Bonjour à tous ! Suite des aventures de Kimblee au pays du froid (bizarrement depuis que j'ai fait se déplacer l'histoire dans le Nord, il n'arrête pas de neiger ici et les températures sont basses XD). Chapitre sanglant, sans l'être, mais heureusement que Julia est là pour remonter un peu le moral. J'espère que Kimblee n'est pas trop OOC mais n'oubliez pas qu'il a un tuyau enfoncé dans l'abdomen, ce n'est pas rien ^_^'

Merci pour vos reviews (contente que mes OC te plaisent, Matsuyama et je peux comprendre tes craintes, les OC ce n'est pas toujours ça -_-' mais ça laisse tellement de libertés parfois). Et merci à mon bêta-lecteur encore une fois ^_^

FMA ne m'appartient pas, of course.

Et sur ce, bonne lecture !


Chapitre 07

Le train s'éloignait de North City à une vitesse impressionnante, tandis que Julia tentait de rejoindre Kimblee le plus rapidement possible. Elle avait embarqué sans vraiment réfléchir et venait de se rendre compte qu'elle était montée vers l'avant et que l'alchimiste et l'Ishbal se trouvaient sans doute plus loin. Elle se pencha un instant au dehors alors que le train entrait dans un tournant afin d'estimer le nombre de wagons les séparant. Elle vit alors presque en bout de convoi deux silhouettes qui se faisaient face, l'une d'un blanc immaculé, facilement reconnaissable comme étant l'alchimiste écarlate.

« Zut. Il va falloir que je traverse tous ces wagons avant de pouvoir les rejoindre. », se dit la jeune femme en se dirigeant vers la porte du fond. Elle saisit la poignée, l'enfonça mais la porte resta close.

« Mais que… », s'énerva-t-elle.

« C'est fermé !? », hurla-t-elle en s'acharnant sur la porte qui n'avait rien demandé. « Je rêve, le wagon est vide, la porte latérale est grande ouverte mais pas celle du fond ! » Elle allait saisir son arme pour tenter de forcer la serrure en tirant dessus lorsqu' elle sentit le train vibrer. Elle écarquilla les yeux et sentit son cœur s'accélérer. « Ils… Ils ont commencé à se battre ? ». Et comme pour répondre à sa question, le convoi vibra une deuxième fois sous ses pieds.

« Vite ! », songea-t-elle. Elle s'empara de son arme et tira sur la serrure. Celle-ci ne résista pas et Julia put enfin accéder au wagon suivant. Alors qu'elle y pénétrait, elle ressentit une secousse plus forte que les deux premières. Elle accéléra alors le pas, courant presque et arriva à la porte du fond qui était aussi fermée.

« Mais quel est le crétin qui s'est amusé à fermer une porte sur deux !? », hurla-t-elle. De nouveau, elle sentit une très forte secousse qui fut accompagnée cette fois d'un fracas assourdissant. Elle allait de nouveau faire feu sur la serrure lorsque le train freina brusquement, la projetant en arrière. La jeune femme tomba à la renverse et se cogna la tête au plancher. Heureusement pour elle, le choc ne lui fit pas perdre connaissance mais ses oreilles bourdonnaient et elle était incapable de se remettre debout.

« Un peu de courage, Julia. Ce n'est pas le moment de tomber dans les pommes. », se dit-elle. Elle réussit finalement à se redresser au bout de quelques instants. Elle se rendit tout de suite compte que le train s'était arrêté et aussitôt, elle entreprit de sortir pour voir ce qui s'était passé. Elle tenta d'ouvrir la grande porte latérale mais contrairement au premier wagon, celle-ci était fermée. Elle rebroussa chemin, en jurant encore une fois contre la personne qui avait laissé certaines portes ouvertes et en avaient fermé d'autres, gagna le passage entre les deux wagons qu'elle avait emprunté peu de temps auparavant et sauta à terre. Elle regarda autour d'elle et constata avec horreur que le train, arrêté en plein tournant, était plus court que dans ses souvenirs.

« Il manque des wagons… », songea Julia avant d'écarquiller les yeux devant ce que cela pouvait impliquer. « Kimblee… ». Aussitôt, elle se mit à courir en direction de la queue du convoi, ignorant le froid et la neige qui tombait, lui fouettant le visage. Au fur et à mesure qu'elle s'approchait, elle distingua deux silhouettes qu'elle reconnut comme étant probablement celles des mécaniciens, venus constater l'ampleur des dégâts. Ils semblaient fixer quelque chose avec effroi. Elle accéléra encore le pas alors que son cœur s'emballait, pas vraiment à cause de la course mais plutôt à cause de ce qu'elle avait peur de découvrir. L'un des deux hommes l'aperçut. Il semblait dans un tel état de choc qu'il ne prit même pas la peine de l'interroger sur sa présence, elle qui semblait sortir de nulle part. Il la héla :

« Hé ! Venez vite. Il y a… »

Á ce moment, une voix retentit :

« Je vous ai dit de faire redémarrer ce train. C'est… un ordre. »

Julia reconnut cette voix et se sentit soudain soulagée de l'entendre. Elle se rapprochait des deux hommes mais ne savait pas encore où exactement se trouvait Kimblee lorsqu'elle prit la parole :

« Il vous a demandé de faire redémarrer ce train. Quel est le problème ? »

« Mais enfin, on ne peut pas… », répondit l'un des mécaniciens en désignant l'endroit où se trouvait l'alchimiste. Julia fronça les sourcils et commença à lui répondre tout en se retournant vers l'écarlate :

« Comment ça vous ne pouvez… ! », fit Julia qui ne termina pas sa phrase car les mots restèrent coincés au fond de sa gorge. Devant elle, éclairé par la faible lumière d'une des lampes à huile amenées par les mécaniciens, se trouvait Kimblee. Il était assis sur le bord du wagon, un tuyau enfoncé dans le côté gauche et une marre de sang sous les pieds. Elle frissonna devant le spectacle qui se déroulait sous ses yeux et fut soudain prise d'un vertige.

« Miss Morton… », murmura alors Kimblee. « Il me semblait… vous avoir donné l'ordre à tous… de rester en dehors de ça… »

Cette phrase, énoncée avec difficulté, réveilla Julia qui comprit que l'alchimiste ne tiendrait pas longtemps, tout soldat qu'il soit lui aussi. Elle se tourna de nouveau vers les deux mécaniciens qui ne disaient plus un mot et leur demanda :

« Á quelle distance sommes-nous de North City ? »

« Je ne le jurerais pas mais je dirais 30 peut-être 40 kilomètres. », lui répondit le plus vieux des deux alors que le plus jeune fixait toujours Kimblee avec horreur.

« C'est trop loin. Ils ne seront pas là assez vite… », fit Julia qui était gagnée par l'inquiétude au fur et à mesure que l'alchimiste perdait des couleurs.

« La petite ville de Briggs n'est qu'à une vingtaine de kilomètres… », expliqua le mécanicien. « Il y a un hôpital là-bas et…

« Vous ne pouviez pas le dire tout de suite ! », le coupa la jeune femme qui s'était rapprochée de Kimblee. Elle marchait maintenant dans le sang du blessé alors que le liquide continuait de s'échapper lentement de sa blessure. « Vous avez une radio pour les prévenir ? »

« Euh… Oui mais ça va prendre du temps pour les faire venir jusqu'ici… », répondit l'homme.

« Ça ira sûrement plus vite que de faire venir une équipe de North City. », répliqua Julia.

« Peut-être pas, parce qu'il faudra bien faire faire demi-tour au train… », expliqua le plus jeune mécanicien qui avait retrouvé la parole.

« Il sera temps d'y penser quand il sera à peu près stabilisé. », fit la jeune femme qui commençait à perdre patience devant la mollesse des deux hommes. « Allez les prévenir, bon sang ! »

Avant que les deux hommes n'aient pu faire un mouvement, Kimblee reprit la parole :

« Scar… », commença-t-il mais il fut interrompu par Julia :

« Ne reviendra pas à la charge, il risquerait de se faire coincer. Et on ne peut pas faire redémarrer ce train tant que vous êtes dans cet état. », dit-elle à l'alchimiste en fronçant légèrement les sourcils.

Elle se retourna ensuite vers les deux mécaniciens et leur fit un signe de la tête. Sans ajouter un mot, le plus vieux s'en alla au pas de course prévenir l'hôpital de la situation, suivi par son jeune collègue qui ne voulait pas rester devant un spectacle aussi morbide que celui de quelqu'un qui s'est fait empaler. Dans l'intervalle, Julia avait posé sa main sur la joue de l'alchimiste qui avait les paupières closes. Elle constata qu'il était froid et que son teint était de plus en plus pâle. Elle entreprit de poser son manteau sur les épaules du blessé pour tenter de lui donner un peu de chaleur et le protéger de la neige qui continuait de tomber.

« Kimblee… Restez avec moi… », dit doucement la jeune femme. Celui-ci ouvrit les yeux et la fixa avec un demi-sourire.

« Quel sang froid… », articula l'écarlate. « D'autres se seraient déjà évanouies ou se seraient mises à pleurer… »

« C'est vraiment le moment de faire de l'esprit… », fit Julia alors que Kimblee refermait les yeux un instant, toujours en souriant légèrement.

« Ne perdez pas connaissance ou je vous pince. », lui dit la jeune femme qui cherchait un moyen de garder le blessé conscient, quitte à raconter n'importe quoi.

« Vous oseriez faire ça à votre supérieur… », lâcha Kimblee en un souffle, en grimaçant légèrement.

« C'est une situation exceptionnelle... », commença-t-elle. « Donc oui, sans hésiter. »

Kimblee sourit à cette réplique tout en fixant son interlocutrice. Il referma les yeux et songea qu'il devait donner ses instructions à la jeune femme avant l'arrivée des secours et surtout avant qu'il ne perdre vraiment connaissance. Cependant, il n'eut pas le temps de le faire car l'un des mécaniciens revenait déjà vers eux en courant.

« Je viens de les avoir, une équipe sera là dans 15 à 20 minutes. », fit-il en reprenant son souffle une fois qu'il les eut rejoints.

« Parfait. », lui répliqua Julia qui s'était éloignée de l'alchimiste pour discuter plus facilement. « Á propos, ce train-ci peut encore rouler, n'est-ce pas ? »

« Oui, bien sûr. », répondit son interlocuteur d'un air perplexe. « Pourquoi ? »

« Tout simplement parce que plutôt que d'essayer de faire faire demi-tour au train qui va arriver de Briggs, nous allons faire redémarrer celui-ci une fois qu'il sera stabilisé. », expliqua la jeune femme en désignant Kimblee qui avait rouvert les yeux et semblait suivre ce qui se disait.

« Ah, je vois. », fit le mécanicien. « Ce n'est pas bête… Mais il va falloir que je retourne maintenir le feu dans la chaudière de la locomotive, il risque de s'éteindre vu qu'on ne redémarrera pas tout de suite. »

« Oui, oui. Allez-y. », lui répondit Julia alors que l'homme repartait de nouveau vers l'avant du train. Kimblee, bien que dans un sale état, n'avait pas perdu une miette de l'échange qui venait d'avoir lieu.

« Pragmatique avec ça… Elle ira loin. » pensa-t-il en fixant la jeune femme. « Miss Morton… », l'appela-t-il. « Écoutez-moi attentivement, sans m'interrompre. »

Julia se rapprocha de nouveau de lui et le fixa avec un regard qui oscillait entre inquiétude et curiosité.

« Dans la poche gauche de mon manteau, il y a un calepin… Prenez-le. », lui ordonna Kimblee qui respirait de plus en plus difficilement. Il sentit soudainement qu'il devait se dépêcher s'il voulait pouvoir tout lui expliquer avant de sombrer dans l'inconscient. La jeune femme obéit et saisit un petit carnet noir, déjà maculé du sang du blessé. L'alchimiste reprit alors :

« Á la dernière page, vous trouverez un code d'identification. Vous savez à quoi il sert ? »

« Oui, il permet à un soldat d'appeler d'une ligne extérieure vers une ligne de l'armée. », répondit Julia en fixant le code.

« Exact… », répliqua Kimblee. « Dès que nous serons arrivés à l'hôpital, vous appellerez Central en vous en servant… »

Kimblee dut s'interrompre un instant car la douleur se fit soudainement plus forte. Julia posa à nouveau la main sur sa joue pour l'encourager à reprendre, ce qu'il fit au bout d'un moment :

« Vous vous identifierez… et vous demanderez à parler au président… Et seulement au président… »

Julia écarquilla les yeux. « Au président ? Á cette heure en plus ? », songea-t-elle. L'alchimiste s'aperçut de sa surprise et retrouva un léger sourire.

« Ne vous inquiétez pas, vous y arriverez très bien… », lui dit-il. « Vous allez lui expliquer la situation… Et vous préciserez que j'ignore où se trouve le compagnon de Scar car il n'était pas avec lui… Il comprendra… »

La jeune femme acquiesça sans dire un mot, laissant Kimblee poursuivre ses explications.

« Après avoir fait cela, vous appellerez le QG de North City… Ils seront déjà sans doute au courant de l'accident mais précisez bien qu'il est inutile que vos collègues nous rejoignent… Pas besoin d'oisifs à mes côtés dans mon état. »

Julia sourit en pensant à ce que Meyer dirait s'il s'entendait traité d'oisif et songea qu'elle aussi serait bientôt oisive une fois qu'elle aurait téléphoné à tout ce beau monde. Elle dévisageait toujours Kimblee qui semblait soudainement plongé dans une intense réflexion mais elle ne savait pas s'il avait fini de parler ou pas. Elle préféra donc garder le silence encore un moment. L'alchimiste était en fait pris dans un dilemme concernant les pierres philosophales qu'il transportait :

« Puis-je avoir confiance dans le personnel médical là-bas ? », se demanda-t-il. « Les pierres ressemblent à n'importe quel bijou pour le premier venu. Ça serait bête qu'elles m'échappent de cette façon… Je n'ai pas le choix, je suppose. ». Il releva la tête et fixa Julia bien en face avant de lui dire, non sans une légère appréhension :

« La poche droite de mon manteau… », lui dit-il. « Prenez ce qu'il y a dedans... »

Julia obtempéra tout en se demandant si l'alchimiste avait décidé de lui confier l'intégralité du contenu de ses poches avant l'arrivée des secours. Elle se pencha en avant, écarta le pan de son manteau et en sortit les deux pierres philosophales. Lorsqu'il les vit, Kimblee ne put s'empêcher de sourire et songea que vu la situation actuelle, il avait été bien inspiré de les y placer toutes les deux plutôt qu'au fond de son estomac. Il reporta ensuite son regard sur le visage de la jeune femme qui semblait perplexe devant ce qu'elle venait de trouver. Elle releva les yeux et allait parler mais l'alchimiste ne lui en laissa pas le temps.

« Elles me sont très précieuses… », expliqua-t-il. « J'en aurai sans doute besoin pour la suite de la mission, une fois Scar et son complice retrouvés. »

Julia voulut l'interroger à leur sujet mais elle fut de nouveau interrompue par Kimblee qui était conscient qu'il utilisait ses dernières forces.

« Ne posez pas de question… Vous allez les garder sur vous… Vous ne vous en séparerez pas quoiqu'il arrive… », reprit-il avec un regard sévère. « N'en parlez à personne et surtout… vous me les rendrez lorsque je vous les réclamerai plus tard… C'est un ordre. »

« Très bien. », répondit la jeune femme. « Mais qu'est-ce qu'il peut bien faire avec ce genre de choses dans ses poches ? », se demanda-t-elle avant de relever la tête en entendant du bruit. Elle s'éloigna un peu de Kimblee pour voir arriver un train en provenance de Briggs. La locomotive la dépassa, si bien que c'est le milieu du train qui stoppa à sa hauteur. Aussitôt le convoi arrêté, un groupe de personnes en descendit et se dirigea vers elle rapidement. Un des individus se présenta à elle comme étant le Dr. Kyles et lui demanda où se trouvait le blessé. Julia lui désigna l'endroit où se trouvait Kimblee et très vite, le petit groupe s'afféra à stabiliser l'alchimiste tandis qu'elle expliquait au chef d'équipe son idée pour accélérer le transfert du blessé vers l'hôpital.

« Je suis d'accord. Vu son état, c'est sans doute ce qu'il y a de mieux à faire. », lui répondit le médecin avant de se diriger vers ses collègues.

« Attention ! Il ne faut pas le changer de position, pas encore. », cria-t-il.

Alors qu'ils s'occupaient de l'alchimiste, Julia s'était encore rapprochée des médecins mais prit soin de ne pas les gêner dans leur tâche. Il lui semblait que Kimblee était de moins en moins conscient de ce qui se passait autour de lui. Pourtant, il releva encore une fois la tête et regarda Julia qui le fixait également. Á ce moment, le chef lança à son équipe :

« Très bien, nous allons l'endormir pour couper une partie du tuyau. Ca facilitera le transport. Jones, va chercher le matériel ! Henry, amène l'anesthésiant ! »

Tandis que le groupe d'infirmiers et de médecins rassemblait son matériel pour procéder à la première partie de l'opération, Julia s'approcha de l'alchimiste et ignorant complètement les deux infirmiers qui tentaient d'arrêter l'hémorragie, elle posa la main sur la joue de Kimblee et lui dit avec un regard déterminé :

« Monsieur Kimblee… Restez en vie. »

« Évidemment… », articula-t-il faiblement avant que sa tête ne retombe sur son torse.

« Monsieur Kimblee !? », fit Julia d'une voix forte avant d'être repoussée légèrement par l'un des hommes qui se trouvaient à ses côtés.

« Il a juste perdu conscience ! », dit-il en vérifiant le pouls de l'alchimiste. « Reculez, mademoiselle ! »

Julia obéit alors que le reste de l'équipe revenait.

« Dr. Kyles, le blessé vient de perdre connaissance. », dit l'infirmier qui vérifiait toujours que le cœur de l'alchimiste battait.

« Nous allons quand même lui donner une dose d'anesthésiant, je ne voudrais pas qu'il se réveille au moment où nous allons couper le bout du tuyau. », répondit le praticien. « Henry, occupe t'en et vérifie bien son pouls régulièrement. »

Pendant ce temps, Julia avait de nouveau son regard fixé sur les deux pierres philosophales que lui avait remises Kimblee. Une boule se forma dans son estomac tandis qu'elle espérait de tout cœur pouvoir les lui rendre le plus vite possible.

« Restez en vie… »