Chapitre 7 Mort ou vif

Désolée pour cette longue attente j'ai eu beaucoup de mal à finir cette fic. J'espère que cela vous plaira.

Soudain, un vrombissement lointain se fit entendre. Le bruit sourd se rapprochait de plus en plus vite, se faisait de plus en plus fort.

« Chut, dit Jack, vous entendez ? »

Il s'approcha de la porte de secours du bâtiment comme pour mieux entendre. Il restait attentif au moindre son. Un frottement sur la terre sèche du désert, des pas furtifs, des cliquettements, puis soudain un nouveau bruit sourd raisonna près du hangar, cette fois-ci plus métallique, comme les pâles d'un hélicoptère qui se pose sur un toit.

Tous se lancèrent des regards étonnés, c'était la cavalerie qui débarquait.

« Ça n'est pas une hallucination cette fois-ci ? demanda O'Neill, sur ses gardes.

- Impossible de savoir, dit Magnus.

- En tout cas cela me semble bien réel, renchérit Will.

- Attendons de voir quelle tournure vont prendre les choses. »

Des pas rapides et francs descendaient la rampe d'accès au toit qui se trouvait sur leur gauche. D'autres soldats entrèrent dans le bâtiment en faisant exploser au C4 la porte de secours précédemment verrouillée pour les besoins de la quarantaine. Toutes les personnes présentes dans la pièce se couchèrent immédiatement pour éviter d'en perdre la vie. Ils étaient encerclés de tous les côtés. Les Marines braquaient leurs armes sur eux.

« Pour l'amour de Dieu, mais qu'est ce qui vous prend ? hurla le général O'Neill.

- C'est le chef d'Etat-Major qui nous envoie. On nous a informé que votre mission était compromise, lui expliqua le chef des opérations.

- Colonel, demandez à vos hommes de baisser leurs armes, nous ne sommes pas une menace, continua O'Neill.

- Exécution, soldats.

- J'avais pourtant expressément demandé qu'on mette la base en quarantaine pour que la bestiole ne s'échappe pas. Que faites vous ici ? s'énerva O'Neill.

- Comme le Pentagone n'avait pas de nouvelle depuis plusieurs jours, ils ont pensé qu'il vous était arrivé quelque chose. » s'expliqua le soldat.

Tout le monde se releva doucement, encore sous le choc de l'explosion, leurs oreilles bourdonnaient, respirer leur était difficile, mais ils allaient tous bien. O'Neill expliqua rapidement la situation au colonel Fisher, chargé de les secourir. Jack apprit entre autre qu'il s'était en réalité écoulé une semaine, pourtant il avait l'impression de n'être là que depuis un jour ou deux. Les renforts leur avaient amené plus de moyens : plus d'hommes, plus d'armes, plus d'explosifs. Cette sale bestiole qui se cachait dans les souterrains du bâtiment n'allait pas vivre encore longtemps. Ils disposèrent des pins de C4 avec détecteurs de mouvement un peu partout, à commencer par la chaufferie. Des soldats avaient été répartis à des endroits stratégiques de la base munis de P90 avec des balles spéciales qui une fois qu'elles avaient atteint leur cible explosaient en mille morceaux dans le corps, déchirant chaque tissu, chaque organe avec une violence et une rapidité inouïe. Et pour appâter « l'animal », ils avaient laissé les portes grandes ouvertes, histoire de l'inciter à la fuite.

« Faites attention, elle peux vous faire croire n'importe quoi, alors ne vous fiez pas à vos sens, recommanda Jack à l'ensemble des soldats. Surtout ne bougez pas de votre position quoi qu'il arrive. »

La technique employée ne plaisait pas tellement au docteur Magnus, ni à son équipe d'ailleurs. Habituellement, quand on faisait appel à eux, c'était certes pour se débarrasser du problème, mais surtout pour le faire sans violence. Et là les moyens employés étaient colossaux.

« Si vous parvenez à l'arrêter sans la tuer, ne l'achevez pas s'il vous plaît. » demanda Magnus.

Les soldats n'obéissaient qu'aux ordres de leur supérieur, O'Neill le savait. Il scruta le visage d'Helen comme pour y chercher sa décision. Le docteur soutenait son regard comme pour le défier.

« Faites ce qu'elle dit, décida-t-il enfin.

- Une dernière chose, ajouta Magnus, elle a sûrement faim, elle essayera par tous les moyens de se procurer de la nourriture. Et n'oubliez pas que vous êtes le plat de résistance. »

Tout le monde attendait anxieusement que quelque chose se passe. S'ils ne pouvaient pas faire confiance à ce qu'ils voyaient, entendaient, sentaient, comment savoir s'il fallait se défendre ou non ? La réponse fut vite donnée.

L'équipe du Docteur Zimmerman, composée de Kate et quelques soldats, couvrait l'entrée du mess où avait été enfermés tous les civils afin les protéger. Un jeune homme en tenu de combat militaire se présenta à eux.

« Le général O'Neill vous demande au labo. » dit-il.

Will regarda attentivement le visage du Marine pour être sûr que ce n'était pas un leurre.

« Quelqu'un connaît-il cet homme ? demanda t-il au reste de l'équipe.

- Oui, c'est le lieutenant Reichs.

- Vous le connaissez bien ? Vous pourriez lui poser une question personnelle ?

- Hum... Oui, quel est le prénom que tu as prévu de donner à ta fille ?

- Maxine, répondit Reichs qui tentait le tout pour le tout.

- Il ne va pas avoir de fille, sa femme est enceinte d'un petit gars. »

Une rafale de balles fusa sur l'homme, qui s'évapora dans une brume légère. Will prévint les autres équipes par radio que la bête avait tenté de pénétrer au mess. O'Neill donna à tout le monde l'ordre de rester en position. Mais cette fois-ci, la bête apparue devant l'équipe de Will dans son apparence naturelle, sans tour de passe-passe, sans illusion. Kate eut pour réflexe de dégoupiller une grenade et de la lancer très fort vers le monstre. Elle explosa quelques secondes plus tard, provoquant un tel souffle qu'elle déstabilisa les hommes présents. Le nuage de fumée noire s'était alors dispersé, mais l'immonde créature était toujours là, les fixant avidement. Les balles fusèrent alors de plus belle.

« Je crois qu'elle rigole plus là, cria Will dans sa radio pour couvrir le son des balles qui fusaient autour de lui. On a besoin d'aide. »

Pendant un instant c'est le silence qui répondit à Will, puis la radio crépita :

« Je vous envoie une équipe, se résigna O'Neill. Daniel ?

- On les rejoint. » confirma l'intéressé.

L'équipe du docteur Jackson était postée près de la salle de surveillance du complexe, non loin du mess. Avec prudence et armes au point, ils avancèrent dans le dédale de couloir de la base jusqu'à l'équipe de Zimmerman qui se défendait comme elle pouvait.

A quelques mètres déjà, on entendait le fracas des balles mêlé au cri de souffrance et de colère de la bête, un rugissement retentissant et puissant.

Près du lieu de l'affrontement, Daniel fit signe à ses hommes de s'arrêter. Il voulait jeter un coup d'œil à ce qui se passait réellement pour éviter de se jeter dans la gueule du loup. Adossé au mur qui faisait l'angle avec le couloir qui menait au mess, il se pencha légèrement pour apercevoir Will et ses hommes en train de lutter. Il ordonna à l'un des soldats qui étaient avec lui d'aller chercher un filet à harpon pour piéger le spécimen. L'armurerie étant à quelques couloirs de là, il n'eut pas à attendre trop longtemps. Ils tentèrent alors d'encercler la bête qui grognait et se débattait comme elle pouvait sous le coup des balles. Ils le sentaient tous, elle était à bout, elle était effrayée et elle était probablement blessée. Aucune créature de ce monde ne pouvait supporter un tel assaut. Daniel lança le filet, emprisonnant la créature. La victoire était toute la bête décida que son heure n'était pas encore venue.

Le bruit des balles avait cessé. Les soldats soufflaient enfin de soulagement. Le phénomène ne cherchait même plus à lutter. A genoux et le dos voûté, elle semblait résignée et particulièrement essoufflée. Elle paraissait crouler sous le poids du filet. Alors qu'ils avaient tous baissé leur garde et s'apprêtaient à clamer leur victoire, les quelques blessures circulaires de la créature se résorbèrent en un clin d'oeil. Elle semblait reprendre des forces à chaque seconde. Tout se passa tellement vite qu'il fut impossible aux hommes présents d'intervenir.

Elle déchira de toute la force dont elle était capable les liens qui la retenait et fonça furieusement vers la porte du mess qui s'ouvrit sous le choc. Elle ne tenait plus compte des gens qui la mitraillaient. La douleur de chaque balle reçue dans sa chair n'était rien comparée à la faim qu'elle ressentait. Elle massacra tous les civils retenus dans la salle. C'en était à vomir. Ses mains griffues attrapaient la victime fermement, la serrant jusqu'à lui couper le souffle. Sa gueule aux dents acérées sectionnait la tête de sa victime d'un coup sec sans ménagement. Elle leur arrachait violemment tandis que leur corps inerte tombait au sol dans un flot de sang qu'on aurait pu croire infini. Et les soldats avaient beau lui tirer dessus, rien ne l'arrêtait.

La radio de Daniel crépita. Il entendit le bruit d'armes automatiques faisant plein feu, avant d'entendre Jack crier :

« Mais qu'est ce que vous avez foutu, Daniel ? On se fait attaquer !

- Comment ? Mais c'est impossible, la bête est en train d'attaquer les gens enfermés dans le mess !

- C'est un leurre. Elle vous provoque des hallucinations pour vous occuper !

- Si ça se trouve c'est vous qui avez des hallucinations.

- Je ne crois pas Docteur Jackson. » dit Will.

Daniel releva alors la tête. Toutes traces de sang ou de massacre s'étaient évaporées. Tout était revenu à la normale.

« D'accord... c'est nous qui avons eu des hallucinations, ajouta Daniel dans sa radio. Vous avez besoin d'aide ?

-Non, surtout restez où vous êtes. » répondit Jack.

Même à plusieurs mètres de couloir du lieu de l'attaque, on entendait le fracas de la bataille qui faisait rage. Tout le monde attendait près du mess l'issue du combat. L'ambiance était plutôt tendue. Personne n'osait émettre un son et Jackson, impatient, faisait les cent pas. Mais tout d'un coup, le bruit d'une énorme explosion retentit dans le bâtiment, puis un silence de mort s'imposa. Les armes automatiques s'étaient tues, tout comme les grognements de rage et de douleur de la bête. Kate, Will et Daniel se regardèrent, inquiets. Ils décidèrent d'essayer de reprendre contact avec les combattants pour savoir ce qu'il se passait.

« Jack ? Jack ? Vous êtes là ? dit l'archéologue dans sa radio.

- ...

- Magnus ? Tout va bien ? tenta Will.

- ...

- C'est pas du tout bon signe ça, admit Kate.

- Allons voir ce qu'il se passe, proposa Will. Si ça se trouve ils ont besoin d'aide.

- Vous restez là. » ordonna Daniel aux soldats sous ses ordres.

Lorsqu'ils arrivèrent sur le lieu de l'explosion, le couloir n'était plus qu'un amas de décombres. Visiblement, la créature avait succombé, il n'y avait plus aucun signe de vie de sa part. Pourtant, des morceaux de taule se mirent à bouger. Les trois jeunes gens braquèrent leurs armes dans la direction du mouvement. Ils virent alors apparaître une main humaine sous la plaque ondulée.

« Il y a des survivants ! s'écria Kate. Il faut les sortir de là. »

Ils commencèrent à dégager les morceaux de gravas et de métal rouillé. Au bout d'un moment ils se rendirent compte que cette main appartenait à O'Neill qui avait fini par perdre conscience. Ils continuèrent à dégager la voie avant de pouvoir le tirer de là sans le blesser. Ils tinrent cette cadence pendant plusieurs heures et tirèrent des débris plusieurs personnes. Malheureusement, certains n'avaient pas eu autant de chance qu'O'Neill et étaient sûrement morts sur le coup. Mais Magnus était encore vivante, mal en point mais vivante, et même encore consciente. La sueur et le sang se mêlaient sur son visage à lui en brûler les yeux. Elle tenait le coup tant bien que mal. A bout de souffle, elle raconta ce qu'il s'était passé :

« Ces abominables balles ont fini par la blesser gravement, plus on tirait sur elle plus elle reculait pour essayer de nous échapper. A force, elle a fini par déclencher l'explosion d'un des pains de C4 qu'on avait disposés au cas où. Certains ont réussi à s'éloigner suffisamment pour ne pas être touchés par la déflagration. Mais le toit s'est effondré sur nous. On n'a rien pu faire. »

Pendant que Kate essayait de soigner quelques rescapés avec les moyens du bord, Will et Daniel continuaient de dégager les corps de plus en plus mutilés. Plus ils avançaient dans les décombres et moins il y avait de chances de retrouver des survivants. Ils tombèrent enfin sur le corps de la créature. Ils arrêtèrent de dégager les débris.

« Magnus, vous pensez qu'elle est encore vivante ? demanda Will.

- Ça m'étonnerait. Mais sa physionomie n'est pas la même que la notre, alors on ne sait jamais. »

Finalement, des secours furent envoyés de nouveau par le Pentagone pour s'occuper des blessés et remorquer le corps de la créature. Son corps inerte fut enfermé dans un coffre blindé et tracté par un hélicoptère pour être étudié dans la zone 51. Mais sur le trajet, l'appareil se crasha inexplicablement. On le retrouva quelques jours plus tard au milieu du désert. Le coffre blindé était vide. Personne ne sut s'il avait été forcé, ou si le spécimen avait fini par ressusciter et s'enfuir. On en entendit plus parler, pas un seul incident ne fut signalé pendant des mois. Jusqu'à ce qu'on retrouve sa trace au Mexique, où plusieurs animaux de ferme avaient été égorgés violemment par une bête mystérieuse que personne n'avait jamais vue. Les journalistes l'appelèrent Chupacabra, le « suceur de chèvre ».

Fin.

La légende du Chupacabra : Source Wikipedia.

J'écrirai peut-être une petite scène Bonus pour les plus Shipp d'entre-vous. Alors continuez à surveiller cette fic.