Kylo
Je me retrouvais face à un dilemme des plus difficiles. Jamais je n'avais eu autant de peine à trouver les réponses à mes questions. Pourtant, j'étais là, agenouillé devant le casque carbonisé de mon grand-père à lui demander conseil sur ce que je devais faire.
— Grand-père, dis-moi quoi faire, je t'en supplie. Je suis perdu...
Je n'eus aucune réponse. J'aurais dû m'en douter... Pourquoi prendrait-il la peine de rendre visite à son petit-fils pour l'aider ? Je n'en valais pas la peine. Je me releva et me rendis dans un ascenseur du vaisseau d'un pas décidé. Personne ne voulait jamais m'écouter et aujourd'hui j'avais besoin d'Anakin Skywalker mais il m'avait laissé tomber. M'avait-il seulement épaulé une seule fois ? Je regardais mon casque et une lueur de rage traversa mon regard. J'hurlais et il s'écrasa contre la paroi, faisant voler des morceaux de verres dans l'habitacle. Je le laissais tomber brutalement et profitais de l'ouverture des portes pour m'échapper vers ma chambre. La solitude ne pouvait m'être que bénéfique en cet instant. Je devais stopper mes pensées et me concentrer sur ma colère. Celle qui me dévorait depuis le début de mon existence. Alors que je retirais mon haut pour ensuite le balancer à travers la pièce, un raclement de gorge stoppa mes mouvements. Je serrais les poings et utilisais la force pour récupérer mon sabre. Je me mis en position de défense, prêt à entamer le combat avec la personne s'étant introduite dans ma chambre, mais je tombais dénue en voyant qui s'y était introduit. J'en échappa mon sabre qui se verrouilla dans un bruissement familier.
— Tu te comportes comme un enfant, Ben Solo.
Je dévisagea l'homme ou plutôt le fantôme me faisant face, ne comprenant pas le sens de ses mots.
— Tu es ici, dans le vaisseau du Premier Ordre car tu veux le pouvoir. Tu l'as ce pouvoir, mais tu es seul, n'est-ce pas ? Il te dévore et tu ne sais plus comment en sortir, pauvre idiot !
Je sursautais face à l'autorité dans sa voix mais je repris contenance rapidement.
— Tu as toi-même eu ce pouvoir.
— Crois-moi, ces trente années ont été les pires de mon existence. Crois-tu que je l'ai apprécié après avoir assassiné la femme que j'aimais à cause de la colère qu'il me procurait ? J'ai perdu Padmé et mon frère Obi-Wan. J'ai perdu mes membres, je n'étais plus qu'un cyborg carbonisé à l'intérieur de son armure. Tout ça pour quoi ? Pour un mensonge de Palpatine. Le côté obscur ne pouvait pas sauver Padmé. Il n'aurait pas pu car c'est lui qui l'a assassiné.
Je détournais la tête de son visage ridé. Il était en colère et je voyais sa peine. Je ne voulais pas ressembler à ce vieillard qui ne ressemblait en rien au Dark Vador décrit dans les livres que j'avais lu.
— J'ai été débarrassé de cette culpabilité et de cette solitude après trente années. Trente ans à croire que j'avais ôté la vie à ma femme et à mon enfant lorsque Palpatine a avoué m'avoir mentit. J'ai voulu la protéger et j'ai choisi le côté obscur pour le faire. Si je n'avais pas fait cette erreur, elle aurait été à mes côtés. Nous aurions élevé nos enfants ensemble...
Je ne comprenais toujours pas où il voulait en venir. Qu'est-ce que ce vieux fou me racontait ?
— Tu ne comprends pas pourquoi je te parle de tout ça, j'ai raison ?
— Effectivement. Je t'ai parlé pour te demander conseil et tu me fais une jérémiade sur toi et grand-mère. je râlais.
— Cette jérémiade comme tu dis est importante ! gronda-t-il. J'avais la femme parfaite et j'ai voulu le pouvoir alors je l'ai perdu. Toi, tu as le pouvoir et maintenant que tu veux ta femme parfaite à toi, tu n'es pas foutu de l'assumer ! Réveille-toi Ben ou tu la perdras définitivement.
Il disparut subitement, me laissant seul une fois de plus face à mes pensées et à l'écho de ses dires. Je voulais ma femme parfaite à moi ? D'où lui venait une idée pareille ! Le pouvoir me suffisait amplement. Même si son sourire et ses cheveux bruns me rendait fou, je ne voulais que le pouvoir. Son visage défila devant mes yeux et je fus frappé par une révélation qui me parut alors évidente. Je tombais à genoux, haletant, et murmurais alors :
— Tu as raison, Ani... Je ne veux plus de ce pouvoir... Je la veux elle...
