J'ai quatre jours de retard, sorry ! Je peux déjà vous annoncer que le chapitre suivant arrivera en septembre sans fautes (vers la mi-septembre normalement, sinon fin du mois s'il y a un problème). Merci pour tous vos encouragements ! J'espère pouvoir garder ce rythme d'un chapitre par mois (ou plus !) car je dois me faire pardonner d'avoir été si lente au début... uhu... Dans le chapitre suivant, on va un peu laisser Ellana faire route seule, on va respecter son indépendance héhé, et on va prendre des nouvelles de Salim et d'Ewilan ainsi que de leur entourage !
Merci à Oliana pour son commentaire du chapitre 6 !
Bonne lecture !
7. Eléa Ril'Morienval
« Une fois le choix effectué, tout est en devenir. Tout reste à bâtir. Mon maître disait que l'amour est une voie au même titre que la voie des marchombres. Selon mon maître, leur plus grande similitude réside dans leur nature de voie. S'y engager n'a aucun sens si on n'est pas décidé à y progresser. »1
Jilano Alhuin
Pierre Bottero, Le Pacte des Marchombres, Ellana l'Envol
Les phalanges d'Ellana entrèrent en contact avec le bois rouge et vernis de la porte d'une des nombreuses chambres du palais impérial réservées aux invités. Les trois coups qu'elle donna résonnaient sourdement à travers le bois riche et épais. Depuis l'intérieur de la chambre, un gros « boum » accompagné d'une ribambelle de jurons plus fleuris les uns que les autres lui parvinrent. Le rêveur, mal rasé, les cheveux en batailles, apparut dans l'embrasure de la porte, se frottant la joue avec des « scrat scrat » quand ses ongles remuaient les courts poils drus de sa barbe naissante. Se passant une main sur le visage, il dévisagea la jeune femme, plissa les yeux quelques secondes, en profonde réflexion, puis se souvint de la Marchombre. Un immense sourire illumina son visage.
- Damoiselle Ellana ! Quel plaisir de vous revoir ! Que me vaut l'honneur de votre charmante présence à ma porte ? Lança Daïd Dil'Coop sur un ton ouvertement charmeur, croisant les bras sur son torse bombé alors qu'il s'appuyait nonchalamment sur le chambranle.
Ellana haussa un sourcil et secoua doucement la tête.
- Daïd.
- Ouiiii ?
Depuis mes négociations avec les Mercenaires du Chaos, elle n'avait plus revu le rêveur marginal. A première vue, il ne se portait pas trop mal et profitait de ses derniers jours à Al-Jeit pour s'adonner à ses péchés favoris. Avant de rentrer dans sa confrérie et d'y rester cloîtré peut-être jusqu'à la fin de ses jours.
- Tu es toujours à Al-Jeit ?
Le rêveur se lissa les cheveux en arrière et décocha un clin d'œil exaspérant à la Marchombre.
- Je déteste... non ! J'abhorre décevoir les belles dames... Néanmoins, je me vois contraint de tirer ma révérences et de regagner mes pénates.
Le soupir que poussa la jeune femme élargit le sourire du rêveur qui ne tarda pas à déchanter.
- Je ne suis pas d'humeur à plaisanter !
Le poing d'Ellana le cueillit à l'estomac. Sous le choc, le rêveur eut la respiration coupée et la jeune femme en profita pour le repousser dans sa chambre et fermer la porte derrière eux.
- Ah ! Par les putains de Tortugen ! Tu m'as cassé une côte ! Qu'est-ce qui te prend ?! T'es enceinte ou quoi ?!
Ellana plissa les yeux et ne releva pas la remarque.
- Tes côtes sont plus haut, le rêveur.
- Ouais, je sais ! Mais ça fait mal, merde ! Il y a des façons plus douces d'entrer dans la chambres d'un homme, comme lui demander gentiment par exemple !
Daïd s'appuya d'une main sur un bahut et se massa le ventre de l'autre. Après quelques secondes de silence, il leva les yeux vers elle.
- Alors, qu'est-ce que tu veux de moi ?
Ce fut au tour de la Marchombre de faire la grimace. Elle prit appui sur un pied, puis sur l'autre, fit claquer sa langue contre son palais et souffla bruyamment par le nez. Décidément, prononcer ces mots était plus difficile qu'elle ne l'aurait pensé. Dix fois elle avait rejoué la scène dans sa tête – après avoir mûrement réfléchi, pesé le pour et le contre, choisi qui consulter – mais sa voix refusait de passer la barrière de ses lèvres.
- Youhou, accouche, on n'a pas toute la journée, s'impatienta son interlocuteur.
Elle se toucha le ventre de la paume et Daïd comprit ce qu'elle attendait de lui avant même qu'elle ne parle.
- Je crois... je crois... je n'en suis pas certaine mais... je crois que j'attends un enfant.
Elle se tut. Daïd la fixait sans dire un mot. Elle déglutit. Il se redressa, reprenant l'air sérieux du rêveur appliqué et consciencieux qu'elle lui connaissait.
Daïd n'était pas vraiment un proche. Il n'était même pas un ami, juste une connaissance. Mais, sentant comme quelque chose changer en elle et assourdie par ce que son instinct lui disait, elle s'était faite violence et s'était forcée à cogiter plus clairement. Ses sentiments lui disaient de parler à Ewilan, ou plutôt à Elicia qui serait plus à même de la comprendre et de la guider. La douceur de la dessinatrice saurait calmer ses angoisses et les conseils qu'elle lui prodiguerait l'épauler, l'aider dans ces mois cruciaux qui l'attendaient. Cependant, son instinct, ainsi que la logique, l'avaient menée jusqu'au rêveur. Tout d'abord, elle devait en être certaine, et ensuite... il lui fallait respirer. Elle aimait la magnifique cité d'Al-Jeit, toutefois, pour des raisons biologiques peut-être, elle suffoquait. De grands espaces, voilà ce qu'il lui fallait. Le silence et l'infini du ciel. Alors elle dormirait à la belle étoile chaque soir et guetterait le premier signe du petit papillon niché dans son ventre, bien au chaud quelque part sous son nombril. Comment réagirait-elle à sa première manifestation ? Comment réagirait-elle au fait de savoir qu'elle n'était plus seule dans son corps ? Comment... ? Comment... ? ...
La peur grandissante de la jeune femme dut se lire sur son visage, car le rêveur approcha et lui proposa de s'asseoir sur la chaise berçante près de la cheminée éteinte. Il la consulta du regard et attendit son assentiment. Approchant lentement ses mains de son ventre, il leva délicatement sa tunique et posa ses paumes sur son ventre chaud. Avec un frisson, Ellana releva la tête et inspira profondément alors que Daïd plongeait dans l'Imagination et sondait son corps à la recherche d'une présence nouvelle. Cela ne lui prit que peu de temps. Il redescendit la tunique de la Marchombre sur son ventre et se leva.
Il l'observa avec un petit sourire ravi.
- Félicitations à la jeune maman !
Sur le point de défaillir, Ellana porta une main à sa poitrine pour calmer les battements furieux de son cœur.
- Par tous les dieux... lâcha-t-elle dans un souffle.
- Alors, qui est le heureux papa ? Demanda le rêveur qui n'avait pas conscience du trouble dans lequel sa révélation avait envoyé la jeune femme.
Elle tourna vivement la tête dans sa direction et l'attrapa par le col d'une main rendue faible par l'émotion.
- Tais-toi ! Personne ne dois savoir ! Promets-moi que ça restera entre nous !
- Ah !... eh... oui, d'accord, d'accord...
Troublé, il l'observa sans un mot, interloqué. Ellana ouvrit la bouche pour parler, faillit lâcher le nom du père, puis se ravisa. Elle tourna vivement les talons et sortit en claquant la porte. Toutes sortes de choses de bousculaient dans sa tête, des mots, des images, des souvenirs... Que faire ? Comment contacter Edwin pour lui annoncer la nouvelle ? Et si les choses tournaient mal, comment ferait-elle pour élever seule cet enfant ? Elle, Ellana, la Marchombre indépendante, fière, sans port d'attache et sans famille ? Et il y avait aussi... la Prophétie des Mercenaires du Chaos !
- Oh non !
Toutes ses angoisses s'éveillaient et la réalité la frappait avec la force d'une masse d'arme, tant et si bien qu'elle ne vit pas celui qui, caché dans l'ombre, se glissait dans la chambre du rêveur, un poignard étincelant à la main. Elle disparut rapidement dans le dédale de couloirs du palais impérial.
Seul dans sa chambre, Daïd sentit comme une présence fantomatique et, pensant qu'Ellana revenait lui poser des questions, se retourna vers le Mercenaire sans prendre garde. Le tranchant d'une lame se pressait sur sa gorge alors qu'il découvrait un homme vêtu de noir arborant un sourire narquois et victorieux. Ses yeux bleu cobalt posaient sur le rêveur un regard plein de morgue.
- Qu'est-ce que... vous voulez ?
Déglutissant avec difficulté, il sentit le fil du poignard caresser sa pomme d'Adam alors qu'il ravalait sa salive.
- Shuuut...
Avant qu'il ne puisse protester, les lèvres du Mercenaire du Chaos remuèrent. Un chant étrange et entêtant retentit dans la pièce, comme une psalmodie dans une langue inconnue. Mais le chant ne sortait pas de la bouche du tueur, il semblait résonner directement dans la tête de Daïd qui sentit la pièce se mettre à tanguer.
- Bien... susurra le Mercenaire du Chaos. Maintenant, tu vas me dire tout ce que tu sais sur Ellana Caldin.
Tuniques, bottes, couvertures, provisions, ... Ellana fourrait frénétiquement tout ce dont elle avait besoin pour le voyage qui s'annonçait dans son grand sac de voyage. D'un geste brusque, elle renversa accidentellement un vase coloré qui se fracassa au sol, répandant eau et fleurs sur le carrelage impeccable. Elle observa un instant les débris, les bras le long du corps, une brosse à cheveux à la main, et décida de les ignorer. Une fois son sac plein à craquer, elle le porta jusqu'à la porte de l'appartement et se changea, domptant ses cheveux noirs en une tresse bien serrée, se rafraîchissant le visage pour en chasser la fatigue et la sueur, puis enfila sa tenue de voyage et attrapa une cape épaisse et chaude. Elle jeta un dernier coup d'œil dans le miroir, toisant son reflet aux traits tirés d'un air de défi. Elle ne céderait pas à la panique. Il lui fallait garder l'esprit clair et agir avec efficacité.
Lorsque les douze disparaîtront et que l'élève dépassera le maître, le chevaucheur de brume le libérera de ses chaînes. Six passeront et le collier du un sera brisé. Les douze reviendront alors, d'abord dix, puis deux, qui ouvriront le passage vers la Grande Dévoreuse. L'élève s'y risquera et son enfant tiendra dans ses mains le sort des fils du Chaos et l'avenir des hommes.2
Elle ne céderait ni à la panique, ni au Mercenaire du Chaos, ni à Helwaren et ses Cavaliers de l'apocalypse, ni à une maudite prophétie !
- Allez tous au diable ! Tous autant que vous êtes !
Elle avait la tête chaude et, si elle était déterminée à quitter Al-Jeit, elle frémissait de se lancer dans un si long voyage, seule et dans un état physique incertain. Elicia lui avait un jour confié qu'elle avait adoré porter ses enfants et qu'on ne tarissait alors d'éloges sur son sourire rayonnant et sa bonne humeur... En cet instant, la Marchombre aurait voulu lui mettre des claques pour avoir osé déblatérer un tel mensonge.
La jeune femme souffla et se passa une main sur le visage. Elle se sentirait mieux quand elle serait à l'extérieur, sous le couvert de la nuit et, surtout, loin d'Al-Jeit qui lui semblait si étouffante aujourd'hui. Son voyage lui permettrait au moins de mettre ses idées au clair et de préparer son plan.
Elle attrapa son sac, poussa la porte d'un coup de genou et sortit en verrouillant l'appartement. Lançant ses affaires sur son épaule, elle descendit jusque dans la rue et marcha jusqu'aux écuries où Nuit d'Hiver et Murmure l'attendaient déjà. Les deux chevaux avaient passé la tête par-dessus la porte de leur stalle et accueillirent la jeune femme avec un hennissement doux. Ellana tira la pomme qu'elle avait préparée de sa poche et la scinda en deux parts égales qu'elle partagea entre les deux chevaux. D'un geste apaisé, elle caressa le large chanfrein de l'étalon d'Edwin et sourit.
- Désolée, grand bonhomme, mais c'est Murmure que je chevaucherai durant le voyage. J'ai beaucoup de bagages et il n'est pas assez solide pour tout transporter, chuchota-t-elle à son oreille.
Elle sortit le grand étalon gris de sa stalle et entreprit de le seller. Nuit d'Hiver porterait son sac pendant qu'elle voyagerai sur le dos de Murmure, c'était plus commode, même si cela la dérangeait un peu de faire d'une si magnifique monture son cheval de bas.
- C'est une heure bien tardive pour partir en randonnée.
Mue par un réflexe de survie, Ellana fit volte-face et tira son poignard de sa ceinture d'un mouvement fluide. La Marchombre blêmit quand elle découvrit qui lui faisait face.
- Chère Ellana, ça faisait longtemps. Tu as mauvaise mine, tu as vu un fantôme peut-être ?
Le cri de colère et d'horreur que la jeune femme s'apprêtait à pousser resta coincé dans sa gorge.
- Eléa ! S'étrangla-t-elle.
La dessinatrice lui offrit son plus beau et plus mauvais sourire.
- Comment ?!
- La Reine d'Helwaren m'a donné une seconde chance, susurra-t-elle en agitant sa main de chair et d'os devant son visage.
- Mais...
- Tais-toi ! Trancha Eléa sur un ton sec. Je n'ai pas beaucoup de temps.
Vêtue d'une longue robe noire s'ouvrant sur un large décolleté qui dévoilait une peau pâle et diaphane, elle caressa les longues mèches lisses et noires qui tombaient sur ses épaules comme un rideau sombre. Esquissant une grimace, elle fit quelques pas vers la Marchombre.
- Je tâcherai d'être concise. Je fais partie des quatre Cavaliers d'Helwaren, tout comme Til'Illan. Mais cette vie-là ne me plaît pas.
Ellana haussa un sourcil et croisa les bras sur sa poitrine.
- Je voudrais proposer un marché à l'Empereur, mais je ne peux le rencontrer en personne, alors je dois passer par toi, étant donné que tu as également des intérêts dans cette affaire. Voici le marché. Je vous livre des informations sur Helwaren et vous aide à faire tomber la Reine. En échange, je veux être lavée de toutes accusations. Je ne reviendrai pas dans la lumière, je jure même de ne plus jamais remettre les pieds à Al-Jeit. Je veux profiter de cette seconde chance.
La Marchombre crut entendre de la tristesse dans la dernière phrase que la Cavalière sombre avait prononcée.
- Je vais te donner l'identité des Cavaliers rouge et blanc, le troisième m'est inconnu. Le premier, je ne t'apprends rien, est Edwin Til'Illan. La Cavalière blanche se nomme Harryo Ombrall, c'est une Faëlle et la Reine a une confiance totale en elle. Elle me surveille depuis des jours et je ne vais pas pouvoir m'attarder ici. Cette chienne a des espions partout et dans tous les camps. Harryo et le Cavalier pâle sont du côté de la Reine, mais Til'Illan et moi, nous voulons revenir en Gwenalavir.
- Edwin...
- Cependant, il y a un problème avec lui...
Ellana hoqueta.
- La Cavalière blanche ne parvient pas à le ranger de son côté. Tu sais, lui et elle, ils se connaissent depuis longtemps... Tu vois ce que je veux dire. Pour faire court, elle commence à s'énerver. Elle veut se débarrasser de toi et utilise ses pouvoirs pour influer sur l'esprit du Frontalier.
Un sourire fendit le visage de la dessinatrice.
- Mais je crois qu'en apprenant la nouvelle...
Elle désigna du menton le ventre encore plat de la Marchombre. Comment pourrait-elle deviner que... ?
- Il trouvera la force de ne pas sombrer dans la folie.
- Non !
- Non ?
- Il ne doit pas savoir ! S'écria Ellana. Personne ne doit savoir ! Il ne faut surtout pas que l'information arrive aux oreilles des Mercenaires du Chaos. La moindre fuite d'information peut être fatale.
« Cette chienne a des espions partout et dans tous les camps. » Un frisson lui parcourut l'échine. Eléa leva les mains en signe d'impuissance.
- Très bien, qu'il en soit ainsi.
- Je sais qu'il aura la force de combattre, j'ai confiance en lui.
Elle soutint le regard froid de la dessinatrice avec conviction.
- Maintenant que les choses sont claires, je dois m'en aller. Je compte sur toi pour transmettre mon message à l'Empereur.
- Tu n'es pas la seule à devoir prendre la route. J'adresserai une lettre à mon élève contenant tout ce que tu viens de me dire. Et c'est lui qui contactera Sil'Afian.
Plissant les yeux, Eléa eut un rire amusé, puis disparut d'un pas sur le côté, laissant la Marchombre seule dans l'écurie. Encore abasourdie, elle se demanda si ce qu'elle venait de voir et entendre était vraiment réel, ou n'était que le fruit de son imagination. Elle posa une main sur l'encolure de Nuit d'Hiver qui lui rendit un regard tendre. Elle souffla et passa une main sur sa longue tresse.
Bon... maintenant, il fallait qu'elle écrive cette lettre à Salim. Soupirant pour la centième fois de la journée, elle dessella Nuit d'Hiver et s'installa dans l'auberge la plus proche, encore ouverte à cette heure tardive, avec du papier et de l'encre et s'attela à sa tâche. Elle plia le papier et écrivit un grand « SALIM » avant de trouver un jeune commis presque endormi et de lui confier la lettre. Elle le gratifia de quelques pièces supplémentaires pour l'encourager et il s'élança à grandes foulées dans les rues plongées dans l'obscurité d'Al-Jeit.
Se précipitant aux écuries, elle sella ses deux montures, attacha son paquetage sur la selle de Nuit d'Hiver et quitta la ville. Elle n'avait pas de temps à perdre. Elle refusait de penser à tous ses problèmes, aux Mercenaires, aux Cavaliers, à l'Empire, ... Il lui fallait se mettre en sécurité. Son enfant était désormais sa seule et unique priorité. Son enfant, et celui d'Edwin. Elle allait devoir s'efforcer de ne pas penser à lui, et la tâche allait être difficile. Mais elle savait au fond d'elle-même qu'il approuverait sa décision. Sachant que la Cavalière blanche avait visiblement l'intention d'attenter à sa vie, elle avait une idée assez claire de la tournure que prendraient les événements si elle apprenait sa grossesse. De plus, elle devait être prudente. Elle ne savait pas comment réagiraient les Mercenaires du Chaos s'ils venaient à apprendre la nouvelle. Nillem, par le passé, avait déjà supposé qu'elle pourrait être celle dont parlait la prophétie, et, en toute logique, son enfant serait ce lui qui tiendrait dans ses mains le sort des fils du Chaos et l'avenir des hommes. Des images défilèrent devant ses yeux. Ellana frémit en imaginant son bébé dans les bras d'Essindra alors qu'elle-même agonisait, poignardée mortellement par Nillem, son ancien amour. Elle se vit traîner son corps moribond sur le sol, laissant une large traînée rouge dans son sillage, et implorer la tueuse qui l'ignorait, ses yeux autrefois pleins de morgue maintenant emplis de tendresse maternelle rivés sur la petite forme rose qu'elle serrait contre son sein.
Un frisson secoua la Marchombre, un frisson d'horreur et de rage. Elle protégerait son enfant envers et contre tout. Toutefois, elle avait conscience de ne pouvoir le protéger à la fois des Mercenaires du Chaos et de la colère de la Faëlle d'Helwaren, aussi avait-elle établi un plan simple et efficace.
Harryo, Essinra et Ellana. La Marchombre sourit en pensant qu'à elles trois, elles formaient un triangle mortel. Chacune était prête à donner sa vie pour atteindre ses objectifs. Harryo et Essindra voulaient toutes deux la tuer, mais chacune aurait trop de fierté pour s'allier à l'autre. Harryo désirait lui prendre Edwin et Essindra n'aurait de cesse d'essayer de lui arracher son enfant une fois qu'elle aurait appris son existence. Décidément, le sort s'acharnait déjà sur sa toute jeune famille. Le futur s'annonçait bien sombre et elle allait devoir être forte pour se défendre contre les différentes puissances qui la menaçaient.
1. Bottero (Pierre), Le Pacte des Marchombres. Ellana l'envol. Paris, Rageot, 2008, page 84.
2. Bottero (Pierre), Le Pacte des Marchombres. Ellana l'envol. Paris, Rageot, 2008, page 271.
Et voilà ! On se retrouve bientôt pour le chapitre suivant ! C'est toujours avec autant de plaisir que je publie de nouveaux chapitres, je sais pas, je suis toujours contente quand je mets quelque chose en ligne ! Et je sautille tout partout à chaque commentaire comme le jour où j'ai eu ma première review sur ! Ahem... A bientôt ! Passez de bonnes vacances et protégez-vous bien de la canicule !
