Hello tout le monde !

Voila… chapitre sept… les choses vont changer ! Je vous laisse découvrir… surprise !

Réponse aux anonymes :

Narcissss : Oui… mais David est quand même plus compétent et moins vantard que Lestrade ! Et plus fin ! XD Oui…non… les personnages secondaires sont parfois mes préférés ! Tu ne devines pas ? Un qui est à la fois froid, intelligent, rusé, insouciant, acteur… tout à la fois… Non, ça ne vient vraiment pas ? Tu n'auras pas d'autres indices ! Pas la peine de me torturer ! XD

rastaman29 : Merci, je suis très contente que ça te plaise !

Merci à tous pour vos reviews plus qu'encourageantes !


Semer le trouble

Il était prêt de minuit lorsqu'Harry, assis à son bureau, entendit les premières gouttes de pluie tapaient contre la fenêtre du salon.

Comme souvent depuis le début de l'enquête, il tentait de trouver la solution au mystère, sans y parvenir. Cinq nouveaux malheureux avaient disparu dans les mêmes circonstances que leurs prédécesseurs. Le rayon d'action du ou des responsables, s'élargissait d'avantage chaque fois qu'il frappait.

Plusieurs fois, Estelle, Jones et Liva furent appelés à enquêter, sans parvenir à un résultat satisfaisant. A chacune de leurs interventions, Harry se mêlait aux aurors, pour le plus grand désespoir de David.

Pour ne rien arranger, les médias s'étaient emparés de l'affaire. L'opinion publique se laissa aller à des élans de panique il devenait urgent de trouver la cause de ces disparitions.

David, l'inspecteur en chef chargé de cette mission, faisait de son mieux pour apaiser les esprits. Dans un même temps, il s'évertuait à garder un œil sur le mystérieux Griffith. Ce dernier remarqua à plusieurs reprises ses regards soupçonneux.

Rageant de ne parvenir à trouver la solution au problème, Harry se leva de son bureau pour se laisser choir sur le sofa. Depuis quelque temps, il ne parvenait plus à trouver le sommeil, passant des nuits blanches à cogiter. Outre l'affaire des disparition, une autre affaire le tourmentait : celle du mystérieux collègue Giacomo Tornupco.

Son mal de crâne empirait et sa cicatrice l'élança de nouveau. Apparemment, le Voldemort de l'époque et lui-même étaient déjà connectés.

- ça ne devrait pourtant pas ! ragea-t-il. Mais c'est la seule explication...

A bout de nerfs, il laissa aller sa tête sur le rebord du sofa. Hélios volta jusqu'à lui, sifflant une mélodie apaisante. L'Elu se détendit, chassant ses préoccupations pour enfin de s'endormir.

A l'autre bout du château, Estelle déambulait dans le couloir, sa baguette levée. Ses tours de garde commençaient à devenir épuisants. Trois heures qu'elle tournait dans les corridors obscurs et silencieux. Rien ne se passait jamais mais elle était, tout comme ses collègues, tenue de surveiller et de protéger Poudlard.

Baillant d'ennui, elle gravit un escalier pour inspecter l'étage supérieur.

Elle aurait tout donné pour ce retrouver dans les bras d'Harry. Ce dernier commençait d'ailleurs sérieusement à l'inquiéter. Il ne dormait plus et malgré tout l'effort que faisait le concerné pour paraître joyeux, elle voyait bien que quelque chose le tourmentait.

Elle ne put s'enliser d'avantage dans ses pensées peu réjouissantes. Un bruit à l'autre bout du couloir l'alerta. Pressant le pas et éteignant sa baguette, elle alla voir de quoi il en retournait.

Reconnaissant le professeur de runes, elle baissa sa baguette.

- Giacomo, qu'est ce que tu fais debout à cette heure ? fit-elle étonnée de le trouver là à cette heure. Tu n'as pas cours demain ?

- Ah Estelle ! fit-il, souriant. Je m'ennuyais, j'avais envie de me dégourdir les jambes. Et par la même occasion, j'avais une question à te poser…

- Oui ? insista-elle en voyant la gêne du professeur.

- Tu connais Harry depuis combien de temps ? demanda-t-il à brûle pourpoint.

Estelle, déconcertée par la question, prit quand même la peine de répondre.

- Et bien… depuis l'année dernière. Pourquoi ?

- T'a-t-il raconté un peu son passé ? poursuivit le professeur de runes. Que sais-tu de lui ?

- Qu'il vient de Belize, que ses parents sont décédés lorsqu'il n'avait qu'un an, qu'il à beaucoup voyagé et que…

Elle s'arrêta. A bien y réfléchir, elle ne savait pas grand-chose de lui.

- C'est une version assez officielle, tu ne trouves pas ? rit doucement le professeur, haussant les épaules un peu bête. Le genre de chose que l'on pourrait trouver dans un livre d'histoire. Mais de son enfance, que sais-tu ? De ses cachettes que tout enfant possède, de ses cabanes où il rencontrait ses camarades, de ce vieux chêne où il embrassa une fille pour la première fois ?

Estelle ne répondit pas, elle n'avait pas la moindre réponse à cela.

- Et bien… j'imagine qu'il n'a pas eu le temps de m'en parler, finit-elle par dire d'une voix qui cherchait plus à la convaincre elle que son interlocuteur.

Giacomo, profitant du trouble de l'auror s'approcha d'elle, un air de confident sur le visage.

- Lorsque tu le regardes dans les yeux, tu vois quelque chose de caché, pas vrai ? commença-t-il. De vieux, d'antique même. Tu te demandes comment un si jeune homme peut avoir un regard aussi ancien. Il regarde le monde comme un grand-père regarderait ses petits-enfants. Sa façon de parler et ses manières viennent parfois d'une tout autre époque. Il connaît l'Histoire comme s'il l'avait vu de ses yeux, comme s'il l'avait vécue.

Estelle fut troublée de constater que le professeur disait vrai. Elle l'avait déjà senti auparavant.

- Tu le connais ? demanda-t-elle soudain prise d'un doute.

Giacomo hocha lentement la tête de haut en bas, le visage grave.

- Oh oui, je le connais. Je le connais depuis bien longtemps, je l'ai vu enfant, et lui me connaît depuis d'avantage encore…

- Comment était-il, plus jeune ? demanda-t-elle, intriguée.

- Dangereux, lui chuchota-t-il. Très dangereux, même. Il a fait des choses que tu n'oserais même pas imaginer, même dans tes rêves les plus fous. Tu l'as déjà vu faire des choses que tu n'avais encore jamais vues ? Il t'en a montré, des endroits cachés qu'il est seul sur Terre à connaître … Il se souvient de ce que tous ont oublié avec le temps… Tu ne peux le nier ! Il ne t'a pas tout dit, loin de là. Il en a tué. Il en a tué plusieurs...

- Il a certes tué, mais il en souffre encore !

- C'est ce qu'il veut que tu vois en lui : un être repenti. Serais-tu aveugle ? Mais les faits sont bien là, il a tué deux hommes, ce soir là, l'un d'eux était son ancêtre…

- Rien ne me prouve que ce que tu me dis soit la vérité ! objecta-elle vivement.

Malgré le ton qu'avait employé Estelle, il ne leva pas la voix. Il semblait regretter l'incompréhension de la jeune femme. Sa voix se fit plus douce.

- Non, c'est vrai, rien ne te force à me croire, mais tu ferais mieux d'être sur tes gardes, pour ta propre sécurité…Tu l'as déjà vu tuer, pas vrai ? Et ce n'est pas tout ce qu'il a fait. Je l'ai déjà vu détruire des hommes, les réduire à un état que tu ne peux imaginer et que je saurais détruire. Pour certains, la mort aurait été préférable…

- Rien ne me prouve que tu dis la vérité, répéta-elle avec moins d'entrain toutefois.

L'homme en face d'elle paraissait si franc. Fut-il possible qu'il dise la vérité ?

- Il tient un carnet à la reliure de cuir dans lequel il raconte toute sa vie… Tu n'as qu'à y jeter un coup d'œil. Mais tu auras peut-être du mal à l'ouvrir. Méfies toi de lui. Il est vil et puissant. Tu n'es pas la première qu'il trompe avec ses manières séduisantes. Il est le rejeton de Judas lui-même. Sache que les chiens ne font pas des chats. Le sang qui coule dans les veines du plus grand traître de l'histoire coule aussi dans les siennes. C'est à toi de voir. Crois-moi ou prend moi pour un fou, je m'en fiche. Tout ce que je voulais, c'est te mettre un garde. A toi de voir ce en quoi tu crois.

Sans plus rien ajouter, l'homme fit volte face et s'éloigna dans le couloir obscur. Estelle le regarda disparaître, l'esprit troublé.

Il lui revient alors en mémoire leur expédition sur la lune et leur rencontre avec les astronautes de la mission Apollo.

« Je vous est regardé grandir, évoluer, vous perfectionner, apprendre à maîtriser le feu, découvrir l'agriculture, l'écriture… et survivre ! Je vous ai regardé survivre tandis qu'à côtés de vous, les espèces animales, mammouths, tigre à dents de sabre, s'éteignaient les unes après les autres. » Tels avaient ses mots.

Elle se souvint de son étonnement en l'entendant prononcer pareille affirmation. Plus tard, elle en était venue à la conclusion qu'il avait bluffé pour pouvoir échapper aux scientifiques mais après son entrevue avec Giacomo…

Elle revit alors Harry se soigner par sa propre magie, après son combat contre le vampire.

Là aussi, la chose était étrange. Dumbledore serait-il capable d'en faire de même ? Elle n'en était pas sûre.

Harry était puissant, elle ne pouvait le nier. Il évitait toujours les sujets trop personnels sur son passé. Là encore, elle ne pouvait proclamer le contraire. Une part de mystère enveloppait le professeur de défense.

Plusieurs fois, elle avait ressenti le sentiment étrange qu'il lui cachait quelque chose. Pouvait-elle lui faire confiance, s'il lui mentait ? Quel fait voulait-il lui cacher, à elle comme aux autres ?

Giacomo disait l'avoir connu par le passé. Elle-même avait remarqué l'étrange comportement du Survivant lorsque son regard se posait sur son collègue. Il semblait en effet qu'ils n'étaient pas inconnus l'un à l'autre.

Alors ? Giacomo lui avait-il dit la vérité ? Il avait paru si sincère et soucieux à son égard, comme si un danger la guettait.

Mais là était le problème. Le professeur de runes pouvait très bien jouer un rôle, tel un acteur dans son théâtre.

Le refus d'Harry de lui parler de son passé lui donnait-elle le droit de faire plus confiance à Giacomo qu'à lui ?

Que devait-elle faire ? Chercher la vérité ? Si Harry refusait de la lui donner elle pouvait très bien la trouver par elle-même.

Ses interrogations durèrent tout le long de sa garde. Vers quatre heures du matin seulement, elle put rentrer dans ses appartements.

Elle y retrouva Harry, assoupi dans le sofa.

Elle le regarda dormir d'un sommeil profond, la main sur sa poitrine, qui se soulevait de façon régulière, l'autre sur sa cicatrice, Hélios blotti dans son cou.

Les flammes de la cheminée dansaient une valse lente sur sa peau pâle.

Elle voulu s'en approcher mais un sentiment de doute l'en empêcha. Son ventre se serra et sa gorge se noua, l'empêchant d'accomplir le moindre pas dans sa direction.

Retirant son manteau, elle rejoignit la chambre. Aussitôt, elle s'effondra sur le lit. Le trouble subsistait en elle. Qui devait-elle croire ? A qui devait-elle accorder sa confiance ? Au petit copain un peu trop mystérieux à son goût ou à son collègue aux allures d'homme franc ?

Son regard se porta sur le meuble de chevet dans lequel Harry conservait ses affaires les plus précieuses à ses yeux. Et si…

Lentement, elle tendit la main puis ouvrit le tiroir. Elle y fouilla un moment. N'y trouvant rien, elle s'apprêtait à le refermer quand sa main entra en contact avec ce qui semblait être un carnet de cuir.

Elle hésita un instant puis le prit dans ses mains.

L'ouvrage à la reliure de cuir était fort épais. Plusieurs feuillets, des coupures de journaux, des photographies, dépassaient du livret.

Pouvait-elle ouvrir et lire le carnet pour violer d'un même coup la vie privée de son compagnon ? Nul doute que ce dernier n'apprécierait guère de se retrouver ainsi mis à nu.

Pourtant le doute s'empara d'elle. Giacomo avait semé le trouble en elle

Il avait dit la vérité pour l'existence de cet objet, peut être avait-il était honnête pour le reste.

- Juste un coup d'œil pour me prouver qu'il a faux, se murmura-t-elle en fixant de ses yeux agates la couverture en cuir du journal.

Sa main se posa sur le cadenas rouillé qui scellait le livret. Il paraissait bien vieux et usé.

Respirant un bon coup, l'impression d'être coupable de trahison, elle tenta de l'ouvrir par sa magie. A sa plus grande surprise, le livre entre ses mains s'ouvrit sans peine.

- Il a oublié de fermer, se dit-elle.

Le papier entre ses mains semblait ancien. Jauni par les années, il craquait sous ses doigts à chaque fois qu'elle en tournait les pages. Celles-ci étaient tâchées par endroit. Harry y avait écrit à l'encre noire.

En ayant l'impression de commettre un acte de bassesse, elle s'assit en tailleur et commença sa lecture.

Avril 45 av.J-C

Jules m'a donné la direction d'une partie de ses troupes : deux légions, soit vingt cohortes, dix mille hommes à mes ordres, en somme.

Nous n'avons que 48 000 hommes, les armées pompéiennes en comptent prés de 70 000. Nous sommes en infériorité numérique et tout le monde le sait ici, dans le camp…

Nous faisons de notre mieux pour faire remonter le moral des troupes. Nos hommes sont vaillants et zélés mais loin d'être idiots… Ils sentent qu'ils devront se battre non pour la victoire mais pour leur vie. Il commence par avoir de l'agitation dans les rangs… Et pourtant, volontaires, ils se battront jusqu'au bout, je les connais assez. Quant à moi, je ne leur ferais pas défaut, qu'ils en soient sûrs !

L'épée de Griffondor est près de moi et je suis juché sur Atrazine. Je me battrai avec toute la fougue dont je suis capable.

Jules prendra le commandement de l'aile droite, je me chargerai de la gauche.

D'après mes souvenirs, la bataille se déroulera dans les plaines de Munda, un terrain bien difficile d'accès…

Il y a peu, je me suis rappelé toutes les fois où je jouais avec Ron aux échecs, ceux de la version sorcier. Il était un fin stratège, j'aurais eu bien besoin de lui en pareil moment !

Un soldat vient me chercher, Julius souhaite me parler. Je me demande ce qu'il me veut. Sûrement quelques mises au point sur la stratégie d'attaque. Je ferais bien d'y aller, je ne voudrais pas que nous perdions cette bataille par ma faute.

15 Décembre 1469

Un mois que Dracula est emprisonné dans la ville de Buda, future Budapest. Cette nuit, je suis parti lui parler. Je l'ai trouvé dans sa cellule en proie à une grande fureur. Bien que le sachant inoffensif à mon égard, je pris soin de mesurer mes propos.

Il ne pouvait sortir de sa geôle sans éveiller le doute dans les esprits. S'il voulait continuer son petit jeu sur cette terre en temps que prince de Valachie, il ne devait en aucun cas révéler ses vrais pouvoirs. Se transformer en brume ou user de sa force pour s'échapper était exclu, il se trahirait.

Matei Corvin, le reconnaissant comme vampire, le tuerai avec tout le rituel qui lui serait dû. Rien ne lui serait épargné : il serait décapité et démembré avant d'être exposé aux rayons solaires qui le consumeraient.

A partir de cet instant, il ne pourrait plus s'amuser à commander son armée… Lui qui aime tant perpétrer ses massacres, il en serait fort déçu.

Je n'apprécie guère son petit jeu et moins encore ses méthodes cruelles, mais je me dois de lui obéir…

Vlad avait été enfermé dans la plus haute geôle de la tour. Ce ne fut donc pas une mince affaire que de le rejoindre. Il me fallu gravir la façade en toute discrétion. Si un garde me surprenait ici, je me ferais aussitôt descendre à coup de pierres…

En me voyant, il me sauta pratiquement dessus. Enragé, il pesta et injuria de tout son vocabulaire Matei Corvin, qui l'avait trahi. Judas trahi ? Un comble ! Sa fureur se dirigea ensuite vers Jan Jiskra qui avait procédé à son arrestation.

Il m'ordonna de tuer ce dernier, préférant se réserver le traître. En effet, l'Iscariote trahissait fort bien mais n'aimait pas se faire trahir…

Ma prochaine mission sera donc d'assassiner, en toute discrétion, Jan Jiskra. Fort bien, c'est un mercenaire et un scélérat, cela ne me gêne pas. Lui non plus, n'est pas tout blanc. Il est à l'origine de bien des massacres envers des civils, des femmes et des enfants. Par contre, il est aussi fin stratège, je vais devoir me méfier… Sûrement s'attend-t-il déjà à un tel acte.

Je le suivrai en toute discrétion et le tuerais en me mêlant à la foule.

22 Décembre 1469

Voila qui est fait : Jan Jiskra est mort. Je l'ai suivi plusieurs fois dans les rues de la capitale, le surprenant aux bras de sa maîtresse. Quel misérable ! Le voilà qu'il trompe sa femme. Son exécution n'en serra que plus simple, pas d'état d'âme avec cet individu.

Il est sorti, cet après-midi, comme chaque après-midi depuis le début de la filature. J'ai attendu la fin de son rendez-vous pour me glisser parmi la foule. C'était jour de marché aujourd'hui, ce fut tâche facile.

Sa maîtresse partit de son côté et lui continua de flâner d'étales en étales : c'était l'occasion rêvé.

Je patientai jusqu'à ce qu'il s'éloigne, seul de la place fréquentée.

Au détour d'une ruelle, je me glissai dans son dos pour l'égorger. Mon coup fut vif et précis, la lame tranchant sans effort la gorge de ma victime. Il n'eu guère le temps de crier, il mourut aussitôt.

Un assassina propre et sans bavures. Mon contrat était rempli !

Mais alors que je me relevais du corps sans vie de Jan, je croisai le regard d'un soldat de sa compagnie.

Il m'avait surpris dans mon geste. Apeuré, il voulu s'enfuir mais je ne pouvais laisser de témoin. Je dus l'éliminer, lui aussi. Il était innocent et encore jeune, dommage… Son corps me servira de cobaye pour mes expériences.

Je suis sur le point d'inventer un tout nouveau sortilège, mais je dois encore m'entraîner et le mettre au point. Ce jeune homme m'y aidera, nul doute.

Janvier 1764

C'est pour bientôt, je dois redoubler d'effort !

En premier : une femme avoisinant la trentaine. Elle dort, baignée par la lumière du clair de lune des conditions idéales pour ma besogne à venir.

Paisiblement, j'ouvre ma valise et déballe mon matériel. Les bistouris, scalpels, pinces et compagnie luisent d'un éclat semblant surnaturel.

Je regarde à nouveau la jeune femme, calme et impassible dans son sommeil.

Je m'approche d'elle à pas de loup. Je dois faire vite, la nuit est déjà bien avancée.

Sans attendre, comme si je redoutais son réveil, j'enfonçai le bistouri à la base du cou et descendis jusqu'au pubis. La lame a du mal à inciser, il faudra penser à la changer, celle-ci a eu son temps. Malgré tout, j'exécutai une incision propre, l'entraînement y était pour quelque chose.

La femme poussa un dernier soupir, son abdomen retomba pour ne plus se relever.

J'écartai la peau qui se détacha sans résistance du corps puis coupai les os du thorax. Je remarquai que mes gestes sont devenus bien plus précis qu'auparavant. Il faut dire que ce n'est ni la première ni la dernière à y passer…

J'écartai la cage thoracique qui céda dans un bruit de tous les diables. En espérant que personne ne m'a entendu, je ne voudrais pas être dérangé dans ma besogne ! J'en ai horreur. Malheur à qui troublera ma tranquillité !

Je plongeai ensuite mes mains dans ses intestins. Le sang est encore chaud et…

Estelle ne pu en lire d'avantage, trop dégoûtée.

Lorsqu'elle identifia les tâches sur la page du carnet comme étant du sang, elle s'en éloigna prestement.

La bile montait en elle. Fermant ses yeux, elle tenta de calmer ses sueurs froides. Elle avait envie de vomir mais se retint.

Tremblante, elle ramena ses genoux à sa poitrine. Elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle lisait.

Avait-il réellement tué cette femme ? Avait-il eu le cran de tout raconter dans son carnet ? Il semblait même y prendre du plaisir à son crime ! Elle se croyait en plein cauchemar.

Giacomo avait donc dit la vérité ? La preuve était là, devant elle…

Le professeur de défense avait-il réellement accompli de tels actes ? Il s'était pourtant montré charmant, attentionné. Il lui avait chuchoté son amour à son égard. Il lui avait montré les lieux les plus merveilleux et féeriques de la Terre et d'ailleurs. Tout cela n'était donc que poudre aux yeux ?

Se jouait-il d'elle depuis le début ?

Et que faire à présent ? Arrêter Harry, son petit ami pour le faire comparaître devant le Mangenmagot ? Elle avait de quoi le faire envoyer à Askaban. Elle était une auror, après tout ! C'était son devoir que de faire justice, d'arrêter les coupables et de les livrer au tribunal sorcier.

Non, elle ne saurait s'y résoudre. Les sentiments qu'elle éprouvait à son égard le lui interdiraient.

Mais alors ? Elle ne pouvait tout de même pas laisser un assassin, un tueur en série, en liberté.

Un terrible dilemme ce dessinait devant ses yeux.

Toujours recroquevillée sur elle-même, elle tentait de percevoir la solution au problème, peine perdue ce dernier était bien trop insoluble.

Non, il devait y avoir une explication plausible à tout cela.

Estelle parcourut une nouvelle fois les pages. Les dates indiquées lui sautèrent aux yeux. 45 avant Jésus Christ, 1469, 1764… Un écrit de fiction ! Voila tout ! Harry aura voulu écrire une histoire inventée de toutes pièces.

Mais le ton employé dans le « récit » la troublait. Il semblait prendre de la joie à raconter un meurtre.

Peut-être écrivait-il le journal d'un de ses personnages… oui, c'était sûrement cela, il ne pouvait en être autrement.

Elle ne put réfléchir d'avantage. Un bruit en provenance du salon la fit sursauter. Hélios sifflait, de mauvaise humeur. Harry était réveillé et venait de se lever du sofa.

Elle entendit les pas du professeur se rapprocher, il venait par ici.

Ni une ni deux, elle referma prestement le carnet et le rangea à sa place. Elle n'eut juste que le temps de pousser de sa main tendue le tiroir que déjà, Harry apparaissait dans l'encadrement de la porte.

Il avait encore l'air endormi. Les cernes lui creusaient ses yeux embrumés et ses cheveux en bataille lui donnaient un air de revenant.

Il bailla sans retenue, massant sa joue à la barbe naissante, sur laquelle la marque du sofa s'était imprégnée.

Estelle eut volontiers éclaté de rire, en d'autre circonstance. Un jeune homme de la sorte pouvait-il réellement être un meurtrier ?

L'auror se contenta de lui offrir un sourire factice.

Harry, trop fatigué, ne remarqua pas la mâchoire crispée de sa compagne.

Il nota en revanche son air troublé.

- Tout va bien ? interrogea-t-il la voix pâteuse en se passant une main dans sa chevelure devenue crinière.

- Oui, je viens de rentrer la garde fut aussi ennuyeuse que d'habitude !

Elle pria un moment pour qu'il ne remarque pas son manque d'entrain. Il ne sembla y faire attention, trop épuisé qu'il était, et il vint s'écrouler à ses côtés, sur le lit.

Il se redressa soudain et regarda le tiroir de sa table de chevet : il n'était pas bien fermé.

Se levant, il le referma lentement, les sourcils froncés, toute fatigue semblant l'avoir quitté.

Il se retourna ensuite vers Estelle qui appréhendait ce moment fatidique et la regarda d'un œil suspect, ses yeux émeraude luisant de surprise.

Il ne dit pourtant rien et retomba mollement sur le matelas pour s'y endormir aussitôt.

La jeune auror resta figée, sans même oser respirer.

S'était-elle fait prendre la main dans le sac ? Avait-il deviné ses actes coupables ?

Elle se posait de nombreuses questions mais n'avait aucune réponse.

Après un temps, elle décida de faire comme si de rien était afin de ne pas éveiller les soupçons de son ami. Elle s'activerait pourtant, discrète, cherchant le fin mot de l'histoire.

Ce carnet n'était qu'un livre de fiction et tout ceci n'était qu'une blague du facétieux Giacomo après tout ! Elle ne tarderait pas à le voir riant aux éclats le lui révélant… N'est-ce pas ?


Voilà… fin… Alors, vous aimez toujours autant Harry ? XD


Pour ceux que ça intéresse, ma bêta vous a concocté quelques explications sur l'armée romaine. Un vrai casse-tête, j'ai eu du mal a m'y retrouver lorsque j'ai du écrire dessus !

une centurie est composée de 80 à 100 légionnaires, dirigée par un centurion (officier subalterne) : l'engagement des légionnaires était généralement d'une durée 20 ans.

une cohorte est composée de 6 centuries (2 de jeunes, 2 d'âge mûr et 2 de légionnaires expérimentés), sauf la Ière cohorte qui est composée de 5 groupes de 160 hommes,

une légion est composée de 10 cohortes numérotées de I à X (la Ière est la plus prestigieuse et la plus nombreuse) : cela représente environ 6000 légionnaires. La légion est commandée par un légat (général d'armée), 6 tribuns et une cinquantaine de centurions.

A chaque légion sont attachés :

un corps de cavalerie de 120 à 300 hommes (dirigé par des décurions et un préfet),

des troupes légères et mobiles recrutées dans les Provinces : les auxiliaires,

des troupes recrutées à la frontière de l'Empire et qui conservent leurs armements et leurs usages de combats : les numéri.

http: / jean-francois. mangin. /romains/z_