Les abords de la réserve étaient trop calmes et Sosuke se tint immédiatement sur ses gardes. Il n'avait aucune envie d'être ici et si ce n'était l'air supérieur de Leonard à ses côtés, il aurait probablement rebroussé chemin pour chercher une piste ailleurs. Seulement l'éleveur le gardait à l'œil et s'amusait de son malaise, poussant même la provocation jusqu'à rappeler au shérif adjoint qu'il ne devait s'inquiéter puisqu'il était en terrain connu.

Sosuke serra les dents et refusa de répondre. Il n'aimait pas que cet homme en sache autant à son sujet et surtout, il n'aimait pas être aussi impuissant devant ses capacités à obtenir des informations. Kurz lui-même ne connaissait pas son passé et pourtant, ce gamin qu'il n'avait jamais vu avant son arrivée dans cette ville était au courant de ses plus grands secrets sans qu'il puisse lui retourner la politesse. C'était plus que frustrant.

D'un autre côté, il n'allait pas se soucier de ces détails maintenant, il y avait plus urgent. Gauron était quelque part dans les environs, probablement en train de l'observer et il avait plusieurs longueurs d'avance sur lui. Réfléchissant rapidement, le shérif adjoint réalisa qu'il pouvait utiliser en sa faveur le savoir de Leonard, puisqu'ainsi, il ne révélait rien d'important en discutant avec les Indiens dans le dialecte Navajo. Il put donc les interroger plus facilement et également les avertir de ce qui allait très certainement se produire sous peu, qu'ils collaborent ou non avec les Blancs.

Sosuke ne rentra pas dans les détails de ce qui s'était déjà déroulé quelques années plus tôt au cœur du désert, mais il expliqua qui était Gauron et qui il avait tué. Quand il mentionna le nom de Majid, l'effet fut immédiat et les Navajos commencèrent à murmurer entre eux avec un mélange de peur et de honte. Leonard nota le changement le ton et il en profita pour étayer les propos du shérif de tout ce qu'il connaissait de l'agresseur de Kaname. La liste de ses crimes était longue et elle comportait beaucoup de noms bien connus des Indiens ; Apaches, Huts ou Cheyennes. Gauron ne faisait pas de distinction, tout ce qui l'intéressait c'était de tuer. Il y avait bien sûr bons nombres de Blancs, surtout des jeune fille comme Kaname, mais il évita d'en faire étalage pour ne pas éveiller trop de soupçons.

Ce qui intéressait l'éleveur, c'était de savoir ce que l'assassin leur avait promis en échange de leur aide, parce que même s'il était évident qu'un homme comme Gauron ne tiendrait pas parole, l'offre pouvait être importante et utile pour ses propres démarches au sein de la réserve. Seulement il ne voulait pas dévoiler toutes ses intentions devant le shérif adjoint par conséquent, il fut assez soulagé d'apprendre que Kurz était parti vers les montagnes peu de temps avant leur arrivée et il invita Sosuke à rejoindre son collègue pendant qu'il finissait de discuter avec les Indiens.

L'intéressé n'était pas très emballé par ce plan, seulement il n'avait pas tellement d'autre choix. Plus il restait là à tergiverser et plus Gauron prenait de l'avance. Et même si Kurz était un bon tireur, il n'était pas au point comme traqueur, du moins pas autant que Sosuke. Ainsi, le shérif adjoint ravala sa fierté et il accepta de suivre les conseils de Leonard. Après quelques mots avec le chef Apache où il promit de tout faire pour les protéger, il enfourcha sa monture et partit droit au nord, laissant l'éleveur s'occuper de ses négociations.

-oOo-

La chance avait tourné. Encore qu'elle n'avait pas été tellement avec elle quelques heures plus tôt non plus, mais là, ça s'aggravait dangereusement. Adossée contre un arbuste desséché Kaname tentait de calmer les battements anarchiques de son cœur. Ce n'était pas le moment de paniquer, elle devait réfléchir. Et surtout, elle ne devait pas montrer qu'elle avait peur, ce serait pire que tout. L'homme devant elle, avec ses cheveux gominés et sa cicatrice en travers du front, était du genre à aimer entendre ses victimes hurler. Il devait se délecter de la détresse de ses proies et même si elle n'avait que peu de chance de lui échapper, elle ne lui offrirait pas le plaisir de crier.

Elle avait failli réussir son coup, son plan de la frêle jeune fille affamée avait presque marché, seulement il était arrivé et après avoir violemment corrigé ses associés, il l'avait attrapée et entrainée jusqu'à son campement. Encore que campement était un grand mot pour décrire l'espace où trois chevaux étaient regroupés autour d'un reste de feu.

Ils étaient au sommet d'une montagne, dominant la vallée et la réserve. Dans l'obscurité, il était difficile de bien situer Merida, mais il y avait ici et là quelques petits points lumineux, indiquant une présence humaine et elle connaissait assez la région pour deviner de quoi il s'agissait. Il n'y avait qu'un chemin pour arriver jusqu'à eux et Kaname savait que son agresseur avait envoyé plusieurs de ses acolytes surveiller la route, au cas où le shérif tenterait quelque chose. Et d'ailleurs, il semblait attendre l'attaque avec une impatience macabre. Il n'avait que trois de ses hommes avec lui, comme s'il avait une confiance absolue en sa stratégie, ce qui pouvait être un sacré avantage pour elle.

La jeune fille pivota un peu, tentant de trouver une position un peu moins inconfortable et surtout, de se placer assez près du tronc pour y frotter ses liens. C'était très certainement ridicule d'essayer de se libérer de cette manière mais elle avait besoin de faire quelque chose, ne serait-ce que pour s'occuper l'esprit. Gauron ne faisait pas attention à elle, du moins pas ouvertement, mais régulièrement, elle sentait ses regards coulants et elle se doutait facilement de ce qu'il avait en tête. Comme si le voir ronger ses os d'écureuils n'était pas assez écœurant !

Réprimant un frisson, Kaname s'activa sur la corde qui enserrait ses poignets, tordant ses bras pour l'user au plus vite sur l'écorce. Malheureusement, sa peau était bien plus fragile que ses liens et elle se râpait les mains bien plus qu'elle n'affaiblissait ses entraves. La douleur était cuisante et rapidement, elle sentit la délivrance de la déchirure, le sang coulant doucement sur ses paumes alors qu'elle continuait son mouvement pour tenter de se libérer. Une part d'elle savait que son action était absurde, elle n'avait aucune chance de leur échapper même avec les mains détachées. Ce n'était pas ça le vrai problème. Seulement rester inactive, c'était admettre la défaite et surtout, c'était s'autoriser à avoir peur et dans sa situation, c'était inacceptable. Rien que par son regard, cet homme la souillait et elle refusait d'envisager ce qu'il pourrait lui faire s'il en avait l'opportunité. Alors elle devait tenter ce qu'elle pouvait, aussi absurde que cela puisse être. Elle était prête à tout et elle préférait encore mourir que de servir de distraction à ce répugnant personnage.

Détournant le regard vers la nuit, Kaname déglutit lentement et elle s'appliqua à garder l'air calme. Il n'y avait rien, rien que l'obscurité silencieuse et froide. Tous ses sens étaient en éveil et elle ferma les yeux pour mieux se concentrer. Et soudain, elle l'entendit. C'était diffus et à peine perceptible si bien qu'il lui fallut quelques instants pour s'assurer que ce n'était pas une fausse impression mais non, c'était bien là. Elle reconnaissait ce bruit familier et elle ne put réprimer un sourire d'anticipation.

Sauf qu'elle ne fut pas la seule à percevoir le martèlement des sabots au loin et ses ravisseurs se mirent en position pour accueillir les nouveaux venus tandis que Gauron s'avança vers elle l'air confiant. Il s'accroupit pour se mettre à sa hauteur et repoussant ses cheveux, il laissa ses doigts trainer trop longtemps sur son épaule avant de murmurer :

« La cavalerie arrive, Kana-chan. On va enfin pouvoir s'amuser un peu. »

Il avait toujours ce sourire sûr de lui, amplifié maintenant par la lueur macabre qui brillait dans son regard de dément et la jeune femme réprima son besoin de reculer. C'était inutile, elle était coincée contre son arbre et n'était pas en état de bouger. Pourtant, elle ne supportait pas le contact de cet homme qui continuait de la caresser doucement, presque délicatement à travers sa robe. Il s'en tenait à son bras mais elle savait qu'au moindre mouvement, il tenterait plus. Si elle n'avait pas été intimement convaincue qu'il serait prêt à tout pour l'entendre hurler, elle aurait probablement essayé de le repousser. D'un coup de talons dans les mollets, elle aurait eu une chance de lui faire perdre l'équilibre seulement, elle savait que les représailles seraient sévères, alors serrant les dents, elle attendit que Gauron se redresse et reparte vers ses hommes sans se soucier d'elle, comme si subitement, elle n'avait plus la moindre importance. Le shérif approchait et elle espérait bien pouvoir profiter de la confusion pour s'éclipser discrètement.

-oOo-

Les marques sur le bord de la route étaient assez fraiches et surtout, elles avaient été faites intelligemment. Sosuke fut impressionné par la manière dont Kaname avait repoussé les cailloux et planté ses talons pour laisser les traces de son passage le plus visible possible sans pour autant attirer l'attention. S'il n'avait pas été habitué à traquer ses ennemis dans ce milieu montagneux, il n'aurait probablement rien vu et d'ailleurs, il ne s'étonna pas que Kurz lui-même n'ait pas fait le rapprochement.

L'arme au poing, le shérif adjoint escalada la montagne silencieusement et il ne tarda pas à retrouver la trace de son acolyte, un peu plus au nord du chemin. Le tireur n'avait visiblement aucune idée de là où il devait aller puisqu'il avait tenté plusieurs pistes avant de revenir sur ses pas et tomber sur la bonne route. Il avait ainsi perdu du temps, mais c'était une bonne chose puisque ça permettait à Sosuke de rattraper son retard.

Il laissa son cheval à un crochet du chemin et poursuivit son ascension à pied pour éviter de se faire remarquer. Grensback n'était pas très bruyant mais dans le silence de la nuit, c'était suffisant pour révéler sa position. Il avança donc prudemment et il ne mit pas très longtemps à trouver le campement de Gauron et ses hommes. L'envie de les attaquer immédiatement était oppressante mais il résista. Ce n'était pas le moment d'agir de manière inconsidérée, il devait plutôt réfléchir et prendre le temps d'établir la bonne stratégie. Un homme comme Gauron n'était pas à prendre à la légère, il avait payé assez cher pour l'apprendre.

Ainsi, Sosuke resta caché au milieu des rochers et il observa les malfrats et leur organisation avant de redescendre en direction de la vallée pour retrouver Kurz. Il avait vu que Kaname était attachée dans un coin et comme elle ne semblait pas en danger immédiat, il n'eut aucun remord à repartir pour préparer son offensive. Elle tiendrait sans problème une heure de plus.

Tapi au milieu des buissons, il revint sur ses pas lentement pour s'occuper des gardes et soudain, il sentit un bruissement sur sa gauche. Il roula sur le côté, et s'apprêtait à tirer quand il se retrouva nez-à-nez avec Kurz, son arme pointée droit sur lui. Ils se dévisagèrent, surpris et contrariés puis le shérif rengaina son revolver et tendit la main à son adjoint pour l'aider à se relever.

Ensemble, ils firent le point sur la situation et Sosuke repartit de son côté pour neutraliser les gardes avant de retrouver son collègue en contrebas du campement. Kurz avait préparé plusieurs pièges, histoire de ne laisser aucune échappatoire à leurs ennemis et quand tout fut prêt, il fit signe à Sosuke de passer à l'action.

L'adjoint partit détacher son cheval et Grensback s'ébroua avant de s'élancer dans la nuit, faisant bien assez de bruit pour se faire repérer par Gauron et ses hommes. Sosuke revint à son poste et il nota que la tension devint palpable quand aucun des éclaireurs supposés surveiller la route ne vint. Les trois Indiens en poste autour du feu commencèrent alors à s'emporter contre leur chef dans un dialecte étrange, l'interrompant dans sa discussion avec Kaname. Kurz échangea un regard avec Sosuke mais celui-ci était bien trop concentré sur la scène se déroulant devant ses yeux pour prêter attention au shérif. Il savait ce qui allait suivre et il n'avait aucun moyen de l'arrêter. Une fois encore, il s'était fait avoir. Il était vraiment trop naïf.

-oOo-

Le sang s'écoulant rapidement de la gorge du garde l'empêchait de crier mais ses deux amis, eux, pouvaient parfaitement exprimer l'horreur de ce à quoi ils assistaient. Ils tirèrent sur Gauron, seulement celui-ci était à l'abri derrière sa victime qui sursauta à l'impact des balles.

Kaname étouffa un hoquet quand le corps de l'Indien atterrit à quelques mètres d'elle. Elle savait qu'elle ne devait pas regarder mais elle était incapable de décrocher les yeux de ce visage exsangue, figé à jamais dans une expression de surprise douloureuse. Il avait deux rubans tressés dans ses cheveux d'ébène et Kaname nota qu'ils étaient de la même couleur que celui qu'elle utilisait généralement elle-même pour sa queue de cheval.

Elle ne vit pas Gauron exécuter ses deux autres associés, mais elle pouvait facilement deviner la violence de ses actes aux bruits de craquements qu'elle perçut les quelques secondes qu'elle resta à observer le cadavre devant elle. Elle se retrouvait donc seul avec ce fou et curieusement, elle perdit toute confiance. Normalement, elle aurait dû être soulagée de voir son nombre de kidnappeurs diminuer, mais là, elle avait surtout conscience qu'elle n'avait plus rien pour la protéger de la démence de leur chef.

Refusant de céder à la panique, elle ferma les yeux et se concentra sur sa respiration. Elle devait reprendre le contrôle, calmer les battements anarchiques de son coeur et se concentrer pour trouver une échappatoire. Kurz et Sosuke n'étaient pas loin, sinon, les Indiens ne se seraient pas emportés de la sorte. Et ils devaient avoir réussi à neutraliser les gardes, donc c'était plutôt bon signe. Elle se devait d'être positive. Ils étaient là, tout près, et n'allaient pas tarder à intervenir.

Sauf que malgré tous ses efforts, la panique lui écrasait toujours la poitrine et elle ne put retenir un gémissement piteux quand elle sentit son ravisseur s'approcher à nouveau.

« Comme ça, on sera plus interrompu, annonça-t-il avec son sourire en coin. »

Il passa la main dans ses cheveux et lui attrapa le menton, la forçant à le regarder en face. Un instant, Kaname envisagea de céder à la pression et d'éviter la confrontation, seulement son orgueil reprit le dessus et elle refusa de faiblir. Elle ne baissa pas les yeux et concentra toute sa colère pour lui assener une œillade meurtrière à défaut de pouvoir lui montrer, physiquement, de quoi elle était capable. Evidemment, il s'amusa de son audace et alors qu'il riait, il la provoqua un peu plus, penché vers elle, il murmura :

« Ce n'est pas très raisonnable, Kana-chan. Si tu continues à me regarder comme ça, tu vas me donner des idées... »

Avec un sourire mauvais, elle lui répondit simplement :

« Parce que vous n'en aviez pas déjà, peut-être ? »

Il rit de plus belle et un instant, elle vit sa chance. Si comme elle le croyait, Sosuke et Kurz étaient dans les parages, elle pourrait peut-être s'en sortir indemne.

« Je suis navrée de vous décevoir, je ne suis pas du genre à crier.

- Ah oui ? Ce n'est pas ce que ce cher Leonard m'a raconté pourtant. »

Il s'amusa de la voir se tendre et il lui souffla à l'oreille :

« Il m'a beaucoup parlé de toi... C'est fou l'effet que tu as sur lui. Je me demande bien ce que tu as de si spécial d'ailleurs.

- Vous devriez peut-être chercher, proposa-t-elle avec une lueur de défi dans le regard. »

Elle tentait le tout pour le tout et pria pour ne pas se tromper.

Sa main glissa de son cou jusqu'à sa poitrine et elle dut retenir un haut-le-cœur alors qu'il commençait à la caresser mais avant qu'elle ne puisse mettre son plan à exécution, il s'arrêta et se redressa, la repoussant brusquement parterre.

« Quel dommage qu'on puisse pas être tranquille. »

Il n'avait pas l'air tellement déçu et son faux air contrit exaspéra assez Kaname pour lui faire oublier le dégout qu'elle s'inspirait d'avoir été jusque là.

« Je m'occuperai de toi plus tard. Une fois que j'aurai mis la main sur Kashim. Je suis sûr qu'il va adorer nous regarder...

- Kashim ? murmura-t-elle.

- Mais oui, ma belle. Tu n'imaginais tout de même pas que je m'étais donné tout ce mal pour tes beaux yeux ? »

Gauron se retourna vers elle et l'étudia de la tête aux pieds avec un mélange de dédain et d'ironie qui aurait presque pu la vexer si elle n'avait pas été autant soulagée d'apprendre qu'elle ne servait que d'appât.

« Du coup, vous pouvez me libérer maintenant. Je ne vous sers plus à rien et je ne voudrais surtout pas gêner... »

Son ton léger ne révélait rien de son impatience, comme si elle était sérieusement sincère dans son idée de ne pas vouloir déranger une réunion entre deux vieilles connaissances. Mais son ravisseur n'était pas dupe et comme ses adversaires tardaient à intervenir, il décida de les provoquer en s'amusant.

« C'est une idée, marmonna-t-il en se frottant le menton. Lève-toi. »

Kaname s'exécuta laborieusement et elle sautilla jusqu'à lui, espérant pouvoir enfin être débarrassée de ses liens. Gauron se plaça derrière elle et elle frissonna en sentant sa main dans son dos. Il était trop insistant. En plus, son couteau ne prenait pas la direction voulue en glissant sur son flanc.

Elle comprit un peu tard ce qu'il prévoyait réellement et elle ne put éviter complètement son attaque. La lame s'enfonça à travers sa robe, entaillant le tissu et ce qu'il y avait dessous. Elle ne dut sa survie qu'au capitonnage de son corset, assez épais pour la protéger le temps qu'elle bascule sur le côté et se laisse tomber. Elle roula et une fois sur le dos, elle pris appui sur sur ses deux pieds pour relever les jambes le plus haut possible et dans un mouvement de balancier, elle frappa son agresseur au genou.

Gauron fut surpris par sa vitesse et il tituba puis profita de son déséquilibre pour s'agenouiller et il prit place au dessus de sa proie.

« Alors tu veux jouer, Kana-chan. Je pensais garder ça pour plus tard mais si tu insistes... »

Son couteau fendit ses vêtements et elle lutta pour paraître impassible. Quand la lame arriva jusqu'à sa gorge, elle déglutit difficilement mais ne fit pas un bruit, restant les yeux vides à quelques centimètres au-dessus de sa tête. Elle sentit sa main remonter sous sa jupe et son ventre se contracta à l'idée de ce qui allait suivre mais elle réussit à garder son calme, au moins en apparence.

« Eh ben, alors, Kana-chan, tu ne dis plus rien ? »

Il lui souriait, féroce, et elle refusa de se laisser impressionner. De tout façon, quoi qu'elle fasse, elle serait perdante.

« Je vais finir par croire que c'est ce que tu attendais... Faut dire, après Leo, n'importe qui serait plus satisfaisant. »

Il se moquait d'elle, la provoquait et elle se concentrait de toutes ses forces pour ne pas répondre. Elle frissonna quand ses doigts s'avancèrent au-delà de son genou et elle sentit un picotement traitre aux coins de ses yeux. Elle ne lui ferait pas le plaisir de pleurer, elle devait trouver une solution. Immobile, elle attendit la suite en priant pour que Kurz ne tarde plus trop mais alors qu'elle s'accrochait à ce dernier espoir, Gauron se pencha sur son oreille et annonça :

« Ils ne te sauveront pas, ma belle. Ils savent que s'ils interviennent maintenant, je t'égorge. »

Il avait l'air tellement sûr de lui, tellement content qu'elle fut tentée de le croire. Puis il y eut un bruit derrière elle et elle vit soudain le shérif s'approcher tranquillement, les mains levées, en signe de reddition, achevant complètement sa détermination.


Désolée pour le côté cliffy de cette fin, mais je ne voulais pas tarder davantage pour poster. Je ne sais pas quand la suite arrivera, parce que je reprends le travail la semaine prochaine et j'ai neuf mois de boulot à rattraper. Mais bon, j'essayerai de ne pas trop tarder (cough). Pour vous rassurez, dites-vous bien que je ne suis pas cruelle au point de maltraiter Kaname plus que nécessaire donc elle va s'en sortir. Promis.