« Que t'a-t-elle dit ? »

La voix glacée et sifflante du Maître fit sursauter Ron.
Il n'était toujours pas à l'aise en la présence de Voldemort. Certains ne s'y faisaient jamais, y compris parmi les Mangemorts de longue date.

Le lieu où ils se trouvaient n'était pas pour le rassurer. La lumière tremblotante des torches prenait une teinte glauque, et donnait des mouvements surnaturels aux ombres. Les murs aveugles de pierre sombre semblaient étouffer toute énergie et toute vie. Le plus fort des hommes qui passait plus de quelques heures dans le quartier général de Voldemort en ressortait faible comme un vieillard.
Seul le Seigneur des Ténèbres lui-même ne semblait pas affecté.

Ron s'agenouilla et courba l'échine jusqu'à ce que son front touche terre.

« Rien, Maître. Elle n'a rien dit. Rien qui ait du sens.

— Ne me mens pas, Weasley. Lord Voldemort ne peut être dupé. »

La menace glaça le sang de Ron. le Maître semblait réellement furieux contre lui. Il allait le tuer, c'était fini...

« Elle.. Elle m'a demandé ce qu'elle avait fait l'année de votre prise de pouvoir. Elle délirait. La plupart de ses paroles n'avaient aucun sens. Je n'ai rien dit... Pitié...

— Et comment s'est-elle échappée ?

— Elle à réussi a me voler ma baguette, Maître. Je suis désolé. Elle a transplané quand les Effaceurs l'ont attaquée. Pardonnez mon échec, par pitié. Ne me punissez pas trop sévèrement. Je la retrouverai et je vous la livrerai si je le dois. Je me rattraperai. S'il vous plaît... Pitié...

ENDOLORIS ! »

Ron hurla de douleur. Il avait l'impression que chaque fibre de son corps était transpercée par une aiguille incandescente. Tous ses muscles paraissaient en feu. Ses os semblaient tous à la fois être broyés par un étau. Quand la douleur cessa, il fut surpris de constater que son corps était intact, tant la souffrance avait été intense.
Voldemort semblait un peu calmé, et parla sur un ton presque doux, qui était loin de rassurer Ron.

« Bien... Tu veux lui faire payer, n'est-ce pas Weasley ? C'est elle qui t'a mis dans cette situation... délicate. Elle t'a rejeté et volé ta baguette. C'est une Sang-de-Bourbe et une hors-la-loi. Tu comprends bien que je ne peux pas tolérer le défi ? Elle va mourir.

— Je sais, Maître.. Ce n'est que j... justice. Je la traquerai pour vous, Maître. Si telle est la tâche que vous me confiez, je l'exécuterai. »

Le regard de Voldemort se fit plus intense. Ron avait l'impression que ces yeux rouges pouvaient voir à travers lui comme s'il était transparent. Il sentait presque le Seigneur des Ténèbres fouiller son âme, pour vérifier s'il disait vrai.
Ron s'était attendu à cela, et s'était employé à chasser les doutes de son esprit. Il pensait être sincère quand il disait vouloir livrer Hermione.
Il était réellement en colère contre elle. Elle l'avait définitivement rejeté. Elle l'avait attaqué, et elle était partie, le rendant responsable de sa fuite.
Il était logique qu'il la déteste. Il n'avait aucune raison rationnelle de vouloir sa survie.
Quand il pensait à elle, il ne ressentait que de la rage. Il voulait qu'elle souffre autant que lui.
Le Maître verrait qu'il était sincère. Il le verrait, et lui laisserait une chance de se racheter.
Une chance de survivre...

« Tu as fait montre de faiblesse en voulant la sauver, puis en te laissant aller avec elle au point de baisser ta garde. Je pense que cette fois tu as retenu la leçon, Weasley. L'amour est une faiblesse.
Ta famille a été décimée à cause de l'amour que vous vous portiez les uns les autres. Les alliés de Potter sont morts à cause de leur volonté de le protéger. Ce vieux fou de Dumbledore qui tenait l'amour en si haute estime est aussi mort à cause de ce sentiment insensé.
Désormais tu comprendras tout cela. Et cela te rendra fort. J'ai besoin de soldats forts comme toi.

— Merci, Maître. Je ferai ce que vous m'ordonnerez, fit Ron avec soulagement.

— Je le sais. Tu ne vas pas chercher la Sang-De-Bourbe. J'ai une autre mission pour toi.

— Laquelle, Maître ?

— Tu vas rejoindre l'Ordre du Phénix, et les espionner pour moi.

— Maître ? Ils ne me feront plus jamais confiance. Ils savent que je vous ai rejoint.

— Crois-tu que je sois un idiot, Weasley ? Tu vas leur livrer une information qu'ils jugeront capitale. Et comme elle sera vraie et que jamais ils ne penseront que j'aurais pu vlolontairement laisser échapper une telle information, ils seront enclins à te faire confiance. Si ça ne suffit pas, tu prêteras pour eux un Serment Inviolable. J'ai mis au point un sortilège qui t'immunisera au Serment.
Obéis, sers-moi bien, et tu vivras. Si tu réussis, je ne te tuerai pas pour l'avoir laissée fuir. »

Ron frissona, et se prosterna encore plus bas pour montrer sa soumission. Il obéirait aux ordres de son maître. Mais soudain, il sentit sa Marque des Ténèbres le brûler. Il désigna son bras à Voldemort.

« Maître... La Marque...

— Je sais, idiot. Je le sens aussi. Il semblerait que ce bon vieux Lucius ait des ennuis. Mais toi et moi avons mieux à faire que nous occuper de lui, d'autres Mangemorts iront voir de quoi il retourne. Suis-moi, je veux aussi te montrer les chantiers. Tu en parleras aussi à l'Ordre.

— Excusez-moi, Maître... Les chantiers ?

— Nous allons combattre les moldus. Nos armées sont en formation, et notre stratégie est prête depuis bien longtemps.
Nous devons frapper fort pour décourager les états moldus de faire alliance contre nous.
Nous créons des armes magiques de destruction massive. Des baguettes de guerre. Des sortilèges grandioses, qui n'ont pas été utilisés depuis des siècles.
Je m'apprête à rendre aux Sorciers leur grandeur d'autrefois, et à remettre les moldus à notre service.
Ils seront balayés, et nous reconnaîtront rapidement comme leurs nouveaux Dieux.
La frappe sera rapide et efficace. Tous leurs dirigeants et hauts gradés militaires sont peu à peu soumis à l'Imperium. Leur résistance sera désorganisée, et une partie de leurs forces se battra pour nous.
Je pourrai enfin bâtir un monde nouveau, dans lequel chaque chose sera en ordre, et chacun occupera la place qui lui revient.
La Magie est Puissance.

— La Magie est Puissance. Maître, quelle est l'autre information que je devrai leur livrer pour gagner leur confiance ?

— Un de mes secrets les mieux gardés, et une des raisons de mon immortalité.

— Maître, n'est-il pas dangereux de leur révéler un tel secret ?

— Ils ne pourront pas s'en servir, je les écraserai bien avant. Cela fait partie de mon plan. Tu n'as pas besoin d'en savoir plus.
As-tu déjà entendu parler de Horcruxes ? »