Voilà, c'est fini. Je vous remercie du fond du cœur pour votre soutien tout au long de cette histoire, ça veut dire beaucoup pour moi. Bonne lecture !
Divergentforever : c'est moi qui suis ravie avec tes superbes compliments, mille mercis à toi.


DÉCEMBRE

La fête d'anniversaire de Kellan s'étant bien passée, elle s'était poursuivie jusque tard dans la soirée à la plus grande joie de Tobias qui prenait toujours un malin plaisir à discuter de tout et de rien en compagnie de ses plus fidèles amis.

- t'es sûre que tu ne veux pas qu'on reste pour t'aider à ranger ? Lui proposa gentiment Christina.
- non, c'est bon, allez-y. Je m'en occupe.

Son fils avait partagé un excellent moment avec plusieurs de ses camarades de classe et c'est tout ce qui comptait à ses yeux.

- rentrez-bien.

Il salua donc chaleureusement Christina et Will puis Eric et Maeve et une fois dans la cuisine, il fut surpris d'entendre la voix de Beatrice derrière lui.

- whaou quel chantier, t'en as pour toute la nuit à nettoyer !
- ne m'en parle pas, j'ai clairement sous-estimé l'ampleur du carnage, ils ont tout détruit sur leur passage les petits monstres.

Avant même qu'il ne requiert son aide, Beatrice qui venait juste d'enfiler son manteau s'en débarrassa aussitôt en le posant sur une chaise puis elle commença à remplir le lave-vaisselle de son ami comme si c'était la chose la plus naturelle au monde.

- plus vite on s'y met, plus vite on aura fini.

Alors qu'il la fixait toujours du regard, Tobias acquiesça et se saisit d'une éponge afin de nettoyer à son tour la table de la cuisine, il était ravi de ne pas se retrouver seul ce soir. Quand tout fut remis en ordre, les deux collègues de boulot se laissèrent tomber en même temps sur le canapé du salon de Tobias, épuisés par leurs tâches ménagères respectives.

- ça te dit ?

À la droite de Beatrice, tout près d'elle sur la table basse se trouvait le DVD de la pentalogie Die Hard, elle le prit en main et l'agita sous les yeux du père de Kellan tout en le fixant avec jeu.

- quoi ? Maintenant ? S'étonna Tobias.
- à moins que…
- je mets lequel ?

Il accepta immédiatement la perche qu'elle venait de lui tendre, il ne voulait pas qu'elle s'en aille, pas maintenant. Elle avait tellement sa place dans cette maison, auprès de lui et de Kellan, elle faisait partie intégrante de la famille Eaton.

- le dernier.

Ni une, ni deux, ils se saisit du DVD en question et le sortit de son coffret afin de l'insérer dans le lecteur puis il rejoignit tranquillement sa place à côté de Beatrice sur le canapé.

- tu ne portes plus ta bague, dit-il en ne quittant pas l'écran des yeux.

Il avait remarqué ce précieux détail dès sa venue à la maison et s'était retenu d'en parler jusqu'à maintenant mais il n'avait pas pu éviter le sujet plus longtemps, c'était plus fort que lui, il fallait qu'il sache s'il avait encore la moindre chance.

- tout est fini. C'est le cas depuis un bon mois en fait, j'ai juste eu du mal à l'accepter. Mais Matt a raison, lui et moi on n'est pas fait pour être ensemble.

Elle lui adressa un regard que Tobias eut toutes les peines du monde à déchiffrer, est-ce qu'elle l'encourageait à faire le premier pas ?

- c'est fou, il lui ressemble vraiment, commenta Beatrice tout sourire.

Alors que le visage de Jack McClane envahissait maintenant l'écran, l'inspecteur Eaton ne put réprimer un sourire à son tour, la ressemblance avec son équipier était frappante.

- depuis quand Grenoble est en Suisse ? S'interrogea-t-il durant une scène en voiture entre Jack et son père.
- avec un sourire comme ça, je suis prête à lui pardonner toutes ses lacunes en géographie.

Tobias sentait ses yeux se fermer petit à petit au fur et à mesure que le film avançait, il sentait qu'il ne tiendrait plus très longtemps avant qu'ils ne se ferment complètement.
Quand il ouvrit les yeux à nouveau, la tête de Beatrice était à présent nichée dans son cou. Alors qu'elle était plongée en plein sommeil, il tenta de la réveiller en déposant plusieurs doux baisers sur son front, il joua ensuite avec quelques mèches de ses cheveux près de son oreille et quand elle releva enfin la tête vers lui, les yeux à moitié ouverts, il ne put s'empêcher de l'embrasser à nouveau sur le front.
Elle le fixait maintenant avec une telle intensité qu'il colla cette fois sa bouche sur la sienne, lentement, très lentement, leurs langues s'entremêlant avec ardeur et délectation. Sa main puissante voyageait maintenant sous le pull de Beatrice, tout droit vers l'agrafe de son soutien-gorge quand des bruits de pas se firent entendre depuis l'escalier.

- papa ! Papa !

C'était Kellan qui venait de débouler à toute vitesse dans le salon, sûrement inquiet de ne pas voir son père dormir dans sa chambre. Sans attendre une seconde de plus, Beatrice et Tobias avaient repris une position normale sur le canapé.

- Kellan ! S'exclama Tobias en accueillant son fils dans ses bras. Tu vois, papa est là, tout va bien. T'es déjà levé ?
- Tatie Tris !

A la plus grande surprise de Beatrice, le petit bout de chou de quatre ans et un jour se jeta dans ses bras à son tour ce qui la fit sourire franchement.

- ça va mon ange ? T'as bien dormi ?
- Papa, on peut faire des pancakes avec Tatie ?

Le regard du père de Kellan se dirigea immédiatement vers l'horloge du salon, il était presque huit heures du matin soit le moment idéal pour un bon petit-déjeuner en famille.

- je ne sais pas, il faut lui demander, répondit Tobias avec jeu.
- Tatie, tu veux bien faire des pancakes avec moi et Papa ?
- bien sûr, j'adore ça les pancakes !
- ouais ! C'est parti !

D'humeur festive, Kellan rejoignit la cuisine à toute vitesse sous le regard attentif de son père.

- tu viens juste de faire un heureux.
- tant mieux, il mérite de l'être.
- c'est vrai, c'est un petit garçon génial. Et je ne dis pas ça parce que je suis son père.

Beatrice accepta la main que Tobias lui tendit pour se relever du canapé, ne la lâchant pas d'une seconde même une fois debout, elle prit bien soin d'enlacer ses doigts aux siens comme le ferait un vrai couple d'amoureux.

- tel père, tel fils, commenta-t-elle dans un sourire conquis.

Elle se mit ensuite sur la pointe des pieds pour lui voler un nouveau baiser sur la bouche afin de bien lui faire comprendre ses intentions, Matthew faisait partie de son passé, Kellan et Tobias étaient son avenir.

- je rectifie ce que je viens de dire, en fait, tu viens juste de faire deux heureux.

Il avait compris le message, au plus grand soulagement de Beatrice qui ne comptait pas laisser filer un tel amour entre ses doigts une seconde fois.


Alors que Will, Christina et Eric étaient réunis autour d'eux dans l'open space du commissariat, Tobias et Beatrice se regardaient encore avec appréhension pour savoir qui des deux prendrait la parole en premier.

- Tobias et moi, commença la jeune légiste avec hésitation, on a quelque chose à vous annoncer.
- que vous êtes ensemble, c'est ça ? Termina Eric à sa place.
- une minute, tu es au courant pour nous deux ? S'étonna Tobias.
- réveille-toi mon pote, tout le monde au bureau est au courant, affirma l'inspecteur Coulter.

Piquée dans sa curiosité, Beatrice haussa un sourcil en direction de l'équipier de son homme, elle n'en revenait pas, elle et Tobias avaient pourtant tout fait pour rester le plus discret possible.

- comment ça se fait que vous êtes tous au courant ? Les interrogea le père de Kellan.
- c'est simple, je vous ai vu vous embrasser dans la salle d'autopsie vendredi dernier, affirma fièrement Will.
- je vous ai surpris en pleine action dans la voiture de Tobias sur le parking, avoua Christina tout sourire.
- moi aussi, deux fois, répondit Eric en levant deux de ses doigts. C'est bon, on peut se remettre au boulot sinon ?
- bien sûr, allez-y, répondit Beatrice avec timidité.

Maintenant que leurs collègues vaquaient à leurs occupations respectives, Tobias pouvait enfin relâcher la pression.

- bon, on peut dire que ça s'est plutôt bien passé.
- on peut dire ça, même si on est pas aussi discrets qu'on l'avait pensé, commenta la jeune légiste avec humour.
- dis plutôt que c'est toi qui ne peux plus te passer de moi, l'accusa Tobias avec jeu.
- parle pour toi, répondit-elle sur le même ton.
- je plaide coupable.

Il joignit le geste à la parole et leva la main droite au même moment, totalement conquise par son aveu, Beatrice ne prit même pas la peine de vérifier les alentours pour voir si on les observait et lui vola directement un furtif baiser sur la bouche, décidément, elle ne parviendrait jamais à résister à son charme ravageur.

Un an plus tard (ou presque) :

- mais qu'est-ce que …

La voix à la fois calme et posée, Tobias s'empressa de rassurer sa fiancée sur son état lorsqu'il croisa son regard inquiet et qu'elle examinait sa lèvre inférieure avec attention, en lui soulevant légèrement le menton.

- un petit incident, trois fois rien.
- un petit incident ? T'as la mâchoire en décomposition, et pour toi, c'est trois fois rien ! Ça va faire bien sur les photos du mariage, tiens !
- ah tu trouves aussi ?

Il n'avait pu s'empêcher ce trait d'humour pour détendre l'atmosphère, mais ce ne fut pas du goût de Beatrice qui semblait toujours aussi soucieuse à son égard.

- qu'est-ce qui s'est passé ? Tu t'es battu avec un suspect ?
- non, c'est lui s'est entraîné sur moi, répondit-il, avec ironie. Je n'ai fait que riposter. Ce n'est pas de ma faute.

Incrédule, la jeune légiste haussa un sourcil dans sa direction. Ce n'était pas vraiment l'image de la police de Chicago qu'elle se faisait.

- et bien, on peut dire qu'il ne t'a pas loupé.
- tu n'as pas vu dans quel état il est de son côté.
- il n'y a vraiment pas de quoi se vanter, Tobias.
- mais je n'en suis pas fier.

Ce sourire insolent lui laissait pourtant penser tout le contraire. Mais elle ne s'en formalisa pas et s'en alla chercher dans l'armoire de sa salle d'autopsie le matériel nécessaire pour le soigner. Quant à Tobias, il prit sagement place sur un des tabourets alors que Beatrice restait maintenant debout et désinfectait ses plaies avec douceur.

- AIE…
- désolée… ça fait mal ?
- très, dit-il, la mine exagérément triste.
- et là c'est mieux ?

Elle ne résistait pas à ce regard de cocker et l'embrassa du bout des lèvres puis sema une multitude de petits baisers sur son menton, juste sous sa plaie.

- beaucoup mieux, dit-il, en lui faisant les yeux doux.

Elle referma ensuite le flacon d'antiseptique devant lui, puis se saisit du disque en coton dont elle venait de se servir avec l'intention de le jeter dans la poubelle la plus proche, lorsqu'elle entendit la voix rauque de son fiancé la relancer.

- viens par là.

Il la ramena tout contre lui, d'un bras musclé et la jeune femme l'embrassa délicatement sur le nez, pensant qu'il s'en contenterait.

- c'est tout ?
- oui, je dois encore …

Mais il ne lui laissa pas le temps de continuer sa phrase et l'attrapa à nouveau par la taille et laissa reposer son menton blessé tout contre son ventre. Toutes les tactiques de séduction étaient mis en avant de sa part et elle y résistait tant bien que mal. Ce regard hypnotisant, elle le connaissait par cœur. Au premier coup d'œil, elle avait pensé que ses yeux étaient marrons, mais quand il y avait de la lumière, elle avait remarqué qu'ils étaient ambrés et lorsqu'elle regardait attentivement le tour de son iris, c'était du pur miel. Mais ce qu'elle préférait par dessus tout, c'était quand Tobias se retrouvait face au soleil et que ses yeux prenaient une touche émeraude superbe.

- mon cœur, il faut vraiment que je…
- …que tu t'occupes de moi, la reprit-il, dans un sourire ravageur.

Il continuait ses caresses à travers son pull fin, ils échangèrent un nouveau baiser torride, la langue de Tobias titillant ensuite le lobe de son oreille dans un énième frisson, tout compte fait, elle ne voyait aucune objection à jouer les infirmières pour son futur mari.

- je vais fermer la porte à clé.
- bonne idée, jugea Tobias.

Elle s'exécuta aussitôt et ne perdit pas une seconde de plus avant de tirer sur la cravate de son fiancé pour reprendre possession de ses lèvres voraces. Elle lui enleva ensuite sa chemise et sa ceinture pendant que le jeune inspecteur envoyait valser à travers la salle d'autopsie le chemisier en satin ainsi que le soutien-gorge de Beatrice, leur soirée ne faisait que commencer.

Deux ans plus tard (ou presque) :

- bonjour, dit Will d'une toute petite voix, on nous a autorisé à entrer quelques minutes.

Se tenant tout près du lit de sa femme, Tobias lui confirma cette permission d'un signe encourageant de la main alors que Beatrice affichait un sourire radieux, son nouveau-né dormant paisiblement dans ses bras et tous ses plus proches amis à présent réunis autour d'elle.

- comment tu te sens, Tris ? Lui demanda aussitôt Maeve.
- en pleine forme, j'expulse des bébés de mon utérus tous les jours, plaisanta la jeune maman de bon cœur.
- c'est elle la petite princesse alors ? Se renseigna Eric, en approchant tout près du lit.
- oui, je te présente Kayla, affirma fièrement Tobias.
- Kayla Anela, précisa Beatrice.
- très bon choix de prénoms, commenta Eric.

Lui plus que quiconque savait ce que ce deuxième prénom signifiait aux yeux de son équipier et il trouvait ce simple hommage vraiment des plus émouvants.

- d'ailleurs Maverick, tu me dois cinquante dollars.

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, la jeune peintre passa le billet en question à son homme sous le regard suspect de Beatrice.

- pourquoi ? S'informa Tobias.
- c'est le seul à avoir vu juste sur la date de naissance de la petite.

Loin de s'insurger d'un tel pari, le jeune papa afficha un sourire flatté et tapa dans le dos de son équipier avec énergie.

- félicitations, vieux.
- Chris, tu veux la prendre ? Proposa Beatrice en tendant la petite vers la jeune lieutenant.
- c'est vrai ? Je peux ?
- bien sûr, c'est ta filleule.

Touchée, Christina n'hésita pas un instant à porter le petit bout de chou dans ses bras, elle caressait délicatement sa petite joue du bout de son index.

- regardez-moi cette merveille ! Hey, coucou Kayla. C'est moi, c'est marraine.

Elle se tourna ensuite vers Tobias pour lui rendre sa fille, ne pouvant réprimer un dernier commentaire sur le trésor qu'il avait à présent dans les mains.

- elle est magnifique. Un vrai petit ange.
- tout le portrait de sa mère, commenta Tobias.

Il dévora sa femme des yeux et elle ne put s'empêcher de sentir le rose lui monter aux joues, même après toutes ces années passées ensemble, il avait toujours cet effet dévastateur sur elle.

- et Kellan, alors ? Se renseigna Eric. Il a déjà rencontré sa petite sœur ?
- cette après-midi, il est content d'en avoir une même s'il trouve qu'elle ne fait que dormir tout le temps, plaisanta Beatrice avant de reprendre son sérieux. Eric, Tobias a quelque chose à te demander. Allez, vas-y mon cœur.
- en fait, ça nous ferait très plaisir que tu sois le parrain de Kayla.
- qui ça, moi ? Bien sûr, quelle question, avec plaisir, j'accepte !

Les deux équipiers se tombèrent dans les bras et alors que les parents de Kayla Anela commençaient tout juste à déballer la ribambelle de cadeaux pour le bébé, Maeve agrippa fermement l'avant-bras d'Eric pour le faire sortir à la vitesse de l'éclair de la chambre d'hôpital de Beatrice.

- fais-moi un bébé, Eric !

Ne pouvant résister plus longtemps au regard électrisant de sa compagne qui le rendait fou, il passa ses bras musclés et puissants autour de sa taille et vint coller fougueusement ses lèvres aux siennes, leurs baisers se faisaient de plus en plus langoureux et submergée par le désir, Maeve tira alors sur le pull d'Eric pour l'attirer directement dans la première cabine libre des toilettes, son futur rôle de maman n'attendrait pas une seconde de plus, pas une seule.

FIN


XOXO