Un autre monde
Auteur : Ok Snape
Disclaimer : Histoire de JK Rowling, histoire d'Ookami Kitsune Snape
Pairing : HPDM et yolo
Genre : Slash, Romance, OCC, Angst
Attention : Viol, violence, mort, mention deathfic à envisager
Note : J'ai écrit ce chapitre très rapidement après le 6e. J'avais besoin d'avancer dans cette histoire et ce chapitre sera l'un des plus importants de cette fanfiction. C'est accessoirement l'un des plus attendus : les retrouvailles entre Harry et Severus.
Note bis : Attention, vers la fin c'est rating M. Veuillez-vous arrêter de lire avant la ligne prévue à cet effet si vous ne voulez pas lire un viol et de la violence.
Chapitre 5 : Retrouvailles
Dans les longs couloirs du château, un maître de potions marchait en direction du bureau du directeur. Il avait été convoqué le matin même pour une réunion express. Peu de professeurs se trouvaient à Poudlard pendant ce mois d'août, la plupart était de retour chez eux ou en vacances. Il était donc l'un des rares à arpenter les couloirs, tandis que les autres viendraient par le réseau de cheminettes.
Cependant, Severus Prince ruminait. Il n'avait rien contre la réunion en elle-même, mais du jour où elle se tenait. Il avait enfin trouvé le courage d'aller chercher son fils mais une fois arrivé devant le portail, le directeur l'avait appelé en urgences. Saleté de foutu vieux bonhomme.
Non, il n'avait pas eu peur d'entrer. Non, il ne trouvait pas que cette réunion tombait à point nommé. Et il n'avouerait sûrement pas qu'il avait attendu une bonne demie-heure devant l'orphelinat avant que l'appel n'eut lieu, et qu'il avait alors eu le temps d'entrer et de rencontrer son fils.
Non, rien de tout cela, fois de Prince.
Une fois devant la porte, il tenta plusieurs noms de bonbons avant de voir la porte s'ouvrir suite à un "Chocogrenouille" agacé. Il monta les escaliers après être passé par la statue. Il entra alors dans le bureau directorial où quelques professeurs étaient présents ainsi que l'infirmière. Il salua d'un coup de menton Minerva puis Pomona ainsi que Poppy. Il s'assied sur une chaise et regarda enfin vers le bureau. Albus s'y tenait, accompagné par un jeune homme qu'il semblait reconnaître, ainsi que de deux enfants identiques, tenus chacun par un bras de l'adulte.
C'était sur cette image intrigante que le professeur écouta le discours du directeur :
- Bonjour mes amis, merci d'avoir répondu si vite à mon appel. Je voulais vous présenter Tidiane Prince et ses enfants Sohan et Aylan. Il souhaitait s'entretenir avec vous afin d'accueillir Sohan avant la rentrée.
Albus Dumbledore laissa alors la parole au cousin de Severus. Ce dernier l'avait d'ailleurs reconnu à l'annonce de son nom, écarquillant les yeux à sa façon, c'est-à-dire avec discrétion. Et au moment où il réalisa qu'il s'agissait de son cousin, celui qui tenait l'orphelinat où il avait abandonné son fils, il commença à espérer. Il observa alors avec appréhension les deux plus jeunes, et il hoqueta. Tout le monde s'était tourné vers lui, étonné d'une telle réaction venant du sombre professeur. Mais Severus s'en fichait, il semblait focalisé sur les enfants.
Les deux avaient la cicatrice. Comment était-ce possible ? Son fils avait survécu à l'Avada Kedavra, son ancien Maître l'avait d'ailleurs bien fait souffrir à ce propos, gardant une marque indélébile sur le front. Il était hypnotisé par leur cicatrice sur les côtés opposés de leurs fronts.
Soudain il entendit la voix de son cousin renié, et il revint sur Terre :
- Bonjour, j'étais autrefois Tidiane Prince et après avoir fui le monde magique suite à un déshéritage, j'ai ouvert un orphelinat. Il se trouve que parmi mes enfants, certains soient des sorciers. Voici Sohan, et Aylan son frère jumeau.
Je voulais vous demander une assistance médicale pour mon fils -celui qui se situe à ma droite- qui souffre d'une grave maladie. Et du même coup vous laisser sa garde afin qu'il fasse sa rentrée scolaire sans avoir besoin de revenir à la maison.
Albus lissait sa barbe avec un sourire énigmatique. Il observa du coin de l'oeil les professeurs puis les enfants à sa droite. Le petit Sohan semblait éreinté, blanc comme un linge. Aylan le regardait avec inquiétude, tout comme il évitait le regard des professeurs. Ah, Albus Dumbledore était ravi de sa journée malgré les raisons de leur venue. Et il s'attendait à certains comportements qui ne tardèrent pas :
- Mais M. Prince, votre enfant est-il seulement un sorcier ? S'il ne l'est pas, n'avez-vous pas enfreint la règle principale de notre monde, le Code du Secret ?
- Mme Mc Gonagall, mon fils ici présent a reçu sa lettre d'admission à Poudlard il y a une semaine de cela. Il a tout-à-fait le droit d'être ici et de recevoir les soins adéquats. Tout comme son frère ici présent.
La directrice de Gryffondor s'offusqua et demanda à voir la lettre. Tidiane, qui avait prévu le coup, les lui montra. Elle observa alors l'écriture de la plume à belle calligraphie qui ne pouvait appartenir qu'au directeur avant de se focaliser sur le nom de l'enfant, car Sohan n'était qu'un nom d'adoption. Et ce qu'elle vit l'estomaqua.
- Impossible... Lily...
Severus se tourna lentement, très lentement vers sa collègue, de peur de comprendre. Elle avait sa main droite crispée sur la lettre et le visage défait était tourné vers lui. Lui, parmi tous les autres occupants de la pièce. Elle faisait la navette entre le malade et lui. Lui.
Alors, il se tourna à son tour pour faire face. Pour faire face à son fils.
- ... Harry ?
Le garçon le regardait, le regard instable. Il essayait de se focaliser sur la voix qui venait de l'appeler. Oui, il savait qu'il s'appelait Harry Evans, renommé Sohan. Et il se doutait que sa famille serait peut-être présente à l'école où il allait se faire soigner, puis où il étudierait.
Ils en avaient longuement parlé avec toute la famille après avoir retrouvé Aylan. Il y eu de nombreuses révélations et de nombreuses conséquences. Mais il ne voulait pas se rappeler de ce moment désagréable. Non, il préférait se confronter à son... père ?
Il ne savait pas que la rencontre se ferait aussi vite. Car il l'avait entendu à la voix incrédule, mouillée et vibrante d'espoir, la voix d'un père. La voix d'un homme qui l'avait abandonné. Il ne souriait pas et il ne lui répondit pas. Mais il tenta de distinguer son père biologique. Il tenta de voir son visage, les traits d'un lâche.
Il était en colère, même s'il voulait savoir pourquoi. Pourquoi il l'avait laissé à Tidiane. Pourquoi il ne l'avait pas assez aimé pour le garder. Mais il se contenta de fixer l'image floue de son "père".
- Severus ?
Son cousin se fixa sur lui, le regard écarquillé, tandis que Sohan imitait sans le savoir son géniteur. Il tenta de lui répondre une première fois, mais sa voix resta bloquée dans sa gorge. Puis il tenta une nouvelle fois, dans un souffle :
- Tidiane... Harry... mon fils.
Le jeune père se figea. Non. Non non, non non non non non. Non. Non mais non. Non mais ce n'était pas possible.
Tidiane ferma les yeux et refusa toute compréhension. Il savait qu'il devrait se confronter à la famille de ses enfants, un jour. Il s'agissait d'un jour hypothétique et lointain, et surtout de gens qu'ils ne connaissaient pas. Mais de sa propre famille ? Son propre cousin ? Son estime pour lui chuta d'un coup. Abandonner un enfant aussi adorable... Une honte. Même si d'un côté, il bénissait cet abandon : l'amour qu'il portait à ses enfants était réciproque. Il n'avait aucun regret, si ce n'est la tristesse de ses petits envers leur famille biologique.
Cependant, il n'eut pas le temps de répondre ou de reprendre ses esprits que son deuxième enfant répondit :
- Avez-vous eu des jumeaux ?
Le professeur de potions regarda Aylan pour la première fois, se demandant pourquoi il lui posait une telle question. Il fronça les sourcils et répondit avec insouciance et une franche honnêteté :
- Non, pourquoi ?
Et là le monde d'Aylan disparut. Il trembla, crispa la mâchoire et se mit à pleurer. Vraiment, avec tout le désespoir d'un condamné. Il mit ses paumes sur ses yeux, se plia presque jusqu'à toucher ses genoux et cria. Il hurla, même. Il hurla sa peine et son malheur.
Sa pire peur se concrétisait.
Tidiane se contenta de le prendre dans ses bras, tandis que Sohan parlait à toute vitesse à son frère cadet. Il le rassura, le prit contre lui, tout près de son coeur et caressa ses cheveux sur son front, et à travers eux sa cicatrice. Celle qui l'avait fait tant culpabiliser.
Il savait que Aylan aimait sa cicatrice. Il l'aimait tout comme il adorait son frère. Et c'était réciproque. Alors voir son jumeau, pleurer et crier qu'il ne voulait pas s'éloigner de lui, lui déchira le coeur. Il répétait inlassablement qu'il "ne voulait pas". Ne voulait pas quoi ?
Il ne voulait pas être séparé de Sohan. Il ne voulait pas être une entité différente de lui. Il ne voulait pas être juste Aylan. Il ne voulait pas perdre ses attaches. Ou peut-être tout simplement qu'il ne voulait pas savoir ce qu'il soupçonnait déjà.
Face à ses pleurs, face à sa peur et face à ses plus grandes craintes, à lui aussi, Sohan se crispa. Et il commença à haïr de tout son coeur la source de leurs malheurs.
Alors le jeune enfant fusilla du regard l'homme, son père, qui lui avait fait tant de peine. De son petit mètre vingt, il snoba l'homme qui se tenait là, celui qui avait déchiré le coeur de sa moitié, le menton haut et le port le plus altier et fier qu'il put trouver. Puis il parla pour la première fois à cet homme sans coeur :
- Nous sommes jumeaux. Nous avons été abandonné le même jour. Nous avons grandis ensemble. Nous sommes pareils. Si vous n'avez eu qu'un enfant, ce n'est pas moi. Moi, je suis né avec un frère.
Severus ne savait comment réagir. Il resta dubitatif face à tant de haine. Harry l'avait regardé avec tant de mépris, et sa voix suintait de colère !
Alors il se sentit mal. Severus se faisait rembarrer par le fils qu'il avait tant pleuré. Il se sentit mal car il ne comprenait pas comment un tel hasard s'était fait. Il soupira, fatigué par tant de révélations. Il ne voyait pas pourquoi il devrait prendre cet enfant en plus de Harry. Il n'était pas le sien.
Il allait le lui dire quand il vit que Harry -Sohan- ne lui prêtait aucune attention. Il tenait son frère aussi fort qu'il le pouvait, le serrant aussi fort qu'il le pouvait et lui caressait les cheveux. Il lui chuchotait des choses inaudibles pour les professeurs. Il vit alors qu'ils se regardaient les yeux dans les yeux, le regard rivé sur l'âme jumelle. Aylan était désespéré, s'agrippant à son fils avec tout le malheur d'un naufragé, il se laissait happer par l'abîme du vert des yeux de son frère. Ils se parlaient comme par télépathie, se transmettant mille et un mots au-delà des paroles. Il vit Aylan se cramponner à Sohan, ses épaules tressautant des sanglots comprimés dans son petit coeur.
Face à une telle détresse et à une telle complicité, Severus fit un choix.
- J'ai perdu un fils le 31 juillet 1980, et voilà que j'en retrouve deux un 9 août 1991.
Harry -ou Sohan- se tourna alors brusquement vers lui, l'air franchement dubitatif. Ses yeux s'étaient éclairés, empreints d'une lueur d'espoir et de joie non feinte. Puis son visage se referma en une acceptation, et il le remercia d'un coup de menton avant de retourner rassurer son frère. On pouvait croire à une cruelle indifférence, pourtant Sohan paraissait plus serein et arborait un discret sourire. Et Severus l'avait vu.
- Tout cela est formidable mais, Albus, pourquoi sommes-nous ici, nous autre professeurs ?
- Voyez-vous Poppy, Harry -ou Sohan- va avoir besoin de soins. Il est très malade et ne tient debout que par sa propre volonté. J'avais donc dans l'idée de vous le présenter afin que vous ne soyez pas surpris de découvrir un élève à Poudlard pendant les vacances. De plus, je voudrais que Pomona vous aide à trouver les plantes adéquates pour ce jeune homme. Son mal semble assez gra-
Sohan ne put entendre la suite car il sombra dans un profond sommeil, soutenu par son frère et son père.
Sohan s'était réveillé une première fois, une certaine Mme Pomfresh lui expliquant les tenants et aboutissants de son arrivée à l'Infirmerie. Son père passera le voir plus tard, ainsi que son frère, après avoir remplis les papiers adéquats pour son admission à Poudlard. Puis il s'était rendormi après avoir avalé une mixture au goût passablement agréable.
Alors qu'il ouvrit les yeux pour la seconde fois, il entendit du bruit dans le lit à côté. Il se leva de sa couche et ouvrit le rideau avec peine, pensant voir son frère ou son père. C'est ainsi qu'il le vit pour la première fois : un jeune homme au teint pâle, les cheveux d'un blond presque blanc et ses yeux. Ses yeux gris qui le fixait, un air surpris et renfrogné à la fois peint sur le visage.
- Bon... Bonjour... ?
Il se sentait petit sous le regard scrutateur du jeune homme. Il était misérable face au port aristocratique de son homologue, honteux de son bégaiement. Le jeune homme était plus grand que lui, sans doute plus âgé également. Il était clairement plus beau et il sentait meilleur que lui. Une douce odeur de chèvre-feuille.
Il se sentait misérable.
Il ne le voyait même pas correctement, mais il pouvait deviner la supériorité écrasante du jeune homme. Il sentait son regard acéré et scrutateur, les nerfs à fleur de peau après tant d'épreuves. Il se réveillait dans un endroit encore inconnu, n'avait pas vu ni son frère ni son père depuis un bon moment et se trouvait à être comparé à un bel inconnu. Il n'avait même pas remarqué que cette comparaison s'était faite d'elle-même dans son esprit et non pas par une tierce personne.
Il se sentait seul sans la présence constante de ses nombreux frères et soeurs. Ils étaient toujours en famille, complices et rassurants. Il était au bord des larmes, alors il referma le rideau tant bien que mal et retourna se coucher avec peine.
L'enfant ne lui avait même pas répondu.
- Draco Malfoy, futur Lord. Mon père fait partie du Conseil Administratif de l'école et je suis en deuxième année à Poudlard. Ma présence est donc légitime. Mais toi, qui es-tu ?
Sohan avait sursauté au son de sa voix. Il pensait que le jeune homme était parti, alors que le silence s'était instauré depuis un petit moment. Il prit quelques minutes, attendant que son coeur se calme et que ses mains se décrispent des draps. Il ne supportait pas être surpris, ne pas contrôler les circonstances et ne pas savoir ce qui se trouvait près de lui. Puis il répondit dans un murmure :
- Sohan Prince. Je suis malade, alors on me soigne ici.
Draco ouvrit de nouveau le rideau bleu de l'Infirmerie, prenant alors le temps de l'observer avec plus de minutie. Sohan ne semblait pas le voir correctement car son regard n'arrivait pas à se fixer sur lui. Il semblait instable, ne sachant où s'accrocher. Il était petit, frêle, pâle et inquiet. Une véritable plaie, en outre.
- Un Prince, hum ?
Draco demanda alors de plus amples explications sur son état. Sohan lui décrivit doucement son histoire, lui expliquant sa présence. Le jeune homme sembla étonné et un peu attristé par sa condition. Il devait se sentir seul, ce petit bonhomme aux habitudes bousculées et au dépaysement certain. Il allait lui parler plus amplement après avoir décidé qu'un Prince ne pouvait que faire plaisir à son Père, lorsqu'un autre enfant entra dans l'infirmerie. Draco se rembrunit immédiatement, reprenant son masque sous l'air intrigué de Sohan qui avait sentit le changement d'attitude. Il était pourtant certain que "Draco" s'était plus ouvert au bout d'un certain temps. S'était-il trompé ?
- Sohan ! Papa m'a dit que... Bonjour ?
- Bonjour, Draco Malfoy. A qui ai-je l'honneur ?
L'étranger le regardait avec suspicion, puis, reconnaissant le physique de Sohan dans ce jeune enfant, Draco se détendit progressivement. Il vit alors le sourire malicieux de Sohan face à sa méfiance.
- Draco, voici mon frère jumeau, Aylan.
Ce dernier ne vit pas le regard triste dudit petit frère alors que son jumeau insistait sur ce point. Il vivait très mal cette révélation, et se sentait rassuré que Sohan montre sa possessivité à son égard. Il avait peur d'être séparé de son frère. Seule la promesse du professeur Prince lui avait permis de tenir : ils seraient tous deux reconnus comme héritiers et fils de Severus.
Sohan se souvenait de la fuite de son frère après les révélations de leur père, quand il vit son regard mouillé.
Flashback
Il avait couru jusqu'aux quartiers malfamés de Londres. Il l'avait alors suivi sans consulter sa famille et le retrouva aux mains de Jaden et de ses amis, des partisans du Jörmungand. Il prit peur et couru malgré sa fatigue et son malaise. Une fois arrivé près des voyous, il prit un air sûr de lui avant de réclamer son frère.
Les trois gaillards se retournèrent vers lui et le reconnurent. Ils lâchèrent alors Aylan pour se diriger complètement vers le nouveau venu. Le plus grand l'observa et ricana :
- Bas alors ma jolie, on défend son petit frère ? On est gentils, on te le rend. Tu voudrais pas nous donner quelque chose en échange ?
La luxure brilla dans leurs yeux de ses congénères. Il ravala sa fierté, sa bile et son dégoût avant de murmurer pour que son frère ne l'entende pas :
- Je reviendrais ce soir à l'endroit habituel.
Son coeur tremblait d'effrois et il s'obligea à cacher sa grimace. Jaden et ses copains n'étaient pas des tendres, loin de là. Il songea à sa future sentence avant de contourner les adolescents pour rattraper son frère et le ramener à la maison.
Il le sermonna furieusement avant de lui tomber dans les bras. Il le serra et le rassura longuement, lui rappelant tout leurs souvenirs et points communs. Il lui dit combien il l'aimait et combien ils étaient bien tous les deux. Qu'ils étaient frères peu importe ce que les adultes en disaient.
Attention, le moment M est commence ici.
Il était revenu le soir-même comme convenu. Jaden, Aaron et Thaïs, le célèbre trio de Jörmungand l'attendait. Ils avaient le sourire goguenard et dangereux des chasseurs. Celui qui fait trembler n'importe laquelle de leurs proies, qui leur hurlait de fuir avant de se faire manger.
Et il se fit dévorer.
Il s'était résigné, avait avancé et s'était assis sur la couche contre le mur. Il enleva son T-shirt, son pantalon, puis ses chaussures et ses chaussettes, réitérant une consigne mainte fois répétée. Il se tourna alors face au mur, mit ses mains contre le béton et attendit, la tête inclinée vers le sol et les genoux sur le matelas. Et il attendit avec appréhension la douleur, qui ne tarda pas.
Il sentit le coup de ceinture et le coup de poing dans son dos. Grimaçant sous la douleur, il s'empêcha tout bruit. Les cris de souffrance les excitaient, et il valait mieux pour lui qu'ils se lassent, et vite. Il reconnaissait les coups du plus brutal d'entre eux.
- Et bien Bambi, qu'attends-tu ? Crie ! Je veux t'entendre.
La voix grondante appartenait à Aaron, le plus baraqué du trio. Il était brun, les épaules carrées et la musculature saillante. Il était idiot, mais tous tremblaient sous la douleur de ses poings. Sohan frissonna, hésitant. Devait-il obéir et souffrir plus, ou désobéir et mourir ?
Le choix se fit de lui-même. Et il cria.
Chaque coup, chaque lacération, chaque claque, chaque déchirure de sa peau, chaque goutte de sang. Son monde n'était que douleur, que peur. Il tremblait, refusant de se confronter à la réalité. Il le savait pourtant, on ne peut échapper au Jörmungand. Et lui était l'une des marchandises de ce gang dont on craignait les représailles.
Et d'un coup, la douleur se concentra en un seul point.
Thaïs devait être en manque pour l'avoir pénétré d'un seul coup. Il savait que c'était lui, car les bagues qui griffaient sa peau sur ses hanches étaient les siennes. Il sentait le métal s'enfoncer dans le creux de ses reins, préférant se focaliser sur cette douleur là. Il ne voulait pas ressentir ce qui pilonnait son derrière. Il voulait oublier et s'oublier à la fois. Oublier son corps et quitter le monde matériel, ne plus rien voir, ne rien entendre.
- Putain Bambi, ça faisait longtemps que je ne t'avais pas vu. C'est agréable d'être de nouveau à la maison, non ?
L'ironie, le sarcasme et le surnom eurent raison de ses dernières défenses et il commença à pleurer. Ses sanglots étaient irréguliers sous les coups de boutoirs, la douleur affluait et paralysait ses nerfs. Il entendit Jaden rigoler doucement et il sentit sa main lui caresser la joue et effacer ses larmes. Il ouvrit les yeux quand il sentit Thaïs se retirer et le tourner dans le sens inverse à sa position initiale. Puis il fut obligé de s'assoir sur Thaïs, sa verge le déchirant pendant l'action. Il fit alors face à Aaron qui lui présenta son pénis face à son visage. Comprenant, il s'exécuta avec dégoût, les larmes ne pouvant se tarir. Jaden s'amusait à prendre des vidéos et des photos, s'approchant parfois pour embrasser Sohan et le caresser, le féliciter.
C'était ce qu'il détestait le plus.
Il était forcé de faire ces choses que les grandes personnes affectionnaient, forcé à faire tout ça alors qu'il ne le voulait pas. Pourtant il appréciait la douceur de Jaden, Jaden qui ne l'avait jamais pénétré, jamais violenté, jamais torturé. Seul Jaden l'avait toujours bien traité. Même s'il avait un comportement détestable, on préférait toujours le moindre mal. Et Jaden était sa bouée de sauvetage dans cet enfer de douleur. Alors, il s'accrochait avec répugnance à cet homme plus gentil que les autres. Il essayait d'oublier la douleur quand il l'embrassait.
Et il se dégoûtait pour ça.
Il se dégoûtait de ressentir ce sentiment de sécurité quand Jaden était là, parmi la meute. Parmi les loups. Parmi les monstres.
Modifications faites le 23/04/2016 en raison d'une incohérence.
