Bonjour ! Merci pour vos messages !

Bonne lecture :)

.


Chapitre 7

.

Drago se posait mille questions. Qu'avait vécu Potter pour être autant chamboulé ? Chaque fois que son regard se perdait dans le vide, ses pensées le rattrapaient et l'enfonçaient dans la panique. Avait-il compris qu'ils étaient liés ? Était-ce ce qui le faisait paniquer ? Pourtant c'était une créature magique, comme lui, il devait ressentir ce lien particulier qui les attiraient l'un vers l'autre. D'ailleurs, il avait calmé la première crise de Potter rien qu'avec un contact visuel.

Cependant, Potter ne connaissait pas son état de Veela. D'après ce qu'il savait ou ce qu'il avait pu comprendre, le Survivant culpabilisait à propos de tout, souvent de n'importe quoi, mais surtout de choses pour lesquelles il ne pouvait rien. Culpabilisait-il pour lui ? Croyait-il lui imposer ce lien ? Après tout, Potter ne savait rien de sa propre condition. Le maintenant dans ses bras, il le berça doucement. Que Merlin lui vienne en aide.

Heureusement ses instincts lui assuraient la démarche à suivre.

- Potter, murmura-t-il à son oreille. Je vais te dire ce qu'il s'est passé. Je vais te dire ce que je suis. Je vais tout te raconter alors, s'il te plaît, écoute-moi bien. Je suis moi aussi une créature magique. Je suis un Veela, Potter. Je sais que tu n'as pas d'éducation sorcière autre que celle de Poudlard et comme on ne les étudie pas, tu ne sais sans doute pas ce que c'est.

Tout en parlant, il lui caressait les cheveux, encore et encore.

- Je suis une créature de séduction qui a pour seul but, lorsque sa nature est révélée à sa majorité, de trouver son partenaire de vie, son âme sœur, son Vaélon et de le conquérir, de le chérir et de le protéger. Un Vaélon, chez les Veela, Potter, c'est un être, qu'elle que soit sa nature, qui est la parfaite moitié de lui-même. Quand un Veela trouve son Vaélon, il ne vit que si l'autre vit. N'est heureux que si l'autre est heureux. Il meurt si son compagnon péri.

Il prit une inspiration plus forte que les autres et annonça :

- Tu es ce compagnon, Potter. Tu es mon Vaélon. Je n'ignore pas ta condition et, crois-moi, le lien qui nous uni est des plus pur. Il est indéfectible et éternel. Je sais qu'en tant que sorcier, on ne se connaît pas bien, mais la magie ne se trompe jamais, Potter. Quand on s'est rentré dedans, tout à l'heure, dans le couloir, mes instincts ont pris le dessus et je me suis transformé. Puis j'ai entendu le cri de mon Vaélon, ton cri, déchirant.

Son ton devint un peu plus précipité et il avait une certaine détresse dans la voix, reflet de ce qu'il avait ressenti peu avant.

- J'ai su, dans mes tripes, que tu étais en danger. J'en ignore encore la raison d'ailleurs. Quand je t'ai trouvé, tu étais nimbé d'une lumière bleue protectrice. Je ne m'y connais pas suffisamment pour savoir ce qu'elle signifiait, mais la seule autre personne présente était ce Griffondor …

Soudain, il réalisa. Sa nature gronda dans sa cage thoracique. C'était ce Gryffondor qui avait blessé son Vaélon. Lâchant Potter, il se releva et se dirigea vers la sortie, dans le but de retrouver le fautif et de le punir.

- Non ! Cria Potter comme un dément.

Le blond se retourna.

- C'est ma faute, souffla le petit brun faiblement.

Et aussi vite qu'il l'avait chassé la première et seconde fois, la crise de panique revint. Potter éclata en larme et sa respiration se fit, une fois de plus, laborieuse.

Drago fit demi-tour rapidement, reprit le petit corps fin dans ses bras et le berça.

- Qu'est qui est de ta faute Potter ? Que s'est-il passé dans cette salle de classe ?

Cependant, la boule dans la gorge de Potter était trop imposante et aucun mot distinct ne sortit de sa bouche.

- Dis-moi, s'il te plaît, Potter. Mes instincts crient justice pour le mal que tu as ressenti et les blessures qui t'ont été causées.

Seulement, si Potter se calma peu à peu, il resta muet.

- Bon, repris Drago après un long silence. Tu es mon Vaélon, Potter, et je ne veux que ton bien. Préfères-tu retrouver tes amis, maintenant ?

Ses instincts lui hurlaient de le garder près de lui, mais sa raison lui soufflait que c'était de ses amis dont Potter avait besoin immédiatement. Celui-ci répondit d'un petit hochement de tête. Il pourrait toujours connaître le fin mot de l'histoire et venger son compagnon plus tard.

Ce fut le cœur lourd et l'esprit loin d'être tranquille, que Drago laissa repartir son Vaélon avec quelques vêtements à lui. Vêtements auxquels il avait du faire plusieurs ourlets pour qu'ils soient ajustés à la petite taille de son compagnon. Malheureusement, il n'avait pas récupéré ses lunettes, il ne savait même pas à quel moment il les avait perdus.

.

Harry traversa les couloirs dans un état second. Il n'y voyait pas grand-chose, mais peu lui importait. Il connaissait le château par cœur et aurait pu s'y déplacer aveugle.

Sa tête était tellement pleine, qu'il n'arrivait pas à se fixer sur un élément précis. Ses oreilles bourdonnaient et il avait l'impression que son terrible mal de crâne allait lui scinder le cerveau en deux. Il ne s'en rendait pas compte, mais ses mains tremblaient et son visage gardait une pâleur cadavérique. Ses lèvres sèches ne laissaient passer qu'un souffle sifflant et rapide.

Les couloirs étaient vides, c'était l'heure du repas. Il ne mit pas longtemps à rejoindre son dortoir. Une fois la chambre atteinte, tout aussi vide, il se glissa dans ses couvertures sans même prendre le temps de se changer, ferma les rideaux, puis ses yeux et tomba dans un demi-sommeil agité où des images réelles se mélangeaient avec celles de ses cauchemars.

.

- Il est là, les gars ! Il dort !

La voix de Ron, bien qu'elle fut chuchotée, le sortit de son mauvais rêve. Il ne s'en souvenait pas bien mais, là, maintenant qu'il en était extirpé totalement et qu'il reprenait pied avec la réalité, il eut soudainement un malaise et l'impression qu'il allait vomir toutes ses tripes.

D'un geste rapide, il repoussa ses couvertures et, titubant un peu, couru tant bien que mal vers la salle d'eau, bousculant au passage Neville qui entrait dans la chambre. Il vida son estomac dans les toilettes – peu de chose puisqu'il n'avait rien mangé depuis midi, six heures auparavant – et la bile lui brûla la gorge. Son mal être augmenta. Il était dégoûté de lui, de son comportement, de sa condition qui lui faisait faire des choses affreuses. Il en avait plus que marre. Et maintenant, il connaissait son compagnon. Loin de le rassurer, ça le déprima plus encore. Celui-ci ne voudrait jamais de lui en apprenant la vérité. Il le rejetterait, le dénoncerait et il finirait à Azkaban pour préserver les gens bien de lui et surtout les enfants qui n'avaient rien demandé, particulièrement les Crivey qui avaient déjà tant vécu pendant la guerre.

C'était irrationnel, mais à cet instant, il était tellement perdu, que plus rien n'avait de sens. Pas même les mots qui sortaient de la bouche de ses amis qui s'étaient précipités à sa suite quand ils l'avaient vu courir puis vomir.

- Harry, qu'est-ce que tu as ? Tu es malade ? Lui demanda Neville s'accroupissant doucement à ses côtés.

- Où étais-tu ? Tu as disparu depuis 2h, il t'est arrivé quoi, vieux ? Ajouta Ron devant le mutisme de son ami.

Ils le regardaient avec inquiétude et lui ne prononçait mot. Toujours aussi pâle, il fixait un point lambda sur le mur d'en face.

Après plusieurs minutes dans un silence total, Dean pénétra à son tour dans la salle de bain et annonça :

- Harry, y'a McGo qui te cherche … Oh ! Harry qu'est-ce qu'il y a ?

Le métis se précipita sur lui et le prit dans ses bras. Et là Harry craqua. Il s'effondra en sanglot, le nez dans le cou de son ami, s'agrippant de toutes ses forces à son chandail. Pourtant sa présence ne le réconfortait plus autant.

Dean interrogea ses camarades du regard mais l'incertitude brillait dans leurs yeux. Harry, de plus en plus mal dans les bras du métis, se dégagea de son étreinte et se recroquevilla dans un coin de la salle d'eau, ses sanglots toujours plus forts. Il se sentait si sale, si monstrueux.

- Qu'est ce qui lui prend ? Que s'est-il passé ? Les gars, répondez-moi !

Dean, on en sait rien … Peut être que … Harry, est-ce que ça à voir avec ton âme-sœur ? Tu l'as trouvé ?

- Quoi ? Mais pourquoi il est malade alors ? Neville, tu racontes n'importe quoi !

- Ron, je cherche des réponses moi, au moins. Et la seule que je trouve à ce rejet de Dean, pour commencer, c'est qu'il a trouvé son compagnon, donc la présence, ou du moins le câlin serré que lui a imposé Dean n'a pas plu à ses instincts … Maintenant, pourquoi ça le met dans cet état, ça, j'en sais rien.

Il ne commenta pas l'uniforme trop grand et de la mauvaise couleur de son camarade.

- C'est vrai Harry ? Tu as trouvé ton âme sœur ? Lui demanda Ron en se rapprochant de son ami sans le toucher de peur d'une autre surréaction de sa part.

Harry, dont les sanglots s'étaient quelque peu apaisés en s'isolant, acquiesça faiblement, le visage toujours baigné de larmes.

- OK, Harry, dit gentiment Neville en se rapprochant aussi. J'aimerais comprendre … pour t'aider, mon ami. Pourquoi pleures-tu ? Il s'est passé quelque chose avec lui ?

Secoua la tête de droite à gauche, niant, puis il acquiesça en la hochant et finalement repartit dans une autre crise de larmes.

- Ron, prend le dans tes bras...

- Quoi ? Mais non, ça va empirer les choses ! T'as vu comment il a réagi avec Dean …

- Non, t'es son frère, il te l'a dit … J'étais là, Ron. Fais-le, ça ne peut que l'aider.

Ron, après avoir acquiescé plusieurs fois nerveusement et s'être frotter les mains sur son pantalon, s'avança lentement vers son meilleur ami. Doucement, il prit le petit brun dans son giron. Il passa un bras autour de son petit corps et le ramena contre lui. D'une main, il caressait ses cheveux tandis que l'autre faisait de petits ronds apaisants dans son dos. Harry nicha son nez sous le menton du grand roux et agrippa une de ses manches, jouant avec.

.

- Mc Go le cherchait … chuchota Dean à l'oreille de Neville.

- Il faut d'abord qu'il se calme, on avisera après. Sûrement que Ron devra l'accompagner, répondit le grand brun sur le même ton.

Ron berça Harry de longues minutes et il finit par se clamer. S'il voulait leur parler, il le ferait quand il sera prêt. En attendant, McGonagall le cherchait toujours et elle allait commencer à s'impatienter. C'est donc sans poser plus de question que Neville l'informa de la requête de leur ancienne directrice de maison.

- Harry, tu dois te rendre dans le bureau de la directrice, elle t'attend.

Harry se figea. Était-elle au courant ? Son corps entier trembla et ses mains accrochèrent fortement la manche du grand roux.

- Ça avait l'air important. Désolé, Harry, ajouta Dean sincère.

- Je t'accompagne … si tu veux ? Demanda Ron timidement.

Harry ne répondit pas mais, dans un geste explicite, répondit à la question : il agrippa fortement son bras.

.

Sur le trajet, Harry tremblait toujours et Ron devait maintenir un bras sur ses épaules pour s'assurer qu'il ne s'effondrerait pas au milieu du couloir.

Arrivés devant la statue gardienne, Ron donna le mot de passe que Dean lui avait transmis et ils montèrent les marches. Là, Ron du carrément soutenir son ami par la taille tellement ses jambes flageolaient.

Devant la porte, c'est le roux qui toqua. McGonagall leur permit d'entrer et ils pénétrèrent dans le bureau.

La directrice ne fut pas surprise de voir que Harry était accompagné par son meilleur ami. En revanche, son état l'inquiéta et elle pressa les deux garçons de s'asseoir sur les fauteuils devant son bureau. Elle changea aussi de stratégie, incapable d'accabler son élève tant qu'il était dans cet état.

Il fallait vite récolter sa version pour tirer les choses au clair.

- M. Potter, décrivez-moi votre journée.

Un silence profond lui répondit. Ron avait toujours un bras sur les épaules de Harry et son autre main était posée sur sa cuisse, autant réconfortante que protectrice. Son regard, pour le coup, inexpressif, était planté, dur, dans celui de la directrice.

Après deux longues minutes, qui parurent être des heures à Harry, McGonagall réitéra sa question. Cette fois, Ron n'attendit pas que le silence se réinstalle et, puisque son meilleur ami ne semblait pas être en état d'aligner deux mots, c'est lui qui se lança :

- Harry était en cours, professeur.

Il espérait, sans trop y croire que la réponse suffirait. La directrice haussa un sourcil.

- Toute la journée ?

Raté.

Ron gesticula un peu sur son siège et Harry se crispa.

- Eh bien, pas tout à fait, mais …

- À partir de quelle heure, exactement, avez-vous séché les cours ? M. Potter ! Ajouta-t-elle lorsque Ron ouvrait la bouche pour répondre à nouveau à la place de son ami.

Le petit brun se recroquevilla sur son siège. Le grand roux renforça sa prise sur lui et après un silence qui, de toute évidence, ne serait pas brisé par Harry, Ron indiqua finalement :

- Il est parti seulement la dernière heure, professeur. On tient tous, Harry le premier, à ce qu'il assiste au plus de cours possible ! Seulement … Seamus a encore fait une réflexion à l'intercours et Harry a préféré regagner notre dortoir.

- Vous avez regagné votre dortoir, M. Potter ?

Harry acquiesça timidement mais rapidement.

- Sans faire de détour ?

Une fois de plus, le petit brun se crispa. Il murmura quelque chose, la tête baissée, dont même Ron qui était pourtant collé à lui ne compris que le mot « Bibliothèque ».

- Il est d'abord passé par la bibliothèque, professeur, répéta le roux à l'intention de la directrice.

Après un petit silence, McGonagall souffla et reprit.

- M. Potter, nous avons découvert vos lunettes ainsi qu'un uniforme de Gryffondor dans une salle de classe désaffectée, cet après-midi.

Accompagnant ses paroles d'un geste, elle déposa les objets sur son bureau, face aux deux jeunes hommes. Ron sembla ne s'apercevoir que maintenant des vêtements que portait Harry et fronça un instant les sourcils.

La directrice n'ajouta rien d'autre, bien qu'il y avait une flopée de questions qu'elle aurait souhaité poser à son plus célèbre élève. Elle connaissait Harry et son récent héritage de Succube. Elle devait aussi prendre en compte son état de jeune homme apparemment en grande détresse. McGonagall avait soufflé et décidé d'avancer doucement, dans l'espoir que le Garçon-qui-a-vaincu lui explique, de son propre chef, et l'éclaire de la situation.

Cependant, ce n'eut pas tout à fait l'effet escompté. Harry se mit à paniquer. Il avait complètement oublié ce détail. Maintenant, il tremblait complètement. Il était coincé. Ils avaient des preuves de sa présence sur les lieux de son délit. C'était peut-être mieux, pensa-t-il. Il serait pris en charge, envoyé à Azkaban et tout le monde serait en sécurité.

Ron pressa plus encore ses bras sur son ami, jusqu'à le ramener contre son torse. Les larmes dévalaient les joues du petit brun.

- M. Potter ?

Dans un sursaut, Harry enfouit son visage dans le pull de Ron, murmurant d'une voix un peu rauque, encore et encore :

- Je suis désolé, je suis désolé, je suis un monstre, je suis désolé …

McGonagall fut choquée. Qu'avait-il bien pu se passer dans cette salle avec les jeunes Crivey et Malfoy pour que son élève ne se mette dans un état pareil ? Pourquoi le petit prince des Gryffondor portait un uniforme de Serpentard ? On lui avait rapporté l'incident du Veela dans les couloirs et les tableaux avaient indiqué avoir vu M. Potter en compagnie de M. Crivey à proximité de la salle où avait été retrouvé inconscient et nu le jeune garçon blond de sa maison. Quels étaient les liens entre tous ces éléments ? Mille schémas se montèrent dans sa tête.

Croisant les doigts pour que les pires imaginés ne soient que pure spéculation, elle demanda :

- M. Weasley, pouvez-vous m'éclairer ?

Ron plongea son regard dans celui de sa directrice et, une seconde, il essaya de transmettre silencieusement un message : laissez-moi une minute.

Elle sembla comprendre car, si elle ne quitta pas le bureau – c'était tout de même son bureau –, elle se recula dans son fauteuil, laissant un semblant d'intimité aux deux garçons, et observa Ron se pencher sur le petit brun.

- Harry, regarde-moi.

Doucement, il prit le visage de son ami tout en raffermissant sa prise sur son corps fin.

- Harry, combien de fois nous te l'avons répété ? Harry, tu n'es pas un monstre.

La directrice hoqueta mais su garder son silence et laisser ses élèves dans leur bulle. Le visage du petit brun était noyé de larmes, rougit par le manque évident d'air.

- Harry, calmes toi et respire. Regarde-moi et respire avec moi.

Il inspira lentement et expira bruyamment.

- Vas-y, fais comme moi, vieux. Inspire. Expire.

Le petit brun haleta en inspirant laborieusement avant d'expirer dans un sanglot. Ron tenait son visage en coupe et lui effaçait ses larmes du pouce, toujours en respirant exagérément lentement.

L'exercice dura un petit moment avant que Harry ne récupère une respiration normale. Ses pleurs, en revanche, s'étaient à peine taris. Ron avait collé son front au sien et lui souriait doucement. McGonagall les observait toujours, sidérée, ne sachant quoi penser de la scène dont elle venait d'être la spectatrice.

- Harry, appela tout doucement le roux. Dis-moi ce qu'il s'est passé cette après-midi. S'il te plaît, ajouta-t-il, suppliant.

Le flot de larmes redoubla instantanément, mais Ron caressait toujours ses joues et son regard bleu ancrait Harry dans le bureau de la directrice. Ainsi, il ne paniquait plus. C'est alors qu'il commença son récit, haletant, sanglotant parfois, respirant péniblement, sans quitter des yeux son pilier.

- Il s'est … s'est … il s'est moqué … de … de moi … en cours de … de Soins aux Créatures Magiques … Je voulais plus le voir … J'ai … j'ai dit aux autres que … que je partais au dortoir … mais en passant devant … devant la biblio … la bibliothèque j'ai … je me suis arrêté … on a un devoir sur … sur les vampires à … à faire en … en DCFM … et le pro … professeur nous a … nous a conseillé un livre dessus dans … dans la bibliothèque …

C'était décousu et quelques mots étaient inaudibles ou incompréhensibles pour la directrice, mais elle ne l'interrompit pas, le laissant s'exprimer et donner son témoignage sur cette affaire plus qu'étrange.

- J'ai trouvé le … le livre alors je suis … je suis ressorti et puis … et puis je suis rentré dans Malfoy … il était dans le couloir … j'ai tourné mais je l'ai pas vu … j'ai même pas vu qui … qui s'était … j'avais trop honte … je suis parti … parti en courant mais … j'ai … j'ai eu une crise …

Ron se crispa mais prit sur lui afin de ne rien montrer à son meilleur ami, il attendait avec appréhension la fin de son récit. Une crise en plein couloir, ce n'était pas bon. Et pourquoi si tôt dans la semaine ?

McGonagall ouvra grand ses oreilles et s'approcha imperceptiblement d'eux.

- J'étais tout seul dans le … dans le couloir et … y avait personne … et puis il est arrivé … je contrôlais plus rien … je l'avais même pas reconnu …

- Est-ce que Malfoy t'as fait du mal Harry ? Demanda Ron, sentant déjà sa colère grondée en lui, présageant le pire.

- Quoi ? Non ! Non, c'était pas lui ! Il est gentil …

- C'était qui Harry ?

- Colin … c'était Colin … il est arrivé dans le couloir …

Là, Ron était largué. Colin était minuscule, mais surtout incapable de faire du mal à qui que ce soit, surtout à Harry.

- Je lui ai sauté dessus, Ron ! C'était horrible ! J'arrivais pas à m'arrêter ! Heureusement … il a … il a pris les choses en mains … il nous a caché dans une salle … si non j'aurais été capable de … de … de … de le faire dans le couloir ! Devant tout le monde ! C'est horrible … je suis horrible … je suis désolé …

- Harry, calme-toi, c'est pas ta faute, on en a déjà parlé.

McGonagall, elle n'était pas vraiment satisfaite. Si le récit de Harry expliquait ses affaires dans la salle, ça n'expliquait en rien l'état de M. Crivey.

- M. Potter, que s'est-il passé avec M. Crivey ?

- Ron lui jeta un regard noir. N'était-ce pas assez clair ?

Seulement, il ignorait que Colin était encore dans le coma à l'infirmerie et que Harry avait été le dernier à le voir, faisant de lui le principal suspect de son état.

- Il a … je …

Secouant sa tête de gauche à droite, sa respiration complètement hachée, les larmes redoublant d'intensité, Harry fut incapable de continuer. Il tenta de se lever, mais s'écroula immédiatement. Ron le rattrapa de justesse et le tint fermement dans ses bras.

- Professeur, s'il vous plaît, pouvons-nous partir ? Supplia-t-il la directrice.

- Monsieur Weasley, je suis sincèrement désolée, mais M. Crivey est actuellement inconscient dans un lit à l'infirmerie. Il me faut des réponses. Des réponses que seul monsieur Potter peut me donner. Peut-être pouvons-nous procéder autrement. Monsieur Potter, accepteriez-vous de nous confier votre souvenir ?

- Harry ? Chuchota Ron à l'oreille de son ami toujours blotti dans son giron. Harry, je suis désolé, c'est important. Il faudrait que tu donnes ton souvenir au professeur McGonagall, ainsi tu n'auras pas à le raconter, OK ? Je te promets qu'après nous rentrons dans notre dortoir.

Il leva la tête cherchant l'approbation de la directrice, qu'elle lui donna rapidement.

- Harry, concentre-toi sur ce souvenir et laisse-moi te l'extraire ?

Il reçut un bref hochement de tête et se retrouva agrippé plus fortement avec les petits poings de son ami serrés sur son pull. Il sortit alors sa baguette, l'apposa sur la tempe de son ami et la tira lentement en arrière, extrayant un fil argenté que la directrice s'empressa de recueillir dans un petit flacon avant de le verser dans sa pensine.

McGonagall eu un moment d'hésitation avant de se décider, elle pouvait avoir confiance en eux.

- Monsieur Wealsey, peut-être est-ce bien que vous visualisiez le souvenir aussi, à condition, bien sûr, que monsieur Potter soit d'accord. Je pense que ça peut être bon que vous sachiez de quoi il en retourne. Ainsi vous pourriez mieux soutenir votre ami.

Ron acquiesça et se tourna vers le petit brun qui ne sanglotait plus mais dont les larmes s'écoulaient toujours sur son visage bouffi.

- Harry, tu as entendu ? Est-ce que tu veux que je regarde tes souvenirs ? Demanda-t-il doucement.

Harry ne parvenait pas à sortir de sa torpeur dans laquelle il se blâmait complètement, autant pour son attitude envers Colin, sa nature de Succube que pour le comportement même qu'avait eu Colin avec lui. C'était sa faute. Il avait provoqué tout ça. Il n'entendait même pas son ami et la directrice discuter, il était dans sa bulle de flagellation et Ron ne parvenait pas à l'en sortir. C'est alors que McGonagall fouilla dans son bureau – après s'être mentalement giflée pour n'y avoir pensé plus tôt – et en sortit un flacon de potion calmante.

Ron la lui administra comme il put, même si quelques gouttes avaient coulé sur le menton de son ami. Après une petite minute d'attente, les effets se firent ressentir et Harry respira mieux. Le grand rouquin reposa alors sa question. Le regard flou du petit brun se posa dans le sien et il reçut son accord. Il le lâcha alors doucement, avec précaution, et s'approcha de sa directrice qui avait déjà versé le souvenir dans la pensine.

Laisser son ami seul sur le fauteuil ne lui plaisait pas plus que ça, mais il n'avait pas vraiment le choix s'il voulait l'aider au mieux par la suite. Après un dernier regard sur Harry, Ron plongea la tête dans le liquide bleu-argent et s'immergea dans une scène qui le fit d'abord rougir fortement – voir son petit frère, même de cœur, nu et se faire tailler une pipe par un autre mec avait de quoi le gêné au plus haut point – mais, rapidement, son visage vira au vert et il ne put retenir un haut le cœur.

Harry était inconscient, là devant ses yeux, se faisant violer – parce qu'il n'y avait pas d'autres mots pour décrire ce qu'il voyait – par ce microbe de Crivey. La directrice, elle, fixait la scène d'un air choqué, tout son visage ayant perdu toute couleur.

Comment, par Merlin, ceci avait pu arriver dans son école, sous ses yeux, avec ces deux garçons là, particulièrement, comme protagonistes ?

.


Merci pour votre lecture ! J'attends vos retours :)