Viper
Fic traduite avec l'autorisation de l'auteur - Nocens.
Bêta de ce chapitre Goutt2mer
Désolée du retard mais les cours avant toute chose.
Chapitre 6 : Silver Blood
La dernière syllabe eut à peine le temps de quitter les lèvres de Viper que l'intrus et lui se retournèrent soudainement vers la gauche, tirant leurs armes de nouveau, les yeux fixés sur un buisson, qui semblait tout à fait anodin à Draco et à Nefas. Les pensées des deux personnes visibles de la clairière semblant être préméditées, une ombre menaçante se glissa alors hors du buisson, sans même bouger les feuilles. Viper et l'inconnue se baissèrent aussitôt et levèrent leurs lames au niveau de leurs épaules. C'était réellement surprenant de les voir côte à côte, alors que quelques secondes plus tôt, ils se battaient l'un contre l'autre. Serpentards, et ayant seulement l'instinct de survie, se donnant un bon coup de pied au cul, Nefas et Draco lancèrent un coup d'œil aux deux lames – aux possesseurs puis à l'ombre et firent ce qu'ils auraient dû faire depuis longtemps quand le danger était tout près – courir comme si le diable lui-même était à leurs trousses, n'ayant nullement le temps de s'arrêter pour crier.
Leur fuite stratégique ne fut même pas remarquée par les autres. L'ombre s'était arrêtée à quelques pas de leurs armes, à leur gauche, leur donnant ainsi une vision plus claire de ce qu'elle était : une silhouette humaine assez proportionnée et masquée, qui semblait flotter dans les airs, et donc à la lumière clairsemée de la Forêt Interdite, créant ainsi l'image d'une ombre vivante plutôt que d'un être fait de chair.
--Pars, Maci – elle parlait lentement, d'une voix mystérieuse qui semblait résonner.
Viper la reconnut immédiatement, comme il l'avait déjà entendue, il n'y avait même pas 3 semaine plus tôt, dans la Tour d'Astronomie. Il baissa sa lame un peu, puis relâcha sa posture de manière prudente. L'étrangère ne suivit pas son exemple, bien au contraire – elle semblait être prête pour un vrai duel.
--Tu n'es pas la bienvenue ici et maintenant, Maci. Pars ou subis les conséquences – Le ton glacial des mots résonna dans toute la forêt silencieuse, d'une manière que même les meilleurs experts en acoustique auraient pu envier.
Jetant un rapide coup d'œil en direction de Viper, ses yeux fusillant telle un animal encerclé, il semblait qu'elle n'osait pas lancer un autre regard à 'l'ombre', puis elle quitta en trombe la clairière, à une vitesse assez suffisante pour créer une mini tornade de feuilles mortes sur son passage. Viper se demanda futilement si la femme avait été, ne serait-ce un jour, humaine…
Il n'eut pas le temps pour réfléchir davantage sur la beauté noire qui lui avait procuré tant de distraction cette nuit-là, car 'l'ombre' fit un prompt mouvement, diminuant ainsi la distance qui les séparait. Tout de suite sur ses gardes, Viper fit un bond en arrière, ce qui provoqua un petit rire de la part de la chose en face de lui. C'était un son vraiment plaisant à entendre, ou du moins, cela l'était pour Viper.
« Ne sois pas sur tes gardes, Viper. Tu sais que je n'ai aucune intentions hostile envers toi. Mais viens, les professeurs ont entendu l'agitation et sont en chemin. »
Regardant un moment la personne qu'il savait être son professeur de Défense, Viper se redressa alors et rengaina ses armes, hochant doucement la tête à la silhouette encapuchonnée, puis la suivit lorsqu'elle fit demi-tour et prit le chemin qui était tout tracé.
Aux alentours d'une demi-heure plus tard, ils pénétrèrent dans une autre clairière, si on pouvait l'appeler ainsi. Sur leur chemin, la brousse semblait s'épaissir et la luminosité devenait presque inexistante à l'endroit qu'ils avaient atteint, alors qu'il était plus exposé que la clairière qu'ils avaient quittée plus tôt.
De manière inattendue, la silhouette masquée mit pieds à terre et glissant sur le bois, révéla les yeux rouges du visage de Quentin Quirrell, assis alors sur le tronc d'un arbre mort, faisant signe à Viper de venir s'asseoir à côté de lui.
Le garçon obéit et alla s'asseoir, laissant une certaine distance entre eux.
« Alors, Professeur Quirrell, puis-je vous demander ce que vous faisiez seul dans l'effrayante Forêt Sombre dans une telle tenue, » Il montra d'un signe de tête la lourde cape noire « et à une telle heure avancée de la nuit ? »
L'homme ricana à ses mots, ce qui provoqua de légers frissons le long du dos de Viper.
« Je pourrais te demander la même chose, Viper. » Il fit une pause « Sauf que je ne le ferais pas. Je sais très bien ce que vous faisiez et, » il sourit d'un petit sourire satisfait qui, avec ses yeux rouges brillants, lui donnait un air purement mauvais « laisse-moi te féliciter pour ton travail. Ils ne trouveront absolument aucun indice sur ces garçons, un vraiment travail d'expert en fait, bien que tu ais pris un risque en associant messieurs Malfoy et Pravus à l'affaire. »
Devinant sur quelle direction la conversation dérivait, mais ayant la drôle de sensation qu'il pouvait faire confiance en cet homme, le jeune Serpentard hocha la tête.
« Merci, j'ai essayé. Comme pour Draco et Nefas – vous pouvez les appeler mes petits cobayes. Je pensais que c'était un succès. »
« Ca l'est. Ils sont de précieux alliés, tout comme le sont leurs parents – tu as bien choisi tes amis, mon serpent. »
A l'écoute du nom d'animal que Sow lui avait attribué, Viper crut geler sur place et ce fut avec des yeux rétrécis par la colère qu'il se tourna doucement vers l'homme qui avait osé penser qu'il pouvait utiliser ce surnom assez spécial. Le professeur de Défense avait pris trop d'aise, selon Viper. Aussi rapide que l'éclair, Viper se retrouva en un rien de temps debout, la lame de son 'sabre' coupant la peau sous le menton de Quirrell. Le tenant, étant des plus furieux, le Serpentard faisait l'image parfaite d'un démon, pour n'importe lequel spectateur. Heureusement il n'y avait personne aux alentours, puisque la plupart, pour sûr, auraient été émotionnellement effrayé à vie, probablement jusqu'à la mort même. Sur un tonalité des plus mortelles, le garçon siffla à l'homme qui n'avait même pas bronché.
« Ne crois pas que tu peux m'appeler comme tu le souhaites. Pour toi, je suis Mr. Davis, ou si je l'accepte, Viper – est-ce que tu m'as bien compris ? »
Toujours aussi imperturbable, l'homme leva une main pour bouger la lame, mais il n'en fit rien. Poussant un long soupir, il laissa alors retomber son bras et regarda dans les yeux Viper.
« Je suis désolé de vous avoir mis en colère sans le vouloir, Mr. Davis. Je ne savais pas que vous n'aimiez pas être appelé ainsi. Je ne vous appellerais alors plus de cette manière. »
Ils se fixaient intensément jusqu'à être sûrs que l'autre eût compris, puis sur un petit hochement, la pression de la lame sur le cou de l'homme disparut, mais Viper ne se rassit plus. Après un long moment de silence, Quirrell parla le premier.
« Puis-je t'appeler Viper ? »
« Oui. »
Ils furent de nouveau silencieux, jusqu'à ce que Quirrell se releva sans prévenir, remettant sa capuche et repartant, ne se souciant apparemment plus de Viper, puis quitta la clairière et se dirigea vers la forêt. Immédiatement, le garçon passa rapidement à l'action, ouvrant son étui à revolver sur son épaule et sortant son fusil, rechargeant son Browning sur un mouvement rapide puis le tenant d'une main ferme, il le pointa dans la direction que son compagnon avait pris. Il secoua ses épaules doucement pour sentir la lame y étant attachée – par mesure de précaution, on ne savait jamais ce qui nous attendait 'au coin de la rue'. Une brève pensée traversa son esprit, celle qu'il avait raison, qu'il se fierait à son instinct lorsqu'il serait face au danger.
Faisant attention à ne pas marcher sur les brindilles sèches au sol ou de ne pas emmêler sa cape dans les plantes épineuses aux alentours, il suivit la silhouette au devant, se demandant pourquoi l'enfer avait quelque chose contre lui ce jour-ci pour le faire réagir de manière si… Gryffondor – tout d'abord, attaquer le Duo Idiot dans un couloir dégagé, puis suivre la créature qu'était son professeur de Défense dans les profondeurs de la Forêt Interdite, et maintenant courir après ce même professeur qui avait tantôt effrayé une femme des plus puissantes avec juste quelques mots, pendant que l'autre semblait être en transe.
Quelque chose à sa droite bougea. Il se tourna et le visa avec le pointeur de son arme, prêt à tirer. Une minute passa puis soudainement, la chose sortit du buisson et Viper suivit son parcours avec ses yeux et son arme à feu, la visant avant de réaliser 1) la chose bougeait vraiment lentement sur le sol, 2) c'était poilu et brun, 3) c'était un lapin sauvage. Jurant tout bas, il retira son doigt de la gâchette, même s'il aurait voulu tirer sur cette putain de chose pour l'avoir surpris, et à la place jeta une longue série de sortilèges qui aurait même fait rougir un marin, à l'instar d'une vierge dans une maison close (bordel).
Se retournant, il repéra le contour au loin de Quirrell – bénie soit sa vision de nuit, et rappliqua en vitesse, ses pieds frappant le sol, touchant à peine sa surface, tout comme lorsqu'il esquivait et sautait par-dessus n'importe lequel obstacle sur une trajectoire plutôt courte, jusqu'à l'endroit où se trouvait l'autre homme, glissant encore plus loin dans la forêt. Il arriva à la hauteur de la silhouette masquée et ralentit avant de venir s'arrêter lorsqu'il réalisa qu'ils se trouvaient dans une autre clairière. Celle-ci était plus sauvage et apparemment plus près de la lisière de la forêt, puisque les arbres étaient plus rares et il y avait plus de luminosité que dans la précédente. Entendant un bruit sourd, il regarda aux alentours et vit Quirrell se mélanger avec les ombres d'un arbre. Décidant que c'était une bonne idée de suivre l'exemple de l'homme et regardant de nouveau aux alentours, ne trouvant aucune bonne place pour se cacher, il décréta que la meilleure était celle où peu de personnes pensaient regarder – en l'air. La pensée eut à peine le temps de venir jusqu'à son cerveau qu'il était déjà en train de bondir sur l'arbre le plus proche, s'accroupissant sur une épaisse branche à quinze pieds du sol, puis attendit patiemment de voir ce qui allait se passer.
Les bruits sourds se rapprochaient et il était capable de les identifier comme ceux produits par des sabots. Enfin, cinq ou six animaux d'un blanc éclatant pénétrèrent dans la clairière, provenant d'un coin non loin d'où, il le savait, se cachait Quirrell. Licornes. Viper les reconnut comme étant les pures créatures blanches qu'il avait vues dans son livre de quatrième année sur les Soins aux Créatures Magiques. Elles étaient magnifiques – leur crinière émanait une douce lumière blanche qui semblait illuminer la clairière et leur corps puissant leur donnait une apparence surnaturelle, à l'instar de créatures des Dieux. Viper se demanda pourquoi elles avaient besoin de se cacher, mais il vit alors l'ombre de Quirrell se déplacer. Il réussit à peine à suivre le mouvement, comme s'il frôlait le petit troupeau d'animaux en particulier. Les autres hennirent de détresse et partirent alors, tandis que leur frère tombait au sol avec l'ombre sur lui. Le jeune Serpentard regarda avec stupeur la licorne taper dans le vide et lutter contre son ravisseur, mais en vain. Quirrell baissa sa tête sur le cou de la pauvre créature et ce ne fut pas long avant qu'elle ne stoppât ses mouvements et ne restât immobile sous lui.
Décidant qu'aussi longtemps qu'il agirait cette nuit-là comme un Gryffindor, il ferait mieux de calmer sa curiosité, Viper descendit alors de l'arbre et s'approcha doucement des deux figures, tout en restant à une distance raisonnable.
Quirrell releva sa tête du cou blanc comme neige pour le regarder, ce qui lui permit de voir du liquide argenté couler le long du menton de l'homme. Un regard vers la licorne prouva que c'était bien son sang. Se relevant, Quirrell lui fit signe de se rapprocher. Toujours doucement et avec son fusil chargé, Viper se rapprocha et s'arrêta à trois pieds à peu près.
« Est-ce que tu sais quelle sorte de créature cela est ? » La voix de Quirrell semblait avoir perdu beaucoup d'écho, et à la place du ton utilisé lors de ses cours, le nouveau semblait avoir pris plus d'importance.
« C'est une licorne. » Il répondit, ne bougeant pas ses yeux de l'homme.
Quirrell hocha la tête.
« Et tu sais ce que le fait de boire son sang pourrait faire à un homme ? »
Secouant la tête, Viper lança un autre regard à l'animal saignant.
« Cela peut garder un homme vivant, même s'il est sur le point de mourir. Cela peut le rendre immortel. »
Regardant le doux blanc, maintenant argenté éclabousser la crinière, le premier année eut alors besoin de demander au silencieux Quirrell encapuchonné.
« Est-ce une blague ? »
Un bas ricanement s'échappa des lèvres de Quirrell et il se rapprocha un peu plus de Viper, qui releva son pistolet et le dressa contre lui, le faisant ainsi s'arrêter.
« C'est une vie maudite Viper, une demi-vie. Tu n'es plus vraiment vivant, ni vraiment mort, et sans le sang tu périrais. » Sur ceci, le Professeur leva sa main, suivie par l'arme de Viper, pour nettoyer le liquide argenté de son menton. « Mais j'ai mes raisons. » Il finit en léchant une petite goutte de la substance sur son doigt.
Le garçon armé considéra l'homme d'une toute autre manière et une nouvelle fois, constata que son intuition sur son identité se confirmait par ses simples actions.
Abaissant son fusil, il fit un pas en arrière et en gardant toujours le contact avec les yeux de l'autre, se mit sur un genou à côté du cou saignant, puis trempa deux doigts dans le sang qui coulait. Il le regarda d'un air satisfait puis relevant ses yeux une fois de plus vers la cape de l'ombre, là où, il savait, se trouvaient deux yeux rouges rubis, il leva sa main à ses lèvres et lécha ses doigts pour les nettoyer. Le goût de l'innocence, si un tel existait réellement, remplit ses sens et un petit frissonnement de pouvoir descendit le long de sa colonne vertébrale. Ses yeux se fermèrent de leur propre accord à l'encontre de cette grisante sensation, comme s'il baignait dans ce puissant effet. Puis un gouffre noir se projeta contre ses paupières fermées et ses yeux s'ouvrirent d'un coup, un silencieux halètement se figeant au niveau de ses lèvres. Il se redressa, son revolver tombant de ses doigts tremblants, se sentant faible. Ses yeux s'assombrirent lorsque la soudaine sensation exaltante, qui était venue la première, revint avec le double de sa force. Ses genoux faiblirent et il sut qu'il était sur le point de tomber sur le sol, lorsque des mains fortes vinrent l'encercler autour de sa taille et s'enroulèrent autour de sa poitrine. Il se sentit flotter, puis le monde devint noir, sa dernière pensée à peu près cohérente étant « Merde, c'était bon… »
Il ouvrit doucement un œil et vit les rideaux verts foncés de son lit dans sa chambre, dans les dortoirs des Serpentards. Refermant son œil, il attendit une seconde avant d'ouvrir les deux puis gémissant, il se leva, tirant le lourd rideau sur le côté, quittant son lit. Il se sentit comme s'il venait juste d'avoir la meilleure partie de jambe en l'air de sa vie, puis avait été écrasé par un camion, puis soigné et le tout avait été répété dans l'ordre, à l'exception de la douleur habituelle de son dos, comme conséquence. A travers la fenêtre enchantée de la chambre, il pouvait voir qu'il était encore très tôt le matin, ce qui fut confirmé par les rideaux tirés du lit de Draco. S'examinant alors, il vit qu'il était encore dans ses habits habituels pour la nuit, ce qui voulait dire le seul bas de pyjama en coton noir et rien d'autre. Il regarda la chambre et vit que toutes ses armes étaient rangées au pied de son lit. Décidant que sa tête faisait bien trop mal pour lui permettre de penser, il se dirigea doucement vers la salle de bain. Il retira doucement sa seule pièce de vêtement et entra dans la cabine de douche, dans l'espoir que l'eau chaude de la douche l'aiderait à se sentir mieux. Il tourna l'eau chaude à plein jet et soupira de contentement, restant la tête contre le mur froid tandis que l'eau coulait le long de son corps. Sans bouger sa tête du mur, il chercha après le savon et l'éponge avec laquelle il se frotta prodigieusement, jusqu'à ce que la mousse fût épaisse et recouvrît ses mains. Sans chercher à replacer le savon, il le laissa simplement tomber sur le sol et commença le mince processus de se laver.
Son corps n'était pas si horrible à voir, mais il se sentait tout de même épuisé, c'était une fatigue psychologique, mais il osa spéculer que c'était de nature magique, considérant ce qui s'était passé la nuit dernière. Il avait une petite idée jusqu'où son action impulsive du moment le mènerait, mais il ne regrettait rien, en dépit du facteur inconnu. Cette sensation… cela avait été la meilleure chose qu'il avait pu vivre, se mesurant seulement aux rêves… de ses… yeux rouges. Cela le frappa, à l'instar d'une grosse pierre tombant au fond de son intestin, et ses mouvements se figèrent, avant qu'il ne se reprît et se frottât avec plus de vigueur, finissant de se laver en quelques secondes.
De retour dans la chambre, il se dépêcha de replacer ses armes à feu dans son « Coffre à Trésor » et était en train de mettre son pull-over sur sa tête lorsqu'il entendit Draco se réveiller.
« Caesar ? » il sentit l'envie de se frapper violemment la tête contre le mur. Maintenant, il ne pourrait plus s'éclipser et trouver quelques longues excuses. Se résignant à son 'sort', il se tourna pour faire face à Draco.
« Oui, Draco ? »
Pour une telle heure matinale, Draco semblait bien trop réveillé, ce qui voulait dire qu'il avait une vraie raison pour l'être. Merde.
« Caesar, par le nom de Serpentard, qu'est-ce qu'il s'est passé la nuit dernière ?! »
La matinée passa, tandis que Viper avait conclu rapidement qu'il allait dire une version de la vérité à ses amis.
Plus tard, Draco, Nefas et lui s'assirent à leur place habituelle à la table de Serpentard, mangeant et parlant à propos de tout et de n'importe quoi, comme s'ils ne faisaient pas attention au monde qui les entourait. Plus tôt, Viper les avait emmenés dans une classe vide et leur avait racontés ensuite son histoire. En résumé – il avait été pris en chasse par 'l'ombre' tout le long de la forêt et avait essayé de lui échapper, puis de la patrouille du hall assez tard dans la matinée, et était retourné aux Dortoirs de très bonne heure ce matin-là. Il avait vu leur légère incrédulité, mais c'était normal – ils étaient des Serpentards après tout, malgré toutes les preuves qui montraient la véracité de l'histoire de Viper, et ils n'avaient rien à dire contre cela. Le Serpentard aux cheveux noirs résista à l'envie de ricaner, vu qu'il se rappela – qui croirait qu'il avait passé la plupart de sa nuit errant dans la Forêt Interdite avec le bégayant P-p-profe-s-s-eur Q-quir-r-rell qui était également possédé par quelqu'un, dont Viper était quasiment sur, qui était l'esprit du Dark Lord Voldemort, chassant les licornes et buvant leur sang ? Il réprima un grognement dans une gorgée de jus.
Soudainement, le Directeur se leva et leva les mains pour réclamer le silence, un silence tomba sur la Grande Salle pendant que trois certains Serpentards regardaient résolument dans une toute autre direction que celle des deux autres dans la peur d'éclater de rire – ces trois là savaient exactement ce que le vieil homme allait dire.
« Puis-je avoir votre attention, s'il vous plait ? Merci. La nuit dernière, nous avons eu un peu peur avec la disparition de Messieurs Ronald Weasley et Dean Thomas de la Maison de Gryffindor. » Des murmures s'élevèrent dans la salle. Dumbledore tapa dans ses mains une nouvelle fois et ils moururent instantanément. « Il n'y a plus aucune raison d'avoir peur. Les deux ont été trouvés tard dans la nuit dans la Forêt Interdite. Ils étaient un peu meurtris et étaient apparemment tombés inconscients, dû au froid, mais ils sont maintenant en train de se reposer dans l'Infirmerie… »
Viper couvra le vieux foulque (oiseau) lorsqu'il rappela la raison pour laquelle les étudiants n'étaient pas autorisés à pénétrer dans la Forêt interdite et d'autres choses inconséquentes, il concentra plutôt son regard sur le professeur dont il était réellement intéressé. Comme s'il avait senti ses yeux sur lui, Quirrell se tourna dans sa direction, regardant directement dans les yeux émeraude, puis avec un flash presque indétectable de rouge, il donna un petit hochement de tête et se retourna pour écouter le Directeur.
Un certain Professeur de Défense attendait une visite de un ou deux serpents dans pas longtemps.
Viper ne vit jamais les yeux aux allures obsidiennes du Maître des Potions naviguer entre Quirrell et lui lorsqu'ils tournèrent chacun leur regard dans une autre direction. Il ne remarqua pas non plus le léger sourire de satisfaction qui semblait naître aux coins des lèvres de l'homme en noir. Quirrell, lui, le vit.
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Hermione Granger, assise à la table des Gryffindors, était profondément plongée dans un large volume. La vue n'avait rien de si extraordinaire, mais si l'on l'avait regardée de plus près, on aurait alors remarqué que ses yeux étaient rivés sur les pages jaunes, ne bougeaient pas mais regardaient sans la voir la minuscule écriture courbée devant eux. Si certains auraient réussi à entrevoir son esprit, ils auraient été balayés par les violentes pensées qui tournoyaient les unes des autres à l'intérieur. La fille aux cheveux frisés était ainsi depuis un petit moment à présent.
Ses yeux chocolats revinrent du vide et elle lança un rapide regard à travers la Grande Salle et vit la source de ses pensées – un certain grand garçon de Serpentard aux cheveux noirs.
Il était en train de parler avec Malfoy et un autre garçon aux cheveux bruns qui était probablement en sixième ou septième année, comme d'habitude. Comme d'habitude, le trio était assis un peu plus loin que le groupe principal des Serpentards, mais il était évident qu'il n'était pas bannis. Pas après une longue observation. L'année venait juste de commencer, mais c'était tout à fait évident, pour ceux qui prenaient le temps de bien regarder, que le garçon était respecté, en particulier par les plus jeunes années. C'était comme s'il n'était même pas un première année. La manière dont il agissait, les amis qu'il avait… si on ne savait pas son âge, on se demanderait s'il n'était pas en quatrième année, au moins. Même physiquement, il ne ressemblait pas à un première année. Il était grand, plus grand que tous ceux de son année, et aussi honteuse de devoir avouer qu'elle remarquait des telles choses, Hermione ne pouvait pas nier que le garçon avait un corps de sportif.
Il était en fait le seul de l'école qui pouvait rivaliser à son envie d'avoir la connaissance absolue. Le seul qui comprenait à quel point c'était un précieux cadeau et le cherchait constamment. L'un des seuls qui la voyait plus qu'un simple rat de bibliothèque.
Ses yeux se concentrèrent sur la page devant elle avec une telle intensité que cela aurait pu choquer ceux qui se trouvaient à côté d'elle, s'ils lui avaient prêté attention. Il était son seul ami.
Il était le seul à consacrer du temps pour elle, au moins deux fois par semaine, il passait ses soirées avec elle dans la bibliothèque, en dépit de la rivalité des Maisons et de son statue de 'Sang de Bourbe', faisant ses devoirs et plus tard restant pour parler avec elle sur des sujets qui variaient, du pourquoi le soleil brillait et de quelques commérages. Personne d'autre ne faisait cela avec elle. Même dans sa propre Maison, même les filles qui partageaient le dortoir avec elle, se moquaient toujours d'elle. Spécialement le garçon Weasley. Ses poings se resserrèrent autour des bords du livre. La menace du rouquin était toujours là, pour se moquer d'elle ou lui donner des surnoms. Et il y avait aussi Draco Malfoy mais le blond se taisait quand Caesar était à côté.
Un petit sourire se dessina sur ses lèvres roses. Caesar avait seulement besoin de regarder son ami et l'héritier des Malfoy fermait sa bouche aussitôt et faisait marche arrière. Bien sûr, il lançait des regards furieux à l'arrière de la tête de Caesar, tout le long du cours qu'ils avaient ensemble après. Caesar restait imperturbable.
Elle avait une fois, peu de temps après le début de leur scolarité, offert la possibilité au garçon de 'le laisser seul', et donc de le sauver de l'amertume de ses camarades de maison, mais le garçon l'avait juste regardée avec un tel regard furieux qu'elle avait reculé sur le coup, comme si une bourrasque de vent assez intense l'avait poussée en arrière. Il lui avait ensuite expliquée d'une voix dangereusement douce que personne ne pouvait décider du choix de ses amis et que si elle voulait qu'il la laissât seule, elle ne devrait pas se cacher derrière de telles excuses minables. Elle avait été sur le point de pleurer de bonheur lorsqu'elle avait été confrontée à sa décision d'être son ami, coûte que coûte.
Mais il y avait également un autre côté chez Caesar. Ce n'était pas quelque chose de défini, ni de particulier et d'exact, mais cela alarmait ses instincts à un tel point qu'elle n'avait jusqu'alors jamais ressenti. Elle avait remarqué qu'il pouvait influencer les gens. Comme Malfoy. Elle ne pouvait pas croire que l'arrogant héritier de l'une des plus vieilles familles sorcières accepterait d'être le second de quelqu'un qui serait classé comme un demi-sang, par les lois des sangs purs, mais il l'avait fait et il était tombé sous sa coupe avec une facilité déconcertante. Cela ne pouvait être tout simplement naturel pour elle. Peut-être qu'il complotait quelque chose contre Viper ? Est-ce qu'il jouait un rôle ? Elle ne pouvait pas le deviner de toute manière, si c'était le cas.
Elle cligna des yeux mais continua à regarder vaguement la page. C'était si difficile de deviner la dynamique du petit groupe de Serpentards de Caesar. En fait, toute son attitude était des plus ambiguë ; pas étonnant que le Chapeau l'eût mis dans la maison de Serpentard. Toute personne qui pourrait trouver le juste milieu pour se balancer entre deux groupes d'amis aussi différents que l'étaient Serpentard et Gryffindor, était digne de la Maison des Serpents.
