry détourna le regard. « Oui, je sais. » murmura-t-il.

Il ne doutait pas que Snape serait honnête avec lui en regard de son apprentissage puisque Harry connaissait suffisamment son aîné pour savoir qu'il était en effet entièrement dévoué à son art et à ses potions. Ce règlement les liait l'un à l'autre et Harry voulait bien être damné s'il faisait perdre à Snape le peu de confiance qu'il avait en lui.

« Mais que signifie ce passage indiquant qu'il faut signer avec son sang et échanger un baiser ? » Cette phrase l'ennuyait légèrement.

« Avez-vous jamais entendu le dicton 'scellé par le sang, unis par le baiser' ? C'est en réalité très semblable aux anciens liens de féodalité, mis à part le fait qu'au lieu d'embrasser un anneau ou les pieds de votre seigneur, vous signez le document approprié avec votre sang et embrassez l'autre partie. »

Pour Merlin sait quelle raison, Harry avait l'impression qu'elle ne parlait pas d'un bisou sur la joue. Il détourna de nouveau le regard. Pourrait-il faire cela ? Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'un lien d'apprentissage impliquait et de la manière dont…

« Severus sera bientôt là pour signer le document et je suis sûre que, si vous avez des questions, vous pourrez les lui adresser. Il sera en mesure de répondre à la plupart d'entre elles. »

Harry opina. Cette situation était décidément étrange. Snape allait devenir son maître… Devrait-il vraiment vivre avec lui ou Snape l'autoriserait-il à rester dans la Tour Gryffondor ? Il se rappelait Snape lui expliquant le lien étroit que partageaient un maître et son apprenti et Harry espérait réellement que cela ne lui permettrait pas de lire dans ses pensées ou de ressentir ses émotions car, à l'heure actuelle, Harry lui-même ne voulait pas ressentir ses propres émotions.

Juste à l'instant où Harry prenait une gorgée de son thé sucré et pourvu d'un nuage de lait, un coup fut frappé à la porte.

« Entrez. » cria le professeur McGonagall. Harry prétendit se passionner pour sa tasse de thé, alors même qu'il entendait la porte s'ouvrir et se refermer, tandis que Snape boitait vers le bureau. Il ne put s'empêcher de jeter un petit coup d'œil. Snape avait bien meilleure mine qu'auparavant, les cercles sombres sous ses yeux avaient disparu et sa posture était bien celle du sévère professeur de potions, conforme au souvenir d'Harry.

Snape s'assit avec toute la dignité qu'il put rassembler et accepta le thé que lui offrait la directrice d'un gracieux signe de tête. Le sorcier paraissait fatigué et un peu hors d'haleine à cause de sa longue ascension des cachots au bureau directorial. Harry but une nouvelle gorgée, décidant que ses questions pouvaient bien attendre un peu.

« Est-ce le contrat ? » demanda Snape en indiquant d'un vague mouvement de tête le parchemin qu'Harry tenait sur ses genoux. Sans prononcer un mot, Harry le lui tendit afin que le maître des potions puisse le lire.

Un silence s'étira durant quelques minutes avant que la directrice ne s'éclaircisse la gorge. « Certains points de ce document n'ont pas paru très clairs à Harry, Severus. »

Les perçants yeux noirs rencontrèrent les siens et Harry fut légèrement déconcerté par ce regard fixe, jusqu'à ce que Snape prenne la parole. « Ah oui ? Souhaiteriez-vous poser une question spécifique, Potter ? »

« Oui… Ce lien d'apprentissage… il marche comment ? Est-ce qu'il va nous permettre de sentir où se trouve l'autre ou… » Est-ce que cela nous permettra de sentir ce que l'autre ressent et…

Snape s'arrêta un moment pour boire son thé et contempla Harry encore quelques instants avant de répondre. « Vous ne devriez pas être concerné, Potter. Le lien rendra possible pour moi de sentir toute occasion durant laquelle vous seriez en danger ou auriez besoin de ma présence. Cela ne fonctionne pas dans l'autre sens. Le lien ne comprend rien d'autre. »

« Cela ne vous permet donc pas de lire dans mon esprit ? »

Snape retroussa les lèvres, grondant : « Une fois de plus vous montrez que l'on ne peut vous enseigner, Potter ! Ne vous ai-je point explicitement dit lors de nos leçons d'Occlumancie, et n'avez-vous pas constaté par vous-même en maintes occasions depuis lors, que l'esprit n'est pas un livre que l'on peut ouvrir et lire à volonté ? Un contact visuel est nécessaire et, même avec un lien aussi étroit que celui-ci, je ne suis pas capable de lire vos pensées. »

« Je ne sais pas comment ce lien fonctionne, d'accord ! » Harry tentait de se contraindre à rester civil et poli alors même que le ton de Snape le faisait se hérisser. « Ce n'est pas comme si c'était enseigné à l'école ou pendant les entraînements anti-Mage Noir. »

Il était de nouveau furieux et se mordait douloureusement la lèvre.

J'ai encore perdu le contrôle… Je m'étais promis de ne pas le faire…

« Très bien, je vais l'expliquer. Le lien entre nous ne signifiera rien, il agira comme un système de sécurité afin de me prévenir si vous vous trouvez en situation périlleuse ou si vous avez grand besoin de moi. Il ne fonctionnera pas si vous pensez à obtenir mon aide en plein examen de potions, par exemple. La nécessité doit être suffisamment importante. Tout ceci est créé par l'antique magie utilisée pour le contrat. Tout ce qui est inscrit dans ce document doit être ratifié. Si, par exemple, un danger vous menace, vous devez obéir à mon commandement si je vous dis de fuir. Ou, autre exemple, si vous deviez vous marier durant cette année d'apprentissage sans avoir requis mon consentement, alors les vœux que vous auriez prononcés n'auraient aucune valeur. Obéissez simplement aux directives de ce contrat, Potter, je doute que même vous trouviez cela si problématique. » La voix de Snape était mordante et Harry serrait les poings.

« Il suffit, Severus ! » intervint immédiatement le professeur McGonagall, se penchant sur son bureau, les mains jointes devant elle. « Je ne veux plus rien entendre. J'en ai plus qu'assez de vos gamineries, messieurs. Vous êtes tous deux adultes et vous allez travailler en étroite collaboration durant un an alors je vous demande d'accorder tous deux à l'autre le respect qui lui est dû. Severus, Harry sera votre étudiant personnel et il est votre responsabilité. Quels que soient ses défauts, il est un sorcier puissant qui a vaincu un Mage Noir, vous libérant également de son emprise ! Harry, pour les douze prochains mois, Severus sera votre maître et confident. Il a dérogé à ses habitudes pour vous offrir un apprentissage, avant que le Ministère ne puisse protester, et je ne crois pas qu'il soit nécessaire de mentionner l'importance de ses actions pendant la guerre. Maintenant Harry, avez-vous davantage de questions pour Severus ? »

Harry jeta un cop d'œil en direction de Snape pour voir que l'homme fronçait les sourcils, comme à son habitude, mais ne disait rien. « Euh, oui. Comment devrais-je vous appeler ? »

Snape se tourna vers lui et Harry put constater à quel point le sorcier devenait livide, le sang se retirant de son visage alors que ses yeux noirs s'agrandissaient. Il siffla : « Insolent morveux, n'avez-vous jamais rien appris… »

Harry fut sur ses pieds en l'espace d'une seconde alors que Snape se lançait sur lui pour le secouer durement tandis qu'il levait les mains en signe d'apaisement. Il n'avait vu Snape dans cet état que dans de rares cas. « Non, je ne voulais pas dire ça… S'il vous plait, essayez de comprendre… Je sais que je dois vous appeler 'Monsieur' mais… » Les yeux sombres s'étrécirent dangereusement alors qu'Harry tentait sans aucun succès de se libérer.

Dans son agitation, sa magie s'éleva, emmêlant ses cheveux. Elle atteignit la main de Snape mais le sorcier ne la retira pas. « Dans le contrat, il est indiqué que vous êtes mon maître. Devrais-je vous appeler ainsi, Monsieur ? Ou bien utiliser votre titre ? »

Au lieu de le relâcher, ainsi qu'Harry l'avait espéré, Snape scruta attentivement ses yeux. Il finit par le lâcher brutalement, le faisant trébucher dans son fauteuil, et lui répondit froidement : « Vous pouvez vous adresser à moi en tant que 'Professeur' ou 'Monsieur' si ce n'est pas trop difficile pour vous, Potter. »

Il tremblait soudainement de rage. Comment osait-il ?? Ses joues brûlaient de honte. Pourquoi Snape insistait-il toujours pour l'humilier ? Est-ce qu'il ne pouvait pas tout simplement le traiter normalement pour une fois ? Juste une fois. Si le reste de l'année devait se dérouler de cette manière, Harry savait par avance qu'il ne voulait pas être l'apprenti de Snape…

« Severus, gardez votre maudit caractère sous contrôle ou, Merlin m'en soit témoin, je vous enferme tous les deux dans une pièce jusqu'à ce que vous mettiez vos différends de côté ! Me suis-je bien faite comprendre, les garçons ? » les prévint Minerva McGonagall. Sa voix était devenue considérablement plus basse et Snape détourna les yeux. Harry regarda dans la direction opposée, refusant de voir Snape. Il ne subirait pas cela, pourquoi le devrait-il ? Pourquoi devrait-il se soumettre à une année supplémentaire de haine, et peut-être même d'abus, de la part de Snape alors qu'il pourrait très bien ne pas s'en mêler et voir simplement son tuteur à quelques reprises dans la semaine ?

Snape prit une longue et bruyante inspiration et Harry, en dépit de ses fermes intentions, le regarda. « Je m'excuse, Potter. Il n'était nullement nécessaire que j'utilise la force. Je… vous ai… confondu avec quelqu'un d'autre. »

« Excuses acceptées, professeur. » Cela coûtait énormément à Harry de prononcer ces paroles et son ton fut plus bref et fatigué que froid et ennuyé, ainsi l'aurait désiré.

Il se demandait réellement s'il s'agissait là de la manière dont Snape envisageait de le traiter toute l'année durant. Il espérait que non. Il avait vu un côté bien plus patient de Snape auparavant, lorsqu'ils avaient parlé des Maîtres des Potions, et il voulait voir cet aspect plus souvent. Snape lui devait au moins cela.

S'il était prêt à accorder à Snape le respect qui convenait, alors il attendait quelque chose en retour, et pas uniquement son éducation. Il avait bien du mal à se gérer, il ne pouvait pas assumer les humeurs de Snape également. Harry soupira fortement.

**********

Le soupir parvint aux oreilles de Severus et il se tourna vers Potter. L'adolescent aux yeux verts et à la chevelure ébouriffée fixait le sol sous ses baskets sales. Assurément avaient-elles été blanches à une époque mais il était impossible de le déterminer désormais. Il ricana. Première chose à faire dès que le contrat serait validé : s'assurer que le gamin s'habille impeccablement.

Severus savait que la manière dont il traitait Potter était tout sauf juste mais il avait besoin de temps pour assimiler le nouveau rôle qu'allait jouer Potter dans sa vie. Potter serait son apprenti d'ici la fin de la journée et ils devraient ensuite se conformer à leur nouveau mode de vie. Severus avait la sensation que la route allait être semée d'embûches et d'erreurs de part et d'autre.

Il relut le parchemin qui reposait sur ses genoux. Il allait devoir mettre en place quelques règles pour que la magie du lien sache quand il serait opportun de réagir et quand il ne le serait pas. Il n'était pas l'un des Maîtres les plus stricts qui interdisaient à leurs étudiants toute distraction, mais certains règlements devaient être suivis, tels que le fait que, sans autorisation explicite de sa part, Potter ne puisse s'engager dans toute liaison ou mariage. Non pas que Severus se préoccupe outre mesure de la personne avec laquelle le gosse allait finir, mais cette loi avait été instaurée au Moyen Age pour s'assurer que, tant que l'apprenti étudierait, les secrets de la Guilde ne puissent être dévoilés à un tiers.

La Guilde avait été installée juste sous le nez du Vatican, protégée par la magie et le mystère dans l'ancienne cité de Rome, pendant un millénaire et avait attiré toutes sortes de Maîtres des Potions venant du monde entier. Du nouveau monde, désormais connu sous le nom d'Etats Unis, s'étaient répandus des ingrédients inédits…

« Où vais-je vivre ? » Severus leva les yeux vers Potter alors que celui-ci posait sa question à Minerva. La vieille sorcière s'en étonna et demanda : « Que voulez-vous dire ? »

« Le contrat requiert que je demeure avec mon maître. Je l'interprète comme signifiant que je devrais vivre dans l'endroit que le professeur Snape jugera convenable pour son apprenti. » Étonnamment, en lieu et place du ricanement dégoûté qui, Severus en était persuadé, allait entacher le terme d'apprenti, Potter le prononça presque avec hésitation, comme s'il ne lui était pas familier. Les yeux verts se portèrent sur le visage de Severus, très rapidement, avant de reprendre leur distance.

Severus se concentra sur la directrice qui semblait quelque peu perturbée. « Oui, voilà qui me laisse perplexe. Je suppose que nous pouvons demander au château d'ajouter une extension aux appartements de Severus… »

« Potter sera très bien dans la Tour Gryffondor. Je mettrai au point un moyen de communication afin qu'il puisse prendre la cheminée jusque dans mes quartiers si j'ai besoin de lui. » Il était hors de question que Severus autorise Potter à s'installer dans ses appartements privés, ou il n'aurait pas un seul lieu de répit.

Potter le regarda mais Severus se refusa à rencontrer les yeux verts qui lui rappelaient tant Lily. Il passait déjà trop de temps avec le gamin et, bien qu'ils doivent passer plus de temps ensemble dans le futur, en tant que tuteur et élève, maître et apprenti, Severus savait qu'il avait simplement besoin d'un endroit dans lequel il pourrait fulminer et s'emporter tout son saoul sans offenser qui que ce soit.

« Professeur Snape ? » Severus se tourna à nouveau vers Potter et les yeux émeraude croisèrent les siens alors que le garçon demandait : « Je suis conscient du fait que je passerai la plupart de mon temps avec vous parce que vous êtes à la fois mon tuteur et mon maître, mais qu'en sera-t-il de mes devoirs pour les autres classes et du Quidditch ? Pourrais-je jouer cette année ou préféreriez-vous que je quitte l'équipe ? »

Severus était stupéfait. Potter lui demandait effectivement la permission de continuer à jouer au Quidditch ? Ses yeux s'étrécirent. Lui jouerait-il un tour ? Potter était connu pour avoir le sang chaud et ne pas réfléchir à ses actes avant d'agir, avec les conséquences que cela entraînait, comme la mort de Black.

Se pourrait-il que Potter soit vraiment sérieux à propos de cet apprentissage ? Ou bien avait-il soudainement mûri l'année précédente ? Severus soupira. Potter avait traversé l'enfer l'année passée, comme eux tous, mais Voldemort avait été fort inspiré dans son estimation du fait que le Gryffondor se blâmerait pour le décès de ses camarades de classe. Peut-être la blessure était-elle plus profonde que Severus ne se l'était imaginé.

Il regarda Minerva pour gagner du temps. Une partie de lui voulait gronder à Potter de quitter l'équipe et le pouvoir qu'il détenait sur le jeune sorcier était légèrement intoxicant. Mais la plus grande partie de son être reconnaissait le geste que Potter faisait. Il voulait faire en sorte que cela fonctionne. Cela tuerait-il réellement Severus que de faire également un effort ?

Minerva le fixait froidement, le défiant d'oser refuser, mais son choix était arrêté avant que cette constatation ne parvienne à son cerveau. Il tourna son fauteuil vers Potter. « Vous viendrez dans mon bureau quatre fois par semaine après le dîner ainsi qu'une après-midi durant le week-end. Trois de ces quatre séances seront consacrées aux potions, pratiques ou non, l'autre sera réservée à la Défense ou à ce que vous voudrez apprendre, même à vos devoirs si vous le souhaitez. Je suis sûr qu'avec l'aide du professeur McGonagall nous pourrons organiser votre emploi du temps autour des entraînements de Quidditch, mais vous ne pourrez pas être capitaine de l'équipe cette année, Potter. La charge de travail serait tout simplement trop importante… »

« Durant les sorties à Pré-au-lard, vous pourrez aller au village, et éventuellement faire quelques courses pour moi si nécessaire. Vous devez toujours me laisser savoir où vous vous rendez si vous n'êtes pas dans l'enceinte de l'école. Vous me fournirez une copie de votre emploi du temps et je mettrai au point un moyen de communication afin que vous n'ayez pas toujours à venir me voir pour m'indiquer vos déplacements. Cela vous convient-il ? »

Severus fronça les sourcils quand, au lieu de geindre ainsi qu'il l'aurait cru, Potter lui sourit et hocha la tête : « Hmm, le badge d'apprenti, à quoi est-ce qu'il ressemble ? »

Potter le regardait avec un intérêt à peine voilé et Severus sortit l'insigne de sa poche. Il ressemblait un peu à un badge de préfet mais aux couleurs de la Guilde, noir et rouge, avec un petit chaudron et un 'A' qui voletait gentiment. Tout ce que Severus aurait à faire serait de le tapoter de sa baguette pour l'activer lorsque le contrat serait signé.

Il le montra à Potter mais le jeune sorcier ne tendit pas la main pour s'en emparer, le regardant presque avec révérence, comme l'on contemple ce que l'on a toujours désiré. Il avait l'impression que Potter craignait qu'il ne disparaisse s'il le touchait. L'éclat de ses yeux rappelait à Severus un chiot perdu et quelque chose se serra dans sa poitrine. Il détourna le regard, mal à l'aise.

« Quand devrais-je le porter, Monsieur ? »

« En permanence lorsque vous êtes à l'école ou que vous êtes en fonction en tant qu'apprenti. Vous n'êtes nullement requis de le porter lorsque vous vous trouvez en visite dans un domicile privé, sauf si vous agissez à mon compte, en votre qualité d'apprenti. Cette situation n'est pas à prendre à la légère, Potter. C'est un privilège que de servir un apprentissage alors que vous êtes encore à l'école. Le Ministère ne le condamne pas mais ne le considère pas pour autant avec bienveillance, d'autant plus que vous le servirez avec moi. »

« Donc le Ministère ne le reconnaîtra pas ? »

« Oh, il le fera. Il n'aura pas le choix. La Guilde est bien plus ancienne et a bien plus d'influence en Europe que le Ministère. S'il n'approuve pas les différents apprentissages proposés par les Guildes européennes, il se coupera de lui-même du reste de l'Europe et il ne peut se le permettre. Même notre Ministère n'a pas perdu la raison à ce point. Il n'aura pas d'autre choix que de reconnaître cet apprentissage. »

« Et les élèves ? Vont-ils le reconnaître ? »

« Ils sauront que vous êtes entrés en apprentissage avec moi et n'auront rien à dire à ce propos. Vous viendrez me voir, Potter, s'il y a le moindre problème. Je suis votre maître et il est de mon devoir de veiller à votre sécurité et à votre santé, ainsi que le contrat le stipule. »

Severus tapota le parchemin d'un long doigt mince. Quelque chose dans les yeux verts de Potter dérangeait Severus. Étaient-ce seulement de vieux mots jetés là sur le vélin ou était-il réellement responsable de la santé, physique et mentale, de Potter ? Les Fondateurs savaient à quel point Potter avait besoin de parler à quelqu'un, toute personne saine d'esprit en aurait besoin après être passée par ce que le jeune homme avait traversé.

« Monsieur ? » Cette fois, la voix de Potter était légèrement hésitante, bien que les yeux verts soient déterminés lorsqu'il demanda : « Pourrais-je vous parler un moment, en privé ? »

Bien sûr, le gosse allait lui dire qu'il ne voulait pas de cet apprentissage…

« Vous pouvez dire ce que vous voulez ici, Potter. » répondit froidement Severus. Il regarda Potter se tortiller et soupirer en considérant alternativement les portraits des anciens directeurs endormis autour d'eux et Minerva qui prétendait ne rien entendre, remuant d'obscurs parchemins sur son bureau.

« En fait, Professeur, je voudrais vraiment vous parler en privé. Vous êtes mon tuteur, et bientôt mon maître, alors je requiers… c'est… »

Severus regardait, abasourdi, Potter batailler pour achever sa phrase. Il venait de lui rappeler le serment qu'il allait bientôt faire. Veiller sur Potter en tant qu'apprenti. Severus acquiesça finalement.

Potter sourit brièvement, un sourire fatigué, avant de se lever de quitter la pièce. Severus termina son thé un jeta un coup d'œil en direction de Minerva. Elle fixait Potter avec un mélange d'inquiétude et d'épuisement. Severus pensa en cet instant que, peut-être, Potter n'allait pas refuser cet apprentissage, qu'il s'agissait là de la seule chose qui gardait le jeune homme sain d'esprit.

**********

Harry remuait les pieds en attendant que Snape le rejoigne. Il secoua la tête devant sa propre stupidité. Pourquoi n'arrivait-il pas à gérer cela tout seul ? Ce n'étaient que des cauchemars, rien qu'il n'ait pas déjà affronté par le passé mais…

Quelque chose s'était brisé en lui à l'instant où Snape avait dit être responsable de lui et, avant qu'Harry ne réalise pleinement, il avait demandé à l'homme l'autorisation de le voir en privé. Il ne pouvait pas le dire en face du professeur McGonagall, c'était bien trop embarrassant.

Harry n'avait aucune idée de la manière dont Snape allait réagir. Il serait bien capable de lui dire d'aller se faire voir, mais Harry avait besoin de savoir si Snape allait réellement s'occuper de lui. Il devait savoir, pour prendre les précautions qui s'imposaient.

Les souvenirs qui le hantaient, décidément trop proches de la surface de son esprit, le firent frissonner. Il restait afféré en permanence durant la journée, faisant des recherches dans ce qui restait de la bibliothèque et parmi les livres que Snape lui avait apporté, ou bien aidant à rebâtir le château, mais la nuit… la nuit, cela prenait de telles proportions qu'il ne pouvait en passer une sans s'éveiller, hurlant, pleurant et couvert de sueur froide, avant de se recroqueviller sans plus parvenir à dormir.

Cela devait changer. Il ne pouvait continuer ainsi, surtout avec cet apprentissage. Lorsqu'il était encore en vacances, il pouvait faire la grasse matinée mais cela l'épuisait néanmoins, et Snape attendrait de lui qu'il se lève tôt pour travailler avec lui. Harry ne pouvait pas se permettre de ne pas dormir la moitié de la nuit durant. Vraiment, cela devait changer et il devait savoir à quoi s'en tenir quant à son tuteur et maître.

La porte s'ouvrit et Harry leva les yeux alors que Snape sortait du bureau. Il considéra le sorcier, plus grand et plus âgé, tandis que celui-ci lui demandait : « Et bien, Potter, qu'y a-t-il ? »

Les yeux d'Harry se fixèrent immédiatement sur la porte encore ouverte et Snape soupira en la fermant. Il s'appuya contre le mur, croisant les bras sur sa poitrine. « Nous sommes seuls, Potter, alors dites ce que vous avez à dire. »

Harry leva les yeux vers le visage pâle aux yeux noirs impénétrables alors qu'il tentait de rassembler ses pensées. Comment allait-il expliquer la situation sans paraître incroyablement faible ? Il prit une profonde inspiration et, se focalisant sur les dalles de pierre sous ses pieds plutôt que sur son professeur, il commença : « Professeur… je… »

Il ne pouvait pas le dire. Les mots refusaient de quitter sa bouche et il était conscient du silence qui s'était installé entre eux. Il se serait attendu à ce que Snape lui ait déjà crié dessus à ce moment mais il constata que son professeur se contentait de le regarder, un sourcil relevé, toujours adossé au mur. Harry débita tout d'une seule traite.

« Je souffre de cauchemars. Je ne réussirais pas à être à mon niveau habituel si je ne dors pas de la nuit et je… »

« Depuis combien de temps ces cauchemars persistent-ils ? »

Harry détourna le regard, se sentant étrangement vulnérable. « Depuis que je suis sorti de l'infirmerie. »

« Vous demeuriez dans la Tour Gryffondor, n'est-ce pas ? » Snape se détacha du mur tout en continuant de parler. « A l'infirmerie, souffriez-vous également de ces cauchemars ? »

« Pas tout le temps. J'étais très fatigué au début et, à cette époque-là, je dormais toute la nuit. J'ai essayé de m'épuiser en aidant à reconstruire le château mais Madame Pomfrey ne veut pas que j'utilise trop de magie alors j'ai essayé de faire le minimum pendant un temps et de ne pas m'épuiser magiquement à nouveau, mais c'est dur. Je lis les livres de la bibliothèque, ceux que vous m'avez donnés, mais les cauchemars persistent. »

Harry était persuadé que Snape allait clamer qu'il était faible et tourner les talons alors il baissa les yeux. Une main sous son menton releva son visage vers Snape. Harry tressaillit de la proximité du sorcier mais Snape ne le lâcha pas. Le sorcier plus âgé le regarda droit dans les yeux et demanda : « Avez-vous de nouveau utilisé un Glamour, Potter ? »

Coi, Harry opina. Snape délaissa son menton et Harry se fit violence pour ne pas frotter l'endroit où les doigts de son professeur s'étaient posés. Le maître des potions se retourna pour rentrer dans le bureau directorial. « Demain matin, nous préparerons une potion de sommeil sans rêve, Potter. J'en aurais un échantillon prêt pour vous et j'attends de vous une potion parfaite. Vous pourrez comparer les deux la nuit suivante si vous avez suffisamment confiance en vous pour tester votre propre potion. » Snape lança un rictus dans sa direction et Harry leva un sourcil.

« Quelqu'un devrait s'assurer que je ne me suis pas empoisonné. »

« Je suppose que c'est de mon devoir en tant que votre maître, n'est-ce pas ? » Snape roula rapidement des yeux avant de réintégrer le bureau de Minerva.

En à peine une seconde, Harry fut laissé seul et, peu importait à quel point il tentait de se persuader que le fait que Snape ait promis de brasser une potion de sommeil sans rêve pour lui ne signifiait pas grand-chose, exception faite peut-être du fait de montrer quelle catastrophe incarnée Harry pouvait être en potions, son cœur se réchauffa à la pensée d'enfin se débarrasser de ses cauchemars.

**********

« Bien, Messieurs, êtes-vous prêt à signer ce document ? » Le professeur McGonagall les regarda tous les deux, une plume dans la main. Elle était différente de celle qu'avait utilisée Ombrage autrefois et Harry acquiesça. Il se tenait devant le bureau aux côtés de Snape.

« Vous avez tous deux lu le contrat. L'avez-vous approuvé ? »

« Oui. » répondit Snape avant lui.

« Oui. » La réponse d'Harry était légèrement hésitante mais sa voix ne trembla pas et il en fut soulagé.

« Bien. Harry, vous pouvez prononcer votre serment en premier. »

Le jeune sorcier avala convulsivement sa salive et humecta du bout de la langue ses lèvres desséchées. C'était sa dernière occasion de se sortir de cette affaire. Mais avant qu'il ne puisse formuler le moindre doute, il se rendit compte qu'il n'en avait guère. Il se sentait excité, un sentiment qu'il n'avait pas ressentit depuis si longtemps qu'il le prenait par surprise.

« Moi, Harry James Potter, jure devant vous, Severus Tobias Snape, mon maître, que je vous servirai et vous obéirai en toute circonstance ainsi que le doit un apprenti en potions. Vos secrets, qu'ils soient d'art, de traditions, de magie ou de mystère, sont les miens. J'obéirai à la lettre ainsi qu'indiqué dans ce contrat. Je jure d'être toujours respectueux de ce serment et du contrat qui l'accompagne, signé de mon sang et scellé… » Sa voix tremblota légèrement cette fois. « … d'un baiser. Que mes paroles et mes actions rejaillissent sur vous avec honneur. »

Harry se demandait s'il avait fait les choses correctement ou s'il avait tout gâché mais Snape prit sa respiration et commença à parler avant qu'il ne puisse creuser la question. « Moi, Severus Tobias Snape, jure devant vous, Harry James Potter, mon apprenti, de vous enseigner mon art et toutes ses ramifications au mieux de mes capacités. Je n'userai ni n'abuserai de cette position de pouvoir et vous procurerai conseils, enseignement, protection et défense au mieux de mes capacités, et ce pour aussi longtemps que durera votre apprentissage. En gage du lien qui unit maître et apprenti, je vous remettrai un badge d'apprentissage. Je signe de mon sang afin d'honorer ce contrat et le scelle d'un baiser. »

Harry respira profondément lorsque la main de Snape sur son épaule le poussa vers l'avant pour qu'il prenne la plume que lui tendait le professeur McGonagall. Bloquant sa respiration, il signa rapidement de son nom. Il ne sentit qu'un léger pincement au doigt qui disparut à l'instant où il lâchait la plume.

Il recula pour permettre à Snape d'apposer sa marque. Le sorcier griffonna promptement son nom avant de venir se placer à côté d'Harry. Le professeur McGonagall tapota le parchemin de sa baguette, produisant une lueur rouge. « Ainsi est-il signé… »

Il n'avait pas la force ou la bravoure nécessaire pour plonger son regard dans les yeux noirs, sans aucun doute emplis de moquerie et de cruauté, mais des doigts s'enroulèrent gentiment autour de son menton. Harry releva la tête et dut se hausser sur la pointe des pieds pour rencontrer les lèvres fines et malicieuses.

Les yeux de Snape semblaient plus sombres qu'auparavant et, cependant, les lèvres habituellement pincées qui se pressaient contre sa bouche étaient étrangement douces et tendres. L'espace d'un instant, juste un instant, tout fut calme et Harry put se concentrer sur la sensation des lèvres de Snape sur les siennes. Puis le sorcier se recula. « Et ainsi est-il scellé. »

Harry frôla sa bouche du bout des doigts, perdu dans ses pensées, si bien qu'il sursauta violemment lorsque des doigts vinrent attacher quelque chose à sa chemise. Il releva brusquement les yeux mais ceux de Snape ne s'étaient pas durcis sous la colère ainsi qu'il l'aurait cru. Ils étaient différents, plus noirs que jamais, et Harry mourrait d'envie de découvrir les secrets qui s'y dissimulaient.

« Félicitations ! J'espère de grandes choses de vous deux, Messieurs ! » déclara le professeur McGonagall.

Harry s'éloigna de Snape, sortant de la zone d'espace vital du professeur, et baissa les yeux vers la poitrine.

Il était l'apprenti du professeur Severus Snape.