DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Rating : M+ 18

Genre : romance / slash / Yaoi


Chapitre 5 – L'heure du choix

7 septembre 1996 – Manoir Malefoy, Comté d'Antrim, Irlande

Harry regardait Draco qui s'éloignait.

Soudain, il se ressaisit. Il en avait assez que le blond s'enfuie chaque fois sans explication. Il en avait assez que l'on décide à sa place de ce qu'il était bon de faire ou non.

Merlin, cette fois il n'allait pas le laisser s'échapper comme ça !

Il courut derrière Draco au mépris de la douleur qu'il ressentait dans ses muscles. Arrivé à sa hauteur, il l'attrapa par le bras, le forçant à se retourner.

- Attends ! dit-il.

- Harry …. S'il te plaît … commença Draco.

- TAIS-TOI ! cria Harry. DE QUEL DROIT TU ME LAISSES EN PLAN COMME CA ? DE QUEL DROIT TU ME DONNES LE PLUS MERVEILLEUX BAISER QUE J'AI JAMAIS RECU DANS MA VIE AVANT DE ME PLANTER COMME UN CON ? POURQUOI TU ME DIS QUE RIEN N'EST POSSIBLE ENTRE NOUS ? HEIN ? DONNE-MOI UNE SEULE BONNE RAISON !

Draco avait reculé d'un pas face à la colère du brun mais celui-ci n'entendait pas qu'il s'échappe à nouveau et en une seconde, il plaqua durement sa bouche contre celle du blond.

Draco saisit le visage de Harry entre ses mains et le força à s'écarter de lui.

- Harry … Je … je voudrais tant vivre quelque chose avec toi mais c'est impossible à cause … à cause de cette prophétie !

- Quoi ? Pourquoi ? Les Protégés ne peuvent pas être amoureux de leur Gardien ? s'énerva le brun.

- Non … ça n'a rien à … Quoi ? Qu'est-ce que tu viens de dire ?

Harry écarquilla les yeux, conscient de ce qu'il venait de dire dans son emportement. Il soupira. Ça ne servait à rien de nier plus longtemps.

- Je … je suis désolé Draco … Je ne sais pas comment c'est arrivé ni quand … Le fait est que je crois que je suis tombé amoureux de toi. Et … et le baiser que tu viens de me donner m'a bêtement donné l'espoir que … que mes sentiments étaient partagés. Mais manifestement, ils ne le sont pas. Je suis désolé. Je ne voulais pas t'embarrasser.

Draco était tétanisé. Dans son esprit, des images se succédaient à une vitesse hallucinante. Harry sur son balai, le poing serré sur le vif d'or. Harry, debout devant lui sur la table de duel, sa baguette serrée dans sa main. Harry enfourchant un hypogriffe et décollant dans un grand bruissement d'ailes. Harry, le visage inondé de larmes serrant le corps sans vie de Cédric Diggory. Harry, les yeux noirs de colère dans le bureau d'Ombrage. Harry allongé inconscient, sur ce lit à l'infirmerie. Harry, laissé à moitié mort dans une ruelle.

Ce fut au tour du brun de s'éloigner à présent. Mais il avait à peine fait trois pas que des bras puissants lui entouraient la taille par derrière. Il sentit les mèches de cheveux de Draco effleurer son cou et son souffle se perdre dans son oreille.

- Je t'aime Harry.

Ce qu'Harry ressentit dans son cœur à ce moment-là fut proche d'une explosion nucléaire.

Il se retourna pour fixer Draco.

On dit que les yeux sont le miroir de l'âme et Harry pouvait à cet instant constater que l'âme du blond était toute entière tournée vers lui. Il lisait dans les yeux d'argent un mélange d'amour, d'espoir, de désespoir et de crainte.

- Draco …

- Tout ce que je voulais, c'était nous éviter de souffrir.

- Souffrir ? Mais comment pourrais-je souffrir d'être aimé par toi ?

- Peut-être pas toi … mais moi oui.

- Comment ? Jamais je ne pourrais …

Draco fit taire Harry en posant un doigt sur ses lèvres. Ses yeux gris étaient devenus plus durs sous l'effet de la colère.

- Parce que la prophétie dit que le Mage Noir s'unira au Fils de la Lumière et que de leur amour naîtra celui qui rétablira l'équilibre. A supposer qu'on sorte ensemble, tu vas me quitter Harry. Pour un putain de bâtard de Fils de la lumière ! Et tu vas aimer ce connard au point d'être capable de faire un enfant avec lui ! s'énerva-t-il. Je suis un Malefoy ! Prophétie ou pas, Gardien ou pas, je suis possessif et jaloux. Et je vais devoir me taire et te regarder vivre … alors que moi je serai dévasté de chagrin. Mais c'est mon destin, parce que je suis ton Gardien … Alors je te protégerai jusqu'au bout, tu as ma parole, termina Draco plus doucement.

Harry regardait Draco avec effroi. Il n'avait pas pensé à cette stupide prophétie. A cet instant, une seule question résonnait dans sa tête : comment pourrait-il aimer quelqu'un d'autre que Draco ? Il avait l'impression que, tel un aimant, tout son être était tourné vers lui et seulement vers lui.

- Non, … c'est impossible. Je ne pourrai jamais aimer quelqu'un d'autre que toi … Tu comprends, je le sens. Là ! dit-il en se frappant la poitrine rageusement. Tu as pris toute la place Draco ! Tu l'as dit, tu es un Malefoy. Et en bon Malefoy, tu es en train d'occuper tout le terrain ! Ne … ne me dis pas de ne pas t'aimer, j'en suis incapable ! pleurait-il maintenant.

- Harry ! dit le blond en le serrant contre lui. Je sais que tu es sincère mais la prophétie …

- J'EN AI RIEN A FOUTRE DE CETTE STUPIDE PROPHETIE ! hurla Harry en se dégageant. TOUTE MA VIE, TOUT LE MONDE M'A DIT QUOI FAIRE ET QUOI PENSER ! DEPUIS QUE J'AI ONZE ANS, JE SUIS MANIPULE, TRAHI PAR LES GENS EN QUI J'AVAIS CONFIANCE. ET MAINTENANT QUE J'AI ENFIN TROUVE CE QUI ME MANQUE, CA RECOMMENCE ?

Le brun, à bout de forces, s'écroula à genoux dans l'herbe.

- J'en ai assez … je veux vivre Draco, je veux être heureux … pourquoi ne puis-je pas l'être plus de deux minutes ?

Draco s'agenouilla à ses côtés. Il le prit dans ses bras et le berça comme un enfant.

- Tu seras heureux Harry … je te rendrai heureux … aussi longtemps que je le pourrai, dit le blond.

- Je ne veux pas que ça te détruise Draco …

Le blond soupira, embrassant tendrement les cheveux de Harry. Celui se redressa et fixa Draco sans ciller :

- Draco … je ne suis peut-être pas le Mage de la prophétie. Je sais qu'il y a … des signes … mais personne n'est sûr de rien. Je ne veux pas laisser filer le bonheur d'être avec toi pour une prophétie qui ne se réalisera peut-être jamais …

Draco se laissa convaincre par l'argument. Après tout, il verrait bien. Il était prêt à souffrir mille morts pour une seule minute de bonheur avec Harry. Il réfléchirait plus tard à ce brusque besoin d'aimer et d'être aimé du brun.

- Tu as raison, dit-il en prenant possession des lèvres douces et fines de son Protégé.

Ils se laissèrent emporter par la passion de ce baiser, savourant enfin pleinement et consciemment le fait qu'ils partageaient les mêmes sentiments.

O°O°O°O°O°O°O

Ils passèrent le reste de la matinée à parler, à se promener et à s'embrasser.

Quand midi sonna, ils rentrèrent au Manoir où ils prirent un repas léger. Harry était fatigué de toutes les émotions du matin et Draco lui conseilla d'aller s'allonger, le temps d'une sieste.

Ils retournèrent donc à la chambre de Harry, main dans la main.

Le brun ôta ses chaussures et s'allongea tout habillé, par dessus la couette.

- Tu veux bien rester avec moi ? demanda timidement Harry.

- Bien sûr, dit Draco qui s'allongea aussitôt à côté de lui.

Harry blottit son dos contre le torse du blond qui enserra sa taille de son bras.

- Draco ? souffla Harry.

- Hmhm …

- Depuis … depuis quand m'aimes-tu ?

- Je ne sais pas … depuis toujours peut-être, même si ça fait poufsouffle de dire ça. Mais j'en ai certainement pris conscience quand je t'ai vu étendu sur ce lit à l'infirmerie, inconscient. J'avais si peur que tu ne te réveilles pas de ton coma … Depuis, le besoin d'être près de toi est presque ... compulsif. Et toi ?

- Je ne sais pas non plus … je crois que je suis d'abord tombé amoureux de celui qui me parlait pendant mon coma … J'ai eu tellement mal de … de ne plus t'entendre … j'ai cru que j'étais fou … que tu étais le produit de mon imagination … mais tu étais bien réel. Et puis je me suis réveillé ce matin et je t'aimais encore plus.

Emu, Draco posa un tendre baiser sur la nuque du brun.

- Je ne me doutais pas que tu aimais les garçons, poursuivit Harry.

Le blond rit doucement.

- C'est bien une réflexion de gryffondor ça ! dit-il

- Pourquoi tu dis ça ?

- Parce que vous avez tendance à toujours devoir tout ranger dans des catégories : le bien, le mal, la magie blanche, la magie noire, les hétérosexuels, les homosexuels. Les gens ne sont pas blancs ou noirs, ils sont gris le plus souvent. Ce n'est pas parce qu'à Poudlard, j'avais une réputation de tombeur de filles que j'étais forcément hétéro …

- Tu les aimais ? questionna le brun

- Qui ?

- Ces filles avec lesquelles on te voyait tout le temps …

- Non …

- Et tu as … vous avez … je veux dire … bafouillait Harry.

- Tu veux savoir si j'ai couché avec elles ? Non … même si elles s'en vantaient.

- Pourquoi laissais-tu la rumeur se répandre ?

- C'était pratique pour ma « couverture » de fils de riche, séducteur, prétentieux et détestable.

Harry resta silencieux.

- Et toi ? demanda Draco. Tu es sorti avec Cho Chang pendant un moment, non ?

- Pfff…. M'en parle pas ! C'était un désastre.

- Hmhm … je dois la remercier alors ? Sans elle, tu ne serais peut-être pas dans mes bras à l'heure qu'il est …

- Qui sait ? rigola Harry. Comme tu dis, personne n'est tout blanc ou tout noir.

- Donc … toi et elle, vous avez … ?

- Non. On s'est seulement embrassé. Et rien que ça, c'était un désastre. Rien à voir avec toi … dit Harry en se retournant pour faire face à Draco.

Ce dernier sourit malicieusement avant de s'emparer de la bouche du brun pour un long et tendre baiser que le blond finit néanmoins par interrompre.

- Il faut que tu dormes un peu Harry. Tu as encore besoin de repos.

- Tu restes avec moi ?

- Oui …

Ils reprirent leur position initiale et bientôt le brun ne tarda pas à sombrer dans le sommeil.

Quelques temps plus tard, Draco entendit du bruit en bas. Severus et son père devaient être rentrés.

Il dégagea précautionneusement ses bras de Harry pour se relever. Il lui laissa une petite note sur l'oreiller, l'invitant à les rejoindre à son réveil.

Il espérait avoir le temps de parler à son père et à son parrain d'ici là.

O°O°O°O°O°O°O

- Père. Parrain.

- Ah bonjour Draco, dit Lucius. Comment va Harry ?

- Mieux. Nous avons fait une promenade ce matin et pour le moment il fait une sieste.

- Très bien, approuva Severus. Nous lui parlerons à son réveil.

- Il … il y a quelque chose que je voudrais vous dire avant, dit Draco.

- Nous t'écoutons, dit son père.

- Ce matin … Harry a fait un malaise.

- Quel genre de malaise ? s'inquiéta directement Severus.

- Alors qu'il prenait sa douche, l'odeur du savon lui a rappelé … un de ses agresseurs.

Lucius et Severus échangèrent un regard perplexe.

- Tu veux dire qu'Harry pourrait reconnaître un de ses agresseurs à son odeur ? demanda Lucius.

- Oui … apparemment il porterait un parfum à base de verveine et de menthe, confirma Draco. Parrain ? Crois-tu que tu pourrais m'aider à retrouver cette personne ?

- Et bien … je pense que oui. Je donne un cours aux sixième année de Gryffondor lundi matin. Si on part de l'hypothèse qu'ils sont à l'origine de l'agression et que l'un d'entre eux porte ce parfum, je devrais pouvoir l'identifier.

- Merci, dit Draco en soupirant de soulagement.

Dix minutes plus tard, Harry faisait son apparition dans le salon où les trois Gardiens étaient installés.

- Bonjour Harry, dit Lucius. Je vois que tu as pris l'air, tu as bien meilleure mine.

- Oui, la promenade m'a fait beaucoup de bien, répondit Harry en rougissant légèrement au souvenir des moments passés avec Draco.

- Harry, assied-toi dit Severus. Nous avons plusieurs choses à te dire.

Le brun obtempéra et s'installa à côté de Draco.

- Tout d'abord, avec Lucius, nous sommes allé chez Gringotts ce matin. Dumbledore y était déjà passé la veille mais, rassure-toi, il n'a rien pu faire. Tant qu'il n'apporte pas aux Gobelins la preuve formelle que tu es mort ou que tu n'es plus un sorcier, il ne pourra toucher à aucun de tes gallions avant un an. C'est le délai légal pour considérer qu'un compte en banque est en déshérence.

Ouf ! se dit Harry. En un an, il espérait bien faire la preuve non seulement qu'il était toujours vivant mais également qu'il était toujours un sorcier.

- Je suis retourné à Poudlard ensuite, dit Severus. Dumbledore est complètement dépité bien sûr. Il essaye de faire croire à qui veut l'entendre que tu n'as pas supporté la mort de ton parrain et la perte de ta magie et que tu t'es enfui … ou suicidé.

Draco bondit de son siège.

- C'EST UN SCANDALE ! COMMENT CE VIEUX PERVERS OSE-T-IL FAIRE PASSER HARRY POUR UN LACHE ? ET JE SUPPOSE QU'IL Y A DES CONNARDS POUR LE CROIRE ?

- Draco ! Ton langage ! le reprit son père.

- En fait, continua Severus, McGonagall et Lupin sont très sceptiques. Ils ne pensent pas que tu aies pu agir de la sorte et ont organisé une vaste campagne de recherches dans les environs de Poudlard.

Le cœur de Harry se réchauffa à l'idée que des gens puissent encore croire en lui. Il remercia silencieusement Lupin et McGonagall.

- Ceci nous amène à devoir parler de l'avenir Harry, dit Lucius. Que souhaites-tu faire ?

- Quoi ? … comment … Vous me laisseriez le choix ? demanda Harry avec étonnement.

- Bien sûr ! Pour qui nous prends-tu ? Cependant, tes choix sont assez limités. Pour ma part, j'en vois deux. Soit tu décides de ne pas t'engager dans la voie de la prophétie et dans ce cas, le mieux serait que tu abandonnes l'idée d'être un sorcier et que tu ailles vivre dans le monde moldu. Tu te construirais une nouvelle vie, loin du monde de la Magie. Avec une nouvelle identité.

- Et l'autre option ?

- Tu acceptes la prophétie. Dans ce cas, tu devras te former à la Magie Noire. Le plus simple serait que tu ailles à Durmstrang puisque c'est la seule école où cette magie est enseignée.

- Mais … et toi et Severus ? Vous ne pouvez pas me l'enseigner ? demanda-t-il, inquiet de devoir quitter l'Angleterre.

- Nous pourrions t'enseigner certaines choses, oui, répondit Severus mais pas suffisamment pour te rendre aussi puissant que tu devras l'être. La plupart des ouvrages de Magie Noire sont entreposés au Manoir Malefoy dans le Wiltshire. Or, tu sais que Voldemort y a élu résidence depuis son retour. De plus, ce sera difficile pour nous d'assurer ton enseignement entre mes cours à Poudlard et notre présence requise auprès de Voldemort.

Harry acquiesça. C'est vrai que les deux adultes étaient déjà bien occupés comme ça.

- Si … si je vais à Durmstrang, Draco pourra venir avec moi ?

- Evidemment dit Lucius. Personne n'en sera étonné du reste. Severus a dit à Dumbledore que Draco avait été marqué à la fin de l'été et qu'il ne reviendrait pas à Poudlard.

- Et si jamais Crabbe ou Goyle démentent l'information pour la Marque ? intervint Draco.

- Il y a un risque en effet, concéda Severus. Mais le Lord est connu pour être avare en informations. Crabbe ou Goyle n'ont pas été marqués, ils ne sont pas dans le cercle de Voldemort. Il y a donc peu de chances qu'ils soient informés de ses décisions.

- Mais leurs pères, oui, insista Draco.

- Nous aviserons en temps utile, dit Lucius pour couper court.

Ce dernier se leva et commença à arpenter la pièce.

- La principale question est cependant la suivante : Harry devra-t-il intégrer Durmstrang sous son vrai nom ou sous une fausse identité ?

- C'est trop dangereux qu'il y entre sous son vrai nom ! s'insurgea Draco. Dumbledore saura qu'il est en réalité le Mage Noir et tentera de se l'approprier. Quant à Voldemort, il saura que son sort n'a fonctionné qu'à moitié et il tentera à nouveau de le tuer !

Severus et Lucius n'étaient pas loin de se ranger aux arguments de Draco quand Harry intervint.

- Si je vais à Durmstrang, j'y entrerai sous mon vrai nom. Voldemort ne me fait pas peur. Il tente de me tuer depuis que je suis bébé, je commence à être habitué, tenta-t-il de plaisanter. Quant à Dumbledore, j'y vois un moyen de le mettre à terre. Laissons-le se répandre dans la presse sur ma fuite ou mon suicide. Quand les journaux auront suffisamment relayé l'information, je ferai mon apparition à Durmstrang et je donnerai ma version des faits. Et j'expliquerai comment il m'a jeté dehors quand il a su que j'avais perdu ma Magie ! conclut-il avec véhémence.

Les trois Gardiens fixèrent Harry, éberlués. Severus se ressaisit le premier et arbora un sourire sardonique.

- Le Grand Livre avait raison … Tu es bien l'enfant de Salazar Serpentard pour échafauder un plan pareil !

Lucius partit d'un grand rire tandis que le brun coulait un regard contrit vers Draco.

S'ils savaient qu'il ferait tout pour ne pas être le Mage Noir de la Prophétie. S'ils savaient qu'il était prêt à tout sacrifier pour rester auprès de Draco le restant de sa vie …

Finalement Lucius demanda :

- J'en déduis que tu choisis la deuxième option Harry ?

- Je ne suis pas encore sûr, répondit le brun. Peux-tu me laisser un temps de réflexion ? Je te donnerai ma réponse demain.

- C'est entendu, dit Lucius. De toute façon, la rentrée à Durmstrang n'est que le 1er octobre. Maintenant, Severus et moi allons devoir repartir. Voldemort nous a appelé et nous sommes en retard. Nous ne serons pas de retour avant dimanche soir.

Après avoir salué Harry et Draco une dernière fois, les deux hommes disparurent dans un nuage de fumée noire.

O°O°O°O°O°O°O

7 septembre 1996 – Manoir Malefoy, Wiltshire, QG de Voldemort.

- ENDOLORIS ! rugit Voldemort.

Lucius et Severus se tordirent de douleur sous l'assaut du sort impardonnable. Ils en ajoutèrent un peu pour ne pas montrer au Lord qu'ils avaient appris à y résister, tout comme à l'Imperium d'ailleurs.

- Vous êtes en retard ! susurra-t-il de sa voix de serpent. Je ne tolère aucune liberté de ce genre. Pour qui vous prenez-vous misérables vers de terre ?

- Pardonnez-nous Seigneur, dit Lucius en s'inclinant profondément devant le Lord.

- Je suis entièrement responsable, Maître, ajouta Severus. J'ai été inutilement retenu à Poudlard.

- Hm … Poudlard … Comment va ce vieil Albusssss ? N'est-il pas encore mort de chagrin suite à ce que j'ai infligé à son petit protégé ?

- Il est complètement défait Maître … Ce vieux fou croyait avoir dérobé à votre Magnificence tous les livres de Magie Noire traitant de l'ex corpus, dit Severus.

Voldemort éclata d'un rire démoniaque qui fit sursauter la plupart des mangemorts présents.

- AH ! Je dois bien dire que ton aide m'a été très précieuse, mon cher Luciussss … Ta bibliothèque est une vraie mine d'or.

- Je suis ravi de vous être utile Maître. Vous savez que je suis votre obligé.

- Tu l'es en effet, Luciusss … dit Voldemort qui arpentait à présent la pièce dans laquelle il se trouvait.

Autrefois, il s'agissait du grand salon de réception. Mais les ors des brocards, les lustres en cristal et les parquets luxueux avaient laissé place à une atmosphère lourde et austère. La pièce autrefois lumineuse était sombre et triste.

- Où se trouve ton fils Luciusss ? J'ai appris qu'il n'avait pas réintégré Poudlard à la rentrée.

L'homme blond se crispa imperceptiblement. Il prit bien soin de fermer son esprit avant de répondre.

- Draco ne souhaitait pas réintégrer cette école. Il m'a demandé de l'inscrire à Durmstrang afin d'approfondir ses connaissances en Magie Noire. J'ai accepté et il devrait rejoindre la Russie dans quelques jours.

- Pourquoi l'envoyer si loin alors que je me serais fait un plaisir d'enseigner moi-même la Magie Noire à ton fils, Luciusss ? Ne suis-je pas le plus grand Mage Noir de tous les temps ? demanda-t-il en approchant dangereusement son visage de celui du blond.

- Oui Maître, souffla-t-il. Indiscutablement ! Et Draco aurait été honoré de recevoir votre enseignement. Mais avec la guerre qui se prépare, je n'aurais jamais imaginé que vous auriez accepté de vous abaisser à instruire un simple adolescent.

- Oh Luciusss … tu n'as pas idée de ce que je serais capable de faire pour Draco …

Le prénom de son fils dans la bouche de Voldemort fit frissonner Lucius de dégoût.

- Enfin, soit. Puisque ta décision est prise et judicieusement motivée, je n'irai pas contre. En revanche, je veux que Draco reçoive la Marque avant son départ. Tu me l'amèneras le 25 septembre prochain. Et ce n'est pas la peine de l'attendre avant le lendemain. J'aurai beaucoup de choses à apprendre à ton précieux filsssss avant son départ.

Si Lucius ne savait pas si bien maîtriser ses émotions, il aurait pu vomir sur le parquet de son propre manoir à la vue de la lueur lubrique qui brillait au fond des yeux du Serpent.

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7 septembre 1996 – Manoir Malefoy, Comté d'Antrim, Irlande.

Assis au bord de la falaise, profitant des derniers rayons du soleil, Harry et Draco étaient blottis dans les bras l'un de l'autre.

- Que dois-je faire Draco ? demanda le brun.

- Peu importe ta décision, je te suivrai.

- Tu abandonnerais la Magie pour me suivre dans le monde moldu ? Toi un Sang-pur, tu accepterais de …

- Tu es lent à la détente Potter ! Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans la phrase « peu importe ta décision, je te suivrai » ?

Harry sourit devant cette vaine tentative de Draco de détendre l'atmosphère.

- Je crois que je vais aller à Durmstrang … dit finalement Harry.

- Bien sûr que c'est ce que tu vas faire … répondit Draco.

- Pourquoi en es-tu si sûr ?

- Laisse-moi réfléchir … Parce que tu es un stupide Gryffondor et que tu as le complexe du héros ? Parce que Saint Potter ne pourrait jamais abandonner le monde à son funeste destin ?

Le brun s'arracha à l'étreinte de Draco et le fixa, une expression de colère sur le visage.

- Malefoy, siffla-t-il …

Mais le blond se mit à rire.

- Oh Harry, c'est si facile de te mettre en boule ! Merlin, ça m'avait manqué !

- Ouais …. Ben pas à moi … râla le brun.

Comme Draco continuait à rire, Harry le fit taire de la seule manière qu'il trouva opportune : en l'embrassant. La méthode s'avéra fort efficace.

- J'ai peur Draco, dit Harry en interrompant finalement le baiser … Peur de ne pas être la hauteur. Peur de te perdre. Peur de rencontrer ce Fils de la Lumière que je suis censé aimer …

- Je sais Harry. J'ai peur moi aussi. Tout ce que je peux te promettre, c'est d'être avec toi. Jusqu'au bout.

- Merci.

La nuit commençait à tomber et ils quittèrent la falaise pour rejoindre la chaleur du Manoir.

Après avoir laissé Harry se changer, Draco le rejoignit dans sa chambre pour ses soins.

Le brun avait enfilé son bas de pyjama et attendait Draco, assis sur le lit.

Le blond examina les plaies de Harry avec satisfaction.

- Tu es pratiquement guéri, Harry. Je ne devrai plus remettre de pansements. La cicatrisation est parfaite. Je vais par contre encore passer un peu d'onguent pour les contusions dans ton dos.

- D'accord.

Harry s'allongea sur le ventre, la tête posée sur l'oreiller, les bras croisés par dessous.

Il frissonna au contact léger des doigts fins qui répartissaient l'onguent sur ses omoplates. Harry savoura le massage délicieux qui s'en suivit.

Quand les mains de Draco longèrent ses flancs, Harry se rendit compte que l'onguent n'était qu'un prétexte. Il laissa faire, trop grisé par les sensations que ces effleurements lui prodiguaient.

Alors que les gestes du blond se faisaient plus pressants, il sentit le souffle léger d'un baiser sur sa nuque, suivit d'un autre entre ses omoplates, et d'une myriade d'autres encore le long de sa colonne vertébrale. Un frisson le parcourut tout du long et il ne put réprimer un gémissement.

Draco le retourna vers lui, plongea ses yeux d'argent dans les siens avant d'effleurer ses lèvres avec douceur.

Le baiser se fit plus précis, plus profond aussi. Draco caressait la peau nue de Harry avec délice et bientôt le brun souhaita en faire autant.

Dans un geste un peu tremblant, il débarrassa le blond de sa chemise et l'invita à s'allonger sur lui. Il gémit une deuxième fois lorsque leurs peaux brûlantes entrèrent en contact.

La bouche de Draco partit explorer le cou, la clavicule, le torse de Harry. Il attarda ses dents sur un téton qu'il maltraita quelques instants, arrachant à Harry un énième soupir de plaisir.

Mais lorsque la bouche du blond descendit inexorablement vers le bas de son anatomie, Harry se tendit imperceptiblement. Draco le ressentit immédiatement et remonta vers ses lèvres qu'il caressa d'un doux baiser.

- Ne t'inquiète pas… je ne ferai rien que tu ne veuilles pas …

- Je suis désolé Draco … je … je ne suis pas prêt …

- Bien sûr que tu ne l'es pas … je le comprends et je patienterai le temps qu'il faut.

- Ce … ce n'est pas que je n'ai pas envie … plaida Harry.

- Je le sais … je le vois bien, sourit Draco en contemplant le renflement qui s'était formé dans le pantalon de pyjama du brun.

- Embrasse-moi, demanda Harry.

Le blond ne se fit pas prier et ils échangèrent un long et lent baiser, ponctué de caresses tantôt légères, tantôt plus osées. Draco était parfaitement conscient qu'après ce qu'il avait enduré, son petit lion devait être apprivoisé, lentement mais sûrement.

- Draco ? demanda Harry tout contre sa bouche. Tu veux bien rester avec moi cette nuit ? Juste … pour dormir …

- Bien sûr, répondit le blond.

En serrant Harry plus fort contre lui, il se promit qu'après l'avoir guéri de ses blessures physiques, il le guérirait de ses blessures psychiques.