Vous en êtes tous venus à la même conclusion, mais est-ce vraiment Edward le bienfaiteur mystérieux ??

Merci à patou, Clzmznce, Evid3n-ce, Lill, Tidinette et flora pour leurs reviews auxquelles je n'ai pas pu répondre. Ça fait vraiment plaisir d'être encouragée, et ça motive sacrément pour continuer alors vous savez tous quoi faire ...

Twilight et ses personnages appartiennent à Stephenie Meyer. Cette histoire et les modifications apportées au sujet d'origine sont entièrement miennes.


- Chapitre 7 -

- La salle trois -

Je n'aimais pas les gardes de nuit. Ou, tout au moins, je ne les aimais plus.

Avant, elles étaient mes préférées. Elles étaient plus calmes que les autres, tout le monde dormait, le silence régnait, aucun soin à donner sauf en cas d'urgence …

Mais à présent je ne les aimais plus, elles m'ennuyaient, et la raison de ce changement m'agaçait elle aussi.

A chaque fois que j'entrais dans une pièce, je regardais ses occupants. Je ne cherchais personne en particulier, mais je regardais tout de même. Et à chaque fois, pendant mes gardes de nuit, j'étais déçue.

J'avais fini par relier entre elles toutes mes réactions, et j'en avais conclu que je devenais folle. Le docteur Edward Cullen devenait une obsession.

C'était lui que je cherchais inconsciemment et dont la présence me manquait. Et savoir que j'étais stupide à ce point m'agaçait grandement.

Oui j'étais stupide, car c'était bien idiot de penser à cet homme de cette manière. Il était médecin, Américain, charmant. Toutes les infirmières ici étaient à ses pieds, et c'était surement ainsi avec toutes les femmes, autant en France que de l'autre côté de l'Atlantique. Jamais il ne me remarquerait et perdre mon temps à rêvasser était … stupide !

Chaque fois que je le voyais, je repensais à la fois où il m'avait raccompagnée jusqu'au couvent, à sa gentillesse, son amabilité et ses bonnes manières. Et chaque fois je me rappelais que, depuis ce jour, il ne m'avait pas adressé la parole.

Le docteur Cullen demandait toujours l'aide d'une autre infirmière et j'avais le sentiment qu'il s'arrangeait pour ne pas avoir à me parler. Malgré tout, il me souriait chaque fois que nous nous croisions et je le voyais au portail chaque fois que je quittais l'hôpital pour me rendre chez les sœurs.

Ça pouvait être une coïncidence, bien sur, mais mon petit cerveau s'imaginait qu'il m'attendait pour vérifier que j'étais en sureté. Stupide, stupide Isabella !

Déjà quatre jours que je me torturais avec cette idée farfelue. Quatre jours que je recevais des pommes.

Ce que j'avais au début pris pour un geste de gentillesse de la part des cuisines était devenu une habitude. A chacun de mes réveils à l'hôpital, j'avais un plateau qui m'attendait, et il contenait toujours une délicieuse pomme. Personne d'autre n'en avait à l'hôpital, j'avais vérifié.

Je venais de manger ma cinquième pomme et j'ignorais toujours qui était l'auteur de cette attention.

Perdue dans mes pensées, j'arrivai en bas des marches sans avoir une seule fois trébuché. L'exploit tenait du miracle mais ne dura pas. Je passai l'angle du couloir et vit apparaitre brusquement devant moi une forme imposante.

L'impact était inévitable et je fermai les yeux, comme si cela rendrait le contact avec le sol moins difficile, mais la chute ne vint pas. A la place, deux mains agrippèrent fermement mes épaules et rétablir mon équilibre. Surprise, je rouvris les yeux.

« Et bien mademoiselle Swan ! »

« Docteur Cullen … je suis navrée je … »

J'étais perdue à rêvasser à votre frère et ne regardais pas où j'allais. Pathétique …

« Mettons cela sur le compte de la fatigue. » Sourit-il avec bienveillance.

« Je me lève tout juste. » Grimaçai-je.

« Alors sur le compte du réveil. Il n'y a pas de quoi être gênée mademoiselle. » Me rassura-t-il alors que je rougissais abondamment. « Je peux vous assurer que, moi-même, à mon dernier réveil, j'étais plutôt chamboulé ! » Continua-t-il, une étincelle de malice dans les yeux, se remémorant certainement ce moment. « Où courrez-vous donc comme ça ? » Demanda-t-il lorsque je ne dis rien.

« Voir l'infirmière en chef et prendre les ordres pour ma garde. » Répondis-je sans hésitation.

« Évitons-nous les tâches sanglantes. Cette nuit vous surveillerez la troisième salle avec moi. »

« Mais … » Commençai-je à répliquer.

« Vous contestez ma demande mademoiselle Swan ? » S'enquit-il en haussant un sourcil et dissimulant un sourire.

Prise au dépourvu, je me mordis la lèvre, réfléchissant à toute vitesse. Si je désobéissez au docteur Cullen je pourrais m'attirer des ennuis avec le docteur Vauchel. Mais si je n'allais pas prendre mes ordres auprès de l'infirmière en chef, j'aurais aussi des ennuis, elle était ma supérieure directe.

D'un autre côté, surveiller la salle trois m'assurait une nuit calme. Là-bas, il n'y avait que des blessés presque rétablis qui dormaient d'une traite et ne demandaient aucun soin, juste une surveillance superficielle. C'était bien mieux que d'écouter les plaintes d'un homme qui venait de perdre un bras ou supportait une plaie ouverte.

Me tortillant les mains, je laissai passer mon regard du docteur Cullen à la salle de soin d'où provenait la voix de l'infirmière en chef.

« Préférez-vous rester en bas ? » Demanda-t-il confus, sentant mon hésitation.

« Non, bien sûr que non. » Bégayai-je. « Mais je ne veux pas avoir d'ennuis avec la sœur Marie-Bernadette. »

« Si ce n'est que cela … » Lança-t-il avant de faire demi-tour et de retourner dans la salle de soin.

Il interrompit la sœur, lui indiqua qu'il prenait l'infirmière Swan en salle trois, puis revint vers moi.

« N'y pensez plus. » Dit-il en se dirigeant vers l'escalier. « Il y a des hommes qui saignent abondamment en bas, vous ne serrez pas d'une grande utilité avec eux. Je me trompe ? »

« Malheureusement non. » Marmonnai-je en le suivant.

Nous rejoignîmes la salle trois où le docteur Cullen releva le docteur Hauchecorne et les deux infirmières. Juliette, une infirmière qui faisait partie de mon groupe de garde, nous rejoignit dans la pièce et nous nous mîmes à la tâche, vérifiant les patients les uns après les autres.

Rapidement, nous eûmes fait le tour et chacune de nous s'installa sur une chaise à chaque bout de la pièce. Le docteur Cullen s'excusa et quitta la pièce.

Après une vingtaine de minutes, l'ennui me saisi et je regrettai presque de ne pas être restée en bas. Je me levai et fis quelque pas, croyant faire passer le temps plus vite mais cela ne fonctionna pas. Craignant de faire trop de bruit avec mes talons sur le carrelage, je retournai m'assoir dans mon coin, saisissant au passage un livre qui était posé sur la table de nuit d'un patient endormi.

Je feuilletai les premières pages de L'Assommoir, essayant de me concentrer sur les lignes et d'entrer dans le roman, mais la vie de cette pauvre Gervaise me lassa rapidement. Elle était triste et malheureuse … Et alors ? On a tous nos problèmes !

En soupirant bruyamment et sans aucune distinction, je refermai le livre et le laissai tomber sur mes genoux.

« Un si gros soupir doit cacher bien des misères. » Lança une voix dans mon dos, me faisant sursauter.

Le livre tomba au sol et je me levai précipitamment de ma chaise pour le ramasser avant de me tourner vers la porte.


Tandandan ... Mais qui fait donc sauter Bella comme ça ?!

Prochain chapitre le samedi 23 janvier !

(Il s'agit bien évidemment de L'Assommoir de Emile Zola)