Chapitre 7
Stiles perdit peu à peu sa joie de vivre. Il passait ses journées à s'ennuyer, tantôt enfermé dans sa chambre à faire des recherches toutes plus absurdes les unes que les autres sur son ordinateur, tantôt à l'extérieur, jouant un peu au Lacrosse pour se dégourdir les jambes. Depuis le départ des personnes qui occupaient habituellement son esprit, il avait sombré dans une semi-dépression. Ses parents ainsi que Lydia tentaient tant bien que mal de le distraire, mais rien n'y fit : il n'arrivait pas à se remettre des départs successifs des personnes chères à son cœur.
Allison lui envoyait régulièrement des sms pour lui dire que tout allait bien pour elle et qu'il n'avait aucune raison de s'inquiéter. L'air de Washingtonshire lui faisait beaucoup de bien et elle arrivait même à ne plus penser à Scott des journées entières. Rien que le fait qu'elle évoque le loup-garou par message montrait à Stiles qu'elle commençait à passer outre. Kate l'appelait aussi de temps en temps d'une cabine téléphonique de l'endroit où maintenant elle travaillait. C'était tout de même assez rare car elle préférait économiser le moindre sous pour pouvoir vivre plutôt que pour les utiliser en « divertissements », comme elle appelait leurs discussions.
Les nouvelles de sa sœur et de Kate lui mettaient du baume au cœur et il s'y accrochait, sachant en plus qu'il s'agissait des seules nouvelles qu'il recevait. Ni Scott et encore moins Derek ne lui avaient envoyé quelque chose. Bon d'accord ils n'avaient pas son numéro, mais ils connaissaient son adresse et une lettre aurait largement pu combler ses interrogations. Comment avaient-ils pu oublier les Bennet comme ça ? Avaient-ils si peu compté à leurs yeux ? Le fait d'être loup-garou leur permettait-il d'oublier les gens plus facilement ?
Stiles jouait à un jeu vidéo sur son ordinateur quand il avait enfin reçu une lettre quelques semaines après le départ d'Allison. Il s'était précipité de l'ouvrir, avide de connaître le destinateur. Il espérait tellement qu'il s'agisse d'un des deux loups-garous qu'il avait fait tomber la lettre deux bonnes fois avant de réussir à l'ouvrir. Sa déception fut aussi grande que son espérance quand il avait aperçu la signature : Deucalion Collins. Il avait alors lancé le bout de papier quelque part dans sa chambre, trop blasé et dégoûté pour la lire. Il s'était maudit lui-même d'avoir été aussi naïf pour avoir pu penser que Scott ou Derek tenteraient finalement de le contacter. Il n'aurait plus jamais de nouvelles d'eux, il aurait dû s'en douter.
Quelques jours plus tard, Stiles était allongé sur son lit, lançant une balle de tennis au plafond. La lettre n'avait pas bougée depuis qu'il l'avait balancé quelque part, toujours fermée et non lue. Il joua quelques instants avec sa balle, jusqu'à ce que, lancée trop fortement, il n'arrive pas à la rattraper. Dans un soupir d'exaspération il se leva de son lit et alla la chercher elle avait atterrie derrière son bureau. Quand il la ramassa, il repéra la lettre de Collins située juste à côté de son armoire. Il haussa les épaules et la récupéra avant de s'assoir sur son lit et de l'ouvrir finalement.
Stiles,
Ma femme et moi nous sommes finalement installés ensemble pour bâtir un foyer. Nous avons déménagé dans le comté de Alphasford, non loin du château de Sir Peter de Bourgh, qui peut ainsi nous conseiller sur une multitude de sujets tout près de chez nous. J'ai beaucoup parlé de toi à ma femme et à Sir de Bourgh. Mes compliments semblent avoir fait leurs effets car l'un comme l'autre seraient très heureux de te rencontrer. Je présume qu'une jeune personne comme toi a beaucoup à faire de ses journées, mais pourrais-tu nous rendre visite dès que ton emploi du temps te le permettra ? Tu pourras rester autant que tu veux chez nous, tu es évidemment le bienvenu.
Embrasse bien toute ta famille pour moi et dis leur que je pense souvent à eux,
Deucalion Collins.
Stiles relu la lettre une bonne dizaine de fois, ne sachant trop que faire ou quoi répondre. La première fois qu'il la lut, il se dit qu'il n'irait pas et qu'il inventerait un prétexte pour y échapper. Deucalion n'était pas vraiment quelqu'un qu'il appréciait, même si ses intentions semblaient sincères et maintenant désintéressées. Cependant, quand il la lut une seconde fois, il se dit qu'actuellement rien ne le retenait à Beaconshire et qu'il aurait peut-être lui aussi besoin de prendre un peu de vacances. Deucalion avait tellement parlé et fait l'éloge de ce Peter de Bourgh que la curiosité de Stiles le piquait de le rencontrer.
Il demanda conseil à sa famille le soir même et Melissa fut ravie. Il fallait que quelqu'un conserve de bons liens d'amitié avec Deucalion, sachant qu'il y avait encore une histoire d'héritage. Son père et Lydia furent unanimes : partir lui ferait du bien et lui changerait les idées. Stiles avait l'impression de revivre la même scène et de recevoir les mêmes arguments qu'Allison, il y a des semaines de ça, mais il s'en fichait. Il suivit finalement les conseils de sa famille et prépara sa valise.
Il quitta Beaconshire la semaine suivante.
Stiles arriva à Alphasford tôt dans la matinée, garant sa Jeep devant une grande maison du type coloniale. Elle était bâtie en bois en plein milieu d'un grand espace vert où les arbres ainsi que les fleurs semblaient très bien entretenus.
Il prit sa valise dans le coffre et se dirigea vers la porte d'entrée en sifflotant le générique de La petite maison dans la prairie. L'air pur de la campagne semblait avoir déjà apaisé son moral. Il n'eut même pas le temps de toqué à la porte que celle-ci s'ouvrait déjà, laissant échapper Deucalion, en habit de jardinier.
« Stiles ! Tu as fait bon voyage ? Je suis content que tu sois venu ! Laisse, on va prendre ta valise. »
Un majordome apparut à ce moment-là et prit le bagage de Stiles avait de disparaître dans la maison. Le jeune homme fut surpris de voir que la famille Collins avait de quoi se payer un serviteur. Peut-être aurait-il dû se marier à Deucalion, finalement. Il n'aurait jamais manqué d'argent, peut-être de dignité ou de bonheur, oui, mais il aurait eu tout ce qu'il voulait.
Deucalion l'invita à entrer et, tout en plaquant ses cheveux gras sur son crâne, il commença à commenter la décoration de sa maison ainsi que les conseils que Sir de Bourgh lui avait donnés pour bien choisir les couleurs des différents objets.
« Les couleurs pastelles permettent de faire ressortir les boiseries de la maison, qui datent de… Ah mais voilà ma femme ! Il faut à tout prix que je vous présente. »
Une jeune femme aux cheveux noirs fit son apparition dans la pièce, un tablier noué autour de sa taille. Elle lui fit un grand sourire et le jeune homme se demanda comment une femme aussi jolie avait pu délibérément choisir de vivre avec Deucalion.
« Alors voilà Stiles, le fils de mon cousin John, je te présente Jennifer Blake -enfin Collins depuis quelques semaines- ma femme. »
Jennifer tendit sa main et ils se saluèrent en souriant. Stiles trouva qu'elle dégageait quelque chose de sympathique et de réconfortant qui lui souffla qu'ils allaient tout de suite bien s'entendre.
Le téléphone sonna dans la pièce et le majordome arriva quelques secondes après, le combiné téléphonique en main.
« Mr Collins, un appel pour vous. C'est très important, annonça-t-il.
-Oh, excuse-moi quelques instants Stiles. Jennifer, peux-tu faire visiter la maison à notre invité ? J'essayerai de ne pas être trop long. »
Sa femme acquiesça et ils se sourirent avant que Deucalion ne quitte la pièce, le téléphone déjà à l'oreille.
Jennifer fit visiter la quasi-totalité des pièces à Stiles et ils restèrent quelques instants à discuter dans la chambre où le jeune homme allait dormir ces prochains jours, avant de se diriger au salon. Ils y trouvèrent Collins qui venait tout juste de terminer sa conversation téléphonique. Il les regarda arriver, un immense sourire aux lèvres.
« Je viens d'avoir Sir Peter de Bourgh au téléphone. Il a appris que tu restais quelque temps chez nous, Stiles, et pour fêter ton arrivée il vient de nous inviter à dîner ce soir dans son château !
-Quelle merveilleuse nouvelle ! Il faut tout de suite que j'aille choisir la robe que je mettrai pour y aller, annonça gaiment Jennifer en quittant déjà la pièce. »
Stiles ne comprit pas la réaction un peu trop hâtive de Jennifer, mais en regardant le visage heureux et surpris de Deucalion il se dit qu'une invitation de Peter de Bourgh comme celle-ci ne devait pas se faire très souvent.
« Ne t'inquiète pas, Stiles. Sir Peter de Bourgh a l'habitude de voir des gens qui ne sont pas de son rang social, il ne te tiendra pas rigueur pour ta tenue. Mets juste ce que tu as emmené de mieux et tout ira bien. »
Le jeune homme fronça les sourcils et, bien que vexé de la remarque que Deucalion venait de lui faire, il réussit tout de même à se contrôler et à ne pas lui rétorquer une réplique cinglante.
La famille Collins ainsi que Stiles arrivèrent cinq minutes avant le rendez-vous prévu chez Sir de Bourgh, pour ne pas faire mauvaise impression. Pendant le trajet jusqu'au château, Deucalion avait donné une multitude de précisions sur la vie et l'histoire de la famille de Bourgh, afin que Stiles ne soit pas trop perdu si le riche homme abordait le sujet durant le repas.
Le château des de Bourgh était immense et Stiles ne crut pas avoir vu une bâtisse aussi énorme de toute sa vie. L'intérieur du bâtiment était très chargé en décorations, avec des tableaux de famille et des tapisseries sur la quasi-totalité des murs. En voyant le style de la maison, Stiles se dit qu'il devait sûrement refléter la personnalité du fameux Peter de Bourgh, c'est-à-dire qu'il devait être une personne extravagante qui aimait se montrer.
Les trois invités arrivèrent dans un des salons de réception du château, où Sir Peter de Bourgh les attendait. Il était assis sur un canapé, un cocktail à la main. Dès que Deucalion l'aperçu, il se précipita vers le canapé et mit un pied à terre pour le saluer.
« Bonsoir Sir, je vous suis très reconnaissant de nous avoir invité ce soir. Quelle merveilleuse journée nous avons eu aujourd'hui ! »
Devant l'absence de réaction du Sir, Jennifer se précipita devant lui et souleva le bas de sa robe pour le saluer. Elle lui fit un sourire gêné, ne sachant apparemment pas trop comment se comporter face à cet homme si riche et renommé. Il n'avait vraiment pas dû les inviter souvent. Peut-être était-ce finalement bien la première fois ?
« Et voici Stiles Bennet, dont je vous ai déjà parlé, présenta Deucalion, sortant ainsi le jeune homme de ses pensées. Il est arrivé ce matin même et se fait une immense joie d'être ici, n'est-ce pas ? »
Deucalion le montra du doigt et lui fit les gros yeux pour lui indiquer qu'il devait dire quelque chose. Malheureusement Stiles était complètement perdu et il ne savait ni comment réagir ni que dire. Son cerveau fonctionnait à toute allure et il se contenta finalement de se diriger vers Peter de Bourgh et d'incliner la tête en lui souriant timidement. Sourire qui ressemblait plus à une grimace qu'à autre chose, mais bon. Il en profita pour observer l'homme assis devant lui et se dit qu'il n'était pas du tout comme il se l'était imaginé. Il était beaucoup plus jeune et plus mince qu'il aurait cru. Stiles avait pensé qu'avec autant d'argent, Sir de Bourgh aurait passé sa vie à manger tout ce qu'il voulait et donc qu'il serait plutôt enrobé. Or l'homme assis devant lui était plutôt musclé, il avait les cheveux bruns, une barbe d'un ou deux jours, et surtout –ce qui montrait qu'il était vraiment riche-un air hautain qui lui disait quelque chose. Il portait, non pas une fourrure comme dans l'imagination du jeune homme, mais un tee-shirt en col V et une veste vert pétant qui ne lui allait pas du tout.
Plus personnes ne parlaient dans la pièce depuis quelque temps déjà, tout le monde se contentant de s'observer sans un bruit. Stiles se sentit obligé de rompre ce silence trop embarrassant à son goût et dit la première chose idiote qui lui passa par l'esprit.
« Joli veste », commenta-t-il en se souvenant que les personnes de haut rang aimaient qu'on les flatte, même si ce n'était pas la vérité.
De Bourgh leva la tête vers lui et braqua ses yeux bleus d'une manière menaçante sur lui.
« Tu mens, répondit-il.
-Non je vous jure elle vous… »
Mais Stiles n'eut pas le temps de finir car Peter de Bourgh s'était levé d'un coup, ses yeux avaient viré au rouge, ses canines s'étaient transformées en crocs et il hurlait à quelques centimètres de Stiles, la main serrée autour de son cou. Celui-ci était terrorisé, son cœur battant la chamade.
« Ok j'ai menti, je ne savais pas que vous étiez un loup-garou, s'il-vous-plaît lâchez-moi je suis trop jeune pour mourir ! débita Stiles les yeux écarquillés. »
Le loup-garou tira Stiles par le cou et l'amena à travers le château jusque dans une chambre. Il jeta le jeune homme sur le lit et enleva sa veste avant de la jeter à travers la pièce.
« Pitié ne me faites pas de mal, je ne vous mentirai plus jamais, je vous le promets ! » paniqua Stiles de plus belle.
Peter de Bourgh s'arrêta à ce moment-là, ses yeux reprirent une teinte normale et ses crocs disparurent. Il éclata ensuite de rire et tendit la main à Stiles pour qu'il puisse se relever du lit.
« Je t'aime déjà, Stiles. Ne t'inquiètes pas, je ne te ferais rien. J'ai un petit penchant pour les sorties théâtrales, c'est vrai, mais je t'ai juste emmené ici pour que je puisse ranger ma veste. Je l'aime bien, mais je comprends qu'elle ne soit pas au goût de tout le monde. Je sens que je vais passer une bonne soirée avec toi, lui dit-il en lui donnant un petit coup amical sur l'épaule. Ce sera déjà bien plus amusant qu'avec les deux Collins tout frigides et ennuyeux à mourir ! Allez, on y retourne ? Ils vont finir par s'inquiéter. »
Le loup-garou sortit de la chambre et Stiles le suivit sans se faire prier. Qu'est-ce qu'il venait de se passer ? Il n'avait rien compris à la situation, juste qu'il avait eu la peur de sa vie et que de Bourgh était un homme vraiment très étrange. Sa personnalité avait changée en un instant, passant d'un loup-garou terrifiant à un homme qui semblait juste vouloir s'amuser. Si le Sir pouvait rester la personne qui avait blagué sur le caractère ennuyeux de Collins toute la soirée, ils pourraient peut-être bien s'entendre. Il fallait juste savoir s'il ne se retransformerait pas en loup-garou et, sur un coup de tête, déciderait de lui arracher la tête.
Stiles secoua la tête et se demanda à ce moment-là pourquoi il arrivait toujours à se mettre dans ses situations pas possibles.
Peter revint dans le salon avec le sourire aux lèvres. Deucalion et Jennifer se levèrent d'un bond des chaises où ils s'étaient assis, et le regardèrent d'une manière inquiète.
« Ne vous inquiétez pas, je ne l'ai pas mangé. Même si j'en avais terriblement envie », leur dit Sir de Bourgh en adressant un clin d'œil à Stiles.
Les deux Collins écarquillèrent les yeux et blêmirent à vue d'œil.
« Je plaisante, enfin ! » tenta-t-il de les rassurer en riant.
Le couple ne sembla pas rassuré pour autant et il fallut que Stiles leur dise à son tour que tout allait bien pour qu'ils se détendent enfin.
Le jeune homme alla voir Peter de Bourgh et lui murmura, à la fois amusé et inquiet :
« Je ne suis pas sûr qu'ils supportent une nouvelle blague comme celle-là, Sir.
-Oh s'il-te-plaît, appelle-moi Peter. Et de toute façon je t'avais prévenu, ils n'ont vraiment aucun humour. »
Stiles haussa les épaules et retourna voir les Collins avec un sourire gêné.
Une sonnerie retentit à ce moment-là, et Peter frappa dans ses mains d'une manière joyeuse.
« C'est sûrement mon dernier invité qui vient d'arriver ! Il ne changera jamais, toujours en retard celui-là. »
Quelques instants plus tard, le majordome arriva dans la pièce.
« Mr de Bourgh, votre neveu est arrivé. Je l'ai fait patienter dans la salle de réception car le dîner est prêt. Vous pouvez donc vous y rendre dès à présent. »
Peter hocha la tête et congédia son majordome. Il fit signe à ses invités de le suivre et tous les quatre se dirigèrent vers la salle de réception. Deux domestiques ouvrirent la porte pour qu'ils entrent dans la pièce, et Stiles ne put s'empêcher de se demander pourquoi les personnes riches avaient toujours besoin qu'on leur ouvre les portes. N'arrivaient-ils pas à le faire tout seul ou alors avaient-ils peur que les microbes de la poignée contaminent leur main ? Stiles n'eut pas le temps de se poser plus longtemps la question car ils entrèrent dans la pièce et celle-ci la subjugua. Il y avait une longue table en bois au milieu de la salle avec des couverts en argent et des assiettes en porcelaine. Il y avait de splendides lustres au-dessus de la table et des tables représentant le comté sur les murs. Le parquet à leur pied brillait tellement que Stiles pouvait presque y voir son reflet sans déformation.
« Ah mon neveu, tu es venu finalement ! Je savais que tu allais m'écouter, il faut que tu sortes un peu au lieu de te morfondre tout seul dans ton coin !»
« Peter, lâche-moi, je n'aime pas les câlins. Et je ne me morfondais pas. »
Stiles n'avait pas fait attention à l'invité, trop émerveillé par la pièce. Il ne l'avait pas remarqué, non, mais la voix qu'il venait d'entendre… Cette voix à la fois grave et grincheuse, elle ressemblait si fort à…
« Mr, Mrs Collins et Stiles je vous présente mon neveu. Il est un peu timide et grognon, mais je vous le promets, il ne mord pas ! Enfin la plupart du temps… » présenta Peter le sourire aux lèvres avant de pousser son neveu devant lui pour que les invités le voient.
Le neveu soupira, visiblement agacé, puis il salua les invités de la tête avant que son regard ne croise celui de Stiles. Ce dernier ne pouvait plus bouger et son cœur s'accéléra. Il ne pensait plus jamais revoir Derek, et encore moins ici.
