Salut à tous, y'a un bail, non ?

Enfin, je suis là pour vous offrir un nouveau chapitre et désolée si je vais en décevoir quelques uns, mais pas de combat entre Zoro et Hordy Jones ! Ensuite, pour le chapitre suivant, je doute, à moins qu'on me le demande spécifiquement, que je revienne sur l'histoire des Taiyou Kaizoku. Bref. Ce chapitre ci, par contre, c'est un groooos condensé.

Sur ce, merci à ceux qui ont commenté l'histoire : ChibichibiLuna ; aclu ; Algol D. DarkWalker ; SwallowFeather et 1smart1.

Bonne lecture !


Le ningyo hippocampe n'en revenait pas.

Comment Zoro avait-il réussi à sortir de sa cellule ?

Réponse facile : il l'avait juste tranchée.

L'autre ministre ne revenait pas de la facilité qu'avait eu Zoro dans son action pour parer Neptune.

- Si vous résistez, il y aura des blessés des deux côtés, averti Neptune, les sourcils froncés. Rends-toi sans faire d'histoire-jamon, Zori !

- Zoro da ! s'indigna le sabreur.

Remarquant l'agitation des soldats, Brook marmonna dans sa barbe avec calme :

- Eh bien, nous voilà au pied du mur…

Usopp ne pouvait être que d'accord avec lui, après tout, ils voulaient crever la bulle de savon qui les protégeait de l'eau. Néanmoins, il ne put s'empêcher de rire doucement. Et Brook esquissa un sourire. Nami avait disparu pour une bonne raison…

Tout un tas de bulles se mit à gonfler et évacua l'eau de la salle, surprenant l'armée.

- Zannen de ! sourit Nami, contente de son coup. J'ai juste trouvé un énorme Corail à Bulle !

En effet, le corail à bulle en question faisait environ une fois et demi sa taille et deux fois sa largeur.

- Saa te… Et si on reprenait là où nous en étions ? demanda Zoro avant d'étouffer un bâillement, son katana contre l'épaule.

Il se faisait chier… ils pouvaient pas se décider enfin à l'attaquer ?!

L'armée serra les dents et se prépara à l'assaut, mais le Roi décida que ce serait lui qui attaquerait. Il ne voulait pas d'autres blessés.

Un souverain admirable…

Zoro se mit en garde, Shûsui prêt à trancher le seigneur…

Neptune attaqua enfin…

Cling !


- Allez, dépêche-toi de te préparer ! Allons faire un tour ! s'impatienta Luffy. Maintenant !

- Hun ? Main-main-maintenant ? Kedo… je veux dire… c'est encore… paniqua Shirahoshi.

- C'est encore quoi ?

Luffy commençait vraiment à être à court de patiente.

- C'est… c'est si soudain, donc je suis… hésitante… je n'arrive pas à identifier ce que je veux, peux-tu me laisser un peu plus de temps ?

Le pirate eut un soupir et regarda d'un air exaspéré la gigantesque sirène, les poings sur les hanches.

- C'est qu'une promenade, pas de quoi en faire tout un plat… Raaaaaaaaah ! Prends pas trop de temps… je t'aime vraiment pas du tout…

Et Luffy se laissa tomber assis sur le lit avec un grand soupir, alors que son commentaire faisait pleurer la pauvre Shirahoshi.

- Wakatta, wakatta, je vais attendre jusqu'à ce que tu prennes ta décision ! Alors dépêche-toi !

Et il se laissa tomber sur le dos, les mains sous la tête, laissant Shirahoshi pleurer.


Pappaggu n'en revenait pas de ce qu'avaient fait les Mugiwara. Partout dans la salle, les soldats traînaient ça et là, faisant la serpillière, hors de combat et ligotés en plus de ça.

- Peu importe la façon dont je regarde ça… tu en as trop fait ! s'énerva Usopp.

- Il a raison ! renchérit Brook les orbites froncés. Tu devrais avoir honte de tes actions !

- C'est vous qui avez commencé ce combat ! Vous êtes donc mes complices, idiots ! répliqua Zoro.

- On allait juste les intimider et se casser ! nuança Usopp.

Et pendant ce temps, Keimi et Pappaggu tremblaient de la tête aux nageoires, alors que Nami avait sorti un denden en soupirant.

- Dire que je ne faisais que profiter de la vue et faire du shopping… marmonna-t-elle en composant un numéro qu'elle avait apprit par cœur.

- Ce qui est fait est fait ! Ça sert à rien de vous plaindre ! pointa Zoro.

- « Ce qui est fait est fait » tu dis ?! On s'arrête sur l'île Gyojin et Hop, par accident, on capture le palais, le roi et ses deux conseillers ! Qu'est-ce qu'on est ? Des méchants pirates ?! s'indigna Usopp.

- Donc on aurait dû les laisser nous battre ?! rugit Zoro.

Brook sirota sa tasse de thé, content de compter les points pour l'instant.

- Je t'ai dit plus d'une fois d'attendre et trouver une occasion de se faire la malle ! répliqua Usopp.

- Je sais pas comment on sort d'ici et Luffy a disparu !

- FERMEZ-LA ! rugit Nami.

On aurait entendu les mouches d'eau voler suite à son coup de gueule.

- Merci, souffla la rousse.

Elle rapporta son attention sur le denden.

Il sonnait, sonnait, sonnait…

Il eut enfin un petit bruit et le répondeur s'enclencha :

" Konnichiwa, Portgas D. Ace desu ! Je suis indisponible pour l'instant, veuillez appeler le Moby Dick pour vous renseigner au cas où je serais en mission, ou alors, appelez plus tard. Si ce sont mes frères, qu'ils fassent chier Shanks, pour une fois, je suis un peu beaucoup occupé ! Merci encore !"

Nami raccrocha. Les pirates la regardèrent avec inquiétude conserver la tête basse, le visage dans l'ombre de ses cheveux, silencieuse et immobile. Lentement, une aura noire se forma autour d'elle, faisant trembler même le démon en Zoro.

- PORTGAS D. ACE ! TU ES UN HOMME MORT ! rugit Nami.

- Iiiiiiiih ! Elle est vraiment remontée ! J'aimerais pas être dans la peau d'Ace ! commenta Usopp.

- Pourquoi t'appelles pas Marco ? demanda Zoro. On n'a pas le numéro du Moby Dick ?

- Mais oui, Zoro ! Brillante idée ! siffla Nami. Salut Marco, comment ça va ! Au passage, on a capturé le palais Ryuugu et le Roi par accident, on fait quoi ? Sinon, ça baigne ?

Nami perdit son sourire factice et frappa sur le crâne de Zoro, lui infligeant une sévère bosse.

- Sinon, où est parti Luffy ? demanda Usopp en s'éloignant de Nami.

- Saa… répondit Brook.

De son côté, Nami tenta de faire du charme aux soldats gyojins pour savoir où était la chambre du trésor avant de se faire engueuler par Usopp.

- Hein ? Pourquoi c'est pas bien ? demanda Nami avec son air le plus innocent.

- Arrête de prétendre que tu es naïve ! Sois un peu plus sensible ! Et tu tiens à nous enfoncer encore plus dans la merde ou quoi ?!

Et bien sûr, Brook ne trouva rien de mieux à faire que de sortir sa guitare électrique et la faire rugir.

- Saa mina-san ! Puisque vous êtes tristes, chantons et soyons heureux ! Come on !

Et il se mit à chanter que tout irait bien…

- ARRÊTE DE CHANTER SOUL KING ! rugit Usopp.

A force de crier, il allait plus avoir de voix le pauvre. Pendant ce temps, une oreille avertie aurait entendu la raison faisant qu'ils avaient réussi à s'en sortir : Neptune-sama s'était fait un lumbago.

Il se faisait vraiment vieux, le pauvre…

- EH ! Vous, enfoirés ! Quand les trois formidables princes de l'armée de Neptune, Fukaboshi, Ryuboshi et Manboshi, seront de retour, vous ne vous en sortiez pas comme ça !

L'instant de gloire du ministre fut coupé par Brook et sa guitare :

- Yohohohoho ! Yeah !

- Tonikaku, on peut pas rester sur cette île. On s'excusera auprès de Marco une fois dans le Shin Sekai, fit Zoro en croisant les bras sur sa poitrine. Où est le Sunny, qu'on réunisse tout le monde et mette les voiles ?

- Je veux bien, lui pointa Usopp qui s'était calmé- mais l'enrobement qu'a fait Ray-san s'est brisé quand on est entré dans l'île.

- Et je vous annonce aussi que je n'ai pas le bon log pose sur moi. Y'a que Luffy qui ait mis le log pour le Shin Sekai à son poignet, pour l'instant, pointa Nami en montrant le log devenu fou au bout de son bras. Si on retrouve pas le navire, et donc le log que m'a refilé Ace, on ira pas bien loin.

C'est là qu'un denden qui traînait sur une table basse se réveilla.

- Pin poon !

- Ce doit être Fukaboshi-oji, souffla quelqu'un.

Tout le monde regarda le denden, se demandant quoi faire. Et avant que qui que ce soit ne puisse faire quelque chose, Zoro décrocha :

- Moshi moshi, dare da ?

- EEEEEEEEEEEEEEEEh ! Mais qu'est-ce que tu fous ?! s'exclama Usopp.

Et bien sûr, les locaux en profitèrent pour appeler à l'aide.

- Mais fermez-la, vous autres ! s'indigna Zoro.

Brook s'écarta doucement et discrètement de Nami qui avait une veine menaçante sur le front et l'un de ses poings.

- Ici Fukaboshi-oji. Ouvrez le portail et laissez nous entrez immédiatement, fit la voix du fils aîné de Neptune par le denden.

- Et après quoi ? demanda Zoro. Je peux pas faire ça.

- Arrête, Zoro ! Juste soit honnête et explique-lui la situation ! supplia Usopp.

- C'est vrai, les gars ! Ligotez-nous, Keimi et moi, sinon, ils vont croire qu'on est des complices ! paniqua Pappaggu.

- Zoro-chin est effrayant ! souffla Keimi.

Et pendant ce temps, on appelait encore et toujours à l'aide Fukaboshi. Celui-ci garda le silence, puis demanda à Zoro :

- Êtes-vous un membre des Mugiwara Kaizoku ?

Et Neptune se fit un plaisir de lui répondre :

- Fukaboshi ! C'est le kenshi aux trois sabres des Mugiwara, Akuma no East Blue, Kaizoku Gari no Zori-ja !

- Zoro da yo ! rectifia avec énervement Zoro.

- Père ? Vous avez mon père ?

- Ben comme tu peux l'entendre, on a bien Neptune et pas mal d'autres otages. Si tu ne veux pas que je les tue, ce qui franchement, me ferait chier… je te conseille de nous préparer ce qu'il faut pour qu'on puisse prendre le large. On a besoin de notre navire, le Thousand Sunny, avec un nouveau coating. On n'a pas la moindre idée de l'endroit où il pourrait être, donc, va falloir que tu le trouves par toi-même, comme un grand garçon. Ensuite, il faut réunir le reste de l'équipage… une femme assez sombre, un robot, un tanuki et un sale pervers.

- Oh, et Zoro, un bilions de berrys en cash ! ajouta Nami qui s'était calmée en voyant le second en commande prendre la situation bien en main.

- Mais tais-toi ! gronda Usopp à la rousse, alors que Brook se marrait de la description de Sanji et Robin.

Fukaboshi était un prince intelligent.

- Je comprends vos conditions et je vais m'arranger pour que vous puissiez quitter ce pays avec vos compagnons, mais ne vous attendez pas à ce que Marco-sama vous pardonne. Tadashi, je veux que vous épargniez la vie des otages !

- Nous avons un accord. Et pour Marco, je ne me fais pas de souci, je sais discuter avec cette cervelle d'ananas.

Zoro reposa le denden et s'apprêtait à raccrocher quand Fukaboshi l'interpella :

- Une dernière chose, Zoro-kun. Je ne devrais pas vous le dire normalement dans de telles circonstances, mais je ne peux ignorer ma promesse à Jinbeii.

Jinbeii ? Les pirates se regardèrent avec perplexité. Qu'est-ce qu'ils avaient à voir avec l'ex-Shichibukai ?

-Nanda ? demanda Zoro.

- Il s'agit de deux messages de l'ancien Shichibukai Kaikyô no Jinbeii à Mugiwara no Luffy. Je devais vous les transmettre à votre arrivée, si aucun Shirohige n'était présent, malheureusement, Namur-san est introuvable.

Le nom de Jinbeii courut sur les lèvres des otages avec un certain étonnement.

- C'est vrai que Luffy a dit que pendant son séjour sur le Moby Dick, il s'est lié d'amitié avec Jinbeii ! se rappela Usopp.

- Ah, il était dans le journal avec Luffy-san, se remémora Brook.

- Même si c'est un pirate, c'est un personnage important à qui les gens de cette île font confiance, souffla Keimi, abasourdie. Il a combattu aux côtés des Shirohige Kaizoku à la suite de la mort de Roger, pour ramener la paix sur l'île…

Zoro resta un instant pensif, puis dit d'une voix sans émotion :

- Luffy est absent pour l'instant. Je suis son second, je peux prendre le message et le lui retransmettre. Allez-y.

- Première chose, il demande à ce qu'il n'affronte pas Hody. Seconde chose, il dit qu'il l'attendra à l'Umi no Mori. C'est tout.

Zoro hocha la tête et raccrocha. Umi no mori ? C'était l'un des coins que Luffy voulait voir, de toute façon. Zoro ferma un instant les yeux, se demandant encore la justesse de mentir à tout le monde.

« Que ça reste entre nous. Je leur dirais que je ne me suis pas éveillé, que ce soit le cas ou pas. Je ne veux pas qu'on vous utilise pour accéder à ce pouvoir. Moins de personnes le sauront, mieux ça ira. »

Robin n'avait rien dit sur le moment. En privé, elle lui avait confié que Dragon avait tout fait pour lui tirer des informations sur les Ponéglyphes, et qu'elle ne devait son salut qu'à Sabo et deux de ses coéquipiers. Dragon ne reculerait devant rien pour obtenir ce pouvoir, et se servir de leur équipage contre son fils ne le gênerait aucunement.


Chopper ferma son livre et regarda le garde qui l'avait abordé.

On les interpellait, hein ?

D'un mouvement sec, le petit renne reposa son livre et se leva.

- Ouya !

Sans comprendre le pourquoi du comment, le garde passa au travers la porte, atterrissant dehors. Chopper sauta dans la rue, son corps plus compact sous sa nouvelle transformation.

- C'est quoi cet animal ?

- Il s'est transformé lui-même ?

- Kung-Fu Point… fit Chopper, en kamae.

Un garde lui sauta dessus et avec une rapidité qui laisserait les champions d'arts martiaux verts de jalousie, il esquiva l'attaque, lui sauta sur la tête, avant d'allonger dans un même mouvement quatre autres gardes. Il enchaîna dans un coup de tête dans le ventre d'un autre, puis une toupie qui balaya un beau groupe en un temps record.

- Sanji commence tout juste à se remettre ! Je vous interdis d'approcher ! défia Chopper en se remettant en garde. « Venez avec nous au Palais Ryugu » ! Vous essayez de nous avoir, n'est-ce pas !?

Et c'est sur ces faits que Sanji débarqua, marchant d'un pas vacillant, malgré le fait que Chopper lui dise qu'il devrait rester au lit.

Les quatre gardes encore debout déglutirent. La mission n'allait pas comme prévue.


- Bon, t'es prête ? demanda Luffy. Allons-y !

- Je suis désolée, je ne peux pas y aller… souffla Shirahoshi.

- Pourquoi ?! Y'a pas un endroit où tu veux absolument aller ?!

- Mais faire une chose pareille causera beaucoup d'ennuis à tout le monde au palais !

- J'ai passé dix-sept ans de ma vie sur une seule et même île, et c'était dur, fit Luffy en se relevant. Si j'avais dû vivre dix ans dans cette tour, je serais devenu fou ! Je fais ça pour te remercier de m'avoir donné à manger ! Je t'accompagne ! Où veux-tu aller ?

Shirahoshi resta un instant surprise, puis se mit à rougir, regardant ailleurs. Difficilement, doucement, elle fini par dire où elle voulait se rendre, des larmes aux yeux :

- Umi no mori !

Et elle se mit à pleurer. Luttant pour stopper ses larmes, elle dit :

- Mais ce n'est qu'un rêve. Je ne peux pas faire une chose aussi égoïste. Je ne peux tout simplement pas sortir dehors…

Luffy se prit le front dans une main, essayant de ne pas s'énerver :

- Pourquoi est-ce qu'il faut que tu chiales juste en disant où tu veux aller !?

- Je… je suis désolée. C'est parce qu'il m'a fallu beaucoup de courage pour le dire… S'il te plaît, ne te mets pas en colère ! Tu me fais peur, Luffy-sama !

Et elle cacha ses yeux dans ses mains pour pleurer.

- T'es une plaie, sérieux… gémit Luffy.

Baoum !

La tour trembla.

Luffy se retourna d'un bond, prêt au combat, cherchant à identifier ce qu'était ce bruit. Les coups persistèrent, faisant tomber un peu de plâtre du mur.

- Il est persistant… marmonna Luffy en comprenant ce qu'il en était. Ce gars est malade…


Pendant ce temps, Zoro se prenait la tête avec Neptune qui voulait absolument qu'ils aillent s'assurer que Shirahoshi aille bien, et le marimo ne voyait pas pourquoi il devrait obéir à un otage.

Mais apprendre qu'il était question de la fille unique de Neptune motiva Brook qui se mit à courir partout en s'imaginant déjà lui demander de lui montrer ses dessous.

- Yohohohoho ! rit le squelette en se précipitant vers la tour.

Un gros malentendu fit que l'un des ministres (celui de la guerre, je pense, donc, l'hippocampe guerrier) parvint à se faire embarquer par le squelette surexcité jusqu'à la princesse.

- Sanji-san, désolé, mais je vais la voir en premier ! Yohohohoho ! fit Brook en passant une porte à toute vitesse.


- J'ai toujours voulu voir la Forêt sous-marine, expliqua Shirahoshi à Luffy qu'elle avait pris dans ses mains. Depuis dix ans. Mais tout le monde me dit gentiment que c'est trop dangereux pour moi de sortir de cette tour. Et j'ai peur de sortir, aussi !

Luffy la regarda de son air sérieux, sans rien dire.

- Luffy-sama, vas-tu vraiment me faire sortir d'ici ?

- Hai, assura Luffy.

- Vas-tu vraiment essayer de me protéger ?

- Sur ce que j'ai de plus cher. Tout ira bien.

Luffy porta une main à sa poitrine et leva l'autre.

- Que Davy Jones prenne mon âme si je mens ! Tout se passera bien !

Cela alluma les yeux de la princesse et la fit sourire. Enfin, un bref instant, parce qu'elle recommença rapidement à chialer.

- Ohé, ohé, on va nulle part si tu pleures ! averti Luffy avec un air presque blasé sur le visage. Soreni, c'est toi qui vas devoir me prendre, pour être exact, parce que je peux pas nager. Ce qui tombe bien parce que je veux m'y rendre aussi, et que je sais pas où c'est.

- Je-je suis désolée, mais je suis tellement heureuse…

- Tu es vraiment une chialeuse et une peureuse, toi, pointa Luffy. Malheureusement, si on sort, tout le monde va te reconnaître !

- Hai, sumimasen.

Et Luffy eut un sourire. Le sourire que ses frères avaient rebaptisé : idée stupide.

- J'ai une super idée ! Shihihihihi !

Et il regarda Megalo toujours souriant. Le requin sursauta de se voir ainsi observé, et pencha son corps de façon perplexe.


- Mermaid Princesse ?! Est-ce que tout va bien ?! demanda Brook avec enthousiasme en continuant sa course dans les couloirs.

Le ministre le fit s'arrêter. En effet, la tour avait été bombardée par bien autre chose que les couteaux, épées et haches habituelles.

En effet, c'était des pirates humains, cette fois, qui avait frappé la tour. Et malheureusement, les pirates se relevaient lentement et difficilement, presque comme des zombies. C'était une attaque du château…


- Il est temps de sortir ! annonça Luffy, souriant. Allons-y, Yoamuchi !

La sirène en question était cachée dans la gorge du pauvre Mégalo qui ouvrit difficilement la porte, surprenant les pirates derrière, et les envoyant balader.

Mégalo put donc sortir avec Luffy sur le dos et Shirahoshi cachée dans sa gueule.

- Ike, Same !

- Megalo ! s'étrangla le ministre.

- Luffy-san ?! s'étonna Brook.

- Direction la Forêt sous-marine !


Pendant ce temps, Franky avait trouvé un membre de la famille de son mentor, et lui vanta l'enseignement de Tom-san, le navire qu'il avait fait, et l'équipage de dingues dont il faisait parti. Et c'est cet homme qui lui indiqua où trouver le navire : Umi no mori.

Cela laissa Franky silencieux. Tout renvoyait à cet endroit. Robin lui avait laissé entendre qu'elle voulait s'y rendre pour le Ponéglyphe.

Il eut un petit sourire.

Connaissant son équipage et son capitaine, ils allaient finir par s'y retrouver tous par hasard avec plus ou moins d'ennuis.


Hachi était dans la merde totale. Même dans l'eau, les flèches continuaient de le suivre. Il devait rejoindre l'île et vite. Même s'il doutait que ça fasse quoi que ce soit.

Il sentit un mouvement d'eau dans son dos, et il n'entendit plus les flèches.

Regardant par-dessus son épaule, il s'arrêta en voyant les flèches réduites en poussière.

- Tout va bien ?

- Namur-san, nyu~… je vous dois la vie, souffla Hachan en voyant son sauveur.

- On est dans le même camp. J'ai vu ce qu'il s'était passé. Retourne sur l'île, je vais recommencer à les espionner un maximum, avant de rejoindre Jinbei-oyabun. Sois prudent.

- C'est vrai que Mugiwara est sur l'île ?

- Yep. File.

Les deux gyojins échangèrent une poignée de main et filèrent chacun de leur côté.

Namur n'eut pas besoin d'aller bien loin qu'il se fit presque percuter par des humains volants. Un juron lui échappa quand il comprit ce que cherchaient les idiots d'Hody Jones et de Vander Decken.

Il devait prévenir Jinbei au plus vite. Finalement, laisser Marco et les autre hors de la confidence était peut-être une mauvaise idée.


- Oi, j'ai une question, demanda Sanji en s'allumant une cigarette.

- Retourne au lit ! lui dit Chopper.

- Ce palais Ryuugu. Est-ce qu'elle est là-bas ?

- Elle ? demanda avec hésitation un soldat.

- La Ningyo-hime.

- Euh oui, et alors ?

- Alors, j'y vais, tant pis si ça doit me tuer ! annonça immédiatement Sanji.

Chopper ne pouvait pas laisser passer ça.

- Tu vas y aller ?! Non mais tu apprendras jamais ! Si elle magnifique, ça te coûtera la vie ! rugit le renne.

- Bien entendu qu'elle est belle, n'est-ce pas ! s'enquit avec espoir le pervers.

De deux gardes survivants se regardèrent d'un air perplexe et le plus baraqué répondit :

- Je l'ai jamais vue, mais j'ai entendu dire qu'elle était vraiment belle.

Cœur dans l'œil, Sanji était ravi. Et il était prêt à y aller à tout prix, ce qui laissa les gardes vraiment très perplexes. L'un d'eux présenta des menottes, disant qu'il devait les passer à Sanji pour l'embarquer au palais.

Chopper cessa sa transformation quand Sanji dit qu'il acceptait. Son Haki avait senti un changement dans le cuistot. Changement confirmé par le fait que le blond répondit d'un très beau coup de pied circulaire dans la tête des quatre survivants, les envoyant valser.

- Soyez pas cons ! Je peux pas cuisiner pour la princesse si vous me passez les menottes.

Chopper eut un soupir exaspéré et lui fit des reproches pour avoir résisté à la garde. Les civils ne les regardaient pas d'un très bon œil. Et Sanji lui dit d'arrêter de se plaindre. Ce qui était fait était fait.

S'il avait su que Zoro avait eut la même parole peu de temps auparavant, je pense qu'il aurait changé de discours.

Heureusement pour lui, le cuistot savait comment se sauver de la colère du petit médecin :

- T'es devenu sacrément fort !

- Inutile de me complimenter, kono yarro~ ! C'est pas comme si ça me faisait plaisir~ !

Le cri de détresse d'une femme les alerta. Apparemment, il y avait quelqu'un de blesser sur la plage.

Chopper et Sanji s'y précipitèrent et restèrent effarés en voyant Hachi essayer de reprendre son souffle, un plâtre au pied, des bandages à plus d'une tentacule, mais surtout, un couteau profondément enfoncé dans le dos avec des flèches.

- Hachi ? Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? demanda Sanji, abasourdi.

- Ny-nyu…

-Oi ! Hachi ! C'est nous ! fit Chopper inquiet. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi es-tu blessé ?!

- C'est vous… content de vous revoir. Mugiwara est avec vous ? demanda Hachi alors que Chopper commençait à examiner la blessure.

- Il n'est pas ici en ce moment, ne bouge pas, je vais te soigner, lui assura Chopper.

- Je peux t'aider à quelque chose ? demanda Sanji.

- Non, Sanji, je vais me débrouiller…

- Rassemblez tous vos nakamas, vite… demanda Hachi en serrant les dents.

Il attrapa le col de la chemise de Sanji et lui dit :

- Vous ne devez pas être impliqués avec ce qu'il se passe sur l'île… quittez cette île ! Les nouveaux Gyojin Kaizoku arrivent et ils vont l'attaquer rapidement ! Et le royaume Ryuugu va tomber !

- He ?


Pendant que Luffy riait doucement de Shirahoshi qui profitait de cette petite aventure, depuis l'intérieur de Megalo, Jinbei était sur la tombe où voulait se rendre la princesse.

C'était un jour d'anniversaire, après tout, puisque Otohime était morte dix ans auparavant, assassinée en plein jour, causant le chaos sans nom sur l'île. Le temps était passé, les princes étaient devenus de puissants soldats et la princesse était toujours dans sa tour (s'il savait, il aurait fait un arrêt cardiaque). Mais malgré tout, les idées de la Reine ne s'étaient pas éteintes.

- Oyabun… ils ont commencé, lui dit Namur en le rejoignant, haletant tant il avait dû se presser. C'est une mauvaise idée d'avoir refusé d'impliquer les autres, on aurait bien besoin de leur aide.

- Aies confiance, Namur-kun. Ce qu'il se passera aujourd'hui ne doit pas être réglé par les Shirohige. Tu le sais comme moi.

Namur eut un soupir et passa une main palmée dans ses cheveux.

- Et tu diras quoi à Luffy-kun ? Tu crois qu'il t'écoutera ?

Le rire de Jinbei voulait tout dire.


Pendant ce temps, Robin venait d'arriver à l'arrêt de bus. Elle vérifia l'horaire et sourit.

Juste à temps.

- Je me demande à quoi peut ressembler cette forêt aquatique, sourit la jeune femme.

Elle se souvint du petit sourire de Sabo quand ils avaient eu une discussion à ce sujet. Ce petit sourire lui disait que l'endroit devait être magnifique.

L'agitation soudaine des soldats qui s'attroupèrent autour d'elle ne la surprit pas. Elle les voyait venir depuis un moment.

- Je peux vous aider ? s'enquit la femme.

- Vous et vos compagnons êtes des suspects dans deux enquêtes en cours ! La première, pour multiple kidnapping de sirènes ! La seconde, d'après une vision de Madame Shirley, vous êtes un risque pour la sécurité de l'île Gyojin ! lui dit un soldat. Donc nous arrêtons tout votre équipage !

Robin plissa légèrement les yeux, mais ne se leva toujours pas du banc de l'arrêt, malgré le fait que quelques soldats s'avançaient vers elle. Elle finit par se lever et prendre son sac quand ils dépassèrent la ligne imaginaire qu'elle avait autour d'elle, et faisant qu'ils devenaient des menaces.

- Je ne sais pas du tout de quoi vous parler. Et vous avez dit 'vision', si je ne m'abuse ? Vous avez besoin de vous faire vérifier le cerveau, messieurs, si vous n'avez aucune honte de croire en quelque chose d'aussi peu scientifique.

Cela vexa les gyojins bourrés de testostérone.

- Les prévisions de Madame Shirley sont toujours vraies ! Rendez-vous !

- Sans façon, merci. Je ne veux pas râter mon bus.

Cela vexa le chef du groupe encore plus.

- ATTRAPEZ-LA !

Robin leva un sourcil et quand les soldats pensèrent l'avoir embrochée, ils réalisèrent qu'ils n'avaient entre leur trident que des fleurs de cerisiers, la brune ayant disparu.

- Milles Fleurs…

Un bon millier de mains poussèrent et s'agglutinèrent, plongeant les soldats dans l'ombre.

Uh-oh…

Il ne fallut que quelques secondes pour rendre tout le groupe hors d'état de nuire. Ils allaient devoir dire qu'elle s'était échappée aux princes.

Et pendant ce temps, Robin était déjà dans le bus vers la Forêt sous-marine, lisant quelques documents qu'elle avait volés à Dragon. Elle eut un petit rire en imaginant la tête de l'homme quand il réaliserait ou s'il avait déjà réalisé, que tous ses papiers sur les Ponéglyphes et le Siècle Oublié, avait mystérieusement disparu.

« Ann était assez bouleversée quand elle est tombée sur le Ponéglyphe. Après, elle essayait de résoudre une énigme avec bien peu de pièces du puzzle. Elle m'a parlé de lettre d'excuse et d'un gars… Joy Boy, je crois. Si vous arrivez à résoudre le mystère, faîtes–lui en part, s'il vous plaît. Histoire qu'on est pas une Kaizoku Hime avec un cerveau mort pour avoir trop réfléchi. »

Robin fouilla son sac et sortit de quoi noter, rangeant ses papiers. Si ce qu'elle soupçonnait était exact, l'île Gyojin avait un indice clef sur le mystère du Siècle Oublié. Et Robin se ferait un plaisir de le transmettre à Ace. Avoir une seconde personne digne de confiance et sans ambition de destruction s'intéressant à cette histoire, c'était rassurant. Elle pouvait partager ce lourd fardeau. Si elle échouait, il y aurait quelqu'un pour prendre la relève. En parvenant à trouver de quoi écrire, le regard de Robin s'attarda sur une lourde enveloppe contenant tout ce qu'elle savait du Siècle Oublié. Si Ace voulait l'aider, ils avaient besoin d'être à égalité pour avancer.


- Luffy-sama ?

Luffy cessa de s'interroger sur l'étrange sentiment qu'il avait après avoir vu les drôles de trucs volant au loin tout à l'heure, pour baisser la tête vers Shirahoshi.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Luffy.

- Comment ça se fait que vous soyez si fort ?

- Je m'entraîne avec ma famille depuis que je suis gosse. Y'a des gens plus forts que moi.

- Eeeeeh ! Des gens plus forts que vous ?

- Yep ! Ji-chan est fort, mais il se fait vieux, et a perdu beaucoup en force. Sabo, Ace et Ann sont forts, mais je ne saurais qu'une fois dans le Shin Sekai si j'ai réussi à les égaliser ou pas. Marco aussi est un sacré colosse ! On dirait pas quand on le voit, mais je sais que la seule fois qu'on s'est battus, il a retenu un peu sa force, et il doit être devenu encore plus fort aujourd'hui ! Et Shirohige-ossan ! Oh, ça oui, il était fort cet homme !

Et Megalo faillit recracher Shirahoshi. Il commençait à atteindre sa limite.

- Aaa-aaa-aaatchoum ! éternua Luffy.

Il se frotta le nez et remit son chapeau qui était tombé dans son dos, sur son crâne. Son nez le grattait aussi.

- Luffy-sama ? Vous avez attrapé un rhume ? s'enquit Shirahoshi.

- Nan, Sabo disait qu'il y a que les idiots qui ne s'enrhument jamais, et vu le peu de fois où j'en ai choppé, je pense que j'entre dans cette catégorie. Quelqu'un doit être en train de parler de moi… je me demande qui…


Alors qu'il s'agissait juste du Roi qui avait deviné exactement comment Luffy avait fait sortir Shirahoshi (et fait rire ses soldats pour le coup), dans le Shin Sekai, une Kaizoku Hime eut un éternuement qui manqua de griller son journal, et Sabo éternua sur son collègue gyojin qui eut la bonté de lui donner un mouchoir.


Franky accéléra le pas en arrivant devant le Sunny. Le navire n'avait l'air intact. Il attendait avec patience et avec le sourire le retour de son équipage. C'était un super navire miracle.

- Cet endroit est le cimetière des navires, lui expliqua le frère de Tom-san. Le courant entraîne les navires coulés ici. C'est ironique, non ? Malgré ce qu'est cet endroit, il est béni par la lumière de l'Arbre d'Eve. Les coraux sont magnifiques, ici, ce qui attire les poissons et les baleines.

- C'est vrai qu'il y a beaucoup de baleines par ici, et elles sont bien plus grandes que le Sunny.

- Les baleines ne viennent que dans les océans fertiles, lui dit le ningyo en s'approchant du navire pour l'examiner de plus près et en faire le tour.

- Cet endroit est wonderfull !

- J'étudie cette mystérieuse Umi no mori depuis quelques temps, déjà.

- C'est vrai qu'on a du mal à croire que nous sommes dans les profondeurs. Et c'est valable pour l'île Gyojin.

L'homme eut un petit rire et revint vers Franky.

- Bois de l'Arbre d'Adam, non ? C'est cher, mais on peut pas dire que c'est de l'argent jeté par les fenêtres ! Tu as construit un magnifique navire !

- Vous trouvez !? Je l'ai fait de la même matière que celui du Roi des Pirates, comme avait fait Tom-san ! Son design est le summum de la perfection et de mon art !

L'homme eut un sourire.

- Quand les navires sont faits avec Don, ils ne peuvent être que réussis. Il suffit d'y mettre tout son cœur ! Et ces navires ne s'effacent plus jamais ! Ma plus belle création restera le Moby Dick, et à chaque fois que je croise un Shirohige, ils viennent m'embrasser pour leur avoir offert une telle maison ! Plus de vingt que ce navire est sur les mers et malgré les batailles, il a toujours fière allure ! Enfin… compte sur moi pour le coating, je le ferai avec autant de Don que celui qui l'a fait pour que vous arriviez jusqu'ici.

- Ray-san ne pouvait pas le faire sans ! C'est la vie de son précieux neveu qu'il avait entre ses mains ! sourit Franky.

Ils partirent dans une conversation sans beaucoup de sens, parlant de génétique (non, Franky n'avait aucun ancêtre robot, pas la peine de chercher, Den), jusqu'à ce que Franky mentionne les deux personnes qui étaient assis plus loin depuis un petit moment.

- Oh, la grosse silhouette, c'est Jinbei-oyabun. L'autre… je le vois mal, d'ici, mais je pense qu'il doit s'agir de Namur-Taisho.

- Oyabun ? Taisho ?

- Ils disent attendre quelqu'un. Oyabun a perdu son titre de Shichibukai, donc, il refuse d'entrer en ville, à cause de sa prime. Taisho est un Shirohige. Hachibantai. Neptune-sama a négocié pour la libre circulation des Shirohige sur l'île. Soit la marine nous défend de l'esclavage, et on peut renoncer à leur protection, soit ils les laissent tranquilles. Le Gouvernement Mondial a opté pour la seconde option.

-Ooooh…

Un collègue d'Ace, donc. Vu qu'il avait l'air occupé, Franky préféra de ne pas aller le déranger, et fit le tour du navire, afin de s'assurer qu'il était vraiment sans la moindre égratignure.

- Je vais bien, lui dit le Sunny.

Franky cessa ce qu'il faisait. Si le navire le lui disait lui-même, alors…

- Désolé qu'on t'ait poussé aussi dur alors qu'on faisait que reprendre le large, s'excusa Franky. Tu peux te reposer pendant un temps.

- Ne t'en fais pas pour moi.

Franky eut un sourire et se pencha par-dessus sur bord pour proposer son aide à Den-san, mais on lui assura que ça irait.

- Ara ! C'est donc ici que tu étais Sunny !

Franky passa de l'autre côté pour voir Robin qui venait de débarquer. Il sauta à terre pour la saluer.

- Robin !

- C'est une amie ? s'enquit Den-san.

- Ouais, c'est une nakama, confirma le cyborg.

Il retourna à sa nakama pour savoir si elle avait finit ce pourquoi elle était venue.

- Pas tout à fait, j'ai quelque chose à vérifier…

Elle regarda autour d'eux, et trouva enfin ce qu'elle cherchait : un petit groupement de coraux verts.

- Dis à Luffy que je pars devant ! fit la brune en s'éloignant.

- Ohé ! Les étrangers devraient ne pas s'y aventurer ! conseilla Den-san en voyant où elle allait.

- Merci pour la suggestion, mais si vous tenez à ce que les curieux restent à l'écart, postez des gardes ! répondit Robin en saluant d'un geste de la main.

Et elle disparut dans les coraux.

- C'est un cas, n'est-ce pas ? commenta Franky avec une certaine fierté.

- Regarde-toi avant de parler, marmonna Den-san.


Les choses étaient… bizarres.

Luffy se faisait accuser de kidnapping parce que Megalo avait recraché la princesse au beau milieu d'une bande de curieux.

Sanji ne devait pas se retourner sous peine de perdre tout son sang.

Et Chopper l'en suppliait à genoux.

- Se pourrait-il que la Princesse des Sirènes soit derrière moi ? demanda Sanji en s'allumant calmement sa cigarette.

- Oui ! Tu as perdu presque tout ton sang pour de simples sirènes ! C'est pour ça que je te supplie de ne pas te retourner ! Si tu le fais, on peut te mettre entre quatre planches ! pleurait Chopper.

Sanji prit une longue bouffée de nicotine et se mit à penser…

La princesse des sirènes… on disait que face à sa beauté, Boa Hancock et Gol D. Ann faisaient pale figure.

Songer à Ann lui remit en mémoire l'image de la Kaizoku Hime et de son sourire malicieux, qui devint rapidement celui d'Ace.

Ses pensées cessèrent de bouger, horrifiées. A cause d'Ivankov, Ace et Luffy, il serait à présent méfiant de toutes les jolies filles… Le cuistot secoua la tête et chassa Ann de ses pensées. Il valait mieux pas s'aventurer dans cette avenue là.

Il préféra songer à la Ningyo-hime et prit sa décision.

- Chopper.

Chopper cessa de pleurer.

- Plutôt que de vivre un jour de plus sans profiter d'un rêve à porter de main… je vais admirer ce rêve et en mourir !

- EEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEH ! Je croyais que ton rêve, c'était d'atteindre All Blue !

Sans lui répondre, Sanji se retourna lentement. Chopper se précipita sur lui, essayant de le sauver, mais trop tard.

Le cuistot se figea, l'œil grand ouvert, et son cœur loupa un battement. La princesse brillait de mille feux pour lui. Et quand il la comparait à son imagination, il se rendait compte qu'il était loin de la beauté de la réalité.

Elle était magnifique.

Une beauté qu'on ne pouvait reproduire.

Et à l'instant où son cœur s'échappa de sa poitrine, il se changea en pierre, faisant hurler de surprise et d'inquiétude Chopper.

Shirahoshi pleurait toujours, et les civils voulurent la protéger.

Et pendant ce temps, Chopper resta perplexe devant le cas de Sanji, persuadé qu'il allait mourir d'hémorragie. C'était nouveau de le voir se changer en pierre. C'était peut-être dû à la transfusion.

Luffy, quant à lui, essayait de tirer de Hachi le coupable de ses blessures.

Sauf que les chasseurs de kai-ô furent plus rapides et les capturèrent tous. Shirahoshi en resta abasourdie.

Les énormes malentendus…

- Portgas-sama doit avoir honte d'appeler son frère un type comme lui ! dit une femme en couvant du regard Luffy.

- Chopper… souffla Luffy, blasé.

- Oui ? demanda Chopper, tout aussi blasé.

- Fais-moi penser de dire à Ace que je le déteste.

- Aucun souci.

L'attention de Luffy se tourna vers quelque chose qui volait vers eux à grande vitesse.

Vander Decken venait leur rendre une petite visite…

Essayant de rester discret, Luffy tira de sa ceinture, dans son dos, un couteau de chasse. Il esquissa un sourire en réalisant que Chopper tirait tout aussi discrètement un scalpel de la doublure de son tee-shirt.

Toujours sur son corail volant, Vander Decken venait vers eux à toute vitesse et exigeait de Shirahoshi une réponse positive à sa demande de mariage, sous peine de mourir. Les civils se préparèrent au combat, et Shirahoshi ouvrit la bouche pour répondre.

- Vous… vous n'êtes pas mon type ! répondit Shirahoshi.

Luffy lui jeta un regard surpris. La peureuse faisait enfin preuve de courage.

Cela choqua Vander Decken et les locaux. On aurait pu se dire que non, elle voulait pas l'épouser parce qu'il essayait de la tuer depuis dix ans. Eh ben nan, il était tout simplement pas son type !

Merci d'être passé quand même !

Puisque Shirahoshi ne l'aimait pas, Vander Decken avait une seule chose à faire : la tuer. En voyant les haches, Luffy s'acharna encore plus sur ses cordes avec son couteau, manquant de s'entailler le poignet.

- Oi ! Yoamushi ! Reste où tu es ! rugit Luffy à la princesse effrayée.

Celle-ci se tourna vers lui, surprise.

- Qu'est-ce que tu racontes ! On peut pas faire confiance aux pirates ! cira quelqu'un.

- Tu es le complice de Vander Decken ! Tu veux sa mort !

Luffy ignora les commentaires, ne quittant pas la princesse des yeux.

- Si tu t'enfuis loin de moi, je ne peux pas te protéger !

- Hai ! Je reste ici, assura Shirahoshi, les larmes aux yeux.

- Hime-sama ! cria une femme.

Les civils se rapprochèrent de Luffy après l'avoir jeté loin du groupe. Luffy remercia Chopper du regard pour cacher le poignard qu'il avait dû abandonner. Bientôt, le jeune capitaine fut entouré de tout côté et tout le monde était hostile à son égard.

- Désolé, j'ai rien contre vous, fit Luffy d'une voix calme. Mais vous êtes légèrement sur ma route.

Il relâcha une infime dose d'Haoshoku, assez pour les assommer. Cela fit comme une explosion.

- Luffy ! s'inquiéta Chopper.

- Ne t'en fais pas, je le maîtrise mieux qu'avant. Ça ne me fait plus rien, rassura Luffy en brisant ses liens d'un coup sec.

Il se mit debout et passa en Gear Second. Il avait pas le temps de se détacher les jambes.

L'instant suivant, il était dans le ciel et brisait de ses pieds liés le corail volant. Vander Decken évacua en grognant. Il n'eut pas l'occasion d'aller bien loin parce que Luffy l'emprisonna entre ses jambes liées qu'il entortilla pour réduire les possibilités d'échappatoire du gyojin.

- T'es celui qui jette des trucs à Yoamushi ?! accusa Luffy.

- Je vais vous tuer tous les deux ! Laisse-moi vous réunir et vous découper en pièces !

- Je voudrais bien t'y voir !

Et Luffy fit une souplesse arrière envoyant ses jambes et donc son prisonnier, vers le sol.

- Gomu gomu no jet Hammer !

Et boooong ! Un gyojin au sol et un !

Luffy ramena ses jambes, sous le regard surpris de ceux qui étaient restés en retrait et qui avaient donc échappé au Haoshoku. Il retomba à terre et sauta les pieds joints jusqu'à Megalo pour le secouer.

- Same ! Debout !

Et il continua sa route vers le groupe. Sanji avait cessé d'être une statue de pierre, mais il était toujours en train de rêver.

- Sanji ! Chopper, comment va Sanji ?

Et Luffy s'accroupit devant son médecin qui avait finalement réussi à se libérer. Chopper rangea son scalpel dans sa doublure et reprit le poignard de Luffy tout en lui disant :

- Il s'est changé en pierre tout à l'heure, mais il est redevenu normal maintenant, et il a l'air heureux. Il est pas encore tout à fait conscient, par contre.

- So ka, wakatta. Dépêche, Chopper. Les gens de l'île nous aiment pas pour une raison qui m'échappe.

- Je veux bien, mais j'ai du mal avec mes sabots et ton poignard, marmonna Chopper en s'acharnant sur les liens de Luffy qui lui reliaient encore les pieds.

En effet, quelques gyojins et ningyos se rapprochaient dangereusement, armés avec ce qu'ils avaient sous la main. Ils devaient se dépêcher de partir.

- Voilà ! fit Chopper en rendant son poignard à Luffy.

- Thank you ! Yoamushi ! Mina ! Allons-y !

- J'arrive ! fit la princesse en se redressant. Je suis désolée mina-sama ! Je serais de retour pour le dîner !

- Hein ? fit la populace, perplexe de son commentaire.

Pendant ce temps, Luffy et Chopper avaient libéré Hachi et déplacé Sanji sur Megalo.

- Ike, Same ! ordonna Luffy.

Avec quelques difficultés, le requin décolla, la princesse accrochée à lui.

Cependant, Vander Decken se releva et appela un certain Wadatsumi pour les empêcher de fuir. Wadatsumi étant le bonze de mer qu'ils avaient croisé sur le chemin vers l'île.

Et il était largement plus grand que la pauvre Shirahoshi.

- Gear Second.

- Bah, si tu t'y mets, je vois pas pourquoi on doit s'en faire, soupira Chopper en retournant auprès de Sanji, pas plus concerné que ça.

- Jet...

Luffy disparut dans un nuage de vapeur pour réapparaître dans le ciel, face au bonze de mer.

- …Pistol !

Et la puissance du coup envoya le Grand Moine à terre, lui cassant une dent.

Luffy resta dans les airs en garde, s'y maintenant grâce au Geppou. Après son entraînement de tous les diables, il se sentait bien plus à l'aise avec son Gear Second. Il y aurait quelques surprises pour quelques personnes, une fois dans le Shin Sekai. Megalo passa près de lui et Luffy revint sur son dos, afin qu'ils puissent fuir vers leur destination d'origine.

De son côté, Nami était partie sur ordre de Zoro. Il savait qu'il ne pourrait que retenir Hody. Et qu'ils manquaient d'infos sur ce qu'il se passait. Leur meilleure source, c'était soit Namur, soit ce Jinbei. Namur n'avait pas semblé vouloir partager quoi que ce soit sur le sujet, alors, il ne leur restait que l'ex-Shichibukai. Le marimo savait ce que cela en coûtait à Nami, mais il ne pouvait se permettre de la laisser dans cette situation. Il ne savait rien des intentions des pirates, et préféré la protéger en l'éloignant. Aussi, la rousse partit avec Keimi rejoindre la forêt sous-marine.

Elle espérait simplement que le démon aurait soif, et de la force à revendre.

« Je sais que vous pouvez vous en sortir, alors, ne me faîte pas mentir. » songea Nami.

Keimi ne fit aucun commentaire en sentant un léger tremblement dans les bras de Nami, ni quand elle tournait la tête de temps à autre pour regarder le château qui s'éloignait.


- Par Davy Jones… c'est trop beau ce coin ! s'exclama Luffy.

Ces paroles mémorables lui vinrent aux lèvres, une fois arrivé à destination. Umi no Mori.

- J'ai… J'ai toujours rêvé de venir ici… sanglota Shirahoshi. Merci infiniment Luffy-sama !

Chopper n'avait pas idée de s'intéresser à la beauté du paysage. Le poignard qu'il avait retiré d'Hachi avait fait pas mal de dégât et Sanji continuait de chanter dans son sommeil 'mer-mai-du'. De quoi être exaspéré.

Quoi que Luffy remarqua quelque chose qui remonta le moral à Chopper.

- Ah ! Voilà le Sunny !

- C'est vrai ! Et voilà Franky !

- Ohé ! Franky ! C'est donc ici que tu étais !

Franky leva le nez vers Luffy en reconnaissant sa voix. Il releva ses lunettes en voyant Shirahoshi.

- Eh ben Luffy ! C'est ta famille qui sera contente que tu leur ramènes une telle pin'up !

- Raconte pas de connerie, Sabo est plus proche de se marier que moi.

Et donc, ils vinrent se poser et Luffy fit la présentation.

- C'est Yoamushi !

- Oh. Yoamushi… fit Franky sans sourciller. Tu dois devenir plus forte, hein, Sis ?

- Hai, sumimasen, fit Shirahoshi, un peu embarrassée. Mon nom est Shirahoshi.

- Franky, y'a personne d'autre ? s'enquit Luffy.

- Ton Haki te sert à quoi ? lui demanda le cyborg.

- A me donner la migraine. Alors ?

- Eh bien, Robin est passée, mais elle a dit qu'elle devait voir quelque chose. Elle est partie par là.

Et il montra le bouquet de corail vert où avait disparu Robin.

- La tricheuse ! Elle m'avait promis qu'on irait voir ça ensemble !

Des bruits de geta les firent se retourner.

- Luffy-kun !

- Jinbei ! Oha, Jinbei ! Content de te revoir ! Y'a un bail depuis la dernière fois !

Namur esquissa un sourire et se figea brusquement en voyant Shirahoshi. Jinbei lui aussi sourit à Luffy.

- Oui, très longtemps ! approuva le requin-baleine.

Luffy eut un flash back de l'aide qu'avait apporté Jinbei pour l'annonce de Marine Ford, il y a deux ans, puis les entraînements qu'il avait eus avec lui, pendant qu'il se remettait des blessures d'Impel Down. Les blagues pourries que lui et ses frères avaient faites au pauvre homme pendant qu'ils étaient tous les trois. Les quelques discussions qui se finissaient dans des crises de fou rire sans nom et un regard inquiet et suspect de la part d'Ace (parfois avec raison, vu le nombre de fois où Luffy avait raconté des anecdotes embarrassantes de l'enfance de son frère).

- Tu as l'air bien plus fort ! J'ai eu du mal à te reconnaître ! Ace-kun ne va pas en revenir ! fit l'ex-Shichibukai en le regardant d'un air appréciateur des pieds à la tête.

- Shhh ! Va pas gâcher la surprise ! s'offusqua faussement Luffy. Namur m'a dit que t'étais pas là, alors j'ai cru qu'on pourrait pas se voir !

- Nan ja ? Tu n'as pas eu mon message ?

- Nanda sore ? Quel message ?

- Mmmmh, c'est bizarre. Quoi Namur-kun ?

En effet, Namur le tirer par la manche depuis un moment.

- Jinbei-oyabun-sama ! Hisashiburi desu ! salua Shirahoshi en souriant.

Namur pointa de son autre doigt la princesse, comme s'il était foudroyé sur place.

- Ah, Shirahoshi-sama, salua Jinbei, tu es ici aussi ! Il y a long…

Et il s'interrompit, réalisant ce qu'il en était

- Hime-sama… pourquoi vous êtes ici ? demanda Namur, craignant presque la réponse.

- Oi, Franky ! appela Chopper sur Megalo. Tu peux m'aider avec Sanji et Hachi !

Namur fronça les sourcils en voyant l'état de Hachi. Il pensait qu'il n'avait été touché que par un poignard.

- Hachi ! firent les deux ningyos.

- J'aurais pas dû te laisser seul ! Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? demanda Namur en rejoignant Franky.

- Seconde volée de flèches, marmonna Hachi.

- Non, avant, je croyais qu'il avait été pris avec Arlong et co, fit Jinbei en se rapprochant quand Franky posa l'octopus à terre.

- Nyu… Jinbei-san, pourquoi est-ce que vous êtes ici ? demanda faiblement Hachi.

- Franky ! Sanji vient en suivant ! appela Chopper.

- Non, j'ai pas besoin d'aide, fit Sanji en se relevant, apparemment réveillé.

Et il se la péta bien comme il faut avec une vrille aérienne pour atterrir sur un pied, dos à Shirahoshi.

- Oh ! Mermaid Princesse ! fit le cuistot en retirant sa cigarette de la bouche.

Shirahoshi le regarda avec perplexité.

- Devant vous, je me sens comme un mauvais peintre !

Et il partit dans une chorégraphie sans le moindre sens pour dire qu'il était incapable de retrouver dans la moindre peinture la beauté de la sirène.

- A-ano… fit Shirahoshi.

- Sanji est guéri, commenta Luffy avec un sourire blasé aux lèvres.

Jinbei et Namur regardèrent le spectacle du blond avec stupéfaction.

- Même quand il était jeune, Thatch n'était pas comme ça… souffla Namur. C'est… hallucinant…

- Votre beauté ne parviendra jamais à rentrer sur la moindre toile ! continua Sanji.

- Il est sérieux ? demanda Jinbei.

- Yep, assura Luffy.

- Conseil, Luffy, si tu repasses par le Moby Dick. Ne le laisse pas s'approcher de Lilith-san, souffla Namur. Surtout si Marco, Cassandra ou Thatch sont dans le coin.

- Thatch, je peux comprendre, de ce que j'ai vu de son manège avec Edessa, mais pourquoi Marco et Cassandra ?

- C'est sa jumelle tout juste retrouvée. Il est trèèèès protecteur avec elle. Et comme c'est une infirmière…

- Vrai, elle répond du Démon.

- Et quand Thatch est sérieux avec une nana… t'as pas envie de faire le con avec elle.

- C'est noté.

C'est là que Den-san débarqua à cause du bruit et resta figé devant la présence de Shirahoshi.

- Hey, mais c'est qui, lui ! s'indigna Luffy.

- Calmos, c'est Den-san, le frère de mon maître, répondit Franky. C'est lui qui va refaire l'enduit du navire… enfin, quand le gars, là, l'aura lâché.

- Ah, so ka.

En effet, voyant Den-san, Namur s'était jeté sur le pauvre homme, les larmes aux yeux, le remerciant mille fois pour le Moby Dick.

- Allons, allons, Taisho, c'est un plaisir d'avoir fait un navire qui reçoit autant d'affection de son équipage, et qui en plus de ça, nous protège et nous offre une égalité entre nous et les humains ! sourit le charpentier. Je ne l'ai pas vu depuis un moment, vous en prenez toujours aussi soin ?

- La première flotte a massacré un bataillon de marines pour les avoir dérangé le jour où ils devaient nettoyer le pont, répondit Namur.

- Mon frère est dingue, soupira Luffy en secouant la tête. Comment a fait Sabo pour survivre tout ce temps avec nous ?

- Je pense plus que c'est ton oncle que tu dois plaindre, Luffy, commenta Franky. J'ai entendu des rumeurs disant que Sabo était tout aussi illuminé que toi ou Ace.

Et pendant ce temps, Jinbei faisait la morale à Shirahoshi sur sa présence dans le coin.

Il s'interrompit quand Luffy passa comme une flèche devant lui et envoya dans le sol d'un simple coup de pied une hache envoyée par Vander Decken.

- Mata ka ? marmonna Luffy en fronçant les sourcils, regardant au loin. J'ai eu beau lui foutre la patté, il continue de jeter des trucs ! Il est chiant et persistant !

- Vois ce que tu as fait, Luffy-kun ! Pourquoi tu l'as embarquée ici ? gronda Jinbei.

- Arrête de t'en faire. Tu sais que je veille sur toi, ne ?

Luffy adressa un sourire à Shirahoshi.

- Hai ! sourit Shirahoshi.

- Question stupide, pourquoi Ace n'a rien tenté ? demanda Luffy.

- Parce que je ne suis pas assez stupide pour lui en parler, pointa Namur. C'est un problème local, pas besoin de faire intervenir la cavalerie pour ça.

- Vas-y, tu as quelque chose à faire, lança Luffy à la princesse.

Shirahoshi fila vers la tombe qu'elle rêvait de voir et alla s'y recueillir.

- C'est la tombe de sa mère, Otohime-sama, lui dit Jinbei. La cour de Vander Decken a commencé juste à la suite de la mort de la Reine.

- C'est pour ça que la princesse n'a même pas pu assister à l'enterrement et qu'elle a passé les dix dernières années dans cette tour, soupira Namur.

Luffy devinait aisément ce que devait ressentir la princesse. Elle devait avoir tant de choses à raconter à sa mère. Ça lui rappelait son aîné, son regard tourné presque instinctivement vers le South Blue.

- On a prévu de lui faire la surprise pour ses vingt-quatre ans, souffla Namur en devinant les pensées de Luffy. D'ici là, la Red Line aura poussé et le Shin Sekai sera plus stable pour qu'on puisse envoyer un navire dans le South Blue.

- Merci, souffla Luffy.

- C'est notre frère, autant que le tien.

- Ce qui veut dire qu'on est des frères, tous les deux ?

Jinbei esquissa un sourire. Il y avait de l'espoir pour le genre humain si Luffy criait de joie d'apprendre qu'il avait plus de mille six cent frères et sœurs, dont un gyojin.

- LUFFY !

- LUFFY-CHIN !

Luffy releva la tête pour voir Nami et Keimi arriver par une voie d'eau, dans un bus.

- Nami ! Keimi !

- Nami-chin ! Mitte, mitte ! Le plus petit, c'est Namur-Taisho, des Shirohige ! Et le gros, c'est Jinbei-oyabun ! annonça Keimi toute contente à la rousse.

Nami resta silencieuse en regardant Jinbei qui lui rendit son regard, impassible.

- Ohoh, j'avais oublié… et merde… gémit Luffy.

Et bien entendu, la présence de Shirahoshi ne laissa pas ses dames indifférentes. Mais Nami avait autre chose à faire.

- Ton second m'a donné un ordre, Luffy, annonça Nami en rejoignant son capitaine.

- Qu'est-ce qu'il en est ?

Nami lui raconta tout ce qu'il se passait.

Namur jura et Jinbei soupira. Shirahoshi fondit en larmes d'inquiétude.

- Si tu n'as pas autre chose à dire ou faire, je vais y retourner, fit Nami.

- Non, reste, ils peuvent s'en sortir. Si ces gars suivent les idées d'Arlong, je préfère pas te voir là-bas, demanda Luffy.

- Luffy-kun, suman, s'excusa Jinbei, surprenant le garçon. Je t'avais laissé ce message dans l'espoir que tu ne te retrouves pas avec des ennuis, mais il semblerait que tu sois déjà mêlé à tout ça.

- Ace va me brûler vif si l'équipage ne m'a déjà réduit en charpie, déprima Namur. La retraite serait une bonne option.

- Nous devons nous dépêcher, mais lasse-moi te dire une chose… il y a deux ans, j'aurai pas pu t'en parler, pas avec ton état en sortant d'Impel Down. Mais je pense que je peux le faire à présent. Quand Ace-kun m'a dit que c'était vous qui aviez stoppé la bande d'Arlong dans l'East Blue, je ne croyais pas ma chance et je vous en ais été très reconnaissant. Je veux vous remercier pour cela. Merci. Mais en même temps, je veux vous demander pardon. C'est moi le responsable des actes d'Arlong en East Blue.

Luffy baissa son chapeau sur son visage, ayant déjà eu toute l'histoire de la part d'Ace. Il s'approcha de Nami qui s'était figée, le regard braqué sur le signe du soleil gravé dans la poitrine de Jinbei, une main tremblante là où elle portait auparavant la marque d'Arlong.

Sans un mot, Luffy posa deux mains sur ses bras, et les lui serra doucement.

- Je suis là, Nami. Plus personne ne te fera de mal… chuchota Luffy dans le silence qui suivi l'annonce de Jinbei.