Ce fut les derniers mots de dean avant qu'il ne s'en aille. Cette phrase m'a obsédé tout au long de la soirée. Qu'avait- il voulut dire ? Parlait-il de moi ? De nous ?

Tout autant de questions qui tournaient dans ma tête et m'ont perturbées pendant mon service, si bien que Chris, mon patron, m'a repris à plusieurs reprises et m'a mis en garde concernant mon avenir dans sa boite. Je me suis repris à temps pour empêcher les 3 Cosmopolitans que j'avais sur mon plateau d'aller flirter avec le dance floor. Une fois mon service terminé (sur le coup de 6 Heures 30), je peux, enfin, rentrer chez moi, enfin chez max. Je n'ai toujours pas trouvé d'appartement digne de ce nom.

Avec mon salaire de barman, je peux à peine m'habiller décemment. Mais je ne perds pas espoir et continue mes recherches. A mon réveil, vers midi soit après 4 heures de sommeil loin d'être réparateur, toujours cette maudite tirade, agrémentée d'une certaine image hautement érotique de dean, qui tourne dans ma tête à m'en donner le tournis. Soudain, je me rappelle que ce soir je vais devoir travailler avec dean, mon frère, mon amour refoulé, mon péché.

Sans m'en rendre compte, je me dirige vers la salle de bains, perdu dans mes pensées je suis passé en mode automatique. Après la douche qui a duré une bonne vingtaine de minutes, je me coiffe (enfin j'essaye), je me rase car je sais que dean n'apprécie pas ma barbe de 3 jours. Mais pourquoi je pense encore à lui ? Je lui ai pourtant dit que c'était fini ! Alors pourquoi je n'arrive pas à m'y faire ?

Quand je sors de la salle bain, avec en tout et pour tout une serviette autour des reins, je me retrouve nez à nez avec max qui semblait attendre que je sorte. Il s'excuse et rentre précipitamment dans la pièce. Je ne comprends pas son attitude étrange mais ne cherche pas pour autant à comprendre. Je suis trop... Heureux ! C'est le mot. Je vais revoir dean ce soir et, bien que je sois aussi terriblement angoissé à l'idée de passer toute la soirée en sa compagnie, ça me met dans une joie apparemment communicative. Andréa, la jeune femme de ménage de max, d'habitude bougonne le matin, à un sourire plaqué sur son si beau visage qui d'habitude est déformé par une moue mécontente. Sans attendre, je lui demande la raison de cette bonne humeur matinale :

- Je viens de plaquer mon petit ami ! Me lance-t-elle alors qu'elle a la tête dans un des placards de la cuisine à la recherche de sacs poubelles.

- Et ça te met en joie ? Dis-moi, c'est une coutume française ? Rire plutôt que pleurer pour mieux se remettre d'une rupture amoureuse ? Je devrais peut être essayé cette technique !

- Non pas du tout Sam. Dit-elle en s'asseyant sur un tabouret en face de moi. C'est juste que je ne l'aimais plus, la vie était devenue insupportable avec lui ! Toujours à se plaindre pour ceci, pour cela ! Et puis pour être tout à fait franche, poursuivit-elle en se rapprochant comme si elle voulait me confier un précieux secret, En 1 an de vie commune, je ne l'ai jamais vraiment aimé que le premier mois.

- Mais ! Pourquoi es-tu resté avec lui alors ?

- Vois-tu, en amour il faut savoir faire des sacrifices. Il semblait si heureux et puis j'avoue avoir été lâche. Je préférais la stabilité, le confort et la sécurité plutôt que de prendre une décision qui aurait remis toute cette année passée à ses côtés. Et puis, j'éprouvais tout de même de la tendresse envers lui.

- Je vois. Et donc tu l'as quitté. Il y a combien de temps de cela ?

- Hier soir. Il ne voulait pas. Il a pleuré, crié, supplié mais au fond de moi je savais que c'était pour notre bien à tous les deux. On ne pouvait plus se contenter de cette situation juste confortable. Il me fallait vivre et non survivre. Tu comprends ? Me demanda-t-elle en attrapant mon menton pour que je la regarde dans les yeux.

- Plus que tu ne crois ! Si tu savais andréa... tu me repousserais en sachant ce que j'ai fait avec mon frère et je ne veux pas prendre le risque ! Tu es la seule vraie amie que j'ai ici et je ne veux pas te perdre.

- Bon ce n'est pas tout ça mais j'ai du travail moi ! Mais dis-moi, c'est que tu es tout beau dit donc ! Où est ce que tu vas comme ça ? Tu sors ce soir ?

C'est vrai que j'avais pris un peu plus de temps qu'à l'accoutumée à choisir ma tenue du jour. Avec l'argent que je gagnai en tant que barman j'avais pratiquement pu m'acheter une nouvelle garde-robe qui allait mieux avec le style des parisiens. Je ne tenais pas vraiment à me faire remarquer mais avec mes vêtements on me cataloguait directement comme un 'texan'. Je n'avais donc pas pris de risques et avait demandé à max de m'aider à choisir des vêtements qui m'iraient sans que j'ai l'impression de ressembler à un clown. Max avait opté pour quelques chemises de goût, comprenez de marques. Il m'avait fait essayer plusieurs jeans 'baggys', la dernière mode m'avait-il assuré, mais ce n'était vraiment pas mon style. J'ai donc finalement opté pour quelques jeans simples délavés mais à la mode et en plus, grand luxe parmi les luxes, confortables !

Pour aujourd'hui, j'ai opté pour la dernière chemise dont j'ai fait l'acquisition le week-end dernier. Elle est simple, blanche mais tout réside dans la petite marque apposée en haut à gauche : cK. Pour ce qui est du bas, toujours la même marque mais je la joue légèrement plus 'excentrique'. J'ai opté pour un jean troué d'à peu près partout, heureusement qu'il fait bon aujourd'hui.

- Non, je travaille ce soir. dis-je en esquissant un léger sourire.

- Oh ! Alors tu attends quelqu'un de spécial ? Dis, dis, dis ! s'écrie-t-elle en sautillant autour de moi comme aurait pu le faire les indiens autour d'un feu.

- Mais personne je te dis ! En tentant de réprimer un fou rire.

- Très bien, Sammy. Puisque tu ne veux rien me dire je retourne au travail. Et elle tourne les talons visiblement vexée.

Je la laisse partir en soupirant. Je consulte ma montre et elle indique déjà 16 heures ! Je dois encore passer à la gare pour retirer ma carte orange ainsi qu'à l'agence immobilière qui m'a averti hier qu'on m'avait peut-être trouvé quelque chose pour moi et qui se trouve à l'autre bout de la ville. Tout ça en moins de deux heures ! Je dois être au back up pour 19 heures sans compter les transports.

C'est quasi impossible. J'attrape mon sac et me précipite vers la station de métro la plus proche. Ouf ! Il est exactement 18h55 quand j'arrive devant la boite. J'ai eu le temps de passer à la gare ainsi qu'à l'agence mais celle-ci n'avait rien de concluant finalement. J'entre après avoir salué Rick, le videur et me dirige dans les vestiaires. J'y dépose mon sac et ma veste. Quand Chris me voit arrivé, il m'informe que ce soir ce sera complet et qu'il faut donc que je prépare au mieux le 'nouveau'.

-Tiens bas justement le voici. Moi qui craignais qu'il ne soit en retard, il est même en avance.

Je le vois qui s'avance, d'un pas décidé. Je sens un sourire idiot naître sur mon visage sans que j'en sache la raison. Mais je me reprends à temps et réinstalle mon masque de froideur qui congèlerait une armée de pingouins.

- Salut dean ! Heureux de te voir. Ce n'est pas pour te faire peur mais ce soir ça va vraiment être la folie ! Va voir Sam, il te guidera sur le fonctionnement de la maison. Bon courage !

Et il s'éclipse. Je vois Dean qui s'avance vers moi, mon cœur accélère. Et quand je sens l'attaque cardiaque arriver, il se met à battre encore plus fort. Quand enfin il arrive devant moi, ses yeux sont plantés dans les miens et j'ai l'impression que je ne pourrais jamais m'en détacher, je ne voudrais jamais plus m'en détacher...