Bonsoir tout le monde!
Voici la suite. Je pense qu'il ne me restera plus que deux ou trois chapitres à écrire pour finir cette histoire.
Bonne lecture!=)
Chapitre 6
La maison recevait un nombre important d'invités, malgré tout, la sécurité restait incontournable. Akashi sirota lentement son verre de champagne, ses yeux bicolores parcourant les personnes présentes avec attention. Il cherchait son père parmi les invités, mais celui-ci ne se trouvait nulle part. Alors qu'il se dirigeait vers la terrasse, il aperçut une chevelure bleue parmi la foule. Venait-il de rêver ?
— Il est où ? demanda-t-il lorsque Kise répondit.
Par mesure de précaution, il avait appelé chez lui, pour être sur que Kuroko s'y trouvait bien. Il s'était disputé avec le jeune homme aujourd'hui, car il ne voulait plus le mêler à cette histoire. Si d'ordinaire il savait d'un seul regard faire taire ceux qui l'ennuyaient, il semblait qu'avec Tetsuya, la partie était loin d'être gagnée. Comme il n'obtenait pas facilement ce qu'il voulait de Kuroko, Akashi avait fini par l'enfermer dans sa propre chambre, malgré le hurlement outré de l'autre.
— Oh Akashi-chi, c'est toi ?! Rigola nerveusement le blond. J'allais justement t'appeler pour...
Akashi venait de lui raccrocher au nez. Pas besoin d'en écouter plus, il savait déjà que Kuroko n'était plus avec cet imbécile de blond et que la chevelure bleue qui s'était dirigée vers le bureau était la sienne. Il était en colère, mais également soulagé. Ils n'avaient pas réussi à trouver une solution pour récupérer le document, Akashi avait donc fait une croix dessus et était venu à la soirée dans le seul but de rencontrer certaines personnes.
Il était énervé parce que Kuroko ne l'avait pas écouté et qu'il se mettait en danger inutilement. Avec ou sans ce document Akashi réussirait à les faire plier, le moyen dit parvenir serait peut-être plus long sans le dossier.
Il discuta avec quelques personnes, jetant de temps à autre des regards vers le couloir qui menait au bureau. Son téléphone vibra dans sa poche et il décrocha avec appréhension lorsqu'il vit le numéro d'Aomine s'afficher sur l'écran.
— Qu'est-ce qui se passe ?
— Il est monté dans une voiture...
— Mais encore ? demanda Akashi en sachant très bien de qui Aomine parlait.
— Elle appartient à votre père.
Kuroko regardait le paysage urbain défiler à travers la vitre. Personne ne parlait dans la voiture, ce n'était pas la peine, tout avait été dit avant qu'il ne monte.
— Monsieur Akashi souhaiterez vous voir.
— Vous parlez du père de Seijuro ?
— Oui.
Kuroko observa l'enveloppe qu'il tenait dans sa main. Est-ce qu'elle avait un rapport avec cette rencontre ? Il savait qu'en y allant il risquait de perdre Seijuro, mais il était quand même curieux de savoir pourquoi son père voulait le voir.
Alors il était monté dans la voiture.
Celle-ci pénétra sur le parking de l'hôpital principal de la ville. L'estomac de Kuroko se contracta, un mauvais pressentiment s'engouffra en lui. Il suivit néanmoins le chauffeur. Lorsqu'ils entrèrent dans le secteur des aides palliatifs, le poids qui pesait dans son ventre s'alourdit un peu plus.
— Il lui reste combien de temps ?
— Plus beaucoup, répondit le chauffeur d'une voix faible et emplie de tristesse. Il aurait voulu voir son fils, mais il savait que Seijuro ne viendrait pas.
Kuroko était, malheureusement, du même avis. Mais il pouvait comprendre que son... copain ? — pouvait-il l'appeler ainsi ? — ne veuille pas voir le meurtrier de sa mère. Lui même aurait refusé s'il avait été à sa place. Malgré tout, il était là, devant une porte. Derrière se trouvait un homme malade, un homme en fin de vie, un homme qui voulait peut-être demander pardon pour ses actes avant de mourir.
La rédemption.
Kuroko demanda au chauffeur pourquoi il n'entrait pas. Ce dernier lui répondit que le père d'Akashi voulait le voir seul. Tetsuya hocha la tête en signe d'acquiescement et pénétra dans la chambre. Ça sentait les médicaments, la javel, mais aussi la sueur, les excréments et la peur. L'atmosphère était lourde, presque étouffante tellement l'endroit était chargé de douleurs.
Quand il était jeune, Kuroko était allé avec ses parents en Allemagne et il avait visité un camp de concentration. À l'époque, il avait été excité comme une puce à l'idée de voir l'un des fameux camps de la mort. Il en était ressortit avec une partie de son âme en moins. Comment peut-on vouloir visiter de tels lieux ? Lorsqu'il avait quitté le camp, la pression qui avait pesé sur ses épaules — comme si les fantômes prisonniers à jamais de leurs cauchemars s'accrochaient à lui dans l'espoir de trouver une issue – avait disparu et ce fut pour lui un tel soulagement que son estomac vida son contenu sur le sol boueux.
Dans cette chambre, devant ce lit, Kuroko retrouvait la même sensation que dans le camp de concentration. Il voulait partir en courant, mais il s'avança quand même vers le lit.
Les draps blancs épousaient un corps d'une maigreur extrême. La peau était fripée et tachée à certains endroits. On aurait pu penser que la personne en face de lui avait un âge avancé, mais Kuroko savait que le père d'Akashi avait entre quarante-cinq et cinquante-cinq ans. Où était passée l'élasticité de la peau ? Où étaient les muscles fort et solide qui pouvaient soulever un fils pour le faire voler dans les airs ? Où était cette étincelle de vie qui habitait chaque être vivant en pleine santé ?!
L'homme sembla sentir sa présence, car il ouvrit les yeux, lentement. La lumière de la pièce était pourtant très faible, mais on pouvait voir qu'il peinait à s'y habituer.
— Kuroko Tetsuya ?
— Monsieur Akashi, répondit le jeune homme en s'inclinant respectueusement.
— Voilà donc le fameux garçon qui attire mon fils et lui fait tourner la tête, dit l'homme en souriant.
— Je dirais plutôt que c'est lui qui m'attire.
— Même si je n'ai pas eu de contact avec mon fils depuis très longtemps, je peux t'assurer qui s'il ne ressentait rien pour toi, il ne t'aurait pas embrassé en pleine rue.
— Je l'avais un peu poussé à bout, avoua Kuroko en rougissant.
— C'est bien mon garçon, n'en éprouve pas de honte, car c'est ce qu'il faut faire avec lui. Comment va-t-il ?
— Bien. Surement furieux que je sois allé à la soirée et que j'ai suivi votre chauffeur. Comment saviez-vous que j'y serais d'ailleurs ?
— Aizen m'a prévenu. Et laisse-moi te dire qu'il n'y a rien qui puisse nous compromettre dans l'enveloppe que tu as prise.
Kuroko se figea. Il regarda le père d'Akashi un moment avant de se jeter sur l'enveloppe, déchirant le papier dans sa hâte. Il lut frénétiquement les documents qui se trouvaient à l'intérieur, plus il avançait plus il devenait blanc.
— Mais, Akashi a dit...
— Je me doute que Seijuro pensait me faire couler avec son contenu. Malheureusement pour lui, il n'y a jamais eu de meurtre ou de complot.
— Je ne comprends pas.
— Savez-vous à quel âge mon fils a cru qu'il s'agissait d'un meurtre ?
— Vers ses dix-huit ans, je crois. Mais, je ne...
— Et à quel âge a-t-il développé une double personnalité ?
Kuroko regard Sanetomi Akashi, ses yeux bleus s'écarquillant au fur et à mesure qu'il assimilait l'information.
— Vous pensez qu'Akashi a tout inventé ?
— Je ne le pense pas mon garçon, j'en suis sur. Après la mort de sa mère, je me suis éloigné, car je me sentais coupable. On se disputait souvent elle et moi. Lorsque Seijuro a eu trois ans, elle est partie avec lui. On s'est battu chacun comme des chiffonniers pour avoir la garde de notre fils et lorsque le juge a statué pour la garde partagée, cela n'a pas plus à ma femme.
L'homme s'arrêta, prit d'une violente quinte de toux. Remarquant un verre et une carafe d'eau posée sur la table de nuit, Kuroko remplit le verre et l'aida à boire quelques gorgées.
— Merci, murmura Sanetomi en se rallongeant sur le matelas. Ce jour-là elle roulait trop vite, surement à cause de la colère. Seulement en montagne, la vitesse, ça ne pardonne pas. J'aurais dû récupérer la garde de notre fils, mais Ikuo m'a dit qu'il serait préférable de lui laisser un peu de temps pour digérer la nouvelle. Chaque mois, il me faisait un rapport sur l'état de santé de mon fils, me disant que son comportement ressemblait plus à celui d'un zombi que d'un être humain.
— Vous n'avez pas voulu le reprendre en entendant ça ?
— Non, je n'aurais pas pu m'occuper de lui comme Ikuo. Je ne suis pas patient ni pédagogue. Il aurait encore plus souffert avec moi. Un jour Ikuo m'a appelé pour me dire que Seijuro avait repris les reines de l'entreprise de sa mère. J'étais tellement content. Cependant, il restait toujours froid et distant avec les gens. Et puis il a développé cette double personnalité. J'en ai voulu à Ikuo, je l'ai tenu pour responsable. Lui m'affirmait que ça faisait du bien à Seijuro, qu'il était plus vivant, plus attentif à ce qu'il se passait autour de lui.
— Mais il pensait que vous aviez tué sa mère.
— Oui... Ikuo m'a demandé de jouer le jeu et que le jour où il sentirait que Seijuro était prêt à entendre la vérité, alors on pourrait tout lui dire et je pourrais enfin passer du temps avec mon fils ! Seulement, voilà, le destin en a décidé autrement.
— C'est injuste, murmura Kuroko les larmes aux yeux.
— Ainsi va la vie... Kuroko, si je t'ai demandé de venir me voir c'est parce que j'ai vu que mon fils tenait à toi. S'il te plait, lorsqu'il découvrira la vérité, je ne veux pas qu'il se sente coupable. Je le connais, c'est un garçon bien plus sensible qu'il y parait et il va se tenir responsable de notre éloignement. S'il te plait...
— Ne vous en faites pas, répondit précipitamment Tetsuya en voyant que l'homme devenait de plus en plus désespéré. J'aime votre fils et je prendrais soin de lui. Je vous le promets.
Le père d'Akashi ferma les yeux, une larme roula sur sa joue creuse et un faible merci s'échappa de ses lèvres et il s'endormit de fatigue.
Ikuo Chiba était prêt à aller se coucher lorsque des coups frappèrent contre sa porte. Dehors le tonnerre grondait, les éclairs zébraient le ciel et les nuages noirs qui avaient menacé la ville toute la journée déversait enfin leurs larmes.
Les coups contre la porte redoublèrent, Ikuo déverrouilla sa porte tout en pestant contre l'enfoiré qui venait le déranger à cette heure-là.
— Akashi ?! Mais qu'est-ce que tu fais là ? Entre.
Akashi Seijuro passa devant son oncle sans un mot, ses vêtements et ses chaussures gorgés d'eau laissaient des flaques sur le parquet, mais il n'en avait cure. Son oncle se plaça devant lui et même si Akashi avait conscience qu'il parlait, mais il n'entendait rien, son esprit, sa voix, ses yeux et ses oreilles... tous étaient plongés dans le noir total.
Il était comme en paix.
Cependant, lorsque son oncle posa une main sur son épaule, inquiet de ne pas avoir de réponse, tout revint à la mémoire d'Akashi. La raison pour laquelle il était ici, sa colère. Il leva sur son oncle des yeux remplis de haine et lui balança un direct du droit qu'Ikuo n'eut pas le temps de voir venir.
— Espèce de fils de pute ! Pourquoi tu ne m'as jamais dit la vérité sur mon père !
À suivre...
