Paf! le basilic
Salazar Serpentard (huit ans) était très heureux ce jour-là: son oeuf de basilic avait éclos!
Oh, il se rappelait très bien tout ce qu'il avait du faire pour en arriver là: voler un oeuf de poulet, trouver un crapaud, forcer le crapaud à couver l'œuf de poulet, le tout en veillant à ce que personne ne le surprenne dans son entreprise, où il risquait d'énormes représailles à créer un monstre sanguinaire! Chaque étape avait bénéficié d'une patience toute particulière de sa part, car Salazar était quelqu'un de méticuleux, il aimait le travail bien fait.
Et après vingt et un jours, ses efforts avaient été récompensés, puisqu'un petit serpent était sorti de l'œuf, brisant la coquille de son petit mufle corné. Salazar s'attendrissait: quoi de plus adorable qu'un bébé monstre au regard pétrifiant et au venin mortel et foudroyant? Le petit garçon songea avec délice à tous les gens qu'il allait trucider grâce à son nouvel ami. Ami, oui, car Salazar se sentait déjà plein d'affection pour le mignon petit tueur.
Après lui avoir offert sa première souris à manger, il mit une petite laisse au reptile en prenant bien soin de ne pas croiser son regard, et il l'emmena ainsi en promenade dans le village.
C'est de cette façon qu'on pouvait apercevoir, sur les chemins de terre, un petit garçon jovial gambader en compagnie d'un serpent. Salazar avait le cœur gonflé de bonheur, l'animal allait être son seul ami. Quand le basilic ne le regardait pas, il lui envoyait des regards presqu'énamourés, véritablement passionné par la petite bête. Il se sentait vraiment comme sur un petit nuage.
Et c'est à ce moment-là que Godric Gryffondor passa à toute allure sur son cheval et paf! le basilic!
Salazar resta éberlué durant quelques secondes et contempla la bouillie sanguinolente qu'était devenu le roi des serpents, martelé par les fers du canasson. Il se retint de pleurer bien que sa petite bouche se tordait dans une moue triste. Il jeta un œil dans la direction prise par Godric (celui-ci n'était plus visible, il était pressé car il devait participer à un concours de mangeurs de tartes aux mûres) et décida qu'un jour il se vengerait de ce que cet imbécile lui avait fait. Ensuite, il se laissa pleurer pour de bon. Celui qui un jour aurait sa statue dans la Chambre des Secrets déclara:
—Beuouuiiinnn, y'a Godric qu'a cassé mon serpeeeennnnnnttttt!!!! J'vais l'dire à ma mômaannn!!!
***
—Et c'est depuis ce jour que Gryffondor et Serpentard se font la guerre! Conclut Albus.
Severus et Minerva échangèrent un regard consterné: il était temps de mettre ce vieux fou à l'hospice!
