Titre : Le Sceau d'Albâtre – Chapitre 7
Auteur : Julia E. Harrington
Genre : Action/Aventure
Public : Tous public
Univers : Harry Potter
Disclaimer : Les personnages et l'univers sont à JK Rowling et Warner Bros.
Résumé des chapitres précédents : A la poursuite du complice de l'homme qui l'avait attaqué à Gringotts, Victoria est accidentellement entrée à Poudlard. Elle est tombée nez à nez avec Albus Dumbledore, et la voici maintenant dans le bureau du Directeur.
Bêta-reader : Caliadne
Note : Voilà un nouveau chapitre qui j'espère vous plaira encore. Désolée si je suis aussi chaotique dans ma publication mais j'aimerais avoir quelques chapitres d'avance sur cette fic ;)
Bonne lecture !
Chapitre 7
Victoria suivit donc le très célèbre Albus Dumbledore, s'engageant derrière lui dans l'escalier en colimaçon. Elle fut surprise de constater que l'escalier en question s'animait pour les amener au palier sans effort. « Qui a pris l'idée à qui ? » se demanda-t-elle en pensant aux escalators des grands magasins londoniens. Le Directeur lui tint galamment la porte tandis qu'elle entrait dans la vaste pièce circulaire qu'était son bureau.
Plusieurs bougies et chandelles brillaient et un feu crépitait doucement dans la cheminée. Victoria sourit doucement à la vue de l'étrange désordre qui régnait dans la pièce. Plusieurs objets magiques, à n'en pas douter, étaient posés ça et là, à travers la pièce. On pouvait entendre le bruit régulier et monotone de mécanismes variés, chacun suivant leur rythme propre. Le visiteur aurait pu s'attendre à une sorte de cacophonie mécanique, mais il n'en était rien. Il y avait là une musique bien particulière, qu'une volute de fumée ou deux venaient ponctuer soudainement.
Quelques raclements de gorge ou ronflements ajoutaient à l'ambiance sonore du lieu. Ils provenaient des nombreux tableaux accrochés aux murs. Mais à ce moment de la journée, beaucoup des modèles étaient en train de somnoler. Victoria continua son observation des lieux. Elle se fit la réflexion que David Talbot adorerait cette pièce, et son oncle aussi.
« Prenez place, je vous en prie, proposa alors le Directeur en désignant un siège devant son bureau. Désirez-vous boire quelque chose ? »
Victoria le regarda surprise, et formula la première chose qui lui vint à l'esprit.
« Mais ne craignez-vous pas que je sois dangereuse pour votre école ? Après tout, je me suis introduite ici en catimini ! »
Un sourire fendit la longue barbe blanche.
« Si vous m'aviez voulu du mal, ne m'auriez-vous pas déjà attaqué ? – il montra alors un placard noir où étaient rangés verres et bouteilles d'alcool et redemanda – Souhaitez-vous un verre ? »
La jeune femme dut reconnaître que le Directeur avait raison sur le danger qu'elle pouvait représenter. À savoir qu'il était totalement nul. Elle se décida et osa demander :
« Un whisky, sans glace, s'il-vous-plaît. »
Dumbledore servit l'alcool, tendit son verre à son « invitée », et vint prendre place derrière son bureau. Ils sirotèrent en silence, permettant à la jeune femme de remettre ses idées en place et de tenter d'oublier son envie de fumer. (Cela n'aurait été guère poli). Le sorcier finit néanmoins par poser la question marquant le début de l'entretien.
« Et si vous me disiez les raisons de votre visite impromptue parmi nous, Miss ?
- Eh, bien, soupira la jeune femme, c'est une affaire assez complexe dont le dernier rebondissement n'est guère encourageant. Il semblerait qu'un complice du meurtrier des Van Artels se soit introduit dans votre école. »
Victoria avait, sciemment, choisi de mettre les pieds dans le plat. Tout cela pour mieux retenir l'attention du sorcier. Elle semblait, d'ailleurs, y avoir réussi puisqu'il haussa des sourcils interrogateurs.
« Je vais vous expliquer depuis le début. Tout d'abord, je me présente : Victoria Spring, assistante de David Talbot, de Talbot Antiquities. – Elle fit une pause pour prendre une gorgée de courage dans son whisky – Ensuite, concernant l'explication, je dirais que tout a commencé lors de mon rendez-vous avec Miss Goldsmith... »
Elle raconta alors les événements des derniers jours : le décès d'Emerald, l'attaque à Gringotts et ce qu'elle avait vu ce soir même. Elle ne cacha pas que le Sceau d'Albâtre était l'origine de cette sordide affaire. Elle alla jusqu'à révéler une partie des découvertes de David et Rosamonde.
« Il semblerait que le Sceau permette d'accéder à des trésors archéologiques, voire archéomagiques. Il a donc une grande importance historique, et sans me tromper aucunement, sur le marché noir des objets d'art, il doit valoir une fortune. »
« Et je ne parle pas des connaissances magiques cachées là-bas, on ignore tout des anciennes pratiques. De quoi éveiller l'intérêt des sorciers de tout crin, » ajouta-t-elle en son for intérieur.
Finalement, elle se tut, consciente d'avoir longtemps discourer. Elle laissa le directeur assimiler ces informations. Le silence s'installa entre eux deux, tandis que résonnaient les chants mécaniques dans le bureau. Après un long moment de réflexion, Dumbledore reprit la parole :
« Je pense avoir saisi l'ensemble de l'affaire. Vous avez entièrement raison quand vous me dites que la présence, ici, d'un meurtrier, ou du moins son complice, n'est guère encourageante. Malheureusement, d'autres affaires de plus grande importance requièrent mon attention.
- Si vous me donnez l'autorisation de fouiller sans restriction l'école et avec l'aide d'un professeur volontaire, cela se fera vite, » fit Victoria dans le silence qui suivit les propos de Dumbledore.
Elle ajouta aussi tout en agitant son index.
« Et puis avec, vous savez, votre magie, je suis sûre que je n'aurais pas à rester ici plus que de raison. Et nous damerions le pion à l'autre l'obligeant à repartir bredouille. »
Le professeur Dumbledore sourit amusé à la mimique qui accompagnait les paroles de la jeune femme. Il lui fit part d'une remarque, une idée qui n'avait pas, semblait-il, effleuré l'esprit de son interlocutrice.
« Seulement rechercher votre bijou à la vue et au su de tous l'alertera. Il est probable qu'il ait alors recours à des expédients pour le moins dangereux. Surtout pour vous. »
Victoria baissa la tête et se prit le front dans la main. Evidemment, elle n'avait pas analysé la situation aussi loin. Non, en fait, elle n'avait pas prévu que l'Omnium enverrait aussi vite quelqu'un à Poudlard. Quelqu'un qui devait être sorcier aussi, un gros désavantage pour la jeune femme. Elle marmonna pour elle-même :
« Je suis trop vieille pour me faire passer pour une élève et en plus, je n'ai aucun pouvoir. Quant à être invisible, on oublie aussi. »
Elle était dans l'impasse et cela la faisait enrageait. Si proche du but et échouer !
Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas le sourire et les yeux pétillants de Dumbledore. Mais elle se redressa bien vite quand elle entendit :
« J'ai peut-être une solution. Mais elle va dépendre d'une chose : l'intrus connaît-il votre visage ?
- A vrai dire, je n'en sais rien, » répondit Victoria.
Le directeur réfléchit puis sembla prendre une décision. Son sourire s'était fait plus malicieux.
« Alors nous allons tenter notre chance. Voici mon idée : pourquoi n'intégriez-vous pas l'école en tant qu'assistante d'un professeur ?
- Euh... je... c'est-à-dire... Pourriez-vous être plus précis ?
- Vous avez besoin d'être à Poudlard pour mener à bien vos recherches. Quoi de plus discret qu'un professeur. Il y a plusieurs avantages dont, je suis sûr, vous saisirez l'utilité. »
Victoria regarda le directeur estomaquée par sa proposition. « Note pour plus tard : ne jamais jouer au poker contre lui. » Evidemment qu'elle comprenait les avantages liés à cela. La discrétion d'une telle couverture, la possibilité de parcourir les lieux sans éveiller les soupçons, et surtout si l'intrus ne connaissait pas son visage, l'avantage de le coiffer au poteau. Ça, c'était pour le bon côté des choses, car à tout aspect yin, il y a un yang, et quel était celui de la solution apportée par Dumbledore ?
« L'idée est très plaisante, Monsieur le Directeur. Seulement, il n'y a qu'un seul souci, je suis Cracmolle, je ne peux assister aucun professeur des matières magiques. Par contre, aider les professeurs de langues étrangères, ou de toutes autres matières communes au deux monde, c'est dans mes compétences.
- Oh, je ne pensais pas à ces matières-là.
- Alors je crois que cela ne sera pas possible, soupira Victoria.
- Pour faire simple, j'ai un de mes professeurs qui ne peut assumer l'ensemble des cours, continua Dumbledore sans s'occuper de l'interruption. Du moins jusqu'à la fin de cette année. En devenant son assistante, vous la déchargeriez d'une partie de ses obligations pour lui permettre de se concentrer sur les BUSEs et les ASPICs. Cela réduirait notablement aussi sa fatigue, ce qui serait le mieux pour elle. »
Victoria le regardait sans vraiment comprendre. Mais elle ne l'interrompit pas, attendant la fin du monologue.
« Le plus simple est que je vous présente au professeur. Cette dernière pourra vous parler au mieux de sa matière. »
Dumbledore se leva et alla se placer devant la cheminée. Saisissant un peu de poudre dans un pot sur le manteau, il se pencha peu après et parla quelques instants. Victoria demanda alors qu'il se tournait vers elle.
« Pourrais-je savoir quelle matière enseigne le professeur ? Et euh... son nom aussi ?
- La réponse à vos questions ne devrait pas tarder. – On frappa à la porte – Justement. »
Le directeur alla ouvrir, laissant entrer une jeune femme dont les cheveux auburns formaient un étrange halo autour d'elle. On aurait dit qu'elle avait mis les doigts dans une prise électrique. Dumbledore et sa collègue s'approchèrent du bureau à l'instant même, où, Victoria cédait sa place à l'arrivante.
« Bien, mesdames, je vais faire les présentations. Madame Zénobie Edison1, professeur d'Etude des Moldus2. Voici Miss Victoria Spring, votre assistante pour le reste de l'année.
- Enchantée, fit le professeur souriante, et tendant la main. J'espère que nous ferons de l'excellent travail.
- Enchantée de faire votre connaissance, Madame.Vous pouvez compter sur moi pour vous seconder au mieux. »
Victoria serra la main qu'on lui tendait. Elle comprenait un peu mieux le discours d'Albus Dumbledore. « Cela réduirait notablement aussi sa fatigue, ce qui serait le mieux pour elle, » avait-il dit. Elle ne pouvait qu'en convenir quand on voyait le ventre du professeur s'arrondissant gracieusement.
C'est alors que Victoria s'aperçut qu'en quelques mots, elle venait d'accepter la proposition du Directeur. Elle écarquilla les yeux et regarda Dumbledore. Ce dernier hochait la tête d'un air content. « Ne jamais, au grand jamais, jouer au poker, » s'adjura une seconde fois la jeune femme, puis elle ramena son attention au professeur Edison.
« Avant toute chose, puis-je m'assurer d'une chose ? demanda celle-ci. Avez-vous l'habitude de l'Etude des Moldus ? Bien que l'ensemble des élèves considèrent cette matière comme secondaire, il est pourtant essentiel qu'ils saississent l'état d'esprit des Moldus. Il en va de la discrétion concernant notre monde. Comprenez-vous ? »
Victoria cligna des yeux. Le professeur Edison lui avait fait l'effet d'une jeune femme douce et sympathique, elle ne la pensait pas volubile et passionnée. Lorsqu'elle eut repris un peu ses esprits, elle se mit à réfléchir à sa réponse. Mais ce fut Dumbledore qui le fit à sa place.
« Miss Spring vient d'une famille de Moldus, et de plus son métier précédent l'obligeait à les côtoyer souvent. Sur ce point, elle est l'assistante idéale.
- J'ai même donné des cours particuliers à de jeunes enfants... euh... moldus, pendant mes études, ajouta Victoria en repensant aux garnements à qui elle devait inculquer les bases de latin.
- Oh ! C'est très bien. Mais dites-moi, que connaissez-vous de la technologie moldue ? Parlez-moi de l'électricité par exemple ?
- Eh, bien... Vous avez le même nom que Thomas Edison, l'inventeur de l'ampoule électrique. – la jeune femme avait tenté un brin d'humour, mais ne semblait guère convaincante – Sinon, c'est une histoire de circulation d'électrons, je crois.
- Excellent ! Mais dites-moi encore une chose, que...
- Allons, allons, Zénobie, Miss Spring a fait un long voyage. Laissons-la se reposer, et dès demain vous pourrez la cribler de questions. »
Ce fut au tour du professeur de cligner des yeux, puis de laisser échapper un « oh ! » lorsqu'elle comprit. Elle sourit à Victoria et lui tendit à nouveau la main, mais pour se relever cette fois.
« Désolée. Pour une fois que je trouve une autre sorcière qui s'intéresse à la technologie moldue... soupira-t-elle, enfin nous reprendrons demain. Dès que vous serez bien installée, venez à mon bureau. Nous discuterons du programme et des classes que vous aurez. J'espère que cela ne prendra pas trop de temps et que nous pourrons passer à des sujets plus passionnants. »
Tout cela fut dit sans que Victoria ne puisse intervenir, et avant que le professeur Edison ne fusse totalement sur ses jambes. Zénobie quitta donc le Directeur et Victoria en leur souhaitant une bonne nuit.
« Bien, je pense que le plus important est réglé, n'est-ce pas ? » lança Dumbledore joyeusement.
Victoria ne put qu'acquiescer, tout en s'interrogeant sur l'enchaînement implacable des événements. « Mais que diable fais-je dans cette galère ? » pensa-t-elle.
1Son nom est un mélange entre le nom de Thomas Edison (connu pour son ampoule) et Zénobe Théopile Gramme, inventeur de la première dynamo industrielle. Je trouvais que cela collait bien au personnage.
2Ce chapitre a été écrit avant la parution du tome 7. A l'époque, on ignorait le nom du professeur d'Etude des Moldus, tout au plus, savait-on, que c'était une femme. Depuis Rowling a nommé ce professeur et évidemment cela rend un peu caduque mon travail XD. Ou alors on peut toujours dire que Zénobie a arrêté les cours pour s'occuper de sa famille et donc a été remplacée par le personnage de Rowling.
