Coucou, tout le monde ! *entrée en scène des stars... lunettes de soleil et, bien sûr, le petit chien gadget fourré dans un sac Prada... Quoi, vous n'avez jamais été VIP dans un autre vie ? xD*

Bref, avant de vous laissez tout le loisir de pouvoir admirer à votre aise l'ampleur de l'adoration que cette chère Tina porte à tout ce qu'on pourrait appeler vulgairement bouffe, on tient quand même à remercier ceux qui prennent la peine et le temps de cliquer sur le charmant bouton -et remarquez un peu la magnificence de ce bouton !- Review ! Que ferions-nous sans vous ? *O* Serieusement -si, si, ça nous arrive... parfois ;D-, ça nous réchauffe le coeur, merci.

Voilà, voilà, bonne lecture !


Chapitre 7 L'art culinaire il connaît pas ?

La tarte aux pommes reste l'un de mes desserts préférés. C'est tout simple, ça paye pas de mine mais quand c'est délicatement dorée et que les pommes sont mûres, ça vous entraîne dans un autre univers. Je me rappelle des tartes de ma grand-mère, et à chaque fois que je croque dans une part je me retrouve des années en arrière à essayer d'avoir la plus grosse tranche de la tarte d'où s'élevait une délicate odeur enivrante. On n'en fait plus des aussi bonnes maintenant.

Qu'est ce que je m'ennuie…

Regardez moi ces midinettes qui croient avoir reçut leurs badges de « fille cool » en entrant chez les pom-pom-girls. Elles sont là à papoter depuis dix minutes en faisant sans entrain leurs enchaînements alors que le match est pour demain. Je serre les dents pour continuer à avoir une expression calme et détenue alors qu'en réalité je ne sais pas ce qui me retient d'aller leur dire de dégager du terrain si c'est pour parler des yeux de Charles. Qui est à moi accessoirement. Non pas que se soit ça qui m'énerve non… non… pas du tout voyons… Bon. Ok si, ça m'énerve ! Ça m'énerve qu'elles croient avoir leurs chances alors qu'en vérité il sort avec moi ! Le problème c'est qu'on ne le montre à personne. On se retrouve le soir, on discute. Je ris beaucoup, relâchant la pression endossée toute la journée. Il m'embrasse et me serre dans ses bras. Tout est parfait.

Si ce n'est que personne n'est au courant. D'un autre côté, c'est pas plus mal. Etre le centre des discussions à Poudlard parce que vous sortez avec le chanteur des Dust Fingers, nommé BG par toute l'école et recevoir les foudres des groupies, les regards assassins, les rumeurs…. Non merci. C'est discret et c'est tant mieux. C'est comme si ces moments n'appartenaient qu'à nous. Toute l'école ne s'introduit pas entre nous, leurs langues avides de ragots claquant dans l'atmosphère et détruisant tout. Je crois que lui aussi ne veut pas de ça et que c'est pour cela que d'un accord tactique nous faisons semblant de rien en la présence des autres. Et puis ça a un côté très excitant, comme si c'était interdit. Comme la romance dans Les Hauts de Hurlevent entre Catherine et Heathcliff.

Je vois du coin de l'œil Daisy me lançait un regard mauvais. Je l'ignore royalement bien qu'un léger frisson me parcourt l'échine. Comme si ses yeux me marquaient au fer rouge de leur haine. Si je suis consciente que beaucoup de gens à Poudlard ne peuvent pas m'encadrer, comme Roger le pote de Lexie ou Isabella la sœur de Charles, je n'en reste pas moins indifférente. Pourtant, s'il y a bien une personne dont le mépris me glace, c'est elle. Daisy Price. Elle, contrairement à tous les autres, ne cache pas sa haine envers moi. Elle préfère le montrer à tout le monde, comme pour prouver qu'elle n'est pas une lâche comme eux. Et ça me fait un peu flipper d'ailleurs. Peut être que c'est parce qu'elle me fait des coups bas, a brûlé mes livres de cours l'année dernière, volé mon uniforme de pom-pom-girl, cassé mon insigne de chef. Et bien d'autres encore c'est certain. Je pense que c'est pour ça que je me méfie d'elle plus que tout autre élève ici à Poudlard. Parce qu'elle ne recule devant rien pour me faire du tord, et qu'en plus elle ne laisse jamais de preuve. Elle reste immaculée comme la neige.

« On se concentre les filles ou je n'hésiterai pas à vous virer de l'équipe même si le match est demain, je dit calmement mais fermement, ne me tentais pas, ok ? Et ça vaut surtout pour toi Isabella !

- T'osera jamais n'est-ce pas Tina, me susurre Isabella proche de moi. Tu sais très bien que si tu me vires, personne ne…

- Tu veux parier, je lui dis sur le ton de la plaisanterie alors que mon regard est aussi dur que la banquise. »

Elle me fixe avec étonnement, comme si elle devinait ce qui se dissimule derrière mon masque d'amabilité et de gentillesse. Comme si elle prenait conscience que Tina Carbury n'est pas la bonne petite poire qu'elle croyait. Après une moue dédaigneuse, elle rentre dans les rangs et je reprends le control de l'équipe. Il n'y a guère que Lexie qui papote encore avec Jessica mais je fais semblant de ne rien voir. Elle m'amuse avec ces grimaces et son faux sourire, ses compliments qu'elle jette avec une hypocrisie à peine feinte.

C'est vraiment amusant.

OoOo

Mon ventre pousse un gémissement caractéristique tandis que je cours en direction de la grande salle. Je grogne de mécontentement en essayant d'oublier les gargouillements si familiers. Tout ça c'est à cause de cette petite gamine de Serdaigle qui pleurait aux toilettes sur son sort de pauvre fille. Gabriella Sanchez, qui vient de se faire jeter par un Gryffondor pour sa meilleure amie ayant eu une liaison avec le dit ex-petit ami alors qu'elle sortait avec. Mais tout ça c'est de la faute d'Amanda Bins qui a découvert le secret et a tout dit, du coup maintenant toute l'école est au courant et Gabriella passe pour la cocu sans ami. J'ai du passer trois-quarts d'heure, et louper ainsi mon déjeuné, pour la réconforter… C'est pour ça que maintenant je suis en retard pour le cours d'éducation sexuelle -parce que la meilleure amie de Gabriella qui a couché avec l'ex de Gabriella, est tombée enceinte de cet ex-. Etant le troisième cas de ce genre depuis ce début d'année, Valérian a pris des mesures et instauré ce nouveau cours pour que l'on devienne « des adultes responsables ». Conséquence : cours d'éducation sexuelle pour tout le monde.

J'ouvre discrètement la porte, constate que je suis bel et bien la dernière puisque Lexie est au fond entre Nunzia et Roger. Entourée de sa cours de bécasses. Il y a tout les gens de ma promo qui braquent leurs yeux mornes d'ennuis sur moi. Je rougis et balbutie une excuse à Simson, le prof de botanique chargé de la tâche ardue d'éduquer nos pulsions sexuelles. Je remarque une place près de Caro et Dan et me faufile jusqu'à eux. Mon pied accroche quelque chose et la seconde suivante je m'étale à terre en un faible cri qui fait se retourner toute la salle vers moi. Je deviens pivoine et le regard satisfait de Daisy se pose sur moi. Cet accident n'avait rien d'accidentel. Elle détoure son regard et contient un gloussement tandis que je serre les dents. Une main se tend vers moi et me relève.

« Toujours à terre à ce que je vois, rit Charles.

- T'as remarqué ? Je souffle en sentant la naissance d'une bosse sur mon front.

- C'est-ce qui te rend craquante, répond-t-il avec malice, me faisant rougir.

- Hey ! Charles, Tina ! V'nez ya de la place, s'écrit Dan aussi discret qu'une poire dans un panier de pomme.

- A-t-on vraiment le choix, je fais avec humour en prenant place à côté de lui alors que Caro ronronne dans ses bras.

- Tina, souffle Mi des étoiles plein les yeux, j'ai demandé à Roger pour le bal ! Il a dit oui ! Tu te rends compte ? Il a dit oui ! OUI ! »

Je reste un moment stupéfaite. Attendez… Roger avec Mi ? Mais ça devait pas du tout se passer comme ça ! Et Jonathan dans tout ça ? Il avait prévu de lui demander ce soir, parce que Mi et lui sont tout les deux dans le club d'athlétisme ! Le pauvre, évincé par Roger qui est bien moins mignon que lui et certainement moins sympas. J'enrage de savoir qu'un de mes amis va avoir de la peine à cause de ce mec qui me parait depuis toujours très étrange. Voir trop. Il a une réputation de bête de sexe et pourtant on ne le voit jamais avec une fille. Il ne sort jamais avec personne. Et je n'ai pas envie que Mi devienne son quatre heure lors du bal. Je vais le tenir à l'œil ce Serdaigle !

Je jette un coup d'œil dans sa direction, il trône en roi à côté de Lexie à l'autre bout de la salle. Très absorbé dans le monologue de Samson sur le préservatif, posant des questions qui font rougir plus d'une fille dans la salle –et sourire Lexie apparemment amusée de toute cette candeur-. Je tourne mon attention sur le prof de Botanique en train de nous faire une démonstration sur comment mettre un préservatif.

Attendez c'est moi où il se sert d'un concombre ! Et le respect de la nourriture dans tout ça ? Le légume ne pourra plus être manger et après je m'étonne qu'il n'y ai jamais de quoi se resservir de concombres à la crème ! C'est un scandale ! La nourriture mérite d'être traiter avec décence ! L'art culinaire il connaît pas ? C'est un art ! Ça ne sert pas à être un vulgaire pénis de substitution ! Ah non ça ne va pas se passer comme ça, c'est moi qui vous le dis. C'est un scandale ! Je fulmine sur ma chaise en lançant des regards assassins à ce violeur de l'intégrité de la cuisine.

Et en plus j'ai faim !

« Un choco-grenouille, me propose Dan en me tendant discrètement un paquet à moitié entamé alors que mon ventre émet des bruits caractéristiques.

- Pas de refus, je marmonne en m'en servant une large poignée.

- Hey ! J'ai dit un ! Pas tout le paquet, s'écrit Daniel en reprenant son paquet pour le mettre hors de ma portée, espèce de goinfre !

- Le terme de dégustatrice me parait plus approprié, je réplique en souriant et avalant les sucreries en un soupir de satisfaction.

- Ogresse, siffle-t-il en constatant qu'il ne lui reste plus beaucoup de chocolats. Tu ne penses qu'à manger !

- Tu veux qu'on parle de tes cheveux, je rétorque en les lui ébouriffant savamment ce qui a le don de l'exaspérer au plus haut point.

- Arrête, s'écrit-il en me balançant le paquet de choco-grenouilles comme moyen d'autodéfense de sa précieuse chevelure. »

Je l'évite habillement, et les bonbons vont percuter la tête de Charles qui est avachi sur sa chaise apparemment passionné par les maladies sexuellement transmissibles. Il manque de tomber du siège sur lequel il se balance. Quelques élèves rient, -dont Dan et moi- mais un regard perçant de Charles les faits taire aussi sec -dont pas Dan et moi-. Ce qui n'a pas empêché l'attention de Simson de se porter dans notre direction. Apparemment heureux de se trouver une proie de choix, il sourit sarcastiquement à Charles le toisant avec mépris.

« Monsieur Dinozzo, vous devez vous y connaître pour oser ainsi déranger le cours, venez donc m'aider à faire la démonstration. »

Charles lance un regard malicieux puis se lève quand même en lançant narquoisement au passage.

« J'en sais certainement plus que vous effectivement. »

Matt et Dan éclatent de rire, tandis que Caro lève les yeux au ciel, consternée par tant d'enfantillages. Mi, indifférente à l'altercation, dévore des yeux Roger qui semble foudroyer du regard mon petit ami. Lexie paraît, au contraire, beaucoup s'amuser. Le reste des élèves –féminin particulièrement vu les petits gloussements de dindes-, se pâme alors que Charles vient se poster nonchalamment à côté de Simson qui ressemble à une carpette défraichie du bureau de Valérian à côté du regard vert et du sourire ravageur du chanteur des Dust Fingers. Une pointe de fierté me fait sourire niaisement. Il est à moi.

OoOo

« Excellent Miss Carbury, fait du bout des lèvres Tricarno en me rendant ma dissertation sur les loups garous, Optimal. »

Je jette à peine un regard à mon impeccable copie. Pourtant je devrais puisque que j'ai bossé comme une dingue dessus et que Tricarno a une réputation de peau de vache –Lexie et Mi en savent quelque chose-. Mais je m'en fiche royalement. J'ai reçut une carte de papa ce matin. Parmi toutes ses critiques sur le mode de communication archaïque et obsolète des sorciers, il m'a apporté des nouvelles qui m'ont passablement plombées le moral. Il a rencontré mon « fiancé » dont maman vante les mérites à tout va. Archibald Dernoncourt. Elle a hâte que je fasse connaissance avec ma future belle-famille dont le prestige a plus de trois siècles. Est-ce tout ce qui lui importe ? Me voir mariée ? A quoi servent mes efforts pour être la meilleure élève si au final mon unique avenir est d'être marié ? La dernière forme d'esclavage encore légale.

Il faudrait que je me résigne à admettre que ma mère ne se préoccupe pas de moi, qu'elle ne voit pas tous les efforts que je fais pour remplir le vide laissé par son fils. Par un frère que j'en viens à maudire de m'avoir laissée assumer toute seule la charge de redorer le blason de notre ancestrale famille. Je ravale mes larmes et m'emmure dernière mon masque de stabilité. Mon cœur est troué, et rien ne pourra recoudre la plaie qui saigne depuis trop longtemps. Les profs me couvrent de compliments et de bonnes notes mais tout cela a-t-il un sens finalement ? A quoi cela sert de me tuer au travail pour être la meilleure alors que ce titre n'a aucune valeur à mes yeux ? A quoi ça sert tout ça ? A rien parce qu'elle ne me regarde pas. A rien. Strictement rien.

A quoi tu sers Tina ? Tu es acheté comme du bétail pour le mariage, tu es aussi invisible que les fantômes de château familial aux yeux de ta mère. Je ne sers qu'à améliorer la vie des élèves à Poudlard. Voilà. C'est tout. Ça vaut peut être tous ces sacrifices… Quand je repense aux yeux pleins d'étoiles de Vanessa lorsqu'elle a appris que j'avais fait plier Valérian pour le budget de ce bal qui lui tient tant à cœur, je me dis que même si je n'arrive pas à atteindre mes rêves, au moins je permets à certains d'avoir le leur. Toutes les filles de Poudlard rêvent de ce bal de fin d'année. Elles l'attendent, elles l'espèrent. Comme la consécration de leurs rêves d'enfants, avant de rentrer dans la vie adulte. Si je permets à ces filles de toucher, ne serait-ce que du bout du doigt, leurs rêves de contes de fées poussiéreux, alors ça va.

Cette quête incessante pour être la fille parfaite en vient à me faire détester cette idyllique perfection. Et je me déteste de courir encore après alors qu'il n'y a jamais eu aucun résultat. Je me déteste de vouloir quelque chose que je haie pour ce qu'il me fait endurer. C'est comme si ma vie n'avait pas réellement de sens.

Quand j'étais enfant, je voulais être écrivain, pirate, princesse, chevalier, cosmonaute, aventurière, cuisinière, chasseuse de fantômes, cueilleuse d'étoiles, rêveuse de jours bleus… Mais la cage dorée se rapproche et je ne vois plus le ciel. Je ne vois plus mes rêves. Les chaines du mariage me cloueront au sol alors que mes ailes ne demandent qu'à s'envoler. Mais c'est peut être le seul moyen. Peut être qu'en sacrifiant mes rêves aux prix des siens… Peut être qu'une flamme de fierté et d'amour brillera dans les yeux de ma mère. Rien que pour moi. Pourquoi ne me regarde-t-elle pas alors que je suis prête à tout pour un vrai baiser de sa part ? Je ferme mes yeux, la vie m'étouffe.

OoOo

Les nuages gris s'amoncellent à l'horizon en cette première semaine d'un novembre froid et pluvieux. La nuit tombe et je suis encore là à regarder cette bande de bras cassés se hâter sans précipitation à la préparation du bal. Je soupire, avec une telle équipe de manchots flemmards, j'en viens à angoisser. Est-ce que tout sera prêt à temps ? Ma lèvre inférieure est sans cesse mordillée. Le stress augmente au rythme des jours qui s'écoulent à une vitesse folle. Heureusement pour moi Vanessa, la sous-présidente du comité, s'active pour trois à encadrer l'achat des objets pour la déco. Ils sont tous là à me regarder en chiens de faïence, attendant que je prenne les choses en mains. Ça en devient pathétique. Mais en même temps il vaut mieux que je dirige tout dans les moindres détails, sinon qui sait quelle catastrophe pourrait survenir !

« Dan, j'apostrophe mon ami penché sur la liste des musiques préférés des élèves selon le sondage que j'ai fait passé la semaine dernière, t'as trouvé le bon DJ ?

- Désolée Tina mais c'est pas si facile, marmonne-t-il en me lançant son regard de chiot désolé qui me fait toujours fondre. Essaye de mixer du classique avec du rock !

- Je veux pas le savoir ! Active-toi un peu s'il te plait ! je fais fermement avant de me replonger dans la liste des invités. »

Je devrais peut être pas être aussi dure avec lui… Après tout il a eu une dure journée, Caro a farfouillé dans un magasine de mode pour trouver son costume assorti à sa robe gris perle pour le bal. Moi-même j'ai du passer à la casserole. Elle a annoncé que si elle me laissait gérer ma tenue « les haricots seraient cuits » parce que je choisi toujours mes robes au hasard. Ce qui n'est pas vrai d'ailleurs ! Je les tris d'abord en fonction de leurs couleurs avant d'en commander une au pif ! Résultat j'ai du supporter ses jérémiades à propos des prix qui grimpent, de la qualité qui baisse et de la lenteur de la livraison. Mi a bien mieux gérer que moi cette torture. Faut dire qu'elle boit un bonheur que la chance lui distille comme du petit lait. Elle rayonne depuis que Roger a accepté d'aller au bal avec elle. Elle en devient jolie, ses yeux sont pétillants et son sourire lui confère une douceur qu'elle garde bien trop souvent cachée derrière son indifférence. Même si c'est avec lui, Mi a de la chance d'avoir décroché un partenaire. Les invitations doivent être rendues avant une semaine et trois jours. Et je n'ai toujours pas de cavalier. Ça urge un peu… Même Matt va à la soirée avec une brune sulfureuse de la classe D, Sandra Waxter et la rumeur cour que Lexie va au bal avec l'attrapeur de Gryffondor aussi bête que ses pieds mais mignon. Vanessa y va avec son meilleur ami, tout en rêvant qu'il s'agit de Smooter, le prof d'Histoire de la Magie qui l'embrasse à la dérobée dans les coins sombres de Poudlard.

J'ai remarqué qu'une ambiance romantique s'était emparée de Poudlard. Les filles trépignent, les garçons hésitent, les regards énamourés se croisent, d'autres s'évitent. Le bruit de tous ces cœurs qui battent à la chamade devient assourdissant. Ça me fait rire, ça me fait sourire. Ça me fait aussi souffrir. Parce que moi… Moi je n'ai toujours pas de cavalier. Certes je ne suis pas la seule, Jonathan non plus n'a personne. Je soupire en songeant à lui : son humeur durant nos rondes s'est assombrie depuis que Mi rayonne de bonheur. Il a décidé de boycotter le bal. Moi je n'ai pas cette option là, ma présence est requise. Mais venir sans cavalier… Se serait comme acheter une tartelette aux framboises mais sans les framboises. Mon cerveau s'étouffe d'interrogations. Pourquoi Charles ne me demande-t-il pas de venir avec lui ? Est-ce qu'il a honte de sortir avec une fille trop sérieuse alors qu'il est la coqueluche de la gente féminine de Poudlard ?

« Tina, murmure Vanessa, on a un problème avec le buffet…

- Avec le buffet ? je fais, tout neurone et papilles gustatives en alerte. Comme ça il y a un problème avec le buffet ?

- Je pense qu'il n'y aura pas assez de canapés pour nourrir tout le monde…

- Pas assez de canapé, je manque de m'étouffer d'horreur, mais c'est pas possible !

- J'ai pensé qu'on pourrait du coup ne pas faire de buffet et que les gens mangent avant de venir…

- QUOI ? Mais… Mais ça va pas être possible ! Et si les gens ont un creux ? La danse ça creuse l'appétit quand même !

- Mais on a pas le choix, dit timidement la Serdaigle. Le budget n'est pas extensible.

- Pas question de ne pas avoir de buffet garni, j'assène fermement en me penchant sur la liste de nos dépenses, on va réduire les coûts sur la musique voilà tout !

- Quoi ? s'écrit Dan en bondissant hors de son siège. La musique est l'âme de la soirée, tu peux pas la sacrifier au profit de la bouffe !

- Ecoute Daniel, je fais calmement comme si je m'adressais à un enfant, faut savoir faire des sacrifices dans la vie. »

Et il n'est surtout pas question d'avoir un bal sans buffet ! Se serait comme manger une île flottante sans caramel. Tout simplement inconcevable !

OoOo

Je sors avec regret du bain relaxant. Etre préfète en chef, c'est vraiment le pied ! Un accès presque illimité à la salle de bains des préfets, et aucun couvre feu ! J'enfile mes collants, ma jupe et mon chemisier froissé sans précipitation. Demain c'est vendredi et mis à part le cours de potions, il n'y a rien à faire. Le calme avant la tempête puisque la semaine prochaine c'est les examens de ce trimestre. Mais je suis prête, pour moi les études c'est comme un marathon. Tu cours à ton rythme mais sur la distance tu es la meilleure. Comme la tortue dans la fable « Le Lièvre et la Tortue » de cet auteur français… Comment s'appelle-t-il déjà ? Ah, oui ! La Fontaine ! Qu'est ce que j'adorais lire ces fables dans mon livre, illustré d'image à l'aquarelle… Papa me mimait les histoires de La Fontaine en se servant de mes peluches pour représenter les différents animaux.

Je brosse mes cheveux humides et sentant bon la vanille. Quand j'étais petite c'était ma nourrice qui s'en occupait. Une rigide et vielle femme aigrie qui était avare de compliments et asséchée d'amour. Un vieux pruneau qui me laisser pleurer quand il faisait noir et que les monstres se cachaient dans mon placard. Heureusement, papa se levait toujours pour me serrer contre lui en me racontant les merveilleuses histoires des fées de la nuit qui chassent les monstres des chambres des gentilles petites filles. Elles chantent et de leurs voix cristallines, endorment les méchants. Ils s'endorment pour au moins cent ans, comme la Belle au Bois dormant.

Je sors discrètement de la salle de bain immense et aux mosaïques dignes des récits de l'Odyssée, d'Homère. J'attrape au passage mon roman à moitié entamé que j'ai enfin pu commencer à lire. Cachée derrière la vapeur couleur lavande du bain, j'ai voyagé aux confins du monde. Bien loin de ma vie, une escapade d'une heure, ou deux. Je sors dans le couloir désert et froid. Referme la porte sur l'odeur du savon de Marseille. Mes yeux accrochent sa silhouette adossé au mur d'en face.

« Charles ? je m'approche, encombrée de mon livre et du reste de mon uniforme.

- Salut Tina, me sourit-t-il dans la pénombre.

- Qu'est-ce que tu fais là ? Et le couvre feu ? je le taquine, je pourrais te coller une retenue tu sais.

- Essaie, me provoque-t-il sans quitter son sourire avant de m'embrasser. »

Il y a des étincelles dans ma tête, des braises sur mes joues enflammées. Des paillettes dans mon être qui me montent au cerveau comme des bulles de champagne. Mon corps explose de sensations. Mais doigts lâchent tout, avides de lui. Ses mains se glissent sous mon chemisier. Je me raidis brusquement mais il continue son exploration. Je tente de me dégager doucement, pas sûre d'avoir envie de le laisser aller plus loin. Comme pour me contredire, mon être se tend vers lui, instinctivement, comme si mes pulsions prenaient les commandes sans ma permission. Ses baisers m'enivrent et je me laisse aller à ses caresses. Incapable de lui résister, et de me résister.

Lorsque ses mains se portent à mon soutien gorge, mon cerveau sonne l'alarme et en une seconde je me dégage de lui. Les joues en feu, le souffle court. Une vague de désir gronde en moi, prête à me submerger. Je plante mes yeux dans son regard vert. Il me regarde de cette façon qui me fait frissonner, comme si ses yeux brûlaient ma peau pâle.

J'ai une seconde de réflexion, le temps pour lui de revenir prendre possession de mes lèvres. Le temps pour moi de faire taire ma peur. Son souffle dans mon cou me fait perdre pied. Je lâche prise et en plongeant mon regard dans le sien, je lui transmets toutes mes craintes, et ma confiance. Et aussi mon amour. Cette chaleur en moi à qui j'ai enfin pu donner un nom. Cette chaleur qui me fait palpiter et fondre. Cette force qui me fait perdre le control.

Je glisse mes doigts dans ses cheveux blonds, enivre mon cœur de son odeur. Lorsqu'il se sépare de mes lèvres en gardant ses mains sur ma peau nue, encore à l'abri de son regard sous mon chemisier, une interrogation se lit dans ses yeux. Je laisse mes craintes au placard et l'embrasse sans pudeur. Prête à m'offrir à cet amour précieux et fragile que j'ai tant désiré.


Quelle fin, hein ? Héhé ! Des commentaires, des menaces de mort ? Nous, on est pas difficiles, on prend tout ;D