Note :
Oups. Heu. Bon, j'ai la désagréable impression d'avoir oublié de poster la semaine dernière. *blush*
En tout cas, voici le chapitre 7.
Bonne lecture ! ^^
Fièvre
Encore aujourd'hui, il refuse de l'admettre. Depuis des années, j'essaie de le piéger pour lui faire avouer qu'il s'était lancé lui-même un maléfice pour que ce soit à moi d'assurer la présentation. Parce que c'est tellement lui. Il se débrouille toujours pour n'avoir aucune responsabilité dans quoi que ce soit qui se rapproche de près ou de loin d'une controverse. Il remue ciel et terre, et puis il s'assoit à une certaine distance pour observer l'explosion de loin, et il revient pour se repaître des restes.
Comme un chacal.
oOo
« Tu sais, ce sort que tu t'étais lancé pour avoir la bronchite…
— Quel sort ? »
oOo
« Ça ressemble pas mal au sort que tu avais utilisé à la fin de l'affaire Jenkins.
— De quoi tu parles, Hermione ? Je ne vois rien de similaire entre cette méchante toux que Dom a attrapée et l'énorme bubon que j'avais collé sur le front suant de cette ordure de Carstairs. »
oOo
« Tu vas le reconnaître, oui ? Tu me rends dingue.
— Je suis tellement heureux. Nous sommes à égalité. Parce qu'à chaque fois que tu rentres dans la pièce, je perds la raison. Tu fais de moi un pauvre misérable qui bégaie ; je n'arrive même plus à construire mes phrases. Tes charmes évidents sont si… Aïe ! Ça fait mal ! »
oOo
« J'en ai vraiment assez. Dis-moi quel sort c'est. »
Son souffle chatouilla mon oreille.
« Ce n'est pas un sort. C'est une incantation pour…
— Oui ?
— …
— Pervers. »
oOo
Je ne le vis pas du reste de la semaine. Normalement, on se croisait bien à un moment dans l'ascenseur, ou au moins, on se retrouvait lors d'une réunion, mais pas cette semaine. Merci Merlin !
Je fus accueillie tôt le mardi matin par un mémo qui battait de ses ailes en papier avec ferveur, flottant au-dessus de mon bureau, pour me rappeler que notre dernière réunion concernant « cette affaire » était vendredi. Cela sous-entendait sans le dire que nous nous retrouverions à son appartement pour déjeuner comme d'habitude. J'avais à moitié envie d'annuler le déjeuner et de suggérer qu'on finisse ça ici au Ministère, dans son bureau ou le mien. J'avais beau faire, il m'était impossible de mettre un nom sur ce qui s'était passé dans son bureau, et je n'étais pas sûre de le vouloir. A chaque fois que je repensais à ses longs doigts et à la chaleur de sa main, mon ventre se contractait d'une manière alarmante. Si je n'avais pas su mieux que cela à quoi m'en tenir, j'aurais appelé ça de la peur.
Des mots comme énervée, furieuse, dégoûtée, horrifiée, agacée étaient normalement ce qui décrivait ce qu'il me faisait ressentir. Mais effrayée ? Si on m'avait demandé si je pensais que Drago Malefoy était quelqu'un dont il faille avoir peur, j'aurais bien ri. Ce dilettante pourri gâté et narcissique ?
Mais aujourd'hui ?
On n'entendait personne éclater de rire. Parce que, oui, il était dangereux. Je n'avais jamais ressenti le moindre besoin de m'excuser auprès de Drago Malefoy pour le mépris totalement compréhensible qu'il m'avait inspiré pendant des années, et là, juste après quelques semaines de ce projet, je me retrouvais à lui présenter mes excuses par écrit. Et, ce qui était pire, je ressentais même l'obligation de les lui remettre en main propre.
Qu'est-ce qui clochait chez moi, bon sang ?
Ça ne m'arrivait pas souvent d'admettre ne pas comprendre quelque chose, mais heureusement, mon ego normalement assez imposant laissa mon instinct prendre le dessus. Juste après cet éternuement, je laissai échapper un :
« A tes souhaits. Et bonne journée. »
Et je pris la fuite, ma main crispée sur sa lettre d'excuses. Je retournai à mon bureau en courant presque et je m'affalai sur la table, ma nuque trempée de sueur.
Mais par la suite, alors que la semaine se poursuivait, je me trouvai bien trop occupée pour penser à Drago Malefoy et aux mains de Drago Malefoy. En plus de mon travail habituel, je me retrouvai à faire celui de Carstairs. Je passai la plus grande partie de mon mardi, tout mon mercredi et pas mal de temps de mon jeudi soir à reprendre complètement un rapport officiel qu'on lui avait demandé d'écrire sur la récente élection présidentielle aux US et quelles conséquences cela aurait sur nos relations avec nos homologues américains. Il s'attendait à ce que je signe ce torchon, même si plusieurs de ses suggestions étaient en contradiction directe avec notre politique. Bien qu'il travaillât au Ministère, il n'avait pas la moindre idée de notre ligne de conduite actuelle. Si ladite ligne de conduite était venue se poser sur son bureau pour chanter Rule Britannia, il n'aurait pas été plus avancé.
Pour rendre les choses pires, il avait mal orthographié un certain nombre de noms, y compris le mien. (Il n'y a pas de « y » dans « Hermione ».)
Ça n'avait pas de rapport direct avec ce que je faisais, mais ce n'était pas la première fois que je me demandais : si un mec mate vos seins à chaque fois que vous vous trouvez dans la même pièce, est-ce qu'il ne pourrait pas au moins faire l'effort de se rappeler comment on écrit votre nom ?
A trois heures vendredi, j'avais réussi à me convaincre que toute la scène des excuses, des mains et du petit-déjeuner bizarre n'était rien de plus qu'un vestige des échanges désagréables des semaines précédentes. Armée de rouleaux de parchemin réduits pour avoir la taille d'allumettes, je Cheminai à l'appartement de Malefoy, déterminée à m'en tenir à notre boulot, manger mon repas, refuser le vin, et en finir une bonne fois pour toutes avec l'affaire Jenkins. Et après ça, on reviendrait à la normale : dégoût naturel de ma part, mépris travaillé de la sienne.
Mais toutes ces résolutions partirent en fumée le moment où je sortis de sa cheminée. Malefoy était là, sur le canapé, recroquevillé en boule d'une façon qui n'avait pas l'air confortable du tout. Ses mains, pressées l'une contre l'autre doigt contre doigt comme s'il priait, étaient dissimulées sous son oreille. Il portait ses vêtements habituels – un costume qui devait coûter l'équivalent d'une voiture pas trop grande – sa cravate était dénouée, son gilet d'homme déboutonné, et il ne portait pas de veste. En plus de ça, et c'était à s'en décrocher la mâchoire, il avait roulé ses manches. Je n'aurais pas été plus choquée s'il avait été nu.
La première chose que je ressentis fut une rage incandescente. Comment osait-il jouer les loques sur le canapé, à se remettre d'une énorme gueule de bois, alors qu'on avait du travail devant nous ? Visiblement, il avait passé la nuit précédente à séduire une pétasse à coup de champagne et vodka. A en juger par l'expression douloureuse sur son visage, il avait dû vider le quart d'une bouteille de Chopin, et une caisse entière de Taittinger à essayer de la mettre dans son lit. J'étais sur le point de me jeter sur lui toutes griffes dehors quand il leva la tête et gémit :
« Granger ? »
Il fut ensuite pris d'une quinte de toux si violente que je n'aurais pas été surprise de voir un de ses poumons sur le sol quand ce fut fini.
« Malefoy. Espèce d'idiot ! Pourquoi tu ne m'as pas envoyé un hibou ? Pourquoi tu n'es pas chez toi ? Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez Pansy pour qu'elle te laisse utiliser la magie dans cet état ? Elle est devenue folle ? Pourquoi… »
Il leva la main.
« Pas idiot. Finir le truc avec Jenkins. Elfes de maison insupportables. Rien. A Paris avec mère. Non, grinça-t-il en essayant de s'asseoir.
— Ne te fais pas plus bête que tu ne l'es. Rallonge-toi immédiatement. »
J'appuyai sur son épaule. Basculant en arrière dans un grognement, il ferma les yeux.
« Est-ce que tu as… »
Je posai la main sur son front. Il était brûlant.
Heureusement, les premiers soins était quelque chose que nous avions tous appris à maîtriser dans les trois premiers mois de la guerre. Me perchant sur cette horrible table basse à pattes d'éléphant, je gardai une main sur son front, et de l'autre je jetai un Charme Anti-Fièvre.
« Mal à la poitrine, marmonna-t-il. »
Il posa une main faible sur son sternum dans une tentative futile de réprimer une nouvelle quinte de toux.
« Dès que le charme aura commencé à agir, je te ramènerai un verre d'eau chaude. Ça devrait décontracter tes bronches. »
Il hocha la tête, mais je n'étais pas vraiment sûre qu'il m'ait entendue. Normalement pâles, ses joues étaient décorées de deux tâches bien rouges, qui ressortaient de façon criante dans son visage blême. Se recroquevillant encore plus, il commença à trembler de fièvre. Je jetai un Tempus toutes les dix secondes – attendant, attendant, attendant… Et ça ne passait pas. En fait, il était même plus chaud. Je lançai le charme à nouveau. Rien. Alors je sus ; quoi que je puisse être d'autre, j'étais une sacrée bonne sorcière, et la seule raison que ce charme avait d'échouer, c'est qu'il s'était magiquement infligé cette bronchite ou cette pneumonie – ou n'importe quelle autre stupide maladie dont il souffrait – de façon à ce que je sois la seule responsable du renvoi de Jenkins. Mais il avait fait n'importe quoi et maintenant il était tellement malade que sa magie ne fonctionnerait pas même s'il avait connu le contre-sort.
« Pauvre, pauvre idiot ! criai-je. »
Il essaya d'ouvrir les yeux mais l'effort était trop grand. Je l'attrapai par les épaules et commençai à le secouer.
« C'est quoi comme sort ? Quel est ce sort de Magie noire noire noire que tu t'es lancé à toi-même ? »
Il ne me répondit pas mais se remit à tousser. Je le tins pendant sa quinte. Bon sang, il était maigre. Il avait dû être malade toute la semaine. Je savais que si la fièvre ne descendait pas, il allait commencer à délirer. La chaleur qu'il dégageait me faisait transpirer,moi.
« Malefoy, chuchotai-je à son oreille. Il faut que tu me dises. Merlin, je t'en prie, c'est quoi comme sort ? »
Pour toute réponse, il s'affaissa contre moi en murmurant :
« Dormir. »
Je t'en foutrais des dormir, pensai-je. Je l'allongeai doucement, gardant ma main sur son front, et je pris une grande inspiration. Ok, c'était de la magie, et totalement imperméable à tous les sorts que je pouvais jeter. Il allait falloir que je règle ça à la moldue. Si ça n'agissait pas dans les quinze minutes, je le faisais transplaner avec moi à Ste Mangouste.
Je me précipitai à la fenêtre la plus proche, l'ouvrit, et pointai ma baguette en direction des appartements d'en face.
« Accio paracétamol! »
J'entendis un bruit de verre brisé, et puis plusieurs flacons de paracétamol arrivèrent à toute vitesse dans la pièce, arrêtés par le mur derrière moi. Parfait. Je fis un large cercle avec ma baguette et criai « Reparo», espérant contre toute logique que ça réparerait toutes les fenêtres. Je n'avais pas le temps de faire mieux. Je me précipitai dans la cuisine, y pris le premier verre que j'y trouvai – un verre à cognac en cristal de Waterford – et le remplis d'eau. Revenant en courant dans le salon, j'attrapai la boîte de cachets la plus proche de moi, et en sortis quatre, ce qui n'était peut-être pas la meilleure des choses à faire – pas pour son estomac en tout cas – mais c'était le dernier de nos soucis.
« Malefoy, tu peux t'asseoir ? aboyai-je.
— Non. Parle trop fort, se plaignit-il. »
Sale type ! J'utilisai un Wingardium Leviosa pour le redresser. Il me regarda en clignant des yeux.
« Je me sens vraiment pas très bien. Ne refais pas ça.
— Ouvre la bouche et avale ça. »
Il fronça les sourcils.
« Tout de suite ! ordonnai-je. »
Il ferma les yeux à nouveau mais au moins il ouvrit la bouche. Je lançai les cachets dans le fond de sa gorge, et je levai le verre jusqu'à ses lèvres. Je mis de l'eau partout en essayant de lui faire avaler les cachets, et le fait qu'il ne se plaigne pas du fait que j'avais trempé sa chemise montrait bien à quel point il était malade. Il fit mine de se rallonger.
« Non, certainement pas. Dans la salle de bain. Maintenant. Allez viens. Appuie-toi sur moi. »
Il fallait qu'il prenne un bain froid. Il se passerait plusieurs minutes avant que le paracétamol ne commence à agir. S'il agissait. Il grogna mais parvint à se mettre sur ses pieds avec un peu d'aide, et on traversa son appartement avec moi qui le portais quasiment. J'essayais de ne pas paniquer, mais il était littéralement brûlant. La chaleur qui se dégageait de son corps pénétra mes vêtements en quelques secondes. Une fois qu'on fut arrivé dans la salle de bain, je l'appuyai contre un mur, tournai le robinet et commençai à le déshabiller.
« Tu es le type le plus énervant au monde. Si tu n'étais pas déjà à moitié mort, je te tuerais. Attends, viens, enlève le… Oui, la chemise, maintenant. Le pantalon, si tu veux bien ; lève ton… Les chaussures, là. Oh, pour l'amour de Dieu, ces lacets… Tu as mangé, cette semaine ? Je suis sûre que tu as perdu au moins cinq kilos, et tu es bien trop… Mets une main… Tu es… Voilà, oui, maintenant tu t'assois… Je sais que c'est froid, mais ça va faire baisser la fièvre. Je t'en prie ! »
Il grommela, gémit, et je crois qu'à un moment il rugit carrément, mais il se laissa lentement immerger dans l'eau froide. Attrapant le verre, je commençai à verser de l'eau sur ses épaules, une main toujours plaquée sur son front. Je comptais. Vingt, trente, quarante. Si quand j'arrivais à deux cents, il n'y avait toujours pas d'effet, c'était bon. Nu ou pas, mouillé ou pas, je l'attraperais sous les bras et…
Ça fit de l'effet. Je ne sais pas si c'était l'eau froide ou les cachets, mais quand j'arrivai à cent quarante trois, la température avait baissé. La fièvre n'avait pas disparu, mais je n'avais pas besoin de le transplaner à Ste Mangouste d'urgence.
« G…g…g…gèle, bégaya-t-il en commençant à trembler de manière incontrôlable. Je crois que mes couilles vont disparaître.
— Mais non, elles vont bien. Encore une minute et tu pourras aller au lit. »
Il était allongé dans la baignoire, avec les genoux relevés, et sa tête protégée de l'émail dur de la baignoire par une serviette que j'avais roulée pour lui servir d'oreiller. Alors que ses yeux étaient toujours fermés, il parvint à lever un sourcil avant de grimacer comme si cela le faisait souffrir.
« Tu as re…re…regardé, hein ? dit-il avec un soupçon de son toupet habituel.
— Non, répondis-je d'un ton guindé. J'en sais assez sur l'anatomie masculine pour être certaine qu'un bain froid ne leur fera aucun mal. C'est pas pire que de faire trempette à la mer. »
Un petit sourire apparut.
« Il faudra qu'on aille à la mer ensemble et qu'on te…te…teste la température. Je serais bien tenté par Torquay. Mais juste si tu es n…n…nue toi aussi. Ce n'est que ju…j…justice. »
Je reniflai.
« Tu vas mieux. On dirait presque que tu es normal. J'entends par là, « salace ». Lève-toi, on va te sécher et te mettre au lit. »
Je le frictionnai avec une serviette et il ne dit pas un mot, se contentant d'agripper mon épaule pour ne pas tomber. Il tremblait toujours. Je ne regardai pas. Sécher son entrejambe ne suscita pas de remarque grivoise, et je commençai à m'inquiéter à nouveau.
Je me redressai pour vérifier son front à nouveau.
« C'est le boulot de Pansy, ça, murmurai-je. »
Je poussai un soupir de soulagement. Il était tiède, mais pas de façon alarmante.
« Elle est nulle pour ce genre de trucs, admit-il. Tout ce qui est mé…m…mé…médical ? Absolument bonne à rien. Dom s'est cassé un bras quand il avait trois ans, et elle a été en crise pendant des heures. Merci. Je me sens juste à moitié mort maintenant. »
Il frissonna une fois de plus et puis pencha la tête juste un peu pour m'offrir un sourire faible.
Et c'était là, la chute du masque. En dépit des cheveux gris, il y avait toujours chez lui quelque chose de sans âge. Malefoy avait l'air d'avoir perpétuellement trente-quatre ans. Quand il était plus jeune, il avait eu l'air plus vieux ; maintenant qu'il était plus vieux, il semblait plus jeune. Il s'était arrêté à un âge où il paraissait jeune sans avoir l'air d'un blanc-bec pour autant. Là, il faisait toutes ses années. Ce qui était hallucinant, c'est qu'il me laisse le voir ainsi. Il n'y avait pas de bon mot bien placé ou de trait d'esprit derrière lequel se cacher. Pas de sourire hautain ou arrogant.
Je laissai retomber ma main.
« Je ne pense pas que je serais très enthousiaste à l'idée qu'une autre femme donne un bain à mon mari, que j'aie une phobie de ce qui est médical ou non. »
Encore une fois, ce petit sourire fatigué.
« Oh, oui, tu sais, nous les aristocrates dépravés… Faire une orgie, se faire donner un bain par une collègue. Tout ça c'est la même chose pour nous. Putain, je me sens trop mal. »
Il tendit la main pour son peignoir qui était pendu au dos de la porte. Quand je le vis, je soufflai de dégoût. Evidemment, c'était un de ces ridicules trucs en soie noire au prix indécent, qui, en d'autres circonstances, lui aurait peut-être donné un air débauché et sexy. Le contraste entre ses cheveux clairs et la nuit profonde de la soie était frappant.
« Tu n'as rien de mieux que ça ? »
Un truc tout bête en pilou aurait fait l'affaire. Je levai ma baguette pour métamorphoser la chose en un vêtement plus approprié. Il me jeta un regard noir et leva la main.
« Tu es folle ? Ce kimono m'a coûté trois cents livres.
— Je suppose qu'il est impensable que tu aies un pyjama quelque part dans cet antre de débauche ? rétorquai-je. »
Il serra le peignoir autour de sa taille et noua la ceinture. Merlin, il était maigre à faire peur.
« Pourquoi faire ? répondit-il. Je veux dormir. J'ai l'impression d'avoir un éléphant de plusieurs tonnes sur la poitrine.
— Tu vas me dire quel est le contre-sort pour ce maléfice ? »
Sa réponse fut de s'engouffrer dans la chambre et de se glisser sous les couvertures. Trente secondes plus tard, il dormait.
Après avoir métamorphosé une de ses serviettes en une couverture en laine bien épaisse, et l'avoir bordé dessous, je retournai dans le salon et fermai la porte derrière moi. Il allait peut-être falloir que je supplie pour lui, mais je ne voulais pas qu'il m'entende. Avec un soupir qu'on aurait pu entendre jusque Cardiff, j'ouvris mon portable.
oOo
Dans chaque famille, il y a toujours une branche un peu pourrie, et dans le clan Granger, c'était ma Tante Janet qui avait cet honneur. Mon père avait toujours soutenu que ses parents l'avaient trouvée sur un banc d'église, avaient eu pitié et l'avaient adoptée ; le fait qu'elle et mon père soient jumeaux n'entrait apparemment pas en ligne de compte. Elle avait épousé un homme qui était son parfait égal, rictus pour rictus. Un sacré exploit. Le vieux proverbe selon lequel les opposés s'attirent n'avait pas fonctionné dans ce cas-là. Ils étaient plus comme d'affreux petits pois dans la même cosse. Que ce soit acquis ou inné, leurs gamins étaient aussi arrogants qu'eux et personne ne pouvait les supporter.
Ce qui n'aurait pas eu la moindre importance si je n'avais pas été une sorcière. Aucun d'eux, à l'exception de ma cousine Caroline, n'était particulièrement intelligent. Mais étant une sorcière, je ne pouvais pas vraiment leur parler de mon travail au Ministère de la Magie (l'une des plus jeunes directrices de département qu'il y ait jamais eu.) La version officielle était que j'étais archiviste dans un ministère moldu. Ce mensonge avait été suivi d'un second : Ron travaillait également au Ministère, comme concierge. Si je nous avais donné des carrières un tant soit peu alléchantes, ma tante se serait sentie obligée de poser des questions trop curieuses. Telles qu'étaient les choses, elle pouvait faire sentir à ma mère que ses enfants grimpaient les échelons à toute vitesse, tandis que la fille unique de son frère était une archiviste mariée à un concierge. Heureusement, elle prenait à peine note de notre présence aux rares repas de famille, se contenant de vérifier avec jubilation qu'on avait toujours les mêmes postes barbants. Ron, au courant du mensonge, se plaignait de façon audible à chaque fois qu'il était près d'elle qu'il avait d'horribles ampoules à force de manier un balai toute la journée.
Nous avions le même âge, Caroline et moi, et, naturellement, nous avions été de grandes rivales jusqu'à ce que j'aille à Poudlard. D'une façon ou d'une autre, mes parents avaient réussi à se débarrasser des questions sur où exactement j'allais à l'école. Mon oncle et ma tante en avaient bien sûr profité pour en tirer leurs conclusions et supposaient que j'allais dans une espèce d'internat/prison pour ados délinquants. Et je ne pouvais pas franchement leur retirer cette idée de la tête vu qu'en réalité j'allais dans un internat pour sorciers. Ça rendait les repas de famille très pénibles : Tante Janet faisait le service dans des assiettes en papier accompagnées de couverts en plastique parce qu'elle avait la trouille que Ron et moi ne piquions l'argenterie et la porcelaine.
Ron aurait méprisé Caroline par principe – puisqu'elle était l'un des rejetons de la détestée Tante Janet – mais Caroline méritait par elle-même qu'on la déteste. Elle savait qu'on ne pouvait pas avoir d'enfants (ce qui avait nécessité un autre énorme mensonge) et que c'était horrible pour nous, mais elle ne manquait jamais de me régaler d'histoires interminables sur les siens, finissant toujours par « Vous avez pensé à adopter ? »
Mon bonjour poli et mon « la famille va bien » furent suivis d'un catalogue par le menu des réussites universitaires incroyables de Beowulf et Gladys. Je n'en attendais pas moins. Finalement, quand elle s'arrêta pour reprendre sa respiration trente minutes plus tard, je saisis ma chance.
« Caroline, je peux te parler d'un truc ? »
Sans lui laisser la chance de répondre, je continuai :
« La Sécurité sociale. Mon Dieu, ce pays part en miettes. »
Vu que son père partait dans ce genre de diatribes à chaque repas de famille, je me doutais bien que ce genre de remarques serait en phase avec les âneries conservatrices qui devaient avoir sa préférence.
« Ils ont diagnostiqué une pneumonie à Ron, et ils l'ont renvoyé à la maison avec une boîte de paracétamol. »
Avec quiconque d'autre, j'aurais dit que c'était pour un ami, mais je voulais ces médocs maintenant. Elle aurait pu rechigner à prescrire quelque chose à une personne qu'elle n'avait jamais vue, mais j'espèrais que pour Ron elle signerait le truc sans trop de questions.
« Typique, renifla-t-elle. »
Oui, en politique non plus, les chiens ne faisaient pas des chats.
« Oui, il n'y a qu'à espérer que les Tories passeront aux prochaines élections et qu'ils mettront fin à cette farce de la Sécurité sociale. »
Je me ferais pardonner pour cette déclaration outrageuse en envoyant un joli chèque aux Travaillistes à la prochaine élection.
Pour éviter que Caroline ne parte encore une fois dans un long monologue, je poursuivis immédiatement :
« Ça t'embêterait de faire une ordonnance pour Ron, pour des antibiotiques. Il est vraiment mal, avec une fièvre terrible. »
Caroline était peut-être quelqu'un d'horrible, mais c'était un très bon docteur. Et elle me connaissait. Je n'étais pas le genre d'hystérique qui faisait une crise au moindre reniflement. Si je disais que Ron était malade, c'est qu'il était malade. Cinq minutes plus tard, après avoir fait la liste de tous les symptômes de Malefoy en détail, elle promit d'envoyer une ordonnance pour des antibiotiques à la pharmacie la plus proche ; j'y prendrais aussi du sirop pour la toux et de la codéine.
Encore dix minutes à critiquer les Travaillistes au gouvernement, et je raccrochai.
Je passai vérifier comment allait Malefoy avant de partir pour la pharmacie. Il n'avait pas bougé. Même si sa respiration était difficile, la fièvre n'avait pas augmenté. Je m'assis sur le lit un moment et le regardai dormir. Il faudrait qu'il mange quelque chose bientôt, peut-être un bouillon de poulet. Je ne pensais pas que les Chevalier pourraient livrer quoi que ce soit qui lui fasse envie. Je prendrais deux boîtes de soupe à Boots, et une bouteille de ginger ale. Une fois que je lui aurais fait avaler sa soupe, je réchaufferais le plat que les Chevalier avaient envoyé. Mais je n'avais pas mangé depuis six heures, et je commençais à avoir la tête qui tournait. Je ne pouvais même pas prendre un thé, parce qu'il n'y avait pas une seule feuille de thé et encore moins de théière dans cet appart de cauchemar. Est-ce que je prenais le temps d'aller chez moi, prendre un pyjama, du thé et une théière ? En transplanant, ça ne prendrait que dix minutes…
« Malefoy, je vais faire des courses et passer chez moi. »
Pas de réponse.
Je posai doucement la main sur son épaule et le secouai juste un peu.
« Malefoy. »
Rien.
« Drago. »
Il ouvrit les yeux.
« Il faut que je sorte. Je vais te ramener des médicaments moldus. Ça ira ? »
Je m'attendais à un conflit – une déclaration fatiguée mais grandiloquente comme quoi il refusait de consommer quoi que ce soit de moldu. Je me préparais pour la dispute inévitable. Il tourna la tête, déposa un baiser sur la main que j'avais posée sur son épaule, et se rendormit.
Je n'arrêtai de trembler qu'en atteignant Boots.
oOo
Même si je fis ça à toute vitesse, la visite à Boots et le passage éclair chez moi me prirent quand même un peu plus d'une heure. Heureusement, il était toujours endormi, même si son front était un peu plus chaud que je ne l'aurais voulu. De la soupe, une tasse de thé bien chaude et sucrée, et une dose d'antibiotiques tiendraient la fièvre à distance jusqu'à ce que je puisse lui redonner du paracétamol. D'abord, il fallait que je lui fasse prendre la soupe, ensuite seulement les médocs. Les antibiotiques, la codéine et le paracétamol n'étaient pas une bonne idée l'estomac vide.
Le décorateur d'intérieur avait eu la bonne idée de pourvoir la cuisine de tout un assortiment de casseroles et de poêles qui n'avaient jamais été utilisées. Je ne sais pas pourquoi j'étais surprise et énervée par cela. Cet appartement ne servait qu'à y ramener les filles qu'il séduisait et avec qui il couchait. Rien ne le montrait aussi bien que des casseroles et des poêles jamais utilisées et le fait qu'il n'y ait pas de théière. Je ne sais pas pourquoi ça me faisait autant enrager. Je n'étais pas une prude. Et si Pansy ne voyait rien à redire quant à l'attitude méprisable de son mari, ce n'était certainement pas mes affaires.
Et pourtant, ça m'embêtait. Pas qu'un peu. Et surtout parce que ça n'était pas le Malefoy que je connaissais maintenant. Oui, c'était une parfaite image de l'homme qu'il était avant toute cette affaire avec Jenkins, mais plus maintenant. La décoration me restait en travers de la gorge. Tout ce cuir et ce chrome, pas un meuble ancien en vue, c'était énervant. Bon sang, il n'avait même pas un pyjama dans cet appart. La colère et une faim extrême – j'étais si affamée que j'aurais pu mâchonner le tapis – me donnèrent une énergie du tonnerre et en l'espace de quelques minutes la soupe était sur la table, avec des cordons bleus de chez les Chevalier, et le thé était en train d'infuser.
Après une longue séance de marmonnements, Malefoy se sortit finalement du lit. Il fit un geste en direction des toilettes et je rougis. C'était juste stupide ; je l'avais vu nu avant.
J'étais en train de servir le thé quand il revint. Il s'arrêta pour m'examiner.
« Quoi ?
— Tu as l'air aussi peu à ta place ici qu'une araignée sur une pièce montée. Une vraie femme d'intérieur, dans mon palais de chrome et de verre. Comment tu l'avais appelé ? L'antre de la débauche ? »
Je jetai un regard rapide autour de moi et pinçai les lèvres.
« C'est ignoble. Je ne sais pas comment tu fais pour le supporter. Ce n'est même pas… »
Je me mordis la langue. Il marcha jusqu'à la table en traînant des pieds et s'assit lentement.
« Comment tu te sens ? Du thé ?
— Comme si on m'avait battu à mort, mais je vais y survivre. Oui, pour le thé. Cette soupe a l'air… d'une soupe aux nouilles.
— C'est chaud et nourrissant.
— Nourrissant je sais pas, mais chaud, oui, ça a l'air. C'est trop facile de te faire sortir de tes gonds. Même pas quoi ? L'appart, je veux dire.
— Et bien… toi. Ce n'est même pas toi. Je veux dire… Ce truc. »
Je pointai du doigt le faux Picasso généré par ordinateur au-dessus du buffet.
« Vraiment ? Je me sens flatté que tu penses que je ne suis pas si vain, et insulté que tu penses que j'ai mauvais goût. »
Avec un soupir, il reposa sa cuillère.
« Je ne peux pas en manger davantage. C'est ignoble. On dirait que ça sort d'une boîte de conserve.
— C'est parce que ça sort d'une boîte de conserve. Je voulais vraiment partir à la chasse au poulet, l'égorger moi-même et faire un bouillon ; et pendant que ça mijotait, passer à Covent Garden pour prendre des pâtes fraîches, et puis louer une voiture pour parcourir le Sussex et t'en ramener les plus jolies carottes possibles, mais bon, je pensais que sauver ta vie après que tu te sois lancé un maléfice raté était plus important. Suis-je bête… »
Je lui tendis ma fourchette.
« Tu veux un peu de cordon-bleu ? »
Il fit la grimace.
« Seigneur, non. Et moi qui pensais que tu étais parfaite. Je m'attendais à ce que tu fasses les deux. Tu remportes un vingt sur vingt pour le thé, cela dit. »
Il leva sa tasse.
« On dirait que ça vient de ta cuisine. Utilitaire et hideux.
— Je ramènerai le service Spode la prochaine fois.
— J'y compte bien. Les cachets sur la table sont pour moi ? »
Il avala les pilules sans se plaindre, et il avait commencé à se lever quand il vit le pyjama, toujours dans son plastique, que j'avais jeté sur le canapé – un cadeau de Grand-tante Hortense pour Ron.
« S'il te plaît, dis-moi que j'hallucine, demanda Malefoy en montrant le pyjama du doigt. »
Je lui jetai un regard sévère.
« On t'a déjà dit que tu es vraiment très douée pour les regards noirs ? C'est le pyjama le plus laid que j'ai vu de toute ma vie, et crois-moi, j'ai de l'expérience en la matière. Rappelle-toi, j'étais l'arbitre pour le concours de danse des Higlands à la fête de Noël du Ministère. Mais même si ce n'était pas le cas, je ne le porterais pas par principe. A l'évidence, ton mari n'en a pas voulu, même lui a assez de bon sens pour se rendre compte que c'est importable. Même Oxfam n'en voudrait pas. Mon conseil ? Brûle-le. Si Weasley refuse de le porter parce que c'est moche… Et bien, je crois que ça veut tout dire.
— Ron déteste les pyjamas. Il dort, heu, enfin… il dort… »
Je remuai mon thé pour détourner l'attention de mes joues rougissantes.
« …dans rien.
— J'ai rien compris. Ha. Même penser fait mal. Je suppose que tu voulais dire qu'il dort sans pyjama. Evidemment, si tu étais ma femme, j'enlèverais mes fringues à la seconde où je serais à la maison.
— Ça tient chaud…
— Et c'est hideux. C'est probablement sectaire et idiot de ma part, mais je vais suffisamment bien pour refuser qu'un truc de cette couleur fuchsia s'approche de moi. Ce serait trop facile de me faire chanter avec ça. Une photo de moi portant cette chose, et je ne pourrais plus jamais me montrer à Milan. Maintenant il faut que j'arrête de parler parce que ma poitrine me fait un mal de chien. »
Ce qui me rappela qu'il lui fallait une cuillère de sirop et de nouveau du paracétamol. En plus de ça, je fis couler l'eau chaude dans le lavabo de la salle de bain et le fis se pencher au-dessus de pour décoller toutes les saletés dans ses bronches. Pendant que la vapeur agissait, je secouai les oreillers et jetai un Scourgify sur les draps. Il avait eu des médicaments, de la soupe et du thé, je pouvais partir sans me sentir trop coupable.
« Il faut que j'y aille, dis-je en le bordant. »
Il posa sa main sur mon poignet.
« Je m'excuse d'avoir insulté ta soupe en boîte. Reste. Tu sais que je suis neuneu. Je vais oublier de prendre les médicaments et puis je vais mourir et ça sera ta faute. »
Il tendit les lèvres en avant dans une fausse moue boudeuse.
« On sait tous les deux très bien que tu es loin d'être neuneu et que c'est une grosse blague. »
Je retirai ma main mais ne pus résister à la tentation de repousser une mèche de cheveux qui tombait sur son front.
« Il faut que je rentre chez moi. Ron appelle par Cheminée à neuf heures depuis les US. Je reviendrai plus tard voir comment tu vas. »
J'étais arrivée à la porte quand je l'entendis dire d'une voix endormie :
« Je changerai l'appart. »
oOo
L'enthousiasme de Ron pour les Etats-Unis ne connaissait pas de frontière. Après m'être assurée que oui, il revenait par Portoloin le dimanche après-midi, je le laissai radoter. Il suggéra même qu'on oublie la Grèce l'été prochain et qu'on aille camper au Yellowstone, un endroit plein de choses merveilleuses, y compris des ours qui arrachaient les portes des voitures quand ils cherchaient des chips. Après ce qui s'était passé pendant la guerre, la seule mention du mot « tente » me remplissait d'angoisse. Je répondis avec un enthousiasme feint, mais je n'avais pas la moindre intention de camper à nouveau une seule fois dans ma vie. Je savais bien que l'idée de bronzer sur les plages grecques et de passer du temps avec sa famille retrouverait son charme d'ici août.
Il était juste dix heures quand je revins à l'appartement de Malefoy. Il était assis sur le lit, endormi, sa tête penchait d'un côté. Même si ses joues avaient perdu la rougeur due à la fièvre, son front n'était pas aussi froid que je l'aurais voulu. Il sursauta quand je le touchai et murmura d'une voix ensommeillée :
« Je pensais pas que tu reviendrais. Il est quelle heure ?
— Juste dix heures. Tu es prêt pour tes médicaments ? »
Après avoir avalé ses cachets, il se poussa sur le côté gauche du lit, se blottit sous les couvertures et me tourna le dos.
« Je me sens seul. Reste jusqu'à ce que je m'endorme. S'il te plaît ? La lumière me gêne pas. »
Il agita la main en direction de la commode, qui était couverte de rouleaux de parchemin.
« Mon compte-rendu final sur Jenkins. »
Je me réveillai à l'aube, horrifiée de m'apercevoir que j'étais tombée endormie en lisant ses notes. Il y avait des rouleaux de parchemin partout sur le lit. Je ne sais pas comment il s'y était pris, mais j'étais sous les couvertures. Nous étions sur le côté, lui dans mon dos, blottis l'un contre l'autre, nos mains entrelacées. Exactement la position dans laquelle je dormais avec Ron chaque nuit.
N'ayant jamais dormi qu'avec un seul homme de toute ma vie, je pris une minute de plaisir coupable à savourer cela. Au fil du temps, Ron s'était épaissi. Il ressemblait maintenant à son père quand celui-ci avait quarante ans, solide, bien loin du gamin dégingandé que j'avais épousé. Ça ne me posait pas de problème. Les kilos lui allaient bien, atténuaient ses angles. On était bien, blotti contre lui, au chaud. Malefoy était moins grand que Ron, alors ses genoux s'encastraient mieux dans le creux des miens, et mon derrière trouvait sa place tout naturellement contre son ventre. Non, ça n'avait rien à voir avec Ron. C'était plus proche, plus possessif : son torse collé contre mos dos, la soie de son peignoir entre nos deux corps. En dépit des couvertures épaisses, son corps était frais contre le mien ; la fièvre avait dû tomber durant la nuit.
Je mentirais si je disais qu'être comme ça avec lui me semblait bizarre ou mal. En vérité, c'était merveilleux. Je pouvais sentir son érection contre mes fesses, et sa respiration tiède chatouillait ma nuque. S'il se réveillait et posait ses lèvres dans mon cou, j'étais foutue. Mes mamelons me picotèrent rien que d'y penser.
Et maintenant, je savais quel était le truc atroce qui m'avait serré les entrailles l'autre matin dans son bureau.
Du désir.
Je sortis du lit et utilisai ma baguette pour rassembler et plier en silence les rouleaux de parchemin pour qu'ils rentrent dans ma poche. Je venais de lâcher la poudre de Cheminette lorsque j'entendis un faible « Hermione ? » Je sortis de la cheminée et atterris dans mon propre salon, mes joues maculées de suie et de larmes.
