Note : Merci à tous les revieweurs du chapitre précédent (ilems, DragonEbene, brigitte26, Hiimeekaa, Kelewan, SarLy, tokane, Paprika Star, caence) ! Et bienvenue à tous les nouveaux lecteurs qui nous ont rejoint !


Chapitre 7 : Rapprochements

« Je suis désolé… Pour toi et Higgs, déclara Harry avec un sourire compatissant.

Tracey haussa les épaules et contempla un instant son verre de daiquiri fraise. Elle devait admettre qu'elle se sentait un peu mieux de s'être confiée à Potter.

Le jeune homme l'avait trouvée en larmes après sa dispute avec Théodore et lui avait gentiment proposé d'aller prendre un verre. D'abord un peu surprise, elle avait finalement accepté.

- C'est juste que je ne m'y attendais pas du tout, confessa t-elle. Je croyais que mon chemin était déjà tout tracé. Le mariage, les enfants, le pavillon en banlieue sorcière de Londres… Et puis j'ai vu tout s'effondrer du jour au lendemain !

Elle lâcha un petit rire étranglé.

- Je sais ce que ma mère me dirait si elle était encore de ce monde : c'est la vie, on ne peut rien y faire… Et puis, des milliers de gens sont passés par là avant moi… Je suppose que ça n'a pas dû être facile pour toi non plus, avec Ginny Weasley.

Les derniers mots lui avaient échappés. Elle se mordit fort la lèvre, regrettant immédiatement ses paroles. Le sujet était sans doute encore sensible… Comme à son habitude, elle avait parlé avant de réfléchir.

Mais le jeune sorcier se contenta de hausser les épaules, avant de répondre sur un ton presque joyeux :

- C'était dur au début, mais maintenant je vais beaucoup mieux. Et toi aussi, tu verras… Tu sais ce qu'on dit : le temps guérit toutes les blessures. J'y crois vraiment. Après la guerre, j'étais dévasté. Toutes ces morts, toutes ces souffrances… Je me sentais responsable. J'avais l'impression que cette douleur et cette culpabilité ne s'arrêteraient jamais.

- Oh, Potter… souffla Tracey

Elle esquissa un geste pour poser sa main sur celle du jeune homme, mais Harry lui fit comprendre d'un signe de tête qu'il n'avait pas besoin d'être réconforté. Il allait raconter jusqu'au bout. Il en avait besoin. Terriblement besoin, même, réalisa t-il.

- Les jours se succèdent et la souffrance ne diminue pas. Tu tournes en rond. De temps en temps tu as l'espoir d'aller mieux… Mais quelques minutes plus tard, tu sombres de nouveau… C'est une spirale sans fin, tu as l'impression que tu ne vas jamais t'en sortir. Et puis un matin, alors que tu as perdu tout espoir, tu te réveilles, et tu te rends compte que tu vas un peu mieux. Oh, ce n'est pas grand chose. Mais tu as l'impression que le monde est déjà un peu moins noir, que tu n'es plus au fond d'un gouffre… Et ça, c'est le début de la guérison.

Tracey resta pensive quelques secondes, comme pour s'imprégner pleinement des paroles du jeune homme. Puis elle déclara, alors qu'un sourire fleurissait sur ses lèvres :

- Tu as raison. Tu as parfaitement raison. Je suis plus forte que tout ça. J'aimerais juste avoir le sentiment que… que Théodore me soutient vraiment. Pas qu'il cherche à m'enfoncer.

- Bien sûr qu'il te soutient : c'est ton meilleur ami ! protesta Harry. Il a été maladroit… Mais je suis sûr qu'il le regrette à présent.

Tracey esquissa de nouveau un sourire, et se décida finalement à avaler une gorgée de son cocktail. Harry se sentit bêtement gratifié. Il n'avait jamais réalisé à quel point il était agréable d'être utile à quelqu'un.

- On trinque ? demanda t-il en levant son verre. A la tranquillité retrouvée !

Tracey lâcha un petit rire joyeux.

- A la tranquillité retrouvée, répéta t-elle avec un air complice alors que leurs verres tintaient l'un contre l'autre.


Drago connaît Pansy par coeur. Ils se fréquentent depuis si longtemps que les paroles sont devenues inutiles et superflues entre eux.

Il peut la comprendre juste en l'observant. Ses gestes et ses attitudes lui parlent souvent plus que mille mots. Il sait quand elle est heureuse, agacée, excitée, fachée, charmée, triste, ou même angoissée. Il sait quand il faut lui parler ou quand il faut juste être là pour l'écouter. Il sait quand elle en a marre de son boulot, quand elle s'est achetée une nouvelle paire de chaussures, quand elle a envie de sortir en boîte ou quand elle veut simplement aller au restaurant au coin de la rue…

C'est cette connaissance intime de son amie qui lui permettait à présent d'affirmer qu'elle s'était lassée de Benjamin.

« Je vais y aller, ma chérie, souffla le jeune français avec tendresse.

Il embrassa Pansy une dernière fois sans remarquer sa grimace de dégoût.

Je lui donne douze heures, songea l'héritier Malefoy avec fatalité. Dommage, pour une fois qu'elle en avait trouvé un qui n'était pas un salaud…

Il savait cependant qu'il était inutile de s'interposer. Il risquait simplement d'empirer la situation. Quand Pansy avait quelque chose dans la tête, elle ne l'avait pas ailleurs. Aussi attendit-il avec résignation le moment où Benjamin aurait disparu et…

- Oh. My. God ! s'exclama immédiatement Pansy en levant les bras au ciel. Je n'en peux plus ! Ce type me tape sur le système ! T'as vu ça ? Il ne voulait pas me lâcher… S'il y a bien une chose que je déteste ce sont les types collants comme lui !

Drago hocha la tête distraitement, alors que Pansy commençait à énumérer la liste des défauts du français. Et c'est parti pour un de ses interminables monologues… songea t-il. J'en ai pour au moins vingt minutes. Il reconcentra son attention sur son exemplaire de la Gazette du Sorcier de la veille. Il voulait terminer son article sur les dragons sauvages qui s'étaient échappés d'un centre de dressage en Roumanie. Cependant, il fut brusquement ramené à la réalité lorsque Pansy s'exclama :

- … un peu comme quand tu as embrassé Potter hier soir !

Redressant la tête si brutalement qu'il manqua de faire craquer ses cervicales, il s'écria :

- Hein ? De quoi tu parles ? Comment tu es au courant ?

Pansy croisa les bras sur sa poitrine, fière de son effet.

- J'ai mes sources.

- Blaise et toi aviez disparu, répliqua Drago.

- J'ai mes sources, je te dis ! triompha t-elle. Tracey m'a envoyé un message hier soir. Elle et Théodore t'ont vu…

- Mince, je les avais oublié eux…

- D'ailleurs, en parlant de Tracey et Théodore, il faudrait qu'on se fasse un truc avec eux. Quand Blaise sera parti faire autre chose, bien entendu. Même s'il sait que nous sommes toujours amis avec eux, je ne veux surtout pas retourner le couteau dans la plaie...

Voyant là l'opportunité de changer de sujet de conversation, Drago acquiesça.

- Oui, c'est une bonne idée ! Et tu as raison pour Blaise. On pourra toujours profiter d'une de ses sorties avec Alfonso…

A sa grande surprise, Pansy fit la moue à l'évocation du jeune italien. Puis elle déclara dédaigneusement :

- Ah oui, je l'avais oublié lui…

Elle paraissait contrariée. Drago fronça les sourcils, confus :

- Attends, je ne comprends pas. C'est quoi le problème avec Alfonso ? Il est très gentil, et il fait du bien à Blaise. Avec Théodore dans les parages, c'était la meilleure chose qui pouvait lui arriver !

Son amie leva les yeux au ciel, comme si la réponse était évidente :

- Mais enfin, il est ami avec Benji !

- Et alors ? rétorqua Drago, qui ne comprenait toujours pas où elle voulait en venir.

- Et alors… répéta Pansy comme si elle s'adressait à un enfant particulièrement idiot. Si je romps avec Benji, on sera obligé de fréquenter son groupe d'amis à cause de Blaise. Parce qu'il sort avec Alfonso.

Drago écarquilla les yeux.

- Parfois, Pansy, tu me stupéfies par ton égocentrisme, murmura t-il, éberlué.

Mais la remarque parut glisser sur la jeune femme.

- Bref, il faudra lui dire de fréquenter uniquement Alfonso tout seul, poursuivit-elle comme si elle ne l'avait pas entendu. Surtout que je n'aime pas trop Charlotte, je la trouve ennuyeuse. La seule qui va me manquer c'est Roxane. Elle est vraiment sympa, cette fille... (Puis, soudain, semblant se rappeler de quelque chose.) Mais attends… Comme tu as détourné la conversation ! On parlait de Potter et toi au départ, non ?

Eh merde… songea Drago.

- Pour être plus exact, tu as détourné la conversation toute seule, je n'ai rien eu à faire, releva t-il.

Mais Pansy ignora de nouveau sa remarque.

- Alors… roucoula t-elle, s'installant à côté de lui. Qu'est-ce qu'il s'est passé entre Potter et toi ? Entre nous, j'ai toujours su qu'il y avait plus qu'une simple rivalité entre vous… Cette haine qui crépitait tout autour de vous, ce ne pouvait être qu'une tension sexuelle mal contenue…

- Quoi ? glapit Drago. De quoi tu parles ? Il n'y a rien entre Potter et moi ! Et il n'y a jamais rien eu d'ailleurs… Je vais te dire ce qu'il s'est passé : Potter était complètement bourré, il est venu vers moi et m'a embrassé par surprise. C'est tout.

- Mouais, souffla Pansy, peu convaincue. Visiblement, tu ne t'es pas débattu.

- Au départ, j'étais trop surpris, je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Mais je l'ai repoussé quelques secondes plus tard en lui disant de retourner voir sa Weasley… De toute façon, je parie qu'il ne s'en souvient même pas, il était tellement torché… Il se rendait à peine compte que c'était moi.

- Tu crois ça ? Il ne t'a pas appelé Malefoy ?

- Si, mais… protesta faiblement Drago.

- Alors il savait parfaitement à qui il avait affaire. Moi je dis qu'il y a anguille sous roche ! Tu ne laisses pas le petit Potter indifférent ! s'exclama Pansy en tapant dans ses mains d'excitation.

- Mais non, n'importe quoi… Il n'est même pas gay, en plus ! Je te rappelle qu'il vient de se séparer de Ginny Weasley...

- Peut-être parce qu'il a découvert qu'il préférait les hommes ? suggéra Pansy, bien décidée à avoir réponse à tout.

- Ou peut-être tout simplement parce qu'il était trop bourré, comme je me tue à te dire depuis tout à l'heure ! s'énerva soudain Drago, faisant sursauter Pansy de surprise.

Puis, sans ajouter un mot, il se leva et rejoignit le bungalow, coupant court à la protestation qui germait sur les lèvres de son amie. Il y avait vraiment des jours où il avait le sentiment qu'elle, en revanche, ne le comprenait pas.


Blaise éclata de rire lorsque le jet ski d'Alfonso fut projeté par une vague. Le jeune italien se retrouva déséquilibré et vacilla avant de tomber à l'eau, pendant que son jet ski s'éloignait en solitaire. Blaise entendit vaguement le moniteur lui crier une instruction qu'il ne comprit pas. Haussant les épaules, il sortit sa baguette magique et jeta un sort pour faire revenir le jet ski d'Alfonso vers eux. Puis il démarra son véhicule pour rejoindre et porter secours à l'italien.

Ce dernier sortait avec peine la tête de l'eau. Rouge et essoufflé, il nagea jusqu'à Blaise, un grand sourire collé sur les lèvres.

« Hahaha ! Tu as vu ça ! s'exclama t-il en riant.

- On aurait dit un hippogriffe qui essayait de se débarrasser de toi, répondit Blaise.

Ils eurent un nouveau fou rire lorsque Blaise l'aida à monter sur son jet ski et qu'il manqua de glisser, les entraînant tous les deux à l'eau.

Finalement, ils décidèrent de rester tous les deux sur le jet ski de Blaise pour le retour et envoyèrent d'un coup de baguette celui d'Alfonso rejoindre la plage.

Blaise reprit sa place et Alfonso s'installa derrière lui. Il passa ses mains autour du torse du métis, se collant à lui. Blaise frissonna lorsqu'il sentit le souffle du jeune italien dans son cou, mais il ne sut déterminer si ce frisson trahissait du désir. Il envoya un sourire radieux à son nouveau copain avant de démarrer le jet ski en trombe.

Il se laissa aller à la sensation grisante que lui procuraient la vitesse du jet ski, le souffle du vent sur sa peau et les bras d'Alfonso autour de lui. Pendant un instant, il eut l'impression que tous ses soucis s'envolaient. Son boulot ennuyeux à mourir, sa mère qui lui rappelait tous les jours qu'il était un raté, ses amis qui ne le comprenaient pas et surtout… Théodore. Théodore qui était à quelques bungalow de lui, Théodore qui lui avait promis de lui faire la misère, Théodore qui était toujours aussi arrogant, insupportable et pourtant incroyablement bandant… Il eut de nouveau un frisson, et cette fois-ci il était certain que c'était du désir. Des images peu catholiques de Théodore et lui commencèrent à défiler dans sa tête. Il se sentit soudain très à l'étroit dans son maillot de bain, et il espéra qu'Alfonso n'avait pas remarqué sa gêne.

Il se maudit intérieurement : pourquoi fallait-il qu'il pense à son ex dans un moment pareil ? Pourquoi est-ce qu'il n'arrivait pas à profiter du moment présent, avec le charmant italien qui l'accompagnait ?

Avec un soupir, il prit la direction de la plage. L'harmonie du moment était brisée, et il n'avait plus qu'une idée en tête : rentrer.

Lorsqu'ils arrivèrent sur la plage, il constata avec surprise que le moniteur était furieux. Il gesticulait dans tous les sens en postillonnant sur les vacanciers autour de lui.

« Qu'est-ce que j'avais dit ? s'énerva t-il. Pas aller trop vite, pas monter à deux sur le jet ski, et surtout, pas de jet ski télécommandé par la magie ! Non seulement c'est dangereux, mais en plus les objets électroniques réagissent très mal avec la magie !

En temps normal, Blaise se serait senti coupable. Il n'aimait pas spécialement braver l'interdit, ni passer pour un sale type. Mais cette fois-ci, il décida qu'il s'en foutait. Haussant les épaules, il s'excusa mollement avant de rentrer le jet ski dans le local.

- On s'est bien amusés, non ? lui fit Alfonso une fois qu'ils étaient hors du champs de vision du moniteur.

- Ouais, répondit Blaise sans enthousiasme.

Il voulait s'en aller. Laisser Alfonso là et rentrer au bungalow pour être seul. Mais le jeune italien ne semblait pas être de cet avis.

Il posa sa main sur le bras de Blaise.

- Tu veux qu'on aille chez moi ?

Blaise ravala le "non" qui lui brûlait les lèvres, et se retourna vers Alfonso. Sous la lumière tamisée du local, les traits de son visages paraissaient plus marqués, plus masculins. Blaise ferma les yeux un instant. Il fallait qu'il remette de l'ordre dans ses pensées. Qu'est-ce qui le retenait d'aller chez Alfonso, après tout ? Rien. A part peut-être ce pincement au coeur quand il pensait à Théodore.

Mais Théodore et lui, c'était terminé, raisonna t-il. L'héritier Nott le détestait, il en avait eu la preuve ce matin. Il ne le voyait plus que comme une nuisance, quelque chose qui l'irritait et le dérangeait.

Il prit une profonde inspiration et rouvrit les yeux. Ils croisèrent ceux d'Alfonso, noirs comme de l'encre. Il voulu soudain se perdre dans leur abîme, être aspiré dans un gouffre sans fond.

- D'accord… murmura t-il alors dans un souffle, avant ses lèvres ne soient capturées par celles de l'italien.

C'était décidé. Ce soir, il lâchait prise. Ce soir, il oubliait Théodore.


Hermione se tenait au milieu des vestiges d'une ancienne civilisation magique, son corps serré tout contre celui de Ron. Elle poussa un soupir de contentement. Le moment était parfait. Le Soleil tombait sur la mer et l'inondait de ses reflets orangés. Au loin, on apercevait des barques de pêcheurs moldus qui revenaient vers la plage. Elle repoussa une mèche rebelle qui tombait sur le visage de son petit ami, et lui caressa amoureusement la joue.

« Hermione… souffla t-il, d'une voix tremblante.

Elle posa doucement un doigt sur sa bouche, pour lui intimer le silence. Elle voulait savourer le bruit délicat du vent dans les arbres et de la respiration de Ron tout contre son oreille.

Mais le jeune homme paraissait en avoir décidé autrement.

- Hermione, je dois te dire… te demander quelque chose, lâcha t-il finalement.

Il planta ses yeux bleus directement dans les siens, de cette manière qui la faisait toujours fondre. Elle hocha la tête, pour l'enjoindre de poursuivre.

- Hermione, je t'aime, lâcha t-il après avoir pris une profonde inspiration. Tu es la personne la plus formidable que je connaisse et… Je voudrais t'avoir à mes côtés pour la fin de mes jours.

La jeune femme retient son souffle.

- Hermione, est-ce que… est-ce que… coassa Ron, la gorge nouée par l'émotion.

Il s'arrêta quelques secondes pour prendre de nouveau une inspiration. Puis, sortant de sa poche un écrin, il murmura :

- Est-ce que tu voudrais m'épouser ?