Salut à tous !
Deux chapitres en un jour… je crois que vous pouvez remercier The Voice et les pubs interminable de TF1 ! Et aussi l'épisode de The 100 d'hier que j'ai regarder avec ma sœur aujourd'hui. J'ai bien ris pendant les moment Clexa parce qu'elle est Bellarke !
MWAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !
En tout cas, ça m'a motiver à écrire !
Une lectrice, Alissou va prendre le temps de corriger tous les chapitres de cette fanfiction pour qu'elle soit plus agréable à lire. Je vais donc "en quelque sorte" poster de nouveau sur cette histoire ! ;)
Quelque mot sur ce chapitre : Comme vous pouvez l'imaginer, c'est le lendemain, après que Clarke ai subitement embrasser Lexa sur la joue. Clarke va se perdre un peu dans ses dessins et Lexa avoir une conversation avec Anya qui va l'obliger a affronter une de ses peurs.
J'espère que le Clexa vous plaît toujours !
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.
Je remercie tous ceux qui m'ont laisser une reviews, les following et les guest aussi , ça fait vraiment plaisir et m'incite à écrire alors continuer ! :)
Tu vois L kim, tu pouvais espérer ! Ce que je promet, je le fais.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
oOoOo
Chapitre 7 : Troubles et sentiments
* Clarke *
« Il est parfois utile de tomber, de se ramasser la gueule, car quand on se relève on voit les choses différemment. »
Je pose mon crayon. Ma planche est finie. Je parcours ma feuille de part en part. Pour une raison que j'ignore, du moins, j'essaye de m'en convaincre, j'ai fait revenir la fille du Ciel. Sa relation avec Heda a toujours été tumultueuse. La raison ? La jeune fille qui est tombée il y a des années de cela des étoiles dit toujours la vérité et particulièrement celle que ne veut pas entendre Heda.
Heda est blessée, mise à terre et la blonde lui tend la main pour l'aider à se relever en lui disant ces mots.
Je soupire. J'agrippe mon bureau et je me propulse de toutes mes forces. Je traverse la moitié de ma chambre sur ma chaise de bureau. Une fois stable, je fais tourner ma chaise sur elle-même. Mon regard se perd sur mon plafond qui est une réplique parfait du firmament.
Le monde se met à tanguer.
Je sais que tous mes dessins me représentent d'une façon ou d'une autre. Mais la fille du Ciel, c'est différent, c'est moi. Je veux dire vraiment moi. Elle a mon caractère, mes envies, mes peurs, mes sentiments. Et maintenant que je sais que Heda est Lexa j'ai ce besoin de les réunir.
Le mouvement de rotation s'arrête. Je replis mes jambes et croise mes bras dessus avant de poser mon menton sur mes genoux. Tout est floue, insaisissable. Je me perds dans mes pensées.
Je commence à avoir des envies inavouables, des sentiments, une attirance pour Lexa et je ne sais pas quoi en faire alors, j'évacue tout par le dessin.
Si je ne peux pas me rapprocher d'elle de cette façon, lui avouer les sensations qui s'éveillent en moi quand je suis avec elle, ni la toucher et encore moins penser à l'embrasser alors, je le vivrais à travers mon avatar.
Mes pensées s'envolent. Je commence à rêver que ce que j'imagine que mes dessins puissent se réaliser. Je n'avais pas prévu d'être à ce point déstabilisée par Lexa. Qui peut prévoir ce genre de chose ? De plus, je n'ai jamais éprouvé de tels sentiments pour une femme. En même temps, je ne me suis jamais non plus sentie amoureuse.
Je commence à me dire que finalement j'ai toujours été attirée vers elle, que c'était inévitable.
Quelle autre explication pourrait-il y avoir ?
Pour avoir les idées claires, il faudrait éclaircir un ou deux points. Comme pourquoi est-ce que je l'ai dessiné presque quotidiennement pendant dix ans ? Parfois, j'en étais consciente comme pour le portrait qui était dans mon ancienne chambre. Mais ce qui est inexplicable c'est lorsque c'était inconscient. En fait, la plupart du temps, je ne m'en rendais pas compte. L'exemple parfait étant Heda.
Donc, les dessins sont un problème, si on veut.
Pourtant, ils ne sont rien comparer à cette envie qui m'embrase dès qu'elle est près de moi. J'ai tout le temps envie de la toucher, de la prendre dans mes bras, de caresser sa joue, de la faire sourire, effleurer sa peau d'un baiser.
Est-ce que c'est tout cela qu'on appelle tomber amoureux ?
* Lexa *
Après les cauchemars, les nuits sans rêves, j'ai eu le droit à l'insomnie ! Je me suis tournée, tournée et encore retournée dans mon lit. J'avais beau essayer, rien n'y faisait. Je n'arrivais pas à fermer l'œil.
La journée d'hier m'a hanté toute la nuit. J'ai revécu chaque moment avec une intensité parfois décuplée. Ma main rejoignait souvent ma joue gauche. Je sentais encore le baiser de Clarke. C'était tellement inattendu que même après son départ je suis restée figée devant chez elle encore quelques minutes. Incapable de penser, incapable de bouger. Mon monde vient de se fissurer. Mon univers s'ouvre de nouveau entièrement à Clarke.
Et lorsque je suis rentrée chez moi, j'étais sur un petit nuage, à des années-lumière de la réalité. J'en ai même oublié la douleur. Je m'étais pris un sale coup et… rien.
oOoOo
Maintenant, je suis crevée. Je viens d'engloutir mon deuxième café et je fixe avec insistance mon portable. L'écran est allumé et je suis sur la page des contacts. Le nom de Clarke est écrit en grand et en dessous, il y a son numéro. Mon doigt survole l'écran mais je n'arrive pas à me décider à l'appeler.
Qu'est-ce que je suis censée faire ?
Je soupire en m'arrachant presque les cheveux. Quand je reçois une petite tape sur le haut de mon crâne. Je grimasse avant même d'entendre les mots d'Anya :
-Salut gamine !
-Ne m'appelle pas comme ça, je bougonne.
-Je fais ce que je veux. Je suis ta grande sœur, répliques-t-elle moqueuse.
-Plutôt le Diable déguisé en ma sœur…
-N'importe quoi ! Je sais que tu m'aimes.
-Si tu le dis.
Elle se sert un thé avant de s'asseoir en face de moi. Je fais une fixation sur sa cuillère qui fait des ronds inlassablement. Le mouvement forme un tourbillon magnifique. Je me perds dans cette contemplation.
-Tu veux en parler, son intervention me surprend.
-De quoi ?
-De ce qui te perturbe. Ça fume là-dedans, dit-elle en pointant ma tête de sa cuillère.
Je souris en haussant les épaules avant d'avouer :
-Je ne saurais pas par où commencer…
-Ça c'est facile. Par le début.
-Anya je ne…
-Essaye !
Je baisse les yeux, incertaine de ce que je peux ou veux dire. Mon regard tombe sur le nom de Clarke. Je la revoie alors enfant. A ce moment tout était si facile. Il n'y avait qu'elle et moi et aucune place pour les doutes quels qu'ils soient. Je suis tombée amoureuse d'elle dès le premier jour. Ça m'a frappé et ne m'a laissé aucune chance. J'étais heureuse. J'avais peur de rien, je n'étais pas brisée et il n'y avait rien qui puisse nous séparer. Pourtant, c'est arrivé. Elle est partie…
Voilà ma plus grande crainte : et si elle disparaissait de nouveau. J'appréhende de m'éprendre une nouvelle fois d'elle et que ça soit encore plus dévastateur pour ma pauvre âme. Je m'effraie à la seule idée qu'elle puisse me déchirer le cœur. Je suis intimidée du fait qu'elle ne partage pas mes sentiments. Et s'ils existent, il reste encore une frayeur terrible, celle de l'aimer bien plus qu'elle ne m'aimerait jamais. Voilà ce qui m'angoisse.
Pourtant, à chaque fois, c'est elle qui fait le premier pas…
Après tout, ne vient-elle pas encore de me voler un baiser ? Il était certes plus chaste que celui qu'on a échangé quand on était enfant. Mais mon cœur n'a jamais palpité si vite, si fort. J'ai même cru qu'il allait éclater.
Je plonge mes yeux dans ceux d'Anya, y cherche du réconfort. Je lui confie alors :
-Je suis totalement paniquée.
-Si tu veux que je t'aide, il va falloir développer.
-Je…
Un blanc s'installe. Je ne trouve pas les mots.
-En effet, beaucoup mieux.
-Ne te moque pas !
-Tu sais, c'est facile : sujet, verbe, complément et si j'ai de la chance, un ou deux articles et mots de liaisons.
-Anya !
-D'accord, d'accord, range tes crocs !
Elle se lève, contourne la table pour se placer en face de moi. Elle s'accroupit en posant ses mains sur mes genoux. Pendant un instant, je me retrouve de nouveau enfant. Il n'y a qu'elle pour me faire sentir comme ça.
En un mouvement rapide, elle attrape mon portable qui était sur la table. Elle observe en silence mon écran. C'est un peu comme avec Lincoln, on n'a pas besoin de mots pour se comprendre. On ne se connaît que depuis cinq ans mais je la considère vraiment comme étant ma sœur. Elle me tend mon portable que je reprends délicatement puis elle se relève.
Pendant une seconde, je pense qu'elle ne va vraiment rien dire et j'en suis triste. Je ressens un vide au fond de moi. J'ai besoin de ses conseils même si je n'arrive pas à lui parler de ce qui ne va pas. Mais elle me surprend en disant :
-Tu ferais mieux de coller ce foutu combiné à ton oreille. C'est en train d'appeler !
-Qu… quoi ?
Je panique complètement une très longue seconde. Si allongée que tout se passe au ralenti. J'ai le temps de voir ma main tremblée, d'avoir la respiration qui se coupe, le cœur au bord du gouffre. J'aurai pu mourir cent fois pendant cette seconde infinie !
Mais finalement, je colle l'appareil à mon oreille et pile à ce moment, j'entends un faible :
-Allô ?
* Clarke *
Je me suis replongée corps et âme dans mes dessins. Le scénario commence à prendre forme, les traits à ressembler à quelque chose. J'ai l'impression d'être une droguée en train de prendre sa came.
Je m'applique plus que nécessaire sur les yeux profond et splendide de Lexa. Voilà que je ne l'appelle plus Heda maintenant… il ne faut pas que je pense à ça ! Pas à ce moment précis.
Je cerne ses yeux d'un trait de couleur noir, remplit son iris d'un vert émeraude unique avec une légère nuance de gris et je commence à peindre son visage. Elle part en guerre mais pas pour une bataille physique. Elle va explorer les tumultes de son esprit. Une peinture noire entoure maintenant son regard, il reste des traces de doigts qu'Heda aurait laissé glisser jusqu'à ses joues à la fin du motif que j'ai dessiné.
Elle est tellement belle.
Je touche son visage et je me perds dans une contemplation silencieuse. Si Lexa a des secrets pour moi, je connais tous ceux de Heda. Ses faiblesse, son passé, ses peurs, ses moments de bonheur, ses désirs… j'aimerais connaître celle qui m'a inspiré ses traits aussi bien.
Mais comment faire ? Elle est devenue tellement… insaisissable. Me répondrait-elle si je lui posais des questions ou changerait-elle de sujet ? Comme moi quand elle a essayé de me parler de mes dessins. Et si je faisais le premier pas ?
J'entends la sonnerie de mon portable :
~Can you hear me ? Can you hear me ?~
Je détourne le regard de mon dessin. Je repère mon téléphone qui est au milieu de mon lit entouré de livres et de cahiers pour mes prises de notes et mes recherches.
~Can you hear me ? Can you hear me running ?~
Je me décide à me lever. Je lance mon crayon sur mon bureau et me dirige lentement vers mon lit, persuadée que c'est Raven.
~Can you hear me running ? Can you hear me calling you ?~
Ce n'est pas Reyes ! Ce n'est pas elle du tout ! C'est Lexa. Je décroche vite avant que l'appel ne se finisse et sort un tout petit et incertain :
-Allô ?
-Clarke?
-Pourquoi c'est toi qui a l'air surprise de m'entendre, je demande.
-Je... j'ai eu peur que tu ne décroches pas.
-Peur?
-Il faut croire.
-Et pourquoi tu voulais me joindre?
Inconsciemment, j'espère que ce n'est pas pour quelque chose de stupide, comme annuler notre après-midi ensemble. J'attends sa réponse, le cœur battant. Je suis au bord de la crise cardiaque lorsqu'elle me répond:
-Je voulais savoir si...
-Ne me dis pas que tu veux annuler.
-Non!
Tout de suite, je me sens soulagée et même stupide de l'avoir coupé en plein milieu de sa phrase. Je m'assoie un peu plus confortablement sur mon lit, soudain beaucoup plus détendue. Je demande:
-Donc, que voulais-tu savoir?
-Si tu avais mangé ton petit déjeuner.
-Non, pas encore. Pourquoi?
-Je me suis dit que peut-être je pouvais venir un peu plus tôt et t'apporter le petit déjeuner.
-Tu ferais ça?
-Demande-moi ce que tu veux.
J'entends un sourire dans sa voix mais aussi, il y a ce ton qu'elle aime tellement utiliser. Celui du jeu. Celui qu'elle utilisait enfant.
Elle me défit. J'ignore encore une fois de quel jeu elle veut commencer la partie et aussi les règles. Mais c'est comme ça que fonctionne Lexa, du moins, celle dont je me souviens et si je veux me rapprocher d'elle il faut que j'entre dans son univers, que j'exécute ce qu'elle attend de moi et tout miser sur le fait que je pourrais la doubler à un moment ou un autre. L'obliger à s'ouvrir à moi, à me faire confiance.
-Tu sais que j'ai vécu trèèès longtemps en France.
-Oui... j'en ai un vague souvenir.
Non mais qu'elle idiote je fais ! Pourquoi Diable j'ai dit ça ? J'entends distinctement la tristesse marquer sa voix. Je m'en veux immédiatement, sachant pertinemment que je suis la cause de ce mal. Je reprends très vite:
-Je rêve de croissants plein de beurre.
-Très bien, je m'en charge.
Un silence s'installe entre nous. J'entends encore sa respiration mais je sais qu'elle n'est plus avec moi. Elle s'est repliée quelque part derrière cette barrière qu'elle a construite autour de son cœur. C'est pour ça que je sursaute quand elle m'appelle:
-Clarke?
-Oui?
-Tu es sûre que ça ne te dérange pas si je viens plutôt?
-Absolument pas! Je te l'ai dit, ma mère est de garde. Je suis donc seule jusqu'à 21 heures.
-Mais, tu n'avais rien de prévu?
-A part dessiner, non.
-Est-ce que, elle hésite avant de reprendre : j'aurai le droit de voir?
-Mes dessins?
-Oui.
-Ça dépend.
-De quoi?
-Un peu de toi et beaucoup de ce que tu t'apprêtes à m'apporter.
-Okay!
Je ne l'ai pas entendu aussi enjouée depuis que je suis revenue, il y a trois semaines. Je l'entends même rire à travers le combiné. Ça aussi c'est rare.
-Prépare tes dessins Clarke, j'arrive!
Puis elle raccroche. Je cligne des yeux à plusieurs reprises. Je décolle mon portable de mon oreille et le fixe, choquée. Je demande à haute voix:
-Est-ce qu'elle vient de me raccrocher au nez?
De toute évidence, la réponse est oui. Je soupire, exaspérée par son comportement.
* Lincoln *
Je reviens tout juste de chez Octavia et la première chose que je vois en franchissant la porte d'entrée c'est ma sœur avec un sourire magistral sur le visage. Je m'approche sans faire un seul bruit, elle ne m'a pas encore vu. Je remarque qu'elle est blessée au-dessus de son sourcil. Je grimace mais au moins cette fois, je sais d'où ça vient.
Je m'éclaircis la gorge pour signaler ma présence. Elle se retourne et j'ai l'impression de retrouver la petite fille qu'elle était avant que tout ne dérape. Elle est très douée pour faire semblant, avec tout le monde mais il y a des choses que je sais. Après tout, nous sommes jumeaux !
J'ouvre mes bras et elle vient s'y loger. J'appuie un baiser dans ses cheveux. J'aime quand elle est comme ça : heureuse. Je n'arrive pas à savoir ce qu'il se passe dans sa tête. Il y a des jours où tout semble parfait et le jour d'après, elle s'effondre.
Je ne peux pas savoir ce qu'elle vit. Je ne peux pas savoir… parce que ce jour-là, je brillais par mon absence. Parfois, la culpabilité me ronge encore. Mais cette appréhension est certainement insignifiante par rapport à ce qu'elle ressent.
-Alors, c'était bien ta soirée en amoureux ?
-Carrément !
Je la relâche et l'observe pendant un temps infini avant de demander :
-Qu'est-ce qui nous vaut ce beau sourire ?
-Je vais voir Clarke !
-Ah oui ?
-Oui. D'ailleurs, il faut que j'y aille. Elle attend de moi que je lui ramène des croissants.
-Tu diras bonjour à Indra de ma part.
-Pas de problème, je fonce ! A ce soir !
Elle sort sans aucun manteau, ni affaire. Je ris doucement avant de compter à partir de dix. Pile quand j'arrive à zéro, Lexa franchit la porte dans le sens inverse. Elle se tape doucement le front et se réprimande elle-même. J'éclate de rire. Elle me hurle que ce n'est pas drôle.
Anya me surprend en se plaçant à côté de moi et en disant :
-Pour sûr cette Clarke lui met la tête complètement à l'envers.
-C'est vrai. Elle a l'air d'aller bien…
-C'est parce qu'elle va bien.
-Je veux parler de…
-Je sais de quoi tu veux parler, me coupes-t-elle. Tu devrais arrêter de ressasser le passé.
-Je ne peux pas… Lexa, elle est… brisée.
-Et bien on dirait qu'une certaine blonde est entrain de recoller les morceaux alors, laisse courir.
-Mais si elle s'enfuie, encore.
-Elle ne le fera pas.
- Comment peux-tu le savoir ?
-Parce qu'il n'y a qu'une chose qui fasse encore plus peur à Lexa que d'oublier ce qu'il s'est passé ce jour-là. Et c'est de perdre une nouvelle fois Clarke. Je le vois dans ses yeux. Cette fois, elle ne la laissera pas partir.
-Et si elle décide subitement qu'elle n'a pas le droit au bonheur ? Et si elle choisit finalement de consacrer encore plus de temps à Costia ? Et si elle…
-Arrête ! Link, arrête !
-Mais…
-Tu ne peux pas changer le passé.
-Le futur de Lexa ne sera pas heureux tant qu'elle sera dans sa vie.
-Là n'est pas la question. Arrête d'agir comme un enfant. Tu es juste jaloux d'elle. Parce qu'elle a réussi à aider Lexa, contrairement à toi.
Je ne réponds pas. Je sais qu'Anya a raison. Je baisse les yeux subitement honteux. Je n'aime pas mon comportement quand je parle d'elle. Mais c'est plus fort que moi. Je n'arrive pas à l'apprécier. Pourtant, j'ai essayé, pendant cinq ans. J'ai vraiment essayé.
J'entends la porte se claquer ce qui me fait sursauté. Il faut que j'arrête d'attaquer Costia sans raison. Sinon, je risque de perdre ma sœur. Mais je veux être sûr qu'elle choisisse bien Clarke et non elle.
* Lexa *
Je viens d'arrêter ma voiture devant chez Clarke. Je prends une forte inspiration, attrape le sachet contenant les viennoiseries et ouvre la portière. Je me dirige jusqu'à son entrée et écrase mon poing à plusieurs reprises contre la planche de bois. La porte s'ouvre très vite, laissant apparaître ma magnifique blonde.
Je tends les croissants en guise d'offrande. Un sourire énorme se dessine sur son visage. Elle tape deux ou trois fois dans ses mains, heureuse, avant de m'arracher le sachet. Elle l'ouvre et plonge presque son visage dedans.
-Ça sent tellement bon ! C'est bon, tu peux entrer. J'ai fait du jus d'orange.
-On pourrait presque croire que je suis ton dealer.
-Presque…
Je la suis dans cette maison inconnue. Je ne suis jamais venue chez elle. Je me suis contentée de l'observer de loin. C'était comme un sanctuaire interdit. Mon regard se ballade un peu partout, perverti par la curiosité.
Il faut croire que j'ai été trop longtemps absorbée par mon environnement parce qu'elle attrape mon poignet et m'oblige à la suivre. Je me suis recentrer entièrement sur elle comme à chaque fois qu'elle me touche.
D'ailleurs pourquoi faut-il qu'elle soit si tactile ? Elle a beau être celle qui m'a volée mon premier baiser et celle qui m'a surprise en m'embrassant sur la joue hier. Si elle continue comme ça, un de ses jours, je vais la plaquer contre un mur et oublier toute mes bonnes résolutions. Soit de la faire tomber amoureuse de moi avant de tenter quoi que ce soit.
Tout ça pour dire que je suis restée hypnotisée par son environnement et non là où je mettais les pieds. Je n'ai donc pas vu son sac de cours et j'ai manqué de tomber. L'adrénaline est montée tout de suite et je me rattrape in-extremis contre un meuble à ma portée. Clarke lâche aussitôt mon poignet et se retourne en demandant :
-Ça va ?
Putain mais ce n'est pas vrais ! Je suis complètement inconsciente ! Je n'avais pas besoin de ça. Qu'est-ce qui se passe ? Mon cerveau a décidé de se lobotomiser ? Il est devenu aussi lisse qu'un miroir ? Incapable de me protéger !
J'observe ma jambe gauche avec méfiance. Va-t-elle encore me lâcher où va-t-elle me porter ? Je déteste quand ce genre de chose arrive. Je pose ma main sur ma cuisse et ferme les yeux.
-Lexa ?
-Je vais bien.
Je m'éloigne de mon appui chancelant mais tiens debout. Ce que je peux détester quand cette stupide jambe joue avec moi de la sorte. C'est comme hier pendant le combat, elle a juste décidé de me dire merde et j'ai faillis m'écrouler et par conséquent perdre.
-Tu en es sure ?
-Oui.
Je vois qu'elle s'inquiète. Mais je n'ai pas envie de parler de ça. Pas encore, c'est trop douloureux, trop ancrer en moi. Je ne veux pas ressentir de la tristesse et de la peur quand je suis avec Clarke. Je la rassure donc en un sourire avant de demander :
-On se le mange ce petit déjeuner ? Je meurs de faim.
-D'accord mais…
-Je vais bien Clarke. Promis.
Je ne sais pas pourquoi je ressens le besoin de la rassurer ainsi mais je le fais. De plus, ce n'est pas tout à fait un mensonge. Juste une non mention d'une part de mon passé. Après tout, je ne sais pas tout ce qu'il s'est passé pendant ces dix dernières années. Il n'y a pas de raison pour qu'on ne soit pas à égalité !
oOoOo
Je suis complètement perdue dans la contemplation des dessins de Clarke. Elle les a sortis il y a plus d'une minute de ça. Ils sont magnifiques. J'ai remarqué une ressemblance avec moi pour l'un de ses personnages. Je n'ai pas osé poser des questions, de peur de tomber de haut.
Plus je tourne les pages et plus je m'émerveille. Je tends le premier tome à Clarke en lui souriant. Elle le prend et le tourne dans tous les sens avant de me demander :
-Qu'est-ce que tu veux que j'en fasse ? Je le connais par cœur. J'en suis l'auteur, je te rappelle.
-Raconte-moi.
-Que je te raconte…
-Je n'y comprends rien. Tu sais, le français...
Je la rejoins sur le canapé et m'assoie en tailleur pour être en face d'elle. Je la supplie du regard en lui demandant :
-S'il te plaît…
Alors, elle commence à me parler de ce monde qui n'est qu'à elle. Parfois, je ferme les yeux et je laisse vagabonder mon imagination. Ses dessins sont magnifique et ne laissent pas beaucoup de place pour un monde alternatif mais j'essaie comme même. Son univers est magnifique, unique et magique d'une certaine façon.
-Je n'arrive pas à comprendre qui est la fille du Ciel.
-C'est peut-être parce que je ne te l'ai pas dit.
-Je veux savoir !
-Je ne peux pas te le dire. Ce serait un spoil.
-Je m'en fiche !
-Pas moi… et puis tout ce que j'imagine n'est pas figé. Je pourrais changer d'avis.
-Si tu le dis mais…
Je m'apprête à contre argumenter mais je sens mon portable vibrer. Je m'excuse en un geste et prend le combiné en main. Ma bonne humeur retombe lorsque je vois le nom de Costia s'afficher. J'accorde un dernier regard à Clarke avant de me lever du canapé.
-Désolée… il faut que je réponde. Je n'en ai pas pour longtemps.
L'incompréhension dans les yeux de Clarke me fait terriblement mal. Mal à l'aise, je passe ma main libre dans mes cheveux et décroche en sortant du salon. Je m'appuie contre la porte de la pièce que je viens de quitter et demande un peu sèchement :
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-D'accord, tu es de mauvaise humeur. C'est bon à savoir. Qu'est-ce qui s'est passé ? Ne me dis pas que tu as perdu hier.
-Costia… vient en aux faits, s'il te plaît. Je suis occupée.
-Très bien. Je veux rentrer !
-Je croyais qu'on en avait déjà parlé.
-Je n'aime pas être ici. Je n'aime pas être loin de toi.
-Pourtant, il va falloir t'y habituer.
-La dernière fois qu'on en a parlé, tu n'avais trouvé aucune solution.
-C'est… juste une question de temps.
-Une question de temps ?
Je ne réponds pas tout de suite. Principalement parce que je ne sais pas quoi dire. Je lui réponds un peu plus calmement :
-Je vais trouver Costia. Je te l'ai promis.
-Je sais. Désolée… c'est juste que…
-Je sais et je comprends. Il y avait autre chose ?
-Cette nuit, j'ai rêvé de ce qu'il s'est passé ce jour-là. C'est bientôt la date d'anniversaire…
-Je ne veux pas parler de ça.
-Je sais que tu ne veux pas en parler. Même pas avec moi mais c'est en train d'empirer Lexa. Tu crois vraiment que j'ignore pourquoi tu es partie vendredi matin ? Tu recommences à faire des cauchemars et je suis prête à parier que tu as dû faire une crise d'angoisse ou même pire, une de tétanie ! Oh et pendant qu'on y est, comment va ta jambe ? Il ne s'agit plus de ce que tu veux faire mais de ce que tu dois faire.
Tous ces mots me touchent comme un poignard en plein cœur. Comment ose-t-elle ? Je commence à faire les cent pas pour contrôler ma colère. Je sers mon poing si fort que mes ongles s'enfoncent dans ma peau me faisant un mal de chien. Des larmes silencieuses s'échappent de mes yeux. Je demande :
-Et depuis quand est-ce que tu te permets de me faire la moral ?
-Depuis que tu m'as convaincue d'aller chez mes grands-parents.
-On en reparle mercredi.
-Lexa…
-J'ai dit mercredi.
* Clarke *
Je me lève du canapé et m'approche de la porte. Je pose ma main sur la planche de bois et j'imagine Lexa de l'autre côté. Elle est si proche mais si imperceptible.
Qu'est-ce qu'elle peut bien dire ? Je colle mon oreille et essaye de percevoir quelques mots. Je sais que c'est un vilain défaut mais j'ai eu le temps de voir le nom de Costia sur son écran.
Je crois… je crois que je suis jalouse.
Jalouse de l'importance que cette fille a dans la vie de Lexa. C'est comme si elle avait pris ma place. Je sais que c'est de ma faute. Je n'aurais pas dû essayer de l'oublier. J'aurai dû revenir vers elle il y a de ça des années.
Après la jalousie, les remords...
Je l'entends hurler. Je sursaute et me retourne d'un geste vif. Je me cogne bêtement contre la porte. Je jure entre mes dents avant d'essayer de tirer la planche de bois qui me sépare de Lexa trois fois de suite. Puis, je me souviens subitement qu'il faut la pousser.
Dès qu'elle m'entend ouvrir, Lexa fait un geste vers son visage. Je devine tout de suite qu'elle a pleurée. Je n'arrive pas à croire que cette fille l'a fait pleurer ! Je la déteste encore plus à ce moment précis.
* Lexa *
Je raccroche violemment. Je ne sais pas par quel miracle mon téléphone tient encore dans ma main. J'ai envie de le balancer à travers la pièce.
La porte du salon de Clarke s'ouvre. J'essuie très vite mon visage, je ne veux pas qu'elle me voit pleurer. Pas encore. C'est pour ça que je ne me tourne pas vers elle. Je l'entends s'avancer doucement. Elle pose sa main sur mon épaule et explique sa présence :
-Je t'ai entendu crier.
Bien sûr que j'ai hurlé. Pourquoi tout le monde essaye de me faire dire des choses que je préfère oublier ? Personne ne comprend la douleur particulièrement unique, foudroyante qui nous envahit quand on formule nos peurs. Je me décide enfin à me retourner et je dis la seule chose que je sais être vraie :
-Désolée…
Je ne sais pas de quoi je m'excuse. Peut-être d'avoir répondu à Costia devant elle. Peut-être d'avoir hurlé. Peut-être de ne pas réussir à lui révéler la vérité alors que j'en ai envie. Ou peut-être simplement un mélange parfait des trois.
Comme elle l'a déjà fait vendredi, elle efface les dernières traces de larme sur mon visage. Elle retire mes lunettes, plie les branches et les range dans la poche de ma chemise. Ses gestes sont tellement doux. Ils m'enivrent tellement que je pourrai me laisser tenter.
Son iris couleur océan se mélange dans le mien. A ce moment, je sais que je suis en sécurité et plus important encore à ma place. Elle dit doucement :
-Ce n'est rien mais tu es sûre que ça va ?
Qu'est-ce que je suis censé répondre à cette question ? Dois-je encore mentir ? Est-ce réellement nécessaire ?
oOoOo
J'espère que ce nouveau chapitre, inattendu vous a plus ! :)
Clarke qui se rend enfin compte de ses sentiments pour Lexa. Ça vous a plus ? Quel choix pensez vous que va faire Lexa ? Continuer à mentir ou dire la vérité ? Ce dévoiler un peu plus ?
Normalement, j'ai laisser un indice sur Costia mais il est peut-être encore trop subtile. Je vous promet que vous allez bientôt savoir qui elle est. Dans un ou deux chapitres, j'hésite encore.
En revanche, Clarke va devoir attendre bien plus longtemps que vous pour le découvrir.
Estelle, dont je vous ai parler toute à l'heure ma demander si je comptais faire une ff sur le monde imaginaire du roman graphique de Clarke. Je lui ai répondu que cet univers était un peu trop vague pour le moment mais que j'y réfléchirais. Donc, si ça intéresse quelque personnes, sachez que je médite sur cette option.
Je vous laisse, et vous dis à bientôt ! :D
GeekGirlG.
