Disclaimer : l'univers ainsi que les personnages appartiennent à JK Rowling et je n'y gagne rien.
Chapitre 7 : Les Fondateurs
Godric arriva en même temps que Rowena à un croisement d'escaliers. Ceux-ci étaient bien agités ce matin d'Halloween remarqua-t-il.
-Rowena, ma chère, avez-vous bien dormi ?
-Fort bien mon ami, comme un bébé, minauda-t-elle
-J'en suis fort aise alors. Il lui prit la main et la baisa.
Puis ils descendirent ensemble l'escalier de marbre et rejoignirent la Grande Salle, déjà bourdonnante de conversations. Ils stationnaient à la porte depuis quelques minutes, à observer leurs ouailles, sourire aux lèvres, quand ils entendirent une voix bourrue dans leur dos :
-Vous bouchonnez là !
-Oh ! Bonjour à toi aussi Salazar, déclara Godric en se retournant.
-C'est ça bonjour !
Et il les dépassa en trombe pour aller s'asseoir à la table des professeurs, tout en admonestant au passage deux élèves Gryffondor qu'il trouvait trop bruyant à son goût, alors que des élèves de sa propre maison riaient à gorge déployée.
-Toujours aussi affable Salazar, dit en souriant Rowena.
Godric lui rendit son sourire, puis l'invita à s'asseoir.
Quelques minutes plus tard, Helga les rejoignit, avec un grand sourire.
Godric et Rowena la saluèrent chaleureusement, tandis que Salazar marmonna un vague bonjour entre deux cuillerées de porridge.
Helga dévora plusieurs plats d'affilée en répondant par onomatopées aux quelques questions de ses collègues.
Salazar tapotait sur la table depuis quelques minutes déjà, lorsque Godric, agacé, lui fit :
-Un souci ce matin Salazar ?
-Ce matin ? il lui lança un regard on ne peut plus noir, mais c'est tous les matins le souci, d'ailleurs tous les jours et toute la journée ! Vos élèves sont bruyants, et faignants.
-Nos élèves ? Les tiens sont parfaits sans doute ? répliqua Godric, la main sur la poignée de son épée.
Salazar ricana en voyant le geste de Godric.
-Regarde toi Godric, même toi tu agis comme un moldu, pas étonnant qu'il y en ait autant dans tes rangs ! Tu préférerais te battre avec ta misérable lame plutôt que de me combattre avec ta baguette ? Tu es ridicule !
-Salazar, voyons, intervint Rowena, Godric n'est pas ridicule, il se conduit comme un chevalier, et lui au moins sait se tenir !
-Sait se tenir ?! Un sorcier digne de ce nom sait se tenir comme tu dis, que s'il se sert d'une baguette magique, et que s'il enseigne à des sangs purs ! Cette école dérive je vous l'ai déjà dit !
-En quoi enseigner à des nés-moldus peut nous desservir ? intervint Helga entre deux bouchées, sourcils froncés. Moi je veux l'équité pour tous, ainsi tous mes élèves sont à égalité.
-Et moi, renchérit Rowena, du moment qu'ils sont érudits et sagaces, ils peuvent entrer dans ma classe.
-Je suis d'accord avec ces dames ! Les miens ont avant tout la vertu du courage ! Quel rapport avec leur origine ?!
-Mes élèves à moi doivent être assoiffés d'action et de pouvoir, avoir de l'ambition, être roublards, mais surtout être de sang-pur !
-Et tu comptes enfermer dans ta Chambre Secrète tous les élèves qui ne correspondent pas à tes critères ?!
-Je prévois bien mieux pour eux, ricana Salazar, en tout cas bien mieux pour ne pas enlaidir mon école.
-Ton école ! postillonna Helga, NOTRE école veux-tu dire. Nous l'avons créée tous les quatre, le Choixpeau est notre guide, et ce château une protection pour nos élèves, TOUS nos élèves.
Salazar leur jeta un regard féroce, puis balayant de la main la salle devant lui, il dit :
-C'est ça que vous voulez laisser à la postérité ? Mais c'est la fin de la communauté sorcière, nous allons être réduits à néant par tous ces sang-de-bourbe ! Réagissez voyons ! Ou sinon nous finirons tous les bûchers !
-Je suis certaine que nos successeurs se porteront à merveille, et qu'ils auront à cœur de poursuivre notre œuvre ! déclara Helga.
-Je ne donne pas 100 ans à cette école pour disparaître ! s'exclama Salazar, ainsi que la communauté sorcière qui se sera réduite de nouveau à se cacher.
-Et moi je te parie que dans 1000 ans, elle sera toujours là cette école et que le Choixpeau perpétuera la tradition, et que nous aurons des élèves brillants dans toutes les Maisons ! déclama Godric en se levant. Et surtout, que la communauté sorcière se portera à merveille, en auto gestion, et n'ayant plus à craindre le bûcher comme tu dis, même si pour cela, les pouvoirs devront se faire discrets, comme aujourd'hui.
Salazar l'observa quelques minutes, puis se levant à son tour, dit :
-Pari tenu lionceau. Si je perds je quitte ce château pour toujours. Mais si je gagne, vous quittez tous les trois ce lieu.
Il y eut un brouhaha de bancs poussés, et de conversations bruyantes. Les élèves quittaient la Grande Salle pour se rendre en cours.
Lorsque le silence fut revenu, Helga se racla la gorge :
-Et vous allez le vérifier comment ce pari gros malins que vous êtes tous les deux ?
-Ces hommes ! pouffa Rowena, que ferait-il sans nous !
Elle tira sa baguette, en même temps qu'Helga, sous le regard éberlué de leurs deux collègues.
-Que faites-vous très chères ? s'exclama Godric.
-Nous réglons le problème ici et maintenant, répondit Rowena, nous allons tous les quatre voyager dans le futur !
-Et oui, je ne travaille pas que sur des recettes de cuisine, déclara Helga en riant à gorge déployée.
-Et comment … commença Salazar.
-Tu n'as rien besoin de savoir. Nous en avons assez de ces querelles incessantes. Nous allons nous retrouver dans 1000 ans et des poussières, je ne peux pas être plus précise, ici même, sous forme d'êtres invisibles pour quiconque, à peine sentiront-ils une rafale de vent lorsque nous serons près d'eux. Nous y serons comme simples témoins, nous ne pourrons pas nous servir de nos baguettes, et nous sommes programmés pour y rester juste le temps de savoir...
-Comment ça ? demanda Salazar vaguement inquiet. Comment saurons-nous qu'il est temps de rentrer ?
-Lorsque tu seras convaincu … ou non.
Rowena et Helga, d'un même ensemble, agitèrent leurs baguettes d'un geste harmonieux, tout en récitant une formule à peine audible, et subitement, une rafale de vent les emporta tous les quatre, figeant le temps.
