Merci beaucoup pour les reviews qui m'ont fait rire mais aussi plaisir ! N'hésitez pas à continuer de laisser un petit mot pour connaître votre avis :D .

Sur ce, je vous poste l'avant dernier chapitre :D

Ses doigts continuaient à se mêler à sa sombre chevelure alors qu'il dormait à poing fermé. En cet instant, il semblait si paisible qu'elle l'enviait quelque peu. Abby aurait souhaité connaître cette quiétude dans son sommeil depuis leur arrivée sur Terre, mais il n'en était rien. Chacune de ses nuits, lorsqu'elle réussissait à dormir, étaient pavées d'horribles cauchemars, revivant encore et encore les événements qui avaient chamboulé leurs vies sur cette planète, cette Terre qu'ils avaient tant chérie lorsqu'ils se trouvaient encore parmi les étoiles… Alors oui, elle aurait aimé connaître la douceur des bras de Morphée rien que l'espace de quelques heures comme Marcus en cet instant, alors qu'il se laissait bercer par les caresses de la doctoresse dans ses cheveux. Son regard posé sur son visage sali par la terre et le sang, les traits encore tirés par la fatigue, elle le trouvait beau malgré tout cela. Cet homme était devenu le pilier de sa vie en l'espace de quelques jours à peine, laissant son univers instable gravir autour de lui, qui était stable en toute circonstance, gérant et veillant au bien-être de chacun sans jamais faillir. Comment avait-elle pu lui en vouloir autant ?! Son cœur se serra rien qu'au souvenir de la haine ressenti à son égard. Elle avait mal d'avoir agi ainsi, et cela, même s'il était habitué à son caractère depuis tout ce temps. Un sourire se dessina sur ses lèvres en pensant aux nombres incalculables de disputes qu'ils avaient eus tous les deux et cela avait toujours été et ça ne disparaîtrait sûrement jamais. C'était ainsi qu'ils fonctionnaient. Ils se contraient, osant se dresser l'un contre l'autre sans nourrir la crainte de perdre l'autre parce que c'était tout simplement… Impossible. Mais ce dont elle était certaine en tout cas, c'était qu'elle ne voulait plus ressentir cette colère à son égard, elle ne voulait plus le laisser risquer sa vie dans l'espoir d'apaiser sa haine… Parce qu'elle avait failli le perdre aujourd'hui, parce qu'elle n'avait pas souhaité l'écouter, entendre son explication. Parce qu'elle s'était montrée têtue comme à son habitude sans prendre réellement conscience de qui était la personne face à lui. C'était Marcus Kane, bon sang ! Celui qui avait sûrement le plus d'importance à ses yeux après sa fille et il était passé in extremis de la mort sans qu'il n'ait réellement conscience de ce lien qui les unissait tous les deux.
Jackson avait sûrement raison. Il tenait à elle plus qu'elle ne pouvait s'en douter, mais ce n'était pas qu'un sentiment qui allait à sens unique. Loin de là, même. Elle avait fermé les yeux tout ce temps, elle avait contré les paroles de son cœur parce qu'elle s'interdisait de ressentir de tels sentiments pour un autre homme après la disparition brutale de son mari, mais pourtant, plus le temps passait et plus elle avait de difficulté à nier ses sentiments à son égard.
Sa main quitta les cheveux bruns de Kane pour venir se poser sur sa joue et elle lui sourit avec douceur. Elle tenait à lui tout autant qu'elle tenait à sa propre existence, elle l'ai…

- « Comment va-t-il ? » Demanda Clarke qui venait de couper sa mère dans ses pensées.
- « Il dort. »

La jeune femme s'approcha d'eux silencieusement pour ne pas déranger le sommeil paisible du conseiller et esquissa un rapide sourire en voyant l'une des mains de sa mère sur le visage de ce dernier et l'autre tenant fermement sa main comme si elle craignait qu'il s'en aille dans un autre monde si jamais elle venait à lâcher prise…
Abby retira tout de même ses doigts de la joue du conseiller et releva les yeux en direction de Clarke :

- « Papa me manque aussi, mais… Tu ne dois pas t'empêcher d'en aimer un autre pour autant. »

La chancelière releva un regard interloqué en direction de son unique enfant, feignant ne pas avoir compris ce qu'elle voulait dire par là et fronça alors légèrement les sourcils :

- « Comment... »
- « Marcus. Il faudrait être aveugle pour ne pas s'en rendre compte. La façon dont vous vous regardez… Enfin, quand vous ne vous fusillez pas du regard comme 50 % du temps. »

Abby esquissa un sourire d'amusement avant de reposer toute son attention sur Marcus qui bougea tout en resserrant sa main tout contre la sienne. Elle fit une pression sur son torse pour l'empêcher de trop bouger et il s'apaisa presque aussitôt, ce qui amusa Clarke :

- « Il n'y a que dans ses rêves que tu peux le contrer sans dispute. »
- « Il faut croire, oui. »

Clarke posa sa main sur celle de sa mère et tenta d'attirer son attention :

- « C'est quelqu'un de bien alors ne perds pas trop de temps. Ici, la vie est bien plus courte que l'on pourrait le penser. J'en ai fait les frais et je ne voudrais pas que cela t'arrive aussi. »
- « Je t'aime Clarke. »
- « Moi aussi… Je vais aller dormir un peu. Repenses à ce que je t'ai dit. »

Clarke affichait un sourire que lui rendit sa mère alors qu'elle quittait la tente, laissant Abby et Marcus de nouveaux seuls l'un avec l'autre… Elle resta encore quelques minutes à l'observer en silence avant de sentir ses jambes faiblirent. Elle lâcha alors la main du conseiller, récupérant ainsi un siège qu'elle approcha du lit de ce dernier et y prit place tout en poussant un soupir de soulagement. Elle reprit ses doigts entre les siens et ferma les yeux tout en respirant avec calme, finissant par fermer les paupières et s'endormir…

- « Abby ! Réveillez-vous ! J'ai besoin d'aide ! »

La chancelière se réveilla en sursaut en entendant la voix vraisemblablement perturbée de Jackson qui tentait de réanimer Marcus qui sombrait peu à peu dans l'obscurité de la mort. Abby se redressa alors avec hâte de son siège et posa sa main sur la peau brûlante du patient :

- « Que sait-il passer ? »
- « Je suis venu voir si tout allait bien. Je n'arrivais pas à trouver le sommeil et je l'ai trouvé ainsi, un pouls faible et le corps brûlant. Il vient de me lâcher à l'instant ! »

Abby tenta de reprendre tant bien que mal ses esprits avant de réfléchir en tant que médecin. Elle souleva alors le haut de Marcus et son regard se posa sur le bandage en sang de ce dernier.

- « Sa plaie s'est ouverte ! »

Elle retira avec hâte le bandage et tenta de réduire au mieux les saignements, accumulant compresse sur compresse alors que Jackson tentait de réanimer le conseiller qui continuait de s'enfoncer dans la noirceur et la froideur de la mort.

- « Marcus ! Reste avec moi ! Tu n'as pas le droit de mourir, tu m'entends ! Tu n'as pas le droit ! » Cria Abby dont les larmes coulaient toutes seules sur son visage et souffla une fois encore « Reste avec moi, je t'en prie... »

Le saignement ne semblait pas vouloir s'arrêter de lui-même, l'empêchant de procurer correctement les soins nécessaires pour lui sauver la vie, mais elle n'arrêtait pas pour autant, essuyant encore et encore le sang de son ami, de l'homme qu'elle aimait afin de pouvoir arrêter l'hémorragie et le recoudre, mais elle n'eut le temps d'agir que Jackson se recula, le regard baissé…

- « Qu'est-ce que tu fais Jackson ?! Il va mourir si tu t'arrêtes ! »
- « Il n'y a plus rien à faire Abby… Je suis désolé… Il est…. »
- « Non… Jackson ! Non... »

Les larmes se mirent à couler de plus en plus sur son visage alors qu'elle s'approcha du corps sans vie de Marcus, posant ses mains pleines de sang sur son visage froid et blanc :

- « Tu n'avais pas le droit de me laisser Marcus ! »

Abby posa son front tout contre le sien, éclatant en sanglots contre le corps du conseiller et lui souffla :

- « Je t'aime… »

Jackson posa ses mains sur les épaules de son amie, tentant de l'attirer à lui, mais elle se dégagea avec colère de l'étreinte de ce dernier :

- « Laisse-moi ! »

L'assistant hocha doucement de la tête aux mots d'Abby, comprenant la douleur qu'elle pouvait éprouver en cet instant funeste. On venait de lui ôter l'homme qu'elle aimait alors il se devait de lui laisser du temps à cela…

Il quitta alors la tente en silence et annonça la sombre nouvelle au peuple du ciel, retenant Clarke qui avait tenté de s'engouffrer dans l'infirmerie pour soutenir sa mère :

- « Elle a besoin d'être seule avec lui. Laisse-lui du temps... »

Bellamy serra la jeune femme dans ses bras alors qu'elle aussi laissait les larmes couler sur son visage…

TBC..