Disclaimer : Les personnages de X-Men appartiennent à leurs auteurs et à Marvel. Moi, j'aurai aimée une donation de Erik et de Charles, mais paraîtrait que c'est pas possible. Dommage. Je ne touche rien pour écrire cette fanfiction.
Avertissement : Présence de Slash, soit relation homosexuelle, entre deux hommes. Si vous n'aimez pas, je ne vous empêche pas de partir. Également un peu de limp/broken/angst/dark!Charles.
Genre : Angst, drama, romance, hurt/comfort, family, friendship.
Spoilers : Aucun. C'est sûr que si vous n'avez pas vu le dernier X-Men, ça risque d'être spoiler, mais sinon, non.
Pairings : Erik/Charles.
A écouter : Peter Heppner - Suddenly.
Note : Fin de la première partie. Vous comprendrez mieux à la fin de ce chapitre, mais nous avançons enfin vers ce qui est intéressant. Merci pour vos reviews, enthousiasmantes, qui me poussent à écrire et à mettre en scène de nouvelles idées ; ). Je vois que vous avez été troublés par l'apparition de MacTaggert en fin de chapitre précédent, mais vous serez mieux fixés dans ce chapitre ( et rassurés je pense XD ). Ensuite, vous allez commencer à voir que Charles tourne véritablement du côté obscur ^^. Par l'introduction d'une petite faille dans sa psyché, par quelques éléments dévastateurs en plus, bientôt sera-t-il vraiment comme je le souhaitais en début de fic XD. Je ne sais pas si ça vous plaira, mais nous en reparlerons lorsque je posterai le début de la deuxième partie ( qui en comportera trois, je le rappelle ). Ensuite, eh bien, cette seconde partie verra le retour d'Erik ^^, et je me concentrerai un peu dessus, au moins dans les premiers chapitres, histoire qu'il se sente moins délaissé le pauvre petit. Voilà, pour les questions, je sous toute ouïe ^^.
Bref, voici le sixième chapitre. Bonne lecture, et en attendant vos avis et reviews !
PARTIE I – CHAPITRE VI
VENDETTA.
Mischa était une jeune fille comme les autres. Cursus scolaire excellent, une bourse attribuée pour tous ses efforts, une famille aimante, des frères et une sœur ... non. Elle n'avait plus de sœur. Plus de grande sœur aimante et présente, plus d'aînée, plus de modèle, plus d'entité protectrice et bienveillante.
Moira n'avait pas trente ans. Elle avait fait de grandes études, travaillait en lien avec le gouvernement depuis six ans, était agent des services secrets depuis un an à peine. Elle était intelligente, drôle, têtue et forte. Elle ne se laissait jamais faire. Mischa l'avait déjà vue se battre dans la cour du lycée, quand elle-même était encore trop jeune pour comprendre ce qui se passait réellement, lorsqu'un garçon la cherchait un peu trop. Elle l'avait vue se faire incendier par les parents, le soir, en rentrant. Elle l'avait vue planter son arme de service sous la gorge d'un type qui, un soir, avait suivit Mischa de la bibliothèque jusqu'à leur quartier huppé de la banlieue new-yorkaise.
Moira avait été son exemple, sa vie, son univers. Elle était la femme qu'elle avait toujours rêvée d'être, forte et courageuse, libérée et indépendante, ouverte d'esprit et intelligente. Dieu seul savait à quel point elle avait travaillée pour cela.
Mais, maintenant, Moira était morte.
Moira MacTaggert avait été tuée trois mois plus tôt, 1962, sur une plage cubaine qui était désormais rayée de la carte.
Mischa se tenait repliée, le corps tremblant de fureur. L'homme près d'elle jetait de rapides coups d'œil autour d'eux, comme s'il avait peur qu'on les surprennent ici, dans cet endroit censé être secret défense. Elle s'en fichait royalement.
La vitre blindée, renforcée, sans teint, donnait une vision aveugle d'une cellule recouverte de miroirs. Des lumières blanches incandescentes éclairaient les lieux, agressant la rétine, et Mischa eut bien vite un mal de tête enivrant face à l'attaque. L'homme allongé au milieu des miroirs, sur une planche de bois sommaire, devait avoir le cerveau ravagé par cette clarté insupportable. Elle ne le plaindrait pas. Il avait tué sa sœur de sang froid.
Seigneur, il avait littéralement fait bouillir Moira de l'intérieur.
Ses poings serrés étaient fixes contre ses flancs, et elle dû prendre sur elle-même pour tenter de se relaxer. L'homme près d'elle ignorait qui elle était réellement. Il aurait été malencontreux de lui laisser penser qu'elle n'était là que pour régler quelque vengeance personnelle.
- Donc, euh, voilà. C'est bon, t'en as assez ? On a pas vraiment le droit d'être là, et si le grand patron apprend que j'ai laissé entrer une civile ici, ça va être ma fête. Allez, viens, il est encore tôt, on pourrait aller chez moi, j'suis sûr que ...
- Qu'est-ce qu'il a fait ? Pourquoi le gardez-vous ici ?
Il fallait qu'elle l'entende, il fallait qu'elle sache. Faites qu'il lui dise tout, faites qu'il avoue que ce monstre avait réduit la cervelle de sa sœur en bouillie, qu'il l'avait regardée se liquéfier en silence, qu'il avait des dons, des pouvoirs magiques, qu'est-ce qu'elle pouvait en savoir ?, qui lui avait permis de faire ça, de tuer sa sœur sans même avoir à la toucher, sans avoir besoin d'une quelconque arme, autre que son simple esprit.
C'était tout ce qu'elle voulait entendre.
L'homme se dandina sur ses deux pieds, jetant un œil vers elle, vers sa montre, vers le couloir désert. Il transpirait à grosses gouttes, anxieux. Mischa savait qu'il avait déprogrammé les caméras, mais elle savait également que cela ne durerait pas longtemps avant que quelqu'un ne s'en rende compte. Elle posa lentement et discrètement une main sur l'arme qu'elle gardait sous sa veste, calée dans son jean. Le temps importait peu, tant que la tâche était exécutée.
- Ce mec a tué un agent de la CIA. Paraît qu'il a des genres de pouvoirs paranormaux. Il aurait tué la pauvre fille par la simple pensée, hallucinant, non ? C'est pour cela qu'il le garde dans cette cellule entièrement faite de miroirs. Ça l'empêcherait d'entrer dans nos esprits, tu vois ? Moi, je trouve ça dingue, mais bon, si c'est les grands patrons qui le disent, j'vois pas pourquoi je remettrai ça en question.
- Ah ouais ?
- Je te jure. Mais, attend, c'est pas tout. Y a un autre monstre comme lui ici, là-bas, plus loin, une femme qui peut également entrer dans les esprits des gens. Elle fricotait avec les russes, ce qui montre bien que ces gens là sont des parasites, des ennemis de la nation.
Mischa jeta un coup d'œil intrigué vers l'endroit que lui indiquait l'homme, simple agent en formation qu'elle avait draguée dans un bar, et qui, après quelques verres, avait bien voulu lui montrer son lieu de travail. En échange de quelques promesses sur une possible relation sexuelle un peu plus tard dans la soirée. Pathétique.
Deux télépathes pour le prix d'un. L'idée était alléchante. Le plan s'en retrouverait changé, mais qu'importe.
- Il y a un moyen autre que ces miroirs pour stopper leurs pouvoirs ?
Le jeune agent la regard un instant, ne sachant vraisemblablement que répondre, un peu inquiet quant à son intérêt soudain pour les détails du sujet.
- Tu ne travailles pas pour un gouvernement ennemi, j'espère ?
Mischa éclata d'un rire non feint, surprise et amusée qu'il lui pose cette question si candide. Elle s'avança de quelques pas vers lui et posa sa main sur son torse, sourire charmeur à l'appui, faisant immédiatement fondre le cœur du jeune homme.
- Ne t'inquiètes pas, c'est juste que je trouve ton boulot extrêmement … excitant.
Il changea d'une couleur pâle à une teinte pivoine et Mischa su dès lors qu'elle avait gagnée. Il lui désigna d'un signe de la main une vitrine, de l'autre côté du couloir, où prenait place une sorte de casque métallique, qu'il décrivit comme étant résistant à tout type d'intrusion mental. Objet de grande valeur protégé par alarmes. En bref, c'était perdu d'avance.
Un grand sourire vint étirer ses lèvres fines. Tournant le dos à l'agent, elle prit son arme et le silencieux qui se trouvait dans la besace qu'elle portait à l'épaule. Méthodiquement, en des gestes sûrs et longuement répétés à l'avance, elle fixa le silencieux sur le canon. Elle visa. Elle tira.
L'agent s'effondra à ses pieds, mort, une percée au niveau de la nuque.
Elle ne ressentit qu'une légère pointe de culpabilité et de remord. Les gestes et les éléments étaient si répétés, comment pouvaient-ils encore garder une seule empreinte de réalité et de vraisemblance ? Ce n'était peut être qu'un rêve, après tout.
Ses yeux chocolats se tournèrent vers la vitre sans teint, et elle croisa le regard paniqué et vide de vie de l'homme qu'elle recherchait depuis déjà des mois. Il cherchait, les yeux en mouvement, quelque chose de différent dans cette infinité de miroirs. Elle lui adressa un sourire qu'il ne vit pas, avant de s'éloigner vers la deuxième cellule.
- Ne t'inquiètes pas, Xavier, je m'occuperai bientôt de toi.
MacTaggert était morte.
Il l'avait vu, brûler, suffoquer, bouillir entre ses doigts serrés, entre ses poings fermés, entre son désespoir et sa rage. Elle ne pouvait être là. A moins que.
A moins qu'elle ne soit pas elle-même.
La sœur.
Il passa une main tremblante sur son visage, essuyant le sang qui s'écoulait de son nez, détournant les yeux des miroirs qui lui faisaient face. Un mauvais geste et la bague qu'il portait au doigt, devenue trop ample pour sa chair amaigrie, roula au sol, s'éloignant de lui.
Moira.
Erik.
Il se souvenait combien tout cela avait été difficile. Il se souvenait du moment où tout avait basculé, où tout s'était effondré.
Un soir, quelques temps après cette affaire, quelques temps après leur pseudo mariage. Tout c'était arrangé : Raven avait compris et elle et Charles avaient, certes, encore quelques mésententes sur le sujet, mais tout semblait être revenu à la normale. Tout allait pour le mieux.
Non. Erik lui échappait. Il le fuyait, il ne le regardait plus, ne l'embrassait plus, ne le touchait plus, et baissait toujours un regard coupable et hanté lorsque Charles tentait d'aborder le sujet. Il avait réussit à l'éviter, à éviter ses questions, son regard quémandeur. Jusqu'à ce soir là, où le télépathe eut envie de réelles réponses.
Le manipulateur de métal était dans sa chambre, dos à lui, les mains serrées en deux poings, le corps crispé. Il ne lui fit pas une seule fois face.
- C'était une erreur.
L'incompréhension, puis la panique. Avait-il réellement bien entendu ? Un sourire étira ses lèvres pâles, croyant à une farce de mauvais goût.
- Erik, qu'est-ce que tu racontes ?
- Nous deux, je veux dire, tant s'attacher et tout cela … c'était une erreur. Je suis désolé, mais je pense ne pas pouvoir continuer ainsi, Charles.
Il se souvenait avoir rit, un peu, un petit peu, juste avant de comprendre que l'homme, lui, ne riait pas. Il était sérieux. Vraiment.
Le visage de Charles s'était décomposé, les larmes lui étaient montés aux yeux, il n'avait pas immédiatement compris où il voulait en venir. Et puis, Erik lui avait fait face. De ses yeux froids et impassibles, il lui avait fait clairement comprendre qu'il n'y avait plus rien de tangible entre eux.
Un cœur qui éclate, comme une bulle de rêve qui s'écorche à la réalité.
C'était impossible.
- Mais, Erik … s'il te plait ...
Le manipulateur de métal posa la bague ouvragée et symbolique sur la table de chevet, près du lit fait et sur lequel reposait une petite valise. Il lui jeta un regard froid, impassible. Dénué de tout amour.
Mort.
Voyait-il que, devant ses yeux, Charles s'effondrait, qu'il ne comprenait pas ? Ou plutôt, qu'il voyait petit à petit l'Enfer reprendre place dans sa vie ?
- Je dois m'en aller. Shaw est ma priorité. Je suis désolé de t'avoir fait espérer, de t'avoir fait miroiter une vie et un bonheur que je n'aurai jamais pu te donner. Je ne suis pas digne de ton amour et ne le serais jamais. C'est mieux ainsi.
- N-non, s'il te plait, Erik, s'il te plait, ne pars pas …
Charles attrapa la manche de sa veste alors qu'il passait près de lui, valise en main, bien déterminé à garder le regard fixé droit devant lui. Pourtant, il eut la faiblesse de baisser les yeux vers Charles, un instant, un court instant. Ce qui lui restait de cœur s'effrita.
Les larmes de l'homme qu'il aimait, son regard désespéré, son esprit de nouveau totalement ouvert, totalement incontrôlable, sa peau si pâle. Paniqué, dévasté, empli d'incompréhension, envahi par l'horreur.
« Non, non, non, non, faites qu'il ne parte pas, pas encore, pas lui, je ne veux pas, non, Erik, s'il te plait, pas lui, pas lui, je t'aime, je t'aime, je t'aime, reste, je ferai tout, n'importe quoi, je t'en supplie, je t'en prie ... »
« Ils partiraient tous. Tous ceux que tu aimes. Papa, maman, Cain. Même Marko, que tu as un peu aimé quand même. Erik. Tous, tu comprend ? Pourquoi aimer si c'est pour tant souffrir ? Pourquoi vivre pour tant de désespoir ? Tout cela, ça ne sert à rien. Ils te laissent tous, à la fin. Tu crèveras seul. »
Et tout cela, toute émotion, toute peine, s'évanouit. L'esprit et le visage de Charles se refermèrent brusquement. Son corps ne fut plus agité de soubresauts. Ses larmes se tarirent. Il lâcha sa veste, mais darda encore un instant son regard dans le sien.
Erik eut un frisson de terreur et d'angoisse. Un regard si vide de vie et d'espoir, si éloigné de celui qu'il avait croisé pour la première fois, sur ce banc d'un centre ville inconnu. Un instant, il hésita à réellement partir. Qui sait ce que Charles était capable de faire ? Il savait pour son passé, il savait qu'il avait eut des pensées morbides quelques semaines auparavant, après cette histoire avec Raven, mais pouvait-il réellement considérer la possibilité de voir l'homme s'effondrer suite à son départ ?
Merde, c'était pour la bonne cause. Pour le protéger, lui, Charles, de Shaw, de ce qu'il serait capable de faire pour l'atteindre lui au travers du télépathe. Si son tortionnaire apprenait le lien qui désormais l'unissait au télépathe, s'en était finit de ce dernier. Shaw l'utiliserait pour l'atteindre. Il en était hors de question. Et puis, le mariage, franchement ? Non, il n'était définitivement pas prêt.
- Je suis désolé, Charles.
Un murmure qui finit de ravager un être.
Erik serra le poing sur la poignée de sa valise et s'éloigna, refermant lentement la porte derrière lui, jetant une dernière œillade à la silhouette prostrée et anéantie de celui qu'il aimait, de celui qu'il venait de détruire, sans réellement le savoir.
C'était fini. Tout était fini.
La bague tomba et roula sur le parquet vernis, se stoppa quelques mètres plus loin, près de la baie vitrée qui offrait un large plan de vue sur le parvis du manoir.
Alors voilà, retour à la case départ. Charles sentit une pointe d'hystérie dans le rire qui s'échappa, sans qu'il ne puisse le contrôler, de ses lèvres pâles. Il ne savait s'il avait envie de pleurer ou de céder à l'hilarité d'un moment aussi grotesque que celui-ci.
C 'était tellement … con.
Il y avait tellement cru, y avait insufflé tout son être et toute son âme, avait cédé à toutes les demandes d'Erik, lui avait tout offert, comme cela, sans rien demander en retour. Il n'avait souhaité qu'un peu de réciprocité, un peu d'amour en retour, d'éternité. Cela avait certainement été un peu trop pour l'homme sans attaches qu'était Erik.
Marko avait peut-être raison, après tout. Peut-être n'était-il pas fait pour vivre en ce monde, peut-être que tout cela n'était qu'une erreur, un but infondé ? Peut-être aurait-il mieux fait de mourir.
Son père ne serait peut-être pas mort. Sa mère n'aurait pas plongée dans l'alcoolisme. Ses parents auraient encore été heureux, ensemble. Kurt et Cain Marko ne seraient jamais entrés dans la sphère familiale. Tous deux auraient été en vie. Raven n'aurait jamais eut à souffrir à cause de lui. Qui sait ? Peut-être coulerait-elle un amour parfait avec Erik.
Il sentait lentement la folie envahir ses pensées.
Au loin, des cris, et des vitres qu'on détruit. Des yeux perçants et glacés qui s'insinuent douloureusement dans son crâne.
Charles !
Il se souvenait être tombé sur le sol, à genoux, face à cette grande vitre glacée, le regard fixé sur le portail de fer qui s'ouvrait lentement, là-bas, au loin. Un homme marchait d'un pas vif, pressant, comme s'il souhaitait échapper à quelque chose, comme s'il avait peur qu'on le poursuive. La pensée n'effleura même pas Charles. Erik avait prit sa décision, n'importe quelle supplique ou menace ne le ferait revenir.
Le rire hystérique se mua en cri douloureux, ravagé. Les sanglots bloquèrent sa respiration, haletante, avant de finalement passer la barrière de sa gorge tiraillée et douloureuse. Les larmes coulèrent, ses poings se serrèrent. Il laissa se déverser la peine et la rage, le cri de son cœur brisé, la retenue de ses pouvoirs si incontrôlables ces semaines ci.
« Tu vois, tu finiras seul. Personne ne pourra jamais t'aider. Il n'y aura toujours que toi et moi, Charles, juste toi et moi, et personne d'autre. »
Erik passa le portail sans se retourner.
Toute raison quitta son esprit. Il n'entendit pas la porte s'ouvrir, dans son dos, et des pas se rapprocher. Il sentit à peine le chloroforme qu'on appliqua sur son nez et sa bouche, et tenta à peine de se débattre. Le monde devint néant. L'insidieuse petite voix de son enfance continua à résonner dans son crâne, alors qu'il sombrait dans une inconscience forcée.
« L'une est morte et tu peux tuer l'autre. Nous pouvons la détruire. Elle n'a aucun pouvoir, elle n'est qu'une proie facile, Charles. »
Il revint à la réalité quand les vitres de sa propre prison se mirent à vibrer. Instinctivement, il recula d'un pas, sourcils froncés, tentant de percer de ses pouvoirs la barrière des miroirs. Il n'en eut le temps. La vitre face à lui explosa quand une balle la transperça. Une vive douleur l'aveugla un instant quand celle-ci vint terminer sa course dans son bras droit.
Il serra les dents, appliqua sa main gauche sur la plaie ouverte, releva des yeux légèrement voilés par la souffrance vers le trou béant qui s'était composé au milieu des miroirs. Le silence. Pas une alarme n'avait retentit.
Je suis désolée, Charles.
Emma était fantomatique dans cette lueur aveuglante. Ses yeux étaient plus résignés et apeurés que glacés, mais elle se força à sourire quand elle s'adressa à lui. Près d'elle, une jeune femme portant un casque semblable à celui que Shaw portait en permanence, avait posée le canon de son arme sur son crâne, la tenant en joue.
Charles la reconnue immédiatement. Elle avait les mêmes traits fins que Moira, la même chevelure. Sa sœur. En quête de vengeance.
- Charles Xavier, je présume.
Il n'acquiesça même pas, sachant que, de toute façon, si elle se trouvait ici, c'était forcément pour lui. Elle eut un sourire froid et cruel et appuya plus fort le canon de son arme contre la peau de la télépathe à ses côtés. Cette dernière grimaça, mais ne supplia pas. Elle ne dit rien, se contentant de fixer Charles.
Emma, merde, utilise ta seconde forme, les diamants empêcheront la balle de t'atteindre.
Je ne peux pas. Je suis trop faible. J'ai déjà essayée, ça n'a pas marché.
Et, en effet, Charles perçu très bien le rouge qui s'écoulait de son flanc gauche. Il serra les poings, tournant de nouveau son attention sur la jeune MacTaggert.
- Relâche-la, elle n'a rien à voir dans cette histoire. C 'est moi qui ai tué ta sœur.
Son sourire se crispa, et le voile noir qui passa sur ses yeux, la rage qui contracta ses traits, l'enlaidit davantage.
- Je ne tiens pas à me retrouver emprisonnée par ta faute. Tu as détruit la vie de Moira, mais tu ne détruiras pas la mienne. Cette jolie poupée va faire le sale boulot à ma place, ils croiront tous que vous vous êtes entretués et, en bons monstres que vous êtes, personne n'aura rien à y redire. Alors, tu vas rester bien sage, Xavier, pendant que ton amie va lentement te détruire ce qui te reste de raison. Sinon, je lui explose la cervelle.
- Qui te dis qu'elle est mon amie ?
- Ça peut facilement se vérifier.
Elle enleva la sécurité de son arme, et Emma pâlit encore bien plus. Son regard paniqué s'accrocha aux yeux bleutés de Charles, qui ne pu que céder.
- D'accord, c'est bon, baisse ton arme.
Un sourire de douce victoire vint illuminer le visage fou de la jeune femme. Elle donna un léger coup de pied dans le flanc de la télépathe, qui cria de douleur, et se baissa à sa hauteur.
- Maintenant, fais ton job et tu auras la vie sauve. Je le veux mort, c'est clair ?
Le sentiment de perte, voir qu'on ne contrôle plus rien, que tout tombe en poussière autour de soi. Erik était partit comme les autres. Mais, il était revenu, un matin, pâle et angoissé, amaigri par le stress et la pensée de ne retrouver que son corps sans vie à la fin de son voyage. Il l'avait sauvé. Avant de disparaître à nouveau. Pour toujours.
Il y avait un peu d'espoir.
Je suis désolée, qu'est-ce que je peux faire ? Tes pouvoirs sont plus forts que les miens, fais quelque chose, Charles.
La douleur s'insinuait rapidement dans son crâne. Il ne savait que faire. Mischa MacTaggert n'était qu'une enfant, et elle avait le droit à la vengeance. Il ne pouvait pas la tuer. Mais, alors, devait-il se laisser mourir ?
Mourir et retrouver Erik dans un possible au-delà ?
« Je sautes, tu sautes, c'est ça ? »
Bien sûr que c'était cela. Depuis le début, ça n'avait été que cela. Depuis qu'il avait sauté d'un bateau pour le secourir, toute leur histoire s'était tissée autour de ce fait, de cette idée. L'anéantissement, le désespoir, la souffrance. La mort.
Cela aurait été si simple.
La douleur dans son crâne atteint de tels sommets qu'il sentit le sang couler de son nez et de ses oreilles. Il était tombé à genoux, sans réellement s'en rendre compte. Emma le regardait, peinée. Mischa savourait son triomphe.
Non. Rien n'était jamais aussi simple.
« Une petite fille, Charles, juste une petite fille complètement ignorante de la menace que nous représentons. Elle se cassera en deux comme une simple brindille. »
L'atmosphère changea. Mischa perdit lentement son sourire en voyant les yeux de son ennemi perdre leur teinte bleutée pour virer au noir. Elle se redressa, leva de nouveau son arme. Celle-ci s'envola de ses mains pour atterrir dans la paume ouverte du jeune anglais.
- Qu'est-ce que …
Il eut un rictus mauvais, et leva une main vers elle. Une expression choquée et stupéfaite sur le visage, elle fut balayée d'un geste, s'effondrant, inconsciente, contre le mur opposé. Charles se redressa, tremblant, et marcha vers la télépathe, ahurie et le regard apeuré, qui se tenait encore près de l'entrée. Il l'aida à se relever, et lui mit le revolver dans la main, comme un gage de sa bonne conscience et du fondement de sa raison, qu'elle s'empressa de serrer entre ses doigts, avec un sourire reconnaissant aux lèvres.
Elle tourna le canon vers la jeune femme inconsciente, allongée à quelques mètres d'eux, dans la perspective d'en finir avec elle. Charles posa une main sur son bras, la forçant à baisser l'arme.
- Ce n'est qu'une enfant.
Elle eut un rire désabusé que Charles ne releva pas, mais s'empressa tout de même de baisser l'arme. Devant eux s'étendait un couloir qu'ils avaient maintes fois parcourus, entourés de gardes, trainés au sol, sur divers brancards souillés de leur propre sang. Un mauvais souvenir. Charles leva les yeux et, le visage illuminé d'un sourire, pointa du doigt l'enseigne lumineuse qui pendait dans le vide, là-bas, contre le plafond.
Sortie de secours.
Et maintenant, que faisons-nous ?
Shaw est toujours en Russie, n'est-ce pas ?
Alors qu'ils avançaient lentement vers la sortie, l'arme au poing et les sens en alertes, Emma pinça les lèvres, l'air hésitant.
Oui, je crois.
Alors, je pense que nous allons lui rendre une petite visite de courtoisie.
Emma fit taire les sentiments qui se pressèrent en son cœur, et Charles fit de même de son côté. Elle l'aimait tant et il le haïssait tout autant.
- Voyez qui est venu nous rendre une petite visite de courtoisie. Charles Xavier … Je suis tellement heureux de vous rencontrer, j'ai tellement entendu parler de vous, mais en bien, je vous rassure.
Le sourire froid, l'œil calculateur et fou. Charles était groggy, les effets du chloroforme emplissant encore ses sens, la peine et la douleur du rejet d'Erik encore bien ancrés dans son être. Il reconnu pourtant, et avec horreur, la personne qui se tenait près de lui, dans cette cellule humide. Il l'avait vu dans les cauchemars d'Erik. Il peuplerait désormais les siens.
- Je suis Sebastian Shaw, mais cela, je pense que vous le savez déjà. Je suis vraiment désolé pour la façon dont nous avons procédés pour vous mener jusqu'ici, mais je pense que c'était là la meilleure solution. Voyez-vous, je n'ai absolument rien contre vous, vous m'êtes même, je dois l'avouer, complètement indifférent, mais vous possédez quelque chose, ou plutôt quelqu'un, que je souhaite récupérer. Je suis vraiment très attristé que cela tombe sur vous, Charles, vraiment, vous m'en voyez fort peiné. Mais, je veux Erik. Et je finirai par l'avoir.
Charles agrippa la main d'Emma dans la sienne, la forçant à accélérer, et poussa la porte qui menait vers l'extérieur. Son être se consumait de rage et de haine.
Il tiendrait bientôt sa vengeance.
Tadaaa. Reviews ? La suite, pour bientôt, promis ; )
