ACTE II
(Sauf contre-indication, pénombre)
Scène 1
(Bragg, Théo)
Arrivent essoufflés
BRAGG : Laissez-moi un instant, juste quelques secondes !
Ma magie s'affaiblit, je ne puis nous cacher.
THEO : Les épées, les sorciers, Mirage, ici tout gronde
On ne peut pas attendre et doit continuer
Notre route ! Le feu claque et tonne à nos trousses :
Qu'importe l'illusion, je suis un paladin
Et sentir dans ma main la poignée de ma rage,
Ma bonne et tendre épée, est mieux qu'un baladin
Jouant des épopées et des lais de courage.
Taillons notre chemin, fendons acier et chair
Brisons la chaîne au métal noir des Intendants.
Je ne suis pas encore au meilleur de ma forme :
Pour des gardes peureux, des lapins, des enfants
S'ils viennent se battre, ils partiront difformes.
BRAGG (s'accrochant à Théo) : Privé de mon atout nous sommes dévoilés
Et combien d'ennemis pensez-vous bien détruire
Un cinq dix cent autant qu'il le faudra ? Jamais
Vous ne survivriez : pas le choix, il faut fuir !
THEO (Hésitant) : Notre fuite éperdue sous les jupes nocturnes
Nous mena au milieu de rues de chair et d'urnes.
BRAGG : La lune pointe haut, le matin viendra tôt
Sont-ce les débauchés ou la vue des couteaux
Qui glacent votre coeur, inspirent la terreur ?
J'ai chez eux des amis, passons chez eux une heure !
THEO (En colère) : Ils abrègent la nuit, profitons du moment !
Chaque minute compte et vous voulez attendre ?
Eh bien attendez donc et mourez maintenant !
Attendez le soleil, je saluerai vos cendres !
BRAGG : Une heure ce n'est rien ! Nous suivrons des passages
Cachés dans les égouts au milieu des sauriens
Et nous échapperons de la sombre Mirage.
Pour assurer nos vies, une heure ce n'est rien !
THEO (Criant) : Une heure ? Savez-vous ce qu'est, vraiment, une heure ?
Dans les geôles noircies j'en ai passé plusieurs.
Elles furent longues, de quoi rêver ma vie
Bien plus que nécessaire, avec des coups, des cris !
L'obscurité m'avait, je n'étais qu'un pantin,
L'avenir me semblait privé de tout destin !
Et pourtant, et pourtant, ces heures m'étaient belles
Quand je repensais, brisé par le temps, à celles
Que j'ai connu avant.
(Silence. Reprend criant de plus belle)
Vous n'avez pas connu
Mes lentes agonies, les ténèbres en pus
Où vous êtes plongés délesté de l'espoir
Qu'ils viendront vous voir, de pouvoir les revoir
Alors que vous criez et que seul vous répond
Le rire du néant qui perd votre raison,
S'approprie votre corps, dévor' vos souvenirs
Efface votre foi, annihile le rire
Et lorsque vous n'aurez plus rien en vous de vous
Vous ne serez plus rien et ploierez le genou
Devant l'obscurité qui fit de vous un grain
De médiocrité et d'essence de rien
Là et seulement là vous saurez la douleur
Du temps qui vous transperce et brûle votre coeur,
Qui fait d'une seconde un infini calvaire
Qui dure et qui s'étend en calcinant l'éther
Et qui n'en finit plus, ajoutant à sa masse
Difforme et distordue avant qu'elle ne casse
Tout ce qu'elle peut voir parmi vos souvenirs
Et quand finalement elle tend et se tire
Et explose dans vos, elle vous laisse éteint
Et puis elle recommence à tisser le destin !
(Il s'arrête, semble perdu, cherche ses mots et montent en puissance)
Une heure, n'est-ce pas, n'est rien pour un heureux !
Une heure, n'est-ce pas, n'est rien de douloureux !
Une heure, n'est-ce pas, n'est rien quand on est libre !
Une heure, n'est-ce pas, n'est rien chez les félibres !
Une heure, n'est-ce pas, n'est que quelques minutes !
Une heure, n'est-ce pas, n'est rien sous les volutes !
(Théo tombe)
(doucement) Une heure ce n'est rien ? Je mourrai volontiers
Sous le coup des poignards ou de flèches criblé
Plutôt que voir la mort me dépecer le coeur
En tournant lentement les aiguilles des heures !
(Silence. Silence. Se regardent puis se précipitent dans un des coins)
Et voilà, l'Ombre de Mirage est de retour ! J'espère que ça fait plaisir aux quelques personnes qui lisent cette fanfiction !
En tous cas, moi ça me fait plaisir de recommencer à mettre des chapitres, surtout que j'aime beaucoup ceux du deuxième acte. Bref, à la semaine prochaine si ça vous a plu !
