Avertissement : G

Spoilers : Les quatre tomes parus en français.

Disclaimer : Pour ne rien changer. Rien n'est à moi, je ne gagne aucun argent. Tout est à JKR, c'est à elle qu'il faut dire merci.

Résumé général : En 1975, les Maraudeurs entrent en cinquième année. De nouveaux personnages font leur apparition à Poudlard. Et en particulier Orpheo et Silver Knight, alias Harry Potter et Draco Malfoy qui ont remonté le temps de vingt ans et sont maintenant bloqués dans le passé, condamnés à ne pouvoir souffler mot de ce qu'ils savent.

Résumé du chapitre précédent : Harry s'adapte à sa situation, rencontre les personnes qui ont peuplé la vie de ses parents (qui se détestent toujours autant à son plus grand désespoir). Il surprend tout le monde en faisant une démonstration de ses pouvoirs en cours de duel.

Rappel des personnages-originaux-évoqués-dans-ce-chapitre-qu'on-a-probablement-oubliés-depuis-la-dernière-fois :

Angelika Beranger : Serpentard, 5ème année

Michelle Hudson : Serpentard, 5ème année

Ellen Chain : Serpentard, 5ème année

Anita Simonelli : Serpentard, 5ème année

Moïra Carolis : Serpentard, 5ème année

Antinoos Harker: Serpentard, 6ème année

Ethan Torr : professeur de défense contre les forces du Mal

Fennigor Pointcassé : professeur de potions

Irina Norgoth : Gryffondor, 5ème année. Amie de Lily.

Lynn Amberson : Gryffondor, 5ème année. Amie de Névée, elle s'entend bien avec les Maraudeurs également.

Orpheo Knight : Harry Potter

Silver Knight : Draco Malfoy

Personnages-non-originaux-mais-dont-il-a-fallu-trouver-un-nom-ou-un-prénom-et-doter-d'une-personnalité-faute-d'éléments-dans-les-quatre-tomes :

Lucas Rosier : Serpentard, 5ème année

Adam Wilkes : Serpentard, 5ème année

Enos Lestrange : Serpentard, 6ème année

Azraël Avery : Serpentard, 6ème année

Brutus Flint : Serpentard, 7ème année

Cody Parkinson : Serpentard, 7ème année

Note : Voilà le troisième point de vue tant redouté : celui de Draco. J'avoue avoir vraiment appréhendé de me pencher sur le cas des Serpentard (surtout à cause de Rogue). Mais hormis Rogue, ça a été plus facile que je ne le pensais. Pour dire vrai, je me suis dépêchée d'écrire le septième chapitre, parce que j'avais très envie d'écrire le huitième

Note aux reviewers : Wahou ! Quel déferlement de reviews ! Ca fait sacrément chaud au cœur, je vous assure. Et ça me rassure, je me dis que je ne m'échine pas pour rien à la tâche à essayer de mettre en scène tous ces petits personnages rebelles qui parfois m'échappent totalement. ;)

Note aux lecteurs du Secret dema Mère (s'il y en a) : je voudrais m'excuser. D'habitude, je fais une alternance de mise à jour entre les deux fics. Mais là, j'aborde la phase finale et ça devient bien plus délicat, donc j'ai un peu plus de mal. Surtout que le prochain chapitre est assez spécial et très différent des autres… Mais je ne suis là pour vous parler du SdmM, alors zou, voici le…


Chapitre 7 – Annémémoire et Patronus

La première chose que fit Draco en ouvrant les yeux, fut de vérifier que l'intégrité de son corps avait été respectée pendant son sommeil. A savoir : s'il n'avait pas subitement changé de couleur, si des membres annexes ne lui avaient pas poussé pendant la nuit et si d'autres n'avaient pas disparu. Après avoir constaté qu'il était exactement comme la veille, il poussa un soupir de soulagement.

" Ne te fie pas à ce que tu vois ! Vérifie toujours tout ! Si tu peux encore parler, marcher. Si ce que tu vois correspond à la réalité et d'autres trucs comme ça. " lui dit avec sérieux Rogue.

Même s'il avait été surpris d'entendre la voix de son futur professeur troubler le silence, Draco n'en laissa rien paraître.

" C'est le rituel matinal ! " dit en riant Rosier qui venait de se lever de son lit et s'étirait comme un chat.

" Tous les matins ? " répéta Draco étonné.

" Ouais ! Vaut mieux ! " grogna Wilkes. " Avec ces maudits Maraudeurs, on ne sait jamais à quoi s'attendre ! "

" Les Maraudeurs ? "

" La bande à Potter. Un sacré ramassis d'emmerdeurs de première ! " cracha férocement Wilkes. " J'en prendrais bien un pour taper sur les autres. "

" Calme Wilkes ! La vengeance qu'on prépare est bien mieux que quelques coups de poing ! " tempéra Rosier.

" Ca c'est toi qui le dit ! Je t'assure que les coups, non seulement ça punit mais en plus ça calme. " argumenta Wilkes qui tapait dans son oreiller pour mieux illustrer son propos.

" Qu'est-ce que vous préparez ? " demanda Draco intrigué par le type de vengeance que des Serpentard pouvaient bien préparer.

Rogue dévisagea Draco avec un regard sceptique. " Pourquoi on te le dirait ? On ne te connaît pas ! " finit-il par dire.

Draco eut un geste de recul choqué. " Je te rappelle quand même que je n'ai pas été épargné lors de leur dernière farce. "

" Oui, mais ton cousin est dans le lot. " argumenta Rogue.

Draco s'assit sur son lit, croisa les bras et toisa Rogue avec un sourire en coin. " Et alors ? Si tu crois que je me soucie de ce qui peut lui arriver ! "

Rogue eut l'air surpris par la déclaration de Draco. " Vraiment ? " dit-il incrédule.

" Vraiment ! " Le sourire de Draco s'accrut.

Les trois Serpentard échangèrent un regard.

" On verra plus tard ! Disons que t'es à l'épreuve ! " trancha Rogue.

Draco fronça les sourcils, il n'avait pas l'habitude qu'on lui refuse quelque chose ou qu'on discute ses décisions.

Draco s'habilla en silence. Une fois vêtu, il resta longtemps à se contempler dans le miroir en faisant triste mine. Son reflet hocha la tête d'un air entendu. Cette nouvelle tête ne lui plaisait vraiment pas. Maudit Potter songea-t-il, mais la pensée lui valut une douleur subite au poignet. Maudit bracelet ajouta-t-il.

" Et puis de quoi j'ai l'air avec ce machin autour du poignet ? " siffla-t-il entre ses dents.

Puis, avec mauvaise humeur, il coiffa ses cheveux, noua sa cravate soigneusement, se jaugea une dernière fois du regard dans le miroir, et quitta la chambre sans attendre les trois autres qui étaient absorbés dans la lecture d'un grimoire.

C'est alors qu'il la vit !

Avec la dignité d'une reine, Narcissa descendait les escaliers qui menaient aux dortoirs des filles. Draco la regarda subjugué. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'il la voyait depuis son arrivée en 1975, mais chacune de ses apparitions suscitait en lui l'émergence d'émotions. Elle était tellement différente de la femme qu'il connaissait, de la femme qu'elle deviendrait. Présentement, elle avait toujours un sourire sur les lèvres et un regard calme. Elle arborait une mine réjouie et chaleureuse, au lieu de ce visage impassible et de ce regard froid qu'il lui connaissait. Autour d'elle, gravitait une véritable nuée de jeunes sorcières qui se pressaient de lui demander son avis sur n'importe quel sujet. Et elle semblait ne jamais s'agacer de ces continuelles sollicitations. Draco avait même surpris des garçons de différentes Maisons la suivre des yeux alors qu'elle passait devant eux dans les couloirs. Mais aucun ne se serait jamais risqué à faire le moindre pas vers elle, à tenter la moindre approche. Les deux cerbères qui veillaient inlassablement autour d'elle, dissuadaient même les plus courageux. Flint senior avait une figure aussi patibulaire que celle Flint junior, quant à Parkinson même s'il était loin d'être laid, il avait un regard dur, presque effrayant. Draco en était presque malade de savoir que sa mère devait subir en permanence deux présences aussi odieuses.

En le voyant, Narcissa leva la main dans un signe poli. Draco lui répondit par un sourire, prenant garde à ne pas y mettre plus de politesse qu'il ne convenait. Un sourire impersonnel. Flint tourna la tête vers lui et fronça les sourcils dans une grimace peu engageante.

A son premier petit déjeuner en 1975, Narcissa avait pris le temps d'expliquer à Draco le fonctionnement intégral de l'école. Elle lui avait décrit chacun de ses professeurs et la façon dont ils enseignaient, les choses à faire et à ne pas faire. Elle s'était montrée très polie, voire même gentille. Draco savait bien que sa future mère ne se contentait que de remplir sa tâche de préfète, mais pour les deux cerbères, c'était déjà trop. Draco n'était pas vraiment certain de comprendre quel était le rôle exact des deux garçons, mais il se doutait qu'il valait mieux éviter de provoquer leur hargne, ils semblaient vraiment costauds.

Il avait à peine achevé de descendre les escaliers, qu'il sentit deux bras puissants le saisir par le col et le plaquer contre le mur. Rectification : ils étaient costauds. Flint avait passé son avant-bras sous le menton de Draco et appuyait douloureusement sur sa carotide. Parkinson, pendant ce temps, le menaçait de sa baguette magique. Aucun d'eux ne se souciait de faire le guet.

" Ca fait deux trois jours qu'on te voit tourner autour de la demoiselle. Tu oublies tout de suite ton petit manège ! " siffla Flint en pressant un peu plus son bras sur le cou de Draco.

" Elle n'est pas pour toi ! " ajouta Parkinson.

" Tu vois, là on est plutôt sympa, on te prévient. Mais la prochaine fois que tu t'avises de tourner à nouveau autour de la demoiselle. Mmmm… je peux dire que tu risques de le regretter. " Un sourire mauvais fendit le visage de Flint, pendant qu'une lueur dangereuse s'allumait dans le regard de Parkinson.

" Bien sûr ce ne sera jamais pire que ce qu'il pourrait te faire, mais tu risquerais tout de même de le regretter. "

" Mais de quoi vous parler ? Et de qui ? Vous êtes complètement malades ! " articula avec difficulté Draco. Il essaya de se débattre, mais Flint lui lança son genou dans l'estomac. Draco en eut le souffle coupé.

" Mais on dirait que le nouveau est un peu long à la détente ! Très bien, on va te la faire un peu plus claire. Narcissa, c'est chasse gardée, tu t'approches encore une fois d'elle et on te brise les os. " menaça Flint à l'oreille de Draco.

" Est-ce que tu comprends un peu mieux maintenant ? Ou il faut qu'on te fasse un dessin ? " ironisa Parkinson.

" Non, ça va ! " lâcha avec colère Draco, furieux de devoir admettre sa défaite. " Je voudrais juste savoir qui se trouve assez présomptueux pour s'approprier une telle fille ? " Il savait qu'il était fou, qu'il aurait dû se taire, mais c'était plus fort que lui. Flint le plaqua un peu plus rudement contre le mur. Un sourire douloureux se dessina sur le visage de Draco.

" Je t'assure que tu n'as aucune envie de le rencontrer. " gronda Flint. " Je ne sais pas ce que le nom de Malfoy évoque aux oreilles d'un étranger comme toi. Mais vraiment, je te conseille de ne pas t'y frotter. " Et pour ponctuer sa phrase, Flint frappa une seconde fois Draco à l'estomac. Et les deux Serpentard s'en allèrent, laissant Draco à genoux sur le sol, le souffle court.

Malgré le réel danger que venait de frôler Draco, il ne put s'empêcher d'éclater de rire. Voilà qu'on pensait qu'il essayait de piquer sa mère à son père. C'était probablement le paradoxe temporel le plus drôle qu'il n'avait jamais entendu de sa vie.

Il vit ses trois compagnons de chambre s'approcher de lui. Rosier lui tendit la main pour l'aider à se relever, mais Draco la refusa et se remit seul sur pieds. Rosier, sourire aux lèvres, ne sembla pas blessé d'avoir vu son offre repoussée. " Je vois que tu viens de faire connaissance avec le comité ! " dit-il avec une pointe d'ironie dans la voix.

" On aurait dû te prévenir qu'il ne fallait pas l'approcher de plus de dix pas. " ajouta Rogue inébranlable, mais qui ne semblait pas si désolé que ça.

" Ne t'inquiètes pas, ils pensent que tout le monde laisse traîner un œil sur leur protégée. Ils soupçonnent même les profs et les filles. Je me demande combien de temps il va leur falloir pour sauter au cou du nouveau prof de Défense contre les Forces du Mal ? " Rosier éclata de rire, probablement imaginant la scène dans sa tête. Draco pensa qu'il n'y avait vraiment pas de quoi rire.

" Il faut dire à leur décharge, qu'ils jouent leurs vies sur ce coup ! " reprit Rogue.

" Je n'aimerais pas être à leur place si jamais Malfoy venait à découvrir qu'ils avaient échoué. " intervint Wilkes.

" Brrr ! Ne m'en parle pas ! " trembla exagérément Rosier.

Draco était balancé entre la fierté de la crainte qu'inspirait le nom de son père et l'étrange attitude qu'il avait envers sa mère. Il n'avait encore jamais réellement réfléchi jusque là à la relation que ses parents pouvaient bien avoir, il s'était toujours contenté de savoir que l'un était son père et l'autre sa mère. C'était amplement suffisant

Alors que toute la table des Serpentard petit-déjeunait tranquillement, parlant de choses sans grand intérêt, Adam Wilkes était en pleine discussion avec deux sixième-année : Lenos Lestrange et Azraël Avery. Mais tous trois prenaient bien garde à ne parler qu'à voix basse et jetaient de temps en temps des coups d'œil furtifs pour vérifier que personne ne les observait. Ils ne remarquèrent cependant pas le regard attentif que Draco posait sur eux.

Derrière sa frange de cheveux, Draco observait chacun de ses nouveaux camarades, tâchant de les reconnaître, de deviner de qui ils étaient les parents, tentant de se souvenir quel serait le destin de chacun.

" Tu sembles bien songeur. " intervint Rosier. Draco tourna vers lui un regard agacé, il n'aimait pas qu'on vienne le déranger quand il était plongé dans ses pensées. A son époque, personne n'aurait jamais osé se permettre une telle chose. Mais Rosier ne sembla ni s'offusquer, ni s'effrayer du regard de Draco, il continua d'afficher le même sourire.

" A quoi tu pensais ? " reprit tranquillement le Serpentard.

" Aux Serpentard. " répliqua avec agacement Draco.

" Vraiment ? Je ne vois pas ce que tu peux bien trouver de si passionnant dans cette bande de détraqués. " répondit d'une voix détachée Rosier.

Wilkes émit un grognement désapprobateur à la remarque de son camarade.

" Je te signale que tu en fais partie ! " intervint Rogue sans relever le nez de son livre de sorcellerie.

" Ah oui, c'est vrai. " fit Rosier avec légèreté.

Wilkes, Rogue et Rosier formaient un étrange trio. Wilkes était le costaud de la bande, il avait toujours les nerfs à fleur de peau, prêt à frapper le premier qui oserait le contredire. Rogue ne parlait pas souvent, mais quand il ouvrait la bouche, il frappait là où ça faisait mal, à chaque fois. Ses yeux semblaient toujours chercher à trouver ce qu'on voulait leur dissimuler. De tous, il était probablement celui qui gardait le plus souvent un œil sur Draco, ne disant jamais rien, mais enregistrant tout. Et puis Rosier était le désinvolte. Il avait toujours un sourire narquois au coin de la bouche et une lueur d'amusement dans le regard. Il était celui qui se montrait le plus amical envers Draco et calmait les deux autres. Il était à n'en pas douter la figure dirigeante du trio, mais les deux autres n'étaient pas de simples suiveurs, ils avaient des caractères bien trop forts pour accepter de se soumettre à quelqu'un d'autre. Draco n'arrivait pas encore à se faire un avis définitif sur ce personnage étrange qu'était Rosier, dont le nom lui était certainement familier et dont pourtant il était sûr de ne pas le connaître personnellement.

Des gloussements firent tourner la tête à Draco. En face d'eux, se tenaient les cinq filles de cinquième année de Serpentard. Le peu qu'il en avait vu n'avait pas encouragé Draco à tenter de se lier avec ces spécimens sans cervelle de la race humaine. Il y avait d'un côté une bande de quatre filles (Angelika Beranger, Michelle Hudson, Anita Simonelli et Ellen Chain). Les quatre sorcières semblaient allier stupidité, futilité et méchanceté (la sainte trinité féminine selon l'avis de Draco), elles n'avaient de cesse de séduire les garçons et d'humilier leurs rivales. Elles étaient de véritables Walkyries. Et de l'autre côté, il y avait la solitaire Moïra Carolis, imperturbablement silencieuse. Elle avait un air soucieux sur le visage qu'elle semblait vouloir s'entêter à cacher derrière ses cheveux blonds. La première fois que Draco avait entendu sa voix était lors du cours de soins aux créatures magiques. Il croisa un instant son regard. S'il ne laissa rien paraître, il fut étonné de trouver tant de gravité dans le noir de ses yeux, qu'elle se dépêcha de baisser. Il l'observa alors avec plus d'attention, intrigué par une telle attitude. Elle semblait nerveuse, elle fit tomber plusieurs fois sa fourchette. Probablement excédée par le regard insistant de Draco sur elle, d'un mouvement brusque, elle se leva et quitta la table. Draco se tourna vers Rosier pour l'interroger, mais ce dernier devança la question.

" Cherche pas ! Cette fille est incompréhensible. Je suis sûr que les tablettes des Anciens sont plus déchiffrables. "

" Tu veux dire qu'en cinq ans, vous n'avez jamais rien su sur elle ? " s'étonna Draco.

" On sait qu'elle s'appelle Moïra Carolis, qu'elle bosse beaucoup mais est loin d'être la meilleure, qu'elle n'a pas d'amis et qu'elle ne parle à personne. " intervint Rogue. " Et je serais à peine étonné si on découvrait que Moïra Carolis n'est peut-être même pas son nom. "

" Allons Severus, tu pousses un peu loin, là. Elle est juste asociale. "

" A ce stade là, ça frise la pathologie. "

Draco ne disait rien, il étudiait avec attention les deux adolescents. Le cas de Moïra Carolis le laissait aussi indifférent qu'un beau temps en plein été, mais il n'en allait pas de même pour ce qui était de son futur professeur de Potions. Draco voulait apprendre le plus de choses possibles sur Rogue, car il était certain qu'un jour ou l'autre ça lui serait profitable. Certes, jusque là, le professeur de Potions avait toujours tranché en sa faveur mais peut-être qu'un jour cela changerait. Il voulait donc avoir quelques cartes dans sa manche afin de pouvoir parer à toutes éventualités. Son père le lui avait enseigné dès son plus jeune âge, il fallait toujours précéder les jeux du sort.

" Il est temps d'aller en cours de Potions. " dit Rosier en se levant de table. " Certes, Pointcassé nous a à la bonne, mais vaut mieux ne pas trop tirer sur la ficelle. "

" Nous sommes avec les Gryffondor ? " s'enquit Draco, déjà agacé rien qu'à la perspective d'être dans la même pièce que Potter.

" Non, avec les Serdaigle. " répondit Rogue en ramassant son livre.

" Vraiment ? " s'étonna Draco. Rogue lui lança un regard en biais. Mais Draco avait l'habitude de ne rien laisser paraître et Rogue ne put rien deviner de ce qu'il y avait derrière cet étonnement.

Quand ils entrèrent en classe, les Serdaigle étaient déjà tous installés, prêts à démarrer la leçon.

" Ces fayots font tout leur possible pour s'allouer les bonnes grâces de Pointcassé, mais c'est peine perdue. Le prof les déteste ! " ricana Wilkes en tirant une chaise vide.

" Pointcassé déteste tout le monde ! " répliqua doucement Rosier en prenant place à côté de Wilkes. Draco et Rogue s'assirent à la table juste derrière.

Pointcassé entra dans la salle sans faire le moindre bruit, il laissa son regard courir sur chacun des visages en grinçant des dents, puis il s'assit à son bureau.

" Comme vous le savez, à cause de cette étrangère, on a dû revoir le programme. " commença d'un ton acerbe Pointcassé. " Cette fille de Moldus pense qu'elle a tous les droits ici et, visiblement, c'est le cas puisque le directeur a jugé bon de céder à son caprice. "

Dans la salle, des réactions diverses parcoururent les rangs. Les Serdaigle qui n'avaient pas encore eu cours avec Dawn étaient indignés par les propos du professeur qui allait bien au-delà de la bienséance. Quant aux Serpentard, ils étaient partagés. Ils avaient vu leur nouveau professeur à l'œuvre et avaient tous été impressionnés. Même Draco devait bien admettre qu'il avait été sérieusement ébranlé par une telle maîtrise de la Magie. Mais le sentiment de dégoût de recevoir des leçons d'une sorcière sans noblesse, puisque née de parents Moldus, était également très fort.

" Aujourd'hui, vous allez devoir concocter une potion dont l'exécution est délicate. Je dirais même terriblement difficile. Il vous est interdit d'échouer puisque vous aurez besoin de cette potion pour le prochain cours de Défense contre les Forces du Mal. " Un sourire mauvais fendit le visage hideux du professeur.

Rogue, à côté de Draco, fronça les sourcils.

" Je me demande ce que le cours de Défense contre les Forces du Mal vient faire dans l'histoire. " chuchota-t-il à l'oreille de Draco. Mais ce dernier ne prit même pas la peine de répondre : ils le seraient bien assez tôt.

Suite aux propos de Pointcassé, la tension était montée dans les rangs, chacun cherchant à savoir ce que tout cela signifiait. Il n'était encore jamais arrivé que des cours s'entrecoupent. Pointcassé, qui faisait peu de cas du climat qu'il venait d'installer au sein de ses élèves, dirigea sa baguette vers le tableau noir et la liste de tous les ingrédients apparue.

En la parcourant du regard, Draco ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux. Il ne savait pas du tout ce qu'ils allaient devoir mettre au point, mais c'était sûrement quelque chose de peu commun ; certains ingrédients étaient extrêmement rares et quelques-uns, dangereux même. Rogue s'était tourné vers lui et étudiait d'un œil critique sa réaction.

" Je vois que tu t'y connais un peu en potions. " souffla-t-il. " D'après la liste, je peux te dire que ce que devoir nous allons faire n'est pas du niveau de cinquième-année. " Draco acquiesça de la tête.

" Je suppose que peu d'entre vous ont compris la difficulté de la potion rien qu'au vu de la liste. " dit-il d'un air dédaigneux. " Il s'agit d'une potion de Réminiscence, on l'appelle communément l'Annémémoire. Elle va permettre de faire resurgir des profondeurs de vos petites cervelles de chauve-souris des souvenirs oubliés ou refoulés. "

Un murmure parcourut la classe.

" Selon que l'on y incorpore de la sève de sureau ou de la sève d'érable, la potion sera radicalement différente. Quelqu'un peut me dire en quoi ? " Puis sans laisser le temps à ses élèves de répondre, Pointcassé reprit : " Personne évidemment ! Qu'une classe d'ignares ! La sève de sureau ramènera à votre conscience des souvenirs désagréables, la sève d'érable, au contraire, des souvenirs heureux. C'est avec ce dernier ingrédient que vous travaillerez. Maintenant mettez-vous au travail, vous n'avez pas de temps à perdre. " Et d'un autre coup de baguette magique, Pointcassé fit apparaître les instructions.

Draco constata en effet très vite que la potion était excessivement difficile. Tous les élèves étaient tendus, tant ils craignaient de faire la moindre erreur et savoir qu'ils en auraient impérativement besoin pour le cours suivant n'aidait vraiment pas à les calmer. Pointcassé passait dans les rangs et ne manquait jamais une occasion de faire une remarque désagréable. Au moment où Draco relevait la tête, pour s'éponger le front, il constata que le professeur de potions était d'ailleurs justement en train de s'acharner sur un Serdaigle qui était vaguement familier à Draco.

" Eh bien ! On dirait qu'ici il y a quelques problèmes ! " ricana Pointcassé en jetant un regard désobligeant au chaudron des deux Serdaigle qui baissèrent misérablement la tête. Draco surprit toutefois le regard furieux de l'un d'eux, justement celui qui lui rappelait quelqu'un.

" Eh bien, il semblerait que vous n'ayez pas hérité des mêmes dons que votre frère, Mr Potter. " se moqua froidement Pointcassé.

Au nom détesté, Draco ne put s'empêcher de tressaillir.

" Qu'est-ce qu'il y a ? " demanda Rogue à qui il semblait que rien n'échappait jamais.

" Rien ! " mentit Draco. Il garda quelques secondes le silence mais ne put contenir la question qui lui brûlait les lèvres.

" Potter ? Ca a un rapport avec celui de Gryffondor ? " chuchota Draco pour ne pas se faire entendre de Pointcassé.

" Ils sont cousins. " répondit brièvement Rogue. Draco hocha la tête et reporta son attention sur Pointcassé qui était en train de faire un éloge du grand frère pour mieux dévaloriser le plus jeune.

" Mais c'est qui ce type dont il n'arrête pas de vanter les mérites ? " s'étonna Draco. Il n'avait jamais imaginé que Pointcassé pouvait complimenter un de ses élèves.

" Le grand frère de William Potter, Thomas Potter, était un pro en Potions, c'était l'élève préféré de Pointcassé. " expliqua Rogue sans quitter le chaudron des yeux.

" Un Gryffondor ? "

" Non, un Serpentard. "

Draco manqua de s'étrangler. " Un Potter à Serpentard ? " s'écria-t-il.

Tous les regards se tournèrent vers lui.

" Il y a un problème Mr Knight ? " lança Pointcassé.

" Non monsieur. " répondit tranquillement Draco qui avait retrouvé immédiatement son calme habituel.

" Alors taisez-vous ! " claqua le professeur qui redirigea aussitôt son attention sur la potion d'un Serdaigle dont la couleur n'était pas du tout celle qu'il fallait. Quelques élèves de Serdaigle ronchonnèrent de voir qu'aucun point n'était retiré, mais un coup d'œil de Pointcassé suffit à ramener le silence.

Rogue et Draco affectèrent d'être très concentrés sur leur travail pendant quelques minutes, puis Rogue se tourna vers Draco.

" Tu connais les Potter ? " s'étonna-t-il.

Draco ne quittait pas des yeux la potion qui commençait à changer de couleur au fur et à mesure que la température montait dans le chaudron.

" Bien sûr que non ! " répondit-il très simplement.

" Alors pourquoi ça t'étonne qu'il y en ait un à Serpentard ? "

" Juste parce que James Potter ne semblait pas porter les Serpentard dans son cœur. "

" Tu t'es aperçu de ça en si peu de temps ? "

" Je te rappelle quand même que j'ai été une des victimes de sa petite bande. " trancha Draco.

Rogue se tut quelques secondes, s'appliquant à évider soigneusement un orvet. Il y eut quelques secondes de silences entre les deux partenaires.

" Thomas Potter était un Serpentard assez atypique je dois dire. " reprit Rogue. " Je pense qu'il aurait également pu être un Gryffondor. Mais pour une raison qui n'appartient qu'au Choixpeau, il est allé à Serpentard. Il aurait d'ailleurs mieux fait d'aller à Gryffondor. " trancha Rogue au même moment où il décapitait une mandragore.

" Pourquoi ? "

" Il y avait la même année, un autre Serpentard dont tu as entendu parler ce matin. Lucius Malfoy. "

Draco ne laissa rien paraître, mais son cœur cogna plus fort dans sa poitrine.

" Ces deux-là, Thomas Potter et Lucius Malfoy se détestaient. Ils avaient chacun une vision totalement antinomique de ce qu'était qu'être un Serpentard. Leur guerre a entraîné une scission dans la Maison, il y avait d'un côté ceux qui suivaient Potter et de l'autre ceux qui étaient d'accord avec Malfoy. A eux deux, ils ont fait plus de mal aux Serpentard qu'aucun Gryffondor n'en a jamais fait. " conclut Rogue.

" Et ça s'est terminé comment ? " s'enquit Draco. Il s'amusait de constater que son père avait également connu des difficultés avec un Potter. Décidément, parfois l'Histoire se répétait vraiment.

" Ca ne s'est pas terminé véritablement. Quand ils sont partis, le calme est juste revenu à Serpentard. Seulement Malfoy continue d'exercer son influence sur les plus vieux, tandis que Potter a totalement coupé les ponts. J'ai entendu dire qu'il était à Pucepoix maintenant. "

Draco hocha la tête. Il connaissait bien Pucepoix, c'était une université qui avait une très bonne réputation et qui avait formé parmi les plus brillants sorciers-chercheurs de Grande Bretagne ces quatre derniers siècles.

" En tout cas, je peux te dire que je suis bien content d'avoir enfin un partenaire valable en Potions. " déclara Rogue qui se permit même pour l'occasion d'être enthousiaste.

Draco ne put retenir un sourire en coin.

" Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai dit quelque chose de drôle. " s'étonna Rogue.

Mais Draco ne répondit pas, ils devaient maintenant réciter une formule et il avait saisi cette opportunité pour esquiver la question. Sur son poignet le bracelet continuait de chauffer doucement. Il l'avait douloureusement brûlé quand il avait prononcé le nom de Potter, mais il avait réussi à masquer sa souffrance et à ne pas porter la main à son poignet. Il se doutait que ce tic finirait par être remarqué et si jamais on découvrait qu'il portait un Bracelet du Silence, on lui poserait des questions embarrassantes.

Draco pensait toujours à modifier le présent, son présent. Il serait tellement simple pour lui d'éradiquer le problème Harry Potter à la base. Mais il avait réfléchi aux propos de Dumbledore et à cette histoire de chaos. Changer l'Histoire oui, mais amener le Chaos sûrement pas. Il avait donc finalement décidé de mettre de côté ses rêves de modifications temporelles.

Lorsque le cours s'acheva, Rogue et Draco avaient devant eux une marmite remplie d'un breuvage couleur bleu clair et qui répandait une étrange odeur de caramel. Leur exploit valut vingt points aux Serpentard. Peu de groupes avaient réussi à aller jusqu'au bout de la préparation et il fallut donc en distribuer à tous ceux qui n'en avaient pas.

Et c'est un verre à la main, marchant aussi prudemment que possible que les Serpentard se rendirent en cours de Défense contre les Forces du Mal (les Serdaigle en mirent de côté en vue de leur prochain cours).

Des première-année de Poufsouffle sortaient de la salle quand les Serpentard atteignirent la salle de Défense contre les Forces du Mal. Une petite sorcière eut le malheur de bousculer Wilkes qui en lâcha son verre. Le liquide bleu se répandit sur le sol. Furieux, Wilkes saisit la fillette terrorisée par le col de sa robe et la secoua comme un prunier. Des larmes coulaient sur ses joues alors qu'elle se confondait en excuses, mais cela ne calma pas le Serpentard, au contraire cela sembla provoquer en lui une joie malsaine, une sensation grisante de pouvoir.

" Mr Wilkes ! Ca suffit ! Relâchez immédiatement cette jeune fille. " gronda une voix. Dans l'encadrement de la porte, se tenait un jeune homme au regard furieux.

Wilkes ne pensa même pas à discuter l'ordre qui venait de lui être donné.

" Excusez-vous immédiatement. "

Et à la surprise de tous les Serpentard, aussi docilement qu'un mouton, Wilkes s'exécuta.

" Je retire quinze points à Serpentard pour conduite inadmissible. Et que je vous reprenne à terroriser ou malmener un de vos camarades, Mr Wilkes, je peux vous assurer que vous ne vous en tirerez pas aussi facilement. " prévint le jeune professeur.

Wilkes hocha craintivement la tête.

Il y avait quelque chose de pas naturelle dans l'attitude de Wilkes, certes Draco ne le connaissait que depuis peu, mais il était pratiquement certain qu'il n'était pas le genre à se laisser rabrouer, même par un professeur. Draco suspectait le professeur d'avoir, en quelque sorte, ensorcelé sa voix.

Le professeur tira une baguette de sa poche, il fit un mouvement de poignet, le verre se reconstitua et le liquide réapparut dans le contenant.

" Entrez maintenant. " et il s'effaça pour laisser le passage aux élèves.

Draco prit place à côté de Rosier en bout de table.

" Bonjour à tous. " L'expression du professeur s'était adoucie, mais elle gardait quelque chose de tendue. " Je m'appelle Ethan Torr et je serai pour cette année, votre professeur de Défense contre les Forces du Mal. Vous pouvez fermer vos livres, nous n'en aurons pas besoin. " ajouta-t-il en jetant un coup d'œil sur leurs pupitres. " Cette année nous étudierons différentes créatures qui représentent un réel danger pour les humains. Vous apprendrez à les connaître et les reconnaître, à les neutraliser, à vous prémunir contre leurs pouvoirs. De manière générale, nous ne passerons que trois à quatre cours sur la même créature, de façon à en étudier le maximum. Cependant nous aurons également, en parallèle, un projet qui s'étendra sur toute l'année. Nous n'y consacrerons qu'un seul cours entier, celui-ci, et sinon, seulement quelques minutes à la fin des cours, juste pour constater de vos progrès ou répondre aux questions que vous vous posez. " Le professeur Torr se tut et jeta un regard sur ses élèves, s'assurant qu'il avait bien l'attention de tous. " Comme vous ne l'ignorez pas, cet été, les Détraqueurs se sont ralliés officiellement à Voldemort. "

Draco remarqua que dans la salle, aucun élève ne réagit au nom du Mage Noir. Torr le remarqua également, un sourire sardonique se dessina sur ses lèvres, puis il reprit. " Comme personne n'est maintenant à l'abri d'en croiser un, avec l'accord du professeur Dumbledore, tous les élèves de second cycle sont entraînés à réaliser un sort capable de les repousser. Est-ce que quelqu'un peut me nommer le sort dont je parle ? "

Quelques mains se levèrent. Bien qu'il connaisse le nom du sort, Draco ne se manifesta pas, il se contenta de croiser les bras et de dévisager avec insistance le jeune professeur. Le sort du Patronus, mais quelle idée folle était venue à l'esprit de cet inconscient ? Aucun élève de cinquième année ne pouvait être capable de réaliser un tel exploit (à part Potter). C'était une véritable perte de temps.

" Oui, mademoiselle… Chain… " fit Torr après avoir regardé sur le plan de la classe.

" C'est le Patronus " dit-elle avec fierté et totalement confiante.

" En effet ! " répondit le professeur. " Le Patronus est un sort de magie très développé, il vous demandera énormément de travail. Il paraît même que certains sorciers ne sont jamais parvenus à le maîtriser. "

" Alors pourquoi nous le faire étudier ? " intervint Draco.

" Eh bien Mr Knight, tout simplement, parce que lorsque vous vous retrouverez face à un Détraqueur, lui il se moquera bien de l'âge que vous avez ou de votre niveau magique. " répondit calmement Torr en jouant avec sa baguette. " J'ai même proposé d'entraîner les élèves de premier cycle, mais ma requête a été refusée. "

Rien d'étonnant à cela, pensa Draco.

" La difficulté de réaliser un Patronus repose sur trois facteurs. Premièrement, le niveau magique. Il en faut une grande réserve, mais j'ai cru comprendre que le professeur Dawn s'occupait déjà de ce problème. Deuxièmement, être capable de se maîtriser face à un Détraqueur, face à l'horreur panique qu'il provoque. Pour cela, il y a l'entraînement et le courage. Et troisièmement, un souvenir heureux auquel on peut se raccrocher avec foi. C'est là qu'intervient la potion que vous avez préparée en cours de Potions avec le professeur Pointcassé. Si la potion a été concoctée dans les règles de l'art, elle fera resurgir en vous un souvenir heureux, réconfortant. Ce sera ce souvenir que vous devrez convoquer lorsque vous serez face à un Détraqueur et que vous voudrez réaliser un Patronus. Mais je dois vous prévenir que, bien évidemment, les heureux souvenirs changent. On fait notre vie et les souvenirs s'accumulent et s'effacent. Donc, il se peut que d'ici quelques temps ce souvenir soit caduc. "

" Et qu'est-ce qu'on fait si un cas se présentait alors qu'on est face à un Détraqueur ? " demanda Rogue.

Le professeur eut un sourire étrange. " Espérez un miracle, Mr Rogue. "

Il y eut quelques secondes de silence dans la salle pendant lesquelles tout le monde se dévisagea plus ou moins interdit. Draco n'aimait pas ce professeur, c'était physique ! Ce regard trop sûr, ce sourire moqueur, cet air désinvolte. Tout en cet homme horripilait Draco, rien que la façon dont il parlait ou jouait avec sa baguette.

" Bien maintenant, vous allez tous boire votre potion. Ne craignez rien (Wilkes eut un geste outré, comme si le professeur venait de l'insulter personnellement), petit à petit des sensations vont affluer en vous, puis une scène, exactement comme un tableau, apparaîtra, d'abord floue puis de plus en plus nette. Une fois qu'elle sera présente, gravez la dans votre esprit, souvenez-vous de tous les détails. Mieux vous vous souviendrez, mieux vous pourrez combattre. Allez-y ! " ordonna Torr en se rasseyant.

Draco saisit son gobelet et y jeta un regard critique. A côté de lui, sans la moindre appréhension, Rosier but d'une traite son verre. Il resta quelques secondes impassible puis soudainement, il s'effondra sur sa table. Draco eut un instant de panique, mais bientôt il vit que tous les élèves étaient touchés par le même mal tandis que Torr ne paraissait pas prêt d'intervenir. Draco en conclut donc que c'était normal et but son verre. La potion n'avait aucun goût. Il n'attendit pas longtemps avant d'en éprouver les premiers effets, en revanche, il ne se sentit pas s'effondrer sur sa table.

Il y eut d'abord de la chaleur.

Pas une chaleur étouffante, non, une douce chaleur, comme on aime à en trouver dans les nuits d'hiver rigoureux.

Puis vint une odeur.

Elle flotta longtemps dans l'air, l'embaumant délicieusement, avant qu'il ne reconnût le parfum du chocolat chaud. C'était appétissant et en même temps tranquillisant.

Une nouvelle sensation le submergea alors.

La douceur.

Contre sa peau, il y avait quelque chose d'incroyablement doux. Il n'y avait jamais eu aucune étoffe d'une telle douceur. C'était contre sa joue, c'était entre ses doigts. Il pouvait y enfoncer sa main, son visage. C'était de la fourrure. Mais pas la fourrure morte d'un manteau. C'était vivant. Draco sentait pulser un cœur. Le cœur d'un animal contre lequel il était allongé, lové même, en toute tranquillité. Sur sa tête, dans ses cheveux, il y avait une main qui le caressait. Sur son front, il y avait des lèvres chaudes qui déposaient de tendres baisers.

Et le son vint enfin.

Se mêlaient de manière indistincte des conversations éloignées et des ronronnements. Et soudain tout lui revint en mémoire.

Les soirées d'hiver chez la vieille sorcière, la marraine de sa mère. Le bon chocolat qu'elle préparait selon une recette secrète. L'immense panthère apprivoisée que ses yeux d'enfant ne voyait que comme un gros chat. Et les genoux de sa mère sur lesquels il faisait semblant de s'endormir, juste pour sentir la main aimante dans ses cheveux. Oui, tout lui revenait distinctement. Pendant les vacances scolaires, lui et sa mère partaient seuls à la montagne en Suisse, son père ne pouvant quitter ses affaires. Et c'était une enfilade de jours tranquilles et simples, pendant lesquels le fils et la mère jouaient sans pudeur, se promenaient longuement, se racontaient des histoires sans fin.

Quand il ouvrit les yeux, Draco remarqua que quelques élèves étaient déjà sortis de leurs transes mnémoniques. A côté de lui, Rosier était immobile, les bras croisés, les mâchoires contractées et le regard obstinément fixé sur Torr. Une dizaine de minutes de profond silence passa, pendant laquelle Draco surprit même une des filles (Ellen Chain) tenter de dissimuler les larmes qui s'amoncelaient au coin de ses yeux. Quand le dernier élève revint à la réalité, Torr reprit la parole.

" Y a-t-il quelqu'un qui n'a pas réussi à se souvenir d'un moment heureux ? " demanda-t-il. Personne ne se manifesta. " Tout le monde doit avoir son moment heureux bien présent à l'esprit, toute la suite du cours en dépend. " Mais de nouveau, personne ne broncha. " Parfait. Pour que vous puissiez tous vous calmer un peu, je vais d'abord vous parler un peu mieux des Détraqueurs, ensuite nous passerons à la pratique. "

Et pendant la demi-heure suivante, si ce n'est trois quarts d'heure, le professeur Torr monologua sur les Détraqueurs. Il évoqua tout, leur origine, leurs pouvoirs, leurs ambitions, le petit truc à savoir (toujours avoir du chocolat sur soi. " C'est le meilleur reconstituant " expliqua Torr d'un air malicieux, ce qui fit rire une partie de la classe). Malgré l'aversion que lui inspirait ce professeur, Draco dut bien reconnaître que cet exposé était totalement captivant et très complet. Il découvrit qu'il y avait beaucoup de choses qu'il ignorait.

" Je crois que maintenant vous êtes tous remis. Nous allons donc passer à la partie la plus délicate. "

Torr leur apprit la formule ('spero patronum') qu'ils répétèrent en chœur plusieurs fois.

" La forme que prendra votre Patronus est une incarnation de tout ce qu'il y a de bon en vous, de votre force, de vos rêves, de vos espoirs. C'est pour ça qu'il est personnel. Il est rare que l'on trouve des sorciers ayant le même, à moins qu'ils ne partagent les mêmes souvenirs et les mêmes rêves, ce qui est le cas des couples de sorciers. Mais comprenez bien que la forme n'a rien à voir avec la force. Un Patronus dont la forme est une libellule a autant de force que celui qui a la forme d'un buffle. Ce qui en fait sa puissance est, primo, la foi que vous avez en votre souvenir et, secundo, la magie que vous êtes capables d'y insuffler. Maintenant exercez-vous. Sans les Détraqueurs, vous verrez que c'est bien plus facile. "

Puis, jusqu'à la fin du cours, tous tentèrent de créer des Patronus. Mais Draco avait beau se concentrer sur son souvenir et crier 'spero patronum', il n'y avait guère qu'un léger flot de paillettes argentées qui émanaient de sa baguette. Il s'arrêta un instant fatigué pour reprendre son souffle, il en profita pour regarder où en était le reste de la classe. Ca n'allait guère mieux. Cependant, il remarqua qu'au fond de la salle, Moïra Carolis parvenait à créer quelque chose à la forme incertaine.

Il quitta le cours totalement épuisé, les autres n'étaient pas dans un meilleur état. Quand ils se laissèrent tomber sur le banc de la Grande Salle, Enos Lestrange se tourna vers eux, une expression de sympathie sur le visage.

" Dites-moi tout : Dawn ou Torr ? "

" Torr ! " grogna Wilkes.

" Le Patronus ? " demanda le laconique sixième-année.

Wilkes hocha la tête pour toute réponse.

A l'autre bout de la salle, Draco vit les Gryffondor de cinquième-année se mettre à table, ils revenaient du cours de Potions. Potter père et fils riaient avec plaisir des pitreries de Black. Draco ne put retenir un sourire sardonique à la pensée que d'ici quelques années toute cette joyeuse bande ne rirait plus autant. Il ne s'aperçut pas immédiatement qu'il n'était pas le seul à avoir les yeux rivés sur les Gryffondor. Wilkes semblait avoir complètement oublié tout ce qui l'entourait, seul subsistait la table des Gryffondor.

" Wilkes ? Pourrait-on savoir ce qui te fait tirer la langue de cette manière ? " demanda Rosier avec moquerie.

Lestrange eut une toux qui sonna étrangement comme 'Amberson'. Wilkes se redressa rouge carmin.

" Ne dites pas n'importe quoi ! Pourquoi est-ce que je regarderais Amberson. " dit-il avec mauvaise humeur.

" Peut-être parce que tu la trouves jolie ? Peut-être parce que tu surveilles que personne ne s'approche de trop près d'elle ? Peut-être parce que tu es fou amoureux d'elle. " proposa Rosier le regard rieur, pendant que Lestrange faisait tout son possible pour ne pas éclater de rire.

Draco grimaça. " Tu es amoureux d'une Gryffondor ? " s'indigna-t-il.

Wilkes se tourna d'un mouvement brusque vers Draco et le fusilla du regard.

" Est-ce que ça te pose un problème le nouveau ? "

" Et comment ! " répliqua avec aplomb Draco.

" Je te préviens, tu as intérêt à arrêter immédiatement de jouer au petit prince ici ! Je ne sais pas pour qui tu te prends, mais tu vas arrêter tout de suite. " Wilkes avait saisi Draco par le col de sa robe et lui serrait fortement le cou. Draco allait répliquer qu'il était le fils de Lucius Malfoy, mais le bracelet lança une attaque fulgurante qui le fit grimacer. Wilkes eut un sourire mauvais, prenant la réaction de Draco pour lui.

" Adam, lâche-le ! " intervint Rosier d'une voix tranquille. " Tout le monde vous regarde. "

Wilkes desserra son poing et lâcha Draco, puis il se rassit tranquillement et reprit sa contemplation comme si de rien n'était. Des pensées assassines se bousculèrent dans la tête de Draco mais surtout une terrible constatation. Sans son nom de famille, sa situation s'avérait beaucoup plus difficile et intenable. Dans son temps, personne ne s'était jamais aventuré à avoir une telle conduite à son égard (excepté peut-être Potter).

" Tu sauras maintenant qu'il ne faut pas parler à la légère à Wilkes d'Amberson. " répliqua Rogue. Draco émit un léger grognement et reporta son attention sur son assiette qui venait de se remplir.

Draco, toujours vexé, ne se mêlait pas à la conversation des trois autres Serpentard et ruminait en silence ses sombres pensées, lorsque Flint s'assit à côté de lui. Draco poussa un soupir d'exaspération quand il le vit.

" Qu'est-ce que tu veux ? " grogna-t-il avec mauvaise humeur.

" La ferme et écoute ! " Draco serra convulsivement les poings, pendant que le bracelet le brûlait. " Qu'est-ce qu'il vaut ton cousin comme joueur de Quidditch ? "

Il fallut quelques secondes à Draco pour comprendre qu'on lui parlait de Potter.

" Pourquoi me demandes-tu ça ? " lança-t-il avec humeur pour toute réponse.

" Tu te contentes de répondre à ma question. " gronda Flint.

" Tu peux crever ! " répondit Draco.

Flint grinça des dents et saisit Draco au col.

" Décidément, c'est une manie ! " articula Draco avec difficulté. Mais cette fois-ci il ne se laissa pas faire et donna avec application un coup de pied dans le tibia du septième-année qui, sous la douleur, libéra Draco.

" Si tu veux me demander quelque chose, commence par le faire poliment. On verra après. Sinon, ce n'est même pas la peine. " déclara Draco avec assurance.

Flint serra furieusement les mâchoires et manqua de se jeter sur lui, mais un sixième-année que Draco ne connaissait pas le retint.

" Laisse Flint ! Tu as perdu cette manche. Reconnais ta défaite. " fit-il en prenant la place de Flint à côté de Draco.

" OK ! " cracha Flint avec haine.

Draco eut l'impression qu'on lui arrachait les mots de la bouche au fer chaud.

" Alors que vaut ton cousin, Knight ? " reprit le nouveau venu.

" C'est un bon attrapeur. " répondit brièvement Draco. Il avait maintenant l'impression que c'était à lui qu'on retirait de force les mots de la bouche.

Quelques Serpentard se dévisagèrent avec étonnement.

" Tu as bien dit attrapeur ? " intervint Lestrange.

" Oui, pourquoi ? " s'impatienta Draco.

" Parce qu'il va jouer au poste de poursuiveur dans l'équipe de Gryffondor. " reprit le sixième-année.

Draco les dévisagea tous avec surprise. " Quoi ? " articula-t-il avec difficulté. " Eh ben, il ne perd pas de temps ! " grinça-t-il quelques secondes après.

Diverses pensées se bousculaient dans la tête de Draco. Incompréhension. Pourquoi poursuiveur ? Potter était un attrapeur. Surprise. Comment faisait ce type pour se faire accepter à chaque fois ? Colère. Il s'était encore fait doubler par Potter. Il avait été accepté dans l'équipe de Gryffondor dès le début et lui, on ne lui avait même pas proposé de faire partie de celle de Serpentard.

" Est-ce qu'il y a une place à prendre dans l'équipe de Serpentard ? " demanda abruptement Draco.
" On dirait qu'il y a quelqu'un qui n'apprécie pas que son cousin fasse partie de l'équipe de Quidditch. " murmura Rogue. Draco lui lança un regard glacial.

" Il n'y a aucune place à prendre ! " trancha le sixième-année.

" Qui sont les joueurs ? " demanda Draco.

" De cinquième-année, il y a Angelika Beranger qui joue au poste d'attrapeur, Lucas Rosier qui est poursuiveur champ droit et Adam Wilkes qui est batteur. De sixième-année, il y a Enos Lestrange qui est le gardien et moi, Antinoos Harker, poursuiveur et capitaine de l'équipe. Et enfin, de septième-année, il y a Brutus Flint comme deuxième batteur et Cody Parkinson comme champ gauche. " Draco avait examiné chacun des joueurs montrés avec attention. Il avait été surpris d'entendre que l'attrapeur était une fille ; les Serpentard acceptaient rarement des filles dans leur équipe de Quidditch, au contraire des autres Maisons.

" Alors ton cousin ? " reprit Harker.

" Je te l'ai déjà dit, il se débrouille comme attrapeur. Je suis très étonné qu'il soit poursuiveur. Qui y a-t-il chez les Gryffondor ? "

Harker poussa un soupir d'exaspération, mais cependant commença à énumérer sur ses doigts.

" Black et Weasley comme batteurs. Ils sont assez vifs mais manquent de puissance par rapport à nos deux batteurs. Parry comme gardien, c'est le capitaine de l'équipe. Il n'est pas infaillible et peut être leurré. Norgoth en attrapeuse. "

" Une fille ? "

" En effet. Elle est vive et a l'œil, mais elle manque d'audace en contre partie. Sternwood en champ droit, il est jeune et n'anticipe pas toujours les actions. Et Potter, lui est dangereux. (Draco eut un sursaut qui ne passa pas inaperçu aux yeux de Rogue qui lui lança un regard interrogateur). Il est agile, rapide, tête brûlée et anticipe les actions. Sur le terrain, c'est lui le véritable capitaine de l'équipe. " expliqua patiemment Harker. " Tu veux savoir autre chose ? "

" Oui, laquelle est la meilleure équipe ? "

Il y eut un mouvement dans les rangs et les regards s'allumèrent.

" Eux. Ca fait trois ans qu'ils n'ont pas perdu la coupe. "

" Je vois. " se contenta de dire Draco. " Knight a une façon très instinctive de voler. Il est rapide, agressif, vif. Il est du genre à être plus à l'aise dans les airs que sur terre. En quatre ans, il n'a perdu qu'un seul match. " finit par dire Draco, ne quittant pas des yeux son couteau avec lequel il jouait.

Les Serpentard prirent une expression perplexe.

" Mais je ne sais pas ce qu'il vaudra comme poursuiveur. "

" Ca ne te gêne pas de dévoiler des infos sur ton cousin ? " chuchota Rogue à l'oreille de Draco alors que le professeur de Runes Anciennes était absorbé dans une traduction. Draco haussa les épaules.

" Nous n'avons que le nom en commun. " répondit-il. Rogue fit signe qu'il avait compris et reconduisit toute son attention vers le professeur.

Les runes rappelaient à Draco les mystérieuses Portes de Rowena Serdaigle. Ces fichues Portes qu'il avait eu la mauvaise idée de passer. Même s'il rendait ouvertement Potter responsable de leur situation, Draco savait pertinemment que le Gryffondor n'était coupable que de les avoir ouvertes. Draco n'avait nullement été forcé, il avait suivi Potter de son plein gré. L'unique responsable était lui et son maudit orgueil. Il n'avait pas supporté de réaliser qu'il avait peur de quelque chose qui n'effrayait nullement son rival. L'air de dédain que Potter avait affiché avant de franchir la porte lumineuse, avait profondément blessé Draco. Pour se laver de cet affront, il n'avait rien trouvé de mieux que de le suivre et ainsi prouver que lui non plus ne craignait pas d'affronter l'inconnu. Mais au final, Draco s'en mordait les doigts. Plus que jamais, il voulait regagner son époque où tout était normal, où personne ne discutait le moindre de ses mots, où il était connu, où il n'avait pas à prétendre d'être de la même famille que Potter, où il était l'attrapeur vedette de l'équipe de Serpentard, où ses parents avaient une relation compréhensible, où il n'avait pas ce visage qu'il détestait. Et surtout, où il n'avait pas de bracelet sur le poignet qui lui brûlait sans cesse la peau dès qu'il pensait à son époque.

Au premier rang, Lily Evans levait pour l'énième fois le bras et pour l'énième fois donnait la bonne réponse. Draco soupira. Encore une je-sais-tout. Décidément, il y en avait toujours une dans le sillage des Potter.

Un livre à la main et récitant sa leçon à voix haute, il parcourait le parc de Poudlard. Draco appréciait de marcher lorsqu'il apprenait une leçon par cœur. Resté assis face à ses manuels, dans une salle où on ne trouvait jamais le silence, était l'incarnation même de l'ennui, à tel point que généralement Draco finissait par fermer son livre sans n'avoir rien appris. Quand le temps était trop rigoureux pour aller dans le parc, c'était dans les couloirs sans fin de Poudlard qu'il déambulait. Cela lui avait d'ailleurs permis de surprendre quelques conversations privées tout à fait passionnantes.

Il arrivait dans les abords du lac lorsqu'il remarqua la silhouette de quelqu'un accroupi sur la berge et qui s'amusait à lancer des cailloux dans l'eau sombre. Quand il ne fut plus qu'à quelque pas, il reconnut Moïra Carolis.

" Tu sais ce qu'il y a au fond ? "

Elle avait posé la question d'une voix morne, sans se retourner. Draco tressaillit, il avait été certain qu'elle ne l'avait pas remarqué. Elle avait eu l'air tellement absorbée dans ses pensées qu'il n'avait pas imaginé qu'elle eut pu l'entendre.

" Demande à Knight ! " répondit-il avec animosité sans prendre le temps de réfléchir. Mais le bracelet l'avertit qu'il venait d'en dire un peu trop.

" Tu es Knight. " répliqua-t-elle tranquillement alors qu'elle continuait à faire des ronds dans l'eau.

" Mon cousin. " répondit-il d'une manière laconique.

" Tu appelles ton cousin par son nom de famille ? "

" Et alors ? Ca te pose un problème ? " répondit-il avec animosité.

Elle haussa les épaules.

" Non ? C'est juste étrange. "

" On ne s'entend pas. " se crut-il obligé d'expliquer.

Elle resta quelques secondes impassible puis lança toute une poignée de graviers.

" Les problèmes de famille… Oui, je sais ce que c'est… " dit-elle pensivement.

Elle ne s'était toujours pas retournée. Draco se sentit soudain très mal à l'aise, il n'avait qu'une envie partir en courant. A cet instant précis, il n'avait que faire des enseignements de son père et sur l'attitude digne des Malfoy.

" Pourquoi me dis-tu de demander à ton cousin ? " reprit-elle après quelques secondes de silence.

Draco se mordit la lèvre. Sur son poignet le bracelet lui rappelait en chauffant doucement qu'il ne devait même pas penser à répondre à la question. Le silence se réinstalla entre eux. Moïra ne renouvela pas sa question, elle s'était levée et s'amusait à faire des ricochets. Quand elle eut épuisé sa réserve de galets, elle s'accroupit à nouveau et plongea sa main dans l'eau noire.

" J'aimerais bien savoir s'il y a des sirènes. J'ai toujours rêvé d'en rencontrer. " Draco garda le silence. " Quand j'étais petite, ma nourrice me racontait l'histoire d'une petite sirène qui était tombée amoureuse d'un humain et pour l'amour duquel elle avait tout sacrifié. "

" Je ne la connais pas. "

" C'est un conte Moldu. Ma nourrice était Moldue. "

" Tu es une sang-de-bourbe ? "

" Et alors si je l'étais ? "

" Tu ne serais pas une véritable sorcière. "

" Je préférerais ne pas être une sorcière du tout… Mais rassure-toi, mes parents étaient des sorciers et leurs parents également et encore et encore… Il n'y a que de nobles sorciers dans ma famille. " dit-elle avec ironie. Elle se tourna vers Draco. " La Maison de Serpentard échappe ainsi à tout déshonneur. " Il ne trouva rien à répondre et la dévisagea. Comme ils n'avaient strictement rien à se dire, elle tourna les talons et s'éloigna.

Il regagna la salle commune des Serpentard, l'esprit toujours occupé par les paroles de la jeune fille. Ca dépassait pour lui toute vraisemblance de regretter d'être une sorcière, de même qu'il ne comprenait pas comment on pouvait ne pas être fier de la Maison à laquelle on appartenait (et à plus forte raison quand il s'agissait de celle de Serpentard). Il allait délivrer le mot de passe quand la porte dans le mur s'ouvrit d'elle-même. Il fut alors très étonné de se retrouver face à une Gryffondor de cinquième année. Elle passa devant lui sans même s'arrêter, ni même lui jeter le moindre coup d'œil. Draco resta quelques secondes interdit sur le pas de la porte.

" Vous ne devinerez jamais qui je viens de voir sortir ? " lança-t-il à l'adresse des trois Serpentard de cinquième année occupés à faire leurs devoirs. Mais il ne leur laissa pas le temps de répondre " Une Gryffondor ! Qu'est-ce qu'elle faisait là ? "

Rogue fronça les sourcils, puis son visage s'éclaira. " Tu parles de Norgoth ? "

Draco en resta ébahi. " Vous… vous savez ? "

" Bien sûr qu'on sait ! " fit Wilkes avec impatience.

" Mais qu'est-ce qu'elle fait là ? "

" On n'en sait rien et vaut mieux pas chercher à savoir ! " répliqua Wilkes toujours aussi bourru.

" La seule chose qu'on sait, c'est qu'elle a le droit de venir ici et qu'on a interdiction de lui chercher des noises. " ajouta Rogue.

" Comment peut-elle avoir le droit de venir ici ? C'est une Gryffondor ! "

" Ordre d'en haut ! Et on ne discute pas ! " coupa Wilkes.

" Un conseil. Ne cherche pas à savoir. Tu risquerais de le regretter. La règle est de ne pas désobéir à tes aînés. Et l'ordre vient des sixième-année. " expliqua Rogue qui daigna enfin relever la tête de son livre.

" D'ailleurs, je n'ai jamais vu non plus des septième-année faire des histoires. " fit remarquer Rosier. " Si l'ordre vient des sixième-année, cela ne s'applique pas aux septième. Pourquoi ne la virent-ils pas eux ? "

" Je sais, je me suis également posé la question. " fit Rogue. " Mais je n'en ai aucune idée. "

Wilkes haussa les épaules. " Cessez de vous poser des questions. Il y a un ordre, on obéit, ce n'est pas plus compliqué que ça. "

" Ca, c'est parce que tu n'as pas deux noises de jugeote, Adam. " fit Rogue.

" Et toi, Severus, tu en as trop. "

" Oui, c'est là le drame du pauvre petit Sevie, et également un nez trop grand qu'il fourre partout. " se moqua Rosier.

" Arrête ça tout de suite Lucas, si tu tiens à tes oreilles. "

" Tout doux, Sevie ! Tu sais bien que je n'oserais jamais provoquer un expert comme toi en Magie Noire. " Rogue jeta un regard furibond à Rosier avant de se tourner vers Draco d'un air interrogateur. Mais Draco affecta de ne pas s'intéresser aux talents de son futur professeur de Potions.

" Bon, on va de quel côté maintenant ? " demanda Potter en regardant alternativement deux couloirs.

Draco haussa les épaules. " De toute façon, on va être obligé de faire tous les chemins, alors qu'est-ce que ça change ? "

" Très bien ! Alors on va à gauche. " décida Potter.

" Dans ce cas, on va à droite. " coupa Draco.

" Eh ! " s'indigna Potter.

" Jusqu'à présent, c'est toi qui as choisi le chemin et ça ne nous a pas vraiment porté chance. Ose dire le contraire ! "

Potter ne répondit rien.

Ca allait bientôt faire une heure et demie qu'ils parcouraient les couloirs du château, fouillant du regard tous les pans de murs qu'ils longeaient. Ils entraient dans les salles, déplaçaient les meubles, mais ne trouvaient jamais rien. L'avantage dans cette aventure, c'est qu'ils entraînaient leurs forces magiques. Au début, ils devaient se mettre à deux pour déplacer certains objets que maintenant ils déplaçaient seuls sans le moindre mal.

" En tout cas, si je ne sais pas quoi faire à la sortie de Poudlard, je pourrai toujours me recycler dans le déménagement. " ironisa Potter en fermant la porte d'une salle dans laquelle il avait dû déménager un bureau, une armoire et deux commodes.

" Je vois que tes ambitions volent très haut, cousin. " se moqua Draco.

" C'est sûr, je ne suis pas comme toi, à vouloir décimer la moitié de la population de sorciers. " répondit aussitôt Potter.

Draco allait répondre mais Potter l'interrompit.

" Tiens ! une porte qui ne s'ouvre pas. "

" Je sais que c'est peut-être trop demandé à un amoureux des Moldus comme toi ! Mais tu as une baguette, sers-t-en ! "

" Alohomora. " lança Potter. Mais la porte resta close.

" Je savais bien que tu n'étais qu'un nul et un imposteur. Laisse-moi faire ! " et Draco poussa d'un coup d'épaule Potter. " Alohomora. " dit Draco, mais à nouveau la porte ne bougea pas.

" Tu disais ? " demanda Potter, un sourire en coin.

" Le sort est peut-être plus puissant qu'habituellement. Je vais y mettre plus de force. " Draco fit une nouvelle tentative, mais la porte ne bougea pas. Ils essayèrent ensuite ensemble, mais il n'y avait rien à y faire, la porte ne s'ouvrait pas.

" Mais qu'est-ce que c'est que cette porte ? Ils l'ont scellée avec quoi au juste ? De la Magie Noire ! " s'énerva Draco en donnant un coup de pied dedans. Il vit alors que Potter s'était agenouillé et regardait avec attention la poignée de la porte.

" Qu'est-ce qu'il y a ? "

" Ouvre-toi ! " dit Potter. Draco le dévisagea.

" Mais bien sûr comme je suis bête ! Il n'y a qu'à lui demander de s'ouvrir ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? " railla Draco.

Potter lui jeta un regard noir, puis reporta son attention sur la poignée. Il pencha la tête et ferma un œil, puis ouvrit la bouche. Mais au lieu de mots, Potter émit un sifflement effrayant. Draco sentit tous ses cheveux se dresser sur sa tête et un frisson lui parcourir le dos. Mais il en oublia toute son épouvante quand il vit la porte s'ouvrir.

" Il n'y a pas que toi, qui sait ce qu'il faut dire pour ouvrir une porte ! " lança Potter avant de s'engouffrer dans la salle. Il fallut quelques secondes à Draco pour comprendre que Potter faisait allusion à la gargouille qui gardait l'accès au bureau de Dumbledore et au mot de passe qu'il avait su découvrir ('Queudver').

Ils découvrirent une petite pièce qui ressemblait à une chambre. Le mobilier était assez réduit : un lit, un bureau, deux chaises et une commode. Il y avait également un miroir en pieds fixé à un mur nu et délabré. Lorsqu'il s'en approcha, Draco eut la surprise de voir que son reflet avait son physique originel. Potter tenta l'expérience et l'image d'un garçon maigre aux yeux verts et aux cheveux en bataille apparut aux côtés de celle d'un adolescent aux cheveux blonds presque blancs et aux yeux gris.

" Heureusement que les miroirs de l'école ne sont pas tous comme ça. " remarqua Potter. Draco acquiesça mentalement.

" Je me demande qui pouvait bien vivre ici. " reprit Potter en ouvrant un tiroir du bureau. Draco se tourna vers la commode et commença à en ouvrir les tiroirs. Il n'y avait que des vêtements dans les premiers compartiments. Ils avaient été abîmés par le temps et l'humidité.

" Un Serpentard. " répondit Draco en regardant l'écusson cousu sur une des capes. Il se baissa vers les tiroirs inférieurs et y découvrit des manuels scolaires. Il ouvrit celui de Métamorphose et y vit une inscription écrite nettement et élégamment.

" Tom Elvis Jedusor. " lut-il. " Je me demande qui est-ce. " Il se tourna vers Potter qui semblait bien blanc et très nerveux, comme s'il venait d'être pris en train de verser du piment dans la soupe d'un professeur.

" Je ne connais pas ! " dit précipitamment Potter avant de retourner vers le tiroir du bureau.

" C'est bizarre, j'ai l'impression d'avoir déjà entendu ce nom quelque part… "

Potter murmura quelque chose que Draco ne saisit pas.

" Tu as dit quelque chose ? "

" Non rien ! "

Draco haussa un sourcil, puis ferma d'un coup de pied le tiroir. " Tu as trouvé quelque chose ? " demanda-t-il d'une voix soupçonneuse.

" Non rien ! " bafouilla Potter.

Draco s'approcha du tiroir et constata en effet qu'il n'y avait que des plumes et des parchemins vierges.

" Bon, il est temps de passer à la phase déménagement, non ? " reprit-il en regardant d'un air ravi son reflet dans le miroir. Potter s'approcha de lui et contempla le prodige magique.

" Qu'est-ce que c'est comme miroir ? "

" Un Réveliroir, je crois. " répondit Draco.

Pendant les minutes qui suivirent, Draco et Potter déplacèrent les meubles mais ne trouvèrent rien. Lorsqu'ils furent à nouveau dans le couloir, Draco se pencha vers la poignée.

" Qu'est-ce que tu regardes ? " demanda d'une voix malaisée Potter.

Draco ne répondit pas, il venait de remarquer sur la poignée de la porte le dessin d'un petit serpent.

" J'avais oublié que le grand… Orpheo Knight (le bracelet avait rectifié le nom) était un Fourchelang. " dit-il avec mépris. Potter haussa les épaules. " Je rentre, je suis fatigué ! "

" Quoi fatigué ? Qu'est-ce qui t'a le plus épuisé ? Faire le fier en produisant des Patronus à tour de bras ou bien l'entraînement de Quidditch ? " siffla Draco.

Potter le fixa pendant quelques secondes. " Toujours aussi jaloux, Knight ! "

" Toujours aussi incapable de vivre si tu n'es pas le centre de mire, Knight ! " répondit aussitôt Draco les poings serrés.

Fin du septième chapitre


Hermione : Bonjour chères lectrices, chers lecteurs…

Ron : grmbl B'jour ! grmbl

Hermione : L'auteur a fait appel à nous pour animer la partie 'Notes de fin de chapitre'

Ron : Ouais, on fait les bouche-trou !

Hermione : A chaque fin de chapitre, un couple de personnages viendra répondre aux questions que vous vous posez, aux remarques que vous avez faites dans la partie 'review'

Ron : QUOI ! Tu veux dire qu'on n'a même pas le boulot a plein temps ?

Hermione : Non ! Et c'est d'ailleurs stipuler dans le contrat d'embauche. Si tu l'avais lu, te le saurais !

Ron : encore plus grmblgrmbl

Hermione : Bien commençons, par rassurer tout le monde. Oui, Lily et James vont être ensemble.

Ron : C'est évident qu'ils vont être ensemble puisque à l'arrivée on a quand même un Harry !

Hermione : Oui… hum… ce que Ron veut dire c'est que tout viendra en son temps. Il faut leur laisser le temps de tomber amoureux.

Ron : Ben oui ! Y a que dans les films Moldus que les gens tombent amoureux d'un claquement de doigts.

Hermione : D'ailleurs, l'auteur m'a dit de vous dire que le prochain chapitre traitera en grande partie de James et Lily et s'intitulera 'Les baguettes collées'. Voilà tout ce que je peux vous dire.

Ron : En fait, il se passe que James…

Hermione : RON ! Tu n'as pas le droit de le dire !

Ron : Ah bon ? Ca aussi c'est dans le contrat ?

Hermione : Oui ! Entre les mentions : 'Les présentateurs doivent avoir un propos correct' et 'Il est prié aux présentateurs de ne pas faire part à Mrs JKR de leur emploi bénévole'

Ron : QUOI ? On ne va rien toucher ? C'est quoi cette arnaque ?

Hermione : C'est une histoire de droits.

Ron : Oh… Et c'est qui cette JKR ?

Hermione : soupire Je t'expliquerai une autre fois, là on est en public.

Ron : C'est encore un truc Moldu ?

Hermione : En quelque sorte. Bien, pour répondre à Aaaaaaah…

Ron : Pourquoi tu cries ?

Hermione : Je ne crie pas. C'est le nom d'un reviewer… 7a et 1h.

Ron : Ohhhhhhh (1o et 7h)… Sont pas très sympa ses parents, ils lui ont fait un sale coup là !

Hermione : Tu sais quand on voit les prénoms qui circulent dans le monde des Sorciers.

Ron : Ben ils ont quoi nos prénoms ?

Hermione : Rien rien ! Bref, Aaaaaaah, ne t'inquiète pas, l'auteur me fait dire que Dawn ne risque pas d'être oubliée dans l'intrigue, elle a aussi son rôle a joué.

Ron : feuillette un cahier Oh la vache ! Tu sais ce qu'elle va faire, elle… mmhmhmh Hermione vient de bâillonner Ron

Hermione : Où en étais-je ? Ah oui, Dawn. Eh bien l'auteur est ravie que Dawn te plaise, de même qu'elle est très contente que Anna Lola vous ait fait rire. (oui, c'est vrai, je le suis -) Bon sinon, en ce qui concerne le bracelet, la loi est simple : tant que Harry et Malfoy l'ont, ils ne peuvent rien dire et seul Dumbledore peut le leur retirer. Donc pour le moment, la situation est bloquée. Mais qui sait…

Ron : retire son bâillon Hermione ! Comment peux-tu me faire un coup pareil ?

Hermione : Tu allais tout dire !

Ron : Et alors ?

Hermione : Tu aurais ruiné tout le suspense.

Ron : sourire sardonique euh… comment pourrais-je avoir un sourire sardonique quand je ne sais même pas ce que c'est…

Alohomora (autrement dit, moi) : débrouille-toi !

Ron : Sympa l'auteur ! Euh… Où en étais-je ? Ah oui ! Qu'est ce que ça peut faire de ruiner le suspense ?

Hermione : regard soupçonneux Ron, tu peux me dire ce que tu as à être de mauvaise humeur comme ça ? On dirait Snuffles qui vient de voir passer un rat !

Ron : Tu veux savoir ce qui m'énerve ?

Hermione : Oui.

Ron : Tu veux vraiment savoir ce qui m'énerve ?

Hermione : Je viens te dire que OUI !

Ron : C'est cette histoire là ! pointe du doigt

Hermione : Mais qu'est ce que tu lui reproches ?

Ron : Ce que je lui reproche ?

Hermione : soupire Tu ne vas pas recommencer !

Ron : Draco Malfoy ! Voilà ce que je lui reproche.

Hermione : Quoi Draco Malfoy ?

Ron : C'est moi le copain de Harry. C'est moi qui aurais dû être dans cette histoire et pas l'autre fouine.

Hermione : Oh… je vois ! Bref, chers lecteurs permettez-moi maintenant de vous présenter la dernière partie… j'ai nommé…

Ron : …

Hermione : J'ai nommé….

Ron : …

Hermione : RON ! C'est à toi de parler là !

Ron : Ah ? euh… regarde le script Les fics à lire.

Hermione : Merci Ron. Laisse, je me charge du reste. Cette fois-ci on va faire dans le un peu différent. Les MST.

Ron : Les MST ? Mais qu'est ce que ça vient faire dans l'histoire ?

Hermione : Il ne s'agit pas de ça Ron. Les MST sont une catégorie de fics.

Ron : Ohhhh… Quel genre de catégorie ?

Hermione : Il s'agit de reprendre un texte préexistant et d'y greffer des commentaires. Le genre est maintenant proscrit sur (probablement une histoire de droits), donc il devient plus dur d'en trouver. Les trois qui vous sont conseillées concernent bien évidemment une interaction entre les Maraudeurs et Harry. Dans ces trois fics, les Maraudeurs s'ennuient mais grâce au miracle de la magie, un livre leur tombe entre les mains, provenant probablement du futur. Il s'agit d'un livre intitulé Harry Potter et la pierre philosophale/du sorcier/à l'école des sorciers.

Ron : Whaou ! Il est sacrément long ce titre !… Mais attend ! Ce ne serait pas nos aventures de première année ?

Hermione : Oui Ron.

Ron : Et on a écrit un bouquin sans me prévenir ? J'espère que je suis dedans et que je fous une raclée à Malfoy…

Hermione : soupire Oui, Ron. Pour en revenir aux 3 MST. Elles se ressemblent beaucoup et ont parfois les mêmes remarques, elles se lisent également très vite, parce que vous n'avez pas vraiment besoin de relire le texte de JKR, vous connaissez déjà nos aventures. Mais les commentaires des Maraudeurs vous assurent une bonne tranche de rire. Voici les références :

Marauders' First Book (679514) de QueenStrata

The Mauraders and the Sorcerer's Stone (626085) de Kitsuneko

The Marauders Read The Philosopher's Stone (608514) de Admiral Albia

Hermione : Voilà. C'est tout pour cette fois.

Ron : Y aura qui la prochaine fois à notre place ?

Hermione : Je ne sais pas. L'auteur ne me l'a pas dit.

Ron : L'auteur, celle là alors…

Alohomora : Eh ! Fais gaffe à ce que tu dis…

Hermione : Hum… A une prochaine peut être…

Ron : Mouais ! A plus…

Alohomora : Bye

Preview du chapitre 8 : les baguettes collées. " On dit que les baguettes choisissent leurs maîtres… Alors si la tienne, James, se retrouve collée à celle d'Evans, ça ne peut vouloir dire qu'une chose… " …. Mais qu'est ce que cela peut bien vouloir dire ?

MAJ : 08/09/03