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Titre du chapitre: Traître à son sang

Tout est à Jo, rien à moi, bla bla bla.

Publication initiale : juin 2010

Version corrigée/remaniée : 27 janvier 2013

Rating : T pour ce chapitre

Notes : lors du remaniement, le prénom de l'héroïne a été changé.

Chapitre exclusivement du point de vue de Sally.

Cela faisait déjà deux semaines que nous étions revenus de cette mémorable sortie à Pré-au-Lard. Je n'avais jamais été aussi heureuse de toute ma vie. Sirius et moi passions une grande partie de nos journées ensemble. Il n'avait rien à voir avec le Sirius qui sortait avec Amber et l'ignorait une grande partie du temps. Notre complicité renaissait de ses cendres et était même beaucoup plus grande qu'avant. Qui aurait cru que j'avais tant de choses en commun avec Sirius Black ?

Nous pouvions passer des heures et des heures à parler de tout et de rien. Et puis il y avait cette tendresse merveilleuse dont il m'entourait, me prenant dans ses bras, m'embrassant ou simplement me souriant. Il y avait aussi ce désir qui nous reliait l'un à l'autre, qui me donnait envie de le toucher.

Sirius n'avait jamais mentionné le fait de faire l'amour et parfois quand nous étions seuls et que ses baisers devenaient un peu trop passionnés, il s'écartait de lui-même.

De mon côté, j'avais envie de sauter le pas. Mais pas tout de suite. Pas parce que je ne me sentais pas prête, mais parce que je préférais que cela suive le cours normal d'une relation amoureuse qui se construit. Et aussi parce que Sirius avait besoin de temps pour appréhender le sexe comme autre chose qu'une compétition sportive. Ce n'était qu'une question de temps. Je savais qu'il m'aimait et ne me quitterait pas si je ne passais pas dans son lit tout de suite. Au contraire, la façon dont il s'interdisait tout geste un peu trop passionné me montrait qu'il avait peur. C'était un comble. J'étais vierge alors que lui avait du coucher avec une bonne vingtaine de filles, mais c'est lui qui appréhendait. Mais comme me l'avait dit Remus, il devait tout réapprendre. Peut-être avait-il peur de me manquer de respect. C'était quand même assez drôle de se dire que c'était sûrement moi qui allais devoir le rassurer !

J'étais superbement heureuse. Le seul hic, c'était le jugement des autres. Les filles me regardaient avec dégoût partout où j'allais. Certaines se permettaient des jugements à voix haute dans mon dos, du genre « je ne comprends pas comment une fille aussi moche peut sortir avec le mec plus parfait de Poudlard »… Moi qui aimais passer inaperçue, toutes les têtes se retournaient désormais sur mon passage. Je ne pouvais plus mettre un pied hors de mon appartement sans me sentir terriblement mal à l'aise. Je n'osais pas en parler à Sirius de peur qu'il ne pense que je me plaignais pour un rien, mais à ma grande surprise, ce fut lui qui m'en parla un soir, alors que nous étions dans la salle commune de gryffondor, un peu à l'écart des autres.

-J'ai remarqué que personne ne se prive de son petit commentaire sur nous deux, depuis qu'on sort ensemble, commença-t-il.

Je soupirais longuement.

Il me dévisagea inquiet.

-Quelqu'un t'a déjà fait une réflexion déplacée, Sally ? Parce que je te promets que je casse la figure au premier qui te parle mal !

-Doucement, souris-je, pas la peine de jouer au macho ! De toute façon, je pense que ton honneur t'empêchera de casser la figure à qui que soit puisque toutes les personnes qui m'ont fait des réflexions déplaisantes sont des filles.

Il haussa les sourcils.

-Les filles peuvent vraiment être d'abominables garces entre elles.

J'éclatais de rire.

-N'oublie pas que tu t'adresses à l'une d'elle, remarquai-je.

Il parut confus.

-Oh, désolée ! Bien sûr quand je parle de « filles » je ne t'englobe pas dedans. Tu n'es pas comme elles. Je ne t'ai jamais entendu glousser, tu ne te balades pas en bande, ne passes pas des heures devant la glace et t'intéresses à autre chose qu'à ton nombril.

Je ris.

-Là tu décris tes ex, les filles normales ne sont pas comme ça, remarquai-je d'un ton neutre. Pense à Lily, par exemple.

Il me regarda un instant puis hocha la tête.

-C'est vrai tu as raison. Je suis désolé.

-Pourquoi?

-Parce que je suis sorti avec une multitude d'idiotes qui se croient maintenant en droit de te juger. J'ai passé la moitié des quatre dernières années auprès de nombrilistes qui m'ont rendu comme elles. Je ne sais pas comment j'ai fait pour être comme ça. C'est nul.

-Allez Sirius, ne te torture pas, le consolai-je en me blottissant dans ses bras.

A un moment de ta vie, fréquenter ces filles t'a rendu heureux. C'est que c'était bien ainsi.

-Tu sais que c'est faux, rétorqua-t-il en me caressa la joue. J'ai fait n'importe quoi et j'ai continué lorsque tu es entrée dans ma vie, m'offrant le bonheur sur un plateau. Je suis un idiot. Heureusement que tu m'as suffisamment crié dessus pour que je prenne conscience de ma bêtise.

J'éclatais à nouveau de rire.

-Et en plus, il aime qu'on lui crie dessus, dis-je en secouant la tête. Mais qu'est-ce qu'elles t'ont fait toutes ces filles ?

-J'ai oublié, mentit-il.

-Menteur ! Un jour, il faudra que tu me racontes des détails compromettant pour que je puisse me venger mentalement lorsqu'une de tes ex dit que je suis trop grosse pour sortir avec Sirius Black.

Je disais ça pour plaisanter mais Sirius parut troublé.

-Je suis désolé, répéta-t-il encore.

-Tu n'y es pour rien.

-Si, parce que d'une manière ou d'une autre, je leur ai donné l'impression d'avoir le droit de se sentir supérieures à toi. Parce que pour moi, tu es sublime et qu'elles sont toutes insignifiantes mais qu'à force de te dire de ce genre de trucs dégueulasses, elles vont finir par te faire douter de moi.

-Oh Sirius, arrête ! Ne t'en fais pas pour ça. Je suis immunisée contre ces filles.

-Vraiment ?

-Hum hum. Et tu sais pourquoi ? Parce que je suis sûre que je suis la seule à

qui tu n'aies jamais dit « je t'aime ».

Il me serra contre lui.

-C'est vrai, répondit-il simplement.

-Alors, elles ont raison d'être jalouses.

Il sourit.

Quelques jours, plus tard, je vécu une scène qui se révéla être la pire réaction que je dû subir à propos de ma relation avec Sirius.

C'était en plein milieu de l'après midi. Nous nous baladions tous ensemble dans le parc, les 4 maraudeurs, Lily et moi, profitant d'une rare journée de soleil en ce mois de février.

Alors que nous riions à propos de la description que faisait James des enfants qu'à son avis Mrs Pince et Rusard auraient un jour, un jeune homme mince aux longs cheveux noirs qui devait avoir quelques années de moins que nous, se dirigea vers notre groupe à grands pas.

James cessa aussitôt de parler et les rires de Remus et de Sirius se stoppèrent net. Je sentis la main de ce dernier se crisper autour de la mienne.

Sirius avait évoqué une seule fois sa famille en ma présence, bien avant que nous soyons ensemble, lors d'un cours de sortilège. Il n'avait jamais dit que quelqu'un de sa famille était à Poudlard. Pourtant lorsque ce jeune homme se rapprocha de nous, je n'eus aucun doute quant au fait qu'il était très probablement son frère ou son cousin. Il avait les mêmes traits que Sirius, mêmes yeux gris au regard perçant, mêmes cheveux bruns bouclés, même nez parfaitement droit et même forme de la bouche.

Mais en même temps, les différences entre ce garçon et l'homme que j'aimais étaient frappantes. Autant Sirius respirait la santé et la joie de vivre, autant ce garçon était pâle et maladif. Sirius était d'une beauté incontestable grâce à son magnifique visage aux traits parfaits, mais aussi grâce à cette pureté qui ressortait de tous ses traits, de cette noblesse qui caractérisait son maintient. Personne n'aurait songé à qualifier cet inconnu de beau. Il était très maigre, son pas était traînant et surtout ce qui gâchait tout chez lui, c'était cet affreux rictus qui s'était installé sur ses lèvres, les tordant d'une manière déplaisante, ainsi que le mépris et le dégoût qu'on lisait dans ses yeux. Pour ne rien arranger ses cheveux trop longs accentuaient la maigreur de son visage et ils auraient bien eu besoin d'un bon shampoing.

Instinctivement Sirius fit un pas en avant, pour se mettre devant moi, comme pour me protéger.

-Qu'est-ce qui nous vaut le déplaisir de ta compagnie, Regulus ? Attaqua-t-il.

Le dénommé Regulus le toisa un instant, puis son regard le contourna pour se poser sur moi. Il y avait tant de haine et de mépris dans ses yeux que j'en vacillais. Remus se plaça derrière moi, les mains sur mes épaules, présence rassurante, comme toujours.

-Des rumeurs dans Poudlard, dit-il en réponse à la question de Sirius. Tu portes encore le nom de notre famille, sale traître à ton sang, cracha-t-il, et je ne peux tolérer que tu salisses ainsi le noble nom des Black. Que tu sautes des petites traînées passe encore, mais comment oses-tu t'afficher avec les bas-fonds de Poudlard de cette façon ? Il toisa ma main que Sirius tenait toujours dans la sienne. Une fille de sang de bourbe, n'as-tu pas trouvé mieux ? Pourquoi pas une moldue pendant que tu y es ? Est-ce qu'en plus tu vas engrosser cette sale sang-de-bourbe et salir à tout jamais la plus pure des familles de bons sorciers ?

Sirius lâcha ma main et bondit avec un hurlement de rage. Heureusement,

James et Remus avaient prévu sa réaction et l'attrapèrent fermement l'un par la taille, l'autre par le bras.

-Mais lâchez-moi, tempêta Sirius, je vais lui faire avaler sa langue à ce sale petit con !

-Pas devant, Sally, Sirius, merde ! s'exclam Remus.

-Arrêtes, Sirius, cria James. Lily! Emmène Sally à l'intérieur !

Lily, qui s'était déjà rapprochée de moi, ne se le fit pas dire deux fois. Elle me saisit le bras et m'entraîna vers le château.

J'eus le temps d'entendre James hurler à Regulus de foutre le camp. Celui-ci fit mine d'obéir mais avant cela, il dit à un Sirius écumant de rage :

-L'heure viendra bientôt où l'on serra débarrassé de la vermine, Sirius. Si tu ne veux pas être assimilé à eux, tu ferais bien de revenir à la raison et de rejoindre le camp qui est le tien. Avant qu'il ne soit trop tard, ajouta-t-il.

Lily me tira par le bras et nous marchâmes en silence vers le château. Les parents de Lily étaient moldus. Je me doutais à quel point les paroles de ce sale type avaient du l'affecter autant que moi.

Il fallut aux garçons une bonne demi-heure pour nous rejoindre dans l'appartement des préfets en chef où nous nous étions réfugiées. Le temps de calmer Sirius, probablement. A peine eut-il franchit l'entrée qu'il se précipita vers moi et me serra dans ses bras. Du coin de l'œil, je vis James faire de même avec Lily et Remus aller s'asseoir dans un fauteuil et se prendre la tête dans ses mains. Peter resta planté au milieu de la pièce les bras ballants, comme à son habitude.

-Je suis tellement désolé Sally… murmura Sirius.

-Il ne faut pas ! M'indignai-je. Tu n'as rien fait de mal.

-Je savais qu'un jour tu aurais à subir ce genre de scène. Leur stupidité n'a pas de limites.

-Qui était-ce, Sirius ? demanda Lily.

-Mon frère, répondit-il, confirmant ce que j'avais soupçonné.

James et lui échangèrent un regard appuyé.

-Je t'avais déjà raconté que j'étais parti de chez moi à 16 ans, Sal, commença Sirius. C'était pour fuir, ce délire ambiant. Mes parents sont pires que lui. Ils n'ont que le mot « pur » à la bouche. Soi-disant qu'il n'y jamais eu que des sorciers dans toutes les branches, aussi éloignée soit-elles, de la « très noble et très ancienne famille des Black » dont la devise gravée un peu partout dans leur horrible maison est « toujours pur », dit-il avec un air de dégoût. Je viens de ce milieu où les « sang-purs » ne se marient qu'entre eux. Le nom de jeune fille de ma mère, c'est aussi Black! Mes parents sont cousins au 2ème degré(1). Il y a tellement de consanguinité dans cette famille qu'ils en sont tous devenus débiles. Mon frère a été endoctriné, évidemment. Et il fait partie de la joyeuse bande de Poudlard qui n'aspire qu'à une chose : se mettre au service de Voldemort, à peine leurs études finies, pour restaurer la pureté de la race des sorciers. Si vous saviez comme ils me dégoûtent… Je ne fais pas partie de cette famille ! martela-t-il avec force.

-Nous le savons, Sirius, soupira Remus. Et Sally aussi, n'est-ce pas ?

-Je ne pense pas qu'il tolérerait ma présence ici, ni celle de Lily, si ce n'était pas le cas, remarquai-je.

Sirius hocha la tête.

-Mon frère est dans un délire profond. Je sais qu'il t'a offensé et toi aussi Lily et j'en suis vraiment désolé. Cette histoire de sang-de-bourbe est une aberration. Votre sang est aussi pur que le mien, vous êtes de meilleures sorcières que toutes les femmes Black réunies. Enfin, sauf Andromeda.

-Qui est-ce ? Demandai-je.

-Ma cousine. Elle a eu le même parcours que moi. Un modèle pour moi quand j'avais 13 ans. D'ailleurs c'est amusant, nous sommes les deux seuls Black depuis des siècles à avoir atterris à gryffondor. Tous les autres vont systématiquement à serpentard. Andromeda m'a montré que ma naissance dans cette famille n'était pas une fatalité et que je pouvais faire ce que je veux de ma vie. Elle a épousé un né-moldu, il y a quelques années. Ma mère en a hurlé pendant des jours. Traître à son sang est son mot préféré. Je n'ose pas imaginer ce que ça a été quand je suis parti et quand ce bon vieux Regulus ira leur rapporter que je sors avec une fille qui a des moldus dans sa famille. Elle pourra consoler son frère Cygnus (2) en lui disant qu'elle aussi a mis au monde un dégénéré.

Il m'embrassa sur le front.

-Je t'aime, Sally. Et si un jour, nous avons des enfants ensembles, ils seront le symbole qu'il peut sortir quelque chose de merveilleux de la plus pourrie des familles. Pourrie jusqu'à la moelle, ajouta-t-il.

(1)le père et la mère de Sirius ont en commun les même arrières grands parents : le sympathique Phineas Nigellus Black et Ursula Flint. Leurs pères respectifs sont cousins. Orion et Walburga Black (parents de Sirius) sont donc cousins au 2ème degré.

(2)le père d'Andromeda, Bellatrix et Narcissa Black, qui est aussi le frère de Walburga Black, la mère de Sirius.

(sources : l'arbre généalogique de la famille Black dessiné par JK Rowling elle-même, très facile à trouver sur le net)