En relisant les commentaires que j'avais reçu pour le dernier chapitre, qui avait déçu presque tous mes lecteurs, j'ai soudain eu l'inspiration pour réécrire cette dernière partie. Après tout, comme certain d'entre vous l'ont dit, je peux mieux faire, alors voilà, c'est fait, et j'en suis plutôt fière. ^^
Je me doute que la plupart de ces lecteurs déçus, justement, seront réticents à lire cette réécriture, mais j'espère en avoir attiré au moins quelques uns avec cette mise à jour, car c'est précisément pour eux (et pour moi-même aussi, évidemment) que j'ai réécrit ce chapitre.
Donc, voici enfin, après sept ans (ça colle bien, non? xD), une fin qui j'espère, ne décevra personne cette fois. Moi, en tout cas, elle me plaît beaucoup. ^^
Bonne lecture !
Conséquences d'Une Nuit
Sixième Partie
{Réécriture}
Videl déglutit, serrant les poings sur ses genoux. À présent qu'elle était face à Heiji, sa détermination s'affaiblissait. Il lui souriait, tourné vers elle, assit dans le canapé, attendant patiemment qu'elle commence à parler.
« Il faut que je te dise quelque chose, » lui avait-elle dit, alors décidée à tout raconter à l'homme qu'elle ne désirait plus épouser. Elle avait expressément évité l'expression « il faut qu'on parle, » qui ne présageait jamais rien de bon, bien que c'eût été de circonstance. Mais elle ne savait pas comment elle devait s'y prendre, et l'idée de faire du mal à Heiji la décourageait encore plus. Elle savait qu'elle allait lui faire beaucoup de mal, et bien que ce fût nécessaire, Videl aurait tellement souhaité que personne n'ait à souffrir dans cette histoire. Heiji comptait réellement pour elle ; leur rencontre avait peut-être été arrangée, et leur mariage grandement encouragé par leurs parents respectifs, mais accepter de l'épouser avait été sa décision à elle. Elle l'aimait sincèrement, et il aurait toujours une place très spéciale dans son cœur, mais Videl réalisait à présent que l'amour qu'elle éprouvait pour lui n'était pas ce que l'on était censé ressentir pour l'homme que l'on devait épouser.
- Alors ? sourit Heiji, penchant la tête sur le côté.
Videl eut un pincement au cœur. Il allait vraiment lui manquer.
Elle déglutit encore, et baissa la tête pour fixer ses poings serrés.
- Ce n'est pas une bonne nouvelle, murmura-t-elle.
Elle sentit le coussin du canapé s'affaisser à sa gauche sous le poids d'Heiji, qui s'était approché d'elle. Il posa sa main sur le genou de Videl, qui se força à rencontrer son regard.
Elle n'était pas une trouillarde ; elle allait lui briser le cœur, le regarder dans les yeux était la moindre des choses.
- Je veux annuler le mariage.
Sa voix tremblait un peu, mais Videl offrait à Heiji un regard franc et déterminé. Elle sentit ses yeux lui piquer en voyant l'expression pleine de douleur et de choc sur le visage de son, à présent, ex-fiancé, et son cœur se serra alors qu'elle brisait celui de l'homme avec qui, il y avait un peine un mois, elle avait encore désiré passer sa vie.
- Je suis tellement désolée, Heiji…
Sa voix se cassait. Elle voulut toucher son bras mais Heiji eut un mouvement de recul.
- Je… Je ne comprends pas, Videl… dit-il, sa voix si faible qu'il donnait l'impression d'avoir du mal à respirer. Je croyais… qu'on était heureux ensemble ? Et on va avoir un bébé…
Videl ferma les yeux quelques instants en prenant une profonde inspiration, tentant de se donner du courage. C'était tellement horrible, ce qu'elle lui avait fait. Non seulement elle l'avait trompé, mais elle lui avait même laissé croire qu'il était le père de son bébé. Ça l'avait bien arrangé, après tout.
Eh bien, plus maintenant. Elle lui devait toute la vérité, et elle avait bien l'intention de s'y tenir.
Videl rouvrit les yeux et rencontra ceux, désespérés, d'Heiji.
- Je te dois la vérité, Heiji… dit-elle lentement. Et la vérité c'est que…
Elle déglutit, puis se mit à parler vite, comme pour se débarrasser au plus vite de cette tâche si désagréable.
- Je… Je suis amoureuse de Gohan depuis le lycée, et quand on s'est revu, tous mes sentiments pour lui ont refait surface et…
Elle déglutit encore, observant l'expression d'Heiji changer lentement tandis qu'il semblait comprendre. Il eut un sourire jaune, et s'éloigna encore d'elle, à l'autre bout le canapé.
- Tu plaisantes, hein ? Avec lui ?
Son ton commençait à montrer sa colère, et Videl sentit ses mains trembler, tandis que ses yeux se remplissaient de larmes.
- Pardon, Heiji. Je suis vraiment quelqu'un d'horrible…
Elle renifla, se frottant les yeux.
- Je n'avais même pas dit à Gohan que j'étais fiancée, je sais même pas pourquoi, et lui aussi me déteste.
Ses lèvres tirées en un trait fin, Heiji continuait à la fixer sans rien dire, peut-être trop en colère pour exprimer quoi que ce soit à voix haute. Videl ne s'était jamais sentie aussi basse… Enfin, si. Cette nuit-là chez Gohan, lorsqu'il avait lâché toute sa colère contre elle, juste avant son accident…
Quand était-elle devenue si méprisable ?
- Je me disais bien… quand vous aviez dansé tous les deux, dit-il en se détournant d'elle.
Il s'accouda au canapé et plaça sa main sur sa bouche. Sa voix était quelque peu étouffée lorsqu'il continua :
- Je suppose que si tu l'aimes depuis le lycée, je n'avais aucune chance contre lui, hein ?
Oh non… La colère avait laissé place à la tristesse, et c'était encore pire. Elle aurait préféré qu'il lui crie dessus, qu'il se défoule sur elle, qu'il casse tout ce qui lui tomberait sous la main, même… Tout sauf ça. Ses épaules affaissées, sa voix faible, pleine de douleur, sa silhouette détournée, comme s'il ne voulait pas lui montrer à quel point elle l'avait blessé… Oh, c'était tellement injuste. Pourquoi fallait-il qu'un homme aussi merveilleux qu'Heiji doive souffrir de ses erreurs ? Il ne méritait pas ça… Il avait toujours été si gentil et respectueux avec elle, toujours si plein d'attentions, toujours prêt à tout pour elle…
Elle ne le méritait vraiment pas.
Elle ne méritait pas Gohan non plus, d'ailleurs.
- Pardon, Heiji… murmura-t-elle encore, baissant honteusement la tête. Tu mérites tellement mieux que moi… Je suis vraiment la pire de toutes.
Un silence, puis…
- Mais c'est toi que je veux.
Videl ferma les yeux et se détourna. Ses larmes continuaient de couler silencieusement le long de ses joues, s'échappant de ses paupières fermées.
- J'aurais tout fait pour te rendre heureuse, tu sais, dit-il doucement, et le cœur de Videl se serra encore plus.
Ils restèrent ainsi, sans rien dire de plus, assis de chaque côté du canapé, pendant un long moment. Il n'y avait plus rien à ajouter après tout.
Ah, pourquoi ne pouvait-elle pas être amoureuse d'Heiji ? Tout aurait été plus simple… Pourquoi n'avait-elle pas pu oublier Gohan après sept ans ? Ils n'étaient même pas sortis ensemble, au lycée, n'avaient même pas osé s'avouer leurs sentiments à l'époque, et pourtant le soir même de leurs retrouvailles, ils avaient été tout simplement incapable de se retenir, se pouvant s'empêcher de se perdre en l'autre le temps d'une nuit…
Peut-être que justement, c'était parce que leurs sentiments l'un pour l'autre n'avaient jamais pu aboutir à l'époque du lycée. Ou peut-être qu'elle l'aimait trop, l'avait aimé pendant trop longtemps, et avait rêvé d'être avec lui trop de fois pour laisser sa raison la stopper quand, enfin, Gohan l'avait embrassé.
Elle aimait Gohan, éperdument, mais Videl doutait que cela puisse jamais marcher entre eux. Elle avait tout gâché, elle le savait bien. Pourtant, la jeune femme n'avait pas encore abandonné. Même s'il devait la rejeter, Videl voulait au moins essayer. Elle voulait au moins en avoir le cœur net. Elle ne voulait pas avoir de regrets.
- Tu ne vas pas le retrouver ? dit enfin Heiji après ce long silence, le ton amer.
- Il me déteste, répondit-elle d'une petite voix.
- Ça m'étonnerait.
Toujours détournés l'un de l'autre, ils se turent à nouveau. Videl se mordit la lèvre inférieure, voulant croire qu'Heiji avait raison. Le souvenir du baiser inattendu de Gohan, à peine quelques heures plus tôt, et de sa déclaration d'amour encore plus inattendue, étaient encore très frais dans sa mémoire, mais Videl n'arrivait pas à se convaincre que Gohan n'avait pas fait tout cela seulement dans le feu de l'action, sans réfléchir, sans vraiment réaliser ce qu'il faisait. Et puis, elle doutait qu'il puisse la pardonner un jour, en tout cas pas avant longtemps…
- Tu ne me détestes pas, toi ? demanda-t-elle dans un murmure.
- Je le déteste, lui, ça c'est sûr, répondit Heiji, et Videl le regarda enfin, bien que lui restât toujours détourné. Et je déteste ce qui nous arrive. Mais toi… Toi, je n'arriverais jamais à te détester.
- Heiji…
Il ne la regardait toujours pas, mais Videl ne put s'empêcher de se rapprocher, et sa main hésitante trembla un peu lorsqu'elle se posa sur l'avant-bras de l'homme qui souffrait par sa faute.
Il se leva, et Videl se sentit plus misérable que jamais en le suivant des yeux.
- Tu devrais aller le trouver, dit-il, lui tournant le dos. Ce serait dommage que l'on doive tous souffrir à cause de cette histoire. J'aimerais que toi, au moins, tu trouves ton bonheur… même si c'est avec lui et pas avec moi.
- Oh, Heiji, je ne te mérite vraiment pas… dit-elle, la voix enrouée de larmes. Je t'aimerais toujours, tu sais.
Il la regarda enfin, et lui offrit un sourire triste.
- Tu te sous-estimes, Videl.
Il se pencha un peu, et lui essuya les yeux d'un geste tendre. Videl lui sourit malgré les larmes qui continuaient de couler.
- Tu es trop gentil…
Il lui fit un petit sourire.
- Je sais. C'est ma plus grande qualité et mon plus grand défaut.
Il se redressa finalement, et Videl s'essuya encore les yeux, reniflant plusieurs fois. Elle se leva, rencontrant son regard doux avec un pincement au cœur. Elle le serra soudainement dans ses bras, et fut soulagée qu'il ne la repousse pas. Ses bras se serrèrent autour d'elle, tandis que les deux ex-fiancés restèrent ainsi encore quelque temps, pour une dernière étreinte.
Videl se dit alors que, si elle n'avait pas revu Gohan, si elle ne s'était pas souvenu à quel point ses sentiments pour lui étaient forts, Heiji et elle auraient pu être heureux ensemble. Dommage…
- Je suis un peu jalouse de la femme qui finira avec toi, avoua-t-elle, ne plaisantant qu'à moitié.
- Moi, c'est de ce type que je suis fou de jalousie… répliqua Heiji, ses bras se resserrant autour d'elle, respirant ses cheveux… S'il est assez con pour ne pas te pardonner, c'est qu'il ne te méritait pas. Moi, je n'aurais pas hésité.
- Tu es vraiment trop gentil, sourit Videl, collant sa joue contre le torse d'Heiji.
Ses paroles la rassuraient, à vrai dire. Gohan pourrait-il vraiment la pardonner ?
« Mais je t'aime, merde ! »
Son souvenir la fit rougir un peu, et Videl fut reconnaissante du fait qu'Heiji ne pouvait voir son visage. La déclaration inattendue de Gohan la rassurait un peu… Après tout, si Gohan l'aimait vraiment, il finirait bien par la pardonner, n'est-ce pas ?
- Tu ferais mieux d'y aller, dit Heiji en l'écartant doucement de lui, la tenant par les épaules. Va le trouver, ne t'occupe pas de moi. Je veux vraiment que tu sois heureuse, Videl.
Ses yeux se remplirent à nouveau de larmes, mais cette fois ce n'était pas par désarrois et culpabilité. Heiji était vraiment un homme incroyable…
- Toi aussi, Heiji. Trouve ton bonheur.
- Je vais essayer, fit-il, avec un petit sourire.
Elle lui serra le bras, et il hocha la tête.
- Tu vas pas rester célibataire longtemps, j'en suis persuadée, affirma-t-elle en faisant un pas en arrière. Un type aussi génial que toi ? Toutes les filles vont faire la queue pour être avec toi.
Il rit un peu.
- Si tu le dis. Allez, vas-y avant que je change d'avis et que je te garde pour moi.
Ils se sourirent, puis, enfin, Videl se dirigea vers la porte d'entrée et mit ses chaussures et sa veste. Lorsqu'elle se redressa, elle se tourna vers Heiji qui la regardait, toujours debout au même endroit, et lui offrit son plus beau sourire.
- Merci, Heiji. Merci pour tout.
Lorsque la porte se referma derrière elle, l'expression d'Heiji s'assombrit, prenant des traits tristes. Il se passa la main sur le visage et poussa un profond soupir.
- C'était pas la bonne, c'est tout, se murmura-t-il pour lui-même, comme pour se rassurer.
Il soupira encore, et se laissa tomber sur le canapé. Il ferma les yeux, levant la tête contre le dossier du sofa.
- Ahh… Ma petite Videl… Je t'ai vraiment aimé…
ooOoo
Elle s'était sentie nerveuse durant tout le trajet, mais ce n'était rien comparé à maintenant. Debout devant la porte de l'appartement de Gohan, Videl ne parvenait pas à rassembler son courage pour sonner. Elle se souvint avec ironie de la seule fois où elle était venue le voir chez lui, et de son impatience quand il avait pris trop longtemps pour répondre. Ce soir-là, elle avait voulu en finir rapidement, une bonne fois pour toute. S'excuser, et laisser toute cette histoire derrière elle…
Et là, elle avait enfin la possibilité, bien que minime, d'être avec Gohan, et pourtant elle restait figée sur place. Elle ne se sentait pas capable de sonner, de lui faire face. Elle avait beau essayer de se rassurer, se remémorant continuellement que Gohan avait dit l'aimer, seulement quelques heures plus tôt, se disant que Gohan finirait bien par la pardonner, mais rien n'y faisait. Sa main refusait de bouger. Son corps était trop tendu.
Peut-être qu'elle ferait mieux de repartir. Peut-être qu'il vaudrait mieux lui laisser plus de temps. Sa blessure était encore trop fraîche, c'était trop tôt. Il devait toujours lui en vouloir, et il avait bien raison d'ailleurs. Elle se détestait pour ce qu'elle lui avait fait… Lui avoir fait croire qu'elle était libre, même par omission, lui avoir donné des faux espoirs alors qu'elle était censée épouser quelqu'un d'autre… Elle ne méritait vraiment pas son pardon.
Elle ferait mieux de rebrousser chemin. Gohan méritait mieux qu'elle. Même si par miracle il aurait accepté de tourner la page, Videl, elle, ne pourrait jamais se pardonner ce qu'elle leur avait fait, à Gohan comme à Heiji. Deux hommes aussi merveilleux que ces deux-là méritaient d'être avec quelqu'un d'aussi pur qu'eux l'étaient. Videl, elle… Elle n'était rien comparée à eux. Elle était moins que rien.
Son regard se baissa sur son ventre, qu'elle toucha en souriant tristement.
- On dirait que ce sera juste toi et moi, hein ?
Videl soupira, défaite, et se retourna pour partir. C'était mieux ainsi. C'était mieux pour Gohan de rester loin d'elle. Elle n'aimait pas ce qu'elle était devenue, et au fond d'elle, Videl savait qu'elle ne méritait pas sa "fin heureuse". Gohan se porterait bien mieux sans elle. Lui aussi, finirait par passer à autre chose, et c'était mieux ainsi.
Pourtant, ses jambes tremblaient alors qu'elle longeait le couloir vers l'ascenseur, et la douleur dans sa poitrine devenait de plus en plus insupportable à mesure qu'elle s'éloignait de l'appartement de Gohan. Elle s'arrêta subitement, se sentant à bout de force, et ferma les yeux.
- C'est mieux pour lui, se murmura-t-elle pour elle-même, comme pour s'en convaincre. Ça devait pas se faire, c'est tout.
Elle déglutit, incapable de bouger. Sa raison avait beau lui répéter que c'était pour le mieux, son cœur refusait d'obtempérer. Elle ne voulait pas partir. Elle voulait être avec Gohan. Vivre avec Gohan, faire sa vie avec lui, élever leur enfant ensemble... C'était ce qu'elle désirait le plus au monde.
Luttant intérieurement contre elle-même, Videl fit difficilement un pas en avant, vers l'ascenseur. Son cœur protesta violemment, et Videl dut s'arrêter de nouveau, serrant sa main contre sa poitrine. La douleur en était devenue physique.
Mais sa décision était prise. Elle s'en remettrait. Elle pourrait très bien se débrouiller seule. Elle était une femme indépendante, elle pouvait très bien s'occuper de son bébé toute seule. Elle n'avait pas besoin d'aide. Elle s'en remettrait, de son cœur brisé.
C'est alors que Videl se figea sur place. Derrière elle, la porte s'était ouverte. La porte de l'appartement de Gohan.
- Ah...
Videl se sentit trembler un peu. C'était sa voix. C'était Gohan. Gohan avait ouvert la porte. Gohan se tenait derrière elle. Il n'était qu'à quelques mètres d'elle.
Et elle était paralysée.
- Videl…? Qu'est-ce que tu…?
Avec un rapide coup d'œil vers la cage d'escalier, l'idée de s'enfuir sans se retourner lui traversa l'esprit. Mais, non, elle ne pouvait pas faire ça à Gohan, il méritait mieux que ça… Bon, tant pis… Elle lui ferait face.
Une dernière fois.
Lentement, Videl se força à se retourner, et regarda Gohan dans les yeux. Son cœur manqua un battement en rencontrant son regard; ses sourcils étaient adorablement froncés par la confusion. Ah, il était tellement craquant… Cela n'allait pas être facile de lui dire au revoir…
- Salut… dit-elle doucement, se sentant un peu timide sous ses yeux scrutateurs.
Elle s'avança vers lui. Gohan avait l'air plus perdu que jamais; il se frottait l'arrière de la tête, et ce geste familier la fit esquisser un sourire. Il était vraiment trop mignon.
Arrivée face à lui, Videl s'apprêta à dire quelque chose, mais ses mots restèrent coincer dans sa gorge lorsqu'elle aperçut, derrière Gohan, le désordre et les boites en carton disposées un peu partout dans son appartement.
- Tu… Tu t'en vas ? dit-elle dans un souffle, rencontrant à nouveau son regard.
Gohan la considéra, à présent impassible, les traits fermés.
- Je n'aime pas trop la ville, finalement.
- Ah...
Videl savait que c'était stupide, mais une profonde tristesse s'était emparée d'elle. Gohan s'en allait… Au moins, s'il restait en ville… Non, il avait raison. C'était mieux ainsi. Il valait mieux briser tout espoir dès le départ. Elle ne pourrait jamais passer à autre chose s'ils continuaient à se croiser en ville. Au moins, s'il partait, elle ne le reverrait plus. L'oublier sera sans doute être moins difficile, si elle ne revoyait plus Gohan, et peut-être qu'un jour ses sentiments pour lui ne seront plus qu'un lointain souvenir.
C'était fini. Elle ne le reverrait plus.
Elle ne le reverrait plus…
- Tu… Tu vas me manquer, balbutia-t-elle sottement, baissant la tête, les joues rosies par l'embarras.
Il ne répondit rien, et Videl n'avait pas le courage de lever les yeux pour voir sa réaction. Elle se sentait bien bête, debout devant lui, sur le pas de la porte. Ah, si seulement elle n'avait pas tant hésité pour partir, elle ne l'aurait pas croisé juste quand Gohan sortait !
- Je voulais juste te dire… à quel point je suis désolée, Gohan, dit-elle d'une petite voix, sans lever la tête. Ce que je t'ai fait… à toi comme à Heiji, c'est impardonnable, alors je comprendrais que tu continues à m'en vouloir toute ta vie...
Il ne dit toujours rien, mais Videl avait trop la trouille de le regarder en face, du coup elle n'avait vraiment aucune idée de ce qu'il pouvait penser de ses excuses. Elle continua de parler, trop nerveuse pour supporter ce silence oppressant.
- J'ai tout dit à Heiji, aussi, donc voilà, plus de mariage… Mais ça n'aurait été bon pour personne si notre vie ensemble débutait sur un mensonge, on aurait jamais pu être heureux, et lui ne mérite pas ça… Enfin voilà, je voulais juste… m'excus...
Sa voix s'estompa lorsqu'elle leva enfin les yeux. Gohan la regardait avec les yeux ronds, bouche bée, complètement figé sur place.
- Plus… de mariage… ? réussit-il à prononcer, le souffle court.
- Ben, euh, non… bredouilla-t-elle en baissant la tête de nouveau, se sentant rougir. Je pouvais pas l'épouser alors que… — ses joues s'empourprèrent encore plus — Alors que tu… Enfin… Euh...
Rha, mais qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ? Depuis quand était-elle du genre timide ? Avait-elle oublié comment on construisait une phrase ou quoi ? Oui, bon, c'est vrai, dire à l'homme qu'on aime que c'était lui la raison de sa rupture avec son fiancé, ce n'était pas de la tarte, mais bon quand même ! C'était à croire qu'elle ne savait plus parler correctement.
- Entre, dit Gohan subitement.
Il lui prit la main et la tira à l'intérieur, puis referma la porte. Sans lâcher sa main. Videl sentit son cœur battre à tout rompre contre sa poitrine, résonant jusque contre ses tempes. Gohan avait l'air de réfléchir à cent à l'heure, ses yeux à la fois concentrés et perdus dans le vide. Puis il les fixa sur elle, et Gohan lui offrit un regard déterminé.
- Est-ce que tu m'aimes ?
Videl crut défaillir par tant de sang rassembler sur son visage, si vite. Et ce qui se passa ensuite n'arrangea pas les choses : lui tenant toujours la main, Gohan l'attira à lui, lui touchant la joue avec celle de libre. Il avait le visage rouge, quoique bien moins que son cas à elle, Videl en était certaine. Mais ses yeux… Ses yeux profondément noirs brillaient avec tant d'émotions, de contradictions, et même d'espoir…
- Parce que moi, je t'aime, Videl.
Sa voix tremblait un peu. Videl crut percevoir de la… crainte ? Il misait le tout pour le tout, après tout. Malgré ce qu'elle lui avait fait, Gohan mettait son cœur en jeu pour elle.
Elle se mit à pleurer, tout d'un coup, et enfouit son visage déjà ruisselant de larmes contre le torse de Gohan. Il l'enveloppa dans ses bras puissants, la serrant fort contre lui…
C'était du soulagement, ses larmes. Elle arrivait à peine à y croire, mais Gohan voulait quand même être avec elle, même après le mal qu'elle lui avait fait. Elle ne le méritait pas, et pourtant…
Il l'aimait. Gohan l'aimait.
- Bien sûr que je t'aime, imbécile, hoqueta-t-elle, sentant ses bras se resserrer plus encore autour d'elle. Mais je… Tu devrais m'en vouloir à mort… Je ne t'ai pas dit que j'étais fiancée, je t'ai laissé croire que j'étais libre… Je t'ai fait tellement de mal, Gohan, et toi tu… Tu…
- C'est toi, l'imbécile, murmura-t-il, son souffle lui chatouillant l'oreille.
Videl frissonna.
- Si je t'en voulais tellement, c'est parce que je mourrais de ne pas pouvoir être avec toi. Parce que je réalisais que c'était sans espoir, que tu étais à un autre… Alors que je te voulais que pour moi.
Videl sentit une vague de bonheur l'envahir, et elle ferma les yeux en souriant, collant sa joue contre le torse de Gohan. Ils restèrent ainsi pendant un long moment, dans les bras l'un de l'autre, peu désireux de se séparer. C'était tellement bon, d'être blotti tout contre lui, comme ça… Videl avait l'impression de flotter dans un petit nuage. Qu'est-ce qu'elle était heureuse… Être là, comme ça, dans les bras de Gohan… Elle ne pouvait vraiment rien demander de plus.
C'est alors qu'elle se rendit compte que ce n'était qu'une impression… Ses pieds ne touchaient vraiment pas le sol.
- Euh… Gohan ?
- Mm?
- C'est normal si on flotte, là ?
Le corps de Gohan se raidit complètement. Cependant, ses bras se resserrèrent autour d'elle tandis qu'ils restèrent en suspend entre le sol et le plafond.
- Ce n'est pas… anormal pour moi de voler, non, articula-t-il lentement.
Videl leva la tête pour le regarder, les sourcils légèrement froncés. Gohan lui offrit un sourire gêné, puis, enfin, se posa sur son parquet, la tenant toujours contre lui.
Gohan savait voler… Elle n'avait pas compris, le matin qui avait suivi leur nuit ensemble, comment il avait pu atterrir sur ses pieds, comme si de rien était, en sautant par sa fenêtre du huitième étage, et honnêtement, Videl avait fini par croire qu'elle avait halluciné… Mais Gohan savait voler, et il savait se battre aussi, apparemment…
Mais, non, il ne pouvait pas être… Elle l'avait vu sans son casque, quand elle combattait le crime en tant que lycéenne… Ce ne pouvait pas être lui, c'était impossible, elle l'avait éliminé de la liste des suspects depuis longtemps. Même si, oui, elle avait toujours eu l'impression que Gohan cachait quelque chose de gros, c'était impossible… Il ne pouvait pas être Saiyaman, elle l'avait vu !
- Mais tu… tu ne peux pas...
Il eut un sourire un peu coupable.
- Si, Videl, je suis bien Saiyaman… avoua-t-il, puis poussa un soupir. Cette fois-là, l'homme que tu as vu sous mon casque, c'était mon père qui me rendait service. Toutes les autres fois, c'était bien moi.
Elle resta là à le fixer, incapable de trouver quoi que ce soit à répondre. Son père... ? Elle fronça les sourcils et regarda de côté, réfléchissant plus en détail au jour où « Saiyaman » s'était subitement démasqué lui-même, soi-disant fatigué d'être sans arrêt poursuivi à travers toute la ville par la jeune justicière.
Mais c'était il y a sept ans, et tout détail accusateur qui aurait pu la faire douter de l'homme aux cheveux dorés était trop flou aujourd'hui. Elle se souvint, cependant, de cette impression étrange qu'elle avait eu, mais qu'elle avait rejeté aussitôt, se disant chanceuse de voir enfin à quoi ressembler l'homme sous son casque orange ridicule. Elle avait toujours ressenti une certaine attirance pour le super héros, mais pas cette fois-là. Elle avait trouvé cela bizarre, ce qui était pourquoi elle s'en rappelait encore. Pourtant, à leur prochaine rencontre, tout était redevenu normal.
Évidemment, puisque Gohan avait repris sa place en tant que le Great Saiyaman, et qu'elle avait toujours été amoureuse de lui – sous son déguisement aussi, apparemment.
C'est alors qu'elle leva la tête vivement et écarquilla les yeux en fixant Gohan, bouche bée. Mais alors…
Ses joues s'enflammèrent.
- C'était… toi… ? C'est à toi que j'ai tout raconté ?
- Euh… oui, avoua Gohan avec un sourire gêné. C'est pour ça que j'avais décidé de m'en aller, pour te faciliter les choses…
Elle s'écarta se lui, digérant l'information. Évitant quelques cartons, Videl alla s'écroulant dans le canapé du salon, poussant un profond soupir et fermant les yeux.
- Je me sens bête… Je croyais me confier à une tiers personne qui n'avait rien à voir avec toute cette histoire, mais c'est à toi que j'ai tout raconté.
Elle sentit Gohan s'asseoir près d'elle, et ouvrit les yeux en se tournant vers lui. Il lui prit la main, la regardant avec le plus grand sérieux.
- Je t'aime, Videl.
Son cœur se gonfla de bonheur et Videl ne put s'empêcher de sourire. Comment lui en vouloir quand son amour la rendait si heureuse ? Gohan lui rendit son sourire, et enroula ses bras autour d'elle pour la tenir contre lui.
- Je t'aime de tout mon cœur, tu sais, dit-il doucement, collant sa joue contre son front.
- Moi aussi je t'aime, répondit-elle dans un souffle, les joues roses de plaisir.
Il marqua une pause, et Videl le sentit tout tendu contre elle. Elle devina pourquoi.
- Tu as d'autres secrets, c'est ça ? fit-elle, se redressant un peu pour le regarder.
Ses yeux reflétant son inquiétude, Gohan hocha tout de même la tête, les sourcils froncés.
- Mais j'ai peur de tout te dire, avoua-t-il d'une voix incertaine.
Elle sourit.
- Je me doute que tu n'es pas comme tout le monde, Gohan.
Il lui sourit en retour, mais il gardait toujours cette lueur d'inquiétude, presque de panique, dans ses yeux noirs. Videl lui toucha la joue, tentant de le rassurer.
- Si tu n'es pas prêt à me le dire tout de suite, je peux attendre, offrit-elle, dégageant sa mèche de cheveux de son front; son unique mèche qui n'allait pas contre la gravité et n'hérissait pas naturellement.
- Mais...
Gohan s'interrompit, et ses yeux se baissèrent sur le ventre de la jeune femme. Elle suivit son regard, et comprit. Videl fronça les sourcils, et rencontra les yeux de Gohan, sentant l'inquiétude monter.
- Il… Il y a un problème avec… avec le bébé ?
- Non ! Bien sûr que non, assura Gohan, prenant ses deux mains dans les siennes. Notre bébé va très bien.
Elle n'était pas surprise que Gohan sache que son enfant était de lui, après tout il avait été son médecin, et il savait exactement quand elle était tombée enceinte. Faire le calcule n'avait pas dû être bien difficile.
- C'est juste que… Comme je suis… différent, le bébé en héritera aussi… Tu sais… de ma force et tout...
Gohan soupira, et se redressa un peu pour se gratter l'arrière de la tête. Videl ne put s'empêcher de sourire. C'était presque un tic chez lui, de se gratter les cheveux quand il était mal à l'aise, et Videl avait toujours trouvé ça trop craquant.
Elle posa sa tête contre son épaule, se blottissant contre lui.
- Autre chose que je devrais savoir avant sa naissance ? demanda-t-elle avec le sourire, fermant les yeux de bien-être lorsque Gohan la serra de nouveau contre lui.
Comme elle adorait être dans ses bras…
- Euh… oui, répondit-il nerveusement. Je suis né avec une, euh… une queue de singe, alors le bébé en aura une aussi, sans doute...
Elle ouvrit les yeux pour les cligner. Une... queue de singe… ? Elle regarda Gohan, et il lui offrit un sourire résigné.
- Tu vois, je peux pas attendre pour tout te dire, raisonna-t-il. De toute façon, si on doit passer notre vie ensemble, je ne peux pas te cacher la vérité sur moi, si ?
Elle sourit jusqu'aux oreilles, radieuse. Ses yeux brillaient de bonheur, et elle l'embrassa, incapable de résister plus longtemps. Elle était trop heureuse ! Bon, c'est vrai, c'était bizarre, mais avec Gohan, le contraire l'aurait étonné. Et puis, comment pouvait-elle se souciait de détails comme une queue de singe et une force surhumaine quand l'homme qu'elle aimait voulait passer sa vie avec elle ?
Gohan prit son visage en coupe tandis qu'il répondit à son baiser, et Videl enroula ses bras autour de son cou, l'attirant plus près. Vraiment, elle s'en fichait du reste. Tout ce qu'elle voulait, c'était de rester là, comme ça, avec Gohan, pour toujours. Elle avait l'impression que son amour pour lui allait exploser.
- Je t'aime… C'est tout ce qui compte, souffla-t-elle contre ses lèvres. Le reste peut attendre.
Il déplaça son bras gauche autour d'elle pour la serrer contre lui, reprenant le baiser avec plus de fougue. Elle avait chaud… Très chaud. Et Gohan n'arrangea pas les choses lorsqu'il descendit ses lèvres le long de son cou, passant par sa clavicule, continuant d'aller plus bas… Ses baisers atteignirent la naissance de ses seins, et Videl gémit, se perdant complètement dans ses caresses. Elle se rendit à peine compte lorsque Gohan lui retira sa veste, et l'allongea sur le canapé, ses mains glissant le long de ses cuisses, sous sa jupe.
- Tu me rends fou, Videl… haleta-t-il contre sa peau.
Elle attrapa son visage entre ses mains pour l'embrasser encore, s'enivrant de toutes les délicieuses sensations que Gohan lui faisait ressentir. Elle s'essoufflait, mais elle s'en fichait. Elle voulait continuer à l'embrasser, encore et encore, sans jamais s'arrêter. Elle s'accorda quelques instants pour respirer avant de reprendre, s'emparant de la bouche de son homme.
Oui, Gohan était à elle maintenant. Et elle avait envie de lui, là, tout de suite. Elle le voulait tout entier, rien que pour elle. Et elle n'avait aucune envie d'attendre une seconde de plus.
Trop impatiente, elle ouvrit sa chemise d'un coup sec, faisant sauter tous ses boutons. Gohan rit contre ses lèvres, et se positionna un peu mieux entre ses jambes.
- Tu es mignonne quand tu ne peux pas attendre, taquina-t-il, frottant son nez contre sa joue.
Il enfouit son visage dans son cou, et Videl se sentit défaillir par ses baisers. Elle se mordit les lèvres, son corps tremblait. Elle enroula ses jambes autour de sa taille, se frottant contre son entrejambe, et passa ses mains le long de son torse musclé. Elle gémit. Elle n'en pouvait plus. Elle le voulait, là, tout de suite. Et d'après la bosse qui se frottait à son sous-vêtement, Gohan en avait tout autant envie qu'elle.
Il glissa sa main sous son débardeur, puis sous son soutien-gorge, et Videl émit un long gémissement en la sentant sur son sein.
- Gohan… Prends-moi… tout de suite...
Il rit contre son cou, et l'instant d'après, Videl entendit le bruit d'une fermeture éclair qu'on baissait. Puis elle sentit sa main sous sa jupe, déplaçant sa culotte sur le côté. Videl mourrait d'anticipation.
Il pinça son téton en même temps qu'il la pénétra, et Videl poussa un cri de plaisir. Elle attrapa son visage entre ses mains et l'embrassa avidement, étouffant ses cris d'extase tandis que Gohan lui faisait l'amour.
Il n'y avait que lui. Gohan était le seul, le seul à pouvoir la faire perdre la tête d'un regard, d'une caresse, d'un baiser, le seul qui la rendait complètement ivre de désir. C'était trop fort, trop intense, et Videl avait l'impression de mourir et de renaître à la fois. C'était tellement bon, tellement beau. Elle l'aimait si fort, si éperdument, si complètement. Il était fait pour elle. Personne d'autre n'aurait pu faire l'affaire - c'était Gohan, et aucun autre qu'elle voulait, qu'elle avait toujours voulu, depuis le début. Il n'y avait que lui. Depuis toujours. Seulement lui.
- G… Gohan… Je t'aime… Je t'aime tellement, gémit-elle, sa bouche à quelques millimètres de la sienne, leurs souffles saccadés se mêlant tandis que Gohan accélérait le rythme.
- Je… moi aussi je… Ghnnn… V… Videl...
Il s'interrompit, enfouissant son visage dans son cou, allant toujours de plus en plus vite, de plus en plus fort. Videl resserra ses bras autour de son dos puissant, sous sa chemise ouverte. Elle ressentait chaque mouvement de Gohan comme une secousse de délice qui traversait tout son corps, encore et encore. À ce rythme, elle n'allait pas pouvoir tenir longtemps… Elle était si près…
Quelques secondes de plus suffirent à la faire venir, et Videl cria le nom de son amant tandis que tout son corps convulsait d'extase. L'instant d'après, Gohan s'enfonça une dernière fois en elle et s'immobilisa, la suivant de près. Il poussa un long râle contre sa peau, et Videl adora la façon dont tout son corps tremblait contre elle.
- Je t'aime aussi, ma Videl, murmura-t-il à son oreille, le souffle court.
Elle garda les yeux fermés et eut un sourire béat. Elle sentit ses lèvres l'embrasser, et répondit avec enthousiasme. Elle se sentait comblée. L'amour de sa vie l'embrassait, l'aimait en retour, et ils allaient avoir un bébé ensemble… Vraiment, comment gâcher son bonheur ? Si Gohan croyait que ses secrets, quels qu'ils fussent, pourraient la faire fuir, il se trompait lourdement. Elle s'en fichait éperdument, de ne pas connaître la « vérité sur lui ». Lui, elle le connaissait par cœur. Sa maladresse attendrissante, la douceur qui le caractérisait, son côté timide, sa bonté d'âme, sa gentillesse, son humour décalé, son côté taquin, et ses brusques moments d'assurance qu'elle trouvait incroyablement sexy… Elle aimait tout chez lui. Rien de ce qu'il pourrait lui dire ne pourrait changer ça.
Gohan se redressa, se retirant enfin, et les deux amoureux échangèrent des sourires et des regards complices. Il l'embrassa tendrement, et Videl se sentit fondre, enroulant ses bras autour de son cou.
- Épouse-moi, Videl, murmura-t-il contre ses lèvres, épouse-moi tout de suite. Je ne veux pas attendre.
Elle gloussa.
- Enlève-moi, alors.
Gohan sourit jusqu'aux oreilles, ses yeux pétillant d'excitation.
- Tu veux vraiment alors ? Ça te va vraiment si on s'enfuit se marier, là, tout de suite ? Sans famille ni amis ? Que tous les deux ?
Le sourire de Videl s'élargit.
- Pas besoin d'essayer de me convaincre, Gohan. J'ai déjà accepté, non ?
Il rit.
ooOoo
San Tiag City n'était pas très loin, et en volant, Gohan y emmena Videl en à peine dix minutes. C'était la ville des casinos et des mariages improvisés. Les casinos, le jeune couple s'en fichait, mais pour eux qui ne voulaient pas attendre pour se marier et commencer leur vie à deux, c'était l'idéal.
Videl lui avait dit d'attendre à l'autel, le temps de se trouver une tenue qui conviendrait mieux à la cérémonie. Ce n'était pas parce qu'ils étaient pressés de se marier qu'elle ne pouvait pas se faire belle pour le jour le plus important de sa vie.
Gohan était impatient. Lui-même s'était changé chez lui avant de partir, portant un costume noir plutôt classique. Son cœur battait la chamade, tout excité à l'idée d'épouser Videl. Il avait tellement rêvé de ce moment qu'il avait du mal à croire que cela arrivait vraiment, qu'il n'allait pas se réveiller à tout moment, qu'il était vraiment sur le point d'épouser la femme qu'il aimait depuis l'adolescence.
C'est alors qu'elle arriva, et le jeune éperdu eut l'impression de voir apparaître un ange. Sa robe était jaune pâle, sans bretelles, avec une ceinture bleue juste sous sa poitrine qui formait un nœud sur le côté. Elle portait une fleur bleue derrière l'oreille, et avait laissé ses cheveux lâchés. Les yeux de Gohan détaillèrent chaque détail de son apparence, de haut en bas, et finit son parcours sur les sandales blanches à talons que Videl avait aux pieds. Quelqu'un offrit un bouquet de fleur à la jeune mariée, il ne remarqua pas qui, trop obnubilé par la déesse qu'il s'apprêtait à épouser.
Il n'était pas nerveux. Il n'avait aucun doute, aucune incertitude. C'était elle et aucune autre. Videl était la femme de sa vie, il le savait, et l'épouser était dans l'ordre des choses. C'était la chose la plus naturel au monde.
Elle lui sourit timidement en acceptant la main qu'il lui tendait, et Gohan la mena vers l'homme qui officiait la cérémonie. Tout était comme dans un brouillard pour Gohan, et il n'avait aucune idée de ce qui avait été dit. Tout ce qu'il voyait, c'était les magnifiques yeux bleus de Videl, tout ce qu'il entendait, c'était les battements effrénés de son cœur contre ses tempes, et tout ce qu'il attendait, c'était le moment de dire enfin "je le veux", pour qu'enfin il puisse embrasser sa ravissante mariée.
- Je le veux, dit-il impatiemment, souriant tellement qu'il en avait mal aux joues.
- Et vous, Videl ?
- Je le veux.
Gohan n'attendit pas la suite : il embrassa Videl tandis qu'on les prononçait « mari et femme ».
Enfin.
Fini !
