Bonjour tout le monde ! Je vous poste ce chapitre un peu tard vraiment désolée !

BellaMcCarthy : Si Bella est malade, c'est parce qu'elle ne boit pas assez de sang. Pour l'odeur d'Edward c'est juste qu'elle ne le supporte pas, elle n'aime rien chez lui et encore moins son odeur.


Chapitre 6

Why - Secondhand Serenade

« Salut, Bella. Excuse-moi de t'appeler à cette heure mais je n'ai pas dormi de la nuit. Tu dois encore dormir, comme toutes les personnes normales mais j'avais espéré entendre ta voix. Je suis confuse en ce moment, j'ai du mal à mettre mes idées en place, j'ai besoin de conseil. Je sais que tu es occupée avec Edward mais j'aimerais parler de Jasper avec toi. S'il-te-plaît... Rappelles-moi. »

Je soupirais en écoutant le message d'Alice. La pauvre fille avait des problèmes avec son mari mais je ne voulais pas en entendre parler. J'avais une part de responsabilité dans leurs problèmes, je le sentais. Je ne pouvais pas faire de mal à cette fille, elle était tellement gentille avec moi. Je sentais bien qu'elle voulait devenir amie avec moi mais elle se retenait par peur de me faire du mal.

Alice pensait vraiment que j'étais amoureuse d'Edward mais je ne pouvais pas, c'était plus fort que moi, j'avais du mal à rester près de lui plus de quelques minutes et heureusement pour moi, je le voyais rarement. Il n'avait pas reparlé du rendez-vous, je ne l'avais pas fait non plus. Un rapide coup d'oeil à mon téléphone m'indiqua que je n'avais pas de message de Jasper. Jasper... Je n'avais plus de nouvelle depuis ce soir là.

Quelques heures plus tard, un café et un beignet avalé, j'étais chez les Cullen où Jasper avait déserté les lieux comme à chaque fois que je venais. Heureusement, j'étais bien accueillie par Alice et Emmett. Edward avait un peu l'air d'un idiot quand j'arrivais, il se contentait de me sourire et de jouer du piano. Ce n'était définitivement pas mon type d'homme, j'aimais les virils, les vrais hommes comme... Jasper. Alice m'entraîna directement dans sa chambre qu'elle ferma à double tour, fermant les rideaux et retirant ses chaussures, elle se mit à l'aise. Je l'imitais et je m'allongeais sur son lit en mettant les mains derrières la tête.

-Je me sens mal. Enfin je sens mal mon couple, avoua Alice.

-Ça va s'arranger Alice, répondis-je machinalement.

-Je ne pense pas. Il ne dort même plus avec moi.

-Vraiment ? Demandai-je curieuse.

Je roulais sur le côté pour mieux l'observer. Je voulais tout connaître de Jasper et Alice était peut-être la mieux placée pour me renseigner.

-Je ne le vois presque plus. Il passe son temps à l'extérieur de la maison ou avec sa sœur, il ne parle plus avec Edward et je n'arrive plus à savoir ce qu'il veut faire. Il est devenu tellement étranger, si loin.

-Tout change Alice, le changement n'est pas forcément négatif. Il est dans une période trouble je pense, et Edward doit y être pour quelque chose.

-Est-ce qu'il t'a parlé ?

-Non, soupirai-je. Il est devenu totalement silencieux et il ne s'assoit plus à côté de moi en cours.

-Je vois, même avec toi il ne veut plus parler.

-Mais tu as dit qu'il était souvent avec sa sœur, il parle avec elle.

-Oui bien sûr mais ils font tout pour que l'on n'entende pas ce qu'ils disent, expliqua Alice.

-Comment ça ?

Alice attrapa un oreiller qu'elle tritura entre ses mains fines. Elle semblait tellement mal, j'avais envie de la prendre dans mes bras.

-Rose bricole ses voitures, ses motos, ses quads, enfin tout ce qui comporte un moteur. Elle passe beaucoup de temps dans son atelier et elle fait tourner un moteur quand ils parlent.

-Ah ouais, il ne veut pas que vous entendiez ce qu'il a.

-Oui voilà, renifla Alice sur le point de pleurer.

Je ne savais vraiment pas quoi faire pour la réconforter. Je ne connaissais pas assez Alice pour savoir comment réagir en lui apportant des paroles réconfortantes, tout ce que je savais c'est qu'elle aimait la mode.

-Et si tu me montrais tes nouvelles créations ! Proposai-je en souriant.

Le sourire d'Alice revint aussitôt, j'avais réussi.

-Ne bouge pas, je reviens tout de suite.

Quelques secondes après, Alice était revenue avec un cahier de dessin. Elle avait répertorié plusieurs collections, l'été et l'hiver, une collection de maillot de bain homme et femme, une collection haute couture et une autre.

-Je l'appelle style et glamour. C'est une collection de soirée, hiver et été bien sur. J'ai crée des vêtements qui s'adaptent à la forme du corps. Par exemple sur toi, le vêtement mettrait en valeur tes seins et tes courbes séductrices.

-Mes courbes séductrices ? Arrête ton char Alice !

-Elle ne se rend même pas compte de son charme, même Jasper n'y résiste pas, chuchota la styliste trop bas pour qu'un humain l'entende.

Je fis comme si je n'avais rien entendu et je continuais de regarder les dessins, quel talent ! Elle avait dessiné chaque membre de sa famille ainsi que moi dans différentes tenues.

-j'aimerais bien qu'un jour quelqu'un porte ces tenues.

-Jasper avec une chemise verte ? Mais ça ne lui correspondant pas du tout, il est plus chemise en jean et veste en cuir, plus rock'n'roll que romantique.

-Il y a un temps, Jasper était comme ça. Il n'a pas été toujours séducteur comme ça, avant il était renfermé et solitaire. Il ne supportait pas la présence des autres, il a changé depuis la rentré.

-Tu veux dire depuis qu'il m'a rencontré, répondis-je en baissant la tête.

Je me rendais compte que mon attitude envers Jasper faisait souffrir Alice. Aucun vampire ne pouvait me résister, j'étais un aimant pour eux.

-Non ne culpabilise pas. D'un côté il est mieux comme ça, plus souriant et plus ouvert. Bon c'est vrai qu'il repousse Edward mais il y a une raison à ça.

-Laquelle ? Demandai-je bien que je me doutais de la réponse.

-Il arrive toujours à savoir ce qui ne va pas chez nous. C'est parfois embêtant et Jasper déteste ça, il se sent nu et évite de plus en plus la présence de son frère.

-Edward est un genre de télépathe quoi, plaisantai-je.

-Ouais c'est ça.

-Pourquoi tu dessines toujours les personnes avec la même couleur de vêtement ?

-C'est leur couleur préféré, expliqua mon amie. Tu vois Edward aime le bleu nuit, c'est une couleur qu'il porte rarement mais qu'il apprécie. Rosalie aime le rouge, symbole de l'amour et de sa sensualité.

-C'est vrai qu'elle est magnifique ! Commentai-je.

-Emmett aime le jaune.

-En même temps ça le représente bien, un vrai rayon de soleil.

-Esmée aime l'argent. Elle trouve que c'est une couleur très noble et symbolise l'éternité. Carlisle aime le blanc, c'est ce qu'il y a de plus pur. Moi j'aime le rose.

-C'est doux, frais, agréable. Ça te représente bien !

-Merci, répondit Alice. Et Jasper aime le vert, il m'a jamais dit pourquoi. Et toi, qu'elle est ta couleur préféré, celle que tu portes le plus ?

-Le noir.

-C'est glauque de porter du noir souvent.

-C'est passe-partout, expliquai-je. On peut cacher ce qu'on veut derrière le noir.

-Comme un lourd secret ou quelqu'un de dangereux ? Demanda Alice ne me fixant d'un regard étrange.

-Oui si tu veux. J'aime le noir tout simplement.

-C'est pour ça que tu étais à cette soirée gothique l'autre soir.

-Oui, je suis une gothique dans l'âme. J'aime les vieux châteaux, les baraques flippantes et le sang.

J'essayais de lui faire passer un message, j'étais dangereuse pour eux. Quand Alice ouvra la bouche pour parler, la porte s'ouvrit sur... Jasper. Le monde autour de moi s'arrêta de tourner, j'oubliais où j'étais, j'oubliais Alice. Les yeux dorés de Jasper étaient froids, sans émotions.

-Jasper, murmurai-je.

Je n'avais pas réalisé que je m'étais levé et que je m'avançais vers lui, mais lui apparemment si. S'il recula sans doute pour éviter que je me cogne sur lui, je sentis une distance énorme entre nous. Une distance qu'il créait lui seul entre nous. Il ne voulait pas que je l'approche.

-Je ne savais pas qu'elle était là, dit Jasper en regardant Alice. Je vais revenir plus tard Alice.

-Attends Jasper, je voulais te parler, répondit cette dernière.

-Non je vais vous laisser de toute façon. J'ai promis à Emmett de lui montrer mes talents en jeux vidéos. Alice, on se voit un autre jour. Jasper, je...

Jasper referma la porte avant que je continue ma phrase, j'avais compris le message ! À l'intérieur de leur chambre, je pouvais entendre Jasper parler calmement à sa femme pendant que celle-ci hurlait sur lui.

En bas, l'ambiance n'était pas beaucoup mieux. Rosalie me toisa d'un regard lugubre avant de sortir théâtralement de la pièce, Emmett et Edward soupirèrent en même temps.

-Ne fais pas attention à elle Bella, c'est ce qu'on fait tous, expliqua Edward.

-Mais c'est ça, faisons comme si nos vies n'avaient pas changé depuis son arrivé !

-Rosalie ! Sermonna Esmée en arrivant par la cuisine. Je t'en prie sois polie avec notre invité ou sors d'ici. Je ne supporte pas lorsqu'un de mes enfants est grossier.

-De toute façon, j'ai raison et vous le savez. Je ne la sens pas cette fille, dit Rosalie dans une intonation que seuls les vampires pouvaient entendre. Son aura est... maléfique et il n'est pas constant. Des centaines de couleur se mélangent, ça me donne la nausée. Mais puisque vous avez décidé de prendre son parti, je ne veux pas voir le massacre.

Je soupirais discrètement, j'avais tout entendu mais je ne fis aucun commentaire. La belle blond se retira dans son garage, la bonne humeur était partie avec elle.

-Bon. Et si tu mangeais quelque chose ? Proposa Esmée.

-Non, je ne voudrais pas abuser de votre gentillesse.

-Je t'en prie Bella, j'aime cuisiner et je n'en n'ai pas souvent l'occasion.

-Comment ça ?

-Mes enfants ne mangent pas souvent ici et mon mari travaille toute la journée.

-Dans ce cas là préparez-moi ce que vous voulez, je ne suis pas difficile.

-Alors mini punk, tu viens te battre avec moi ? Proposa Emmett en tapotant le siège à côté de lui.

-Mini punk ? Répétai-je.

-Ouais tu joues la rebelle avec ta veste en jean qui ressemble à celle de Jasper et Alice m'a raconté le coup des lentilles flippantes.

-Sérieux, elle en à parlé ? Soupirai-je. C'était juste une soirée gothique.

-Mini punk sonne mieux que mini gothique, expliqua Emmett en souriant.

-Ouais c'est vrai.

Avant que le vampire démarre le jeu vidéo, sa mère m'apporta de quoi manger. Un sandwich au poulet et un soda. J'étais étonnée qu'ils aient de la nourriture humaine chez eux, je demanderais subtilement à Edward pourquoi. En attendant, je me concentrais sur la partie en cours. Emmett était un joueur très doué et j'avais du mal à me focaliser sur l'écran, je sentais le regard du vampire roux derrière moi. C'était agaçant. Je faillis lui faire une remarque cinglante quand je me rappelais la mission. Oui la mission de me rapprocher de lui. Emmett prétexta rejoindre Rosalie pour la calmer mais je le soupçonnait de nous laisser pour une autre raison, d'ailleurs en y réfléchissant, il n'y avait plus personne au rez de chaussé. Avant que je trouve une tactique d'approche, Edward m'avait rejoint sur le canapé, il avait apporté un magasine avec lui histoire de se donner un genre branché mais étions-nous vraiment branché quand on était un vampire ayant dépassé la centaine d'année ? J'en doutais.

-Sacré gameuse, commenta Edward en souriant.

-Pardon ?

-C'est comme ça que l'on dit, non ? Une joueuse de jeux vidéos. On dit aussi une geekette.

-Oui mais évite de m'appeler comme ça devant ton frère, j'en entendrais parler pendant des siècles.

-Je n'en doute pas, plaisanta Edward en regardant son magasine.

-Grosse dispute là haut, commentai-je en montrant l'escalier.

-Tu arrives à les entendre ? S'exclama Edward surpris.

Oups ! Je devais faire attention.

-Non mais avant que j'ai quitté l'étage, ils se disputaient déjà. Je me doute qu'ils continuent encore à l'heure qu'il est.

-Au moins, Jasper parle. Il n'est pas rentré dans leur chambre depuis plusieurs jours et il s'efforce de nous éviter, expliqua le vampire.

-A moi non plus il ne veut plus me parler, soupirai-je tristement.

Le silence retomba, un peu étrange. J'arrivais à entendre les phrases de Jasper, des reproches envers Alice.

-Arrêtes de faire la gentille avec elle, Alice.

-Parce que maintenant tu te soucis de ce que je fais ! C'est rare ces derniers temps.

-Ne commences pas Alice, soupira Jasper d'une voix différente de celle dont j'avais l'habitude.

-Pourquoi faut-il toujours que se soit moi qui commence ? Je te rappelle que c'est toi qui a commencé un jeu de séduction avec Bella, Rosalie me l'a dit !

-Parce que tu crois que je le fais exprès ? Cette fille a du charme, même sur toi. Regarde-toi bon sang ! Tu es autant à sa merci que moi, tu lui fais des vêtements, tu lui parles de moi, tu fais du shopping avec elle. Ouvre-le yeux Lice.

-Bella à propos de ma proposition de sortir ensemble un de ces soirs, commença Edward.

Je le remerciais silencieusement de me couper de mes rêveries, du moins ce qu'il pensais, je ne voulais plus entendre leur dispute. Surtout que j'en étais la raison.

-Ce soir, dix-neuf heure, dis-je sans le regarder. Je vais y aller, je dois réviser et surtout me préparer.

Edward me raccompagna jusqu'à la porte, en parfait gentleman. Il me parla mais je n'entendais que la voix de Jasper qui résonnait dans mes oreilles.

-Elle est la destruction incarnée. Elle va détruire notre couple c'est pour ça que je ne veux pas qu'Edward s'approche d'elle et le soucis c'est que tu n'en n'as pas conscience Alice.

-Mais en réalité tu es jaloux. Elle ne t'a pas choisi, elle a préféré Edward. Le vrai problème Jasper c'est que tu l'aimes mais pas assez pour la laisser vivre et être heureuse avec Edward.

La répartie d'Alice m'avait coupé le souffle. Si elle avait voulu faire du mal à Jasper c'était à moi qu'elle en avait fait.

-Tu diras à Alice que je suis désolée, vraiment désolée.

Si je ne connaissais pas mon caractère dur, j'aurais juré qu'une larme avait coulé sur ma joue. Je relevais la tête en direction de la chambre de Jasper et je le vis à travers la fenêtre. Il semblait triste, si loin du Jasper arrogant qu'il était parfois. J'avais vraiment l'impression de voir un pauvre humain quand il essuya rageusement ses joues mouillées. Même de là où j'étais j'apercevais les mots de ce vampire étrange.

-Non Alice, tu as tords. Je n'aime pas Bella, c'est toi que j'aime.

Les mots de Jasper me résonnaient toujours dans la tête. « Je n'aime pas Bella. ». Pourquoi me suis-je fait des illusions ? Ce n'était que mon pouvoir qui l'attirait, ce n'était pas moi. Jasper avait utilisé les mêmes mots que mon père « elle est la destruction incarnée », il m'avait donc cernée. Ma mission était un échec, je l'avais maintenant compris. Qu'avais-je à perdre maintenant ? Rien. Jasper ne m'aimait pas, Edward si. Je l'avais senti dès le début. Ce vampire puait le romantisme à plein nez, c'était ça qui me donnait la nausée. Mais pourquoi continuerai-je de me faire du mal à protéger Jasper ? J'allais risquer ma peau pour quelqu'un qui ne m'aimait pas alors que je pouvais me couronner de succès en ramenant Edward à Volterra. Je devrais peut-être me laisser aller avec Edward, ne pas me fermer et me laisser bercer par ses intentions. Pour la soirée, je mis une petite robe à fleur, des collants couleur chair et des petits talons. Je laissais ma veste en cuir dans mon placard, comme un détachement de Jasper, je pris un manteau beige assorti à ma robe.

-C'est le grand soir Bella, me dis-je dans le miroir.

Mon visage portait encore les sillons des larmes que je n'ai pas su contrôler. D'ici quelques minutes Edward arriverait avec sa belle Audi et on irait manger ensemble, je l'embrasserais et j'oublierais Jasper. La sonnette retentit, Edward était là.

-J'arrive, criai-je en fermant mon placard à clé.

Je mis la clé autour de mon cou, dans ce placard se cachaient toutes mes recherches sur les Cullen alors je devais m'assurer qu'elles étaient en sécurité. J'ouvris la porte d'entrée et Edward Cullen m'attendit en souriant. Il avait un bouquet de fleurs bleus et blanche, un joli bouquet si on aimait les fleurs, ce qui n'était pas mon cas.

-Elles sont magnifiques, commentai-je. Entre une minute je vais les mettre dans un vase.

J'ouvris un peu plus grand la porte et je laissais Edward faire le choix d'entrer ou non. Qu'il pénètre dans mon intimité ne me plaisait pas, cet appartement était mon jardin secret, mon rempart et j'avais l'impression d'être sans défense sans lui.

-Ton appartement est très beau, commenta Edward en entrant.

-J'aime la décoration d'intérieur, avouai-je.

Je trouvais enfin le vase, il était dans un des placards du salon.

-Esmée trouverait cet endroit ravisant.

Je ne répondis pas, que pouvais-je dire de toute façon ? Les vampires aimaient tout chez moi, c'était presque lassant. Une fois les fleurs dans le vase je pris mes clés et je fis signe à Edward d'ouvrir la porte. Le trajet dans la voiture se fit en silence jusqu'à ce qu'Edward soupire bruyamment.

-Tu sembles bizarre ce soir.

-Quoi ? Demandai-je en le regardant.

-En temps normal tu parles beaucoup, tu fais de grands gestes et tu souris tout le temps alors que là tu ne dis rien.

-J'ai faim, répondis-je pour éviter de dire la vérité.

Un sourire se dessina sur les lèvres du conducteur. Arrivés devant le restaurant chic, on laissa le véhicule à un voiturier.

-Bonsoir, la table pour monsieur Cullen.

-Oui suivez-moi.

La femme nous installa à une table un peu isolée, derrière un panneau, le tout agrémenté de bougie blanche. C'est vrai que le tout rendait bien mais je n'avais pas le cœur à une soirée romantique surtout que mon cœur était en mille morceaux. J'allais avoir besoin de temps avant de récupérer les morceaux mais je savais déjà qu'un morceau était resté au près de Jasper.

-La carte des apéritifs, annonça notre serveuse en nous tendant une carte plastifiée.

-Je suis curieux de savoir ce qu'une fille de ton genre bois en apéritif.

-Une fille de mon genre ? Répétai-je vexée.

-Non je voulais dire quelqu'un de ton style, si mystérieuse et atypique.

Je regardais la carte, il y avait de tout. Du vin de toute sorte et origine, des cocktails avec ou sans alcool, des sodas, et du champagne.

-Je vais prendre un verre de rosé Français, dis-je à l'intention de la serveuse brune.

-Bien et vous monsieur ?

-Du vin rouge, un... Aglianico s'il-vous-plaît.

-Tu connais les vins italiens ? Demandai-je agréablement surprise.

-Oui, j'aime bien leur goût. Je ne bois que des vins italiens.

-Monsieur a des goûts de luxe, plaisantai-je.

-Oui.

Les verres arrivèrent assez vite et la discussion retomba. Je n'avais pas grand chose à lui dire, j'étais plongée dans mes pensés pas très joyeuses. La carte des plats arriva ensuite, je n'avais pas dit un mot en plusieurs minutes.

-Que commandes-tu ?

-Je n'ai pas très faim, dit Edward.

Évidement ! Je n'attendais pas moins d'un vampire.

-Et toi, que vas-tu prendre ?

-Je vais prendre une assiette de gaspacho en entré, un steak de thon et en dessert une fondue au trois chocolats, récitai-je en regardant la serveuse.

-Et vous ?

-Rien merci.

Je regardais l'humaine s'en aller et je me demandais bien ce que j'allais dire pendant le repas.

-Elle te mate, dis-je au bout d'un moment.

-Qui ? Demanda Edward surpris.

-La serveuse, elle te mate !

-Oh vraiment ?

Il tourna sa tête dans la même direction que moi et l'humaine brune s'empourpra, la pauvre.

-A vrai dire je m'en fiche, ce n'est pas mon genre de fille.

-Tous les hommes aiment les filles brunes et pulpeuses. Le genre de fille qui fait des sourires en veux-tu en voilà.

-Je n'aime pas ce genre de fille, je préfère les filles mystérieuses qui sourient peu. Le genre de fille impossible à cerner et qui surprend toujours par son look.

-Le genre de fille comme moi quoi, compris-je en souriant.

Mon entré arriva rapidement aussitôt je goûtais les saveurs de cette soupe à la tomate froide, c'était délicieux ! Edward me prit la main, dans un geste tendre. Sa douceur était agréable après le froid que dégageait Jasper. Si je ne retirais pas ma main, je n'avais plus le cœur à manger.

-Pour quelqu'un qui avait faim, tu ne manges plus beaucoup.

-Non, j'ai mangé trop vite. En attendant le dessert, parle-moi de toi.

Il commença à me parler du mensonge qu'il servait aux humains mais ça ne m'intéressait pas. Je lui souriais, lui répondais par oui mais mes pensés étaient ailleurs.

-Bella, à quoi penses-tu ?

-Je t'écoute, répondis-je en souriant.

-Je viens de te dire que j'aime jouer du piano la tête à l'envers et tu me réponds oui.

-Je suis coupable c'est vrai que j'ai les pensés ailleurs.

-Que se passe-t-il dans ta petite tête ?

-Rien, mentis-je.

Je détournais mon regard, gênée. Je ne voulais pas parler de ça avec lui, c'était au dessus de mes forces. La fondue arriva et je mangeais plus par gourmandise qu'autre chose. Quand il ne restait plus rien à manger, Edward paya la note avec un sourire, heureux de m'offrir quelque chose. Durant le trajet en voiture, j'essayais de ne pas penser à Jasper.

-Tu n'as pas aimé les iris je suis sûr, dit Edward en fixant la route.

-Je n'aime pas les fleurs, avouai-je.

-La prochaine fois je t'apporterais un livre alors, dit le conducteur en coupant le moteur.

-Bonne idée !

Je sortis de la voiture et il m'accompagna jusqu'à ma porte. Il me prit la main et je me crispais automatiquement, je n'arrivais pas à me contrôler. Edward soupira mais ne lâcha pas ma main pour autant.

-Tu l'as entendu hein ? Demanda Edward en me fixant dans les yeux.

-De quoi ? Éludai-je.

Je ne pouvais pas empêcher mes yeux de se remplir de larmes. Repenser à ce qu'avait dit Jasper me faisait mal.

-Je vais bien, mentis-je.

Au moment où je prononçais mes paroles, des larmes franchirent mes yeux. Aussitôt Edward me prit dans ses bras pour me consoler.

-Il ne pensait pas ce qu'il disait Bella. J'ai entendu ses pensés, il disait ça pour Alice.

Je ne sais pas si j'ai vraiment entendu ça mais je quittais Edward pour aller dans mon lit et pleurer toutes les larmes de mon corps.

Au petit matin, je pris mon courage à deux mains et j'appelais Jane.

-Bonjour ma chérie, dit Jane après deux sonneries.

-Salut grande sœur, répondis-je.

-Comment se passe la mission ?

-J'ai réussi à m'approcher d'Edward Cullen, même plus que ça.

-Raconte-moi tout ! S'impatienta mon interlocutrice.

-Hier on a été au restaurant tous les deux. Il m'a parlé de sa vie, m'a pris la main, je crois qu'il m'aime bien.

-Et c'est réciproque ?

Je ne répondis pas. Je n'osais pas dire à Jane ce que je ressentais au fond, il était très risqué de s'enticher de quelqu'un chez nous.

-Bella ?

-Non ce n'est pas réciproque. Il y a peu, je n'arrivais pas à rester dans la même pièce que lui. Son odeur me donnait encore la nausée hier.

-Et pourquoi ? Je croyais qu'il était un des vampires le plus beau des Etats-Unis selon les vampires ici.

-Oh il n'est pas moche, il est agréable à voir mais ce n'est pas mon genre c'est tout. Il est beaucoup trop romantique, trop attentionné. Il n'y a pas de jeu de séduction, pas de surprise. Je sais à l'avance comment qu'il se comportera et ça c'est chiant !

-Ton langage Isabella Volturi ! Me sermonna Jane.

-Pardon.

-Alors que ressens-tu en ce moment ?

-Tu as déjà eu le cœur brisé au point que tu cherches encore les morceaux ?

-Non. C'est moi qui brise le cœur des gens.

-Oh je t'en prie sois sérieuse une minute !

-Non c'est vrai, je ne laisse personne me faire du mal, c'est pour ça que je suis aussi froide.

-Sauf avec ton frère et ta sœur, répliquai-je.

-Ce n'est pas pareil ! Quoi qu'il en soit, ne laisse pas ce type te faire du mal. Ignore-le, ne le regarde pas et il s'en mordra les doigts.

-Je n'y arrive pas.

-Force-toi. Tu m'as dit que tu étais allé au restaurant avec Edward, ce type le sait ?

-Oui.

-Alors joue la dessus. Rapproche-toi d'Edward et rends-le jaloux, il reviendra au galop vers toi.

-Merci Jane.

-De rien ma chérie. Aro m'appelle, de nouveaux vampires sont arrivés hier.

-Génial, de la viande fraîche.

-Notre père va les présenter officiellement à la garde aujourd'hui.

-Amuse-toi bien alors, bisous.

-Compte sur moi !

J'eus à peine le temps de raccrocher qu'un livreur m'apporta un colis. À l'intérieur se trouvait un livre que j'avais déjà lu : des souris et des hommes. Il y avait également un mot.

« Pour me faire pardonner des fleurs. » Je souris en le lisant, vraiment trop mielleux ce vampire. C'est en milieu d'après-midi qu'Alice débarqua chez moi alors que j'étais toujours en pyjama.

-Surprise ! Aujourd'hui c'est une soirée pyjama entre fille !

-T'es sérieuse Alice ? Je ne suis pas sûre que c'est une bonne idée.

-Pourquoi ?

-Jasper ne serait pas d'accord.

-Mais bien sûr que si ! Hier soir on s'est réconcilié et on a mis les choses au clair.

-Tant mieux, souris-je faussement.

-Et si tu me racontais ta soirée avec mon frère ! Dit-elle en s'installant sur mon canapé.

-Vraiment bien ! J'ai passé une excellente soirée et j'adore la compagnie de ton frère.

-Alors il y a eu un bisou ?

-Non.

-Ah... dit Alice déçue.

-Mais il m'a pris la main et on a marché comme ça dans la rue.

-C'est vrai qu'il est un peu lent parfois, plaisanta mon amie.

-J'aime bien la douceur, mentis-je.

C'est vrai que c'était agréable de ne pas se poser de question et de ne pas se sentir coupable mais il ne remplacerait en rien Jasper.

-Quoi qu'il en soit, je me suis réconciliée avec Jasper.

-Génial, dis-je.

-Oh oui ça été une folle nuit d'amour, raconta mon amie.

-Non Alice, je ne veux pas de détails.

Je ne pouvais pas imaginer Jasper toucher une autre que moi, c'était douloureux. Si d'un côté savoir qu'il parlait à nouveau à quelqu'un me réconfortait, de l'autre le savoir heureux avec Alice me blessait. Cette mission allait avoir ma peau ! Je passais une soirée tranquille en compagnie d'une Alice fraîche et heureuse. Retrouver son Jasper lui avait fait du bien et je l'enviais énormément. Si j'ai un peu ri avec elle, je n'oubliais pas pour autant ma boule au ventre.

C'est dès le lundi matin, peu avant le cours d'histoire que je décidais de mettre en pratique les conseils de Jane et d'ignorer la présence de Jasper. J'avais mis de la musique dans mes oreilles et je buvais un café en attendant que l'amphithéâtre ouvre. Je vis le vampire s'asseoir à côté de moi mais j'ignorais sa présence. Il me dit quelque chose mais je n'entendis pas.

-Quoi ? Demandai-je en retirant mon casque.

-Je te disais que tu allais attraper froid à rester dehors.

-Parce que maintenant tu te soucies de ma santé ?

-Je n'ai pas dit ça. Qu'est-ce que tu écoutes ?

-Du Coldplay et un peu de Secondhand Serenade.

-Tu as des soucis de cœur ? S'enquit Jasper.

-Je crois que mes histoires de cœur ne te concerne plus. Et un peu de douceur ne fait pas de mal dans ce monde de brut.

Il fit un geste dans ma direction mais je m'écartais.

-Non Jasper.

-Qu'est-ce-qu'il te prend ? Demanda ce dernier.

-J'ai entendu, répondis-je sans réfléchir.

-Tu as entendu quoi ?

-Ne fais pas l'innocent Charmant, j'ai entendu ce que tu as dit l'autre soir à Alice !

-Tu m'en veux pour ça ? S'étonna Jasper. Je te rappelle que c'est ma petite amie, au dernière nouvelle.

-Parce que tu crois que je ne le sais pas ? Criai-je en me levant.

Je m'éloignais de Jasper, la discussion m'énervait.

-Bella, je ne sais pas quoi penser avec toi.

Je me retournais vivement vers lui, plongeant mon regard dans ses yeux magnifiques.

-Parce que tu crois que moi je sais quoi penser de ton attitude Jasper ?

-Bella, tes yeux...

-Quoi mes yeux ? Dis-je méchamment.

-Ils sont rouges !

Je tournais la tête, rageant contre mon don. Je n'arrivais pas à le contrôler ces dernières heures, à cause de mes émotions. Je quittais l'endroit sans rien dire à Jasper, je devais rentrer chez moi et me calmer. En arrivant, je pris une des poches de sang que j'avais en réserve. C'était Aro qui me les avait envoyé en cas de besoin, comme aujourd'hui. Je m'installais devant la télévision, voulant vider mon esprit mais bien sûr, mon téléphone n'était pas de cet avis. Il vibra plusieurs fois avant que je me résigne à le regarder.

« Je suis désolée Bella. »

« J'aimerais te parler de ce qu'il se passe mais je n'y arrive pas. »

« Oh Bella, arrête de bouder. Qu'est-ce-qu'il se passe avec tes yeux ? »

Je devais lui répondre sinon Jasper débarquerait ici et je ne voulais voir personne.

« Je sais que c'est compliqué. C'est ma faute, je me suis fait de fausses idées. Je ne boude pas, je suis fatiguée et j'ai besoin de me reposer. »

j'éteignis mon téléphone et je m'endormis avec le visage de Jasper comme songe. Un coup à la porte me réveilla, en fin d'après-midi.

-Bella, je sais que tu es là.

-Emmett, je n'ai pas envie de voir qui que se soit.

-Jasper m'a dit que tu n'allais pas bien alors je suis venu voir si tu avais besoin d'une épaule pour pleurer.

J'ouvris la porte et je lui fis un piteux sourire. Il me prit dans ses bras et je me laissais aller à sa douceur, il me rappelait temps mon frère humain.

-Tu as fichu une sacrée pagaille dans notre maison.

-A oui ? Demandai-je en souriant tristement.

-Jasper s'est encore disputé avec Edward à ton sujet. Je ne sais pas ce que tu as fait aux deux mais ils sont accrocs à toi.

-Arrête, Jasper s'en contre fiche de moi ! Je suis juste une bonne poire pour lui.

-Il ne m'aurait pas envoyé s'il ne se souciait pas de toi. Et puis son histoire qu'il ne t'aime pas, je n'en suis pas convaincu. Je vois bien comment qu'il te regarde, sa façon de parler de toi avec Rose n'est pas la même que sa façon de parler d'Alice.

-C'est mal pour elle, je suis désolée d'être amoureuse de Jasper.

Je pleurais dans ses bras toute la culpabilité que je cachais. Ça me faisait mal de ressentir ça pour Jasper.

-Ce n'est rien Bella. On ne contrôle pas ses sentiments ma puce, calme-toi. Laisse-toi aller ça va passer.

Je compris à ce moment qu'il ne me jugerait pas. Qu'importe ce que je faisais, il me respecterait toujours. Emmett était bien plus que le frère de Jasper, c'était mon ami et je le compris à cet instant.


Pauvre Bella ! C'est triste pour elle que Jasper agisse comme ça. Elle doit en plus passer du temps avec Edward, comment feriez-vous à sa place ?

Pour le prochain chapitre je vous donne la chanson, je la trouve magnifique : holding on and letting go - ross copperman

Bisous