Couple HP/DM
Rating : M
Note : Yaoï, homophobes s'abstenir.
Thank Ceres! Have a good hollyday! Or work! ^_^
Lexique: ânti: encens.
Chapitre 7 : Morphing
Alors que les premiers rayons de l'aube pointaient timidement leurs nez, Harry disait adieu à sa ville natale. Les hauteurs de celle-ci se dessinaient dans le lointain, se découpant douloureusement sur l'horizon. Quand pourrait il revoir ces rues pavées, ces hautes tours, son temple ? Sans doute jamais.
Cette constatation lui provoqua un pincement au cœur. Il était heureux de pouvoir apporter son aide à la déesse, mais quitter sa vie facile, connue, n'était pas aisé. Il contempla une dernière fois ce qui avait été sa maison puis détourna la tête, les yeux brillants.
Il reconnut au moins un avantage à sa forme féline : il pouvait se déplacer dans le désert beaucoup plus facilement. Un humain n'aurait pas tenu très longtemps. Le voyage fut plutôt morne : du sable à perte de vue et rien pour lui changer les idées.
Inévitablement ce paysage l'emmena à repenser à son sauveur. Son souvenir provoquait en lui des sentiments mitigés : une profonde gratitude pourtant teintée d'amertume. Certes il l'avait secouru, mais au bout de combien de temps, de combien de blessures ? Et puis il n'était pas intervenu immédiatement, il avait vu l'incertitude dans son regard.
Cependant il ne parvenait pas à lui en vouloir complètement : choisir de trahir son dieu n'était pas une décision facile. D'ailleurs pourquoi l'avait il fait ? Une question qui resterait sans doute sans réponse, même si une chose était sûre : il ferait tout pour retrouver ce garçon et le connaître, non sans le remercier un millier de fois. En outre il s'inquiétait vraiment pour lui, il risquait des représailles par sa faute. S'il en avait l'occasion il rembourserait sa dette.
Héliopolis arriva en vue au bout de plusieurs laborieux jours. Le cœur d'Harry se gonfla de soulagement, il avait réussi et il ne craignait plus rien. Momentanément du moins. Il attendit quelques heures en périphérie que la nuit tombe avant de se faufiler agilement entre les bâtisses jusqu'à celle indiquée par Solal.
Elle aurait pu se distinguer des autres par son apparente richesse, si les autres demeures à proximité n'étaient pas aussi opulentes. La ville de Râ ne regorgeait pas de pauvreté. Seules les portes peintes en noires la différenciaient. Son ancien compagnon félin lui avait raconté que Haânkhès ne s'était jamais remise de la mort de son époux lors de l'une des multiples rixes contre la Nubie. Néanmoins elle menait dorénavant sa maisonnée d'une main de fer, proliférant grâce à la culture et la vente de papyrus.
L'entrée était close et les murs trop hauts pour être sautés. Harry ne sut comment il allait pouvoir pénétrer dans l'enceinte sans se faire remarquer. Il avança jusqu'aux portes, cherchant un quelconque moyen. Le seul était sans doute de rugir jusqu'à ce qu'il se fasse entendre, mais ça alerterait également tout le voisinage. Seulement faute d'autres solutions…
Il ouvrit la gueule, cependant son cri resta coincé dans sa gorge. En effet le battant venait de s'ouvrir. Seuls ses yeux de lion lui permirent d'apercevoir une femme toute de noir vêtue, dans les ombres de la nuit. D'un signe elle lui intima de la suivre. Se glissant dans l'ouverture, Harry obéit sagement. Elle le mena jusqu'à une vaste cuisine encore déserte.
« -As-tu faim ? » l'interrogea t'elle aussitôt en chuchotant.
Le félin secoua sa grosse tête de gauche à droite pour lui signifier que non. C'était un mensonge, dans le désert il n'y avait guère à manger pour un lion inexpérimenté et à moitié humain. Mais sa politesse lui interdisait tout aveu. Bien que la femme l'eut fixé d'un air sceptique, elle poursuivit son chemin. Une petite chambre, dans un coin éloigné de la maison l'attendait. Ce n'était certainement pas la plus spacieuse de la villa, néanmoins elle lui convenait parfaitement.
« -Reposes toi, reprit son hôte, je reviendrais demain. Nous parlerons. »
Elle le quitta sur un signe de tête. Quelque peu déboussolé, Harry s'allongea quand même sur la confortable natte. Ses question et les réponses qui allaient avec attendraient donc le lendemain. Cependant tous ces mystères le rendirent fébrile et il eut du mal à dormir.
o0o0o0o
Ce fut léger.
Un simple frémissement mais qui mit tous ses sens en alerte. Le lion se retrouva instantanément sur ses pattes, grognant. L'intrus se recula vivement en tremblant. Le fauve détailla son ennemi avec acuité. Mais c'était seulement une jeune esclave, mince comme un roseau avec de grands yeux de biche.
Devant elle, était posé un bol de lait. Elle lui avait simplement apporté son repas ! Harry se calma aussitôt, ses instincts de lion étaient vraiment à fleur de peau. Il essaya de la remercier d'un ronronnement. La jeune fille le fixa avec circonspection avant de s'incliner et de partir.
L'orphelin poussa un soupire désespéré – dans sa tête – sa condition devenait véritablement embarrassante. Solal avait dit que Haânkhès le libérerait, il avait intérêt à avoir dit la vérité. Sur ces pensées résolues, il lapa avec ferveur le lait de chèvre. Le liquide coula dans sa gorge comme une bénédiction. C'était délicieux.
Sa collation terminée, il passa le bout de son museau par l'entrebâille, cherchant à voir si son hôte était dans les parages, tout en évitant de se faire surprendre. Le couloir était vide mais il pouvait entendre les gens qui s'activaient dehors. Il les écouta attentivement, essayant de les distinguer. Tout à sa concentration, il n'entendit pas les pas feutrés qui approchaient. Au dernier moment il releva la tête pour croiser le regard de la veuve.
« -Il est inutile de vous cacher dans cette maison, lui dit elle gentiment, mes serviteurs sont sûrs et fidèles à Râ, ils ne feraient jamais de tord à l'une de ses protectrices. »
Harry en fut rassuré bien qu'il ne put le montrer. D'ailleurs ici il ne pouvait pas communiquer, il commençait à désespérer de ne jamais retrouver sa forme originelle. Résolu pourtant à se faire comprendre, il se baissa sur ses pattes avant en gémissant. Il gratta le sol de ses griffes, mordilla son corps pour montrer qu'il n'en voulait plus. La femme lui sourit gentiment.
« -Je sais. Allons, suis moi, » dit elle en tournant les talons.
Elle l'emmena dans une petite pièce sans fenêtre où brûlaient de nombreux bâtonnets d'ânti. Des bougies éclairaient chichement la chambrette. Elle le fit s'installer au centre, l'œil de Râ y était dessiné. Elle prit un bol sur l'unique table et trempa son index dedans. Cela s'avérait être de la peinture qu'elle étala sur le front du félidé.
« -L'œil de Râ et les griffes de Sekhmet te protégeront, » lui expliqua t'elle.
Puis elle posa sa main sur les symboles et marmonna des phrases dans un dialecte qu'il ne connaissait pas – pas qu'il soit très érudit non plus -. Haânkhès fut la seule à le voir, mais les yeux du lion étincelèrent et il reprit alors lentement figure humaine. Ce fut un fils de Sekhmet dans le plus simple appareil qui réapparut. La femme détourna aussitôt les yeux. Harry toussota de gêne, essayant de se faire tout petit.
« -Il y a des vêtements dans le coin, dit elle en désignant sa gauche.
Le désormais garçon ne se fit pas prier pour les enfiler.
-Comment te sens-tu ? demanda-t-elle une fois qu'il l'eut rejoint.
-Humain, répondit il d'une vois encore cassée.
-On ne peut plus certain, répliqua son hôte, en tout cas tu n'as pas à t'en faire, tu es en sécurité ici. Les laquais du serpent ne viendront pas te chercher dans cette ville bien que j'aimerais que tu évites de trop te promener dans la cité, on ne sait jamais. Tu demeureras ici jusqu'à ce que ta maîtresse requière ta présence.
Le petit brun acquiesça mais rajouta :
-Comment le saurais-je ?
Haânkhès le fixa, circonspecte.
-Tu le sauras. Chaque fidèle sait entendre son dieu. Maintenant suis moi, je ne pense pas me tromper en disant que tu n'es pas entièrement sustenté. »
o0o0o0o
Drago frappa trois coups contre la lourde porte en bois. Il savait pertinemment ce qui l'attendait, pourtant il y allait sciemment. Il avait commis une erreur et devait en payer les conséquences. Lui-même ignorait ce qu'il lui avait prit, mais on ne pouvait revenir en arrière et il assumerait sa bêtise…
En théorie.
Il entra lorsqu'on le lui autorisa. Assis derrière son bureau, Tom le regardait fixement. Le blond se tint en face, attendant le verdict. Celui-ci ne tarda pas.
« -Tu es mon héritier Drago. Tu es un digne fils d'Apophis. Ta trahison est donc incompréhensible et inqualifiable ! Je n'hésiterai pas à te tuer si tu n'as pas une bonne raison de l'avoir épargné.
Drago s'étonna, il ne s'était même pas attendu à pouvoir justifier son geste – pas qu'il ait une explication valable du reste -. Néanmoins il se lança :
-Mon Seigneur, il s'était battu bravement alors j'ai pensé qu'à un contre trente ce n'était pas équitable…
Le grand prêtre le toisa furieusement.
-Ne me mens pas ! S'il y a bien quelque chose qui caractérise les fils d'Apophis, c'est qu'ils ne laissent passer aucune occasion ! Tu as intérêt à trouver mieux, tu n'auras pas de troisième chance !
Le jeune homme sortit alors la première chose qui lui vient à l'esprit :
-Je le convoite. Je ne voulais pas qu'il meure avant de l'avoir obtenu.
Tom resta silencieux avant d'éclater d'un rire tonitruant.
-Je te reconnais bien là Drago ! Et j'avoue que je te comprends, il était… délicieux. »
Son héritier le regarda intensément, cette phrase sous entendait quelque chose ou il n'était plus un fils d'Apophis. Et ce qu'elle laissait ouïr n'était en rien pour lui plaire. Il avait prétendu qu'il désirait le petit brun sans y penser mais après réflexion ce n'était pas un mensonge. Sa beauté envoûtait et il s'était bêtement fait prendre au piège.
Si bien qu'à la pensée qu'un autre corps que le sien ait touché cet éphèbe, son ventre se tordit. Il prit donc sur lui pour ne pas montrer son mécontentement. La subite joie du premier prophète était retombée aussi vite qu'elle était venue et il déclara froidement :
« -Soit. Tu le veux. Grand bien t'en fasse. Mais tu l'as laissé s'échapper et je ne le tolère pas. Tu as une semaine pour le retrouver et me le ramener. Alors tu pourras en faire ce que tu veux avant que je le tue. Seulement si ce n'est pas fait, tu prendras sa place, compris ?
-Parfaitement mon Seigneur, » répondit Drago en s'inclinant et il s'éclipsa avec toute la dignité qui lui restait.
Un travail monstre l'attendait. Trouver le garçon et le ramener, sur le papier cela paraissait simple, mais en vérité fouiller le pays pour retrouver son empreinte psychique n'était pas une mince affaire même pour un puissant prêtre tel que lui. Une semaine serait bien courte. Trop courte en fait. Il lui restait une petite chance si Tom était clément, mais il devrait malgré tout l'avoir localisé.
Le problème demeurait épineux car il n'avait aucune envie de reprendre sa liberté au jeune homme, surtout après en avoir été l'auteur. Pourtant il le ferait. Il tenait plus à sa vie qu'à celle de n'importe qui d'autre.
Sans attendre, il descendit dans le laboratoire de Séverus. Pour repérer le petit brun, ses pouvoirs ne suffiraient pas, il aurait besoin de l'un des stimulants du maître des potions. Il fit le chemin sans cesser de s'admonester pour sa sottise. D'une part pour avoir sauver la peau de ce petit idiot, à présent il ne voyait plus la raison pour laquelle il l'avait fait. D'autre part pour s'être fait attraper.
Personne n'aurait pu le savoir si seulement il avait fermé son esprit alors que son Seigneur se tenait à côté de lui. Il avait vu les réminiscences d'images de cette journée et avait tout de suite compris de quoi il retournait. Franchement on ne pouvait pas faire plus stupide, surtout qu'il savait parfaitement que Tom était aussi un maître des esprits ; s'il n'avait pas autre chose à faire, il se serait cogné la tête contre un mur jusqu'à ce que le neurone déficient disparaisse.
Avant qu'il en ait la possibilité, il parvient à destination. Il entra sans frapper et Séverus allait enguirlander l'impoli comme il se devait, mais sa réplique acerbe resta coincée dans sa gorge quand il avisa l'air lugubre de son apprenti.
« -Que se passe-t-il ? s'inquiéta t'il.
Drago résuma sa situation en quelques mots. Le regard désapprobateur du brun fut au nouveau poids sur ses épaules.
-Moi qui pensais que tes envies suicidaires n'étaient qu'une lubie, mais tu comptes apparemment en faire un travail à plein temps !
-Hilarant Séverus. Mais je suis au courant de mon erreur donc pas besoin d'en rajouter. Si on pouvait passer directement à la solution, ça m'arrangerait.
Ce dernier grommela mais consentit à lui apporter ce qu'il voulait.
-Fais ça ici s'il te plait, c'est mon fortifiant le plus puissant, j'aimerais pouvoir te ramener si ça dégénère. »
Le blond acquiesça et s'installa sur la paillasse. Respirant un bon coup, il avala d'une traite le liquide. L'effet fut fulgurant et il partit aussitôt en transe. La sensation était beaucoup plus déroutante que d'habitude : ses sens s'étaient accrus, les signatures psychiques étincelaient comme des étoiles et les images allaient et venaient rapidement, brutalement, s'entrechoquant.
Non sans difficultés, Drago rejoignit le lieu où il avait abandonné le félin. Par chance sa trace était encore visible, de fines poussières vertes et rouges constellaient le sol, il ne pouvait douter de leur provenance, ce vert c'était le même que dans ses yeux. Il les suivit, ce serait certainement long, mais il n'avait pas d'autres options. Ce fut fastidieux, le chemin se perpétuait sans cesse, le lion ne s'était guère arrêté, sinon pour manger et dormir.
Dans le monde réel, Séverus surveillait assidument son élève, guettant le moindre signe mais jusqu'à présent rien ne semblait perturber l'héritier.
Le pouls de ce dernier s'accéléra pourtant, en effet les volutes de poussières se dirigeaient vers une ville et elles devenaient nettement plus nombreuses. Le blond arriva sur un tertre avec deux immenses constructions, l'une entourée d'un halo bleu et l'autre rouge.
'-Bastet et Sekhmet', en déduit il.
Il était sur la bonne voie. Elle le conduisit à une petite hutte, les traces vertes y étaient dominantes… Seulement voilà, il découvrit que ce n'était effectivement que des traces. Le garçon était repartit. Dépité, il reprit la route rageusement.
Ses pas le menèrent vers une cité où les poussières étaient éclatantes d'or. Sans aucun doute il se trouvait à Héliopolis, cet imbécile s'était réfugié chez les fidèles du dieu solaire… et il avait raison, lui-même hésitait à y entrer malgré sa forme astrale. Retroussant un nez qu'il n'avait pas, il avança lentement. Sa vie était en jeu qu'il y pénètre ou pas.
Séverus sursauta lorsque Drago se redressa brusquement sur sa couche, essoufflé.
« -Je sais où il se cache ! » s'exclama t'il avant de retomber, épuisé.
Reviews anonymes:
Cosmoattitude: Je suis ravie de te procurer autant de plaisir! J'espère que ce chapitre te comblera également! Cependant je suis au regret de te dire que tes suppositions ne sont pas tout à fait la réalité: Apophis déteste Sekhmet et il n'y a jamais rien eu ente eux. C'est un destin plus grand qui se joue, j'espère que ça te surprendra (dans le bon sens du terme bien sûr! lol!). Oh ce n'est pas encore le coup de foudre entre Harry et Drago mais il y a indéniablement quelque chose! Et oui tu as raiso, le blond va aller à Héliopolis quant à ce qu'il y fera... Mystère! ^_^ Merci bcp! Bisous!
Fée Clo: Bon c'est bien si tu as mis tes gants en prévision des souffrances de notre Harry...bien que pour l'instant ça va, je ne suis pas trop cruelle! Tu as unpeu de vacances avant de travailler! Cool! Moi j'ai enfin trouvé un petit job! A la prochaine mon petit Clo! Bisous et merci!
Mathilde: Merci du compliment! J'adore celui ci pour tout te dire, je n'aime pas faire comme les autres! ^_^ Voilà donc la suite! Bisous!
Une petite review pour encourager l'auteur??? Bitte???
