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Luramos, muchas gracias. He apreciado.

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Ce chapitre - un peu tardif - s'attarde sur trois membres de l'équipe et leurs déboires.

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Bonne lecture et à vos coms pour me donner vos avis.

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Chapitre 6 : Incursion temporaire

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McGee, FLETC, Glynco – Géorgie du Sud

Léon Vance lisait le rapport concernant McGee qui poursuivait ses cycles de formation au FLETC, les mesures disciplinaires qu'il avait gagnées en tentant de violer les directives qu'il avait reçues concernant DiNozzo et son lieu de transfert.

D'après les différents formateurs, l'agent ne décolérait pas de devoir refaire une nouvelle fois toutes les formations ainsi que l'entrainement physique obligatoire de tout agent postulant. Il soutenait – à qui voulait bien l'écouter – que son ancien collègue était la cause de tous ses maux.

Léon avait donc été dans l'obligation de lui adresser un mail pour lui rappeler les termes de leur accord s'il souhaitait rester au sein de l'agence. Dans les jours suivants, son subordonné avait nettement tempéré son attitude et sa vindicte envers Tony avait donc été mise en veilleuse. Ce qui n'empêchait pas ses formateurs d'être attentif à toute rumeur qu'il pouvait encore répandre.

Son expérience professionnelle déjà acquise grâce à la formation dispensée par son supérieur hiérarchique direct, c'est à dire DiNozzo lui-même – même si McGee ne voulait pas le reconnaitre ouvertement –, son désir de redevenir rapidement un agent de terrain ainsi que sa prise de conscience lui permirent de se classer parmi les 10 premiers dans certaines épreuves.

Ce classement le galvanisa, il voulait démontrer qu'il pouvait être un excellent agent. Cependant, malgré ses efforts, il lui manquait certains instincts caractéristiques des meilleurs agents. Il remonta certes d'une ou deux places mais ne parvint jamais dans le peloton de tête malgré ses diplômes dont il se vantait tant. Des postulants plus jeunes étaient détenteurs de maîtrise et parfois plus, ce qui énervait l'informaticien.

Au lieu de remédier à cet état de fait en décidant de reprendre des études, il pesta contre son chef d'équipe, l'Agent Gibbs et les horaires infernaux de travail qu'il leur imposait pour excuser son manque d'ambition et d'envie d'étudier. Il avait eu bien des difficultés à terminer ses études dû au fait qu'il était bizuté régulièrement et qu'il n'avait jamais réussi à se défendre correctement pour faire cesser le manège.

Il balaya d'un geste et d'un haussement d'épaules le commentaire d'un jeune postulant qui s'adressa à lui un soir où il l'entendit râler.

« Vous savez, Agent McGee, vous pourriez facilement prendre des cours du soir dispensés spécifiquement à des policiers ou agents fédéraux dont les horaires de travail sont atypiques » indiqua-t-il. « En outre, l'Université de Georgetown a des cours réservés pour tous les membres des forces de police dans plusieurs domaines. Vous en trouverez, certainement un qui pourrait vous intéresser ou continuer dans l'informatique pour vous permettre d'obtenir une maîtrise. »

McGee toisa l'importun qui osait suggérer qu'il n'était pas assez diplômé.

« Oui, c'est ça, comme si j'avais le temps avec le poste que j'occupe et les horaires que je fais » bougonna l'informaticien en guise d'excuse.

« Vous avez la possibilité de suivre des cours par internet, ça résoudrait votre problème d'horaires » insista le postulant.

« Vous allez me ficher la paix avec ça, je suis indispensable à l'équipe parce que je suis le seul à avoir les connaissances informatiques nécessaires pour toutes les recherches » clama l'agent en probation. « Je n'ai vraiment pas de temps à perdre pour des balivernes pareilles. »

Le jeune homme l'observa un instant puis décida que l'agent ne valait pas la peine qu'il tente de le convaincre et le planta là sans façon. McGee le regarda s'éloigner avec soulagement. Il en avait eu plus qu'assez de ses 'conseils avisés'. Il avait étudié, avait aimé une partie de ses études et détesté une autre et il n'était surtout pas prêt à remettre les pieds dans un autre lieu pour subir d'autres tortures physiques et mentales, selon son avis.

Il ne lui vint pas une seconde à l'esprit qu'il n'était plus un gamin et que les autres étudiants seraient également des adultes responsables qui ne se comporteraient pas comme des adolescents. Ce qu'il avait connu dans sa jeunesse ne risquait pas de se reproduire à l'heure actuelle avec des hommes et femmes qui représentaient et défendaient la loi.

Le pire de tout dans sa 'punition imméritée' était son obligation de coacher des enfants dans ce foutu club de sports et Vance n'avait pas choisi un club d'échecs ou un du même genre. Non, il avait eu la désagréable surprise de se voir confronter à des basketteurs des plus énergiques. Il lui fallait non seulement réussir à se faire respecter mais il devait également courir à perdre haleine durant le match.

Et non content de bousculer un peu leur coach, les gamins étaient moqueurs et ne cessaient de le ridiculiser sur son manque de résistance physique. Et au bout de quelques sessions, McGee comprit ce que DiNozzo pouvait avoir ressenti lorsque Ziva et lui l'humiliaient par leurs remarques sarcastiques et méprisantes. Il haïssait les quolibets que ces ados lui envoyaient sans le moindre respect.

Aussi, il décida de prendre le taureau par les cornes et de remettre les choses en ordre. Il mit les pieds dans le plat avant une session en se montrant ferme sur leur manière de s'adresser à lui et en faisant preuve d'autorité suffisante pour réduire les velléités de désobéissance. A son grand étonnement, son attitude fonctionna sans pour autant que les ados ne soient totalement disciplinés.

« Belle initiative, Agent McGee » l'apostropha un autre coach. « Vous avez remis ses perturbateurs à leur place mais méfiez-vous quand même, vous n'avez pas obtenu leur respect pour autant. Ils sont vindicatifs, patients et imaginatifs. Si vous montrez encore la moindre faiblesse, ils sauront l'exploiter et vous tourmenter encore plus. »

« Aucune importance, je ne vais pas faire ça éternellement » maugréa l'agent.

« Ce sera suffisant pour qu'ils vous fassent sentir que vous n'êtes un adulte qu'ils peuvent respecter et ce, de bien des manières que vous n'apprécierez pas, croyez-moi. J'en ai vu plus d'un qui s'est cassé les dents en essayant de les mâter. »

« Ce sont des monstres qui ne respectent pas leurs ainés. »

« Je ne dirais pas ça, je pense simplement qu'il leur faut la bonne personne. Je n'en connais qu'un seul qui ait su se faire accepter, un agent comme vous. Il ne les prenait pas de haut comme vous le faites, il les a considérés comme des personnes à part entière, il leur a expliqué sa façon de voir les choses et les a laissés s'exprimer et surtout les a écoutés quand c'était nécessaire. Rien que pour ça, les gamins l'ont tout de suite estimé et adoré. Ils ne tarissaient pas d'éloges sur l'Agent T qui savait également les coacher comme personne. Il leur a appris à véritablement jouer en équipe, à coordonner leur travail pour parvenir à leur but, la victoire. Cet agent s'est révélé être un excellent et exceptionnel joueur de basket. »

McGee mit quelques minutes à oser poser la question fatidique.

« Qui était donc ce parangon de vertu ? »

« Oh, je pense que vous le connaissez bien, Agent McGee » ironisa le coach. « Je crois que vous avez même été collègues et qu'il a été également votre formateur. Mais tandis qu'il vous a appris à devenir un agent qualifié, vous n'avez pas été un étudiant attentif et studieux. Vous avez laissé d'autres vous influencer sur la valeur de votre mentor et vous avez perdu votre objectivité vis-à-vis de lui. »

« Vous avez été berné par DiNozzo, ma parole » grommela Tim.

« Oh non, pas du tout, Agent » le détrompa le coach. « Ce n'est pas moi le meilleur juge en la matière mais ces gamins qui ne s'en laissent pas conter par de soi-disant adultes qui savent tout mieux qu'eux et surtout ce qui est bien pour eux quand ils ne savent pas eux-mêmes ce qui est bien ou ce qui est mal. Vous êtes arrivé avec un a priori qui n'a pas varié depuis, vous avez un esprit étriqué en ce qui concerne ces jeunes que vous méprisez parce qu'ils ne vous portent pas aux nues. Votre attitude envers eux engendre la leur envers vous, tout simplement. Lorsque vous aurez compris qu'ils calquent votre comportement, vous saurez comment remédier à la situation. Sur ce, bon courage. »

Le coach le planta là et s'en alla sans un regard en arrière. McGee se sentit frustré de ne pouvoir lui renvoyer ses propos. Il savait qu'il n'était sans doute pas diplomate mais pour une fois, il devait reconnaitre que ses diplômes ne lui servaient à rien dans la situation présente.

Il était normal que ce beau parleur de DiNozzo ait réussi à subjuguer ces jeunes rebelles avec ses belles paroles. Tout ce qu'ils demandaient était un exemple à suivre et il allait leur donner de quoi réfléchir même s'il ne savait pas comment il allait s'y prendre. Partout où il allait, il entendait ses interlocuteurs encenser l'italien et il en avait plus qu'assez.

En fait, ce qu'il avait envie, lors de ses rares moments libres, était de jouer en ligne et de devenir le gagnant suprême de son jeu favori et d'écrire des romans policiers. Il adorait les personnages qu'il avait créés et qui étaient directement inspirés de ses collègues. Ça lui permettait notamment de régler certains comptes avec DiNozzo en le dépeignant comme un agent de troisième zone, un incapable, buveur et coureur de jupons.

Après tout, c'est tout ce qu'il méritait, être dépeint pour ce qu'il était aux yeux de tous ceux qui travaillaient avec lui. McGee savait que plusieurs employés avaient lu son livre et reconnu son équipe sous les traits de ses personnages. Il avait entendu des commentaires acerbes mais quelques rares compliments sur son roman.

Peu d'agents avaient véritablement compris que l'écriture de ce bouquin lui avait servi, en quelque sorte, de thérapie bon marché pour exorciser sa frustration professionnelle. Entre un Gibbs hyper exigeant et un DiNozzo hyper compétent (même s'il lui en coûtait de le reconnaitre), il avait peu de marge pour s'exprimer.

Maintenant, il lui fallait mettre sa colère, sa frustration, son indignation et son dégoût de côté et se remettre en question pour ne pas perdre la face et surtout voir son précieux rêve s'envoler en fumée. C'était ce qui lui permettait de continuer chaque jour à avancer. Pouvoir prouver à son géniteur qu'il pouvait être quelqu'un sans pour autant être un soldat. Devenir directeur du NCIS serait plus qu'une consécration, ce serait une revanche sur son enfance chaotique et difficile, sur son adolescence perturbée et sur sa relation difficile avec son père.

Pour accomplir cela, il lui fallait absolument éradiquer de son esprit l'Agent Spécial Anthony DiNozzo… ce qui était plus facile à dire qu'à faire. Où qu'il aille, il rencontrait quelqu'un qui le connaissait et n'en disait que du bien. Comment un mec tel que lui pouvait rallier tant de personnes différentes ? Etait-il dans son tort de penser que l'italien était un moins que rien et avait-il eu tort de suivre aveuglément Ziva dans sa campagne de dénigrement de DiNozzo ?

Si c'était le cas, il devait consulter sans tarder un professionnel capable de le soustraire à l'influence néfaste de l'israélienne. Et si elle revenait dans l'équipe, il lui faudrait être suffisamment fort pour résister de nouveau à son pouvoir de persuasion. En aurait-il la force ? Selon lui, tout dépendrait de son propre désir de résister et de son souhait d'obtenir ce qu'il voulait.

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David, Jérusalem, Israël

Le retour au bercail l'avait ébranlée plus qu'elle ne pouvait l'admettre ouvertement. Elle ne devait pas laisser ses émotions poindre le bout de leur nez maintenant qu'elle était de nouveau un officier du Mossad à plein temps. Du moins pour la durée de son séjour dans son pays natal qu'elle espérait le plus bref possible.

Ziva n'avait aucune intention de rester définitivement en Israël, son pays d'adoption lui manquait déjà et elle avait une furieuse envie d'appeler Gibbs, juste pour entendre sa voix et se rassurer qu'elle faisait toujours partie de son équipe.

Son père avait insisté pour qu'elle reprenne l'entrainement avec les meilleurs officiers et entraineurs de l'agence et elle peinait à retrouver la forme physique qu'elle avait avant son départ pour les USA. Au NCIS, elle n'avait pas besoin d'utiliser sa force physique et son entrainement de manière régulière et elle s'en ressentait ici et maintenant.

Etre la fille du directeur était une position qui ne l'autorisait pas à échouer, elle se devait d'être la meilleure. Elle se devait de redorer le blason familial depuis la trahison d'Ari. Mais elle ne désirait pas reprendre le rôle que son père lui avait attribué depuis la disparition de Tali et Ari. Elle avait envie d'être une femme normale, pas un instrument entre les mains de son géniteur.

Certes, Ziva adorait être menaçante - surtout envers les hommes et DiNozzo spécialement -, le pouvoir était grisant et addictif. Cependant, le revers de la médaille était dur à accepter et parfois supporter, être toujours seule parce qu'aucun homme ne pouvait supporter une femme comme elle.

Elle aurait pu – et sans doute dû – faire comme d'autres officiers et avoir une relation intime avec un de ses collègues. Le point noir était que ce serait toujours dans le même milieu professionnel, sans aucun espoir de voir ou faire autre chose.

Depuis son installation aux USA, elle avait goûté à cette liberté qu'elle ne pouvait avoir dans son propre pays, sous la coupe de son père. Elle n'était pas spécialement protégée, elle était plutôt surveillée, chaque mouvement était rapporté directement à Eli David.

Elle ignorait encore pour quelle mission spécifique elle devait se préparer, l'information ne lui serait communiquée qu'au dernier moment. Ne pas savoir la minait un peu, elle préférait de loin savoir à quoi s'attendre, c'était plus rassurant de connaitre les détails à l'avance afin de pouvoir anticiper et prévoir un plan de secours.

Son entrainement n'était pas spécifique et ne pouvait donc lui donner un indice sur le type de mission qu'elle aurait à accomplir. Elle ne se faisait aucune illusion sur la raison de son retour au bercail, faire partie d'une unité Kidon avait son lot d'obligations incontournables. Un appel et quel que soit sa situation, elle devait répondre présente dans l'instant.

Ziva était conscience d'avoir été épargnée durant presque deux ans durant lesquels son père avait profité de sa présence à l'agence fédérale pour obtenir des informations majeures sur certaines opérations durant les premières semaines juste après son arrivée.

Cependant, lorsque Jenny Shepard avait décidé de prendre un congé sabbatique d'une durée indéterminée, la donne avait changé. Son remplaçant, même s'il avait des accointances avec Eli David, n'avait pas tardé à revoir à la baisse son niveau d'autorisation l'empêchant de poursuivre sa mission.

De plus, il n'était pas tombé sous la coupe de son père, malgré leur passé commun. Il semblait que Léon Vance avait des ambitions qui ne justifiaient pas de s'accoquiner avec le directeur du Mossad dans des opérations hasardeuses. De plus, la dette de Vance envers Eli David datait maintenant de quelques années et avait été remboursée depuis longtemps.

L'homme semblait s'être assagi depuis son mariage et son statut de père de famille. Il ne voulait pas risquer de perdre ce qu'il avait durement acquis du fait de son appartenance ethnique qui lui avait déjà barré la route à des emplois lucratifs et prestigieux. Il ne mettrait donc pas en péril un avenir prometteur sur le plan politique.

Ziva n'avait pas été mise dans la confidence, elle avait simplement entendu une conversation entre son père et un de ses compatriotes qu'elle supposait être un de ses 'amis', un de ceux qu'il tenait pas le chantage. Son père était assez retors pour recourir à ce genre de manipulation pour obtenir les appuis dont il avait besoin pour garder son poste de directeur du Mossad.

Malgré son éloignement, sa fille savait que des candidats plus jeunes et plus libéraux frappaient à la porte en espérant décrocher le prestigieux poste tant prisé et convoité. Il était donc logique que son père s'entoure de personnes puissantes et influentes pour l'aider à conserver, envers et contre tout, sa place et si pour cela, il devait recourir à des méthodes répréhensibles, il n'hésitait pas.

Elle savait qu'Eli adorait le pouvoir que lui conférait le poste, il avait la main mise sur bien des secrets et pouvait à sa guise jouer sur plusieurs fronts s'il le souhaitait. Il avait déjà sacrifié la vie de Tali et celle d'Ari pour asseoir son pouvoir, il ferait de même avec elle-même si cette action lui rapportait quelque chose. Ziva était persuadé que son père aimait plus son poste que ses propres enfants.

Malgré son aversion pour cet état de fait, elle ne pouvait que se plier aux désirs de son père sous peine de subir un sort qu'elle n'attendait pas : sa propre mort. Si son décès pouvait servir à lui octroyer quelque chose, il se ferait un plaisir de faire ce qu'il fallait pour l'obtenir. Eli David était un être froid, cruel et calculateur et non le père aimant dont il s'efforçait de donner l'image.

Elle se souvenait parfaitement bien qu'il n'avait versé aucune larme lors de la mort de Tali et encore moins pour celle d'Ari qu'il avait commandité et lui avait ordonné d'orchestrer au seul bénéfice de gagner la confiance de Gibbs. Elle avait obéi à l'ordre paternel contre son gré tout en sachant qu'elle risquait sa propre vie en cas de désobéissance.

Et malgré l'horreur de son geste, elle n'avait pas songé un seul instant à tenter de s'y soustraire, elle aurait signé son arrêt de mort dans le cas contraire. Depuis ce jour, elle avait commencé à ressentir de la haine pour ce père qui l'avait obligé à tuer son propre frère. Pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher d'accourir dès qu'il l'appelait.

Et pire, elle se maudissait de n'être pas capable de résister à la fausse sollicitude qu'il montrait envers elle tout en sachant que ce n'était qu'une façade qu'il donnait. Il utilisait sa fille quand et comme bon lui semblait, comme si elle n'était qu'un pion de plus sur son échiquier, un pion de bien moindre importance que n'importe quel autre.

Ziva avait été élevée dans un cadre rigide, strict et sévère. L'obéissance absolue sans discussion lui avait été inculquée dès son plus jeune âge, dès l'instant où elle avait pu comprendre la valeur d'un ordre sous peine de punition. Ne montrer aucune faiblesse, ne ressentir aucune émotion, elle devait agir presque comme un robot.

La mission que son géniteur lui avait confiée, la surveillance des agissements d'Ari aux USA, avait été une bouffée d'oxygène dans son quotidien toxique. Elle avait même prolongé plus que nécessaire son séjour sur le sol américain rien que pour profiter de quelques jours de plus de cette évasion bienfaitrice.

Devoir repartir au pays en emmenant le cercueil de son demi-frère qu'elle avait éliminé sur les ordres de son père avait été un véritable crève-cœur. Savoir que Gibbs avait désormais une dette envers elle avait été un soulagement, elle avait sans doute un laisser-passer pour revenir dans ce pays si le plan élaboré par Jenny fonctionnait.

Et son retour triomphant mais surtout son intégration dans l'équipe de l'Agent Gibbs avaient été un pied de nez à son père. Il avait approuvé sans restriction l'idée d'avoir un espion au sein de l'agence. Durant les quelques mois où Jenny avait dirigé l'agence et avant son départ, elle avait été capable de fournir des informations confidentielles au Mossad.

Dès l'instant où Vance avait pris le relais, Ziva avait redouté ce qui était arrivé quelques semaines plus tard. Son niveau d'autorisation avait été dramatiquement restreint, elle n'avait plus accès aux dossiers ultra confidentiels des opérations organisées par l'agence dans les pays du Moyen-Orient et en Afrique.

Cette conséquence remettait en question sa présence au NCIS et par là même, l'intérêt de son installation aux USA. Elle avait soudoyé l'Agent McGee pour qu'il lui apprenne, à son insu, quelques astuces informatiques pour lui permettre de remplir sa mission d'espionnage. L'informaticien n'y avait heureusement vu que du feu, il n'avait rien soupçonné de son véritable motif.

La situation aurait pu perdurer davantage si Gibbs n'avait pas été blessé et avait décidé de se retirer et si l'équipe n'avait pas été confiée à cet incapable de DiNozzo. Cet idiot avait commencé à mettre son nez là où il n'avait pas besoin. Ziva ne se faisait cependant aucune illusion, l'italien ne lui avait jamais fait totalement confiance.

Pour quelle raison ce minable s'était-il méfié d'elle dès le départ, elle ne le saurait sans doute jamais. Tout comme elle ignorait s'il avait fait part de ses soupçons à Gibbs ou Vance. Jenny lui aurait fait aussitôt part de ses suspicions, en toute logique, elle n'avait pas été informée.

Malgré tout un déploiement de charme et d'avances et sa réputation de coureur de jupons, cet imbécile de DiNozzo n'était jamais tombé dans ses filets. Il avait joué avec elle, lui faisant croire qu'elle lui plaisait comme en témoignait la tension sexuelle qui courait entre eux parfois. Il n'avait jamais eu envie d'aller plus loin.

La mission sous couverture où tous deux avaient joué un couple de terroristes mariés et fait croire à tous qu'ils avaient couché ensemble n'avait été qu'une mascarade. Durant leurs fausses séances de sexe, il avait conservé ses vêtements et les gémissements et cris de plaisir qu'il avait poussés avaient été parfaitement imités pour donner le change. Elle s'y serait laissé prendre si elle avait été à l'autre bout du système d'écoute audio.

DiNozzo n'avait pas une seule fois tenté de conclure l'affaire mais son dégoût après la mission avait été palpable. Cependant, elle ignorait si c'était à cause de son passage à tabac ou à cause de son attitude à elle. Elle avait tenté de le faire parler mais il était resté obstinément muet à ce sujet.

De même, lorsqu'ils avaient été tous deux enfermés dans ce conteneur et qu'elle avait paniqué, elle avait tiré dans la fermeture sans réfléchir. Il lui avait jeté un regard incrédule quelques instants avant que la balle ne termine sa course dans son biceps. Elle avait tenté de se justifier mais sans succès si elle en avait jugé par son attitude presque indifférente.

Elle avait ensuite minimisé la blessure de l'italien auprès du reste de l'équipe sans savoir que Gibbs avait été témoin de l'importance des dégâts causés lorsque deux jours plus tard, il avait assisté aux soins que Palmer avait prodigué à DiNozzo. La cicatrice prouvait sans l'ombre d'un doute que c'était une balle que son second avait reçu et non un éclat de bois.

Gibbs l'avait confronté mais elle avait réussi à l'amadouer suffisamment pour ne pas encourir de sanctions. Elle ignorait ce que l'italien avait pu dire ou écrire dans son rapport, aucun des protagonistes (Gibbs, DiNozzo ou Palmer) n'en avait discuté avec elle. L'ancien Marine avait sans doute persuadé les deux autres qu'il prenait l'affaire en charge.

Puis plusieurs mois étaient passés et l'accident de Gibbs avait failli tout remettre en question lorsque Jenny avait annoncé son arrêt provisoire dû à sa grossesse surprise. Vance avait pris sa succession et à compter de ce jour, elle avait vu son niveau d'accès être réajusté à celui d'agent débutant, soit suffisamment pour effectuer son travail quotidien et rien d'autre.

Depuis lors, ses envois à son agence avaient considérablement diminué et Ziva s'attendait chaque jour à recevoir un appel de son père lui enjoignant de revenir au pays. Pourtant, plusieurs semaines plus tard, elle était toujours en poste et elle jubilait d'avoir réussi à mener la vie dure à DiNozzo durant son intérim.

Le retour de Gibbs lui avait fait espérer que les choses reprendraient leur cours normal mais voilà que d'autres avaient pris le relais. L'italien ne s'était pas laissé conter fleurette et Gibbs avait encore des trous de mémoire. DiNozzo avait assumé son travail consciencieusement et obtenu l'approbation du directeur.

McGee et elle s'étaient vus réprimandés pour des broutilles et malgré leurs dénégations, avaient dû faire face à des mesures disciplinaires. Lors de leur retour, ils avaient constaté la présence d'un autre agent dont DiNozzo était le mentor. Quelle blague, vraiment ! Comme si l'italien était capable de former correctement un agent !

A partir de là, les deux hommes avaient travaillé ensemble laissant Tim et elle avec Gibbs. Ce dernier n'avait pas été patient, ni tendre avec eux mais elle préférait l'ancien Marine comme chef d'équipe que de supporter l'autre idiot.

Puis était arrivé cet incident qui avait provoqué des remous imprévisibles. Sa seconde erreur concernant ce satané italien, une trajectoire de balle déviée de sa course et elle se retrouvait avec une réprimande officielle et une enquête aux fesses. Gibbs avait été suspendu, elle avait été la suivante. Son père en avait donc profité pour la rappeler près de lui.

Désormais, son sort était entre les mains d'un mégalo qui ne supportait pas de se voir refuser quoi que ce soit. Oh, elle ne se faisait plus d'illusions sur son père après ses quelques jours de retour dans son pays. Sa reprise en mains par les formateurs des unités Kidon n'était pas tendre, bien au contraire, et elle avait déjà les preuves physiques de leur entrainement sur le corps.

Elle priait chaque jour un Dieu qui semblait l'avoir abandonné de faire fléchir son géniteur pour qu'il la laisse repartir aux USA. Et pour obtenir cette récompense, elle devait se reprendre en mains et redevenir le bon petit soldat obéissant que son père avait un jour envoyé de l'autre côté de l'Atlantique… du moins, en apparence.

Ziva soupira, se secoua et reprit son entrainement. Elle ferait bien de cesser de réfléchir et plutôt d'agir. Elle y gagnerait plus.

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Scuito, FLETC, Glynco – Géorgie du Sud

Abby se tenait debout devant les rangées de tables qui attendaient de recevoir les postulants à un poste d'agent fédéral ou de scientifique pour un cours élémentaire sur la manière de procéder lors des relevés d'indices sur une scène de crime. Elle portait son habituel accoutrement de Goth qui avait fait soulever plus d'un sourcil lors de son arrivée.

Contrairement aux sessions du tribunal, elle n'avait pas envisagé de 'se déguiser' pour satisfaire les formateurs. Après tout, elle en était une également même si sa présence ici était une punition. Elle avait évité durant des années de conduire ces cours qu'elle détestait être dans l'obligation de donner aujourd'hui.

Son élément de prédilection était son laboratoire où elle pouvait évoluer librement et sans contrainte aucune. Dans son antre n'entrait que ceux qui étaient autorisés : Gibbs avait un laisser-passer permanent, McGee et Ziva (et en son temps, Kate) avaient un pass préférentiel, DiNozzo… ces derniers temps, il était plutôt 'persona non grata'.

Elle avait pensé avoir une relation privilégiée avec l'italien mais sans s'en rendre compte, petit à petit, elle s'était détachée de lui. Timmy était apparu dans sa vie et le temps de leur brève relation, elle avait relégué DiNozzo au rang de simple connaissance. Ce qu'il ne l'avait, semble-t-il, pas perturbé plus que ça.

Tous deux avaient commencé leur relation fraternelle du mauvais pied, elle pensait qu'il n'était qu'un gigolo de plus, un beau parleur charmeur et enjôleur, une belle gueule qui se fichait des femmes qu'il baisait avant de les jeter comme de vieux kleenex. Il pensait qu'elle se donnait un genre spécifique, celui de Goth, parce qu'elle n'acceptait pas quelque chose en elle, son style de vie décalé la libérait, en quelque sorte.

En fait, tous deux étaient loin de comprendre l'autre et à force d'observation, ce fut Tony qui osa l'interpeller sur sa conduite à son égard. En quelques phrases, il lui fit comprendre qu'elle le jugeait comme un gosse de riche qui jouait au flic pour passer le temps en attendant l'héritage de papa. Il la détrompa rapidement et lui expliqua qu'il avait été déshérité à l'âge tendre de 12 ans.

En retour, Abby lui expliqua la raison de son choix de vie, l'attirance pour tout ce qui était différent dû au fait que ses parents étaient sourds. Elle lui apprit que son côté Goth n'était apparu que durant son adolescence parce qu'une de ses amies l'avait entrainé dans cet univers. Elle avait pu ainsi voir d'autres choses et s'ouvrir à des expériences diverses.

A compter de ce jour, Tony et Abby avaient partagé certaines sorties dans des clubs qui auraient rebuté la prude Kate et même le timide Tim. Puis, au fil du temps, la laborantine avait privilégié d'autres membres de l'équipe, avait subi leur influence et s'était éloignée de son ami, presque son frère.

Elle avait très mal géré la retraite provisoire de Gibbs et avait passé sa colère et sa frustration sur Tony. Et surtout, Ziva lui avait mis des idées en tête qu'elle ne chercha pas à réfuter. Elle avait laissé l'israélienne l'influencer négativement au sujet de l'italien et Abby n'avait pas questionné une seule fois le bien fondé des propos qu'elle tenait sur Tony.

Comment aurait-elle pu ensuite se dédouaner auprès de son ami après tout le mal qu'elle avait dit sur lui ou fait subir ? Elle n'avait pas su se détacher de l'emprise de Ziva sur elle parce que sans doute, elle ne voulait pas reconnaitre son erreur, que son attitude envers Tony avait été injuste.

Faire porter sur les épaules de l'italien sa douleur d'avoir perdu son père de cœur et le culpabiliser parce que l'ancien Marine était parti, le rendre responsable du fait que personne - et surtout pas lui, son fidèle St Bernard - n'avait pu le retenir de s'enfuir loin d'elle (et non d'eux tous), tout ça avait rendu difficile pour Abby de revenir en arrière et de confesser son comportement inadmissible.

Puis Gibbs était revenu une fois pour sauver Ziva avant de rentrer pour aider Fornell. Elle avait alors espéré qu'il resterait définitivement. Lorsqu'il avait pris la décision de reprendre son poste, elle avait été plus qu'enchantée. Enfin, sa famille était de nouveau complète et la vie pouvait reprendre comme avant.

Mais elle n'avait pas compté sur l'attitude de DiNozzo qui avait choisi de se démarquer de ses deux collègues, de laisser Gibbs se débrouiller sans son aide. Elle avait fait fi du comportement ouvertement hostile de Ziva et Tim envers l'italien lorsque Gibbs n'était pas présent. Et pour n'être pas en reste, elle avait calquée sa propre attitude sur la leur engendrant une situation des plus malsaines.

De fil en aiguille, d'enquête en enquête, la relation entre les membres de l'équipe s'étaient aggravées sans que quiconque ne tente vraiment d'y remédier. Les trois 'complices' s'ingéniaient à rabaisser l'italien à la moindre occasion afin que Gibbs se rende compte qu'il ne valait pas ses collègues.

Abby avait songé à discuter de la situation avec ses amies, les nonnes avant de se raviser. Elle savait qu'elle serait jugée sur son attitude envers celui qu'elle proclamait aimer comme un frère et qu'elle traitait comme de la merde. Les sœurs ne seraient pas tendres avec elle et critiqueraient certainement Ziva et Tim, donnant implicitement raison à DiNozzo.

C'était un fait qu'elle ne pouvait accepter, le voir être défendu alors qu'il était l'ennemi. N'avait-il pas été la cause de leur punition à tous trois ? N'avait-il pas été à l'origine de la suspension de Gibbs ? N'avait-il pas contribué à l'envoyer, elle, Abby Scuito, faire ce qu'elle détestait le plus ?

Elle fut ramenée à la réalité par une main posée sur son bras et une voix qui l'appelait.

« Miss, vous allez bien ? »

Abby sortit de ses pensées pour constater que la salle s'était remplie et que ses élèves attendaient patiemment qu'elle veuille bien dispenser son cours. Elle les observa un moment puis prit une profonde inspiration.

« Bien vous êtes ici parce que vous souhaitez devenir agent fédéral sur le terrain ou laborantin » commença-t-elle, pas très convaincue de les intéresser. « Durant ces quelques semaines, vous allez apprendre les bases qui vous serviront à recueillir les indices sur une scène de crime. Qui a déjà pu déjà travailler sur une scène ? » demanda-t-elle avec un faible espoir.

Lorsque personne ne se manifesta, elle pesta intérieurement. Elle allait devoir leur apprendre le B. des procédures, elle pensait qu'au moins, l'un d'eux pourrait l'aider à former les autres mais apparemment, sa torture allait bien au-delà de ce qu'elle avait prévu. Certes, elle aimait les sciences et était ravie d'instruire Gibbs sur ses découvertes pour les enquêtes de l'équipe.

Pourtant, ici et maintenant, elle était frustrée de constater qu'elle avait un auditoire vierge de toute pollution scientifique et qu'il lui appartenait de remplir des têtes vides et sans doute des cerveaux lents. Comme elle détestait être dans cette situation ! Et dire qu'elle en avait pour plusieurs semaines et tout ça parce qu'elle avait laissé son tempérament prendre le dessus sur sa raison !

Elle soupira et commença son cours, laissant ses 'étudiants' l'interrompre pour poser une question ou clarifier un point particulier. Finalement, au bout de deux heures, elle finit par se relaxer suffisamment pour apprécier l'enthousiasme de plusieurs de ses 'élèves' et constata, avec surprise, qu'elle parvenait à remplir son rôle de professeur sans toutefois être pleinement heureuse de la situation.

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Ce soir-là, Abby retrouva McGee au mess et tous deux firent le point sur leur situation.

« Alors, Abs, comment se passent tes cours ? » demanda l'informaticien en premier.

« Mieux que je ne l'espérais, Tim » lui révéla la Gothique. « J'ai quelques élèves qui promettent et sont assez curieux et attentifs. Mais je déteste toujours faire ça. »

« A la fin de cette formation, tu auras peut être changée d'avis » souligna l'agent.

« Tu plaisantes, j'espère ! » s'indigna la technicienne. « Ce que j'aime, c'est le travail de laboratoire, pas de devoir materner des ados boutonneux qui sont ici parce qu'ils pensent pouvoir être un jour… je ne sais pas quoi mais certains ne sont pas vraiment destinés à travailler dans un labo, ils sont juste ici pour… passer le temps… »

« Ou trouver leur voie, peut-être ! » la coupa Tim. « Tu sais, tout le monde n'a pas décidé de son avenir professionnel à un âge aussi précoce que toi. Certains tentent différentes options avant de choisir celle qui leur conviendra. »

« Les techniques scientifiques policières ne sont pas un domaine à prendre à la légère, Timmy » s'offusqua Abby. « C'est un travail sérieux qui détermine la culpabilité ou l'innocence de suspects. Il conditionne tout un ensemble d'évènements pour les familles des victimes également. On ne devrait pas permettre à n'importe qui de devenir laborantin, c'est… comparable au sacerdoce des prêtres, il faut avoir la foi pour exercer ce métier, il faut croire en l'utilité de notre métier et la nécessité de le faire sérieusement. Regarde ce qui est arrivé avec Chip, rien de ce qui s'est passé ne serait arrivé s'il avait effectué son travail correctement. »

« Hum, sans doute, en effet » admit son collègue. « Mais rien que d'avoir vu DiNozzo escorté par le FBI et arrêté, ça a valu la peine, tu ne crois pas ? »

« Peut-être de ton point de vue, Tim mais de celui de la scientifique que je suis, ça démontre surtout que certains dénigrent notre respectable profession et je déteste ces soi-disant scientifiques qui se permettent de jeter l'opprobre sur mon métier » ragea Abby.

« Eh, calme-toi » conseilla McGee. « Ce n'est pas toi qui étais en cause et n'est-ce pas ton travail qui a permis d'innocenter cet imbécile de DiNozzo en fin de compte. »

« Tim, Timmy, aurais-tu oublié que toutes les preuves étaient contre lui » grommela la scientifique. « C'est votre travail d'investigation qui a permis de résoudre l'enquête, pas mon travail. »

« Sans doute mais tu as procédé à l'arrestation de main de maître, il faut le reconnaitre » gloussa l'agent. « Qui aurait pensé à utiliser du scotch pour maitriser un suspect. »

« Il n'était pas taillé pour le combat, tu sais » dit-elle en souriant. « Il n'a pas résisté très longtemps, aucune technique de défense à contrer. »

« Encore heureux ou tu aurais pu être blessée » remarqua Tim.

Les deux amis poursuivirent un instant leur repas en silence avant que la gothique ne relance la conversation.

« Et toi, Timmy, comment se passe les choses ? »

McGee soupira lourdement et tenta d'organiser ses pensées pour répondre à la question.

« Certains cours me permettent de rafraichir mes connaissances, d'autres sont totalement inutiles » avoua-t-il enfin. « Et les postulants sont tous si jeunes et… bardés de diplômes plus élevés que les miens. C'est frustrant, Abby, de les voir si enthousiastes à l'idée de devenir agent fédéral, si exaltés de porter un badge et une arme. Ils excellent dans les disciplines sportives là où je peine tellement. »

« Tim, tu es un bon agent, tu l'as prouvé suffisamment » le rassura Abby. « Tu as tes propres compétences qui ont permis de résoudre des enquêtes, tu n'as pas à rougir de ça. »

« Tu ne peux pas comprendre, Abby » la contra-t-il. « Ils prennent en exemple certains enquêtes où la façon de penser non conformiste de DiNozzo a contribué à trouver le coupable. Tu te rends compte que tous ces futurs agents en puissance savent que je travaille avec lui et ne cessent de me poser des questions sur ses méthodes. Ils veulent tous lui ressembler. Certains pensent même demander à suivre une formation spéciale pour les missions sous couverture et veulent que DiNozzo soit leur professeur ! » dit-il d'un air dégoûté.

« Tu crois vraiment qu'il pourrait avoir le temps de donner de tels cours ? » demanda Abby. « Il n'aura jamais la patience requise pour dispenser une formation spéciale sur le sujet. »

« Je ne serais pas aussi catégorique que toi » remarqua l'informaticien. « J'ai entendu deux formateurs discuter sur le sujet, ils veulent le soumettre à la direction du centre. L'un d'eux a même précisé que DiNozzo était l'un des rares agents fédéraux actuellement en service à avoir un don naturel pour ce type de mission. Il a même ajouté avoir participé à un cours lors de la formation de DiNozzo ici au FLETC, il a été bluffé par son aisance innée et instinctive, sa façon immédiate de parvenir à adapter son attitude à un renversement de situation, ses connaissances sur divers sujets, sa pratique de cinq langues étrangères. Non seulement ça mais il semble que notre cher collègue soit bien plus intelligent qu'il ne le laisse voir. »

« Tu crois ça vraiment possible, Tim » s'étonna la gothique. « Tu crois qu'il a minimisé ses compétences et son intelligence de manière délibérée ? »

« Je l'ignore, Abs mais ce que j'ai entendu le laisse penser parce que aucun des formateurs ne savait que j'écoutais leur conversation. »

« Pour quelles raisons joue-t-il les clowns dans ce cas ? » s'interrogea Abby.

« Je n'en ai pas la moindre idée » avoua l'agent. « Je me souviens d'avoir surpris une discussion entre Balboa et Pacci quelques semaines après que Gibbs m'ait engagé. Tous deux s'étonnaient du changement d'attitude de DiNozzo depuis l'arrivée de Kate puis la mienne dans l'équipe. Ils spéculaient sur les raisons qui faisaient que le second le plus compétent de l'agence joue les clowns et les imbéciles et Pacci a répondu que Gibbs avait enjoint DiNozzo à faciliter notre intégration et à nous former sans en avoir l'air. Il a ajouté que l'ancien Marine ne semblait pas enclin à jouer lui-même les mentors et qu'il comptait sur l'italien pour nous apprendre le métier. »

« Gibbs n'a jamais eu la patience nécessaire pour former un agent, Tim » lui apprit la laborantine. « Burley a souvent consulté d'autres seconds pour apprendre ses fonctions, tu sais. Tony n'a pratiquement pas eu recours à cette méthode, il était détective lorsqu'il a intégré l'agence et connaissait déjà les procédures policières. Il a juste appris celles que le NCIS utilisait en lisant les manuels. En fait, il s'est formé presque seul. »

« Tu le défends, Abs ? »

« Non, pas du tout, je t'informe juste » s'exclama-t-elle, vexée. « Je t'explique pourquoi Gibbs ne vous a pas formés lui-même. Et même si tu ne veux pas l'avouer, DiNozzo est celui qui t'a appris le métier d'agent de terrain. Tout ce que tu sais aujourd'hui te vient de sa formation. »

McGee prit le temps de réfléchir avant d'argumenter avec la gothique et il se rendit compte qu'elle avait parfaitement raison, même s'il lui peinait de reconnaitre que Gibbs n'avait pas contribué à sa formation. Il n'avait jamais discuté du sujet avec Kate mais il n'imaginait pas l'ancien Marine avoir agi différemment avec elle. Il pouvait se référer à son attitude envers eux durant les quelques mois qui avaient précédé la mort de Kate pour réaliser la véracité des faits.

Gibbs n'avait pas une seule fois pris le temps d'expliquer une procédure ou un protocole à suivre à l'ancien agent des services secrets qu'elle était ou à l'agent en probation qu'il était lui-même. A chaque fois qu'ils avaient besoin d'un renseignement, il leur demandait de voir avec DiNozzo qui se chargeait de le leur fournir en leur en expliquant l'utilité.

Comment les choses avaient-elles dégénéré après la mort de Kate et l'arrivée de Ziva ? Tim savait que Gibbs avait été obsédé par Ari Haswari au point de faire quelques erreurs de jugement. Mais pour quelle raison inconnue Gibbs avait-il changé au point de rabaisser son bras droit au même rang que l'agent junior et un agent extérieur ?

Bien qu'il n'ait jamais eu DiNozzo en grande considération, il se demandait s'il n'avait pas laissé d'autres l'influencer suffisamment pour qu'il adhère à leurs points de vue. S'était-il fourvoyer dans son propre jugement envers l'italien ? Il semblerait qu'il ait vraiment merdé quelque part entre son adjonction à l'équipe et le retour de Gibbs de sa retraite. Et s'il voulait revenir dans l'estime de son chef d'équipe et reprendre sa place au sein de l'équipe première de l'agence, il allait lui falloir revoir ses priorités.

Abby le sortit de ses pensées en lui posant une question.

« Tim, as-tu eu des nouvelles de Ziva ? » lui demanda-t-elle. « Je n'ai pas réussi à la joindre au téléphone et elle ne répond pas à mes mails. »

« Non » lui répondit-il aussitôt. « Je n'ai pas eu plus de chances que toi. Je pense que, pour le moment, elle doit vouloir avoir la paix. »

Il hésita un instant avant de poursuivre la discussion.

« Tu sais, Abby, depuis son départ, j'ai pas mal réfléchi » commença-t-il. « Tes propos au sujet de Gibbs et DiNozzo sont justes. Le patron a laissé notre formation à tous les trois, Kate, Ziva et moi entre les mains de DiNozzo. Si aujourd'hui, je suis un agent de terrain compétent, c'est plutôt grâce à lui qu'à Gibbs. Et pourtant, quelque part en route, j'ai laissé Kate et Ziva me détourner de mon mentor en quelque sorte. Kate a toujours été jalouse de voir DiNozzo occuper le poste qu'elle aurait aimé. »

« Et Ziva, qu'est ce qui pouvait l'avoir guidée ? »

« Ziva, c'est autre chose. Elle semblait avoir un lien spécial avec Gibbs et elle en profitait. Tony n'a jamais pu lui faire totalement confiance même si je ne sais pas pourquoi. Il gardait ses distances avec elle et c'est ce qui enrageait Ziva qui proclamait que tous les hommes lui mangeaient dans la main. Elle n'a jamais séduit le coureur de jupons qu'il était et elle en était mortifiée. »

« Elle te l'a dit ? » s'étonna Abby.

« Elle n'a pas eu besoin, son attitude le prouvait assez » indiqua McGee en haussant les épaules. « Toutes ses tentatives de séduction se sont soldées par un échec. Elle a alors eu recours à une autre méthode : rabaisser DiNozzo par des remarques sarcastiques, ironiques ou dévalorisantes pour le remettre à sa place. Mais ça non plus, ça n'a pas fonctionné. »

« Tu crois qu'on a été injuste envers lui, Tim ? » souffla la gothique d'une voix implorante.

« Franchement, je l'ignore, Abs » avoua l'informaticien. « Je me dis que s'il avait lui-même eu une autre attitude, on aurait pu le considérer pour ce qu'il était : le bras droit de notre chef d'équipe et on l'aurait traité comme un supérieur doit l'être. Du moins, c'est ce que j'ose espérer. »

« Nous verrons bien lorsque nous reprendrons notre poste ce que Gibbs aura à dire » soupira la laborantine.

« Rien ne sera plus pareil, Abby » déclara Tim avec résignation.

« Sans doute pas mais sans DiNozzo, peut-être que ce sera mieux » conclut Abby avant de se lever. « Bien, je vais me coucher, je commence tôt demain pour préparer ma salle de classe. Bonne nuit, Tim. »

« Je vais en faire autant » approuva l'agent. « J'ai également une classe de bonne heure. »

Sur ce, les deux amis se séparèrent avant de gagner chacun leur dortoir.

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Voilà, un petit aperçu qui, j'espère, vous aura plu.

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Le prochain chapitre se concentrera à nouveau sur Tony et son équipe.

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A bientôt

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Chtimi