Je ne sais pas même comment vous remercier pour tous vos reviews! Merci beaucoup! Thank you for all the people who try to read french ! I'll transale the story as soon as the others as done ( Soulmates and Kathleen).! :)
La jeune femme était allée se coucher tard ce soir là. Elle avait passé de longues minutes, seule dans son salon, lisant un livre sur son sofa. Eh puis, la fatigue commença à la tirailler. Elle ferma les yeux quelques secondes.
Une main glissa tendrement sur son épaule et sur son bras. Un souffle tiède se perdit dans son cou et cette voix qu'elle connaissait bien résonna au creux de son oreille.
-Tu es épuisée mon amour, murmura William, vas te coucher, tu as une longue journée qui t'attends demain.
Julia soupira profondément et elle ouvrit les yeux à nouveau, resserrant les doigts sur la couverture qui l'entourait, à l'endroit exact où elle avait sentit la main de son époux quelques secondes plus tôt. Elle se leva alors, elle posa son livre sur le guéridon et quitta la pièce d'un pas lent. Elle y jeta un dernier regard avant d'éteindre la lumière et de monter à l'étage.
Elle était assise dans le lit, nouant le dernier ruban au bout de la longue natte indisciplinée qu'elle faisait depuis de longues minutes. Lorsqu'elle eut terminée, elle laissa ses mains tomber sur la couverture.
-Tu sais à quel point j'aime te voir ainsi, fit la voix de William tout proche d'elle.
Elle tourna le visage vers l'endroit où il dormait depuis des années et elle sourit simplement en croisant son regard.
-Tu disais toujours que je n'avais besoin de rien d'autre que ma chemise de nuit pour que tu me trouves la plus belle de toutes les femmes. Mais tu t'empressais de me la retirer, ajouta Julia en souriant.
Il sourit et elle se laissa glisser dans les draps sans quitter son regard. Restant silencieuse de longues minutes en jouant avec la croix en argent qu'elle portait autour du coup.
-A quoi pense-tu? Demanda son époux.
-J'ai peur de ne pas y arriver William. J'ai peur de ne pas être assez forte pour reprendre ma vie sans toi.
-Tout ira bien, tu sais que tes patients comptent sur toi et tu sais que tu iras mieux auprès d'eux, en faisant ce que tu aimes. Tu le sais chérie.
-Tu n'es pas là, tu n'es pas dans ce lit avec moi, tes paroles sont celles que je veux entendre. Et tu ne sais pas à quel point je souffre, à quel point ce manque me consume de l'intérieur, personne ne le sait. Je parle à un fantôme, tu n'es que dans ma tête.
-Et dans ton cœur, ajouta le jeune homme, je serai toujours dans ton cœur.
-J'ai besoin de plus que cela William, protesta Julia, je ne peux pas continuer à vivre dans nos souvenirs, à m'imaginer te parler comme je le fais.
-Que te dis ton cœur?
Elle soupira profondément en se mordant les lèvres quelques instants et regardant le plafond blanc.
-Que je ne dois pas cesser d'espérer et pourtant, tu vois c'est idiot, dit-elle en le regardant à nouveau, je sais que c'est sans espoir. Au fond de moi je ne peux pas croire que tu sois mort, que je ne te reverrai plus jamais. J'ai le sentiment de pouvoir te croiser au coin de la rue, que tu vas apparaître à la porte d'entrée et me prendre dans tes bras. Mon cœur me dit que je te retrouverai. Mais tout cela est faux. Je sais que je dois apprendre à vivre sans toi, mais je n'y arrive pas. Je n'y arrive tout simplement pas.
-Je suis là, je serai toujours là.
Elle resta silencieuse quelques instants, regardant le visage de l'homme allongé à ses côtés et puis doucement, elle porta sa main vers lui. Lorsqu'elle aurait du sentir ses doigts caresser sa peau, William disparut et ses doigts se refermèrent sur l'oreiller dans lequel elle fourra son visage.
-Je n'y arriverai pas, sanglota la jeune femme, pas sans toi.
-Tu es forte Julia, fit la voix de William en creux de son oreille, j'ai confiance en toi. Tu y arriveras mon amour.
Le Docteur Grace se trouvait à son autopsie depuis de longues minutes déjà, lorsque le jeune homme entra et se dirigea vers elle rapidement.
-George? Dit-elle avec étonnement en posant son instrument.
-Bonjour Emily.
-Que puis-je pour vous?
-Répondre à une question.
Elle fronça les sourcils et il reprit.
-Comment trouvez-vous le Docteur Ogden ces derniers jours?
-Eh bien je ne l'ai plus vu depuis lundi lorsque nous avions pris le thé ensemble. Elle semblait aller bien, du moins elle allait mieux. Depuis qu'elle ne prend plus d'héroïne, elle me semble reprendre le dessus.
George ne répondit pas et posa devant elle l'article du Toronto Gazette parut le matin même.
-Et comment croyez-vous qu'elle va réagir à cela?
Emily se pencha sur l'article et lut à haute voix.
-La mort de l'Inspecteur Mudoch n'est toujours pas élucidée. Il semblerait que les agents de police ne soient pas en mesure de trouver un suspect dans cette affaire, laissant toute la profession en émoi. Comment un homme de la carrure de Murdoch a-t-il pu être abattu dans une ruelle sombre de la ville sans qu'aucune piste ne soit mise en avant? La police a-t-elle perdu son meilleur Inspecteur, seul capable s'élucider le mystère de sa propre mort? L'Inspecteur Brakenreid se refuse à tout commentaire. Marié au Docteur Julia Ogden, ancienne médecin légiste du poste numéro quatre, aujourd'hui psychiatre à l'asile de la ville, l'Inspecteur laisse une veuve épleurée. Mais est-elle si dévastée qu'il y parait? En effet, Ogden a déjà été impliquée dans la mort de son premier époux, le respectable Directeur de l'hôpital pour enfants Victoria, le Docteur Garland assassiné il y a quelques années. Et si Julia Ogden était tout simplement la "Veuve Noire", prête à faire disparaître tous les hommes qui l'approcheraient? Nul besoin de noter qu'elle a en effet hérité d'un beau pactole à la mort de son premier époux. Un Inspecteur de police ne gagne pas des milles et des cents, mais qui sait ce qui peut motiver celle que l'on appelle aujourd'hui "La veuve noire".
Emily leva les yeux vers George avant de reprendre la parole.
-La veuve noire? Mais comment ils ont pu écrire cela?
-Si le Docteur le voit...
-Elle sera anéantie, termina Emily, elle ne s'en est jamais remise complètement de son emprisonnement. Elle s'est toujours sentie coupable de la mort de Darcy et aujourd'hui ...
-Il faut lui dire Emily, à son tour George, il faut lui dire qu'il...
-NON! Gronda la jeune femme en regardant tout autour d'eux pour être certaine qu'ils n'étaient pas entendu. Il en est hors de question, dit-elle aussi bas qu'un murmure, elle ne doit pas le savoir.
-Je suis inquiet Emily, répondit George sur le même ton, le Docteur est fragile.
-Je sais, mais elle ne doit pas le savoir, pas temps que nous n'avons pas bouclé cette affaire. Elle serait en danger si elle le savait. Est-ce que...est-ce qu'il continue de la suivre?
-Il garde un œil sur elle chaque jour, il dit qu'il ne peut pas se résoudre à arrêter. Je continue de surveiller le Docteur de temps en temps afin que les hommes de Parker de s'en prennent pas à elle mais j'aimerai faire tellement plus pour eux.
-Trouvez les coupables, faites tomber le réseau. Il n'y a que cela que nous puissions faire pour les réunir à nouveau George. Mais surtout n'en parlez à personne, pas même a Docteur Ogden ou sinon ils seront en danger tous les deux.
-Je sais Emily, je sais.
Les deux jeunes gens restèrent silencieux quelques instants, leur regard plongé dans celui de l'autre. Et finalement la jeune femme prétexta devoir se remettre au travail et George quitta la morgue à nouveau, lui accordant un simple regard avant de laisser la porte se fermer derrière lui. Il était bien décidé à faire avancer l'enquête et à faire taire ce journaliste qui osait dire de telles choses sur les personnes qu'il admirait et respectait, ses amis.
Julia avait été saluée par quelques uns de ses confrères mais elle n'avait pas hanté très longtemps les couloirs de l'asile. Elle s'était vite réfugiée dans son bureau, où elle se sentait en paix. Elle se dirigea aussitôt vers la table ronde au centre de celui-ci pour y voir les dossiers accumulés depuis son absence. Elle posa alors ses affaires, son chapeau et son manteau et prit un premier paquet, jetant un simple regard au journal du jour qu'elle lirait sans doute plus tard dans la matinée. Deux coups furent donnés à la porte et elle se retourna, accordant un tendre sourire à la jeune femme.
-Bonjour Docteur.
-Bonjour Adelaïde, répondit Julia en souriant, comment allez-vous?
-Bien Madame.
Elles restèrent silencieuses quelques instants et Julia se perdit à regarder la photo de son mariage trônant fièrement sur son bureau. La jeune femme se racla alors la gorge et reprit la parole.
-Voulez-vous que je vous rapporte un thé?
-Oh oui, pourquoi pas, merci.
Elles échangèrent un regard et le Docteur Ogden se mit au travail pendant plusieurs heures, en silence, seule dans son bureau, perdue dans ses dossiers, oubliant enfin son époux pendant quelques temps. Ce fut lorsque la cloche de la chapelle de l'asile sonna douze heures, qu'elle décida de faire une pause. Elle se leva, s'étira un peu et se dirigea vers la table au centre de la pièce. Elle prit alors le journal qu'elle feuilleta pour arriver à la troisième page, là où un nom attira son attention, celui de l'Inspecteur Murdoch. Elle lut avec attention le petit article, sentant son cœur se serrer dans poitrine.
-La veuve noire, murmura-t-elle au bord des larmes, prête à faire disparaître tout les hommes qui l'approcheraient.
Elle ferma rapidement le journal pour le jeter dans un coin, puis, elle se dirigea vers son porte-manteau afin de prendre ses affaires.
-Je sors pour déjeuner Adelaïde, dit-elle simplement en passant à côté de la jeune femme qui n'eut même pas me temps de lui répondre.
Julia quitta l'asile à une vitesse fulgurante. Et ce ne fut que lorsqu'elle se trouvait dans la rue qu'elle reprit enfin son souffle, sentant son cœur exploser dans sa poitrine. Elle reprit ses esprits quelques secondes, avant de se diriger d'un pas lent vers le centre ville. Eh puis, elle croisa du monde, des gens qui la regardaient d'un air mauvais, des couples enlacés. Jamais comme aujourd'hui elle avait l'impression que le monde entier la jugeait. Peut être ces personnes ne savaient-ils pas qui elle était, peut être que si finalement. Elle n'avait jamais vraiment prêté attention aux regards et aux critiques de ses semblables, mais ce jour là, son cœur saignait un peu plus.
-Que suis-je devenue? Murmura-t-elle. Je n'y arriverai pas William, je suis désolée.
Elle regarda la foule tout autour d'elle, debout sur le trottoir, le regard perdu de l'autre côté de la rue. Elle vit une fois la silhouette de son époux, souriant. Elle inspira alors profondément, elle savait qu'elle faisait le bon choix. Le fiacre arriva à toute allure et une seconde plus tard, Julia ferma les yeux, faisant un pas sur la route.
-Tout sera terminé maintenant, pensa-t-elle.
à suivre...
