Bonjour à tous ! Voici la suite mais tout d'abord je tiens particulièrement à remercier Arutha01 et Major-Oniakai qui semblent être ceux ou celles qui sont les plus fidèles à ma fiction et cela me touche. Merci bien sûr à tous les autres, qui n'ont pas manqué de rewiever. Ce chapitre nécessite serpillère et bassine, vous comprendrez pourquoi . Sur ce, bonne lecture et bonnes fêtes de Mai.
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...Elle passa la nuit à éplucher l'avenir de l'homme, révélant les plus inquiétantes prédilections, mais ne comprenait pas la présence du Sauveur, opposé au Sinistros, dans la vie de cet homme qui semblait en avoir fini avec la guerre sombre…...
- Ce batârd de môme !
- Non ! Arrête ! Ça n'est pas sa faute !
- Ah oui ? Et c'est la faute à qui si ton corps ressemble à un gant de toilette ? La faute à qui si je ne peux pas me payer mes tickets de match de foot ? Ses études coutent la peau des fesses et on ne peut pas dire que lui ou toi fassiez grand-chose pour…
- Alors, Servilus ! On t'avait dit de ne pas te défendre ! Tu as bien pris ton pied ? Pourquoi tu réponds pas ? Oh on t'as peut-être trop violenté, tu devras le dire à ta maman ! Oh, suis-je bête, c'est vrai qu'elle est morte ! Regardez-le se tortiller ! C'est qu'il mordrait ! Tu te tortillais pas comme ca tout à l'heure, hein ! Allez, t'en fait pas, va, encore trois ans avant les ASPICS et t'entends plus parler de nous ! En attendant, saches que tu est et tu restes notre petite pute officielle… Celui ou celle qui osera avoir une liaison avec toi aura à faire à nous… On te prévient à l'avance, on est sympas, non ?
- Regardez ! Servilus ! Qui a envie de voir le caleçon de Servilo ?
- Non, non ! Pas ça ! Pas devant Lily ! Non… NON !
Snape se réveilla en sursaut. Son corps était parsemé de fines gouttelettes de sueur et ses cheveux étaient collés sur son front. Il fut assailli d'une migraine et s'empara de la fiole qui se trouvait, presque vide, sur sa table de nuit. A sa montre on pouvait lire quatre heures du matin. Il glissa jusqu'au rebord du lit et s'y assit, prenant sa tête entre ses mains. Il préférait ne pas se demander quand ses cauchemars s'arrêteraient. Il se confortait en se disant que c'était le prix à payer pour être un maître dans les arts qui étaient les siens. Avoir la conscience tranquille… Quel beau rêve, quelle utopie pour lui. Il enviait tellement Potter, de pouvoir se considérer comme le Sauveur du Monde, lui devait dormir sur ses deux oreilles. Il était tout de même bien content de lui, de lui avoir prouvé que son père était un gros connard. Il savait que Potter n'aurait pu résister à l'attrait de cette Pensine sous ses yeux. Il était un peu plus soulagé en pensant qu'il lui avait fait partager un peu de son malaise, surtout que de cette façon il s'était habilement débarrassé de lui et de ces heures de tortures à voir l'immonde portrait de James Potter sans pouvoir lui casser la gueule et les magnifiques yeux de Lily, qu'il espérait ne plus jamais voir, ne plus jamais se souvenir…
Il se leva enfin, le drap glissant sur sa peau humide et pâle, et la fraîcheur de l'air sur son corps nu le fit frissonner. Il avait dormi un peu plus longtemps, cette nuit-là, sans doute l'effet de l'amélioration qu'il avait apportée à la potion somnifère. Mais cela avait été pour lui une nuit plus longuement éprouvante, seulement. Il se dit qu'il préférait ne pas dormir plutôt que subir ça. Il se dirigea vers la salle de bain, s'emparant au passage d'une fiole de potion revigorante. Il pénétra dans la douche, laissant l'eau froide qui ruisselait sur sa peau se réchauffer lentement. Ses bras étaient appuyés sur la paroi de la douche, sur le carrelage froid, et son front appuyé sur ses bras, endurant ainsi sans un mot la torture de l'eau glacée dans son dos. Lorsqu'elle fut enfin assez chaude, il bascula sa tête en arrière, et l'eau commença à abonder sur sa chevelure.
Le casse-tête du Severus commença alors et c'est à grand renfort de shampoing moldu qu'il entreprit de laver tout ça. Digne d'une pub pour Garnier, c'est avec son masque fortifiant appliqué sur le crâne qu'il continua sa toilette. S'emparant d'un savon, il frotta tout d'abord ses mains dessus et la mousse se fit de plus en plus dense. Puis, en mouvements circulaires, il frotta le petit carré sur ses épaules musclées, le fit aller et venir le long de ses bras, revint s'attarder au creux du cou, le fit glisser sur sa clavicule, continua sa route sur son torse pâle et imberbe, sinuant lentement sur ses puissants abdominaux, s'attardant sur la cicatrice qui partait du creux de ses reins jusqu'au début de sa toison, l'évitant soigneusement, repartit le long de ses jambes et remontant lascivement vers son sexe maintenant tendu, qui ne mit pas longtemps à subir sa toilette. Il fit glisser le savon de haut en bas sur sa verge tendue, frottant doucement le gland, s'arrachant un gémissement, puis redescendit lentement, répétant une nouvelle fois l'opération. Il se surprit à penser à son filleul, à ce qu'il pouvait faire en ce moment-même et lorsqu'il était dans la douche. En colère contre lui-même, il changea de pensée mais elle atterrit presque automatiquement sur Potter fils. Il l'imagina quelques secondes en train de s'attoucher dans les dortoirs de Gryffondor, puis, s'admonestant moralement, il tenta de penser à autre chose. Il eut une pensée pour Trelawney et une grimace vint déformer son visage. Son esprit, d'humeur taquine, d'autant qu'il continuait savamment à se donner du plaisir, commença perfidement à détailler un corps, celui d'un brun aux yeux bleus, celui de Black. Severus grogna, mais s'avoua que ce n'était pas mal et qu'il fallait bien se finir. En geignant, il imagina Sirius en train de se faire prendre par son filleul, sachant pertinemment que sa pensée était horriblement infecte, mais n'en ayant cure, n'étant pas réputé pour sa morale hors du commun. Il imagina ainsi l'adulte au comble de l'extase dans l'étreinte passionnée de son cadet, se regardant yeux dans les yeux, bleu saphir contre vert émeraude. Atteignant le paroxysme du plaisir, il jouit et sa semence gicla contre le mur. L'eau s'empressa de nettoyer les preuves honteuses de la solitude qu'éprouvait Severus et il rinça le masque qui se trouvait toujours dans ses cheveux.
En sortant de la douche, il médita longuement sur les objets de son orgasme. Black et Potter l'avaient bien plus excité que son filleul qui était un vrai dieu, et ce depuis déjà pas mal de temps. A croire que le goût de la haine qu'il éprouvait envers eux l'excitait terriblement. Il eut un sourire sadique à la pensée qu'aujourd'hui il s'ennuyait et qu'il avait bien envie de jouer à « Celui qui fera le plus mal à l'autre ». Ils occupaient ses fantasmes ? Il allait leur rendre la pareille ! Et les blesser en prime. Comme ils s'étaient toujours amusés à le faire. S'habillant d'un boxer noir et d'un simple jean, somme toute assez moulant, il sortit de ses appartements, en direction de la cuisine. Personne n'était debout à cette heure-là et ça n'est pas comme si les elfes pourraient commenter sa tenue, alors il ne prit pas attention à se vêtir plus, et le froid des couloirs le laissait indifférent. Les elfes ne furent pas surpris de le voir arriver à une heure si matinale, car il lui arrivait de se rendre en cuisine parfois avant l'aube. Et comme toujours, il n'y avait aucune activité dans le lieu, chacun dormant sur sa paillasse dans un coin, levant à peine un œil lorsque le professeur entra. La première fois, ils avaient été très surpris, intimidés, même si Severus n'avait que onze ans. Mais ils s'étaient habitués et passaient le mot aux nouveaux, ne se préoccupant pas de lui car il leur avait argué qu'il ne voulait aucune aide. Snape s'avança dans la cuisine et se prépara un café noir, très, très noir. Dans un placard trônait les pots de Nutella qu'il avait vite apprit à apprécier, gamin, cette pâte lui donnant toujours un peu de réconfort et lui donnant la sensation d'exister. Il savait que cela pouvait paraître stupide, mais il se disait qu'elle ne le laisserait jamais tomber, ne se trouvant au final pas plus bête que Dumby et ses sucreries au citron. Il pouvait même le comprendre, même s'il repoussait chaque fois avec force les insistances du directeur à lui offrir des bonbons. Il s'empara d'un pot et piqua une crêpe froide dans la pile de celles qui restaient de la veille et que les elfes gardaient pour eux. Il s'assit sur une des grandes tables et d'un coup de baguette il la réchauffa et étala de la pâte dessus.
Fermant les yeux de délectation, il se laissa envahir par les sensations que cela lui procurait quand un bruit se fit entendre. Un grincement qui venait clairement de la porte. Pointant sa baguette vers elle, quelle ne fut pas sa surprise de voir entrer Sirius, le plus silencieusement possible pour ne pas réveiller les elfes, qui ne s'en préoccupaient pas plus que le premier intrus, signe que Sirius Black devait lui aussi fréquenter souvent le lieu. Sirius, après avoir précautionneusement refermé la porte, se retourna et le petit sourire qui trônait sur son visage s'affaissa d'un coup, avisant le propriétaire de la baguette pointée sur lui. Enfin surtout la tenue vestimentaire de ce menaçant propriétaire. Il en aurait bavé. Se reprenant, il se dirigea vers la table, s'y installa, fit venir à lui du lait et un verre avec un Accio informulé et but lentement, observant celui en face de lui qui l'observait. Enfin, n'y tenant plus, il chuchota d'un ton qu'il voulait nonchalant :
- Tu n'as pas froid ?
- Non.
Le silence se réinstalla. Snape, ne soutenant plus le regard bleu si profond ancré dans le sien, brisa pour une fois ses codes de conduite et parla :
- Que fais-tu là, Black ? Tu devrais dormir.
- On va dire que pendant douze ans, dormir était un luxe. J'ai gardé le rythme.
- Tu viens souvent ici ?
- Assez, pourquoi ?
- Je ne t'y est jamais vu.
- Ah ? Parce que tu viens souvent ?
- …Ca m'arrive.
Le silence fit à nouveau place à leur échange pour le moins mondain, bref et glacial. Mais il fallait tout de même noter que c'était la première fois qu'ils s'étaient adressé la parole de manière civilisée. Le combat visuel reprit intensément et chacun tentait de sonder le regard de l'autre. Et chacun était, et ce même s'il ne le montrait pas, complètement déstabilisé par le regard de l'autre. Si ce n'est subjugué. Leur combat n'eut pas de vainqueur car il fut interrompu par un bruit similaire à celui qui avait retenti cinq minutes auparavant. La porte s'ouvrit et sur le coup de la surprise les deux ennemis se regardèrent, interloqués. Il n'y avait que du vide. Sans doute un coup de vent. Mais le coup de vent referma délicatement la porte sans un bruit et cela commençait sérieusement à inquiéter Snape. Puis un silence tendu régna dans la pièce, avant que le jeune Potter ne se matérialise devant eux et Severus se demanda à cet instant ce qu'il avait bien pu faire à Merlin pour mériter cela.
Pourquoi personne ne le laissait-il déguster ses crêpes au Nutella en paix ?
Harry semblait éberlué de voir ainsi les deux ennemis dans la même pièce, aussi calmes. Il roula sa cape d'invisibilité en boule, sous le regard intéressé de Severus, se traita mentalement d'idiot de révéler ainsi au pire ennemi de son père et de son parrain un des grands secrets des Maraudeurs et s'assit près de Sirius, un peu déstabilisé, car d'habitude il s'asseyait en face de lui pour pouvoir parler de tout et de rien, et surtout du cauchemar qui était responsable de sa présence dans le lieu. Il se demanda combien de temps mettrait Snape à réagir et le renvoyer en lui refilant un milliard d'heures de colle et décida en fin de compte de ne rien changer à ses habitudes, c'est pourquoi il piqua une crêpe, du Nutella, et entama le récit de son cauchemar à l'intention de Sirius. Les elfes n'avaient toujours pas fait le moindre geste, à croire qu'il était courant que les cuisines soit en réalité un moulin, pensa Severus. Il était agacé que l'on trouble sa paix intérieure et encore plus agacé que ce soit Potter et Black (rien d'étonnant, au final) qui en soient responsables. Il écouta alors ce que chuchotait Harry pour Sirius.
- Mes parents et moi vivions à l'heure actuelle dans une grande maison et nous venions vous voir, Remus et toi – oui désolé dans mon cauchemar tu étais en couple avec lui, répondit-il au regard ahuri de Sirius - quand Face de Serpent est venu et vous a tous tué, avec l'aide d'Hermione… Crois-tu que cela soit possible ?
- Et bien, dans la mesure où cette sale tronche de cake est mort…
- Non je ne parle pas de ça ! Crois-tu qu'Hermione puisse basculer du côté du Mal ?
- Non, mais on ne peut rien garantir…
Severus, lui, avait déjà décroché, méditant sur un mea-culpa. Il s'était trompé. Potter faisait des cauchemars et cela semblait fréquent car Black ne s'en étonnait pas. Il continua d'observer le petit rituel entre les deux et il se sentit soudain de trop, et cela lui fit mal au cœur de les voir si liés, et de se voir si seul.
- Mais enfin, tu comprends, mes craintes ont droit d'être, tu verrais les colères qu'elle peut piquer…
- Votre amie ne risque pas de chuter de l'autre côté, Monsieur Potter…
Deux regards dardèrent soudain l'homme qui avait pris la parole, et qui déglutissait discrètement.
- On écoute les discussions, Servilo ?
Il ne prit pas la peine de considérer la remarque et se concentra sur Harry qui demanda :
- Pourquoi dites-vous cela, Professeur ?
On sentait l'effort qu'Harry produisait pour être poli et la curiosité qu'il éprouvait face à la remarque du prof en question.
- Votre amie est trop bornée et elle est persuadée qu'elle est dans le bon camp.
- Ça te va bien de dire ça, Snape !
- Tous ceux qui étaient du côté du Mal étaient au moins un brin timbrés…
- Ça tu peux le dire !
- Et Miss Granger, ça me fait mal de le reconnaitre, est tout ce qu'il y a de plus équilibrée mentalement…
- Pas comme certains !
- La ferme, Sirius !
- Ta gueule, Black !
Les injonctions avaient été dites en chœur, gênant Harry, agaçant Severus et vexant Sirius.
Ce dernier se recroquevilla sur son banc, croisant les bras et prenant une mine boudeuse, il marmonna :
- C'est un complot !
Harry sourit et Snape leva les yeux au ciel. Pour toute réponse, il leur tira la langue et piqua le pot de Nutella des mains de Snape.
- Je vais me consoler avec mon seul ami…
- Je ne pensais pas que l'on avait un ami en commun, Black, répondit sarcastiquement Severus.
Pendant ce temps, Harry, qui n'était pas du tout mais alors pas du tout du matin sembla enfin remarquer la tenue de son professeur et rougit bêtement comme un écolier. Pas que cela le gênait de le voir torse-nu, au contraire, mais il pensait que la veille-même il s'était demandé ce que les vêtements de Snape cachaient et que maintenant il avait sa réponse. Dans un effort ultime, alors qu'il fixait le magnifique torse pâle, il s'empêcha de baver. Mais cet effort l'empêcha de remarquer que son prof l'avait grillé et qu'il l'observait avec amusement, vite suivit pas Sirius qui s'était demandé ce qui faisait ainsi sourire le Maître des Potions. Quand Snape posa un coude sur la table et appuya son menton dans sa main, abaissant ainsi sa tête au niveau des deux yeux émeraude qui mataient inlassablement, Harry sembla se réveiller comme si on lui avait jeté de l'eau glacée au visage et il comprit enfin pourquoi la dispute entre les deux adultes avait cessé. Il se redressa, tentant de retrouver une dignité déchue et tourna le visage vers Sirius, qui avait exactement la même attitude que Snape.
- Oh, ça va, hein !
Les deux hommes ne se débarrassaient plus du sourire ironique qui était sur leur visage et Harry se demanda si un jour il éprouverait honte pareille. En désespoir de cause, il siffla :
- Il n'a qu'à s'habiller, l'autre, au lieu de se promener à poil, c'est vrai, quoi, c'est indécent !
Il attendait, un œil à moitié fermé, qu'au mieux, la réprimande, au pire le mauvais sort, jaillisse, mais la chauve-souris restait étrangement calme, l'observant de son regard sombre. Il ne pouvait s'empêcher de trouver l'homme incroyablement attirant, ainsi dévêtu, calme et les cheveux propres, l'observant d'un air indéchiffrable. Ses fines lèvres fort tentantes esquissaient un sourire à peine visible. Harry se demandait bien pourquoi il ne disait rien, mais préféra ne faire aucun commentaire, heureux qu'aucune punition ne soit tombée. Snape termina sa tasse de café et se leva en silence. Lorsqu'il eut atteint la porte d'entrée, une main sur la poignée, il se retourna et dit :
- Potter, avant que je n'oublie, je vous attends demain soir à 21h en retenue pour être sorti du dortoir hors du couvre-feu et pour manquement de respect à professeur.
Et, tandis que Sirius pouffait discrètement :
- Ne ris pas, Black, toi aussi.
- QUOI ?
- 21h, demain soir, tous les deux. Cela t'apprendra à éduquer ton filleul, Black.
Et il sortit, fier de lui, entamant le petit jeu qu'il s'était promis de jouer quelques heures auparavant, ayant parfaitement perçu ce qu'Harry et Sirius ressentaient pour lui, bien qu'ils soient prêts à se tuer plutôt que de l'avouer.
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Phase 1 enclenchée.
Bien à vous,
Revil.
