Chapitre 7
En attendant devant la porte de ses quartiers privés, Tevos tâchait d'oublier la longue liste de choses qu'elle aurait dû être en train de faire au lieu d'aller voir Aria. Bien que les reporters aient levé le siège du vaisseau quand elle y retourna – la plupart d'entre eux étaient probablement partis camper au domaine Tevos – elle tomba nez à nez avec Neota dès qu'elle embarqua.
Son assistante parut contrariée de la voir arriver sans le groupe complet de gardes avec lesquels elle était partie, mais elle était suffisamment intelligente pour ne pas aborder le sujet. Elle rappela plutôt à Tevos que Khalisah Bint Sinan al-Jilani attendait toujours de la rencontrer, que le Conseiller Valern l'avait appelée deux fois, et que la mère de Tevos voulait savoir quand elle pensait arriver. Tevos ordonna à Neota de continuer à répondre aux appels de Valern, d'informer sa mère qu'elles arriveraient ce soir, et de conduire Khalisah à ses appartements dans une heure. Un peu de temps sans interruptions en compagnie d'Aria, ça ne semblait pas être trop demander.
Tevos ne savait toujours pas trop ce qu'elle devait révéler à Aria de sa réunion avec les Matriarches et du vote de confiance. Sa Partenaire saurait tout d'une façon ou d'une autre, mais elle n'avait vraiment pas envie d'en parler. Elle n'avait que quelques minutes avec Aria, et elle n'avait pas l'intention de les gaspiller.
Quand Tevos franchit la porte, elle vit Aria assise sur l'un des canapés de l'entrée. Elle semblait complètement chez elle ainsi vautrée, bien que le confort soit à des années lumière de son célèbre divan. Elle portait sa veste habituelle et un pantalon de cuir frais, et quand Tevos remarqua l'apparent renflement à l'avant, elle poussa un soupir de soulagement. Aria devinait toujours.
Aria se tourna pour la regarder avec des yeux curieux, et Tevos sentit toute la souffrance et le stress qu'elle s'était acharnée à repousser faire leur retour en force. Son corps savait qu'Aria était la seule à pouvoir la purger de ces sentiments toxiques et apaiser son esprit. Aria, la Déesse la garde, prit immédiatement conscience de ce dont elle avait besoin. Elle durcit son expression, jusque là satisfaite et bienveillante, et ne prit même pas la peine de dire bonjour.
« Enlève cette robe ou je te l'arrache. »
Bien que cela sonne clairement comme un ordre, Tevos savait qu'Aria lui offrait également un choix. Si elle conservait sa robe et répliquait avec un commentaire cinglant, Aria saurait qu'elle était d'humeur à résister quelque peu – une bataille qu'elle perdrait volontiers à la fin, bien sûr, mais une bataille quand même. Si elle obéissait, Aria l'utiliserait et la posséderait jusqu'à ce qu'elle soit vidée de ses propres sentiments et que ses problèmes n'aient plus aucune importance.
Tevos mit ses mains dans son dos pour défaire l'attache à la base de son cou et descendre la fermeture éclair. Quand celle-ci atteignit la position incommode entre ses omoplates, elle fit usage de ses pouvoirs biotiques pour tirer le reste jusqu'en bas. Une fois ses bras extraits de ses courtes manches, la robe retomba sur ses hanches et, d'un dernier mouvement de reins, elle se retrouva au sol en un tas de tissu. Bien qu'Aria ne l'ait pas demandé, Tevos inséra ses pouces sous l'élastique souple de ses sous-vêtements et les glissa également vers le bas. Une fois nue, elle baissa la tête et fixa le sol, serrant ses mains dans son dos. Les gestes de soumission l'aidaient à se calmer, et elle se mit à respirer plus facilement.
Dans un premier temps, Aria ne bougea pas et ne dit rien, décontenancée par le comportement sérieux de son amante. Tevos ne voulait pas simplement une scène – elle en avait manifestement besoin. Hélas, à l'exception du gode serré dans son pantalon, Aria n'avait aucun autre outil à disposition. Il lui faudrait compenser le manque d'équipement par son attitude.
« Tu étais avec Irissa, n'est-ce pas ? » demanda brutalement Aria, satisfaite de voir Tevos sortir de sa transe. L'espace d'un instant, le feu revint habiter ses yeux verts.
« Oui. »
« Elle t'a baisée? »
Comme cela faisait partie d'une scène, Tevos n'en fut pas offusquée. Elles avaient déjà fait ces quelques pas de danse et savaient où se trouvaient les limites. « Bien sûr que non. »
« Mais elle en avait envie. » Tevos ne pouvait pas répondre à cette question, et n'essaya pas. Peut-être qu'Irissa était toujours attirée par elle, mais dans ses termes à elle – sans la dynamique de pouvoir qui alimentait la plupart de ses propres fantasmes. Même si c'était le cas, cela n'avait pas d'importance. Aria comblait très largement les besoins de Tevos, et ça ne l'embêtait pas qu'Aria utilise la menace imaginaire que représentait Irissa comme prétexte pour revendiquer ce qui lui appartenait déjà.
Frustrée par son silence, Aria s'avança, contente de voir très légèrement sursauter les bras et les muscles abdominaux de Tevos à chaque claquement de ses talons sur le sol. « À genoux. »
Les jambes de Tevos manquèrent presque ne plus la porter, mais elle réussit à s'agenouiller sans encombre, quoiqu'un peu tremblante. À ce niveau-là, le renflement peu naturel à l'avant du pantalon d'Aria était manifeste, et Tevos faillit laisser échapper un rire caustique. Les Humains avaient une expression pour cela dans l'un de leurs langages – du déjà vu, si elle se souvenait bien. Elle envisagea brièvement de demander à Aria si elle s'attendait à se faire sucer la queue chaque fois que quelqu'un manifestait un intérêt ne serait-ce qu'imaginaire pour elle, mais décida qu'elle n'était pas d'humeur à résister. Elle avait envie de cela – besoin de cela – encore plus qu'Aria.
Tevos fut reconnaissante qu'Aria lui caresse l'arrière de la crête, un petit geste de réconfort pour les ancrer dans l'instant. Elle laissa la pression étonnamment tendre la guider et posa un baiser sur la forme du gode à travers le pantalon d'Aria, capturant entre ses dents le petit bouton argenté et tirant dessus. Elle ressentit une vague de chaleur, émotionnelle et physique, quand le souffle d'Aria s'interrompit et que sa poigne se resserra en guise de réponse.
« Est-ce qu'elle te poussait à faire ça, quand vous baisiez ? » demanda Aria en tirant de force la tête de Tevos vers l'arrière et en déboutonnant son pantalon. L'espace d'un instant, Tevos fut déçue de n'avoir pas eu la permission de le faire elle-même, mais l'accepta comme une démonstration supplémentaire du pouvoir qu'Aria avait sur elle.
« Non… Nous n'avons jamais – elle préférait... » Tevos rougit, se réprimandant intérieurement de trébucher sur les mots. Si elle ne pouvait même pas formuler une phrase cohérente auprès de sa Partenaire, comment pourrait-elle jamais convaincre tout le monde qu'elle pouvait toujours faire son métier ?
Comme si elle avait senti que ses pensées s'aventuraient sur un terrain glissant, Aria saisit son menton et l'obligea à lever la tête, verrouillant leur regard jusqu'à ce que le nœud dans le ventre de Tevos se détende. « Quoi ? Qu'est-ce qu'elle t'a poussée à lui faire ? »
Tevos sentit ses intestins se tordre dans un mélange d'excitation et d'embarras. Elle aimait autant qu'elle détestait qu'Aria l'oblige à faire ceci – la contraigne à décrire les choses de manière explicite. « Parfois… parfois – je la léchais. Sous son bureau. Un de mes rares fantasmes qu'elle appréciait. » Elle ne pouvait masquer l'amertume dans sa voix. Se souvenir des refus d'Irissa – refus que Tevos n'arrangeait pas en insistant lourdement – la blessait, et elle aurait détourné le regard si Aria ne lui avait pas fermement tenu la mâchoire.
« Ouais, eh bien… Je ne suis pas aussi gentille qu'Irissa », dit Aria en triturant les boutons de son pantalon de cuir, dont elle n'avait pas pris la peine de baisser la fermeture éclair.
« Tu ne sais pas à quel point je t'en sais gré », laissa échapper Tevos, sortant complètement de son rôle en parlant sans autorisation. Au lieu de la punir immédiatement, Aria finit par dézipper son pantalon, saisit d'une main la hampe de son jouet et passa son pouce sur le gland.
« Ah bon, parce qu'elle ne t'obligeait pas à la supplier de la sucer ? Ne t'infligeait pas de fessée ou de bleus ? Ne t'attachait pas et ne te traitait pas de pute ? » Tevos ressentit une pointe de regret à chaque suggestion, mais elle fut remplacée par de l'excitation et du désir quand elle se remémora le nombre incalculable de fois où Aria avait fait toutes ces choses pour elle, et les avait appréciées autant qu'elle. « Ça ne pose pas de problème », continua Aria. « Ça ne me dérange pas le moins du monde de laisser des marques sur toi ou de te traiter de ce que tu es. »
« Ce que je suis ? » répéta Tevos, disposée à risquer un châtiment pour sa désobéissance dans le seul but d'entendre Aria formuler ses pensées à haute voix.
Heureusement, Aria sembla amusée plutôt qu'agacée par la question. « Tu sais ce que tu es. À moi. Ma propriété. » Elle souligna avec un plaisir manifeste la virulente marque pourpre qu'elle avait laissée sur l'épaule de Tevos quelques heures plus tôt, et la Conseillère frémit à ce souvenir et au léger contact sur cet endroit si sensible. « Ma salope. » Le pouce d'Aria souligna ses lèvres légèrement gonflées, en pensant clairement à leur utilité manifeste. « Mon bien. » Sa main s'enroula autour de la nuque de Tevos, affermissant son maintien, les ongles laissant de petites indentations cruelles dans les plis juste sous la crête. « Alors dis-moi, qu'es-tu? »
Tevos put à peine trouver le souffle de lui répondre. « Vôtre. »
Vôtre. C'était un tel soulagement de le penser et de le dire, et elle laissa le mot la détendre tandis qu'Aria guidait sa bouche vers le gland de son gode, maintenant la base de son autre main.
« Une putain de bonne réponse. Maintenant, utilise cette jolie bouche – ma bouche – pour autre chose que des négociations. »
Tevos n'eut pas besoin de plus amples instructions. Elle fit glisser le gland et quelques centimètres du jouet entre ses lèvres, gardant les mains croisées dans son dos puisqu'Aria se chargeait elle-même de maintenir la base. De plus, elle n'était pas sûre qu'Aria l'autoriserait à la toucher.
« Oh Déesse, c'est bon ça, bébé », murmura Aria en resserrant sa prise sur la nuque de Tevos tandis que la Conseillère plongeait en avant, introduisant plus de hampe dans sa bouche chaude. Elle sentit les reins d'Aria bondir alors même que ses cuisses se tendaient, essayant de contrôler les réactions de son corps. Les mouvements des muscles d'Aria si près d'elle, à peine contenus, poussèrent Tevos à resserrer ses propres jambes tandis qu'elle repoussait une vague d'excitation.
Tevos perdit totalement le semblant de contrôle qu'elle avait encore sur la situation quand Aria lâcha le gode, libérant quelques centimètres à la base et posant ses deux mains derrière la crête de Tevos. Au même instant, Tevos sentit l'esprit d'Aria étreindre le sien comme une morsure, intense comme le feu, embrasant tout sur son passage. Bien que cette union soit rapide et possessive, voire même un peu brutale, elle en était reconnaissante. Le retour d'information additionnel permettait à Aria de guider sa tête sans lui causer trop d'inconfort ou la faire hoqueter.
Elle ressentait quelque chose comme du soulagement pendant qu'Aria se servait d'elle, et son univers se condensait jusqu'à ne plus laisser de place pour ses problèmes. Seulement le gode d'Aria étirant ses joues, les mains chaudes et autoritaires agrippant l'arrière de sa tête, et la pression qui s'accumulait entre ses jambes. Même le relatif inconfort de toutes ces sensations était bienvenu, parce qu'il lui rappelait à quel point elle n'avait plus de contrôle. C'était libérateur. Rassurant.
Et il y avait la présence d'Aria dans son esprit, slalomant entre ses pensées, lui chuchotant des mots. 'Tu es à moi, Partenaire. Pour que je me serve de toi. Pour que je te prenne comme j'en ai envie.'
C'était si simple. Si facile de s'abandonner à une personne plutôt que de se soucier du sort de milliards d'autres. L'espace d'un instant, elle n'avait plus besoin d'être la sage Conseillère avec des réponses à toutes les questions, ou l'incarnation de la politique asari. Tout ce qu'il lui fallait être, c'était la chose d'Aria. Elle ferma les yeux et relâcha le fond de sa gorge, repliant ses lèvres par dessus ses dents et se servant de sa langue pour appuyer sous le gland du jouet. Elle cru déjà goûter un peu d'Aria, mais ce n'était peut-être qu'un vœu pieu.
'Belle…'
C'était là une chose tellement inattendue, tellement gentille à penser de la part d'Aria, que cela sortit presque Tevos de sa transe. Mais elle savait que cette pensée était totalement sincère. Elle ressentit un bref sursaut dans son propre esprit, un changement de perspective comme Aria redirigeait son attention. C'était presque comme si Aria avait agrippé son menton et l'avait physiquement forcée à regarder dans la direction qu'elle souhaitait. Les yeux de Tevos restèrent clos, mais elle vit des images d'elle-même depuis l'angle de vision d'Aria. Son propre corps, nu comme au premier jour, ses lèvres refermées autour de la hampe pourpre du gode, puis s'écartant pour respirer, cherchant désespérément à apaiser la douleur dans ses poumons et sa mâchoire.
Deux désirs différents entraient en conflit à travers l'union, et elle n'était pas sûre de savoir lequel venait d'elle – peut-être les deux. Partagée, elle opta pour un compromis. Elle avait déjà fait cela auparavant, et l'union permettait de synchroniser les choses plus facilement. Même si cela n'avait pas été le cas, Aria la prévint. 'Bordel, Théa, je suis sur le point de jouir si fort…'
Tevos glissa ses lèvres le long du mandrin, s'assurant que le gland du gode d'Aria reste bien dans sa bouche, et déchaîna sa langue. Ce fut suffisant pour les précipiter toutes deux au-delà de la limite. Pendant les première secondes, Tevos garda les lèvres serrées autour du jouet, désireuse de goûter au moins un peu l'orgasme d'Aria, mais elle se recula et laissa le gode s'échapper avant qu'il ne soit terminé. Les derniers jets d'humidité atteignirent sa joue droite et le côté de son cou, et la vague de possessivité absolue que cette image éveilla en Aria firent frémir et palpiter ses propres muscles intimes en tremblements post-orgasmiques partagés.
Tâchant de passer outre la soudaine faiblesse dans ses jambes, Aria agrippa d'une main le menton de Tevos, l'obligeant à lever la tête et à la pencher brusquement sur le côté. Elle l'examina. Tira de la fierté des traînées brillantes qui luisaient sur sa peau, accompagnant les traces pourpres de morsures. La présence d'Aria dans son esprit semblait l'extraire de toute armure, mettant à nu chaque recoin secret. 'Et personne d'autre n'aura jamais ceci -' Aria s'interrompit pour savourer l'image de Tevos agenouillée devant elle, respirant faiblement et marquée de plus d'une façon. À travers l'union, la même image s'imprima derrière les yeux clos de Tevos. 'Ceci m'appartient. Tu m'appartiens.'
Tevos poussa un gémissement de protestation quand Aria la relâcha et fit quelques pas en arrière sur des jambes légèrement tremblantes. La privation d'union la fit tituber et grelotter. Elle voulait Aria de nouveau en elle et, malgré l'orgasme qu'elles avaient partagé, son corps était loin d'être satisfait. Elle se força toutefois à rester immobile, ne levant même pas une main pour s'essuyer le visage et le cou.
Aria parvint à rejoindre les canapés couverts de coussins et s'assit. La vue de Tevos encore marquée et à genoux – et souhaitant manifestement la rejoindre mais résistant à la tentation par souci d'obéissance – fit trembler le clitoris d'Aria sous l'appui du jouet, et elle frissonna tandis que la sensation parcourait la longueur du gode à transmission de perceptions. La bouche de Tevos n'avait pas suffi. Elle avait encore envie de jouir, à l'intérieur cette fois-ci, totalement enrobée dans l'étreinte chaude de sa Partenaire. Aria claqua une fois des doigts et pointa vers ses jambes, vers l'endroit où la hampe du jouet s'échappait par la fermeture éclair de son pantalon de cuir. « Viens ici. »
Aria ne comprenait pas comment quelqu'un pouvait se déplacer si gracieusement à genoux mais, d'une façon ou d'une autre, Tevos y parvenait. Elle n'essaya même pas de se relever. Une fois qu'elle se retrouva à nouveau entre les jambes d'Aria, Tevos marqua une pause pour frotter sa joue contre le sommet en cuir de la botte d'Aria, y déposant un rapide baiser avant se de lécher les lèvres et fixer l'entrejambe d'Aria.
« Je te gâte, mignonne », dit Aria dans un soupir, feignant d'être vaguement désintéressée. Elle lança un regard en direction des lèvres humides et gonflées de Tevos, puis de nouveau vers son pubis. « Vas-y. » Bien qu'elle ait eu l'intention de ne laisser Tevos continuer que pendant quelques secondes avant d'enchaîner avec ce qu'elle avait en tête, la chaleur de la bouche de Tevos enveloppant à nouveau le gland de son gode, balayant l'extrémité d'une merveilleuse langue pourpre, arracha un grognement de sa gorge. Elle baissa les yeux un instant et la vue de Tevos la regardant avec des yeux presque noirs, les lèvres glissant de plus en plus bas sur la hampe, suffit presque à lui faire changer d'avis. Presque. Mais elle imagina alors à quel point ce serait divin de plonger dans sa Partenaire, et elle se décida.
Elle tira sur l'arrière de la crête de Tevos, libérant sa bouche dans un bruit de succion humide. « Ça suffit. » Elle se tapota une cuisse et jeta à Tevos un regard entendu. « Je te veux ici. » Tevos grimpa avec enthousiasme sur ses genoux et Aria poussa un doux grondement d'approbation. Quand Tevos entreprit de se frotter contre la hampe exposée du gode, Aria agrippa sa taille et la maintint immobile. « Pas encore. Attends. »
Le refus fit trembler Tevos de désir, et elle s'arc-bouta sous le toucher d'Aria, laissant échapper un petit sanglot de frustration face à son incapacité à bouger comme elle l'aurait voulu. « S'il vous plaît - »
« S'il vous plaît… ? » répéta Aria d'une voix aussi ferme que son emprise. Elle sentit Tevos se détendre entre ses mains et ravaler ses supplications. À la place, elle baissa les yeux jusqu'à regarder entre elles, rentrant le menton en signe de soumission.
« Servez-vous de moi. De la façon qui vous sied. »
« De la façon qui me sied ? » Aria se pencha jusqu'à ce que leurs fronts se touchent, leurs bouches à un souffle l'une de l'autre. « Donc, si je te refuse l'union, te baise jusqu'à ce que tu me supplies de jouir pour moi... »
« Oui », chuchota Tevos entre deux brèves inspirations. Elle se mordit la lèvre barrée d'une bande, tandis qu'Aria la relâchait d'une main qu'elle glissa entre elles pour positionner le jouer devant son orifice. Quand la main reprit position sans rien faire de plus, Tevos frissonna et retint un cri de déception.
« Et si je voulais te replier sur ce canapé et te prendre le cul... »
« Oui. Tout ce que vous voudrez. »
« Et si je décidais de montrer aux Matriarches à qui leur précieuse Conseillère rend vraiment des comptes ? »
L'espace d'un instant, toutes les peurs de Tevos ressurgirent et elle lutta contre l'emprise d'Aria, mais les mains sur ses hanches ne lâchaient rien et, finalement, elle se détendit à nouveau. « Alors… Alors je serais à vous. »
Elle voulait en dire davantage, murmurer contre la crête d'Aria, supplier Aria de l'écarteler avec son gode jusqu'à ce que ça brûle, se cambrer quand Aria jouirait à nouveau en elle, sentir ces doigts puissants s'enfoncer dans ses hanches jusqu'à y laisser des bleus empourprés qui resteraient pendant des jours et lui serviraient de rappel. Mais ses mots s'étaient asséchés et tout ce qu'elle put faire fut de s'offrir en signe de reddition.
Les pouces d'Aria appuyèrent juste au dessus du creux des reins de Tevos, les massant en petits cercles rassurants. Puis, sans avertissement, elle les tira brutalement vers le bas, sentant quelque résistance quand les muscles serrés de l'intimité de Tevos se heurtèrent à la partie la plus large du gland. Aria émit un sifflement quand la pression chaude et humide taquina l'extrémité de son gode, et son instinct la pressait de pénétrer sa Partenaire, mais elle marqua une pause en prenant conscience du souffle entrecoupé de Tevos et de la tension sur son visage. « C'est ça, je veux que tu te la prennes toute pour moi », murmura Aria entre les baisers qu'elle posait sur l'épaule de Tevos – si l'on pouvait encore parler de baisers quand les dents étaient si libéralement sollicitées.
La douleur chaleureuse fit de nouveau bondir les hanches de Tevos entre les mains d'Aria, mais comme la morsure ne se relâchait pas, elle sentit tous ses muscles se détendre. Elle réalisa soudain qu'Aria était en train de retoucher la large marque pourpre qu'elle avait faite à son épaule ce matin, et quelques centimètres supplémentaires de la hampe s'enfoncèrent en elle.
« Déesse. Tellement chaude. Tellement serrée. Tellement mienne. » D'une dernière poussée, le corps d'Aria fit contact avec celui de Tevos. Elles grognèrent à l'unisson quand leurs pubis se rencontrèrent. Tevos semblait incapable de garder les yeux ouverts et ses cils effleuraient ses joues tandis qu'elle se raccrochait aux épaules d'Aria pour ne pas perdre l'équilibre. « Je ne vais pas être douce », prévint Aria d'une voix grave en posant un unique baiser sur la trace de morsure. Bien que la formulation s'apparente à une affirmation, Tevos savait qu'Aria s'assurait de son accord, lui donnant l'opportunité d'utiliser son safeword ou de lui demander de calmer le jeu.
« Prenez-moi de la façon que vous voulez. Prenez ce qui vous appartient. »
Avant même d'avoir pu finir sa phrase, Tevos sentit Aria guider ses hanches, l'entraînant de force dans un rythme régulier. La fermeture éclair d'Aria lui rentrait douloureusement dans la peau, son étreinte était trop ferme, et l'angle combiné avec l'épaisseur du gode d'Aria donnaient à Tevos l'impression d'être écartelée, mais l'inconfort était précisément ce qui la mettait à l'aise. Il l'ancrait dans l'instant – cet instant délicieux où Aria la baisait – et tout le reste pâlissait en comparaison.
Avant qu'elle ne puisse reprendre son souffle, la bouche d'Aria était sur la sienne, avalant ses cris et mordant férocement sa lèvre inférieure. Les mains d'Aria imprimaient à ses hanches une cadence rapide, brusque, et Tevos s'étonnait de la facilité avec laquelle elle pouvait se hisser et retomber quand Aria faisait la plus grande partie du travail. C'était peut-être dû en partie à ses pouvoirs biotiques, qui scintillaient actuellement autour d'elles, mais Aria était étonnamment forte.
« Es-tu près de jouir ? » demanda Aria entre ses lèvres, tout en s'assurant que rien n'interrompe le rythme du coït.
Tevos ressentit un éclair de gêne, et elle savait qu'Aria avait pu le ressentir bien qu'elles ne soient pas unies. Elle aurait certainement joui après les premiers va-et-vient si leurs esprits avaient été joints. Au lieu de quoi ses parois internes se resserraient malgré elle autour de la hampe chaque fois qu'Aria entraînait ses reins vers le bas, refusant de la laisser repartir bien qu'elle sache que la poussée suivante serait encore meilleure. « Si – si vous vous unissez à moi, je ne pourrai pas… Je ne serai pas capable de... »
« Ne t'inquiète pas. Je n'en ai pas encore fini avec toi. »
C'était précisément quand elle croyait s'être entièrement rendue à Aria, laissant à nu chaque centimètre de son corps et chaque morceau de son âme, qu'Aria disait au faisait quelque chose qui en capturait encore plus. Plus de plaisir, plus de contrôle, plus d'elle. Les va-et-vient d'Aria devenaient presque insupportables et, malgré tout ce qu'elle savait, une part d'elle s'attendait encore à jouir à chaque fois que le gland d'Aria pressait l'endroit parfait à l'intérieur de son azur. À l'instant même où ses efforts pour se retenir commençaient à devenir douloureux, Aria s'arrêta, toujours entièrement plongée en elle. Ses mains relâchèrent les hanches de Tevos, caressant ses courbes de haut en bas, s'interrompant pour encercler ses seins. Tevos frissonna tandis qu'elle s'autorisait à être inspectée.
« Je suis contente d'avoir marqué ta gorge. Tu en avais besoin. » Les mains d'Aria couraient sur le paysage de son torse, ses ongles effleurant les endroits où des marques plus anciennes s'estompaient. Elle toucha presque délicatement les bleus sur les hanches de Tevos. « Ceux-ci vont peut-être même durer une semaine », dit-elle en laissant une main s'aventurer entre elles.
« Oh, Aria, ne faites pas... » implora Tevos quand des doigts agiles repoussèrent le capuchon de son clitoris et commencèrent à la caresser en cercles fermes et luisants. Toutes deux savaient que ce n'était pas un véritable refus – Tevos n'avait pas utilisé son safeword – et Aria s'interrompit pour titiller l'extrémité sensible.
« Quoi ? Ne faites pas ça ? » demanda-t-elle, savourant la façon dont les muscles internes de Tevos se resserraient et palpitaient autour de son gode à chaque fois qu'elle appuyait un peu trop fort. « Mais j'adore la façon dont ça te fait tressaillir. »
« Vous allez me – vous allez me faire... » Bien qu'Aria n'oblige plus ses hanches à bouger, Tevos tenta de reprendre la mouvement de va-et-vient de son propre chef. Rester immobile lui était impossible.
« Jouir ? Pas avant que je ne m'unisse à toi. Déesse, je peux te sentir palpiter autour de moi, sur mes doigts. Tu es vraiment près de jouir, n'est-ce pas ? Et je te connais. Tu avais certainement déjà envie de jouir dès l'instant que tu avais ma queue dans ta bouche. » Elle caressait de son autre main la joue de Tevos, effleurant délibérément un endroit encore un peu humide. « Un bon point pour m'avoir laissé jouir sur ton visage, au fait. Chienne lubrique. Je n'ai même pas eu à te demander de le faire cette fois-ci. Non que j'aie généralement besoin de te le demander... » Elle laissa ses doigts parcourir la gorge de Tevos et descendre vers sa poitrine, pinçant la pointe dure d'un sein en même temps qu'elle capturait le clitoris de Tevos entre son pouce et l'articulation de son index. « Je peux jouir sur – ou dans – n'importe quelle partie de toi qui me plaît. »
Tevos ne pouvait pas répondre. Tout ce qu'elle put faire fut d'enfouir son visage au creux du cou d'Aria et s'accrocher à ses bras, laissant probablement quelques bleus de son cru. Ses hanches continuaient désespérément leur mouvement, davantage pour prévenir la douleur de rester immobile que pour chercher du plaisir.
Enfin, la main d'Aria délaissa son sein et retourna sur sa hanche, réimposant à Tevos un rythme régulier, et elle poussa un sanglot de frustration mêlée de plaisir tandis que son corps s'ajustait au tempo d'Aria. L'instant d'avant, elle se contentait surtout de basculer d'avant en arrière, savourant le subtil déplacement du gode en elle, mais quand Aria recommença à la guider, l'obligeant à soulever ses hanches jusqu'à ce que le gland épais sorte presque, avant de la tirer de nouveau – brutalement – vers le bas, la vision de Tevos commença à se troubler. La sensation de vide à chaque fois qu'elle se soulevait était presque insupportable, mais à chaque fois qu'elle retombait l'impression d'être remplie la brûlait et le mouvement contraignait son clitoris à se frotter au pouce d'Aria.
« Je pense que tu as assez souffert », grogna Aria contre les replis de sa crête. Elle laissa glisser ses lèvres le long de la gorge de Tevos, s'interrompant pour aspirer brutalement le point où battait son pouls avant de retourner chatouiller la pauvre chair abusée qu'elle avait déjà marquée deux fois. « Contemple l'éternité. »
Et Aria fut alors autant en son esprit qu'en son corps, s'immergeant dans son âme, revendiquant absolument tout ce qui lui appartenait et s'assurant de laisser son empreinte ici aussi, tout comme elle l'avait laissée partout ailleurs. Quelque part dans le fouillis de pensées et de sensations qui n'étaient pas entièrement les siennes, elle sentit Aria la mordre sur le même bleu qui entachait déjà son épaule meurtrie. 'Ça. Ça, c'est à moi. Ça, c'est ce qui va dire à toute cette putain de Galaxie que tu m'appartiens. Et chaque fois que tu le regarderas, chaque fois que tu le toucheras, tu t'en souviendras.'
Tevos se raidit sur les genoux d'Aria, rejeta sa tête en arrière et ouvrit ses lèvres sur un cri muet tandis que ses muscles internes ondulaient et pulsaient. Des palpitations tremblantes coururent le long du gode d'Aria et une chaleur soudaine emplit Tevos dont les hanches tressaillirent, chevauchant leur orgasme partagé. Rien ne paraissait plus possessif que de sentir Aria jouir en elle, à l'exception peut-être des dents qui se refermaient sur le cordon de muscle de son épaule. Ce fut suffisant pour déclencher une deuxième déferlante de contractions.
'- veux que tu jouisses en moi…'
'… si foutrement, je -'
'Encore. Nous allons…'
'Encore. Putain, on -'
Elles tremblèrent et se raccrochèrent l'une à l'autre, Tevos les mains posées sur les épaules d'Aria, Aria étreignant étroitement les hanches de Tevos. Leurs jambes brûlaient tandis qu'elles se ruaient à travers une seconde vibrante délivrance, incapable de déterminer où se trouvaient les frontières entre leurs corps ou leurs esprits. Enfin, elles s'effondrèrent en un amas épuisé de membres surchauffés et endoloris, sursautant encore par instants de tressaillements résiduels.
