Disclaimer : Je les ai demandés, mais je crois que Papa Noël sait à quel point je suis une vilaine fille *sourire pervers*
Couple : Harry/Derek
Warning : AU, Slash (BoyxBoy), lemon, scènes de torture, violence, mentions d'abus
Note de l'auteur : Bonsoir tout le monde ! (ou bonjour selon l'endroit où vous vous trouvez sur notre chère belle planète !) J'espère que vous avez tous passer d'excellentes fêtes de Nowel et que vous êtes prêt à fêter le réveillon demain ! Je remercie toutes les personnes qui ont reviewé la fic, vous avez été la lumière dans le désespoir de mes études ;) Un merci aussi à tous ceux qui ont découvert mon histoire et l'ont ajoutée à leurs favoris et/ou leurs alerts =D. Vous déchirez et je vous adore !
Oserais-je encore le répéter ? Un grand merci à Nana Egedan qui, malgré son blocus (je sais ce que tu vis, ma chère, nous sommes tous dans le même enfer ;P), a pris le temps de corriger mes fautes et ma pauvre syntaxe !
Mais je tiens aussi à réitérer un grand grand graaaand merci tout à fait spécial à Sept qui m'a offert pour Noël un dessin sur la fic ! Avec sa permission, je vous la partage et j'espère qu'elle vous fera fondre autant que moi ;)
s4. noelshack. com/ uploads/ images/ 17726803392375_joyeux_noel_.jpg Voici le lien, il suffit juste de le copier et d'enlever les espaces ^^
Merci, merci, merci ! Je vous l'avoue, je l'ai imprimée et mise dans ma chambre, juste pour qu'on me demande ce que c'est et que je puisse tout raconter sur ma fic :P. Ouep, je pense avoir été une Malfoy dans une autre vie, problème d'égo et tout ça...
Bref, le chapitre posté a été l'un des plus difficiles à écrire jusqu'à maintenant. Honnêtement. En partie parce que je devais écrire le combat de dominance entre Harry et Derek et que c'est beaucoup plus compliqué à écrire que ce que je croyais. Encore maintenant, je ne suis pas totalement satisfaite, mais un jour (peut-être) j'aurai le courage de l'éditer. En attendant elle reste ainsi et je laisse beaucoup à votre imagination, désolée (en même temps la mienne parvient tout à fait à compenser xD). Bref, on en apprend plus sur la psychologie loup-garou, sur l'enfance de nos jeunes agents préférés et aussi sur la relation entre Rossi et Harry (suis-je la seule à avoir imaginé notre cher Senior avec dix ans de moins ? Miam.)
C'est le dernier chapitre que je posterai en 2011 *larmes aux yeux* Le prochain sera posté dans très longtemps, malheureusement. J'écrirai peu pendant mes examens, donc je pense poster la suite d'ici un bon gros mois, donc vers début février. Mais il est possible que je poste un mini-chapitre entretemps en cadeau à Sept pour son magnifique dessin :3
Bref, bonne fête de fin d'année à tous et on se revoit en 2012 !
Now, enjoy the story =)
Chapitre 6 : Tensions à nouer et à dénouer
Quelque part entre Stanford et Quantico – Jet Privé du FBI – 16 janvier
"Jeffrey Glasgow avait toujours été traité par son père comme un moins que rien. Lors du bizutage, il n'a pas été surveillé et s'est fait écrasé par une voiture. Les séquelles à sa jambe l'ont obligé à abandonner ses études à cause de la perte de sa bourse. Depuis, les abus moraux de son père sont allés en augmentant jusqu'à ce qu'il meure en traitant une dernière fois son fils de raté. Et là, rupture. Il a toujours attribué son échec à la fraternité Nu Kappa Chi et plus précisément son président qui n'a jamais été attaqué pour l'accident dont il avait été victime. Malheureusement il découvrit qu'il était mort depuis plusieurs années, Glasgow déporta alors sa haine sur les hommes présentant le même profil. Comme il travaillait sur le campus de Stanford, il connaissait les lieux et possédait les clés de tous les débarras dans les jardins entourant les fraternités."
Le silence se fit après qu'Hotch ait terminé le débriefing. Il avait été interroger le suspect avec Prentiss après s'être assuré de l'état de Spencer. Jeffrey Glasgow avait avoué quasiment tout de suite. Quatre meurtres avaient été causés uniquement parce qu'un homme s'était senti misérable toute sa vie. Histoire tristement classique. Reid referma le dossier et s'enfonça dans son siège. Il était content que l'affaire soit terminée, il avait besoin de réfléchir sur tout autre chose.
On l'avait gardé deux jours en observation à l'hôpital pour vérifier que tout allait bien. Les médecins avaient déclaré que son cas était miraculeux et qu'il avait eu beaucoup de chance de s'en sortir. Spencer avait souri en songeant que ça n'était pas miraculeux, juste magique. Car oui, la magie existait, on savait même voler à balai. Les sorciers se baladaient parmi eux et tout un monde se cachait sous leur nez. Et comment savait-il tout ça ?
Parce qu'Harry Black, son ami d'enfance et maintenant collègue, en était un.
Ça faisait beaucoup d'informations à digérer.
"Hey Reid."
"Oh. Hey Morgan." Le métis s'installa en face de lui, jetant un regard étrange à la forme d'Harry endormie à côté de Spencer. Le jeune agent avait avalé des pilules calmantes avant de monter dans l'avion et avait à peine tenu jusqu'à la fin du débriefing avant de rouler sur le côté et de fermer les yeux. Son visage, pendant qu'il dormait, n'avait pas l'air paisible, mais il n'avait pas l'air torturé non plus. Spencer n'avait pas encore osé pousser Harry à lui raconter sa vie depuis qu'il avait quitté Las Vegas, comprenant que le sorcier avait encore des secrets qu'il souhaitait garder. Lui-même ne savait pas ce qu'il ferait s'il lui posait la même question. "Tu veux quelque chose ?" demanda-t-il doucement quand Morgan reporta son attention sur lui.
"Er… Non, je voulais juste savoir comment tu allais, c'est tout. Pas de mal de tête ?" Morgan lança de nouveau un regard à Black, entre le ressentiment et l'inquiétude. Bizarre…
"Je vais bien…" répondit lentement Spencer, curieux. Finalement, ne résistant pas, il dit : "Tu voulais demander quelque chose à Harry ?"
Morgan eut l'air abasourdi pendant quelques secondes. "Quoi ? Non, non, non, pourquoi aurais-je envie de parler à Black ?... Et depuis quand l'appelles-tu Harry ?"
Tout le monde leva la tête en entendant le haussement de voix de Morgan. Curieux, ils s'étaient arrêté de parler et suivaient la conversation avec une attention d'autant plus accrue que cela concernait leur ami récemment blessé et le mystérieux nouvel agent. La culpabilité était encore bien présente parmi eux et s'ils avaient remarqué le soudain rapprochement entre Harry et Spencer, ils l'avaient mis sur le compte qu'Harry leur en voulait probablement encore. Vu le sourire joyeux qui maquilla le visage de Spencer, ils s'étaient trompés.
"Tu te souviens de ces rêves que je faisais ?" Morgan hocha la tête. L'instant d'après, la compréhension se disputait à l'incrédulité sur son visage.
"Black est le garçon dont tu rêvais !"
Seule Emily comprit également l'allusion – puisqu'elle avait été présente lorsque Spencer avait parlé de ses perturbations nocturnes – et elle intervint dans la conversation.
"Tu veux dire que Black est le garçon qui habitait à côté de chez toi quand tu étais petit ?"
"Oui, nous nous en sommes rendus compte pendant une de nos conversations pendant que nous nous préparions pour la fête chez les Nu Kappa Chi. Lors du séjour à l'hôpital, nous nous sommes rapprochés et avons un peu rattrapé le temps perdu…" En d'autres circonstances, Spencer aurait été incapable de mentir à ses amis, mais Harry et lui ne voulaient pas cacher leur passé commun et leur nouvelle relation, ils étaient donc venus avec cette petite histoire. Pour protéger le prodigieux et dangereux secret de son ami, Spencer se surprit à être capable de tout.
JJ l'observa un moment de son siège avant de faire un petit sourire. "Je suis content pour toi, Reid. Tout de même, quelle coïncidence que vous vous rencontriez ainsi !"
"Et Black n'avait aucun soupçon avant la soirée ?" demanda Hotch, les sourcils froncés. Spencer ne savait pas à quoi pensait son supérieur, mais lui-même se rendait compte qu'Harry avait montré certains… signes de trouble autour de Spencer.
"Si, c'est lui qui m'a reconnu en premier et il a attendu d'être seul avec moi pour vérifier et tout me raconter," expliqua Spencer, se disant que, quelque part, il ne mentait pas vraiment. Après tout, Harry avait bien attendu qu'ils soient seuls à l'hôpital pour tout lui avouer. Hotch hocha la tête d'admission, acceptant les paroles de Spencer. Le docteur fut soulagé que ses demi-vérités passent le test du chef d'unité.
"C'est un véritable agent dans le sang, ce petit," marmonna Rossi alors qu'il jetait un regard à la forme prostrée d'Harry, qui choisit ce moment pour tourner loin de leur vue, comme pour échapper aux regards inquisiteurs.
"Donc… Qu'est-ce que tu voulais dire à Harry ?" demanda Spencer, n'oubliant pas le sujet de départ. Cela fut le signe pour les autres agents de retourner à leurs occupations de départ, ce qui ne consistait à pas grand-chose à part déjà commencer à rédiger son rapport ou écouter –dans le cas de Rossi et JJ – de la musique pour se détendre après l'affaire. Il n'y avait pas qu'Harry qui n'était pas totalement à son aise dans l'avion.
Morgan jeta un regard indéchiffrable à Reid "Rien."
Le docteur le regarda un moment en fronçant les sourcils. Harry lui avait expliqué ce qu'il s'était passé pendant qu'il était inconscient et il avait remarqué qu'à chaque fois que lui et Morgan étaient dans la même pièce, leurs muscles étaient légèrement tendus et qu'ils vérifiaient fréquemment ce que faisait l'autre. Quand il avait dit à Harry qu'ils se jaugeaient comme deux prédateurs prêts à se jeter à la gorge, un silence gêné lui répondit. Finalement, Spencer avait surmonté son appréhension pour oser demander plus d'informations au sorcier.
FLASHBACK
"Harry ? Il y a quelque chose avec Morgan." Il l'avait dit sur le ton d'une affirmation, pas d'une question. Son ami d'enfance le regarda avec une lueur d'amusement dans le regard, lueur qui disparut pour faire place à de la gravité.
"Que sais-tu sur les loups-garous, Spencer ?"
"La première référence au loup-garou, ou lycanthrope, remonte à la période gréco-romaine. Une secte adorait les jumeaux Remus et Romulus qui avaient été élevés par les loups et élevaient des loups mangeurs d'homme. Le loup-garou se réfère à toute personne capable de se métamorphoser totalement ou partiellement en loup ou même à un loup anthropomorphe. La croyance populaire voudrait que cela se produise sous l'effet de la pleine lune et que le loup ne les contrôle qu'à cette période, mais plusieurs bouquins, dont De Natura de Paracelse, divergent sur cette opinion et affirment que l'homme contaminé par la lycanthropie reste loup dans son esprit. Le compagnon de Jeanne d'Arc fut, entre autres, accusé de lycanthropie et brûlé vif en 1440. En 1589-"
"Ok, avant que tu ne continues, pourquoi crois-tu que je te demande ça ?" Spencer rougit quand il se rendit compte qu'il s'était embarqué dans un de ses monologues, mais fut rassuré quand il constata que cela avait amusé plus qu'agacé le sorcier.
Il ne lui fallut que quelques secondes, après tout il était profiler, pour comprendre. "Morgan est un loup-garou." On aurait pu s'étonner qu'il prenne la nouvelle aussi calmement, mais il avait appris juste hier que la magie existait. Au niveau où il en était...
"En partie. L'hypothèse est que son père était un loup-garou ou un mi-loup-garou. Je crois personnellement, qu'il n'est qu'à un quart lycan."
"Comment peut-on savoir cela ?"
"Ses réactions en ma présence auraient été beaucoup plus violentes et il aurait eu beaucoup plus de difficultés à vivre avec des Moldus. Les loups-garous sorciers ont leur magie pour les aider à contrôler leurs instincts lupins, contrairement aux loups-garous moldus qui doivent se reposer uniquement sur leur volonté. Généralement, ils vivent en meute, car la structure de la meute leur permet de soumettre leur partie animale à la hiérarchie et de canaliser ainsi leurs instincts. Comme Morgan parvient à vivre normalement et qu'il n'est pas un sorcier, il doit être quart, voire maximum à moitié, loup-garou," conclut Harry.
Spencer était fasciné par l'idée de la meute et de toutes les portes que cela lui ouvrait sur la psychologie de ses membres. Bien sûr, dans le profilage, on parlait souvent de 'mâle alpha' et de 'soumis', mais ici, ce n'était plus seulement un profil, c'était la réalité. Cela expliquait la surprotection dont faisait parfois preuve Morgan. Si pour son loup, l'équipe représentait sa meute, ses instincts devaient le pousser à se préoccuper de la santé et du bien-être de chacun de ses membres. Le métis était taillé comme un mâle dominant, Spencer se demandait si son loup se considérait comme l'alpha de la meute, malgré le fait qu'Hotch soit le chef d'équipe.
"Il s'est senti menacé par ton arrivée," raisonna le jeune agent en fixant Harry, qui hocha discrètement la tête d'approbation. "Et comme un alpha, il a voulu protéger sa meute, se montrant ouvertement agressif… C'est parce qu'il parvient à dire que tu es un sorcier ?"
"Presque." Harry carra ses épaules, comme pour se donner du courage. "Il y a trois façons de devenir un loup-garou : de naissance avec un ou deux parents lycans, après un rapport sexuel avec un loup-garou qui désire transmettre sa malédiction et après une morsure d'un loup-garou sous sa forme de loup. J'ai… J'ai été attaqué par un loup-garou sous sa forme humaine, il ne m'a donc transmis qu'une partie de sa malédiction. Je suis une espèce d'équivalent à un mi-loup-garou : j'ai les instincts du loup, mais je ne me transforme pas à la pleine lune." En avouant son autre secret, Spencer remarqua qu'Harry frottait d'un air sombre ses trois cicatrices parallèles sur sa pommette.
"Les mi-loups-garous ne se transforment pas ?" demanda le docteur, désireux d'en apprendre plus et de détourner les pensées d'Harry de son attaque.
L'Auror accueillit la distraction d'un petit sourire reconnaissant, pas un instant trompé par la diversion. "Cela dépend. La plupart ne peuvent pas. Un de mes parrains était un loup-garou et était obligé de le cacher, car les loups-garous sont considérés comme des créatures dangereuses dans le monde sorcier. Chaque pleine lune, il était soumis à une transformation extrêmement douloureuse. Son fils Teddy, mon filleul, a juste hérité des réflexes et des sens surdéveloppés de son père, mais ne se transforme pas à la pleine lune. Habituellement, je le rejoins et nous allons courir toute la nuit pour calmer l'appel de la lune…" Spencer remarqua la douleur dans les yeux d'Harry quand il avait évoqué le père de l'enfant. C'était la première fois que son ami parlait de véritables personnes du monde sorcier. Spencer se demandait ce qu'il avait pu lui arriver dans le passé pour qu'Harry soit si secret sur lui-même et son histoire. L'agent ajouta ces informations aux indices qu'il possédait déjà sur Harry dans un coin de son esprit et poursuivit son raisonnement sur Morgan.
"Le loup de Morgan t'a donc considéré comme un rival sur son territoire…"
"Oui, cependant juste avant que tu ne te réveilles, il m'a accepté à titre provisoire dans la meute… Mais je suis à l'essai tant que son loup ne m'a pas classé dans la meute," termina Harry avec une grimace discrète. Du moins discrète pour quelqu'un qui n'était pas un profiler du niveau de Reid.
"Classé dans la meute ?"
"Tu avais bien dit que nous avions l'air prêts à nous jeter l'un sur l'autre, non ?"
Spencer ouvrit la bouche, avant de la refermer aussitôt. "Oh… Contre Morgan ? Ça n'est pas gagné d'avance."
"Merci, j'apprécie ton soutien, Houdini," dit l'Auror sur un ton vaguement sarcastique qui fit froncer les sourcils de Spencer.
"J'ai dit quelque chose de mal ? Après tout, considérant les statistiques, les notes de Morgan au combat corps-à-corps, ton gabarit comparé au sien… Tu as peu de chance de l'emporter." Harry grogna et enfonça sa tête dans ses mains. "Quoi ? Harry ?"
Il fut d'autant plus confus quand Black releva la tête avec une moue rieuse et résignée. "Vraiment, Spencer…. Tu n'as pas changé d'un pouce."
Ne donnant aucune explication à un Spencer complètement perdu, Harry changea de sujet et ils discutèrent des œuvres d'Hemingway jusqu'à ce que JJ arrivât et remplaçât Harry à son chevet.
FIN DU FLASHBACK
Spencer soupira discrètement en fronçant les sourcils encore plus.
"Si tu le dis, Morgan." Spencer retourna à son bouquin, tournant les pages rapidement. Il avait peut-être une mémoire photographique, mais cela ne retirait pas le plaisir de la lecture. Spencer jetait un coup d'œil de temps à autre à Morgan, constatant que l'agent n'avait pas abandonné sa tâche de veiller sur le sorcier.
Comportement de mâle alpha devant un membre blessé de la meute, culpabilité ou peut-être se demande-t-il s'il peut profiter de son état pour le défier pour la hiérarchie de la meute ?
Spencer avait honte de penser à son ami de cette façon, mais Harry lui-même avait avoué que sous l'influence de son propre loup, celui de Morgan s'était exacerbé. Le métis était nouveau à ces instincts, ce qui en expliquait leur intensité. Après quelques temps, il devrait apprendre à se maîtriser, du moins l'Auror l'en avait assuré. En attendant, Spencer se devait de profiler l'agent comme ce qu'il était : un homme guidé par des instincts de loup.
"Il a dû prendre un calmant avant de décoller," dit finalement Spencer après un moment, sans raison apparente, mais les yeux fixés sur le métis pour analyser sa réaction.
"Oh." Le soulagement qui se lut sur le visage du métis parlait pour lui. "Bien…er… bien."
Le jeune agent observa le métis qui quittait sa place pour s'isoler un peu plus loin, apparemment mal à l'aise et confus. Avec un sourire de dérision, Spencer dut avouer que l'agent Black, malheureusement, avait cet effet sur beaucoup de personnes. Il retourna à sa lecture, complotant, sur une façon de surveiller les deux loups du BAU, dans un coin de son esprit. Avec la découverte de son don, du monde sorcier et des créatures qui le peuplaient, Spencer avait l'impression que ses rêves et ses cauchemars étaient devenus réels.
Mais pour rien au monde il n'échangerait sa place avec quelqu'un d'autre.
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Quantico, Virginie – Bureaux du FBI, Division Auror – 16 janvier
"Je connais ce visage. Est-ce que j'ai vraiment envie de savoir, Black ?"
Harry grogna de bon cœur quand Draco le salua à l'entrée des bureaux des sorciers. Vraiment, que pouvait-il arriver de pire ? Il avait eu droit au voyage en avion, le réveil abrupt et paniqué lors de l'atterrissage, les (plus ou moins) gentilles moqueries de ses nouveaux collègues, et maintenant la voix hautaine de son cher cousin au troisième degré… La loi de Murphy l'avait décidément désigné comme favori. 'Si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira infailliblement par mal tourner' semblait effectivement être l'adage qui gouvernait sa vie.
Que quelqu'un me donne une corde pour que je me pende...
"Vous vous êtes passés le mot, Parker et toi ? C'est le jour 'Harry-a-encore-merdé' ?"
"Non, je suis juste doté du radar 'j'ai fait une erreur, mais ne vous inquiétez pas, j'ai déjà tout arrangé !' ce qui n'est pas, dans ton cas, nécessairement une bonne nouvelle," expliqua presque aimablement l'ancien héritier des Malfoy. Cependant Harry était sûr que s'il lui en faisait la remarque, Draco sortirait une règle de sa manche du genre 'les Blacks ne sont pas aimables ! Ils sont plaisants… Surtout quand ça peut faire enrager encore plus leurs interlocuteurs', le tout avec un sourire à la Malfoy… Oui, Harry se l'imaginait tellement bien, qu'il ne prit même pas la peine de la faire, sa remarque.
"Pour ta gouverne, je n'ai commis aucune erreur. Pour une fois, ce n'est pas ma faute !" dit Harry sur un ton qui fut plus plaintif qu'il ne l'avait voulu.
"Oh…" Draco eut un sourire qui mit en route l'alarme interne de l'Auror. "C'est vrai que se retrouver avec ton ami d'enfance Zéro et un collègue loup-garou n'est pas de ta faute… Mais pourquoi cela n'arrive toujours qu'à toi, Black ?"
"C'est… C'est… Comment cela se fait-il que tu saches tout ça, Draco ?" demanda-t-il quand il se rendit compte qu'il ne lui restait rien pour se défendre. Au visage ricanant complètement Serpentard de son ami, Harry se surprit à rougir de colère. Les vieux instincts ne se perdaient pas, car en voyant sa rougeur, le sourire vipérin du blond ne fit qu'augmenter.
Quand il comprit que l'ex-Malfoy ne répondrait pas, le sorcier leva les bras en l'air d'exaspération. "Bien ! Ne me le dis pas, je m'en moque ! J'ai un rapport à faire à Parker de toute façon, et je perds mon temps avec toi !"
Harry contourna le blond avec la ferme intention de ne plus lui adresser la parole et avait fait quelques pas vers les bureaux quand la voix de Draco l'arrêta. "J'ai hâte de rencontrer ton très cher ami Moldu, Black…" Si la voix caressante et vaguement menaçante du Sang Pur avait provoqué des frissons dans l'échine de l'Auror, il serait le premier à le nier. Cependant, alors qu'il frappait à la porte de son supérieur pour lui donner son rapport, Harry se fit deux réflexions.
La première : qu'il allait surveiller de très près Spencer et son entourage tant que ce dernier n'était pas au courant de tout ce qui concernait les Potions du monde sorcier. Malheureusement si un Zéro était immun aux sorts directement lancé sur lui, ce n'était pas le cas avec les breuvages magiques. Et disons qu'il craignait qu'un Veritaserum soit accidentellement versé dans un de ses cafés avec un certain blond Maître des Potions dans les parages pour arracher la moindre information au pauvre docteur.
La deuxième… qu'avec un ami comme Draco Black, il n'avait vraiment plus besoin d'ennemis.
Quand il arriverait chez lui, la bouteille de Whisky Pur Feu allait définitivement y passer.
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Bureaux du FBI, BAU – 17 janvier
Penelope Garcia aimait les casse-têtes.
C'était pour ça qu'elle était devenue informaticienne, puis plus tard pirate informatique. Elle adorait être devant un problème, puis se triturer les neurones pour le résoudre, ou créer un nouveau chemin pour les contourner. Les ordinateurs étaient ses bébés et elle était toujours ravie de pouvoir aider ses amis au BAU et de contribuer à sauver des vies. Mais quand Penelope n'était pas occupée à chercher des infos pour les agents sur le terrain, elle faisait des puzzles ou jouait sur un de ses jeux en ligne pour résoudre des énigmes et déjouer les pièges des donjons. Oui, Penelope adorait les mystères !
Et devinez qui était sa nouvelle victime ?
Penelope émergea de son bureau avec un objectif clair en tête : apprendre le plus possible sur l'agent Black (rebaptisé Le Beau Ténébreux), et ce grâce à son cher Reid (baptisé depuis longtemps Petit Génie ou Wonder Boy). Seul un aveugle n'aurait pas remarqué la novelle amitié entre le deux plus jeunes de leur équipe. Ils étaient arrivés ensemble le matin-même et, selon le peu qu'elle avait entendu, Reid avait passé une soirée extraordinaire et il était fasciné par tout ce qu'Harry avait à offrir. Inutile de dire que les alarmes de l'analyste avaient toutes sonné. En même temps. Au volume maximum. Mon Dieu elle était vraiment une perverse…
Mais mon Dieu qu'est-ce que c'était bon !
Elle avait patiemment attendu que Black se retire dans son bureau pour faire sa part de paperasse, laissant le pauvre docteur entre les mains de la diablesse blonde. S'empêchant de se frotter les mains d'un air conspirateur, elle descendit les quelques marches sous les regards attentifs d'Emily et Derek et fondit sur sa proie.
"Comment va mon Génie en sucre ?" demanda-t-elle de sa voix la plus douce et mielleuse. "Ta blessure ne te fait plus mal ? J'espère que mon Apollon en chocolat s'est bien occupé de toi ! Ou bien… quelqu'un d'autre, peut-être ?" finit Garcia innocemment en battant les cils un peu exagérément.
Reid la regarda un moment interloqué, avant de sourire. "Oh. Je vois. Tu veux parler d'Harry."
"Faites confiance à Pretty Boy pour mettre les pieds dans le plat," marmonna Morgan d'un air défaitiste, mais amusé.
"Oooooh ! Tu veux dire que c'est Harry, maintenant, plus 'Black' ?" poursuivit la blonde.
"Oui, c'est mon ami d'enfance. Il habitait à côté de chez moi à Las Vegas, mais il a déménagé en cours d'année. Ça faisait vingt ans que nous ne nous étions pas vu, il est peu étonnant que nous ne nous soyons pas reconnus plus tôt. Nous sommes redevenus proches très vite…" commença le jeune agent avant que son visage ne prenne une teinte pivoine.
"Pieds dans le plat numéro deux," commenta discrètement Prentiss.
Penelope, quant à elle, était sur un petit nuage. Elle savait exactement ce qu'avait voulu dire Reid, mais son côté fangirl et amatrice de nouvelles homosexuelles ne voulait pas lâcher l'affaire. Reid eut l'air très mal à l'aise sous le regard exalté de l'informaticienne et il commença à remettre ses cheveux derrière son oreille, comme à chaque fois qu'il était nerveux. Penelope eut un sourire qui aurait mieux convenu à un prédateur qu'à une jeune femme.
"Proches à quel point ?"
"Ce n'est pas comme ça ! Harry peut m'apprendre beaucoup de choses, et –"
"Décidément, ce n'est pas son jour," lança Prentiss à Morgan qui secouait la tête.
"Et quel genre de choses ?"
Finalement, sentant qu'il était coincé, Reid fut obligé d'abandonner la batille perdue d'avance. "Qu'est-ce que tu veux savoir ?"
L'informaticienne eut du mal à cacher sa joie et frappa dans ses mains avec une expression proche de l'extase. Morgan et Prentiss, de plus en plus intéressés par la tournure de la conversation, abandonnèrent de faire semblant de remplir leur dossier pour ouvertement écouter l'interrogatoire. Franchement, il était dommage que Garcia ne soit pas une agent de terrain, elle ferait sûrement craquer les criminels les plus endurcis, si on lui en laissait l'occasion… Ils eurent tous les deux des frissons d'hilarité en imaginant leur analyste arriver dans la salle d'interrogatoire habillé en rose bonbon et pointant sous le nez du suspect un de ses fameux stylobilles à froufrou. Ils échangèrent un regard complice, sachant exactement que la même pensée leur était passée par la tête.
"Comment vous êtes-vous rencontrés ?"
Reid eut l'air de réfléchir s'il allait ou pas répondre à la question, avant de se décider. "Il a emménagé à côté de chez moi en 1987. Je ne le voyais pas souvent, son oncle et sa tante ne le laissaient que très rarement sortir-"
"Son oncle et sa tante ?" l'interrompit Prentiss.
"Oui, ce sont eux qui l'ont élevés, ses parents sont morts dans un accident de voiture quand il avait un an. Les Dursley avaient dit à mon père qu'ils étaient tous les deux alcooliques et que ce n'était qu'une question de temps avant qu'une telle chose ne se produise. Ils ont été forcés de recueillir Harry à leurs morts."
"Forcés ?" Cette fois-ci, ce fut Garcia qui intervint, l'air choqué.
Reid eut l'air mal à l'aise d'avoir laissé une telle information lui échapper. "Ils avaient quelques difficultés financières et une bouche en plus à nourrir n'arrangeait rien. Je l'ai rencontré pour la première fois à l'école. Comme j'avais déjà sauté une année, nous étions dans la même classe, avec Dudley, son cousin. Mais il ne parlait à personne et restait toujours seul, en retrait. Ce n'est qu'une semaine plus tard, alors que je me faisais embêter par son cousin et ses nouveaux amis, qu'il s'est interposé pour que Dudley se concentre sur lui et plus sur moi. Nous sommes devenus amis ce jour-là."
"C'est… C'est trop mignon comme histoire !" lâcha Penelope, excitée. Sa fangirl intérieure lui hurlait que c'était le genre de début qu'on trouvait dans une romance : l'homme qui sauvait la belle… pour la retrouver des années plus tard, et là l'amour était au rendez-vous ! "Et tu sais d'où viennent les cicatrices sur son visage ? L'éclair ?"
"Je… L'éclair provient de l'accident de voiture dans lequel ses parents sont morts. Les griffes… je pense qu'il a été attaqué par un loup sauvage, mais je n'en suis pas sûr." Sur cette dernière partie, Reid avait l'air encre plus mal à l'aise, si c'était possible. Il ne lui restait même plus de cheveux à remettre derrière son oreille tant il répétait son geste, sans pouvoir s'en empêcher.
"Et ce Dudley, comment était-il ?" demanda Morgan, les sourcils froncés par la concentration. Garcia se rendait compte que le métis entendait bien plus d'informations qu'elle dans cette conversation. Les profilers avaient ce don, de savoir lire entre les lignes. Peut-être allait-elle demander à son Apollon de lui raconter ce qu'il avait tiré de tout ça, avec Prentiss et JJ aussi peut-être.
"C'était une brute. Lui et ses amis nous harcelaient et nous étions souvent obligés de nous cacher durant les pauses. Superman et moi-"
"Superman… Sérieusement, Pretty Boy ?"
Reid prit une posture défensive envers Morgan. "Tu ne peux peut-être pas comprendre, Morgan, mais quand Harry est arrivé ce jour-là pour me défendre, et toutes les autres fois, malgré le fait qu'il savait qu'il allait se faire punir juste après par sa famille, il était comme un héros pour moi !"
"Du calme, Reid, je ne voulais pas t'offenser."
"Et bien tu l'as fait, et je ne suis pas aussi compréhensif qu'Harry !"
"Pas la peine de t'énerver pour si peu, Reid !" s'exclama à son tour le métis, énervé par le rappel de son erreur d'il y a quelques jours, tout autant sur la défensive que le jeune docteur. Apparemment, la honte était encore très fraîche dans son esprit. Penelope avait gentiment grondé son ami, mais n'avait pas insisté quand elle s'était rendu compte qu'il souffrait déjà assez d'avoir été injuste envers le nouvel agent. Le regard coupable de Prentiss ne passa pas non plus inaperçu. Harry Black était décidément un homme à controverses.
"Je crois qu'il est temps que nous reprenions le travail," dit Reid avec un air faussement calme, peu désireux de plus se confier.
Garcia agréa doucement et laissa ses collègues dans un silence tendu et des regards noirs échangés par-dessus les dossiers. Était-ce elle ou les yeux de Morgan étaient-ils… Non, après tout, qui avait les yeux argentés ? Quand elle entra dans son antre, elle poussa un lourd soupir de soulagement. Le peu qu'elle avait appris sur Harry Black ne faisait que renforcer l'énigme qu'il était. Mais maintenant elle avait de nouvelles pistes. Et si elle allait jeter un coup d'œil à propos de ces Dursley…
-CM-HP-CM-HP-
Bureaux du FBI – 18 janvier
"Black, je peux te parler, une minute ?"
Harry releva les yeux du dossier que le Directeur des Aurors, Algrey Parker, mentor et père de substitution, lui avait donné quelques jours plus tôt dans l'espoir qu'il reconnaisse la signature d'un des Mangemorts qu'il avait eu le malheur de connaître. Jusqu'à présent, rien n'indiquait l'implication des mages noirs, et même pas de la magie. Mais Harry partageait l'avis de Parker sur le malaise que lui inspirait cette affaire. Mais tant que le criminel ne commettait pas d'erreur, ils ne pouvaient rien faire. Harry aurait pu se déplacer jusque là et grâce à son empathie recueillir peut-être des visions ou des impressions, des indices ! Mais la dernière fois qu'il avait essayé, les émotions avaient été tellement violentes qu'il avait dû utiliser ses boucliers d'Occlumancie à pleine puissance pour ne pas sombrer. Depuis, il s'entraînait à accepter ces visions plus violentes, qui lui rappelaient trop ses trois mois de captivité entre les mains de Voldemort et ses minions, en se confrontant à des objets impliqués dans des crimes. Il augmentait graduellement la gravité des meurtres pour s'habituer, mais au fond, il espérait que jamais il s'accommoderait de l'horreur de ses visions. Cependant pour sauver des vies, il était prêt à tout.
"Bien sûr, Rossi, entrez je vous en prie," dit Harry en lui indiquant les sièges en face de son bureau. Contrairement à sa propre chaise de bureau qui avait l'air inconfortable – et l'était pour être certain qu'il ne s'endorme pas, triste mais vrai –, ils invitaient leur hôte à se prélasser dans leur cuir ocre, de la même couleur que les arabesques sur les murs. Rossi s'installa et observa le désordre qui régnait déjà sur le bureau de son collègue.
"Tu sembles bien occupé." Sa remarque fut accueillie par un sourire un peu gêné.
"L'agent Parker continue de m'envoyer des dossiers des Affaires Spéciales pour que j'y jette un coup d'œil." Harry ponctua ses paroles d'un haussement des épaules, comme si cela n'avait pas d'importance pour lui d'avoir plus de travail.
"Ton supérieur te consulte encore ?" Rossi avait l'air à la fois étonné et impressionné. Après tout, Harry avait été transféré au BAU, son supérieur n'avait-il pas d'autres agents à sa disposition pour s'occuper de ce genre de choses ?
"Cela concerne une vieille affaire sur laquelle j'ai travaillée… À vrai dire, ce fut ma première affaire et c'est elle qui m'a fait devenir ce que je suis aujourd'hui."
"Un gamin insolent et manipulateur qui piège ses pauvres collègues ?" demanda avec un sourire joueur le plus vieux. Harry le foudroya faussement du regard.
"Non, vieux playboy décrépi." dit-il, obligeant un air blessé à apparaître sur son visage. N'importe qui aurait été surpris d'entendre quelqu'un s'adresser ainsi à Rossi, mais le lien qu'ils partageaient était particulier. Tout d'abord parce que Rossi et lui avaient flirté ensemble pendant tout un moment, quelques années plus tôt, même si rien n'en était ressorti, ils avaient appris à se connaître pour le peu qu'ils racontaient sur leurs vies privées. Ensuite, parce qu'ils avaient le même humour caustique qui les avait rapprochés, surtout quand il fallait se liguer contre Hotch (à l'époque, ils s'étaient amusés à jouer plusieurs tours au récemment promu chef d'unité, au grand dam de ce dernier.) Harry retrouva néanmoins son sérieux. "Je voulais dire, quelqu'un qui travaille pour protéger les autres." Il poussa un profond soupir, regardant l'agent droit dans les yeux. "Nous avons tous une affaire qui pèse sur notre conscience. La seule façon de tourner la page, c'est de la confronter, jusqu'à ce que tous ses recoins sombres ne soient plus un secret."
Harry avait vu dans l'esprit de Rossi, grâce à sa Legilimancie, l'ombre qui pesait sur sa conscience, une affaire non résolue qui datait de vingt ans. L'italien n'avait jamais trouvé l'homme qui avait violemment assassiné à la hache les parents de trois enfants, et cela le torturait. Ses paroles avaient touché directement cette ombre, l'éclairant un petit peu, mais pas encore assez pour encourager Rossi à s'ouvrir pour en parler. L'homme lui répondit juste par un regard plein de confusion et une légère frayeur face à la possibilité qu'Harry ait compris où résidait sa faiblesse.
"Sinon, pourquoi êtes-vous venu, si ce n'est pour contempler ma magnifique décoration ?" Harry eut un fin sourire quand Rossi roula discrètement les yeux, mais ne fit aucun commentaire à propos de la déco en question.
"Donc toi et Reid, vous…"
"Oui. C'est mon ami d'enfance et je ne ferai jamais rien pour le blesser."
"Est-ce que ça signifie que…"
"Non, notre relation n'est pas comme ça."
"Avec Morgan…"
"Nous avons discuté et ça va bien, mais ça ira bientôt mieux."
"Alors…"
"J'ai déjà discuté avec Spencer, lui et Morgan se sont excusés tout à l'heure. Même s'il n'a pas voulu me dire pourquoi ils se sont disputés."
"Comment est-ce que tu fais ça ?" finit par demander Rossi, agacé. Harry haussa un sourcil avant de laisser un sourire insolent naître sur ses lèvres.
"Vous êtes profiler, et c'est vous qui me demandez ça ?" Harry ricana discrètement quand le plus vieux ouvrit la bouche pour répondre, la referma, puis lança son meilleur regard noir à l'homme qui se moquait de lui. Il finit par se lever, prenant congé de l'exaspérant, mais rafraichissant agent (oui, comparé à tous ces autres qui l'adulaient à cause de ses bouquins comme s'il était le nouveau dieu du profilage marchant sur terre, quelqu'un d'aussi 'irrespectueux' qu'Harry était amusant.) Avant qu'il ne parte, Harry lui lança :
"Mes amitiés à Hotch, amusez-vous bien quand vous lui raconterez toute notre conversation et que vous pourrez faire vos commérages." Le tout accompagné d'un doux sourire sarcastique. Rossi ne trouva pas la force de savoir comment il savait. Quelques jours qu'il était là, et Harry avait déjà acquis les mauvaises habitudes des profilers. "Et si jamais vous avez besoin de mon aide, pour quoi que ce soit, Rossi… n'hésitez pas."
Rossi ne se doutait pas que d'ici quelques mois, il se rappellerait de cette phrase.
Maintenant, il était temps de parler à Hotch.
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Académie du FBI, Gymnase – 19 janvier
Samedi matin, à 8h30 précise, Morgan entra dans le gymnase, fidèle à ses habitudes. Derek avait besoin de se dépenser dans quelque chose, jusqu'à ce que ses muscles lui fassent trop mal pour qu'il sache encore réfléchir. Notamment à propos de leur nouveau membre du BAU. Un membre qu'il avait invité dans un moment de pure inconscience à venir échanger quelques coups, par pure provocation après que le plus jeune l'ait défié. Rarement il sautait sur chaque appât comme un simple adolescent soumis à ses hormones, mais Black avait cet effet-là sur lui…
Merde.
Ce n'était peut-être pas aussi mal qu'il le pensait. Après tout, même s'ils ne parlaient pas vraiment ensemble, Derek voyait bien que Black était un mec sympa. Mais depuis qu'il était au bureau, Derek se sentait… bizarre. Il avait plus de mal à se contrôler. Des émotions qu'il croyait avoir appris depuis longtemps à tenir sous une étroite laisse, depuis qu'il avait rencontré Black, s'étaient… intensifiées. Le métis avait toujours été conscient d'une part de lui plus sauvage, mais il avait grandi avec et elle faisait partie de lui. Cependant ces temps-ci, il parvenait à sentir une espèce de… différence, sans parvenir à la comprendre.
Après avoir fini d'enfiler ses vêtements pour le sport, un tee-shirt blanc sans manche et un short noir, et de ranger ses affaires un peu rageusement dans le vestiaire, Morgan était plus que prêt à régler ses comptes avec le jeune agent. Juste un problème : l'agent en question n'était pas encore là. Il passa donc vingt minutes à discuter avec les rares personnes sur place et faire quelques soulevés de poids. Derek profita de l'exercice pour s'échauffer et se recomposer. Cependant, quand il aperçut Black, il faillit lâcher les haltères et s'écraser les côtes au passage dans son impatience pour rejoindre le jeune homme. Celui-ci portait un gilet à tirette bleu foncé et un pantalon trois-quarts noir, mettant en valeur sa musculature subtilement développée. Il salua Derek d'un signe de tête.
"Morgan. Tu n'as pas peur que je te colle la raclée du siècle en te fatigant ainsi avant de commencer notre petit combat amical ?" Derek serra les poings. Hum… s'il écoutait ses instincts, le combat serait tout sauf amical. Dieu comme ce mec savait lui taper sur les nerfs. "Non pas que j'en aie besoin après tout, mais ce sera d'autant plus facile."
"Et si nous vérifions ça tout de suite, hmm ?" dit le métis derrière ses dents serrées. Pas de bonjour, pas de comment ça va. Il voulait simplement sentir son poing sur sa jolie face et entendre les os craquer.
"Montre le chemin, Wolfy," dit-il avec tellement de sarcasme que Morgan savait qu'il devait se sentir insulté, même s'il ne parvenait pas à comprendre pourquoi.
Derek les conduisit jusqu'aux tapis où généralement les agents s'entraînaient à la lutte. Aujourd'hui, de façon surprenante, il n'y avait personne d'autre qu'eux. D'habitude, il y avait toujours un groupe ou deux d'agents, venus pour se dérouiller un peu ou même des cadets répétant les exercices vus en semaine. Mais ce n'était pas Morgan qui allait se plaindre de leur absence. Sans personne pour les surveiller, il savait que Black et lui allaient pouvoir utiliser tous les tours les plus vicieux pour soumettre l'autre à sa merci. Pas un instant Derek n'imaginait perdre.
"Tu comptes garder tes gants et ton gilet ?"
"Oui."
L'agent spécialiste des crimes obsessionnels ne put rien dire à cela. À vrai dire cela ne le dérangeait pas. Black avait pris soin de porter des gants en néoprène, ce qui éviterait de blesser Derek. Et puis le gilet offrirait à Morgan plein de choses grâce auxquelles il accrocherait ou entraverait le plus jeune. Tant pis pour lui, tant mieux pour Morgan.
Ils se firent enfin face, yeux dans les yeux. C'est à cet instant que Derek se rendit compte que les yeux de Black, qu'il avait toujours vu verts émeraude, avaient ici quelques étincelles dorées. Il sentit un tourbillon à l'intérieur de lui à cette vue et perdit le contrôle l'instant suivant. Il se jeta sur le jeune agent, poing droit lancé vers l'avant, visant sa pommette gauche. Il ne fut pas étonné quand Black l'esquiva, bloquant son bras avec ses deux mains et l'utilisant comme levier pour le projeter vers l'avant. Morgan réagit immédiatement en frappant avec son poing gauche dans l'abdomen de Black qui, les deux mains occupées, ne put esquiver à temps que pour éviter le plus gros des dégâts. Le souffle coupé, Black bondit à une hauteur plus qu'impressionnante pour sa taille, et projeta son genou directement dans le plexus solaire de Derek, le faisant reculer de plusieurs pas.
Maintenant, je suis énervé.
Un clin d'œil plus tard, il malmenait violemment Black à qui il réussit même à ouvrir la lèvre. La sensation du sang sur sa peau sembla rendre le plus petit agent complètement fou et ils se retrouvèrent à échanger des coups de poings, à esquiver l'un, puis à recevoir l'autre, à cracher le sang provenant d'une blessure à la joue, à s'ouvrir l'arcade sourcilière, à sourire comme des maniaques à la grimace de souffrance de leur adversaire… Morgan réussit à mettre à terre Black et voulut le plaquer au sol, mais alors qu'il s'installait sur la taille du jeune homme, un coup de coude extrêmement bien placé le toucha à la mâchoire par le bas et le délogea de sa place, le faisant rouler juste à côté de l'agent. Black fut sur lui, bloquant sa tête entre ses jambes, le préparant pour une posture de soumission plutôt classique en lutte, mais diablement efficace. C'était sans compter la force de Morgan qui réussit à se soulever pour pousser de ses bras sur le torse de Black, ne le faisant pas déloger de sa place, mais simplement tomber en arrière. Le métis en profita pour l'imiter et bloqua également la tête de Black entre ses jambes.
Ils restèrent longtemps dans cette position, certainement quelques minutes, serrant leurs jambes le plus fort possible pour faire abandonner leur adversaire et grognant sous la pression. Leur respiration était hachée, ils étaient tous les deux dégoulinants de sueur, et ils n'avaient plus qu'une seule envie : que tout cela s'arrête. Étonnamment, ils eurent la même pensée au même moment. Mais cela, seulement Harry s'en rendrait compte, et ce, un peu plus tard.
À cet instant, Morgan sentit toutes ces émotions violentes, qui le tourmentaient depuis plusieurs jours maintenant, atteindre un pic, avant de soudainement diminuer à un tel point que Derek crut même un moment qu'elles avaient disparues. Il ne savait pas ce qu'il venait de se passer, mais le pire semblait enfin être derrière lui. En même temps, les deux hommes se relâchèrent et se séparèrent se couchant sur le sol pour récupérer. Il tourna la tête vers Black, toujours sur le dos, le souffle court. Derek fut surpris de voir une figure tournée vers lui, toute aussi essoufflée. Soudainement, après quelques secondes où ils s'étaient fixés en un silence lourd, ils éclatèrent de rire. C'était un rire libérateur, tendant vers l'hystérie, qui les soulagea grandement.
"Tu… Tu devrais voir ta tête !" hoqueta entre deux rires Black.
"Si la mienne est aussi amochée que la tienne, je peux imaginer !" répondit Morgan après avoir repris son souffle sur un ton amusé.
Black fit mine d'être vexé. "Oh, je suis certain que tu es beaucoup plus amoché que moi," se moqua-t-il.
Quand Derek réussit enfin à se lever, il tendit tout naturellement sa main à Black pour l'aider. Ce comportement, si contradictoire à celui qu'il avait avant, lui semblait normal à présent. Du côté de Black, il lut dans son langage corporel que le jeune homme était enfin à l'aise en sa présence, comme si un poids venait d'être retiré de ses épaules. Il ne savait pas ce qu'il s'était passé durant leur échange quelque peu… violent, mais les tensions flottant entre eux avaient disparues. Il ne ressentait plus l'envie d'arracher la tête du plus jeune, ce qui était une grande amélioration, vraiment.
"À propos de ce qui s'est passé à Stanford…" Morgan se sentit soudainement en position de faiblesse, soumis. Il attendait la réponse du jeune homme anxieusement.
"Je t'interromps tout de suite, Morgan. Si tu veux t'excuser, il n'y a qu'un seul moyen de faire amende honorable," dit Black avec un sourire dansant sur ses lèvres tuméfiées, dans ses yeux on pouvait lire la délectation d'avoir tant de pouvoir sur le plus vieux.
"Laquelle ?"
"Tu me paies un verre et me racontes une histoire sur Spencer. Après ça, je considère que nous sommes quittes."
"À la recherche de matériel pour du chantage… Superman ?"
Black eut l'air interloqué avant de grogner pour la forme. "Spencer va tellement le regretter."
Morgan rit discrètement sous cape. Il constata avec surprise qu'ils s'étaient battus pendant plus de trois-quarts d'heure. Comme aucun des deux ne voulaient rester plus longtemps, ils se dirigèrent ensemble jusqu'aux vestiaires pour se changer. Et alors que Derek se dirigeait vers les douches pour se débarrasser de la sueur et du sang sur son visage, il crut entendre distinctement Black se taper la tête contre son vestiaire et dire :
"Merde. Pourquoi ça n'arrive qu'à moi ?"
Il sourit en se rendant compte que même si sa relation avec Black venait de faire un grand pas en avant, l'entendre se plaindre l'amusait toujours autant.
Life is soooo good.
Après tout, on ne se refaisait pas.
