Almost Lover – A Fine Frenzy.

Je poste ce chapitre très rapidement, car les choses vont commencer à s'accélérer doucement. Et oui, la déchéance commence ! Accrochez-vous, ça va devenir de pire en pire !

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« Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard. » Louis Aragon.

VI

Sixième jour.

Demain, ça fera une semaine. Hier, je n'avais plus d'estomac. Ce matin, j'ai oublié le nom de famille de Sally.
Les choses avancent plus rapidement que je ne l'aurai cru. Ce matin, Sherlock prends la décision de me faire faire des exercices de mémoire tous les soirs, avant d'aller dormir. Je suis tellement en colère contre lui, car je sais que cela ne sert à rien. À RIEN. Qu'il me fasse pratiquer une quelconque faculté propre à l'humanité ne repoussera pas la faucheuse. Elle est là, toute proche, rodant comme un fantôme. Je peux presque sentir son souffle glacé contre ma nuque. Je suis effrayé.

J'écris rapidement, car aujourd'hui, je n'ai pas été capable de me lever avant dix-neuf heures. J'ai du passer la journée au lit, foudroyé sur place par la migraine la plus puissante que je n'ai jamais connu. J'avais mal, je pleurais. Mes propres larmes me semblaient presque amères, laissant sur leurs sillages une trace acide, creusant au plus profond de mon être. À ce stade, je ne suis plus que l'ombre de moi-même. Retenu à cette Terre par la simple constante que mon fiancé m'apporte. Il me réchauffe quand la chaleur me manque, il m'embrasse quand l'air s'envole, il me tient la main quand mes yeux se voilent un instant. Je nous sens tous les deux sur le point de craquer. Je sais qu'il ne supportera pas ça encore longtemps.

Je sais que je n'en peux plus.
Mon Dieu.
MON DIEU.

Ce matin, j'ai bien cru que c'était la fin. J'ai supplié Sherlock de s'occuper de ma démission. L'idée même d'entendre une autre voix que la sienne me donnait envie de vomir. Je n'en pouvais plus. Je savais bien que ce moment arriverait. Tout comme reviendrait l'espoir. L'espoir est comme le printemps. Il peut-être glacial au début, mais réchauffe de ses rayons, pour finalement s'évanouir lorsque revient la fraîcheur. Je suis le Sursis. Le Printemps. Je suis l'aube d'un jour nouveau.
Non. Je suis l'aube d'un crépuscule qui ne viendra plus.

Achevez-moi.