Chapitre 7

Ah la la, je dévie, je dévie... désolée ! Voici enfin le chapitre 7... si quelqu'un me lit toujours, je serais ravie de savoir ce que vous en avez pensé ! ;)

Un grand merci à Sweetylove30 ! ;) Juste pour info, j'ai adoré écrire ce passage, alors je suis ravie qu'il t'ait plu !

N.B. : Juste une petite remarque, malgré les mots employés et sans doute les apparences, je n'ai absolument aucun grief contre aucune discipline du corps médical. Ceci est juste le point de vue d'Olivia tel que je le conçois si la situation décrite dans cette histoire se produisait.


Cela faisait maintenant une heure qu'Olivia roulait en direction du Nord, sur la route 93. Elle venait de dépasser Manchester et se dirigeait vers Concord. Si elle continuait ainsi, en deux heures, elle aurait rejoint la route 91 et en trois, atteint la frontière du Canada. Pour la centième fois en une heure, elle jeta un coup d'œil à Peter. Comme pour vérifier qu'il était réellement à ses côtés. Comme si elle craignait qu'il disparaisse soudain. Il s'était assoupi, la tête posée contre la vitre côté passager. Il semblait si serein et si… normal qu'elle se demanda l'espace d'une folle seconde, si elle n'avait pas rêvé le cauchemar qu'elle avait vécu ces deux dernières semaines. Mais quand ses yeux se posèrent sur ses joues, elle réalisa au creux qu'elles laissaient paraître que c'était bien la réalité. Voilà ce qu'une alimentation par intraveineuse avait laissé comme marques. Et elle nota mentalement que les aides-soignants avaient rasé la barbe naissante qu'il prenait toujours soin de garder. Elle sourit inconsciemment, en pensant que cela lui donnait un air d'adolescent, puis reporta son attention sur la route.

Soudain, une sonnerie de téléphone rompit le silence. Précipitamment, elle se pencha vers le sac aux pieds de Peter et le fouilla pour y trouver l'appareil à carte prépayée qu'Astrid lui avait fourni pour pouvoir communiquer sans être repérés. Elle décrocha rapidement, soulagée de constater que Peter ne s'était pas réveillé.

- Oui, Astrid, dit-elle doucement.

- Où êtes-vous, Olivia ?

- Je viens de dépasser Manchester. Et vous ?

- Nous ne sommes pas loin derrière.

- D'accord, comme prévu je m'arrête à Concord pour faire le plein.

- Prenez la sortie 13 et rappelez-moi dès que vous y êtes. Je vous guiderai jusqu'à la station-service la plus proche.

- Okay.

- Walter demande si Peter va bien.

- Oui, il dort pour l'instant.

Elle entendit Astrid répéter ce qu'elle venait de dire et Walter murmurer des « bien », « c'est très bien ».

- Je devrais y être dans quelques minutes, maintenant.

- Alors à tout de suite, Olivia.

Elles raccrochèrent tandis qu'Olivia dépassait la sortie 11, tout en réfléchissant à la prochaine étape de leur plan, énumérant mentalement une nouvelle fois tous les détails. Plus pour s'assurer que cette partie ne contenait pas de failles que par souci d'oublier un point important. Mais elle devait reconnaître qu'Astrid avait vraiment été en veine d'inspiration sur ce point.

Déjà, elle atteignait la sortie 13. Elle ralentit et appuya sur le numéro préenregistré du portable d'Astrid.

- Astrid, je suis à la sortie 13.

- Prenez la première à droite. La station-service est à 200m. Je vous attendrai derrière la boutique. Je serai là dans 5 minutes, le temps que je change de voiture.

- Okay.

- Olivia ? J'ai écouté les informations à la radio. Ils ont déjà signalé votre disparition et vous suspecte d'avoir enlevé Peter. Ils vous recherchent, vous et Peter.

Olivia accusa le coup. « Déjà ? » pensa-t-elle. Elle tourna à l'angle du carrefour et fit la grimace quand elle vit un flash lumineux prendre un cliché d'elle en train de griller le feu rouge. Et étant donné l'angle de l'appareil, il était certain que Peter et elle seraient parfaitement indentifiables, malgré son déguisement. Elle appuya sur l'accélérateur par réflexe.

- J'arrive à la station, dit-elle simplement en raccrochant.

Elle posa le téléphone et s'engagea dans la station-service. Rapidement, elle fit le plein, surveillant les alentours par réflexe. Puis elle gara la voiture en face de la boutique et entra pour régler l'essence. Elle paya en liquide et se dirigea vers la sortie quand elle trébucha, peu habituée aux talons qu'Astrid avait voulu de lui faire porter et fit tomber le contenu de son sac au sol. Jurant tout haut, elle s'agenouilla pour commencer à rassembler les affaires éparpillées. Elle n'était vraiment pas à son aise, avec ces chaussures hautes, cette robe et ce sac à main. Autant d'accessoires qu'elle ne portait jamais et pour cause. Non loin de là, un employé occupé à ranger les rayons se retourna pour l'aider.

- Merci, ça ira, dit-elle d'un ton gêné.

Il n'insista pas mais lui tendit la carte du Canada qu'il venait de ramasser. D'un geste empressé, elle la saisit et la fourra dans son sac en bredouillant un merci embarrassé. Elle prit soin de garder la tête baissée pour ne pas exposer son visage à la vue de l'employé, mais un rapide coup d'œil lui permit de réaliser que le jeune homme l'observait d'un air suspicieux. Elle se releva rapidement et sortit précipitamment de la boutique. Quand elle entra dans la voiture et démarra, elle constata que l'employé regardait dans sa direction. A coup sûr, il mémorisait le numéro de la plaque et notait qu'elle voyageait avec un homme endormi ou inconscient assis côté passager. Elle s'engagea sur la route en sentant toujours le regard dans son dos, jusqu'à ce que la voiture sorte de son champ de vision. Elle n'alla pas loin cependant, puisqu'elle tourna immédiatement pour aller sur le parking derrière la boutique. Elle s'avança jusqu'au fond et gara la voiture derrière une camionnette qui la cachait en grande partie. Puis elle coupa le moteur et sortit de la voiture au moment où Walter et Astrid arrivaient à sa rencontre.

- Aidez-moi à sortir Peter de la voiture. Il faut faire vite. L'employé de la station m'a repérée. A l'heure qu'il est, il doit déjà appeler la police, expliqua Olivia. Et Peter et moi devons avoir un joli portrait tiré au carrefour au bout de la rue.

- Okay, je consulterai les avis de recherches à partir de mon portable, tout à l'heure, dit Astrid, en ouvrant la portière côté passager. Peter ? Peter, réveillez-vous, dit-elle en le secouant légèrement.

Mais il ne bougea pas.

- Walter, pourquoi ne se réveille-t-il pas ? demanda Olivia, avec angoisse.

- C'est normal. Enfin je crois…

- Vous croyez ? demanda-t-elle, à la limite de l'hystérie.

- Etant donné sa réaction, je n'avais pas le choix, Olivia. Je lui ai administré un tranquillisant qui l'a stabilisé le temps de sortir de l'hôpital, mais à présent il risque de dormir encore quelques heures.

- Génial ! dit Olivia en faisant une moue contrariée. Walter, aidez Astrid à emmener Peter à la voiture. Je récupère les affaires.

Elle rassembla tout ce qui restait dans la voiture et suivit le reste de son équipe de près. Elle ouvrit la porte arrière de la voiture que lui indiqua Astrid et ils y installèrent Peter. Olivia lança un regard interrogateur à Astrid.

- C'est la voiture de mes parents. Elle doit être presque aussi âgée que moi, mais elle roule. Et surtout, ils ne penseront jamais à la rechercher et elle n'a aucun système traçable, expliqua-t-elle.

Récupérer la voiture des parents d'Astrid à Concord où ils habitaient et abandonner celle des Bishop après avoir fait le plein, étaient une autre partie du plan pour brouiller les pistes. Olivia fit la moue, légèrement dubitative devant la vétusté de la voiture. Puis, elle s'avança vers la portière avant côté passager mais Walter la devança.

- Vous feriez mieux d'aller à l'arrière avec Peter, Olivia.

Puis, sans lui laisser le temps de répliquer, il s'installa à l'avant et referma la portière. Olivia haussa les sourcils mais n'insista pas. Elle s'assit à côté de Peter et entreprit de boucler sa ceinture.

- Olivia, vous devriez vous baisser, ainsi que Peter, le temps qu'on regagne l'autoroute, suggéra Astrid.

- Bonne idée.

Olivia agrippa Peter les épaules et le coucha sur la banquette, avant de se pencher elle aussi au-dessus du jeune homme. Astrid démarra la voiture et s'engagea sur la route pour reprendre la route 93. Une fois arrivée, Olivia se releva et fit un geste pour redresser Peter. Mais quand elle le vit dormir paisiblement, elle n'eut pas le cœur de le rasseoir. Alors au lieu de le redresser, elle le saisit par les aisselles et l'amena plus près d'elle. Elle posa sa tête sur ses cuisses et glissa son bras sous sa joue pour l'installer plus confortablement tandis qu'elle passait l'autre autour de son torse pour le serrer contre elle. Il soupira dans son sommeil et elle ne put retenir le sourire qui lui monta aux lèvres. Elle l'observa quelques instants avant de finalement poser sa tête contre la vitre. Elle se mit ensuite à réfléchir à la suite des évènements tandis que d'une main distraite, elle caressait les cheveux de Peter. L'étape 2 était en marche, et le fait de changer de véhicule leur permettrait de prendre une avance significative sur leurs poursuivants. Sans s'en rendre compte, elle finit par plonger dans un sommeil réparateur dû à la fois à la fatigue, au bercement de la voiture et à la présence de Peter à ses côtés.

Walter se tourna vers eux et sourit en les voyant endormis tous deux. Puis il se pencha vers Astrid.

- Ils sont mignons, n'est-ce pas ? chuchota-t-il, tout content.

Astrid sourit et lui lança un regard rapide.

- Oui, très, approuva-t-elle.

- J'ai fait exprès de mettre devant, vous savez ? Je pensais qu'ils avaient bien besoin d'un peu de proximité, dit-il, avec un plaisir enfantin.

- C'est très gentil, Walter, dit Astrid.

- L'Agent Dunham était vraiment très inquiète pour Peter, vous savez ?

- Nous l'étions tous, Walter.

- Non, enfin si bien sûr. Mais c'était différent.

- Vraiment ?

- Oui, Olivia m'a fait penser à Peter quand elle a été enlevée elle aussi l'année dernière. Ils avaient le même regard inquiet. Ils se ressemblent beaucoup.

- Je vois ce que vous voulez dire.

- Dites-moi, Astro, vous pensez qu'elle m'appellera papa ?

- Olivia ? Et pourquoi devrait-elle vous appeler papa ?

- Parce que quand ils se marieront, je serai son beau-père, évidemment ! dit-il comme une évidence.

- Pardon ? dit Astrid en s'étranglant à moitié de surprise et d'amusement.

- Peter semble convaincu que non, mais j'espère qu'elle le fera. Je l'aime bien, vous savez ? Olivia, je veux dire. Je l'aime vraiment beaucoup.

Astrid tenta de contenir le fou rire qui menaçait d'exploser et secoua la tête, toujours aussi surprise des tirades inattendues de Walter.

- Je sais, Walter. Je sais, dit-elle tendrement.

- Vous aussi. Vous le savez aussi, n'est-ce pas ?

- Oui, Walter. Et moi aussi, je vous aime bien. Et moi, c'est Astrid.

Pendant un long moment, ils discutèrent –Walter surtout– des différentes raisons qui prouvaient par A + B pourquoi ils formaient une famille si unie tandis qu'Astrid poursuivait son chemin jusqu'à la destination que Broyles leur avait donnée. Puis Walter finit par tomber lui aussi dans les bras de Morphée, laissant Astrid les mener à leur point de chute dans le silence et l'obscurité de la nuit qui tombait, l'esprit tourné vers cette drôle d'équipe qu'ils formaient et qu'elle appréciait elle aussi comme sa propre famille.

Ils arrivèrent à destination aux premières heures du matin, sans rencontrer de problèmes. Olivia se réveilla au moment même où ils franchissaient les limites de la petite ville de Covington, Pennsylvanie. Elle en déduisit que leur plan avait fonctionné, à savoir mettre en scène leur fuite vers le Canada tandis que leur véritable destination se situait à l'opposé sur le sol Américain.

- Astrid, vous auriez dû me réveiller, je vous aurais remplacée.

- Ça va, Olivia. Vous aviez besoin de dormir. Vous avez plusieurs nuits de retard.

Olivia ne répondit pas, sachant qu'elle ne pouvait démentir ce qu'elle venait de dire. Astrid tourna à l'angle de l'unique carrefour de la petite ville et continua jusqu'à ce que la route s'achève en chemin de terre. Au bout du chemin, ils découvrirent une maison de campagne d'une taille plus qu'honorable.

- C'est la maison des ex beaux-parents de l'agent Broyles, expliqua Astrid.

- Comment… commença Olivia.

- Quand vous m'avez donné l'adresse que l'Agent Broyles vous a indiquée, j'ai fait une recherche dans les bases de données des fichiers personnels du FBI, dit-elle en haussant les épaules.

Olivia sourit, amusée, avant de baisser les yeux vers Peter. Elle retint un sursaut quand elle s'aperçut qu'il avait les yeux ouverts et la fixait en silence.

- Peter ?

Il ne répondit pas, mais cela eut l'effet de réveiller Walter.

- Peter ? appela-t-il à son tour, en se retournant, à moitié endormi.

- Walter ? interrogea Olivia.

- Peter, est-ce que tu m'entends ?

Son fils ne réagit pas, mais ses yeux semblaient à nouveau lui parler directement. Olivia, Olivia. Je suis là, semblaient-ils lui dire.

- Walter ? insista Olivia. Que lui arrive-t-il ?

- Je crains malheureusement que le tranquillisant que je lui ai administré ne l'ait replongé dans l'apathie.

Olivia accusa le coup.

- Walter ! fut la seule chose qu'elle put dire pour protester.

- Agent Dunham, il était devenu incontrôlable. Il risquait de vous blesser, et peut-être même pire. Je n'avais pas d'autre choix, expliqua-t-il.

Olivia fronça les sourcils en fermant les yeux de dépit.

- Olivia, j'ai bon espoir que vous puissiez le ramener à nouveau. Vous l'avez fait une fois, je suis certain que vous y parviendrez encore.

Elle soupira, contrariée à l'idée de devoir recommencer l'expérience.

- Astrid, allez vous reposer, vous n'avez pas dormi de la nuit. Walter et moi, on va emmener Peter à l'intérieur.

- Avant, je voudrais consulter l'avis de recherche qui vous concerne.

- Okay, allez-y.

Olivia et Walter soutinrent Peter et l'emmenèrent dans une chambre à l'étage. Walter resta avec lui, tandis qu'Olivia descendait rejoindre Astrid qui tapait déjà à toute allure sur le clavier de son portable.

- Astrid, ne craignez-vous pas de laisser des traces de votre passage sur la base de données ? demanda Olivia, soudain, inquiète.

- Oh, ne vous en faites pas pour ça. A vrai dire, j'ai développé un petit outil qui génère un compte anonyme ainsi qu'une adresse IP et un lieu de connexion erronés. Ainsi, même si ils voient qu'on a accédé à votre dossier, ils ne pourront pas dire qui ni d'où. Je l'ai déjà utilisé pour trouver à qui appartenait l'adresse donnée par l'agent Broyles.

Olivia fit une moue amusée, en ôtant sa perruque et ses lunettes.

- En sortant Peter de cet hôpital, on a violé deux bonnes douzaines de lois. Je suppose qu'on n'en est plus à une demie douzaine de plus, dit-elle en haussant les épaules.

Astrid sourit et continua à pianoter sur son clavier.

- Voilà, j'y suis. J'ouvre l'avis de recherche vous concernant. Et voilà ce qu'il dit : « Le suspect recherché est un agent du FBI, connu sous le nom d'Olivia Dunham. Femme blanche de 31 ans, 1m75, yeux verts, cheveux blonds et longs. La suspecte est recherchée pour l'enlèvement de Peter Bishop, patient à l'hôpital général de Boston. La suspecte a été flashée à Concord, état du New Hampshire. Un témoin, employé d'une station service, dit l'avoir reconnue alors qu'elle réglait le plein d'essence. Le témoin déclare avoir vu la suspecte en possession d'une carte du Canada. Selon ses dires, elle portait une perruque aux cheveux courts et noirs, coupés au carré et des lunettes aux contours noirs et épais, ainsi qu'une robe blanche à fleurs bleues. Les éléments connus semblent confirmer l'hypothèse que la suspecte tente de faire sortir Peter Bishop hors des Etats-Unis en l'emmenant au Canada. Le véhicule qu'elle utilise est immatriculé 256-JFH, état du Massachussetts. Une surveillance a été mise en place sur l'axe routier 91, ainsi que sur les petits axes parallèles. Attention, la suspecte est dangereuse et armée »

- « Dangereuse » ? Hum, je crois que je dois me sentir flattée… plaisanta Olivia, soulagée que leur ruse ait fonctionné.

Car non seulement, ils les croyaient en fuite vers le Canada, mais en plus, ils ne recherchaient ni Walter, ni Astrid.

- Bravo, Astrid. Je dois dire que votre plan était bien meilleur que le mien. Je promets de vous obtenir une augmentation… du moins, si je retravaille pour le FBI, un jour…

- Merci Olivia, dit-elle en riant.

- Allez vous reposer maintenant.

- Oui, j'y vais. Olivia ?

- Oui ?

- Je suis sûre que vous y arriverez. Si il y a quelqu'un qui peut ramener Peter, c'est bien vous.

Olivia ne répondit pas et se contenta de hocher la tête, surprise, tandis qu'Astrid montait les escaliers pour aller s'allonger dans une chambre à l'étage. Elle croisa Walter qui lui indiqua qu'ils avaient installé Peter dans la première chambre à droite et donc d'en choisir une autre.

- Comment va-t-il ? demanda Olivia.

- Il est réveillé, mais toujours apathique. Cependant, ses pupilles sont plus réactives, ce qui est bon signe.

- Okay. Et maintenant, que fait-on ?

- Maintenant ? Maintenant, on prend un petit-déjeuner.

- Walter ! protesta Olivia. Soyez sérieux, c'est de Peter qu'il s'agit.

- Je le suis, Olivia, dit-il d'un ton effectivement sérieux. Mais vous n'avez rien avalé depuis… j'ignore depuis quand mais ça doit faire longtemps, vous êtes psychologiquement et physiquement épuisée. Accordez-vous quelques heures de repos. Peter sera toujours là.

Elle voulut protester mais y renonça.

- Bien, dans ce cas, dites-moi seulement comment faire.

- D'accord, dit-il après quelques secondes. Je soupçonne que le tranquillisant a interrompu le processus qui aurait permis à Peter de se réveiller, mais ne l'a pas repoussé totalement dans ses retranchements.

- Comment dois-je m'y prendre ? Par la jalousie, encore ?

- Non. Non, je pense que cette fois, il faudra autre chose. Il est à la frontière entre l'apathie totale et le réveil. Le faire sortir de cet état par la colère était la première étape.

- Et quelle est la seconde ?

- Ça malheureusement, je l'ignore.

- Alors comment fait-on ? dit-elle avec une note de désespoir.

- La donne n'a pas changé. Vous êtes toujours sa clé. Je crains malheureusement que vous ne deviez trouver la solution seule. Mais je dois vous mettre en garde, Olivia. S'il s'avérait que vous alliez trop loin et que Peter ne retombe dans cet état apathique, je ne suis pas sûr que l'on puisse l'en ramener une nouvelle fois.

Olivia sentit la panique l'envahir.

- Olivia, si vous voulez le ramener pour de bon, il vous faut trouver ce dont il a besoin pour revenir.

- Comment ? s'entendit-elle vainement demander d'une toute petite voix.

- Je l'ignore, Olivia, répondit Walter, sérieux. Mais je suis sûr que vous trouverez. J'ai toute confiance en vous, s'écria-t-il soudain joyeusement. Bien, et si on allait le prendre ce petit-déjeuner ?

Elle fit la grimace à la simple idée de manger après la révélation qu'il venait de faire et le regarda se diriger vers la cuisine d'un air incrédule. Juste avant d'entrer dans la cuisine, il se tourna vers elle.

- Oh et prévenez-moi quand vous voudrez essayer. Je veux être présent. Je voudrais vous guider.

Elle ne répondit pas et le vit disparaître au bout du couloir. Elle s'assit sur les marches de l'escalier et prit quelques minutes pour assimiler les dires de Walter. L'idée d'aggraver la situation de Peter la terrifiait. Comment pourrait-elle vivre avec l'idée qu'il resterait ainsi si elle échouait ? Elle se força à respirer calmement, tout en ignorant les battements anarchiques de son cœur dans sa poitrine. Elle ferma les yeux et pressa ses mains jointes contre sa bouche comme une prière. Il fallait qu'elle y arrive. Elle ne pouvait pas échouer. Pas maintenant, pas après tous les risques qu'ils avaient pris pour le sortir de cet hôpital.

Ce que lui demandait Walter lui semblait déjà au-dessus de ses forces, mais elle savait qu'elle avait encore moins de chances d'y parvenir si elle se sentait observée. Même par Walter. Et peut-être surtout par Walter. Car si elle voulait désespérément le ramener, elle voulait également y parvenir seule. C'était seulement ainsi qu'elle serait capable de tenter sa chance. Elle s'imposa le calme et se releva. Puis à pas de loup, elle monta les escaliers et entra dans la chambre où se trouvait Peter.

Elle prit une grande inspiration et lança un regard à Peter, debout et immobile, face à la fenêtre.

- Hey, Peter. C'est moi, dit-elle, doucement.

Puis elle referma la porte derrière elle.


Encore quelques chapitres avant la fin. Merci à ceux qui ont la patience de me lire malgré une fréquence de mise à jour carrément abusée ! ;)