Bonjour !
Aujourd'hui, un peu de trolls (c'est vrai qu'on ne les a pas vu depuis le prologue ceux-là), d'Anna (cet ange tombé du ciel) et de Créo (ce démon issu des enfers)
Bonne lecture !
Chapitre 6 : Une Terre malade
Bulda et Cliff échangèrent un regard peiné. Après Grotto, c'était au tour de Mila. Que se passait-il chez les trolls enfin ?!
Cliff prit la main de sa femme tendrement.
« Cette épidémie commence à devenir inquiétante…
_ C'est tout ce que tu trouves à dire ? »
Grotto avait été un enfant, de fait son corps ne devait pas encore avoir toutes ses fonctions immunitaires au plus haut. Mais Mila, elle, avait été dans la fleur de l'âge. Mourir si soudainement alors que sa santé était impeccable quelques jours plus tôt…Bulda passa sa main libre sur son visage, affolée.
« Ce sera bientôt notre tour Cliff… »
Il préféra ne rien répondre. Lorsque sa femme était stressée, mieux valait la laisser en paix. Elle avait toujours été la plus sensible du clan. Et le fait que cette épidémie touche des trolls plus jeunes qu'elle, qu'elle considérait comme ses enfants, la torturait. Doucement, il murmura.
« Tu as prévenu Kristoff ?
_ Non…Tu as vu comment il a réagi pour Grotto. Je ne veux pas qu'il se sente coupable. Même Grand Pabbie ne connait pas la cause de cette maladie…
_ J'ai dit que je ne connaissais pas la cause. Mais seulement la cause de la conséquence. La cause de la maladie, elle, est simple à deviner. »
Le couple de troll se retourna vers leur chef, surpris de son intervention.
« Que voulez-vous dire par-là ? »
Il ne répondit pas et leva les yeux vers le ciel. Au bout de quelques minutes de silence, il fit des petits ronds sur l'herbe avec ses pieds, attirant l'attention générale sur le sol.
« La Terre…A toujours été notre mère, à nous les trolls. Elle nous nourrit, nous donne notre énergie, fait acquérir aux chefs de clan comme moi leur magie…La Terre est tout. Nous la vivons. Vous le ressentez lorsque vous prenez votre forme de rocher n'est-ce pas ? Cette énergie qui circule…Qui est votre, tout en ne l'étant pas. »
Le couple acquiesça, interdit.
« Lorsque la Terre va mal, nous le ressentons. Lorsqu'elle est en danger, nous le ressentons. Lorsqu'elle est malade, nous le devenons.
_ Vous voulez dire que si notre peuple va mal en ce moment, c'est parce que la Terre souffre ?
_ Oui…La cause de notre mal est la Terre. Mais ce n'est qu'une simple conséquence d'une souffrance plus profonde… »
Cliff et Bulda échangèrent un regard.
« Vous ne savez pas pourquoi la Terre va mal ?
_ Hélas non. Je suis incapable de vous le dire. Et incapable de faire quoique ce soit. Le destin est ainsi, certains de ses rouages tournent parfois. Emportant avec lui ce que nous chérissons. La Terre a beau être toute puissante, elle ne peut échapper à ce que lui réserve le destin. Le mystérieux destin. Tout ce que je peux affirmer, c'est que ce n'est pas un mal ordinaire qui touche notre mère. Il grandit de jour en jour. Se rapproche de jour en jour.
_ Comment un mal peut-il se rapprocher ? »
Un silence fut la seule réponse qu'obtint Bulda. Elle baissa la tête. Si Grand Pabbie ne pouvait rien y faire, alors ils étaient tous condamnés. Serrant la main de son mari avec une force désespérée, elle murmura.
« Oh Kristoff, j'espère que tout ira bien pour toi. »
-o-
Arrivée au château après une longue course, Anna put enfin reprendre sa respiration. Elle accosta Kai en lui demandant rapidement où se trouvait sa sœur.
« Je regrette Princesse. Sa Majesté est en ce moment-même en réunion avec le capitaine Marshal. Il semblerait que des brigands aient foulé le sol du pays. »
La princesse rousse serra les dents. Si elle n'avait pas perdu son temps avec la sorcière aux yeux rouges, elle aurait pu arriver avant Marshal et ainsi parler à Elsa en amont…
« Oui justement, c'est à propos de ça que je veux la voir. J'ai croisé Marshal sur la route. Après avoir un peu discuté avec lui et la personne arrêtée, j'en ai conclu que c'était une erreur. Cet homme n'est pas dangereux. C'est pour ça que je veux m'entretenir avec Elsa.
_ Sûrement si cette personne est inoffensive, Sa Majesté s'en rendra compte. »
Anna grogna. Un immigré clandestin sans aucun papier venant d'une île marquée sur aucune carte ? Elsa n'allait jamais le croire. Et Anna n'avait aucune confiance en sa sœur lorsqu'il s'agissait de juger une personne. Elle n'allait pas laisser parler ce pauvre Monsieur Tui.
Autant Elsa était une dirigeante particulièrement efficace, autant son empathie laissait à désirer. Ce n'était pas pour rien que depuis le début de son règne, les cachots étaient vides. Le taux de criminalité à Arendelle était au plus bas. Et lorsqu'incartade il y avait, tout ceci se réglait au cachot avec en prime une démonstration des pouvoirs d'Elsa. Rien que pour faire peur. Personne n'osait plus se mettre à dos la reine. Pour être honnête, Anna trouvait cela terrifiant. Si Elsa avait été quelqu'un de moins sage, ses pouvoirs auraient pu servir à torturer et terrifier bien des populations. Déjà qu'à Arendelle, bien des gens redoutaient un nouveau coup de folie depuis ce fameux incident du couronnement…
L'intransigeance d'Elsa et sa dureté affichée n'arrangeaient rien à son image. Une reine de glace dans tous les sens du terme, ça c'était sûr. Cela pouvait s'avérer très utile certes. Mais dans le cas présent, cela n'allait pas dans le sens d'Anna.
« Je t'en prie Kai laisse-moi lui parler c'est important…Non plus que ça. Je te l'ordonne Kai. Dis-moi où elle est ! »
Bon Elsa était certainement dans la salle du trône…Mais Kai n'avait pas besoin de savoir que si il refusait, Anna allait rentrer en douce.
« Je regrette Princesse. Sa Majesté m'a demandé de passer le mot afin qu'elle ne soit dérangée par personne.
_ Pas même moi ?
_ Pas même vous. »
Si sa sœur n'avait jamais dit clairement qu'elle éloignait Anna des affaires du royaume, là c'était plutôt clair.
-o-
Plusieurs heures s'étaient écoulées depuis l'altercation entre la princesse et Créo. Et dire que la femme aux yeux écarlates était agacée serait un euphémisme. Plutôt que de se concentrer sur la recherche de Hei Hei, elle avait préféré partir en quête d'un travail. Ne serait-ce que pour avoir la certitude de ne pas devoir dormir à la belle étoile durant les prochaines semaines. Malheureusement tout ceci avait été infructueux. De la plus étrange des manières.
Elle fronça les sourcils.
Les habitants d'Arendelle s'étaient tous montrés particulièrement compréhensifs avec elle. De fait, à chaque refus, Créo avait droit à un regard particulièrement peiné et la recommandation d'une nouvelle boutique. Ainsi, elle avait passé la moitié de l'après-midi à faire des allées et venues entre les commerces sous les conseils de telle ou telle personne. Tant de générosité paraissait étrange.
Arrivée devant une nouvelle boutique, la femme leva les yeux vers l'étendard et grimaça. Évidemment…
« Qu'est-ce que vous me voulez encore petite peste ? »
La vieille peau de ce matin, forcément.
« Rebonjour, je suis à la recherche d'un emploi et suis venue vous proposer mes services. Monsieur Jean de l'auberge LaFontaine m'a conseillé votre boutique…»
Voyant le regard sceptique de la vendeuse, Créo tourna les talons.
« Mais vu que l'on se déteste mutuellement et que cette situation est franchement gênante, je vais partir tout de suite.
_ Vous portez mon chaperon. »
Créo se figea.
« Oui et alors ?
_ Il vous va bien. Votre amie avait raison. »
Elles se toisèrent. Créo n'arrivait pas à lire l'expression de la vieille femme. Cela la dérangeait. Elle croisa les bras défensivement.
« Encore une fois, je ne vois pas en quoi ça vous intéresse ? Je n'ai pas assez d'argent pour vous le rembourser.
_ Je ne vous ai jamais demandé d'argent. Un cadeau est un cadeau.
_ Qu'est-ce que vous voulez alors ? Je suis pressée, je n'ai pas envie de bavarder. »
La vieille femme s'approcha de Créo et la fixa dans les yeux durant de longues minutes. Le visage fermé, comme si elle sondait son âme. La brune grinçait des dents. Elle n'aimait pas ça. Vraiment pas.
Au bout d'un moment, la commerçante sourit d'un air peiné.
« Je n'aimerais pas être dans votre peau ma fille. Toujours à vous méfier de tout comme ça. J'ai l'impression d'avoir une paranoïaque en face de moi. »
Petit rire cynique.
« Si vous saviez. »
Elle s'apprêta encore une fois à partir lorsqu'elle sentit une pression sur son bras. La vieille la retenait. Souriant d'un air taquin.
« Attendez un peu, je n'ai jamais dit que je n'avais rien pour vous.
_ Pourquoi vous m'embaucheriez ?
_ Ah je n'ai jamais dit non plus que j'allais vous employer. Je ne vous supporterais pas plus d'une minute. Par contre j'ai un ami cherchant depuis plusieurs mois un assistant. Son commerce se trouve dans les montagnes. Et personne n'a envie d'aller là-bas malheureusement. Cela vous conviendrait ? »
Dans les montagnes ? Isolé de tout ? Parfait !
« Vous voulez dire que vous me recommanderiez à votre ami ? Pourquoi ?
_ Pour vous rendre service ? »
Regard mauvais.
« D'accord d'accord ! Je vous demanderais de faire la publicité de mon échoppe. Comme vous le savez, elle n'est pas en grande forme.
_ C'est le cas de le dire.
_ Vous êtes insupportable jeune fille. Mais oui, cela ne vous a pas échappé. Donc si vous pourriez parler de ma boutique à vos amis, cela m'arrangerait. »
Comme rassurée d'avoir à faire quelque chose en retour, Créo acquiesça vivement.
« Très bien, je ferai votre pub. Même si je n'ai pas d'ami… »
Sourire amusé. Pourquoi n'était-ce pas étonnant ?
« N'oubliez surtout pas de vanter les mérites de mes coutures faites mains. Montrez-leur bien votre chaperon surtout ! »
La vieille dame donna alors les coordonnés de son ami à Créo.
« Dites-lui que Mère-grand vous envoie. Je suis certaine que vous aurez automatiquement ses faveurs. »
La femme acquiesça et se détourna pour se mettre en route. Au bout de deux pas, elle s'arrêta néanmoins.
« Au fait, vous n'auriez pas vu passer un poulet par hasard ? »
Un poulet ?
Mère-grand pencha la tête sur le côté. Plus elle discutait avec cette enfant, plus elle se demandait quel était son problème.
-o-
Fin du sixième chapitre!
Ce fut court mais sympathique à écrire!
Cette pauvre Anna, mise dans l'ombre pour tout. Je la plains un peu...
Sinon, le danger plane sur le royaume. Il s'installe, il arrive. Entre lui et toutes les histoires parallèles se passant entre nos héros, je me demande comment tout ça va être géré? Entre Elsa qui ne fait confiance à personne, Moana qui est dépassée par ce nouveau monde, Kristoff et Anna qui ne savent plus communiquer correctement et Créo qui se méfie de tout, ce n'est pas bien parti. Si une catastrophe arrive, nos héros ne pas sortis de l'auberge...
