Auteur : Choices HP

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : T

Genre(s) : Family

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à Choices HP. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


- Chapitre 7: Nightmare -

"Cauchemar," lut Alice.

Je dis à Charlie que j'avais des tonnes de devoirs et que je ne dînerais pas ce soir-là. Il y avait un match de basket à la télé, et il était tout excité. Comme, bien sûr, je ne voyais vraiment pas ce qu'il y avait d'excitant là-dedans, il ne s'aperçut pas de ce que ma voix ou mon visage pouvaient avoir d'inhabituel.

Je m'enfermai dans ma chambre, fouillai mon bureau jusqu'à ce que je mette la main sur mes vieux écouteurs et branchai ces derniers sur mon petit lecteur CD. Je choisis un disque que Phil m'avait offert pour Noël. C'était un de ses groupes préférés qui, à mon goût, recourait un peu trop à la basse et aux hurlements. Allongée sur mon lit, écouteurs en place, je montai le volume à m'en dynamiter les tympans. Je fermai les yeux, mais comme la lumière me gênait, je me collai un oreiller sur la tête.

"Euh, pourquoi elle fait ça?" demanda Emmett avec confusion.

"Elle a dit la fin du dernier chapitre qu'elle ne voulait penser à rien," répondit immédiatement Edward. "Je suppose qu'elle espère que ça l'aidera."

Soigneusement concentrée, je m'efforçai de comprendre les textes des chansons et de débrouiller les schémas compliqués de la batterie. À la troisième écoute, je connaissais par coeur les paroles, celles des refrains du moins. Je découvris avec étonnement que, en fin de compte, le groupe me plaisait, pour peu qu'on dépasse ses braillements. Il faudrait que je pense à remercier Phil encore une fois.

"Donc elle aime les classiques et ça aussi," sourit Edward.

"Tu ne sais même pas quel groupe c'est," lui fit remarquer Alice.

"Ce n'est pas vraiment important, d'après sa description, c'est presque le parfait opposé de Debussy," répliqua Edward en haussant les épaules.

"Tu es juste content qu'elle aime la musique," s'exclama Alice, avant de faire un petit bruit à mi-chemin du rire et du reniflement.

"Ça se pourrait," sourit Edward.

Cerise sur le gâteau, mon choix se révéla efficace. Les battements assourdissants m'empêchèrent de réfléchir – ce qui était le but de l'exercice. Je me passai le disque encore et encore, jusqu'à ce que j'arrive à chanter sur tous les airs et jusqu'à ce que je m'endorme, enfin.

J'ouvris les yeux sur un endroit familier. Avertie par une partie de ma conscience que je rêvais, j'identifiai la lumière verte de la forêt. Non loin, les vagues s'écrasaient contre les rochers. Je savais que si je trouvais l'océan, j'arriverais à distinguer le soleil. Je tentais de me guider au bruit du ressac, mais Jacob Black apparaissait soudain et m'entraînait par la main en direction du coeur le plus noir des bois.

"Oi, laisse-là tranquille espèce d'idiot fantasmagorique," s'exclama Emmett en essayant d'avoir l'air menaçant, mais il était plus ridicule qu'autre chose. Ça eut au moins le mérite de faire sourire Rosalie pour la première fois depuis l'histoire de la voiture.

"T'es vraiment un crétin," dit-elle en gardant son sourire

Jacob ? Que se passe-t-il ? Ses traits étaient empreints de frayeur, et il tirait de toutes ses forces pour vaincre mes résistances – je ne voulais pas aller vers l'obscurité.

Cours, Bella, tu dois courir ! Chuchotait-il, terrifié.

Par ici, Bella ! Je reconnaissais la voix de Mike, me hélant du profond ténébreux des arbres, mais je ne pouvais le voir.

"Hmm..." dit Alice.

"Quoi?" demanda Edward.

"Je viens d'avoir une idée, ou en tout cas, le début d'une idée," lui dit Alice avec un sourire moqueur. Elle détestait devoir bloquer ses pensées à chaque fois qu'elle voulait empêcher Edward de découvrir quelque chose.

"Ben au moins, comme ça, nous sommes tous les deux irrités," répliqua Edward en lui faisant à son tour un sourire moqueur.

"Je pense que tout le monde est irrité, en fait," dit Jasper - et il était bien placé pour le savoir.

Pourquoi ? Demandais-je en me débattant pour me libérer de l'emprise de Jacob.

À ce stade, je désirais par-dessus tout retrouver le soleil. Tout à coup, le jeune Indien me lâchait en piaillant. Tremblant, il s'écroulait sur le sol sombre et s'y contorsionnait sous mes yeux horrifiés.

Jacob ! Braillais-je.

Mais il avait disparu. À sa place se tenait un grand loup brun-roux aux pupilles foncées.

"Hmm...Elle l'a transformé en loup," dit Carlisle. "Est-ce que ça veut dire qu'elle pense que c'est possible aussi ou est-ce juste dû au fait que son cerveau est entrain d'analyser l'histoire qu'elle a entendu?"

"Je pense que c'est probablement la seconde proposition, mais vu que c'est Bella, qui sait?" dit Alice.

L'animal se détournait de moi en direction de la grève, le poil de l'échine hérissé, les crocs découverts, des grondements sourds s'échappant de sa gorge.

Sauve-toi, Bella ! criait Mike, toujours dans la forêt.

En dépit de cette injonction, je ne bougeais pas. Je fixais une lumière qui, de la plage, venait vers moi.

"Laissez-moi deviner, c'est moi," dit tristement Edward. "Et je vais probablement essayer de lui arracher la gorge ou quelque chose de ce genre."

Alors, Edward sortait de derrière les arbres, la peau luisant faiblement, le regard noir et dangereux.

"Ma peau luisait?" répéta Edward, perplexe.

"Ça doit être une coïncidence," dit Jasper. "Elle n'a aucun moyen de savoir que les vampires luisent au soleil."

"C'est juste bizarre qu'elle me décrive comme ça," frissonna Edward.

"Ouais." Apparemment, tout le monde était d'accord avec lui.

Il levait la main et me faisait signe d'approcher. À mes pieds, le loup grognait. J'avançais d'un pas, ce qui provoquait le sourire d'Edward. Ses dents étaient pointues et aiguisées.

Aie confiance, susurrait-il.

Un deuxième pas. Le loup se jetait entre moi et le vampire, ses crocs visant la jugulaire.

Non ! Hurlais-je.

Je me redressai comme un diable sur mon lit.

"Elle a fait un rêve très précis," dit Carlisle. "Mais je suppose que j'aurais dû m'y attendre venant d'elle."

"Ce rêve a vraiment donné les positions de tout le monde," dit Alice.

"Qu'est-ce que tu veux dire?" demanda Edward en lançant un regard noir à son lutin de soeur.

"Ben, Mike était loin dans les bois," commença à expliquer Alice. "Ce qui veut dire qu'elle l'apprécie assez pour rêver de lui mais qu'il n'est pas vraiment important pour elle. Jacob était plus remarquable et très protecteur avec elle, ce qui signifie qu'elle l'aime plus, mais elle ne l'a quand même pas écouté."

"Elle aurait dû," dit Edward. "N'importe quoi pour la garder loin du monstre...c'est comme ça qu'elle m'a vu."

"Tu penses vraiment ça, n'est-ce pas?" demanda Alice avec un sourire amusé.

"Il est évident que j'essayai de...ben, tu sais," développa Edward, mais il fut incapable de prononcer ces mots.

"Oui...mais quand même," dit Alice.

"Quoi?" demanda Edward.

Elle se contenta de lui faire un sourire goguenard avant de recommencer à lire.

Ce brusque mouvement entraîna la chute du lecteur CD de la table de nuit.

La lumière était toujours allumée, j'étais tout habillée et chaussée. Désorientée, je jetai un coup d'oeil à mon réveil. Il était cinq heures et demie du matin.

En gémissant, je retombai en arrière puis roulai sur le ventre, envoyant valser mes bottes. J'étais néanmoins trop bouleversée pour me rendormir. Me retournant, je déboutonnai mon jean et m'en débarrassai maladroitement en position couchée. Ma natte me gênait, espèce d'arête rigide qui aurait jailli de mon crâne. Me mettant sur le côté, j'en arrachai l'élastique et passai rapidement mes doigts dans mes cheveux. Puis je remis l'oreiller sur mes yeux.

Mes efforts n'avaient servi à rien, bien sûr. Mon subconscient avait fait resurgir avec une netteté effarante les images que je m'étais désespérément appliquée à chasser. J'étais bien forcée de les affronter, à présent.

"Une image me représentant comme un monstre suceur de sang," soupira Edward, avec désespoir.

Je m'assis, trop vite, et la tête me tourna un instant. Chaque chose en son temps, me dis-je, trop heureuse de retarder l'inévitable. J'attrapai ma trousse de toilette.

Malheureusement, la douche

"Argh, elle peut pas se dépêcher un peu? Je meurs d'envie de savoir ce qu'elle pense," s'exclama impatiemment Emmett.

Edward semblait être de tout coeur avec son frère, mais il déprimait trop pour dire quoi que ce soit.

fut plus courte que je ne l'eusse souhaité. Même en m'octroyant le luxe de sécher mes cheveux, je n'eus bientôt plus de raison de rester dans la salle de bains. Enveloppée dans une serviette, je retraversai le couloir jusqu'à ma chambre. Impossible de savoir si Charlie dormait encore ou s'il était déjà parti. Je regardai par la fenêtre – la voiture de patrouille avait disparu. Encore une journée de pêche.

J'enfilai mon survêtement le plus confortable, fis mon lit – une première. J'allumai ensuite mon vieil ordinateur.

"Alors elle va faire des recherches sur nous sur Internet," dit Carlisle. "Ça ne va pas vraiment l'aider."

"Bien sûr que non, même si les humains étaient assez observateurs pour découvrir notre existence, tu penses vraiment que les Volturi permettrait à quelque chose comme ça d'être diffusé sur le net?" renifla Edward.

"Bien sûr que non, mais ce sont tous les différents mythes à notre sujets trouvables sur Internet qui sont intéressant," répliqua Carlisle.

"Tu l'as dit, 'Stregoni Benefici'," répondit Edward, en souriant à son père.

Je détestais utiliser l'Internet ici. Mon modem était tristement dépassé, mon forfait de mauvaise qualité ; se connecter prenait si longtemps que je décidai de m'offrir un bol de céréales en attendant.

Je mangeai lentement, mâchant chaque morceau avec soin. Quand j'eus fini, je lavai ma vaisselle, la séchai et la rangeai. C'est en traînant des pieds que je remontai les marches. Je commençai par aller ramasser mon lecteur CD et le replaçai soigneusement au centre de la table de nuit. Je retirai les écouteurs et les remis dans le tiroir de mon bureau. Puis je relançai le même disque, baissant le son pour n'avoir plus qu'une musique de fond.

Avec un nouveau soupir, je m'approchai de l'ordinateur. Naturellement, l'écran était couvert de pubs. M'asseyant sur l'inconfortable chaise pliante, j'entrepris de fermer les fenêtres jusqu'à ce que, enfin, j'arrive à mon moteur de recherche favori. Après avoir liquidé encore une ou deux réclames intempestives, je tapai un mot, un seul.

Vampire.

Comme de bien entendu, la recherche se fit avec une lenteur exaspérante. Quand le résultat s'afficha enfin; j'avais un sacré tri à effectuer entre les films, les shows télévisés, les jeux de rôle, le rock underground et les entreprises de cosmétiques gothiques.

Je dénichai soudain un site prometteur – Vampires de A à Z.

"Eh bien, c'est l'un des meilleurs sites sur le sujet," dit Carlisle. "Il est un petit peu plus précis que les autres et presque plus de la moitié de ses légendes ont une part de vérité."

J'attendis impatiemment qu'il se télécharge, fermant impitoyablement toute pub qui avait le malheur de surgir à l'improviste. Enfin, le site s'afficha, fond d'écran tout simple, blanc, avec un texte rédigé en noir – très académique. Deux citations agrémentaient la page d'accueil :

Dans le monde vaste et ténébreux des fantômes et démons, aucune créature n'est plus abominable, plus redoutée, plus détestée — avec une fascination mêlée de crainte pourtant — que celle du vampire, qui n'est ni fantôme ni démon mais relève des forces sombres de la nature et possède les qualités mystérieuses et terribles des deux. Révérend Montague Summers.

"N'est-ce pas une adorable description," rigola Emmett.

S'il y a en ce monde une existence avérée, c'est celle des vampires. Rien ne manque : rapports officiels, déclarations sous serments de gens de bonne réputation, chirurgiens, prêtres, magistrats ; la preuve judiciaire est plus complexe. Et malgré tout cela, qui croit aux vampires ? Rousseau.

Le reste du site était une liste alphabétique des différents mythes vampiriques à travers le monde. Le premier sur lequel je cliquai, le Danag, parlait d'une créature philippine censée avoir importé le taro dans l'archipel il y avait fort longtemps. La légende soutenait que le Danag l'avait cultivé avec les humains pendant des années, mais que cette collaboration s'était achevée le jour où une femme s'était coupé le doigt et qu'un Danag, suçant la blessure, avait tant apprécié le goût du sang qu'il avait vidé la malheureuse de tout le sien.

"Je me suis toujours demandé si cette légende-là était vraie," dit Carlisle. "Je n'ai jamais rencontré quelqu'un de tel."

"Ça a l'air plausible," répondit Edward en haussant les épaules.

"Si c'est le cas," continua Carlisle. "Le Danag était-il comme nous? Décidé à ne pas chasser les humains? Ou avait-il été vampirisé récemment, et s'était donc retrouvé incapable de résister à ses instincts?"

"Je pense que la première solution est plausible, Carlisle, mais je ne sais pas," répondit songeusement Edward, bien que sa voix montrait qu'il était impatient de connaître la suite de l'histoire.

Je parcourus avec soin les différents articles, cherchant des éléments qui me fussent familiers ou qui, du moins, parussent plausibles. Apparemment, la plupart des histoires de vampires privilégiaient de belles démoniaques et des victimes enfants ; elles donnaient aussi l'impression d'être des inventions destinées à expliquer l'importante mortalité infantile et à fournir aux hommes un bon prétexte à leur infidélité.

"Je me demande ce que Tanya et les autres auraient à dire à ce sujet," rigola Emmett.

"J'imagine qu'elles seraient amusées par le commentaire de Bella," rigola Jasper à son tour.

Nombreuses étaient celles qui évoquaient des esprits privés de corps et prévenaient contre les rites mortuaires mal effectués. Peu rappelaient les films que j'avais vus ; et très rares étaient les vampires qui se préoccupaient de boire du sang, excepté l'Estrie des Hébreux et l'Upier des Polonais.

Seuls trois exemples retinrent réellement mon attention : le Varacolaci de Roumanie, un puissant mort vivant qui pouvait prendre la forme d'un bel humain pâle, le Nélapsi slovaque, un être si fort et rapide qu'il était capable de massacrer un village au complet dans l'heure suivant minuit, et un troisième, le Stregoni benefici.

"Ah, elle s'est intéressée à toi," rayonna Esme.

"Ce n'est pas vraiment surprenant, cependant," dit Alice. "C'est la seule légende qui dépeint les vampires comme des être bons et elle veut désespérément qu'Edward soit bon."

"Et elle s'est aussi intéressée aux trois histoires qui sont vraies," souligna Carlisle.

"Je ne vois pas comment qui que ce soit peut décrire les Roumains comme beaux, ils sont si...flippants," dit Rosalie en fronçant le nez.

Ce dernier n'avait droit qu'à une phrase brève : Stregoni benefici: vampire italien réputé pour sa bonté, « ennemi juré des vampires diaboliques. »

"Le dernier passage est faux," dit Carlisle.

"Pas forcément," dit Esme. "Tu ferais face à n'importe qui si ça te permettait de sauver une vie humaine."

"Je suppose que tu as raison," admit Carlisle en rayonnant.

Cette petite rubrique, la seule, parmi des centaines, à affirmer l'existence de bons vampires fut un soulagement.

L'un dans l'autre cependant, il y avait peu de choses qui coïncidassent avec les histoires de Jacob et mes propres observations. Je m'étais fait un catalogue mental au fur et à mesure de ma lecture et l'avais scrupuleusement comparé à chaque légende : rapidité, force, beauté, pâleur, yeux qui changeaient de couleur ; les critères de Jacob : buveurs de sang, ennemis des loups-garous, absence de chaleur corporelle, immortalité. Fort rares étaient les mythes qui contenaient au moins un de ces paramètres.

J'avais par ailleurs un autre petit problème, surgi de mes souvenirs liés aux rares films d'horreur que j'avais vus, ravivés par ce que je lisais – les vampires ne pouvaient sortir en plein jour,

"C'est la légende la plus ridicule," renifla Emmett.

car le soleil les consumait aussitôt.

"Ouais, comme si c'était aussi facile que ça de nous tuer," dit Emmett en levant les yeux au ciel.

"C'est probablement pour ça qu'ils ont crées cette légende," dit Carlisle. "Les humains aiment croire qu'ils peuvent avoir une chance contre nous si jamais ils se retrouvaient face à un vampire...ça les rassure."

Ils dormaient dans des cercueils toute la journée et ne surgissaient qu'à la nuit.

"Et ça c'est tout simplement ridicule," s'exclama Emmett. "D'où vient cette légende?"

"Oh, Vladimir, l'un des Roumains aimait se cacher dans un cercueil pour surprendre ses... enfin bref, ça vient de là," Carlisle abrégea ses explications lorsqu'il remarqua que l'agitation d'Edward enflait.

Agacée, j'éteignis l'unité centrale de l'ordinateur, sans même attendre d'avoir correctement fermé les fichiers.

Au-delà de mon irritation, j'étais submergée par l'embarras. Tout cela était idiot. Assise dans ma chambre, je cherchais des informations sur les vampires. Qu'est-ce qui me prenait ? Je résolus la question en reportant la faute sur la ville de Forks – la péninsule détrempée d'Olympic dans son entier d'ailleurs.

"Oh, va-t-elle renoncer?" demanda Edward, partagé entre l'espoir et le désespoir.

"Arrête d'être aussi confus, c'est énervant," grogna Jasper. "En plus, tu n'as pas à t'en faire, moi je te le dis, y'a pas moyen qu'elle renonce."

Il fallait que je m'aère, mais les seuls endroits où j'avais envie d'aller se trouvaient à trois jours de voiture. Je mis quand même mes bottes et descendis. J'enfilai mon coupe-vent sans vérifier le temps et sortis en claquant la porte.

Le ciel était couvert, mais il ne pleuvait pas encore. Ignorant ma camionnette, je traversai la cour de Charlie en diagonale pour gagner la forêt toute proche. Je ne tardai pas à m'y être suffisamment enfoncée pour perdre de vue la maison et la route et n'entendre plus que les chuintements de mes pieds sur le sol mouillé et les cris sporadiques des geais.

Un sentier en forme de ruban effiloché sinuait à travers bois, sinon je ne me serais pas éloignée ainsi.

"Elle ne devrait quand même pas s'éloigner," dit Edward avec inquiétude. "Et s'il y avait un autre vampire dans le coin?"

"T'inquiète, je suis sûr qu'elle sera en sécurité," répliqua Emmett, incapable de contrôler son rire.

Je n'avais aucun sens de l'orientation, j'étais capable de me perdre dans des endroits largement moins hostiles. Le chemin s'enfonçait au coeur de la forêt, grosso modo en direction de l'est, d'après moi. Il serpentait autour de cyprès d'Alaska, de ciguës, d'ifs et d'érables. Les noms des essences alentour ne m'étaient que vaguement m'avait autrefois désigné les arbres à travers la fenêtre de la voiture de patrouille.

Il y en avait des tas que je ne connaissais pas, et d'autres que je n'étais pas certaine d'identifier à cause des parasites verdâtres dont ils étaient couverts.

"Arrêtes de penser à ces stupides arbres et concentre-toi sur Eddie, bon sang," s'exclama Emmett, à nouveau impatient.

Je suivis le chemin tant que ma colère contre moi- même me poussa en avant. Quand elle commença à se calmer, je ralentis. Des gouttes tombaient de la ramure, mais j'ignorais s'il s'était remis à pleuvoir ou si c'étaient là les résidus humides de la veille conservés très haut au-dessus de moi par les feuilles et qui retournaient lentement à la terre. Un arbre effondré – récemment, car il n'était pas entièrement tapissé de mousse – s'appuyait contre le tronc d'un de ses congénères, créant un petit banc abrité à quelques pas du sentier. J'enjambai les fougères et m'assis prudemment dessus en veillant à ce que mon coupe-vent fasse écran entre le siège détrempé et mes vêtements. Puis j'appuyai ma tête encapuchonnée contre l'arbre vivant.

Je n'avais pas choisi le bon endroit pour me promener. J'aurais dû m'en douter, mais avais-je ailleurs où aller ? La forêt, d'un vert soutenu, ressemblait bien trop à la scène de mon rêve pour m'apporter la paix.

"Et dans ce décor sinistre, c'est plus facile de croire au surnaturel," dit Jasper.

À présent que le bruit aqueux de mes pas s'était tu, le silence était assourdissant. Les oiseaux ne chantaient pas, et le clapotis des gouttes s'était accéléré – il pleuvait sûrement au-dessus des branches. Les fougères poussaient plus haut que moi, maintenant que j'étais assise, et je compris qu'on aurait pu passer devant moi sans m'apercevoir.

Ici, au milieu des arbres, il était beaucoup plus facile de croire aux absurdités qui m'avaient tant embarrassée à la maison. Rien dans ces bois n'avait changé depuis des millénaires, et les mythes et légendes de centaines de pays différents paraissaient bien plus vraisemblables à la lueur de ce brouillard céladon que dans l'environnement tranché de ma chambre.

Je me forçai à me concentrer sur les deux questions les plus importantes auxquelles il me fallait répondre, mais que je ne cessais de fuir.

Pour commencer, je devais décider si ce que Jacob avait dit à propos des Cullen pouvait être vrai.

"Oui," répondit Emmett.

La réponse fusa, instinctive – non.

"Ben t'as tort," dit Emmett. On aurait dit qu'il essayait d'avoir une conversation avec elle.

Il était bête et morbide d'entretenir des idées aussi ridicules. Mais alors ?

Il n'y avait pas d'explication rationnelle au fait que j'étais encore vivante. Une nouvelle fois, je listai mentalement mes observations : la vitesse et la puissance incroyables, les yeux passant du noir à l'or pour revenir au noir, l'inhumaine beauté, la peau pâle et glaciale. Et aussi – détails qui s'étaient lentement inscrits dans ma mémoire – cette façon qu'ils avaient de ne jamais manger, la grâce dérangeante avec laquelle ils se déplaçaient. Et la manière qu' 'il avait de parler, parfois, ses phrases et ses cadences qui auraient mieux correspondu à un personnage de roman du début du XIXe siècle qu'à un lycéen d'aujourd'hui.

"Ça c'est nouveau," dit Carlisle. "Parle-t-on vraiment comme ça?"

"Je pense que oui," répondit Edward, bien que sa voix semblait un peu distante - l'heure de vérité approchait à grands pas après tout. "Parfois tu utilises des expressions de ton époque."

Il avait séché le cours d'identification de nos groupes sanguins. Il n'avait refusé l'invitation à la mer que lorsqu'il avait appris où nous allions. Il paraissait deviner ce que tout le monde autour de lui pensait...

"Bien que ça, ça ne concerne qu'Edward," dit Esme, "tout le reste de sa description est correcte."

sauf moi. Il m'avait confié être un méchant, un être dangereux...

Se pouvait-il que les Cullen fussent des vampires ?

"Oui," répéta Emmett.

En tout cas, ils étaient quelque chose. Quelque chose qui dépassait les justifications rationnelles envisageables était en train de se mettre en place devant mes yeux incrédules. Qu'il entrât dans la catégorie des Sang-froid de Jacob ou dans ma propre théorie du super héros, Edward Cullen n'était pas... humain. Il était plus que ça.

"Elle n'a pas l'air d'avoir peur, Edward," dit gentiment Esme. Et Edward semblait retrouver espoir à chaque nouveau mot.

Alors oui – peut-être. Je m'en tiendrais à cette réponse pour l'instant.

"C'est un vampire...Pourquoi tu ne m'écoute pas?" dit Emmett.

"Parce que tu parles à un livre," ricana Jasper avant de redevenir sérieux. "En plus, un peut-être c'est déjà plus que ce que la plupart des humains peuvent accepter."

Venait ensuite la deuxième question, la plus importante. Si tout cela était vrai, qu'allais-je faire ? Si Edward était un vampire – j'avais vraiment du mal à formuler cette hypothèse –, comment fallait-il que j'agisse ?

Edward devint aussi immobile qu'une statue et une expression douloureuse apparut sur son visage.

Impliquer un tiers était exclu. J'avais déjà du mal à me croire moi-même ; le premier à qui je parlerais exigerait mon internement.

Il ne semblait y avoir que deux options. Un, suivre son conseil : être intelligente, l'éviter autant que possible.

"Non," dit Emmett.

"Tu réalises que tu as parié avec moi qu'elle le prendrait mal, n'est-ce pas?" demanda Alice.

"Oh mince," grogna Emmett; il n'aimait pas perdre et ce peu importait le pari. "Mais elle doit rester avec Eddy, c'est trop marrant comme ça."

Annuler nos plans, reprendre l'habitude de l'ignorer, pour autant que j'en fusse capable. Imaginer qu'une vitre épaisse et infranchissable nous séparait dans le cours que nous étions forcés de partager. Lui ordonner de me laisser tranquille – et le vouloir cette fois.

Bien que le corps d'Edward n'avait pas bougé d'un millimètre depuis le début de ce paragraphe, ses yeux devenaient de plus en plus tristes à chaque mot qu'Alice lisait.

À cette seule perspective, un désespoir brutal et douloureux s'empara de moi.

"Je pense que quelqu'un d'autre ressent ça," dit Alice en regardant son frère presque avec peur, mais la douleur dans ses yeux commença à disparaître alors qu'elle continuait à lire.

Refusant la souffrance, j'envisageai aussitôt la seconde possibilité : ne pas changer d'attitude.

Après tout, s'il était une créature... sinistre, il n'avait jusque-là rien tenté pour me blesser.

Au contraire, j'aurais été aujourd'hui encastrée dans le pare- chocs de Tyler s'il n'avait pas réagi aussi vite. Tellement vite, que cela tenait forcément du réflexe.

"Ça a dû être ça," dit Jasper.

"Il lui aurait sauvé la vie même s'il y avait réfléchi," répliqua Alice.

"Vraiment?" Jasper haussa un sourcil. "Je doute qu'il savait ce qu'il ressentait pour elle quand il a fait ça...il savait juste à quel point...son odeur était attirante et qu'il mourrait d'envie de la goûter. Mais ses instincts ont dû lui dire qu'elle était importante..."

"Tu as raison," rayonna Alice.

Mais alors, si sauver des vies était un réflexe, en quoi était-il mauvais ?

"Il n'est pas mauvais du tout," dit sévèrement Esme.

À force de peser le pour et le contre, je tournais en rond.

Je n'étais sûre que d'une chose, en admettant que je fusse sûre de quoi que ce fût. Le sombre Edward de mon rêve n'avait été qu'un reflet de ma peur du monde dévoilé par Jacob, pas d'Edward lui-même.

"Tu vois, elle ne te voit pas comme un monstre," dit Alice, en essayant de faire bouger son frère - sans succès.

Lorsque le loup-garou s'était jeté en avant, ça n'avait pas été pour lui que j'avais hurlé. Ç'avait été de crainte qu'Edward ne fût blessé, même s'il m'avait appelée en dévoilant des dents aiguisées. J'avais eu peur pour lui.

"Quoi?" dit Edward en tournant brusquement la tête vers Alice - vu que c'était elle qui lisait.

"Comme je le pensais," lui dit Alice avec satisfaction. "Tu es peut-être apparu comme un monstre, mais c'est toujours à toi qu'elle tenait le plus."

"Elle...Je..." dit Edward en semblant plus confus que jamais.

Je compris que je tenais là ma vraie réponse. Je n'étais pas certaine d'avoir réellement choisi. J'étais déjà trop impliquée.

Edward grogna à ça.

Maintenant que je savais – si je le savais – ne pouvoir rien faire au sujet de mon effrayant secret. Parce que, lorsque je pensais à lui, à sa voix, à ses regards hypnotiques, à la force magnétique de sa personnalité, je n'avais envie de rien d'autre que d'être avec lui, tout de suite. Même si... mais non, je n'arrivais pas à l'envisager.

"Même si ça devait la tuer," s'exclama amèrement Edward. "Je l'ai condamné."

"Elle t'aime..." le contredit Esme. "L'amour n'est jamais une condamnation."

Pas ici, pas seule dans la forêt qui s'assombrissait. Pas avec la pluie qui, sous la feuillée, l'obscurcissait comme à l'heure du crépuscule, et dont le tambourinement évoquait des pas feutrés. Je frissonnai et quittai rapidement ma cachette, craignant soudain que le sentier eût disparu sous les gouttes.

Il était bien là pourtant, visible et rassurant, qui serpentait hors du labyrinthe vert et humide. Je l'empruntai avec hâte, ma capuche serrée autour de ma tête, surprise de découvrir que j'étais allée aussi loin, finissant presque par courir. Je commençai même à me demander si j'étais dans la bonne direction ou si au contraire je ne m'enfonçais pas dans la forêt. Mais avant d'avoir eu le temps de céder complètement à la panique, j'entr'aperçus des espaces plus ouverts au milieu des branches entrelacées. Puis j'entendis une voiture et je me retrouvai à l'air libre, devant la pelouse de Charlie et la maison accueillante qui me promettait chaleur et chaussettes sèches.

Il était à peine midi quand je rentrai. Je montai dans ma chambre et revêtis un jean et un T-shirt, dans la mesure où je ne comptais plus sortir. J'arrivai sans trop de mal à me concentrer sur mon devoir du jour, une dissertation sur Macbeth à rendre pour le mercredi suivant. J'entrepris de rédiger un brouillon grossier, contente, plus sereine que je ne l'avais été depuis... depuis le jeudi après-midi, pour être honnête.

Il faut dire que j'avais toujours fonctionné ainsi. Me décider m'était douloureux, représentait l'étape que je redoutais le plus. Mais une fois mes choix arrêtés, je fonçais, en général soulagée d'être parvenue à trancher. Parfois, cet apaisement était teinté de désespoir, comme quand je m'étais résolue à partir pour Forks. N'empêche, c'était mieux que de me débattre face aux différentes options qui s'offraient à moi.

"Donc en résumé, il lui faut du temps pour se décider, mais une fois que c'est fait, elle est tenace," dit Edward. "Et peu importe à quel point sa décision est ridicule."

La décision que je venais de prendre était ridiculement facile à accepter.

Dangereusement facile.

"Elle ne devrait pas..." commença Edward avec colère.

"Tu ne peux pas changer son coeur, Edward," lui dit Esme en croisant son regard. "Le bien et le mal ne sont plus important désormais. Elle suit son coeur et tu devrais en faire autant."

"Mais..." dit Edward.

"Lorsque tu le feras," continua Esme comme s'il ne l'avait pas interrompu, "tout ira tellement mieux, Edward, laisse-toi juste l'aimer."

"Est-ce que tu me parles à moi ou à l'Edward du livre?" demanda-t-il avec confusion.

"Je ne peux rien faire pour l'Edward du livre, en tout cas pas pour le moment," soupira Esme. "Je te dis que tu dois te permettre de l'aimer."

"On ne s'est même pas encore rencontré..." dit Edward. "Oui, je dois bien admettre que je suis fasciné par elle et que c'est une fille remarquable mais je ne suis pas amoureux d'elle."

"Edward," soupira Esme. Il était plus amoureux de cette fille dont ils lisaient l'histoire qu'il ne le savait et il avait déjà commencé à changer. "Si tu arrêtais de t'inquiéter de ce que tu pourrais faire...profites-en tout simplement et vois où ça te mène."

"En profiter?" répéta Edward. "J'essayerais."

Bref, la journée fut calme et productive – je terminai mon boulot avant huit heures du soir. Charlie revint à la maison avec de belles prises, et je notai mentalement de dénicher un bon livre de cuisine pour accommoder le poisson lorsque j'irai à Seattle, la semaine suivante. Les frissons qui secouaient mon épine dorsale quand je pensais à ce voyage n'étaient pas différents de ceux que j'avais ressentis avant ma promenade avec Jacob Black.

"Elle t'aime vraiment," dit Jasper. "Autrement elle serait terrifiée, maintenant."

"Et je crois que ça veut dire que je gagne, Bella a réagi merveilleusement bien au fait que nous somme des vampires." Alice tendit la main et Emmett lui donna l'argent en boudant - bien que pas autant qu'en temps normal - comme il l'avait dit auparavant, il aimait beaucoup trop les réactions de Bella pour être vraiment irrité d'avoir perdu son pari.

Ils auraient dû l'être, pourtant ; j'aurais dû avoir peur, je le savais. Mais je ne parvenais pas à éprouver les bonnes craintes.

Cette nuit-là, mon sommeil fut sans rêve, tant j'étais épuisée d'avoir entamé ma journée si tôt et d'avoir passé une si mauvaise nuit la veille. Pour la deuxième fois depuis mon arrivée à Forks, je me réveillai sous la lumière jaune d'un matin ensoleillé.

"Argh, on ne peut pas aller à l'école," grogna Edward.

"Tu commences à te prendre à l'histoire?" lui demanda Emmett, les yeux pétillants.

Je filai à la fenêtre, ébahie de constater qu'il n'y avait quasiment pas un nuage dans le ciel, juste quelques petites boules de coton blanc et floconneux qui ne pouvaient décemment nous promettre de pluie. J'ouvris les carreaux – je fus surprise de voir qu'ils ne coinçaient ni ne grinçaient alors qu'on ne les avait pas bougés depuis des années –

"Peut-être que ça ne fait pas si longtemps que ça," rigola Emmett. "Si ça se trouve, Edward s'est glissé dans sa chambre toutes les nuits."

"Euh...," dit Edward en faisant une grimace. S'il avait été humain, il aurait certainement rougi.

"Tu penses que t'as vraiment fait ça, n'est-ce pas?" demanda Emmett en rigolant plus fort.

"Ça ne me surprendrait pas," dit Edward.

et respirai l'air relativement sec. Il faisait presque chaud, il n'y avait pas de vent. Dans mes veines, mon sang s'électrifia.

Charlie terminait son petit-déjeuner lorsque je descendis et il remarqua ma bonne humeur tout de suite.

Belle journée, lança-t-il en guise de commentaire.

Oui, acquiesçai-je, joyeuse.

"Je suppose que je ne peux être qu'heureux qu'il y ait du soleil," dit Edward en souriant. "Vu à quel point ça la rend si joyeuse."

Il me sourit, et des rides apparurent au coin de ses yeux. Quand Charlie souriait, il était plus facile de comprendre pourquoi ma mère s'était précipitée dans ses bras et un mariage irréfléchi. L'essentiel de ce qui en avait fait à l'époque un jeune homme romantique s'était effacé avant que je ne le connusse, de même qu'avaient disparu les boucles de ses cheveux bruns – d'une couleur, sinon d'une texture, identique à la mienne –, révélant un peu plus chaque année la peau luisante de son front.

Mais quand il souriait, je discernais l'homme qui s'était enfui avec une Renée âgée d'à peine deux ans de plus que moi aujourd'hui.

J'engloutis gaiement mon petit-déjeuner en contemplant les particules de poussière qui dansaient dans les rayons filtrant par la fenêtre.

De loin, Charlie me cria au revoir, et la voiture de patrouille s'en alla. Devant la porte, j'hésitai, une main sur mon coupe-vent. J'étais tentée de le laisser à la maison. Avec un soupir, je le posai sur mon bras et sortis dans la lumière la plus éclatante que j'avais vue depuis des mois.

Avec beaucoup d'huile de coude, je réussis à baisser presque en entier les vitres de la camionnette. Je fus une des premières à arriver au lycée ; dans ma précipitation à partir, je n'avais même pas regardé l'heure. Je me garai puis me dirigeai vers l'aire de pique-nique rarement utilisée située sur la façade sud de la cafétéria. Comme les bancs étaient encore un peu humides, je m'assis sur ma veste, bien contente de lui avoir trouvé un usage.

"J'espère que ce sera le seul usage qu'elle en fera ce jour-là," commenta Alice.

"Elle ne penserait peut-être pas ça si elle savait qu'Edward ne venait à l'école que lorsque le temps était couvert," dit Esme.

Mes devoirs étaient faits – résultat d'une vie sociale ralentie – mais je voulais vérifier quelques problèmes de maths. Je m'y attaquai consciencieusement. Cependant, à mi-parcours du premier exercice, je me surpris à rêvasser en regardant le soleil jouer sur les troncs rouges des arbres tout en gribouillant inconsciemment dans les marges de mon cahier. Au bout de quelques minutes, je me rendis compte que j'avais dessiné cinq paires d'yeux qui me fixaient. Je les effaçai avec ma gomme.

Bella ! Me héla quelqu'un. On aurait dit Mike.

Me retournant, je m'aperçus que les élèves avaient commencé à arriver pendant que je me perdais dans mes songes. Tout le monde était en T-shirt, certains même en short bien que la température n'excédât pas dix-huit degrés.

"Ben, dix-huit degrés, c'est presque la canicule, ici," dit Emmett.

Mike se dirigeait vers moi en agitant la main, vêtu d'un large bermuda et d'un polo rayé.

Salut, Mike ! Lui répondis-je.

Impossible de ne pas me montrer joyeuse par cette belle matinée. Il vint s'asseoir à côté de moi. Les pointes de ses cheveux prenaient des teintes dorées sous le soleil, un sourire réjoui fendait son visage. Il était si content de me voir que je ne pus m'empêcher de me sentir flattée.

"Oui, c'est agréable d'attirer l'attention," dit Rosalie.

"Wow, c'est la première chose positive que t'a dit depuis qu'on a commencé à lire ce livre," la taquina Alice.

"M'en fous," répliqua Rosalie en haussant les épaules.

"Je suppose que maintenant que tu sais qu'elle ne va pas raconter à tout le monde ce qu'on est, tu es contente," continua Alice.

"Pas vraiment, mais je ne suis plus aussi en colère non plus," admit Rosalie.

Je ne l'avais encore jamais remarqué, mais tes cheveux ont des reflets roux, dit-il en prenant entre ses doigts une de mes mèches qui voletait sous l'effet de la brise.

Seulement quand il y a du soleil.

Il replaça la mèche folle derrière mon oreille, je me sentis vaguement gênée.

Edward grogna à ça.

Chouette journée, hein ?

Comme je les aime.

Qu'est-ce que tu as fait, hier ? Son ton était juste un peu trop possessif.

Travaillé à ma disserte, surtout.

Je ne précisai pas que je l'avais terminée – inutile de jouer les premières de la classe.

Ah, ouais ! marmonna-t-il en se frappant le front. Elle est pour jeudi, non?

"Idiot," ricana Edward.

Euh, mercredi, je crois.

Mercredi ? Flûte... Tu as choisi quel sujet ?

« La façon dont Shakespeare dessine ses personnages féminins est-elle misogyne ? »

Il me dévisagea comme si je venais de lui parler hébreu.

"Idiot," répéta Edward et Emmett éclata d'un rire tonitruant.

J'ai bien l'impression que je vais devoir m'y mettre dès ce soir, ronchonna-t-il, morose. Je comptais t'inviter à sortir.

Oh.

Je fus prise au dépourvu. Pourquoi m'était-il devenu impossible d'avoir une conversation agréable avec Mike sans qu'elle tourne à un échange maladroit ?

"Parce que tu lui plais et que vu que tu lui parles tellement, il pense avoir sa chance," dit Edward. "Si je ne savais pas à quoi tu pensais, je parie que je deviendrais dingue en ce moment."

Emmett ricana bruyamment à ça, "J'te parie que t'es quelque part dans un arbre entrain de l'écouter et de devenir dingue."

"C'est possible," dit Edward en haussant les épaules, mais ses lèvres tressaillirent d'amusement.

Tu sais, on pourrait aller dîner quelque part... je bosserai après.

Il m'adressa un sourire plein d'espoir. Bon sang Je détestais mettre quelqu'un dans l'embarras.

Mike... Je ne crois pas que ce serait une très bonne idée.

Son visage s'affaissa.

Pourquoi ?

Mon esprit vola vers Edward et je me demandai si le sien faisait de même.

"Après son évanouissement de mardi, je parie que oui," dit Alice et Emmett éclata de rire.

Parce que... et si jamais tu répètes ce que je vais te dire, je jure que je t'étranglerai avec joie.

Emmett rigola encore plus fort à ça et cette fois-ci, les autres se joignirent à son rire.

À mon avis, ce serait blessant envers Jessica.

"Et maintenant, le Edward qui est dans l'arbre est totalement confus," rigola Alice.

"Pourquoi?" demanda Edward, avec une expression confuse sur le visage.

"Tu sais, les drames typiques de lycéens," lui expliqua Alice avec un sourire moqueur. "Est-ce qu'il lui plaît mais qu'elle doit refuser par égard pour son amie ou..."

"Okay, j'ai compris," dit Edward en secouant la tête. "Pas besoin d'être aussi énervante."

Jessica ?

Il parut ahuri. Visiblement, il ne s'était pas attendu à cette réponse.

Franchement, Mike, tu es aveugle, ou quoi ?

"Il est aveugle," dit Edward. "Elle se jette déjà sur lui maintenant et il ne le remarque même pas."

Oh ! Souffla-t-il, stupéfait.

Ce dont je profitai pour mettre un terme à la discussion.

Il est l'heure d'aller en cours, et je ne peux pas me permettre d'arriver en retard une nouvelle fois, décrétai-je en empilant mes affaires dans mon sac.

Nous gagnâmes lentement le bâtiment 3. Mike était plongé dans ses pensées. Je priai pour que ces dernières, quelles qu'elles fussent, le conduisissent dans la bonne direction.

"Loin d'elle," dit Alice.

Quand je vis Jessica, en maths, elle bouillonnait d'énervement. Elle, Angela et Lauren avaient prévu de se rendre en fin de journée à Port Angeles afin d'y acheter leurs robes de bal. Elle m'invita à les accompagner, bien que je n'eusse nul besoin d'une tenue. J'hésitai. Serait sympa de sortir de la ville avec des amies. Sauf que Lauren serait là.

"Et qui veut être en compagnie de cette sal..."

"Alice!" la réprimanda Esme.

"Désolée," lui dit Alice en semblant plus amusée qu'autre chose.

Et puis, je serais peut-être occupée, ce soir ? Mais ça, c'était laisser mon esprit vagabonder sur la plus mauvaise voie. Si le soleil expliquait ma bonne humeur, il n'était pas le seul à l'origine de mon euphorie, loin de là.

Bref, je réservai ma réponse, prétendant qu' 'il fallait d'abord que j'en parle à Charlie.

Jessica n'évoqua rien d'autre que le bal quand nous nous rendîmes en espagnol, et continua sur sa lancée, lorsque nous allâmes à la cantine, comme si rien ne nous avait interrompues. Le cours s'était terminé avec cinq minutes de retard, et j'étais bien trop excitée à la perspective de l'instant qui allait suivre pour prêter attention à ses bavardages. J'avais douloureusement hâte de le voir, lui mais aussi tous les Cullen,

"Oh, elle veut tous nous voir," s'exclama joyeusement Alice. "J'ai vraiment hâte de faire sa connaissance."

histoire de les soumettre au jugement des soupçons nouveaux qui me tourmentaient.

"C'est beaucoup moins excitant d'un coup," soupira Alice. "Oh, tant pis, je veux quand même la rencontrer."

Lorsque je franchis le seuil de la cafète, je ressentis le premier frisson de vraie peur parcourir mon échine avant de s'installer au creux de mon estomac. Allaient-ils deviner ce que je pensais ? Puis un sentiment différent m'envahit – Edward désirerait-il déjeuner encore une fois avec moi ?

"Oh, elle va être déçue quand elle va réaliser que tu n'es pas là," soupira Esme.

À mon habitude, mon premier coup d'oeil fut pour leur table. Un élan de panique me secoua quand je m'aperçus qu'elle était vide. Mon espoir retomba comme un soufflé tandis que je fouillais du regard le reste de la salle, mais je continuai de rêver que j'allai le trouver seul, attendant que je le rejoigne. En dépit de la foule, je finis par admettre qu'il n'y avait là aucune trace de la présence d'Edward ni des siens. La puissance de ma déception me paralysa.

Je suivis Jessica d'un pas traînant, sans plus prendre la peine de faire semblant d'écouter.

Nous étions suffisamment en retard pour que, à notre table, tout le monde fût déjà installé. Je préférai un siège près d'Angela à la chaise vide au côté de Mike. Je notai en passant qu'il la proposait poliment à Jessica, qui l'accepta avec une joie non dissimulée.

"Je ne pense pas qu'elles iront à Port Angeles aujourd'hui," dit Edward.

Angela me posa quelques questions discrètes sur la dissertation concernant Macbeth, auxquelles je répondis aussi naturellement que possible tout en sombrant dans l'affliction. Elle aussi me proposa de venir ce soir-là, et j'acceptai, m'accrochant désormais à tout ce qui parviendrait à me distraire.

Je compris que je m'étais agrippée aux derniers filaments d'espoir quand, entrant en cours de sciences nat, je vis que sa place était déserte et ressentis une nouvelle déception.

"Tu l'obsèdes vraiment," remarqua Emmett. "C'en est presque effrayant cette fois."

"Ben, elle vient juste de découvrir mon grand secret, c'est normal que ses émotions soient exacerbées," la défendit Edward.

Le reste de la journée s'écoula lentement, morose. En gym, nous eûmes droit à une leçon sur les règles du badminton ce qui, au moins, signifia que j'eus le loisir de rester assise au lieu de tituber sur le terrain. Le mieux fut que le prof n'eut pas le temps de terminer, ce qui m'accordait un jour de répit supplémentaire. Même si, le surlendemain, on m'armerait d'une raquette avant de me lâcher avec le reste de la classe.

Je fus heureuse de quitter le lycée pour pouvoir ronger mon frein et broyer du noir avant de ressortir avec Jessica et compagnie. Mais je venais à peine d'entrer chez Charlie que Jessica m'appela pour annuler notre projet. Je tâchai de prendre avec satisfaction la nouvelle que Mike l'avait invitée à dîner dehors ce soir-là – j'étais effectivement soulagée qu'il ait fini par piger – mais mon enthousiasme me parut faux, même à moi.

"Et maintenant, Jessica risque de penser que Bella est jalouse," dit Edward. "Et ça ne la rendra que plus heureuse."

Elle reporta notre expédition au lendemain soir.

Je me retrouvai donc privée de distractions. Je fis mariner du poisson pour le repas. On le mangerait avec une salade et du pain de la veille, si bien que la cuisine ne m'absorba pas vraiment. Mes devoirs ne me prirent que trente minutes. Je vérifiai mes mails, lus les messages de ma mère, que j'avais négligés, de plus en plus secs au fur et à mesure qu' 'ils étaient récents. En soupirant, je rédigeai une brève réponse.

Maman,

Désolée, j'étais occupée. Je suis allée au bord de la mer avec des amis. J'avais aussi une disserte à rédiger.

Mes excuses étaient minables. J'abandonnai.

Il fait beau, aujourd'hui. Je sais, moi aussi ça m'épate. Je vais sortir, histoire d'emmagasiner un maximum de vitamines D.

Bises, Bella.

Je décidai de tuer une heure avec de la lecture qui ne fût pas scolaire. J'avais emporté une petite collection de livres à Forks, dont le plus usé était une anthologie des écrits de Jane Austen. C'est celui-ci que je choisis avant de me diriger vers le petit jardin carré de derrière, prenant au passage un vieux plaid dans l'armoire à linge située sur le palier du premier étage.

Une fois dehors, je pliai la couverture en deux et la posai loin de l'ombre dispensée par les arbres, sur l'épaisse pelouse qui était toujours un peu mouillée, quelle que fût l'ardeur des rayons du soleil. Je m'allongeai sur le ventre, jambes croisées en l'air, et feuilletai les différents romans du recueil en hésitant sur celui qui m'occuperait le plus l'esprit. Mes oeuvres préférées étaient Orgueil et Préjugés et Raison et Sentiments. J'avais lu le premier récemment, si bien que je m'attaquai au second, pour me rappeler au bout du troisième chapitre seulement que le personnage principal se prénommait Edward.

"Mince, elle ne peut plus lire cette histoire maintenant," rigola Emmett.

Furieuse, je me tournai vers Mansfield Parle, mais le héros de celui-là s'appelait Edmund, ce qui était franchement trop proche. N'y avait-il donc pas d'autres prénoms disponibles à la fin du XVIIIe siècle ?

"Bien sûr que si, mais ils sont beaucoup moins cool," sourit Edward.

Agacée, je refermai le livre et roulai sur le dos. Remontant mes manches aussi haut que possible, je fermai les yeux. Je n'allais penser à rien qu'à la chaleur du soleil sur ma peau, m'ordonnai-je sévèrement. Bien que légère, la brise agitait des mèches autour de mon visage, qui me chatouillaient. Je repoussai mes cheveux en haut de ma tête et les plaçai en éventail sur la couverture avant de me concentrer de nouveau sur la tiédeur qui caressait mes paupières, mes joues, mon nez, mes lèvres, mes avant-bras, mon cou, traversait ma chemise légère...

Je repris conscience au bruit de la voiture de patrouille qui tournait dans l'allée. Je m'assis, hébétée, et m'aperçus que la lumière s'était couchée derrière les arbres, et que je m'étais endormie. Je regardai alentour, un peu perdue, avec le brusque sentiment que je n'étais pas seule.

"Peut-être parce qu'il y a un vampire qui observe le moindre de tes faits et gestes," suggéra Emmett d'une voix taquine.

"C'est probablement vrai," s'exclama joyeusement Edward et Emmett fronça les sourcils parce que ce n'était pas la réaction à laquelle il s'était attendu.

Charlie ? Appelai-je.

Mais il était en train de claquer sa portière, de l'autre côté de la maison. Je bondis sur mes pieds, bêtement nerveuse, rassemblai le plaid à présent humide et mon livre et me précipitai à l'intérieur pour mettre de l'huile à chauffer – nous mangerions en retard. Charlie accrochait son arme et ôtait ses bottes quand j'entrai.

Désolée, papa, le repas n'est pas encore prêt. Je me suis endormie dehors. J'étouffai un bâillement.

Ne t'inquiète pas pour ça, répondit-il. De toute façon, je voulais voir où en était le match.

Après dîner, je regardai la télé en compagnie de Charlie, histoire de m'occuper. Il n'y avait rien qui m'intéressât, mais comme Charlie savait que je n'aimais pas le base-ball, il zappa sur un feuilleton décérébré qui nous ennuya l'un et l'autre.

"Un parfait compromis, donc," rigola Edward.

Il avait toutefois l'air heureux de passer du temps avec moi. Et, malgré ma déprime, cela me faisait du bien de le rendre heureux.

Papa, dis-je pendant une coupure de publicité, Jessica et Angela vont demain soir à Port Angeles se chercher une robe pour le bal et elles m'ont demandé de leur donner un coup de main... ça t'embête si j'y vais avec elles ?

Jessica Stanley?

"Il semble hésitant," remarqua pensivement Edward. "Est-ce que ça veut dire qu'il ne lui fait pas confiance?"

"Sais pas," dit Emmett en haussant les épaules.

Et Angela Weber.

Je soupirai, agacée de devoir lui donner ce genre de détails.

Mais... tu n'y vas pas, toi, au bal ? Hasarda-t-il, étonné.

Non, papa. C'est juste pour les aider à choisir leur robe. Proposer un oeil critique, quoi.

Je n'aurais jamais eu besoin d'expliquer ça à une femme.

"Bien sûr que non! Et c'est complètement inutile d'essayer d'expliquer ça à un homme, ils ne comprendront jamais," dit Alice.

Il parut saisir qu'il n'était pas sur son terrain quand il s'agissait de sorties entre filles.

Dans ce cas, d'accord. C'est quand même un soir de semaine.

On partira juste après les cours, comme ça je serai rentrée tôt. Tu te débrouilleras, pour le dîner ?

Bella, je me suis nourri pendant dix-sept ans avant que tu ne viennes t'installer, me rappela-t-il.

Et je ne sais pas comment tu as survécu, grommelai-je avant d'ajouter plus distinctement : Je te laisserai de quoi te préparer des sandwichs dans le frigo, d'accord ? Sur l'étagère du haut.

Le lendemain matin, le temps était de nouveau radieux.

"Donc toujours pas d'école pour nous," soupira Edward.

"Je parie que tu dois tous nous rendre dingues dans le livre," dit Emmett. "Regarde l'état dans lequel tu es maintenant et tu ne l'as même pas encore rencontrée."

Je m'éveillai avec un espoir ravivé et tentai aussitôt de l'étouffer. En l'honneur de la chaleur, je m'habillai d'un corsage à col en V bleu marine – quelque chose que j'aurais porté en plein hiver, à Phoenix.

"Je pense que cette tenue va me plaire," dit Edward en fermant les yeux. Il essayait clairement de visualiser cette image dans sa tête. Sa parfaite mémoire la conjura facilement.

Je m'étais débrouillée pour arriver au lycée de façon à avoir juste le temps d'aller en classe. Le coeur lourd, je fis le tour du parking pour dénicher une place tout en scrutant les alentours à la recherche de la Volvo argentée qui, clairement, n'était pas là.

Je me garai tout au fond et parvins en cours d'anglais, essoufflée mais calme, avant la dernière sonnerie. Comme la veille, des bourgeons d'espérance fleurirent malgré moi dans ma tête, que je dus réduire en charpie, opération douloureuse, quand j'inspectai en vain la cantine et m'assis, seule, à ma paillasse.

Le plan Port Angeles réactivé pour ce soir-là était d'autant plus attrayant que Lauren avait d'autres obligations. J'avais hâte de quitter la ville, histoire de cesser de jeter des coups d'oeil anxieux derrière mon épaule en priant pour qu' 'il surgisse de nulle part comme il le faisait toujours. Je me promis d'être de bonne humeur et de ne pas gâcher le plaisir d'Angela et de Jessica dans leur chasse à la robe idéale. Je pourrais sans doute en profiter pour m'acheter quelques vêtements aussi. Je refusais de croire que j'allais me retrouver toute seule ce week-end à Seattle, un projet qui ne me tentait plus du tout. Il n'était quand même pas du genre à annuler sans me prévenir ?

"Ne t'en fais pas, je doute vraiment que le soleil brille encore très longtemps," dit Edward avec espoir avant de regarder Alice par habitude.

"Désolée, Edward, je te l'ai déjà dit, je ne peux pas voir le futur contenu dans ces livres parce qu'aucune décision n'est prise," soupira Alice.

Après les cours, Jessica me suivit dans sa vieille Mercury blanche jusque chez Charlie afin que j'y laisse mes affaires scolaires et ma camionnette. À l'intérieur, je me donnai un rapide coup de brosse, excitée à l'idée de sortir enfin de Forks. Je laissai à Charlie un mot lui réexpliquant où trouver son dîner, échangeai le porte- feuille usé de mon cartable contre un porte-monnaie que j'utilisais rarement et courus rejoindre Jessica. Nous passâmes prendre Angela chez elle. Elle était prête, et mon énervement grandit selon une courbe exponentielle dès que nous quittâmes vraiment les limites de la ville.

"C'est la fin du chapitre," dit Alice.

"Bien, c'est donc à mon tour," dit Edward en tendant la main vers le livre, qui disparut avant qu'il ne puisse le toucher.

"Non, j'ai décidé que je voulais lire," dit Rosalie en faisant un sourire provocateur à son frère. "Ça ne te dérange pas, n'est-ce pas?"

"Bien sûr que non," dit Edward en essayant d'avoir l'air sincère.


Nouvelles histoires postées:

-Besoin = Eric/Sookie

-Blessés = Sam/Bella

-Couvre-moi de sucre = Eric/Sookie

-Tourne le dos à la forêt = Quil/Bella

Jetez-y un coup d'oeil!


Prochain chapitre : Port Angeles

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