Raphael sorti en furie. Je ne pouvais croire qu'il m'avait laissé une échappatoire. Heureux vraiment, je sortis de la chambre ou j'étais reclus depuis tant de jours. Je me fis moi-même un thé. Je pu méditer. Je pu bavarder avec mes autres frères. J'allai au dojo, porté par des ailes. Je pratiquai des katas trois heures d'affiliés trop heureux d'être libre. Puis, Raph entra dans le dojo. Sans m'accorder un regard ni une parole il frappa dans son sac de sable. J'étais tellement heureux de ne plus à avoir me soucier de lui.
Ce soir-là, nous allions écouter des films quand Raph dit :
-Je sors.
Je me retournai vers lui :
-Ou vas-tu? Nous nous sommes mis d'accord pour recommencer les patrouilles demain.
-Je vais où je veux, Fearless. Je n'ai pas de compte à ne rendre à personne.
Je haussai les épaules :
-Parfait. Je m'en moque.
Le malaise de Don et Mike était palpable. Il n'avait fait que grandir depuis le matin. Quand Raph sorti, Don me demanda en tremblant :
-Léo. Que se passe-t-il? Tu t'es disputé avec Raph?
-Non, du tout. Imagine toi que nous avons fait un pari….je lui raconta le tout. Mike et Don se regardèrent, horrifiés.
-Léo. Tu dois perdre ce pari. Tu es nécessaire à l'équilibre de Raph, tu le sais.
-Mais Don, j'en ai assez! Je n'ai plus d'envies urgentes. Ni Raph. Nous pouvons redevenir des frères. Si je tiens deux semaines, Raph me laissera tranquille. Il me la promis. N'est-ce pas merveilleux et inespéré?
-Léo! Tu crois vraiment que Raph va abandonner? Et crois-tu vraiment que tu vas tenir deux semaines?
-Bien sûr que je peux tenir. Et Raphael a promis.
-Bien. Je vais juste terminer sur un point et nous n'en reparlons plus jamais si tu veux. Raphael t'adore. Vraiment. Je crois, en toute sincérité, qu'il est un partenaire plus qu'acceptable. De plus, la vie, ici, depuis qu'il t'a, est vraiment plus supportable. Il est heureux. Et je crois qu'il a la capacité de te rendre la pareil. Tu devrais l'accepter, car j'imagine plutôt Raph en mauvais perdant. De quoi te plains-tu exactement, Léo? Raph te comble, non?
-Ce n'est pas le point, Donnie! Je ne l'aime pas. Pas comme un partenaire à long terme. Et si je perds, il veut un mariage, une famille….me contrôler jusqu'à la mort! Donnie!|Je ne peux le supporter.
-Bien, Léo. Tu es le maitre du clan.
Je me couchai ce soir-là, heureux et libre. J'avais le lit pour moi seul. Je me fichais totalement d'où était Raph. Il était loin de moi, c'était suffisant! Le lendemain, je me réveillai pourtant avec un sentiment de vide. Tous les matins, Raph avait l'habitude me de sourire, m'embrasser, me caresser, me tenir contre lui, me souffler des mots d'amour. Je secouai la tête. Ce cauchemar était terminé. Je me levai, me persuadant que tout allait bien. Je me fis mon propre thé que je savourai. Raph se leva le dernier, avec un lendemain de veille de toute évidence. Je décidai de ne pas m'occuper de lui. Mais lorsque je remarquai que c'était un sentiment réciproque, je trouvais cela moins drôle. Raph ne me regardait pas. Ne me parlait pas. Sans en prendre conscience, je cherchai à le faire craquer. Me pencher sur Mikey, sourire à Don. Je sentais Mikey nerveux alors que le prenais par les épaules pour l'amener au dojo.
-Léo, tu ne devrais pas jouer avec le feu.
-Mikey. Tout est relax. Calme-toi.
Je réussis à tenir la première semaine, puis je dus me l'admettre. Raphael me manquait. Le fait qu'il ne m'accordait plus le moindre intérêt me faisait mal. Mon lit me semblait froid et vide, mes réveils sans buts ni saveurs. Je me surpris à me remettre à dévisager Raph pendant qu'il faisait de la musculation. Et le fait qu'il sortait tous les soirs, probablement avec Casey, me rendait fou. Ma vie n'avait plus aucun sens sans son amour. Mais je devais être fort. Quelques jours encore et je serais libre. A jamais. Je pourrais refaire ma vie. Avec qui, aucune idée. Mais pas un psycho comme Raph.
C'était le dernier soir. Nous faisions une patrouille avec Casey. Raph lui donnait toute son attention et j'étais….jaloux? Je n'avais ni contrôle, ni concentration. J'étais obnubilé par mes pensées. Quelles étaient mes chances exactement d'avoir un autre partenaire? De plus, Raphael était désirable sur plus d'un aspect. Durant les quelques jours ensembles, il m'avait traité avec considération et amour. Je ne savais plus ce que je voulais, mais je ne voulais plus qu'il m'ignore, ça c'était certain. Je regardais l'heure. Il me restait trente minutes. Une vie vide ou une vie avec Raphael? Je soupirai.
-Fearless. Tu sembles…préoccupé?
Raph ne s'était pas adressée aussi directement à moi depuis deux semaines. J'en ressenti un immense bien-être.
-Raphael. J'aimerais discuter avec toi. Quand nous serons seuls. J'ai terminé ma réflexion. Viens me rejoindre dans …notre chambre.
-Bien entendu. Quand tu voudras.
Je poussai un long soupir. Je détestais perdre.
Soudain, Mikey cria :
-Léo! Ce n'est pas Karai?
Je me penchai avec frénésie. Oui! Oui! C'était elle. Je dévalai les escaliers de secours. Quelques secondes après le cri de Mikey, mes lèvres étaient sur celles de Karai C'était le baiser le plus passionné du siècle. Au moment où j'allais me passer la corde au cou, la rédemption était arrivée.
-Karai! Mon amour! Tu m'as tellement manqué!
-Heu, Léo? Ça va? Il me semble que ce n'est pas ton genre d'être aussi….expressif?
-Peu importe! Karai! Que se passe-t-il avec toi? Ne me quitte plus!
-Voyons, Léo? Que se passe-t-il avec toi? Tu vas bien?
Je riais comme un fou.
-Karai, ma bien-aimée, viens avec moi. Stp.
-Léo. Je mentirais si je disais que je n'ai pas pensé BEAUCOUP à toi. Mais, notre situation….je ne pensais plus te revoir. Léo. Laisse-moi trois jours. Je ne savais pas que je comptais autant pour toi.
-Karai. J'ai réalisé que tu étais l'amour de ma vie. Je t'en prie. Ne me quitte plus.
Sur ces mots, elle m'embrassa.
J'entendis vaguement un hurlement derrière moi. Mais cela n'avait plus d'importance, non? Karai était là. Karai m'embrassait.
-Léo. Dans trois jours. Rejoins-moi ici.
-Oui. Mon amour.
Je l'embrassai encore avec passion comme si demain n'existait pas. Puis, elle s'enfuit et je remontai rejoindre mes frères. J'avais terriblement envie de leur rire au nez. Voilà. Vous m'aviez toujours dit que c'était impossible et pourtant Karai m'a embrassé. Je ne pensais à rien d'autre. Juste au bonheur à porter de main. Arrivé sur les toits, je vis Don au chevet de Mikey inconscient par terre. Casey et Raph avaient disparus.
-Don! Tu as vu! Karai m'a embrassé! Karai m'a dit qu'elle avait pensé à moi! Ne suis –je pas le mutant le plus heureux sur terre?
Don me jeta un regard de mort.
-Qu'est-il arrivé à Mikey? Ou sont Raph et Casey?
-Léo. Cher frère. Laisse-moi te poser une question….Juste pour être certain que tout le monde ici comprenne les ramifications des conséquences qui surviendront immanquablement. As-tu embrassé Karai en lui disant qu'elle était l'amour de ta vie….devant Raphael?
-Euh. Peut-être. Sur la joie du moment…je n'ai pas prêté attention. Mais, Don, ça n'a pas d'importance. Notre pari se terminait et…je crois que Raph était déjà passé à autre chose, non?
-Bien entendu. Donc, l'amour de ta vie? Et tu crois que la vie des principaux antagonistes de cette histoire va durer combien de temps, Léo? Je te rappelle les quinze minutes précédentes. Tu avoues à Raph que tu as perdu. Avant la fin du pari. Et durant ce pari, tu ne devais pas faire d'actes intimes vis-à-vis de personne. Toi, juste après lui avoir fait miroiter que vous aurez une discussion dans VOTRE chambre, tu te jettes dans les bras de Karai. Devant Raph. Tu lui dis….qu'elle est l'amour de ta vie….que tu ne veux plus la quitter….As-tu déjà parlé à Raph comme ça? L'as-tu déjà embrassé avec autant de passion?
-Don. Arrête d'essayer de me faire culpabiliser. Tu sais très bien que je n'ai jamais aimé Raph. Tu m'as demandé de faire semblant…pendant un certain temps. J'ai amplement respecté ma part du contrat.
-Tu devais le faire jusqu'à ce qu'il ne t'aime plus, non?
-Il a passé les quinze derniers jours avec Casey! Je croyais qu'il en était revenu, non?
-Raph s'est empêcher d'être avec toi car cela le faisait trop souffrir d'être à tes cotes et ne pas te toucher. As-tu remarqué dans quel état d'ébriété il revenait? Raph vient de passer les pires semaines de sa vie. Dans l'espoir de te convaincre que ce n'était pas si horrible d'être avec lui. Pour que tu lui accordes un peu d'amour.
-Don. Je te rappelle tes mots. Tu m'as demandé de me prostituer provisoirement pour votre sauvegarde. Rien de plus, rien de moins. Pas de consacrer mon existence entière à mon frère perturbé! Il trouvera quelqu'un à embêter de son amour! En admettant qu'il sache ce que c'est l'amour! A part me faire souffrir de sa possessivité ridicule et monopoliser tout mon temps, je…
-Léo. As-tu idée d'où est Raph en ce moment?
-Du tout. Avec Casey. C'est le cadet de mes soucis.
-As-tu entendu son hurlement, Léo? Son cri de bête blessée?
-Euh, je n'ai pas porté attention.
-Je comprends. Mais sais-tu ce que fait une bête blessée, Léo? Elle mord. Sais-tu ou allait Karai?
-Non, je n'ai pas voulu l'abreuver de questions. Je ne veux pas avoir l'air possessif.
-Puis-je parier avec toi que Raph sait très bien où elle est en ce moment? Karai était –elle armée, Léo?
-Je n'ai pas remarqué.
-Donc, doux Roméo, tu as laissé ta Juliette se faire prendre par le loup.
-Don. Arrête de me faire flipper. Raph ne touchera pas à Karai. Il sait que je l'aime.
-Mais Léo c'est justement le point que je veux soulever. Tu as montré à Raph sans aucune pudeur combien tu aimais Karai et pas lui. Dois-je te rappeler combien il est jaloux? Dois-je te signaler que tu devais demeurer fidèle?
-Don, nous devons les retrouver.
-Mikey a besoin de soins médicaux. Je dois rentrer.
-Oui, qu'est-il arrivé à Mikey?
-Raphael est arrivé. Cet idiot a attiré ton attention sur Karai, quelques minutes avant la fin de la patrouille. S'il ne l'avait pas fait, en ce moment Raph aurait du sexe de réconciliation avec toi. S'il ne l'avait pas fait, il serait peut-être en ce moment même en train de te féconder, Léo. Raph brûle d'avoir des bébés de toi. Et Mikey a détruit toutes ses chances. De quelques minutes. Étais-tu si malheureux avec Raphael, Léo? Pour foutre en l'air toutes nos vies!
-Je n'ai rien foutu en l'air. Raph s'en remettra. Ou il partira.
-Léo, aide-moi à porter, Mikey s'il te plait. Il est surement trop tard de toute façon.
-Donnie. Tu exagères. Tu imagines des choses. Raph rentra tout à l'heure. Il admettra avoir perdu et ce cauchemar sera terminé.
Je me convainquis. De retour au repaire, Mikey était salement amoché. Don et moi nous nous en occupions quand Raph rentra, seul. Il n'avait pas l'air différent des derniers jours. Ivre et indifférent. Je fis un signe à Don et lui murmura :
-Tu vois?
Je respirai un bon coup et j'apostrophai Raph. Je ne devais ni montrer ma peur ni mon angoisse.
-Raphael. Tu n'es pas raisonnable. Tu bois compulsivement, tu rentres tard sans nous dire ou tu vas, tu frappes Mikey sans aucune raison valable.
Don me tirai par le bras, mais j'avais besoin d'avoir un argument avec Raphael. Comme avant
-Fearless. Raph soupira et s'arrêta. Excuse-moi, tu m'attendais peut-être? Tu voulais me parler? Si j'avais su que tu étais là, à m'attendre, je serai rentré plus tôt.
-Non, Raph, je ne t'attendais pas. Je m'occupais de Mikey. Don et moi l'avons porté jusqu'ici après que tu l'as attaqué comme un animal sauvage.
-Léo….me supplia Don, laisse-tomber!
- Non, Don, je ne laisserai pas tomber. Cela fait trop longtemps ici que nous subissons la loi de Raphael. Je suis le maitre du clan et je décide que Raphael suivra nos lois ou partira.
Don était tétanisé. Il s'enferma dans son lab avec Mikey.
-Bien, Maitre Léonardo. Quelles sont les lois de votre dojo?
-Tu bois moins. Tu rentres plus tôt. Tu nous dis ou tu vas. Et tu ne touches plus personne.
Raph se rapprocha dangereusement de mon espace vital.
-Quand tu dis…ne plus toucher …Léo….Tu parles de ne plus frapper Mikey ou Don, c'est cela? Je peux encore faire cela, non? Et doucement, il caressa mon bras. La sensation me fit frémir. Mais je me dégageai fermement.
-Non, Raph. C'est terminé cela aussi.
Raphael prit alors mon visage dans ses mains et me scruta jusqu'au fond de l'âme. Je soutins son regard avec vaillance.
Il secoua la tête
-Bien maitre, je respecterais les règles du Dojo.
Je me couchai presque satisfait….dans mon lit vide. Je passai la nuit à rêver de Karai. Il fallait que Splinter revienne pour vivre avec nous et sa fille. Le lendemain, au petit déjeuner, j'en parlai ouvertement devant un Donnie horrifié, un Mikey tremblant et un Raph indifférent.
-Maitre Splinter sera ravi de voir sa fille. Et nous. Et éventuellement ses petits-enfants.
-Ses petits enfants ? Lesquels? me nargua Raphael
-Ceux de moi et Karai, Raphael.
-Pour les faire, il faudra d'abord que tu la revoies.
-J'ai rendez-vous avec elle. Dans deux jours.
-Oh….elle a voulu…gagner du temps? Mais, j'ai oublié de t'avertir, Karai aura un empêchement.
-Quoi? Que veux-tu dire?
-Un saï en plein cœur? Non, je plaisante, voyons. Elle n'a pas envie, c'est tout. Je l'ai croisé hier, quand je suis parti…et elle m'a dit de te dire cela. Désolé frérot de briser tes illusions. Elle n'avait pas le courage de te briser le cœur en face.
-Raph, elle m'a embrassé…et elle m'aime
-Donc, selon ta très intéressante théorie, un baiser est significatif de l'amour? On ne peut embrasser quelqu'un sans avoir des sentiments? Sinon, ça serait contre le bushido?
-Cela dépend des circonstances. La signification peut changer. Puis, Karai m'a embrassé plus d'une fois, ce qui confirme son envie de le faire.
-Si elle t'a embrassé plusieurs fois sans t'aimer, ça serait déshonorable de sa part, c'est certain.
-Mais elle m'aime! C'est la différence.
-Pourquoi en es-tu si sûr? Je ne l'ai pas entendu formuler de phrase aussi exagérée que tu es l'amour de toute ma vie! A part tenter de te poignarder à plusieurs reprises, je ne crois pas qu'elle n'aies fait de gestes très significatifs De toute façon, je sais que Karai aime quelqu'un d'autre. Ils sont fiancés, Léo. Toi qui es si respectueux des convenances, tu n'irais pas briser un couple à quelques pas de l'autel.
-Raph. Arrête de me mentir et de jouer à des jeux psychologiques avec moi. Pourquoi cherches-tu tant à me blesser? Oui, je comprends…tu es peut-être un peu…piqué, mais….
-Léo. Je te croyais le plus honorable de nous tous. Je le suis plus que toi, car je ne t'ai jamais menti, ni manipulé et j'ai respecté ma parole. Je ne suis pas piqué, non plus. Pour ce qui est de te blesser, cela fait un an que tout le monde ici te répète d'oublier Karai. Passe à un autre appel, putain! La vérité fait mal, Léo, très mal, que veux-tu que je te dise!
-Tant mieux, si tu n'es pas piqué! Et passe à autre chose, toi-même! Donc, maintenant que tout est presque normal, maitre Splinter peut revenir. Il doit revenir prendre sa place…je vais partir.
Mikey s'écria :
-Tu ne peux pas partir, Léo! Tu es notre maitre!
-Je ne mérite pas d'être maitre. Je suis confus. J'ai failli à moi-même. Je n'ai pas réussi à maintenir l'ordre ici. De plus, ni acte officiel, ni cérémonie n'ont soulignés ce passage de pouvoir.
Raph soupira :
-Tu aimes les traditions, les cérémonies, les trucs officiels? Bien. Je comprends. Don, avertis Splinter que je passe le chercher ce soir en moto. Pour, entre autre, l'investiture de Maitre Léonardo.
-Non, non, Raph. Oublies ça. Je vais chercher notre père. Il n'est pas question que tu restes avec lui pour le menacer ou le manipuler. Tu me prêteras ta moto.
-C'est mon père, Léo! Je ne ferai rien. Et je ne prête ma moto à personne. Je vais y aller.
-Peu importe! Mais ne t'avise pas d'essayer de l'obliger à quoique ce soit.
-Oui, Maitre Léonardo. Je vais m'entrainer. On m'a coupé l'appétit.
Je haussai les épaules et dirigea mon attention vers Mikey qui avait l'air étrange.
-Mike, ça va?
-Léo. Je dois te dire quelque chose. Raph est venu me rejoindre, la nuit passée.
-Pourquoi?
-Avoir du sexe avec moi.
-Mais de quoi tu parles! Pourquoi….la période est terminée! Rien n'oblige ni toi ni Raph!Raph peut se retenir…s'occuper lui-même….trouver quelqu'un d'autre.
-C'est cool, Léo…j'aime ça. Mais par contre, si tu es jaloux, Léo…
-Jaloux! Mais pourquoi! Vous êtes tous les deux des homosexuels. Vous aimez coucher ensemble. Parfait! Je ne vois même pas pourquoi tu m'en parles, car ça ne me regarde pas du tout, Mikey.
-Raph voulait que tu le saches. Il a dit que si ça te posait problème, il…
-Raphael est passé à autre chose. Il t'a choisi, Mikey. Tant mieux! Je vais enfin pouvoir me concentrer sur ma vie. Si tu aimes ça, c'est pour moi la meilleure nouvelle de la journée.
Naturellement, je dus tomber sur Raph et Mikey au moins trois fois dans la journée. Dans la douche, dans le dojo et dans la chambre de Mikey.
Durant toute notre soirée de film, Mikey caressa Raph. Puis, vint le moment où il devait aller chercher notre père. Il mordit Mikey dans le cou en me regardant puis sorti.
Don lui avait passé la journée dans son lab. Il n'était même pas sorti manger. Quand j'avais frappé à sa porte la dernière fois, il m'avait répondu qu'il ne sortira que lorsque Splinter m'aurait parlé.
Je méditais dans ma chambre quand Splinter frappa à ma porte. Je me jetai à son cou.
-Mon fils, Raphael m'a expliqué que tu avais réclamé ma présence. Je te laisse le clan. Je suis vieux, je veux passer le clan Hamato à du sang neuf. Pour que tu le transmettre toi aussi à tes descendants
-Mais maitre, je veux que vous restez pour préparer un autre de mes frères à ce fardeau. La situation ici est intenable. Je n'ai aucun contrôle, je ne peux rester! Don est en dépression. Mikey est abusé par Raph. Raph est fou.
-Tu crois que ton départ aidera les choses?
-Non! Mais ma présence non plus. Je ne veux pas assister de l'intérieur à la destruction de notre clan. Raphael est l'épicentre du drame. Je pourrais le chasser. Mais il risque d'être dangereux autant pour les autres que pour lui-même si je ne suis pas là pour…le calmer. Je sais qu'il existe une solution…plus drastique. Mais c'est mon frère et malgré tout ce qu'il m'a fait endurer, je l'aime.
-Léonardo, que t'as fait endurer Raphael exactement? A-t-il été brutal avec toi?
-Non, pas avec moi.
-Il a été insouciant de ton bien-être?
-Non….j'ai enduré le contact physique…intime…même si ce n'était pas brutal…
-N'as-tu pas eu…du plaisir?
-Sensei, je n'étais pas moi-même.
-De tes frères, Raphael n'est-il pas le plus attirant?
-Je ne suis attiré par aucun de mes frères, Sensei.
-Léonardo. Dans deux jours, à 23h, nous organiserons la cérémonie. J'aimerais que tu t'y prépare, mon fils. Pour cette circonstance spéciale, j'aimerais que tu médites deux jours et deux nuits. Je veux que tu aies l'esprit clair, un corps reposé et un cœur prêt. D'ici là, tes frères et moi préparerons ce qui est nécessaire.
-Mais Sensei! J'ai rendez-vous avec votre fille dans deux jours à 23h30!
-Léonardo. C'est le moment qui a été choisi en conseil de famille. Si tu refuses, je passerai le pouvoir à un autre de tes frères.
-Que vous a fait Raphael? Que vous a –t-il dit?
-Mon fils. J'ai toujours agis pour notre clan et jusqu'à aujourd'hui tu n'as jamais remis en cause mon jugement. Commencerais-tu aujourd'hui?
-Non, Sensei.
Je passai la nuit à pleurer et réfléchir.
