Je me possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën, Gohenlass et Glordrim sont des créations qui m'appartiennent.
Septième chapitre de ma fic "l'histoire d'un roi" qui tente de combler les lacunes dans l'histoire de Thranduil et de sa famille.
Dans ce chapitre, alors que Thranduil et sa famille sont en route pour rendre visite à Elrond et Celebrian à Imladris, ils sont attaqués par un groupe d'orcs qui leur tend une embuscade.
En espérant que cela vous plaise et surtout n'hésitez pas à me laisser un message en commentaire !
Bonne lecture
PS : Au fait pour parcourir mes fics avec un semblant d'ordre chronologique, passez sur mon profil !
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L'HISTOIRE D'UN ROI
Chapitre 7 : En chemin pour Imladris
Le printemps était verdoyant et les premières fleurs faisaient leur apparition. Thranduil appréciait ce moment précis, comme il appréciait aussi de pouvoir sortir un peu de son palais et de Vertbois qu'il trouvait de plus en plus oppressant. Il avait laissé Galion gérer les affaires courantes de la cité et avait décidé de prendre la route pour rendre visite à son ami Elrond et à son épouse Celebrian. Cela lui permettrait d'oublier un peu ses préoccupations et surtout ce serai la première sortie hors de leur frontière pour Arenor. Le petit elfe avait 5 ans à présent et il avait sauté de joie lorsque son père lui avait annoncé qu'il allait rencontrer d'autres elfes dans une magnifique cité dans les arbres. Ce n'était pas que le palais souterrain des elfes de Vertbois manquait de beauté, mais la cité elfique dirigée par Elrond ressemblait à un paradis même pour Thranduil. Les arbres s'enroulaient autour des gracieuses constructions dans une harmonie parfaite. Un calme et une sérénité se dégageait des lieux comme nulle part ailleurs en la Terre du Milieu…
Arenor était monté sur le cheval de son père, son dos fermement appuyé contre sa poitrine et observant les alentours avec une soif de découverte qui faisait sourire Thranduil. Le petit garçon voulait tout connaître… Idelwën chevauchait à leur côté, souriant devant l'enthousiasme de son fils et la légère insouciance de son père qui semblait, pour le moment, avoir chassé les idées sombres qui l'obscurcissaient de plus en plus, tout autant que la forêt qu'ils habitaient…
Gohenlass se trouvait deux pas en arrière avec les cinq gardes qu'il avait choisi pour accompagner le couple royal et leur enfant. Le jeune capitaine refusait de les laisser partir sans lui. Il voulait être là si jamais ils avaient besoin de lui pour assurer leur protection… Non pas qu'il pensait qu'ils ne pourraient pas le faire sans lui… Bien au contraire ! Il avait déjà vu Thranduil se battre et il connaissait la dextérité de son roi… Mais ils étaient comme sa famille et il aurait été trop inquiet de les savoir parti sans lui… Le sourire que Thranduil lui avait adressé lorsqu'il s'était porté volontaire pour diriger l'escorte, lui avait fait comprendre une nouvelle fois que le roi ressentait les mêmes sentiments pour lui… Il était un peu plus que son capitaine…
Arenor était en train de s'extasier devant une plante qu'il ne connaissait pas lorsqu'une légère bourrasque de vent balaya le groupe. Thranduil se figea et immobilisa sa monture assez brusquement pour que Gohenlass comprenne que quelque chose était en train de se passer.
- Aran nìn (mon seigneur) ? Demanda le jeune capitaine avec un air inquiet.
Thranduil ne lui répondit pas, mais cramponna son fils d'une main et empoigna son long sabre de l'autre une fraction de seconde avant que les orcs ne déboulent sur leur droite en poussant de grands cris. Les chevaux des elfes piaffèrent et s'affolèrent un peu mais, le roi murmura quelques mots doux en elfique et ils se calmèrent.
Toutefois, les orcs étaient nombreux et leur charge brutale. Thranduil eut juste le temps de tendre son fils à Idelwën, qui le prit dans ses bras avant que l'une des immondes créatures ne tente de sauter vers lui pour le désarçonner. Le roi l'accueilli par un puissant revers de sa lame que le décapita. Mais, un autre orc blessa le flanc de son cheval qui se cabra sous la douleur. Thranduil sauta lestement de la monture pour s'éviter une chute non contrôlée et pivota sur lui-même pour faucher deux orcs de plus pendant que les hommes de son escorte se mirent à combattre sur sa droite pour tenter de bloquer le flot des ennemis.
Idelwën passa un coup de talon à un assaillant, lui brisant le nez avant de sauter de son cheval à son tour. Perchée sur la bête, la jeune femme savait qu'elle ferait une cible trop facile et puis, tout le monde combattait au sol et, même si elle avait la charge de protéger son fils, la jeune femme était prête à se battre…
Cela était l'une des particularités des elfes sylvains, contrairement aux autres, tous les elfes recevaient, sans distinction, un entraînement militaire poussé dès qu'ils étaient en mesure de tendre un arc ou de brandir une épée… C'était cela qui les rendaient dangereux sur un champ de bataille car chaque elfes des bois était un guerrier aguerri. Idelwën ne dérogeait pas à la règle… Même si la jeune femme était surtout une redoutable archère, elle savait manier une lame avec une habilité qui n'avait pas grand-chose à envier à celle de son époux. Son fils toujours au bras, elle tendit la main vers la selle de son cheval et empoigna son épée d'un geste ample et assuré. Les deux orcs qui tentèrent de la prendre pour cible, ne purent que vérifier que sa pratique du combat valait celle des autres car, elle ne leur laissa aucune chance de s'approcher, tranchant dans leur chair et les éliminant en les pourfendant d'un geste sûr. Toutefois, la jeune femme savait qu'elle ne combattait pas que pour elle. Elle se devait de protéger son fils. Alors, elle recula de quelques pas pour se mettre à l'abri, observant avec inquiétude le combat qui se déroulait en face d'elle.
Thranduil tournoya avec grâce sur lui-même et occis deux ennemis de plus tout en surveillant le combat qui se déroulait autours de lui. Son regard se posa sur Idelwën qui vint à bout facilement de deux orcs imprudents avant de s'éloigner du combat pour mettre leur fils à l'abri. Thranduil fut touché par le sang-froid du petit garçon qui ne parut pas plus affolé que cela malgré la violence qui se déchaînait autours de lui. Légèrement moins attentif à cause de son inquiétude pour sa famille, Thranduil ne fit pas attention à un orc tentant de le prendre en traître en arrivant dans son dos. Toutefois, Gohenlass réagit plus vite et le jeune elfe le décapita d'un coup sec. Le roi comprit qu'il venait de le sauver et lui adressa un léger sourire avant de reprendre le combat.
Les orcs n'étaient pas des adversaires redoutables mais, leur dangerosité venait de leur nombre et Thranduil s'inquiéta parce que le groupe d'assaillant paraissait nombreux. En effet, malgré être parvenu à en abattre facilement une bonne dizaine, il lui semblait toujours aussi nombreux et cela commençait à l'inquiéter… Oh, pas pour lui… Thranduil avait survécu à bien pire… Mais pour sa famille… Les visions terribles qui le hantaient certaines nuits revinrent le frapper… Des visions dans lesquelles il voyait la mort d'Idelwën et d'Arenor… Une mort donnée par la main des orcs et une mort qui le détruisait un peu plus à chaque cauchemar… Jamais le roi n'accepterait de les perdre… Jamais il n'accepterait de leur survivre et ce fut-là, en tournant la tête dans leur direction qu'une vision d'horreur le glaça sur place…
Idelwën, qui tenait toujours le petit Arenor dans les bras pour le protéger, venait de faire passer de vie à trépas, un orc qui avait tenté de la charger. Toutefois, ce n'était pas cela qui terrifia Thranduil car le roi savait à quel point son épouse était une redoutable guerrière. Non, ce qui le fit frémit fut l'orc qu'il repéra quelques pas en arrière. Un orc qui bandait un arc puissant sur lequel il avait encoché l'une de leurs flèches noires… Un orc qui visait son épouse… En seulement une fraction de seconde des flashs se bousculèrent dans la tête de Thranduil… Des flashs de Dagorlad lui rappelant de quelle manière son père avait péri… Des flashs de ses cauchemars et encore plus de flash de Dagorlas... Le jeune roi ne parvint pas à s'effacer cette macabre vision de la tête pendant qu'il s'élança en direction de sa famille.
- Idelwën !
En entendant Thranduil pousser un cri, la belle elfe blonde leva la tête. Elle ne comprit pas le danger mais vit Thranduil se jeter sur elle, l'enveloppant dans ses bras avec Arenor au moment où l'orc relâcha sa flèche. Le trait fendit rapidement l'air. Thranduil pivota sur la droite, offrant son corps en bouclier à ceux qu'il aimait... Idelwën perçu le choc de l'impact qui le fit tressaillir et lâcha son épée pour passer son bras à sa taille et le retenir.
- Thranduil !
L'elfe chancela doucement, mais parvint à rester debout malgré la violence de la douleur qui lui coupa le souffle. Il se cramponna à son épouse en frémissant et perçu sa panique lorsque cette dernière serra plus fort sa taille.
- Meleth nìn (mon amour)…
- Je vais bien, murmura Thranduil en restant appuyé dans ses bras.
Le roi des elfes sylvains n'était pas sûr que cela soit réellement vrai mais, il ne pouvait pas céder maintenant… Ils étaient toujours en danger.
De l'autre côté de la petite clairière, Gohenlass vit le sacrifice de son roi et frémit. Sa rage se décupla à l'idée de voir mourir cet homme qui l'avait recueilli comme un fils et il se tourna vers les autres guerriers qu'il exhorta à vaincre leurs ennemis avant de combattre avec encore plus de rage. Cette fois, le rang des orcs fini par se clairsemer et bientôt Gohenlass élimina le dernier d'un geste brusque avant de se retourner vers le roi et sa famille.
- Aran nìn !
Gohenlass posa une main sur le bras de Thranduil juste au moment où il tomba à genoux sur le sol.
- Aran nìn !
L'inquiétude du jeune homme se traduisait dans sa voix et il n'était pas le seul. Toujours en tenant Arenor, Idelwën s'était agenouillé devant son époux, posant une main sur sa joue.
- Meleth nìn !
- Ada (papa) ! s'exclama le petit Arenor lui aussi inquiet pour son père dont les grimaces de douleurs l'inquiétaient.
- Je vais bien… Murmura Thranduil en leur souriant malgré le frisson qui parcouru son corps. La flèche n'a pénétré que mon épaule… C'est douloureux mais je vais bien et vous ? Demanda-t-il à Idelwën en plaquant sa main sur la sienne.
- Nous n'avons rien… Ne t'en fais pas…
Thranduil sourit en frémissant légèrement. Gohenlass, qui observait la flèche dépasser de l'arrière de son épaule lui pressa le bras pour capter son attention.
- Je pense qu'il a raison. La blessure est douloureuse mais sans gravité. Je vais retirer la flèche et faire un pansement. Le seigneur Elrond refermera la plaie quand nous arriverons à Imladris.
Idelwën prit un air inquiet, mais Thranduil acquiesça doucement. D'un seul coup d'œil, le roi et son jeune capitaine se comprirent. Ce dernier se leva pour aller prendre une sacoche accrochée à la selle de son cheval pendant qu'Arenor nota la grimace de douleur de son père.
- Tu as mal ada ?
- Ne t'en fais pas… Lui répondit Thranduil en lui souriant. La douleur nous rappelle que nous sommes en vie et puis, elle finira pas passer.
Thranduil vit l'étrange expression sur le visage de son épouse et lui sourit. Il était toujours étonné par la perspicacité dont elle faisait preuve. Ces mots-là n'étaient pas de lui, ils étaient d'Oropher et venaient de lui revenir sans qu'il n'y réfléchisse, lui prouvant qu'ils s'étaient incrustés dans son esprit comme il était sûr qu'ils le seraient maintenant dans celui de son jeune fils.
Gohenlass revint vers le couple en courant. Idelwën avait laissé sa main sur la joue de Thranduil comme pour l'aider à ne pas sombrer et le roi lui en était reconnaissant car, même si sa blessure n'était pas grave, la douleur lui troublait peu à peu l'esprit. La jeune femme l'avait comprit comme lorsqu'elle avait posé les yeux sur lui la première fois dans cette salle de réception du palais. Le jeune capitaine se pencha sur son roi.
- Je vais devoir retirer la flèche.
- Iston (je sais)…
- Peut-être que si vous enleviez votre tunique…
- Non… Retire la flèche et fait un pansement qui compresse la plaie par-dessus mes habits, nous verrons le reste à Imadris.
Gohenlass hocha la tête et se redressa. Sa main se posa sur le bois de la flèche en frémissant doucement pendant qu'Idelwën prit les mains de Thranduil dans les siennes.
- Sers mes mains.
- Ça va aller.
- Iston, répondit Idelwën en lui souriant.
Arenor s'agrippa au bras de son père et Gohenlass prit une longue inspiration avant de retirer la flèche du corps de son roi d'un coup sec. Thranduil parvint à retenir un cri pour ne pas effrayer son jeune fils mais tout son corps frémit et il s'agrippa fermement aux mains de son épouse pour ne pas sombrer. Sa vision se fit floue l'espace de quelques secondes mais, il parvint à ne pas perdre connaissance.
Idelwën ne lui lâcha pas les mains, bien consciente de la profonde douleur qu'il tentait de masquer. Gohenlass laissa tomber la flèche noire sur le sol et plaqua une main sur la blessure de son roi pour tenter de contrôler son hémorragie pendant que de l'autre, il prit un linge qu'il mit en boule avant de le plaquer sur la plaie. Il sentit le corps du roi se tendre et lui murmura des excuses tout en pressant plus fort pour arrêter son sang. Thranduil ne lui répondit pas, se concentrant pour tenter de lutter contre la douleur qui faisait pulser son sang à ses tempes. Il sentit le petit Arenor se blottir contre lui et lâcha une des mains de sa femme pour le serrer contre lui et le rassurer.
- Eem myre mîr nìn (je vais bien mon trésor)…
Quelques minutes plus tard, Gohenlass fini de nouer un solide pansement autour de l'épaule de son roi qui le remercia d'un hochement de tête avant de lui tendre la main.
- Aide-moi à me relever.
Le jeune capitaine hocha la tête et prit lui prit la main avant de glisser son autre bras sous son épaule et de l'aider à se redresser. Thranduil chancela légèrement mais, il se rattrapa en posant son autre main sur l'épaule d'Idelwën à laquelle il sourit.
- Tout va bien.
La jeune femme lui fit un air qui lui fit comprendre qu'elle en doutait mais ne dit rien. Gohenlass aida le roi à se rapprocher de son cheval et à grimper dessus. Une fois qu'il fut en selle, Thranduil observa ses hommes et sa famille.
- Ne traînons pas !
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Lorsqu'ils arrivèrent à Fondcombe, Elrond et Celebrian, prévenus de l'arrivée de leurs amis, les attendaient mais, le visage du seigneur d'Imladris changea rapidement d'expression à la vue de la fatigue visible sur le visage de son ami quand il descendit de sa monture. Elrond se précipita vers Thranduil, observant le bandage sommaire et le sang qui tâchait sa tunique.
- Que s'est-il passé ?
Thranduil le gratifia d'un sourire franc en posant une main sur l'épaule de son ami.
- Bonjour à vous aussi.
Elrond lui fit les gros yeux et prenant son bras pour l'empêcher de chanceler.
- Thranduil ?
- Une embuscade, mais tout le monde va bien.
- Tout le monde à part vous !
- Ce n'est rien… Vous allez me remettre sur pied !
Le léger sourire qu'Elrond lut sur le visage de son ami ne suffit pas à cacher sa douleur et sa profonde fatigue. Alors, il pressa son bras plus fort, se rapprochant de Thranduil pour qu'il puisse s'appuyer contre lui tout en lui répondant.
- Bien sûr, je vous emmène.
Le roi des elfes sylvains remercia son ami d'un hochement de tête et un frisson le parcouru. Elrond l'attira contre lui pour l'empêcher de s'écrouler et Thranduil posa son bras gauche sur ses épaules pour se retenir. Elrond tourna les yeux vers sa femme qui tenait Arenor dans les bras.
- Installe nos amis et commence le repas sans moi, je vais m'occuper de son épaule.
- Bien sûr.
Gohenlass fit quelques pas en direction de Thranduil qu'il observa avec un air inquiet.
- Voulez-vous que je vous accompagne ?
- Non… Je vais bien… Repose-toi… Le voyage a été éprouvant pour tout le monde.
Le jeune capitaine paru déçu, mais accepta de rester en arrière, regardant Elrond pénétrer dans le palais en soutenant Thranduil.
- La loyauté et l'amour de cet enfant pour vous sont indéniables, dit Elrond en parlant de Gohenlass.
- Il est comme mon fils… La mort de son père l'avait tellement affecté… Je ne pouvais pas le laisser sombrer.
- Je sais tout cela… Mais cela lui permet de lire en vous comme moi je le peux, ajouta Elrond en faisant entrer Thranduil dans une pièce.
Ce dernier paru interloqué.
- Que dites-vous ?
- Vous êtes en sécurité ici, gwador nìn (mon frère dans le sens de frère d'armes), dit Elrond en se rapprochant d'un lit. Arenor et Idelwën sont avec ma femme… Tout va bien…
Thranduil fixa quelques secondes son ami puis, un long frisson parcouru son corps pendant qu'il se relâcha, laissant sa souffrance réelle s'exprimer. Ses jambes cédèrent et Elrond le rattrapa par les épaules en l'aidant à s'asseoir sur le bord de a couche. Thranduil frémit et se mit à respirer douloureusement.
- J'ai tellement mal.
- Je sais…
- Je ne pouvais leur montrer…
- Qu'est ce qui s'est passé ?
- Cet orc allait les tuer… Je…
- Vous vous êtes interposé ?
- Je ne peux pas les perdre…
Il y avait des sanglots dans la voix de son ami qui provenaient à la fois de sa douleur et de l'idée de perdre ceux qu'ils aimaient.
- Vous êtes en sécurité…
- La blessure n'est pas grave mais la douleur me déchire depuis des heures… La pointe devait être empoisonnée…
- Comme trop souvent…
Thranduil frémit et murmura du bout des lèvres.
- Prenez soin d'eux…
Elrond sursauta et eut juste le temps de récupérer son ami qui bascula en avant dans ses bras.
- Thranduil !
Ce dernier ne réagit pas et Elrond le laissa prudemment tomber sur le lit. Sa main se posa sur son front qui était brûlant et il frémit.
- N'ayez crainte mon ami, je m'occupe de vous.
...
Elrond pénétra dans la salle de réception ou Celebrian s'occupait de leurs hôtes. Epuisé par le voyage, le jeune Arenor s'était endormi sur une banquette, la tête sur les genoux de Gohenlass qui somnolait lui aussi un peu. Idelwën discutait avec Celebrian. A l'entrée du souverain d'Imladris, les deux jeunes femmes blondes tournèrent la tête vers lui. Idelwën se leva d'un bond et se dirigea droit sur lui avec un air inquiet.
- Comment va-t-il ?
- Il se repose, répondit Elrond.
Le regard que lui adressa la jeune femme le glaça sur place.
- Ne faites pas cela avec moi… Rappelez-vous après Dagorlad. Je sais quand il est mal et qu'il ne veut pas le montrer. Alors je repose ma question ? … Comment va-t-il ?
Elrond croisa le regard de son épouse avant de répondre en prenant son amie par les épaules.
- La flèche était empoisonnée. C'est un miracle qu'il ait tenu jusqu'ici et qu'il ait pu vous cacher à quel point il souffrait.
- Parce que vous croyez qu'il a pu me le cacher. Je le connais mieux que personne. Je veux le voir.
Elrond hocha la tête et se tourna vers son épouse. Celebrian observa avec tendresse Arenor et Gohenlass qui avait finalement cédé au sommeil.
- Je m'occupe d'eux.
...
Elrond poussa la porte et Idelwën entra dans la chambre. Thranduil était étendu à plat ventre sur le lit, les yeux clos. Sur son torse nu, elle repéra le solide bandage fait par son ami et frémit en se rapprochant. La jeune femme se laissa tomber assise sur le bord du lit et lui caressa doucement la joue.
- Il est brûlant…
- Il se bat contre le poison.
- Peut-il gagner ?
- Oui… Thranduil est une force de la nature… Sa résistance surpasse celle de nombre de guerriers, ne vous en faites pas…
Idelwën frémit un peu tout en continuant à caresser la joue de son époux.
- Il nous a sauvés… Je n'avais pas vu cet archer… Il nous a prit dans ses bras…
- Il ne veut pas vous perdre…
La jeune femme hocha la tête et se pencha pour déposer un doux baiser sur la temp de son mari avant de lui murmurer.
- Tu ne vas pas nous perdre… Mais nous ne voulons pas te perdre aussi… Reviens-nous meleth nìn…
...
Le soleil était haut et éclairé la chambre lorsque Thranduil gémit en ouvrant les yeux. Un frisson le parcouru et ses légères plaintes firent aussitôt apparaître Elrond qui se pencha au dessus de lui avant de se laisser tomber assis sur le bord de son lit en souriant.
- Hey ! Content de vous voir éveiller.
- Elrond… Murmura le roi des elfes sylvains.
- Ne parlez pas, vous êtes encore épuisé, lui répondit son ami en pressant doucement sa main.
Thranduil avait l'esprit embrumé et ses yeux avaient du mal à rester ouvert. Tous ses muscles lui faisaient mal, comme s'ils étaient victimes d'une crampe. Le roi des elfes sylvains frémit tout en essayant de se rappeler pourquoi il se trouvait dans cet état.
- Que s'est-il passé ?
- Vous ne vous souvenez pas ? La flèche était empoisonnée…
Thranduil gémit doucement en essayant de se redresser, réveillant la douleur dans son épaule pendant que ses souvenirs revenaient. Il frémit et s'agrippa au bras d'Elrond qui l'aida à s'asseoir.
- Idelwën et Arenor ?
- Ils vont bien… Celebrian s'occupe d'eux et Idelwën est beaucoup resté à votre chevet. Vous avez été héroïque mon ami…
- Ce n'est pas le mot qui convient… J'ai été terrifié Elrond… Cette ombre dont je vous avais parlé… Je la vois croître de jour en jour sur Vertbois mais aussi sur ma famille…
Thranduil se tut pour frémir et Elrond comprit le malaise de cet ami qui était comme un frère. Il lui pressa la main avant de lui sourire.
- Si vous voulez, peut-être qu'Arenor pourrait passer une partie de l'été ici… Celebrian serai ravie d'avoir un enfant dans ce palais…
Thranduil serra en retour la main de son ami, appréciant qu'il ne prenne pas ses impressions pour de la folie.
- Hannon le (merci)…
- Ce n'est rien…
- Si vous saviez comme je suis désolé...
- De quoi ? D'être blessé?
- Non, d'apportez les ombres chez vous...
- Ne vous en faites pas... Je ne crains pas les ombres... Reposez-vous maintenant… Je vais aller prévenir Idelwën.
Thranduil hocha la tête avant de laisser ses yeux se fermer sans parvenir à réprimer une dernier frisson. Elrond, immobile, lui jeta un rapide coup d'œil et sortit de la pièce, heureux de le voir aller mieux mais inquiet de le sentir aussi angoissé pour l'avenir…
