Une suite pas très longue mais vu la tournure de l'histoire j'étais obligée


Présent

Vous pouvez vous moquer de moi pour avoir tenté de nombreuses approches pour me décider entre eux. Des approches qui ne furent pas sacrées de succès, il faut bien le souligner. J'étais si désespérée que tout était bon à prendre. Je ne voyais que deux hommes qui avaient su éveiller en moi la femme en sommeil depuis si longtemps. Ils m'avaient aidé à me découvrir, moi, la femme passionnée qui demandait tant de la vie. Peut être trop, je ne sais pas... Tout ce que désire une femme c'est de rencontrer son prince charmant, son prince qui par un seul baiser saurait la faire revenir à le vie. Sauf que la vie m'en a offert deux. Deux princes uniques en leur genre dont je n'arrivais pas à départager.. Chacun ayant leurs défaut et leurs qualités. J'avais tenté de compter les points comme s'il s'agissait d'un vulgaire match sans penser réellement aux en jeux. En fait si je savais parfaitement de quoi il en retournait. Aucune erreur n'était permise, aucun retour en arrière. Celui sur qui porterait mon choix serait le bon, celui de toute une vie. Avec le recul je me rend compte qu'aucun des deux n'a gagné. Je n'ai jamais pu les départager, même la mort n'a pas eu pour effet d'atténuer mon amour. J'aimais ces deux hommes et c'est encore vrai maintenant. Pas un seul jour ne passe sans que je me demande ce que se serait advenu ma vie avec mon autre grand amour. Une situation plutôt atypique n'est-ce pas? Malgré tout le temps passé je n'ai jamais pu me décider. Comme je l'ai déjà indiqué, j'ai choisi de suivre le père de ma fille, disons qu'il s'agissait plus de commodité et non d'un choix rationnel et réfléchi. Mon enfant à venir m'avait servi de prétexte et disons le clairement d'un échappatoire à mon dilemme non résolu depuis des semaines.

Sauf qu'à cette époque, je n'avais pas encore le recul nécessaire pour savoir que mon dilemme ne s'achèverait jamais. Je n'étais pas encore enceinte, et surtout je me noyais encore dans des considérations totalement absurdes et farfelues pour trancher entre deux. Ce mot, je l'ai en horreur à présent. Trancher, on tranche une chose qui a une existence physique et non des sentiments. Comment peut-on renier ce qui nous ronge de l'intérieur? C'est en nous qu'on le veuille ou non... Alfred de Musset disait que « la vie est un sommeil, l'amour en est le rêve. Et vous aurez vécu, si vous avez aimé. » Peu à peu, après m'être à moult reprise torturée, je laissais de côtés mes principes pour m'abandonner complètement à l'amour. Profitant de l'un ou de l'autre, j'oubliais mon idéologisme de l'amour unique et exclusif. On ne vit qu'une fois, et j'avais la chance de connaître le sentiment qui fait de nous un être humain. L'amour ne se quantifie pas, il n'est pas le même, et peut enrôler des formes bien différentes.

10 octobre 2008

« Piètre amour que celui qui se laisse mesurer » - William Shakespeare.

Encore une journée de plus à fuir les deux hommes, à trouver un prétexte et un échappatoire pour ne pas leurs parler. Qu'il pouvait être pénible de se placer en autarcie d'eux alors qu'elle ne désirait qu'une seule chose : les voir et les toucher. Ils étaient devenus sa vie, son quotidien, et se couper d'eux de manière si brusque la rendait totalement malade. Considérant également que ses petites vacances improvisées pour se retrouver n'avait étaient guère florissantes. Elle en était toujours au même point, à savoir devoir faire un choix, qui au fil du temps devenait de plus en plus difficile. A chaque fois qu'elle entrevoyait une lueur de d'espoir en croyant en avoir choisi un, sa conscience venait la rappeler à l'ordre en lui faisant souvenir ce qu'elle perdait avec l'autre homme. Elizabeth ne savait plus où donner de la tête. Force est de remarquer que ses déboires sentimentaux se répercutaient sur son travail, sur ses humeurs et même sur sa santé. S'agissant de son travail, depuis plusieurs jours elle accumulait des rapports, des notes de services – et j'en passe et des meilleures – mais le tas n'avait pas vraiment évolué. A commencer par les textes anciens que Rodney lui avait donné voilà plus d'une semaine, et toujours aucune ligne de traduite. Quant à ses humeurs, il y avait pas mal de chose à redire. Toujours sur la défensive, voire aggressive, tous les atlandes appréhendaient de venir lui parler au risque de subir ses colères qui étaient pourtant si rares d'ordinaire. Enfin sa santé, accumulant insomnies à répétition et maux de tête, la jeune femme était à bout. A bout physiquement et nerveusement. Elle devait prendre les choses en main.. Mais quoi faire?

- « Je vais déjà commencer par arrêter de boire du café » fit-elle en reposant une énième tasse vide sur son bureau désordonné.

Elizabeth avait besoin de se défouler un peu, d'extérioriser tout son plein d'énergie négative. Elle regarda sa montre : 15heures, non à cette heure là elle ne risquait pas de croiser John au gymnase, et encore moins Rodney. D'un pas décidé et volontaire, elle sortit de son bureau et se rendit vers le gymnase. Sur le chemin, Elizabeth ne put s'empêcher de faire un petit détour pour aller au labo de Rodney, histoire de l'apercevoir en toute discrétion. Alors qu'elle pensait voir le scientifique concentré sur son travail, c'est une toute autre vision qui s'imposa à elle. Une vision qui fit rester la jeune femme quelques minutes de plus dans l'entrebâillement de la porte. Elizabeth n'en croyait pas ses yeux. Rodney discutait tranquillement avec Katie. Elle lui touchait le bras tout en riant à ses blagues plus que douteuse. Elle se touchait de temps en temps ses cheveux. Et ce regard au coin, elle le connaissait, c'était celui d'une femme entrain de séduire. Et lui, il se laissait prendre au piège comme un homme incapable de voir plus loin que le bout de son nez! Elizabeth attendit que la psychologue daigne bien laisser son chef scientifique travailler, et entra à son tour dans la pièce. Pour signaler sa présence, elle se racla la gorge.

- « Oh c'est toi! » fit Rodney d'un ton mi-figue mi-raisin.

- « Oui c'est moi » répondit-elle dû même ton.

Rodney fronça les sourcils, sans un mot, il attendait que Elizabeth fasse les premiers pas apparemment.

- « Elle était là en tant que médecin ou pour autre chose? »

- « Pour autre chose? »

Il ne lui facilitait pas la tâche.

- « Ca va mieux tes cauchemars? »

- « Oui beaucoup mieux. »

- « Très bien »

La jeune femme croisa ses bras sur elle.

- « Non elle n'était pas là en tant que médecin, mais cela ne te regarde plus à présent puisque je n'ai été que l'affaire d'une nuit... Oui c'est ça, je n'ai été qu'un objet sexuel » fit-il d'un ton hargneux. «Et après m'avoir utilisé tu m'as jeté...C'est d'ailleurs la première fois qu'on me prend pour un simple objet sexuel » ajouta t-il pour lui même en murmurant.

- « Non Rodney, tu sais très bien que ce n'est pas le cas. »

- « Quoi, j'étais quoi alors? Une erreur, tu n'étais pas saoule d'après ce que je me souviens! »

Elizabeth ne put que rire face à cette remarque.

- « Si j'étais saoule ce soir là » expliqua t-elle en s'avançant vers lui. « Saoule de désir pour toi.. » dit-elle d'une voie sensuelle.

A bat ses beaux discours et ses principes. Ses jours d'errance, de quête s'achevait maintenant et en cette heure. Comme sur le balcon où ils échangèrent leur premier baiser, Elizabeth se trouvait dépourvu de toute raison et de bon sens. Une seule chose l'obsédé, c'était de goûter une nouvelle fois aux lèvres de son impossible amant. Ses jambes la conduisaient inexorablement et instinctivement vers l'objet de ses désirs. Chaque pas, un erreur de plus, une trahison de plus, mais pourtant Elizabeth ne faisait que répondre à son coeur qui lui dictait de satisfaire ses passions.

- « J'ai besoin de comprendre » fit Rodney qui ne se tenait plus qu'à un mètre d'elle.

- « Moi aussi j'ai besoin de comprendre, mais je crois que le moment n'est pas encore venu. »

Lentement, la main de Rodney se posa sur la joue de Elizabeth qui plia son cou afin de mieux ressentir sa peau contre la sienne.

- « Tu m'as tellement manqué » dit Rodney d'une voix qu'elle ne lui connaissait pas.

En relevant le regard vers lui, Elizabeth vit le regard bleu de son amant voilé par les larmes qui menaçaient de couler.

- « Rodney »

- « Non laisse moi parler, j'ai déjà du mal à la base à parler sincèrement sans aucune pointe d'ironie ou de sarcasme. »

Elizabeth savait que le canadien les utilisaient comme d'une arme, une protection pour cacher ses incertitudes et son peu de confiance en lui et en l'amour.

- « Je t'aime, et si tu veux tout arrêter là je comprendrais. »

Alors qu'une porte de sortie lui était offerte, ce qui aurait réglé son problème, Elizabeth ne la prit pas...

- « Et si je ne veux pas arrêter moi ».

Un sourire naquit sur le visage de Rodney avant de poser son autre main sur la joue de la jeune femme, et de cueillir ses lèvres pour un baiser auquel elle ne résista pas. Elizabeth aimait Rodney.. Comment avait-elle pu vivre tous ces jours sans lui? Elle l'aimait mais ni plus ni moins que John...