Disclaimer: Je n'ai pas fait ce manga...j'suis pas Yana Toboso.

Genre: Romance, Friendship

Personnages: Vincent Phantomhive, Diederich, Alexis Midford, Tanaka, Frances Phantomhive

Rating: Plus du tout pour tous.M

Note: C'était le chapitre le plus dur à écrire de toute ma fic...T_T

Et si ça peut vous rassurer, on en a presque fini avec la famille de Diederich.


Partie 7: Une soirée de cauchemar


L'allemand se leva pour regarder les titres dans la bibliothèque, savourant la chaleur de la pièce. Soudain un gémissement lui parvint. Il se figea. Un gémissement? Un autre, un autre...Il sentit ses joues devenir brûlantes tandis que des images mentales lui venaient.

«Tanaka, tu sers trop fort!

- Non jeune maître, pas du tout!»

Une nouveau gémissement le fit rougir comme une tomate. Vraiment, il aurait aimé se boucher les oreilles. Qu'est-ce qui était trop serré? Un cauchemar, c'est ça il faisait un cauchemar. Comment Vincent osait-il gémir comme ça sans raison?

Tout s'arrêta. Il fut presque soulagé.

Vraiment.

Presque soulagé.

Diederich se tordait les doigts, mal à l'aise. Il entendait des voix, celle de Vincent, celle de sa sœur et celle du majordome.

«Mademoiselle, faites moi confiance pour la maquillage. Madame votre mère me laissait souvent faire.

- Non Frances, ne couvres pas mon grain de beauté! Ça me rend mignon!

- Il faut qu'il soit beau et attirant, pas qu'il ressemble à...

- Une prostituée?

- FRANCES!»

L'allemand toussa, préférant ne pas imaginer ce qu'il se passait. Il avait une horrible impression de savoir ce que l'autre avait prévu. Pourquoi du maquillage? Il écarquilla les yeux et passa par toutes les couleurs de la gamme des rouges, finissant la tête dans les mains. Il se sentait également coupable. Son père était toujours en Angleterre et devait avoir trouvé sa maison vide...mais il savait, au fond de lui, que l'anglais ne le laisserait pas partir de chez lui tant que son géniteur serait sur le sol britannique.

«Et toi Frances, comment vas-tu passer ta soirée?

- Je vais au théâtre!

- Seule?

- Je t'en prie, c'est la loge de notre famille!

- Tanaka viendra avec toi.»

Car après quelques minutes, la porte s'ouvrit. Une magnifique jeune femme en robe de mousseline qui suivait agréablement les courbes du corps, des gants blancs couvrant les mains, un délicat bijou au cou, un maquillage délicat sur le visage et des cheveux plus longs.

Il ouvrit la bouche «Phan...Vincent?

- Comment tu me trouves Dee?

- Répugnant!» marmonna le germanique en prenant un air boudeur, croisant les bras et détournant la tête, rougissant.

L'anglais gloussa, amusé. «C'est la première fois que j'utilise ce genre de déguisement dans une mission. Tu l'as vu? Cette fausse...

- Je l'ai vue, oui!» Il se força à ne pas regarder la fausse poitrine, priant pour penser à autre chose.

«Awww DeeDee je te fais tant d'effet que ça?

- Dans tes rêves.

- Très bien, allons y Honey ~»

Il se dirigea vers la sortie, suivie par un germanique au bord de la syncope. Une fois dans le fiacre, qui se mit en route vers la fête, l'anglais le fixa «Tu es un jeune allemand ici pour apprendre la culture anglaise et je suis la sœur de ton meilleur ami, a qui tu as promis d'être mon chaperon à sa place.

- Tiens, j'aurais juré que tu voudrais que je sois ton fiancé.»

Les yeux ambrés le mirent mal à l'aise. Le sourire affamé aussi. Il marmonna «Non c'est parfait, j'aurais pas besoin de jouer les fiancés protecteurs. Je ricanerais en te voyant te débrouiller avec des hommes qui te tourneront autour.

- Mais Dee, tu dois être un bon chaperon.

- Et toi...ton plan? Interroger l'hôte?

- Plus ou moins. Je vais l'attirer jusqu'à ses appartements et l'interroger là-bas. Et le tuer.»

Diederich grommela, croisant les bras. «Pourquoi ne pas l'arrêter?

- Voyons Dee...si je l'arrêtais, cela mettrait ses complices aux abois et pourrait précipiter la morts de ceux qui sont toujours disparus, et faire disparaître ces types dans la nature, dans un autre pays, ce qui n'est pas le but de la manœuvre. Le tuer fera penser plus à un règlement de compte, spécialement que...personne ne me reconnaîtras.

- Et bien entendu, personne ne pensera que c'est ''toi'', le chien de garde, qui l'a fait.»

Le comte lui fit un adorable sourire, un sourire qui était presque effrayant «Si tu savais combien d'ennemis à ce type.

- D'accord, d'accord. Et qu'est-ce que tu attends de moi?

- Que tu surveilles mes arrières.»


La fête était somptueuse, aucun doute là dessus. De nombreuses personnes étaient présentes, on entendait même parler plusieurs langues. Diederich eut un mauvais pressentiment, la chair de poule pendant quelques secondes, puis suivit le comte travestie vers le maître des lieux.

«Bonjour mademoiselle» s'émerveilla celui-ci, lui faisant un baise-main «A qui ai-je l'honneur?

- Viviane Andrew, fille du vicomte Andrew.

- Et ce charmant jeune homme?» s'enquit l'homme, se tournant vers l'homme aux cheveux bruns.

Celui-ci fit, le plus poliment possible «Diederich Von Wolf. Je suis un ami du frère de cette jeune femme, il n'a pas pu venir lui-même, j'ai par conséquent accepté d'être son chaperon.» Il serra la main de l'homme, sentant un frisson glacé qui remontait dans son dos. Qui était cet homme? Il y avait quelque chose d'immonde émanant de lui.

Gareth Miller sembla le fixer avec un réel intérêt «Je suis ravi de vous rencontrer jeune homme. J'ai une grande admiration pour votre pays natal.

- Heureux de l'entendre.» Il se retint de grimacer quand le pied de l'anglais déguisé écrasa le sien sans aucune pitié. «Je veux dire...je suis heureux que mon pays intéresse autant de personnes, je serai ravi d'en parler avec vous durant la soirée.»

La baron Miller eut un rictus étrange puis s'éloigna, saluant ses autres invités. Les deux associés restèrent seuls et l'allemand sentit qu'on lui pinçait le poignet, assez sèchement.

Il posa ses yeux sur son compagnon, presque ennuyé «Quoi encore?»

Vincent plissa les yeux «Tu n'étais pas très poli Dee.

- Ce type me hérisse, il y a quelque chose qui cloche avec lui.»

Le comte haussa les épaules «Il est louche. Je le savais déjà. Bien, tu vas soutirer quelques informations aux invités et je vais tenter une approche.»

Diederich grogna et s'éloigna, jetant un coup d'oeil au buffet. Il mordit dans un amuse-gueule, regardant autour de lui. Qui approcher en premier? Un femme ou un homme? Interroger, il en avait de bonnes. Comment savoir qui était louche et qui était innocent? Il se figea soudain, le cœur paralysé par la peur.

Son père.

Qui parlait avec le baron qui avait du échapper au regard du chien de garde.

Miller le désigna d'un geste.

Il croisa le regard de son géniteur.

Une sensation de froideur s'engouffra en lui. L'homme lui fit un geste impérieux de la main. Déglutissant il marcha vers lui, obéissant autant par habitude qu'autre chose, ignorant son dos qui lui faisait soudain terriblement mal.

«Que fais-tu ici fils?

- Et vous?» Fit sèchement le jeune homme.

Une poigne de fer lui serra l'avant-bras, le tordant même légèrement. «Ne me parles pas comme ç oublie ta place. Tu n'es rien sans moi.»

Diederich fixa son père dans les yeux, la haine et la peur se mêlant en lui. «Je n'ai pas de comptes à vous rendre.

- C'est ma réputation que tu pourrais entacher en faisant n'importe quoi.

- Rassurez-vous père, je n'ai pas pour habitude de faire n'importe quoi. J'ai accepté la requête d'un ami d'accompagner sa sœur à cette fête.

- Tu remplie bien ton rôle.» Railla froidement l'homme, méprisant.

Le jeune homme soupira «Je ne vais pas lui tenir la main toute la soirée. Je la surveilles de loin.» Il sentit le soulagement l'envahir quand la poigne sur son bras se relâcha, il frotta la zone d'un geste mal assuré.

«J'ai entendu dire que tu t'es fait des amis intéressants.»

Diederich serra les dents. On y était. Son père ne voyait que l'argent et que les titres. Leur famille était une famille de héros militaires. Presque tous avaient reçu une croix de fer depuis que cette récompense existait. Personne n'avait reçu la grande croix cependant. Et son père, malgré ses efforts, n'avait rien reçu non plus. Même une simple médaille. Certes il était haut-gradé mais cela ne remplaçait pas les récompenses. Et ce qui les accompagnaient souvent. Oui leur famille était riche et noble mais le jeune allemand savait qu'il était loin derrière Vincent au niveau du rang social et du prestige.

L'homme poursuivit d'un ton doucereux «Des amis riches et haut-placés dans la société. Tu sais trouver sa place n'est-ce pas?

-Je n'aime pas ce que vous sous-entendre père.» il releva des yeux brillants de colère «Peut-être est-ce incompréhensible pour vous mais mes relations sont sincères. Ce n'est pas parce que beaucoup de gens vous méprisent en réalité que vous devez projeter votre fantasme de gloire en moi.»

Le militaire leva une main sévère «Sale petit...

- Allez-y frappez moi devant tout le monde. Montre leurs ce que vous êtes réellement.» En même temps il se sentait nerveux et luttait pour ne pas chercher Vincent des yeux, il ne pouvait détourner le regard des yeux sévères de son père.

«Ton cousin est ici.

- Henrik?

- Il est venu avec moi. Il a des contacts ici. Bien plus intéressants que les tiens sans aucun doute.

- J'en doute père. Henrik est la définition même du butor. Les gens ne le respectent pas, il se taisent pour ne pas qu'il agisse comme un barbare.

- Il est bien plus digne que toi d'être un Von Wolf.

- Mais il ne l'est pas et son père est trop fier pour accepter votre héritage pour son fils. Et sait que celui-ci ne le mérite pas.»


Henrik.

Il était beau et cruel.

Combien de fois l'avait-il fait punir, fait punir ses frères...jouant ensuite les innocents face à son père. Regardant leurs punition avec jubilation.

Oui Henrik aurait du être le fils de son père.

Et lui le fils de quelqu'un d'autre...


«Et tu sais, Henrik a apprit des choses intéressantes sur le monde souterrain anglais.

- Donc il ne traîne pas dans des endroits très intéressant ou élogieux? Je m'en doutait qu'il n'était pas capable de faire bien mieux.» Où avait-il apprit cette verve, cette rage? L'idée qu'il n'était plus seul, que Vincent était là désormais? Et il pouvait parler...il fréquentait le plus sombre des nobles, le maître du monde souterrain...sauf que le comte faisait ça pour faire régner l'ordre.

L'homme ricana «C'est amusant que tu dise ça...

- Je n'aime pas vos sous-entendus père.

- Tu te lie avec des gens intéressants.»

L'allemand soupira «Je ne vous dirais rien sur mes relations père. Inutile de m'en persuader.

- Une famille proche du pouvoir.»

Il tressaillit et cela ne passa pas inaperçue «Il est noble oui et travaille au parlement mais je ne vois pas en quoi cela vous regarde.»

Son père le fixa «Je voudrais que tu te renseignes Fils. Que tu m'obtienne des renseignements sur un être qu'on appelle le chien de garde de la reine

Le jeune homme n'eut aucune réaction, ses yeux noirs vides de toute reconnaissance de ce nom, ce qui fit froncer les sourcils de son interlocuteur «Je ne vois pas de qui vous voulez parler. Mais je ne vois pas en quoi les affaires de l'Angleterre vous regarde père. Pourquoi vous intéressez vous à la famille royale?»

L'homme lui saisit le bras, fortement «Ne joue pas à ce jeu là avec moi fils!

- Jouer? Je ne joue pas. Je ne connais aucun noble de ce nom...le seul proche du pouvoir que je connais s'appelle Alexis Midford et il est encore à Weston. C'est un futur chevalier d'Angleterre. Donc oui il est proche de la famille royale mais je ne connais personne d'autre dans ce cas-ci.

- Je te trouve bien insolent ce soir.

- Je vous trouve très suspect ce soir en ce qui me concerne.

- Fils, je te préviens...

- Et c'est si difficile de dire mon nom? Sachez que je ne vous dirais rien, ni sur mes relations, ni sur des choses que je pourrais savoir sur le pouvoir, ni quoique ce soit. Je n'ai pas de temps à perdre avec un raciste qui ne pensent qu'à sa petite gloire personnelle et à la domination. Bonne soirée père!» Il claqua des talons et partit, d'un pas rapide. Il avait honte de s'être emporté comme ça et savait qu'il allait le regretter amèrement. Le fait d'être en public le rendait donc si inconscient?

Il revit le regard froid de son père. Et sentit une douleur en lui.

Jamais de la reconnaissance.

Jamais de l'amour.

Juste du mépris.

Juste la volonté de l'utiliser, ses frères aussi même s'ils étaient aimés, eux.

Monter ses aînés contre lui.

Préférer son cousin cruel et sadique, qui se cachait derrière un visage d'ange et une attitude irréprochable en public.

Heureusement le père d'Henrik avait conscience du caractère de son enfant et avait fait les choses pour que son fils ne puisse hériter de rien venant de son beau-frère. Il envisageait même de l'envoyer loin d'Allemagne, dans une colonie. Pensant que ça le calmerait.

Sauf que Henrik était en Angleterre maintenant.

Que faisait-il ici? Il avait ses études dans leur pays natal, dans une école militaire. Ses galons étaient le fruit de son statut social, et de quelques pots de vin.

Il ne l'avait pas revu depuis deux ans, quand il était venu lui rendre visite en Angleterre, un sourire hypocrite aux lèvres, s'imposant dans sa petite maison londonienne et faisant il ne savait quoi. Durant un congé, il avait été obligé de le fréquenter.

«Tu es devenu bien mignon dis-moi...»

Son cœur avait fait une embardée sous l'effet de la terreur.

Il avait passé ses congés à le fuir, négligeant ses tâches mais réussissant à faire le reste.

Il avait accueillis le retour au collège, presque avec soulagement.

Pourquoi son père voulait-il savoir s'il était proche du pouvoir en place? Il émit un ricanement. Pour avoir des ragots sur la famille royale. Il savait que son père détestait la reine et le prince héritier...trop francophiles à son goût, la reine qui se mêlait un peu trop des affaires allemandes par moment. Et était dégoûté du peu de pouvoir qu'avait eu le défunt prince-consort.

«Non, je délire...haha...»

Sa bouche était sèche. Devait-il parler de ça à Vincent...son père et son cousin qui voulait savoir s'il était proche du pouvoir...qui détestait la famille royale...

En même temps il avait peur...peur de Vincent. De sa réaction...et s'il le prenait quand même pour un complice?

«Monsieur? Champagne?»

Il vit le serviteur devant lui, lui tendant une coupe, la seule pleine sur le plateau, au milieu des vides. Il tendit la main et la prit, d'un geste lent et mesuré. Et chercha le comte des yeux. Où était ce pervers? Il finit par le voir, qui agitait nonchalamment son éventail en parlant avec le baron. Tout se passait comme prévu...sauf pour lui. Il se sentait malade. Il but d'un trait le verre, voulant oublier ce qu'il venait de vivre, ça valait peut-être mieux.

Quelques minutes de déprime s'écoulèrent, durant lesquels il chercha comment parler à Vincent...lui dire que son père était suspect, louche...

Tu veux qu'il tue ton père?

Il a vu tes marques, il pourrait penser que tu veux te venger et ne pas te croire.

Tu as peur qu'il te pense leur complice?


«Tiens Dierich...»

Il frémit. Un frisson de peur pure. Il lutta, rassemblant son courage, et plongea un regard méprisant dans celui d'un beau jeune homme aux yeux verts et aux cheveux châtain clairs. Habillé d'un uniforme de l'armée allemande, il arborait des galons brillant à la lumière.

«Henrik. Mon nom est Diederich. J'apprécierais que tu t'en souvienne.»

L'adulte de 25 ans rit, amusé. «Tu es devenu bien sombre. Comment tu es différent de Karl qui souriait tout le temps ou de Hans qui était inexpressif.

- Je t'interdit de parler d'eux...dans ta bouche, cela sonne comme une insulte.

- Ho? tu défend des gens qui ne t'aimaient pas? Tu as vraiment un cœur faible ~Rich

- Ne m'appelle pas comme ça, seule ma sœur avait le droit.

- Qu'est-ce que tu es devenu hargneux ~Rich.» Il ricana en voyant la moue furieuse du brun «Aww tu continue à boire ton alcool à petites gorgées. T'es pas capable de le boire d'un trait?

- Le champagne ne se boit pas d'un trait.

- Quelle excuse, tu es vraiment faible, à tout les niveaux. Même pas fichu de boire un verre d'un coup, quelle déception.»

Retenant un soupir d'exaspération, l'allemand cracha «Si je bois d'un trait, tu vas retourner jouer les petits chiens près de père et arrêtez de m'empoisonner la vie?

- Possible ~» gloussa le châtain. «Mah mah, tu es un vrai gamin en fait...à boire ton verre comme un petit qui découvre l'alcool!»

Exaspéré et furieux d'entendre un ton si méprisant, il vida sa coupe d'un coup et la reposa sèchement sur la petite table à côté de lui «Heureux?

- Ho tu as bien grandis en fait. Les anglais t'ont bien remplis la tête avec leur école de riches?

- Je n'ai pas versé de pots-de-vins pour avoir de bons résultats ou mon diplôme, moi.»

Henrik ricana «Tu as une bien basse opinion de moi cousin.

- Donne moi une raison de ne pas avoir une basse opinion de toi!» Il lui jeta un regard chargé de mépris. En même temps, il desserra son col. Il faisait soudainement chaud. L'alcool était si fort que ça? Non ce n'était que du champagne...il ne devait pas suer ou voir trouble. Il prit appuie sur la colonne derrière lui «Tu ne devais pas partir toi?

- Pas réellement. Je n'ai pas dis que je partirais, juste que c'était possible que je le fasse.

- Fiche moi la paix.

- Non.»

Il lança un regard noir à son cousin, grimaçant sous la migraine qu'il ressentait. Il se sentait lourd, ses jambes tremblaient.

De la drogue.

On m'a fait prendre de la drogue.

Un sentiment d'horreur enfla en lui comme une vague, et il eut envie de vomir.

«Je crois que tu es en train de faire un malaise ~Rich, tu dois t'allonger un peu...»

Sa vue se troublait de plus en plus, son esprit devenait brumeux.

«Non...»

Le sourire carnassier de Henrik fut la dernière chose qu'il vit avant que son esprit ne sombre et qu'une main de fer ne l'empêche de tomber.


Quand il reprit conscient, il ne savait pas où il était. C'était une chambre luxueuse, et il était sur un lit confortable et moelleux. Il tenta de se redresser mais se sentait encore faible et nauséeux. Sa tête lui tournait de plus en plus. Une envie de vomir enfla en lui et il gémit, tentant de retrouver des repères.

«Réveillé Dritich?»

Il grogna et ouvrit des yeux brumeux. «M'ap...pas co...ça...» Il n'arrivait pas à parler, ni à bouger, il se sentait comme dans du coton. Pâteux et faible.

«Tu sais, je t'ai observé...tu es bien plus sûr de toi, fier et méprisant envers ta famille.» Il s'approcha et tapota la joue pâle de son cousin «Et tu as de beaux vêtements, hors de prix avec la pension que te verse ton père pour ton budget vêtements et bottes.»

Il grimaça en sentant cette foutue barre de fer en travers de son crâne. Il tremblait.

«Et tu étais avec une belle jeune fille...je jouerais bien avec elle plus tard.» Il attrapa une mèche sombre «Dis moi te ferais-tu entretenir par quelqu'un?» Il se pencha, soufflant contre les lèvres pâles «Ne mens pas...j'ai des contacts, des contacts qui me disent que...tu es souvent avec le comte de Phantomhive. C'est lui qui t'entretient? Je me demande bien pourquoi...tu n'es pas le genre de personne qu'on voudrait comme ami avec ton caractère épouvantable et ton visage toujours mécontent donc...tu écartes les cuisses? C'est intéressant ça...»

Malgré son état, ce fut pire qu'une gifle. Non. Il ne devait pas écouter ça...ce n'était pas vrai, c'était faux...Faux...faux...il ne devait pas écouter. Il voulut écarter le plus vieux mais ses membres étaient si lourds, qu'il en avait des vertiges à chaque geste.

L'autre eut un sourire cruel «Dans ce cas, tu ne verras pas d'inconvénient à ce que je me serve?»

Il se pencha mais le jeune homme eut un mouvement désespéré malgré la drogue, envoyant son genou dans le ventre d'Henrik qui fut projeté au sol.

«Tu résistes vraiment bien. Tu feras un soldat intéressant. Mais...ce serait bête de ne pas pouvoir entrer dans l'armée parce que quelqu'un aura tout fait pour te bloquer n'est-ce pas?»

La porte s'ouvrit à ce moment.

Il n'y eut aucun bruit pendant un instant.

Henrik, sans se retourner siffla «Meine Uncle, je pense que votre fils est vraiment juste bon à être une Hure ...» Un cliquetis aisément reconnaissable pour un soldat résonna dans la pièce. Henrik se retourna «Qui êtes...»

BANG

Des pas se rapprochèrent et une main gantée caressa la joue glacée de l'allemand. Celui-ci lutta contre la brume, tentant de comprendre ce qui s'était passé, c'était...un...coup...de feu? Que...

Il croisa deux yeux d'or et sentit que ses poignets étaient libérés (il était attaché?)

«Dee?»

Il tenta de parler «Vin...

- Tu as été drogué, ça se voit dans tes yeux.» Il grogna «C'est bien ma veine...» Il lui passa un bras autour des épaules et le redressa. Et le gifla, deux fois. Sèchement, fermement...

La brume sembla s'éclaircir. Et il retrouva ses sens...pour être tiré en dehors de la pièce, sans un regard en arrière. Ce qu'il ne voulait pas faire de toute façon. Il savait déjà que ce signifiait cette détonation.

«Nous avons fini...Dee...J'ai de quoi te soigner chez moi.»

Le comte travestie poussa la porte sans un mot «La voiture attends là.» Il poussa l'allemand dans le fiacre. Et grimpa «A ma maison de ville!» Il referma la porte et regarda son ami. Pâle, de la sueur coulant sur son front, il semblait perdu et incapable de comprendre quoique ce soit. Il s'assit près de lui et le prit dans ses bras, caressant ses cheveux.

«Ca va aller Dee...tu vas boire ce que je vais te donner et tu iras dormir. Demain matin tu auras juste une sorte de gueule de bois.»

L'autre gémit doucement sous la caresse, trop faible pour lutter ou ronchonner. L'odeur du comte emplissait ses narines, sa chaleur l'enveloppait et il entendait les battement de son coeur à travers les vêtements.

Il se sentait étrangement bien, apaisé, en sécurité. Et l'anglais en profitait pour toucher ses cheveux encore et encore, le gardant contre lui, le berçant presque tendrement, profitant de la situation pour le cajoler sans risque de protestations. Un petit soupir échappa au brun, qui se blottit contre le torse de son sauveur, s'abandonnant au sommeil avec confiance.

Il était en sécurité.

Vincent sourit tristement, soulagé au delà des mots.

Quand il avait vu ce type penché sur son ami...la rage aveugle qui l'avait envahi l'avait presque effrayé.

Il avait entraîné le baron à l'écart, remarquant son ami parlant avec quelqu'un...portant un uniforme allemand.

Mais il ne pouvait retarder son plan.


«Dis moi tout...Miller et je serais bon prince...peut-être»

L'homme fixa avec terreur le comte en robe assit sur sa poitrine, un revolver pointé sur son front et une dague à la main.

«Mais...Mais...

- Mais quoi Baron? Je suis le chien de garde de la reine. Crois-tu que je sois du genre à plaisanter? Je te laisse une minuscule chance de vivre, prends la et dis moi tout.»

Le couteau frôla la joue, laissant une éraflure.

«Vous êtes fou.

- Je ne soupçonne pas sans raison.

- Je ne suis pas derrière ces disparitions de nobles!

- Ho? Vraiment? Vous allez accuser cet imbécile de Druitt peut-être? Laissez moi rire, il est trop idiot pour faire ça seul...et se trahirait.» il se pencha «Je ne suis guère patient...» Ses doigts attrapèrent la main de son prisonnier dans une étreinte de fer et brisa le poignet, affichant un cruel rictus devant le cri de douleur. «Alors?

- Je...je ne fais qu'avancer les fonds monsieur. Je ne participe pas.» Le criminel pleurait presque, la respiration haletante sous la douleur, la terreur dans les yeux.

Vincent lui jeta un regard dégoûté à l'homme, se leva et lui tira dans le genou. Sans sourciller. Sans se soucier qu'on pouvait entendre la détonation ou le hurlement. L'homme n'avait-il pas parlé d'isolation parfaite? Quel idiot!

«Bien bien, des noms?» Fit-il quand l'autre eut terminé de crier et qu'il fut recroquevillé, en larmes, au sol.

« ….Je ne peux rien dire. Pas de noms. Je peux vous donner des pistes. Comme ça ce n'est pas réellement une trahison et je pourrais vivre.» L'homme déglutit «L'idée des chevaliers teutoniques vient de...de...un officier allemand qui déteste l'Angleterre et qui complote contre la famille royale.

- Un allemand?

- Je ne peux pas dire son nom...il est impitoyable, il tuerait son propre fils si celui-ci tentait de l'arrêter, il a déjà accepté de le livrer à son cousin dérangé.

- Je me fiche des histoires de famille de...

- ….Je ne peux pas dire son nom...mais je peux vous dire que son fils est le beau jeune homme qui était avec vous ce soir.»

Le lord se figea «Diederich?» Il attrapa l'homme par le col «Dis moi tout, tu viens de franchir la limite de ma patience...ce que tu as eu avant n'est rien comparé à ce que je pourrais te faire maintenant. L'allemand s'appelle Von Wolf, c'est ça?

- Ouais, un raciste, détestant les français, les anglais et la reine...il est dangereux. Il s'est allié avec un demeuré, un illuminé par la religion. Je ne connais pas son nom...il se fait appeler le ''Sauveur des âmes corrompues''.»


Il n'expliquait pas cette rage aveugle, ce sentiment fort qui sifflait en lui que personne n'avait le droit de toucher à ce qui était à lui. Baissant les yeux vers l'allemand endormis dans ses bras, il se pencha et lui posa un baiser sur le front.

«Je suis là...je te le jure, ton père ne te touchera pas...il ne te toucheras plus...» lui souffla-t-il à l'oreille «Je te protégerais Dee...»

Dans son sommeil, l'autre sourit.


A Suivre